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DICTIONNAIRE
DES
FAMILLES FRANÇAISES
ANCIENNES OU NOTABLES
A la fin du XI X'^ siècle
o
IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE
200 exemplaires seulement, non mis dans le commerce.
^' Il
I
EVREUX, IMfRIMEniE CH. HERIS3EY, PAUL HERISSEY, SUCC'
DICTIONNAIRE
DES
FAMILLES FRANÇAISES
ANCIENNES OU NOTABLES
A la fin du XIX" siècle
PAR
G. d'E.-A.
r
TOME DIXIEME
CHA-CHU
ÉVREUX
IMPRIMERIE CHARLES HÉRISSEY
PAUL HÉRISSEY, SUCG'
4, RUE DE LA BANQUE, 4
1911
DICTIONNAIRE
DES
FAMILLES FRANÇAISES
CHARANT (Bernot de). Voyez : Bernot de Charant.
CHARANTAIS (Douineau de). Voyez : Douineau de Charvntais.
CHARBON de VALTANGE. Armes : d'or à un chevron de gueules accom-
pagné enpoinle dune aigle de sable; au chef d'azur chargé de trois
trèfles d'argent.
La famille Charbon de Valtange est anciennement et honorablement
connue en Bourbonnais. Un de ses premiers auteurs connus, Gilbert
Charbon, fut échevin de Moulins vers io90. On ignore si elle est la
même que celle d'un Léonard Charbon, maître apothicaire à Moulins,
qui, par acte du 21 décembre 1676, constitua une rente en faveur de
son lils, Charles, bachelier en la faculté de Paris.
Gilbert-Léonard Charbon possédait sous Louis XIV la seigneurie
de la Brosse, en la paroisse de Saint-Symphorien. Son fils, Louis
Charbon, avocat en Parlement, fit enregistrer son blason à l'Armo-
riai général de 1696. Ce Louis Charbon, qui fut un des plus brillants
avocats du barreau de Moulins, fut dans la suite sieur des Prots et
de la Maison-Blanche. Il avait épousé en 1695 Marie Parchot. Il fut
père de Philippe Charbon, écuyer, sieur des Prots, officier de la mai-
son de la Reine, procureur du Roi en l'élection de Moulins, et grand-
père de Gabriel Charbon, né en 1747, garde du corps, chevalier de
Saint-Louis en 1791, décédé en 1819, qui épousa en 1771 Marie-Ga-
brielle Faulconnier, héritière de la terre de Valtange dont sa descen-
dance a conservé le nom. La famille Charbon de Valtange s'est
éteinte avec François-Victor Charbon de Valtange, petit-fils du pré-
X. i
2 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
cèdent, qui épousa en 1846 M"* de Chateauregnault d'Aligny et qui
en laissa une fille unique, M™^ la baronne douairière de Crouzas-Cre-
tet, aujourd'hui propriétaire de la terre des Prots.
On ne connaît pas à la famille Charbon de Valtange de principe
d'anoblissement régulier et on ne voit pas quelleait pris part en 1789
aux assemblées de la noblesse de sa province. Mais ses membres
figurent avec les qualifications nobiliaires dans un grand nombre
d'actes du xviii^ siècle K
Principales alliances : Giraudet de Boudcmange 1732, Philippe de
Changy, Quarré de Chateauregnault d'Aligny 1846, de Crousaz-Cre-
tet 1868, Bouquet des Chaux, de Bonand 1782, etc.
CHARBONNEAU (de), en Savoie. Armes : d'azur à un bras d'or, armé
d'une fronde d'argent, chargée d'une pierre de même, et sortant d'un
nuage également d'argent volant à sénestre. — Cimier : mi homme
issant, portant un casque et une cuirasse et tenant une lance dar-
gent. — Devise : Nec ferro, nec igni.
La famille de Charbonneau appartient à la noblesse de la Savoie où
elle vint du Dauphiné s'établir au cours du xvii* siècle. Le comte de
Foras en a donné une généalogie dans son Armoriai de Savoie. Cet
auteur en fait remonter la fdiation à Pierre Charbonneau, du lieu de
Sainte-Marie-d'Alloïs, en Dauphiné, dont la femme, Denise Combé,
ou Tombé, fit son testament le 20 août 1652. Jean-Louis et Ignace
Charbonneau, fds du précédent, prirent du service dans l'armée du
duc de Savoie qui les anoblit par lettres patentes du 25 août 1659.
Ignace fut tué en 1664 dans un combat contre les Turcs et ne laissa
pas de postérité. Son frère, Jean-Louis, capitaine, fui tué en 1672 dans
l'expédition de Savone. Il avait épousé en Savoie Jacqueline Mary
qui fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696
(registre de Dauphiné). Il en laissa un fils, noble Marc de Charbon-
neau, qui épousa le 19 février 1708 dans les environs de Grenoble
demoiselle Barbe de Quintal, demeurant à Aiguebelle. Celui-ci eut
à son tour deux fils : 1° Joseph de Charbonneau, né en 1719 à Sainte-
Marie d'AUoïs, en Dauphiné, qui épousa le 11 février 1751 Marie-Cé-
sarine Ginod de Montagny et qui continua la lignée ; 2° Alexis de
Charbonneau, né à Aiguebelle, chevalier des Saints Maurice et
Lazare, brigadier général d'infanterie au service de Sardaigne, com-
mandant des ville et château d'Annecy, qui mourut à Turin en 1796
sans laisser de postérité. Maurice de Charbonneau, né à Aiguebelle
en 1768, fils de Joseph, fut officier au service de Sardaigne etcheva-
* Cette notice a été faite en grande partie à l'aide de renseignements dus à l'obli-
geance de M. Philippe Tiersonnier.
uictionnaihr des familles françaises 3
lier des Saints Maurice et Lazare. Sa descendance a fourni un eiand
nombre d'officiers de l'armée sarde. Elle n'est pas titrée.
Principales alliances : de Villette 1835, Millet do Saint-Albin 1863,
do la r\'\lud, Guillotde Cbamoux, etc.
La famille savoisienne dont il vient d'être parlé est vraisemblable-
ment une branche d'une famille de Gharbonneau qui appartenait aux
XVII'' et xwuf siècles à la noblesse de robe du Daupliiné et qui portait
à peu de chose près les mêmes armoiries : de gueules à une fronde
tortillée en triple sautoir d'or, mise en pal, chargée d'un caillourond
d'argent, côtoyé de deux autres cailloux de même en pointe. Jean
Gharbonneau, de Grenoble, fut pourvu sous Louis XIV de l'office de
conseiller maître en la Ghambre des comptes du Dauphiné. Son fils,
Joseph de Gharbonneau, était trésorier do France au bureau des
finances de Grenoble quand il fit enregistrer son blason à l'Armoriai
général de 1696.
Il a existé en Poitou et au diocèse de Nantes, en Bretagne, une
famille de très ancienne noblesse du nom de Gharbonneau. Gette
famille portait pour armes : iVazur à trois écussons d'argent, 2 eM.
accompagnés de dix fleurs de lys d'or posées 4, 3, 2, 1, avec la
devise : Pro fide scuta, a Rege lilia. On en trouvera une généalogie,
malheureusement assez incomplète, dans le Dictionnaire historique
et généalogique des familles du Poitou de Beauchet-Filleau. Elle fut
maintenue dans sa noblesse le 17 décembre 1668, sur preuves de
treize générations, par jugement des commissaires chargés de la
recherche des faux nobles en Bretagne. Ge jugement en fait remonter
la filiation à un Guillaume Gharbonneau, varlet, marié à Marguerite
de Lucé, qui possédait dès la seconde moitié du xiii'^ siècle la sei-
gneurie de l'Échasserie, sur le territoire de la paroisse de la Bouffe-
tière, en Poitou. Guillaume Gharbonneau, écuyer, Sgr do l'Échasserie,
qui représente le quatrième degré de la filiation , épousa en 1 37 6 Pernelle
Maynard et en eut deux fils, Jean et Guillaume, qui furent les auteurs
de deux grandes branches. La branche cadette posséda, entre
autres biens, les seigneuries de la Belourdière, de la Poupelinière et
de la Fortescuyère et s'éteignit au cours du xviii'' siècle. On trouvera
dans les Dossiei's bleus les preuves de noblesse qu'un représentant
de la branche aînée, Alexis-Gabriel de Gharbonneau de l'Échasserie,
né en 1703 à Montaigu, au diocèse de Luçon, fit en 1720 pour être
admis parmi les pages de la Grande Écurie. Godcfroy de Gharbon-
neau, issu de la môme branche, né à Mouzcil en 1755, fut reçu en
1780 conseiller au Parlement de Bretagne ; il mourut à Nantes en
1844 sans avoir eu d'enfants de son mariage, en 1821, avec M"* le
Petit de Boissouchard, décédée h Nantes en 1854. La famille de Ghar-
4 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
bonneau s'est éteinte avec ce magistrat et avec son cousin germain,
Félix de Charbonneau» né vers 1790, inspecteur des postes, décédé
sans alliance. Elle avait donné quatre chevaliers à l'ordre de Malte
(Louis Charbonneau de l'Échasserie, en i6i27, Louis Charbonneau de
la Moricière, en 1647, Charles Charbonneau de la Fortescuyère, en
'1654, et Gabriel Charbonneau de l'Échasserie, en 1657). Deux de ses
représentants périrent dans l'expédition de Quiberon, en 1795.
CHARBONNEL du BETZ (de). Armes : d'azur à un croissant d'argent
accoîiipagné de trois molettes (aliàs de trois étoiles) d'or. — Cou-
ronne : de Comte. — Devise : In corde decus et honos.
Il a existé en Vivarais deux familles nobles du nom de Charbonnel.
L'une de ces familles portait pour armes : d'or (aliàs de sable) à
une tour de gueules (aliàs A'argent ajourée de gueules). Elle était
connue depuis le kiy*" siècle, posséda, entre autres biens, les seigneu-
ries de Ghauzon et de Vinezac et s'éteignit dans les mâles en 1644.
Sa dernière représentante, Marie de Charbonnel de Ghauzon, épousa
en 1644 Louis de Julien de Rochevive, dit le capitaine de la Baume,
et lui apporta la seigneurie de Vinezac. Elle était veuve quand elle fit
enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696.
L'autre famille de Charbonnel, à laquelle est spécialement consa-
crée la présente notice, ne s'est éteinte dans les mâles qu'en 1891.
Sainl-Allais en a donné une généalogie détaillée. Elle était de
noblesse ancienne et avait eu pour berceau un fief de son nom qui
dans la suite s'appela Prost. Saint-Allais raj)porle, mais naturellement
sans en fournir la preuve, qu'un de ses premiers auteurs, Guy de
Charbonnel, prit part à la première croisade, fit prisonnier un géné-
ral turc et obtint, en récompense de ce haut fait, de porter pour
armes : un croissant et trois molettes. Ce môme Saint-Allais lait
remonter la filiation à un Pierre, qualifié miles, ou chevalier, dans
un acte de 1ïi73, qui possédait le fief de Charbonnel et qui aurait
commandé le ban et Tarrière-ban dans les dernières années du
XIII* siècle. Il attribue à ce gentilhomme pour fils un Jean, chevalier,
Sgr de Charbonnel, commandant pour le Roi des ville et château de
Sérières, qui aurait épousé en 1328 Lucrèce de Moret, et pour petit-
fils un noble Just de Charbonnel, damoiseau, commandant du châ-
teau de Sérières pour le comte de Tournon, Sgr de Sérières, qui
aurait épousé le 21 septembre 1354 Jeanne de Chavanieux, fille du
seigneur de Courcelles, en Beaujolais.
La filiation ne paraît être nettement établie que depuis Jean de
Charbonnel, damoiseau, commandant du château de Sérières, que
l'on croit avoir été petit-fils du précédent et qui épousa par contrat
DICTIONNAinr, DES FAMILLES FRANÇAISES 5
du 2 février 1418 Marie de Taillefer, fille du seigneur du Chambon, en
Velay. Ce gentilhomme accompagna Pierre de Brézé, grand sénéchal
de Normandie, dans une descente que celui-ci fit en 1456 sur la côte
d'Angleterre. Son fils, Claude de Charbonnel, vint se fixer en Velay
après le mariage qu'il contracta le 19 août 1452 avec Huguette de
David, héritière de la seigneurie du Betz. Il lut lui-même père de
Guy de Charbonnel, Sgr du Betz, marié le 11 juillet 1501 à Guionne
de Baile, auquel seulement le jugement de maintenue de 1669 fait
remonter'la filiation. Marcellin de Charbonnel, Sgr du Betz, en Velay,
arrière-petit-fils de Guy, laissa de deux alliances successives deux
fils, Charles et Léonard, qui furent les auteurs de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Charles, fut père de Pierre de Char-
bonnel, Sgr du Betz, au diocèse du Puy, qui fut maintenu dans sa
noblesse le 13 septembre 1669 par jugement de M. de Bezons, inten-
dant du Languedoc. Cette branche s'est éteinte en la personne d'Ar-
mand-François de Charbonnel, né en décembre 1802 au château de
Flachat, près de Monistrol-sur-Loire, évêquede Toronto, au Canada,
en 1850, démissionnaire en 1860, décédé en 1891. Ce prélat avait eu
plusieurs frères. L'un d'eux, Louis, né à Lyon en 1797, député en
1848, périt à Paris cette même année dans les émeutes de juin ; il était
célibataire. Un autre, Charles, né en 1805, épousa en 1832 IVF® de
Champflour et en laissa une fille mariée au marquis de Longueil. Le
chef de cette branche était connu sous le titre de comte depuis le
milieu du xviii^ siècle.
L'auteur de la branche cadette, Léonard de Charbonnel, Sgr de
Jussac, marié en 1654 à Marguerite Pometon, fut maintenu dans sa
noblesse le 13 avril 1667 par jugement de Dugué, intendant du Lyon-
nais ; il fut père de Gaspard de Charbonnel, Sgr de Jussac, marié en
1683 à Catherine Véron, qui fut à son tour maintenu dans sa noblesse
le 6 juin 1698 par jugement de Lambert d'Herbigny, successeur de
Dugué, et le 4 juillet suivant par jugement de M. de Lamoignon,
intendant du Languedoc. Le chef de cette branche, Benoit-Michel,
connu sous le titre de comte de Charbonnel de Jussac, marié en 1773
à sa cousine. M"" de Charbonnel du Betz, fut député suppléant de la
noblesse du Velay aux États généraux de 1789; il émigra plus tard,
servit à l'armée des Princes et fut tué dans une bataille le 17 mai
1793. Il laissait un fils, Joseph, qui fut le dernier représentant mâle
de sa branche et qui, étant rentré en France, fut fusillé comme émigré
le 15 novembre 1798. Ce jeune homme avait eu plusieurs sœurs dont
deux se marièrent dans les familles de Chabron et Jourda de Vaux et
dont une autre, Catherine, dame du Sacré-Cœur, décédée en 1857,
fonda plusieurs maisons de son ordre.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille de Charbonnel avait fourni de nombreux officiers, des
chanoines comtes de Brioude, des chanoinesses de l'Argentière, une
demoiselle de Saint-Cyr en 178o (Françoise-Félicité de Charbonnel de
Jussac, née en 1775), etc.
Ses divers représentants prirent part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues au Puy.
Principales alliances : de Foudras, d'Alès, de Colomb, de Baillard
des Combeaux, Dulac de Fugères, de Portalès 1776, de Pradier
d'Agrain, de Chabron, Jourda de Vaux-Follelier, de Chàmpflour, de
Longueil, de Blanquet du Chayla, etc.
Il a existé en Auvergne une troisième famille de Charbonnel.
Cette famille, qu'il ne faut pas confondre avec une famille de Car-
bonnel de la même province, portait pour armes : émargent à six
étoiles d'azur, 3, i e< 1 ; à la bordure dentelée et au chef du même.
Elle était connue depuis le xiv® siècle et a donné, comme la famille
précédente, plusieurs chanoines comtes au chapitre noble de Brioude.
Son chef, Ithier de Charbonnel, sieur de la Plaigne et de la Gouzon,
en la paroisse de Saurier, dans l'élection d'Issoire, demeurant à Am-
bert, marié en 1667 à Radegonde de Bouschut, fut maintenu dans sa
noblesse le ISjanvier 1668 par jugement de M. de Fortia, intendant,
après avoir prouvé sa descendance de Faucon de Charbonnel, Sgr
de Théron, qui avait épousé Françoise de Goudel et dont la tille,
Antonia, épousa le 10 novembre 1519 Jean de Lespinassc. Cette
famille de Charbonnel paraît s'être éteinte à la fin du xvii* siècle.
Ces diverses familles n'ont aucun rapport avec celle de Jean-Bap-
tiste Charbonnel, né en 1737, avocat au Parlement de Bourgogne,
éclievin de Dijon, plus tard président du tribunal de Dijon, puis con-
seiller à la Cour de la même ville, décédé en 18i24, qui reçut le titre héré-
ditaire dechcvalicr par lettres patentes dul5 mars 1817 avec les armes
suivantes : de gueules à un sautoir d'or cantonné de quatre étoiles
d argent; au chef d'hermines. Joseph-Jules Charbonnel, tils du pré-
cédent, né à Dijon en 1774, général de division en 1813, inspecteur
général d'artillerie, pair de France en 1841, grand-croix de la Légion
d'honneur, décédé sans postérité en 1846, fut créé baron de l'Empire
par lettres patentes du 10 septembre 1808, puis comte de Salés par
nouvelles lettres du 2:2 janvier 1814. Il avait épousé en 1831 une fille
du général comte Gudin qui lui survécut jusqu'en 1874.
Une famille Charbonnel duToral a appartenu à la haute bourgeoisie
du Poitou où elle était venue du Dauphiné s'établir au commencement
du .xviii^ siècle, l'n de ses membres était sous Louis XVI receveur des
insinuations àPoitiers. Cette famille s'estéteinte avec François-Eugène
Charbonnel du Toral, conseiller à la Cour de Poitiers, décédé en
DICTIONNAIHE DES FAMILLES FRANÇAISES ~l
1859. M. de Rivoire de la Bâtie lui attribue les armes suivantes : d'ar-
gent, semé de charbons de sable, à la bande d'azur chargée d'un
demi-vol d'argent.
CHARBONNIER de la BÉDOLLIÈRE.
Famille bourgeoise.
M. Charbonnier épousa à Paris en 1869 M"« Marie-Louise Gigault
de la BédoUière, aujourd'hui connue sous le nom de Charbonnier de
LA BÉDOLLIÈRE.
Il sera consacré en son lieu une notice à la famille Gigault de la
BedoUicre et de Bellefond.
CHARBONNIER de VILLEQUETOUT(Lefebvre-). Voyez : Lefebvre-Char-
BONNIER DE VlLLEQUETOUT.
CHARBONNIER de la GUESNERIE (de). Armes : à' azur à une aigle
éployée d'argent, becquée et membrée de gueules, au vol éployé.
La famille Charbonnier de la Guesnerie était originaire des environs
de Craon, sur les confins de l'Anjou et du Maine. Son premier auteur
connu, Jacques Charbonnier, écuyer, Sgr de la Fauvelièrc, est men-
tionné dans un contrat d'échange du 14 novembre 1500 ; il fut dans
la suite conseiller en cour laie. On trouvera dans les Carrés d'Hozier
les preuves de noblesse que la famille Charbonnier de la Guesnerie
fit en 1749 pour obtenir l'admission dun de ses membres parmi les
pages de la Grande Écurie. Ce travail en fait remonter la filiation
au'e octobre 1531, date à laquelle noble écuyer Mathurin de Char-
bonnier, fils aîné de noble homme François de Charbonnier, écuyer,
Sgr de la Fauvelière, et de demoiselle Jeanne Simon, épousa Perrine
de la Fléchère. Ce même Mathurin, Sgr de Bedain, fit un partage
le 20 juillet 1545 avec son frère, noble homme François Charbonnier,
licencié es lois. Son fils unique, noble homme Jean Charbonnier,
Sgr de Bedain, marié en 1504 à Jeanne de Vittré, fille de Hené et de
Françoise d'Andigné, fit reconnaître sa noblesse le 23 février 1587
par jugement rendu à Angers de Charles Boucher, sieur de Dam-
pierre, commissaire député pour le régalement des tailles dans la
généralité de Tours. Il fut lui-même père de noble homme François
de Charbonnier, écuyer, qui épousa le 3 mai 1599 Marthe Lcnfant,
fille de Jean, Sgr de la Guesnerie, et de Marie du Buat, grand-père
de René Charbonnier, Sgr de Bedain, qui fut maintenu dans sa
noblesse le 12 juin 1034 par jugement des commissaires généraux
députés pour le régalement des tailles en la généralité de Tours, et
bisaïeul de René Charbonnier, Sgr de la Guesnerie, en la paroisse
8 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
d'Athée, marié en 1666 à Marie de Chéverue, qui, en 1669, donna
procuration pour présenter ses titres de noblesse devant Voisin de
la Noiraye, intendant de Tours, et qui fut maintenu noble le 31 oc-
tobre 1715 par jugement de Chauvelin, également intendant de
Tours.
Charlotte-Anne Charbonnier de la Guesnerie, née à Angers en
1731, décédée en 1785, écrivit sous le voile de l'anonyme des romans
qui jouirent dans leur temps dune grande vogue.
René-François Charbonnier de la Guesnerie, né à Angers en 1732,
fut admis en 1749 parmi les pages de la Grande Écurie. Il devint
dans la suite chevalier de Saint-Louis et prit part en 1789 au.x assem-
blées de la noblesse tenues à Angers.
La famille Charbonnier de la Guesnerie a fourni des officiers de
mérite, des chevaliers de Saint-Louis et de la Légion d'hon-
neur.
Elle paraît avoir eu pour dernier représentant Charles de Charbon-
nier, connu sous le litre de comte de la Guesnerie, qui mourut en
1888 à l'âge de 76 ans. Ce gentilhomme avait épouse en 1843 M"^ de
Chemellier, décédée en 1887; il en eut une fdle, M""' de Kergos, et
un fils, René, qui mourut avant lui sans avoir été marié.
Principales alliances : de Terves 1835, Petit de Chemellier 1843,
de Kernallen de Kergos 1880, de Lesrat 1733, de Lantivy, de Santo-
Domingo vers 1810, de Vittré, de Chéverue, etc.
On trouvera dans le Soiiveau d'Hozier et dans les manuscrits de
Chérin des renseignements sur une famille de CkaruonmeudeGrangeac
qui a appartenu à la noblesse de la Bresse. Cette famille portait pour
armes : de sable à un sautoir accompagné en chef d'une étoile et en
pointe d'un croissant montant, le tout d'or. Elle avait pour auteur
Jean-Claude Charbonnier, lieutenant général au bailliage et siège
présidial de Bugey, célèbre jurisconsulte, qui acquit le 3 no-
vembre 1623 de la lamille de Bussy la seigneurie de Grangeac, en
la paroisse d'Attignat, et qui fut anobli par lettres de juin 1649. Lors
de la grande recherche commencée en 1666, Jean-Claude Charbon-
nier, fils du précédent, ne put faire reconnaître sa noblesse par l'in-
tendant Bouchu, attendu quun édit de 1664 avait révoqué tous les
anoblissements concédés depuis 1611, et fut renvoyé devant le Roi
par jugement de ce magistrat du 13 juin 1670. Il était conseiller du
Roi en tous ses Conseils quand il fit son testament à Dijon le 22 dé-
cembre 1672. Son fils, François-Louis Charbonnier, chevalier, Sgr
de Grangeac, lieutenant général au présidial de Bourg et bailliage de
Bresse, fut maintenu dans sa noblesse le 5 septembre 1687 par sen-
tence de l'élection de Lyon, puis le 19 décembre 1690 par jugement
niCTIONNAIUE DES FAMILLES FRANÇAISES 9
de M. d'Argouges, intendant de Bourgogne et de Bresse. Joseph de
Charbonnier de Longes, marié en 1733 àM"" de Laurencin, fui connu
le premier sous le titre de comte de Grangcac. Son lils, Philippe- Henri,
comte de Grangeac, marié en 1765 à iM"°le Prestre de Chàteaugiron,
sollicita en 1782 des lettres de couih-mation de noblesse. Il se quali-
fiait marquis de Grangeac, Sgr de INIarillac, Viriat et Flériat, cheva-
lier de Saint-Louis, mestre de camp de cavalerie, quand il prit part
en 1789 aux assemblées de la noblesse de Bresse. Il eut deux fils dont
l'aîné, René-Gaspard, né en 1765, lit en 1782 ses preuves de noblesse
pour être admis à l'Ecole militaire.
Louis-François Charbonnier de Belloy, ne en 1745 à Pont-Saint-
Maxence (Oise), où son père, Louis Charbonnier, exerçait la profes-
sion de marchand chamoiseur, fut pourvu en 1774 de l'office anoblis-
sant de secrétaire du Roi en la chancellerie près le Parlement de
Paris. 11 (ut plus lard conseiller général de l'Oise et chevalier de la
Légion d'honneur, fut définitivement anobli par lettres du 10 mars 1815
et reçut en même temps les armes suivantes : d'azur à mie terra&se
cousue de sinople sur laquelle rampe un serpent d'argent et sommée
dune oie du même. Il ne paraît pas avoir laissé de postérité.
CHARBONNIÈRES (de Girard de). Voyez : Ciuard de Charbonnières (de).
CHARCELLAYde HORS et de la ROBERDIÈRE Armes : d'argent à deux
poissons d'azur nageant dans une mer de même, en pointe de Vécu;
au chef de gueules chargé de trois étoiles d'argent.
Famille de haute bourgeoisie, originaire des environs de Preuilly,
en Touraine.
Pierre Chàrcellay, sieur de Piétertault, greffier au grenier à sel de
Preuilly, lit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696
(registre de Loches) : d'argent à un chevron de sable chargé d'un. . .
d'or et accompagné de trois têtes de coq arrachées de sable, 2 et\.
Pierre Chàrcellay de Bors fut pourvu en 1734 de la charge de con-
seiller du Roi élu en l'élection de Loches. Auguste Chàrcellay de
Bors était en 1767 lieutenant des maréchaux de France en la séné-
chaussée de Chàtellerault. Son frère, Pierre, était en 1789 procureur
du Roi au bailliage et siège présidial de Loches.
Principales alliances : de INIarsay, Creuzé des Chàtelliers.
CHARDEBŒUF dePRADEL (de Bellotdei. Voyez :'Bellot de Chardebœuf
DE PrADEL (de).
CHARDON de BEAUVAIS CHÊNEMOIREAU. Armes : d'azur à trois
chardons fleuris d'or, tiges et feuilles de même.
10 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille Chardon de Beauvais est anciennement et honorablement
connue en Blésois. Toutefois on ne lui connaît pas de principe d'ano-
blissement et on ne voit pas qu'elle ait pris part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse de sa région.
Claude Chardon, sieur de Beauvais, conseiller du Roi en l'élection
de Piomorantin, fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de
1696. Il était en 1700 lieutenant général de police à Bomorantin.
M. Chàrdon-Chénemoireau, né en 1804, avait fait inscrire ses trois
enfants à Ictat-civil sous le nom de Chardon de Chcnemoireau. Il
demanda dans la suite au tribunal civil de Vendôme l'autorisation de
faire substituer dans son propre acte de naissance au nom de Char-
don-Chènemoireau celui de Chardon de Beauvais de Chènemoireau
porté par ses ascendants avant la Révolution. Le tribunal de Ven-
dôme lui adjugea ses conclusions; mais, le procureur général près
la Cour d'Orléans ayant interjeté appel, le jugement de ce tribunal
fut infirmé par arrêt du 17 mars 1860.
Principales alliances : de Sachy de Fourdrinoy, de Montardy
1903, Poirier de Wolodkowilz 1909,"etc.
CHARDON du RANQUET. Armes : d'or à une lige de chardon de si-
nople, fleurie de gueules; au chef d'azur chargé d'un croissant
d'or accosté de deux étoiles du même.
La famille Charbon du Banquet appartient à la noblesse de l'Au-
vergne. Elle est distincte de la famille de Chardon des Boys, de la
même province, à laquelle sera consacrée la notice suivante. On en
trouvera une généalogie complète dans les manuscrits de Chérin.
Elle remonte par filiation suivie à l'année 1580. Un de ses mem-
bres, le Père Chardon, né en 1616, carme du couvent de Clermont,
théologien éminent, fut sous Louis XIII visiteur général de son Ordre
en France. Un autre, Pierre Chardon, de la Compagnie de Jésus, pré-
sida de 1697 à 1730 les missions du Canada. La famille Chardon
avait déjà fourni plusieurs conseillers à la Cour des aides de Clermont-
Ferrand quand maître Biaise Chardon, sieur du Banquet, fils de Jean
Chardon, sieur du Banquet, et d'Isabeau Pascal, fut pourvu le 13 no-
vembre 1712 de la charge anoblissante de conseiller du Roi, trésorier
de France et général de ses finances en la généralité de Riom. Biaise
Chardon épousa le 2 1 janvier 1 714 Anne de la Ville. Leur fils, Jean-Paul
Chardon du Banquet, marié le 19 novembre 1759 à Marie-Anne Pélis-
sier de Féligonde, fut pourvu en janvier 1751 de l'office de conseiller
en la Cour des aides de Clermont qu'il conserva jusqu'à l'époque de
sa suppression, en mai 1771 ; il se fit accorder le 10 février 1773 des
lettres patentes de confirmation de noblesse. Il laissa un fils, Jean-
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 11
Michel Chardon du Banquet, né à Clermont en 1767, qui continua la
descendance.
M. Chardon du Ranquct prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Clermonl-Ferrand.
La famille Chardon du Banquet a fourni des officiers, un capitaine
des zouaves pontificaux, un député du Puy-de-Dôme en 1821, des
missionnaires, etc.
Elle n'est pas titrée.
Principales alliances : Pélissier de Féligonde 1759, Pascal, Doynel
de la Sausserie, de Villèle 1894, de Trémeuge de la Boussière, de
Nicolaï de Lacoste de Laval, de Frévol de Bibains, etc.
CHARDON des ROYS (de). Armes : do?' à un chevron de gueules accom-
pagné de trois chardons, tiges et feuilles de même.
La famille de Chardon des Boys, aujourd'hui éteinte, appartenait à
la noblesse de l'Auvergne comme la famille Chardon du Banquet
avec laquelle elle ne doit pas être confondue. On en trouvera
des généalogies complètes dans les manuscrits de Chérin et dans
le premier volume de la France moderne de M. Villain. Elle est
fort anciennement connue dans la petite ville d'Allègre, à laquelle
elle a donné de nombreux consuls. D'après une tradition, qui ne
s'appuie sur aucune preuve, elle descendrait des anciens seigneurs
de Chardon, près d'Allègre, et aurait à une époque très reculée perdu
sa noblesse par suite de dérogeance. Pierre Chardon fut un des
huit notables habitants auxquels le baron d'Allègre permit en li35
de bâtir une habitation dans l'enceinte fortifiée de son château pour y
être protégés en cas de siège. Honorable homme Benoit Chardon,
docteur es lois de la ville d'Allègre, auquel INI. Villain fait remonter
la filiation, est mentionné dans des actes de 1480 et 1485.
Le travail conservé dans les manuscrits de Chérin fait remonter la
filiation à noble Jean Chardon, sieur des Bois, arrière-petit-fils du pré-
cédent, qui avait épousé Marie de Chalencon de Bochebaron et dont
le fils, maître Benoit-François Chardon, décédé en 1685, fut pourvu
le 5 février 1650 de la charge anoblissante de président trésorier de
France au bureau des finances deBiomet obtint des lettres d'honneur
le 20 mai 1684. Benoit-François Chardon avait épousé, par contrat
passé à Clermont le 23 novembre 1655, Anne Garnaud, fille d'un con-
seiller à la Cour des aides. Leur fils, Claude Chardon des Boys, marié
en 1703 à dame Marie Ligier et décédé en 1739, fut à son tour nomme
le 9 janvier 1704 président trésorier de France au bureau des finances
de Biom. Il fut père d'Antoine-Amable Chardon des Boys, habitant
de Biom, qui épousa le 21 décembre 1740 Julienne Brun de Lanthenas,
12 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
grand-père de Charles de Chardon des Roys, qui épousa au Puy le
22 juin 1763 Marguerite Alirol, et bisaïeul de Jean-François-Damase
de Chardon des Roys, né au Puy le 11 décembre 1771, qui épousa
en 1805 M"^ Montagne. Ce dernier laissa deux tilles, qui épousèrent
successivement M. Jules de la Ratie, et trois fds qui furent les derniers
représentants de leur famille et qui moururent sans postérité.
Le chevalier de Chardon prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues au Puy-en-Velay.
La famille de Chardon des Roys n'était pas titrée.
Elle a fourni des officiers, un lieutenant des maréchaux de France
au Puy, des magistrats, etc.
Principales alliances : de Chalencon de Rochebaroii 1615, Ligier
(de la Prade) 1703, Rrun de Lantcnas, de la Bâtie, Calemard de
la Fayette, deMorel de la Colombe 1800, de Frétât, de Laire 1720, etc.
CHARDONNAY (de;. Armes : de gueules à un lion d argent langue d'or
(aliàs de sable).
La famille DE Chardonnav, vraisemblablement éteinte au cours du
XIX* siècle, appartenait à lancienne noblesse du comté de Montfort-
l'Amaury d'où elle vint au xvii" siècle se fixer à Machecoul, en Bre-
tagne. On en trouvera une généalogie détaillée dans les manuscrits
de Chérin. On trouvera aussi dans le Nouveau d'Hozier les preuves
de noblesse que deux de ses membres firent, on 1762 et en 1775, pour
être admis parmi les pages du Roi. Une tradition, qui ne s'appuie
sur aucune preuve, lui attribue une origine commune avec celle des
anciens sires de Montforl.
L'arrêt de maintenue de noblesse de 1668 mentionne un Thomas de
Chardonnet, écuyer, possessionné au Licutel, qui" passa en octobre
1279 un acte devant le tabellion de Montfort. Guillaume de Char-
donnay, écuyer, et son fils Jean étaient possessionnés au même lieu
en 1317 et 1318. On trouve ensuite Philippe et Robinet de Char-
donnay, écuycrs, frères, qui passèrent le 22 mai 1378 un acte devant
Duault, tabellion à Montfort. Robinet de Chardonné fit une acquisi-
tion par acte passé le dernier septembre 1381 devant Loys Chéron,
tabellion de la chàtellenie d'Épernon. On lui attribue pour fils, mais
sans preuves certaines, un Jehan de Chardonnay, dit Chardin,
écuyer d'honneur de Louis, duc d'Orléans, fils du Roi, qui obtint des
lettres de ce prince le 27 septembre 1403. Ce même gentilhomme
est appelé noble homme Jehan de Chardonnay, l'aîné, demeurant au
Tremblay, dans un contrat de vente passé le dimanche de Quasi-
modo 1457 sous le sceau de la ville et chàtellenie de Montfort-
l'Amaury . 11 avait épousé Jeanne de Flacourt, rappelée comme défunte
niCTIONNAIRF. DF. S FAMIM-KS FRANÇAISES 13
dans un acte de vente du 24 juillet 1454. Leur fds, noble homme
Jehan de Ghardonnay, écuyer, Sgr de Bardelle et du Tremblay en
partie, dénombra ses biens en 1458 et est mentionné dans de nom-
breux actes de la seconde moitié du xv* siècle. Il laissa d'une alliance
inconnue un fils unique, Guillaume de Chardonnet, écuyer, Sgr de
Bardelle. On ignore également le nom de la femme de celui-ci. Il
était mort depuis peu de temps quand son fils, Jehan de Ghardonnay,
écuyer, Sgr de Bardelle, comparut le il mai 1506 aux archives de
Montfort-rAmaury. Ce Jehan de Ghardonnay avait épousé à une date
inconnue Arthuse de Maubuisson qui, étant veuve, passa un acte le
lundi 8 mars 1539. Il en laissa deux fils, Bernard, Sgr de Bardelle,
et Philippe, Sgr de Bicherel, qui furent les auteurs de deux
branches.
L'aîné de ces deux frères, Bernard, épousa le 29 juin 1545 Cathe-
rine de Chartres. Il fut laïeul de François de Ghardonnay, chevalier,
Sgr de Bardelle, qui en 1705 était maître d'hôtel de la duchesse de
Bourgogne. Cette branche paraît s'être éteinte avec Charles-Pierre de
Ghardonnay, Sgr de Bardelle, né en 1752, qui vendit en 1779 la sei-
gneurie de Bardelle et qui mourut en 1782 laissant pour unique héri-
tière sa mère, Madeleine-Charlotte de Soulaigre.
L'auteur de la seconde branche, Philippe, était échanson du Dau-
phin quand il épousa le 2 septembre 1546 Jehanne de Jouan. Il fut
père de Iliérosme de Ghardonnay, Sgr de Bicherel, qui épousa
le 9 juin 1G03 Gillette de Pomereu, et grand-père d'autre Iliérosme de
Ghardonnay, Sgr de Bicherel, sergent-major du régiment de M. le
vicomte de Langeron, qui épousa Marguerite de Bastelart le 3 no-
vembre 1635 en la paroisse de Fresnay, au diocèse de Nantes. Mar-
guerite de Bastelart, étant devenue veuve, se retiraàMachecouloù sa
descendance se perpétua. Son fils, Louis de Ghardonnay, Sgr de
Bicherel, marié à Machecoul en 1666 à Jeanne de Flustres, fut main-
tenu dans sa noblesse d'abord le 16 juillet 1668 par un arrêt du Con-
seil d'État, rapporté tout au long dans le Nouveau d'Hozier, puis
le 7 mai 1669 par arrêt de la chambre de réformation de Bretagne.
René-Marie de Ghardonnay de la Marne, né à Nantes en 1746, et son
frère, Alexandre, né en 1756, firent en 1762 et 1775 leurs preuves de
noblesse pour être admis parmi les pages du Roi. L'aîné de ces deux
frères laissa au moins deux fils : 1° Jean, connu sous le titre de mar-
quis de Ghardonnay, né à Nantes en 1784, qui épousa à Londres
le 15 décembre 1814 dona Joanna de Lima-Barreto-Goellio et qui en
eut un fils, Joseph-Denis, baptisé à Londres le 6 octobre 1815;
2° Robert-Joseph, né à Nantes en 1789. On na pu se procurer de ren-
seignements sur la destinée ultérieure de cette branche.
14 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille do Chardonnay avait fourni de nombreux officiers.
D'après le chevalier de Courcelles elle était en instance pour
obtenir les honneurs de la Cour quand éclata la Révolution.
Principales alliances : de Pontbriand, de Couétus, deDay de Gar-
dères 1795, Aucapitaine de la Bernardière 1803, de Pomereu, de
Chartres, etc.
CHARDONNET (Bernigaud de Grange de). Voyez : Bkrxigaud de Grange
DE ChARDÛXNET.
CHARE (aliàs CHARRE; de la VALETTE (de).
La famille Chare,ouCharre,dela VALETTEestanciennement et hono-
rablement connue en Vivarais. Cependant on ne lui connaît pas de
principe d'anoblissement et on ne voit pas que ses représentants aient
porté de qualilications nobiliaires antérieurement à la Piévolution, ni
même qu'ils aient fait enregistrer leur blason à l'Armoriai général de
1696. M. Villain, qui en a donné une généalogie dans le tome II de la
France Moderne, en fait remonter la filiation à un Jacques Chare
dont le fils, François Chare, marié à Jeanne de Chambarlhac, lit son
testament le 30 décembre 1612 et dont le petit-fils, Jean Chare,
épousa d'abord en 1616 Gilberte Clauzier, puis en 1622 Claude Vey.
Pierre Chare, notaire royal à Saint-Martial, marié en 1728 à Anne
Courtial, prit le premier la qualilication de sieur de la Valette. 11 fut
le grand-père de Louis Chare de la Valette, président du tribunal du
Puy, dont la Hlle unique, née en 1825, épousa le comte de Causans,
et de Joseph-Cyrille Chare de la Valette, né en 1793, qui épousa
M"^ Botu de Verchères. Le petit-fils de celui-ci, Joseph, capitaine d'in-
fanterie, marié en 1899 à M"'^ Delemer, est connu sous le titre de
comte de Charre de la Valette.
Principales alliances: de Chambarlhac, Blanc de Molines 1741,
Courtial 1770, Desboscs, de Sigaud de Lestang, Sauzet de Saint-
Clément, de Saléon-Lacombe, de Vincens de Causans, Botu de Ver-
chères, etc.
CHARENCEY (Gouhier de). Voyez : Gouhier de Charêncky, de Petite-
ville ET de Fontenay.
CHARENTENAY (Mareschal de). Voyez : Mareschal de Charentenay.
CHARET de la FRÉMOIRE. Armes •• à argent à une bande engrêlée de
gueules, chargée d'une étoile accostée de deux roses, le tout d ar-
gent.
DICTIONNAIRR DES FAMII.LKS FRANÇAISES 15
M. de Magny a donné dans son Nobiliaire universel une généa-
logie de la famille Charet de la Frémoire. Cette famille est originaire
du lieu de la Salle, au diocèse d'Aoslc, en Piémont. Son auteur, Jo-
seph Charet, vint sous Louis XIV se fixer à Nantes, obtint en mai
1683 des lettres patentes de naturalisation, fut nommé en 1711 con-
seiller, garde et dépositaire, ancien, alternatif et triennal des
archives de l'hôtel de ville de Nantes et mourut dans cette ville à
l'âge de 80 ans le 15 décembre 1726. Il avait eu son blason enregistré
d'office à l'Armoriai général de 1696 : d'argent à trois pals de
gueules. Il laissa trois fiis : 1° Nicolas-Julien, sieur de la Frémoire, en
la paroisse de Vertou, né à Nantes en 1696, qui continua la descen-
dance ; 2° Louis, qui n'eut qu'une fdle ; 3» André, dont la descen-
dance, demeurée non noble, paraît s'être éteinte en la personne de
M.André-Jean Charet, décédé en 1864. Nicolas-Julien Charet, sieur de
la Frémoire, acquit dans le commerce une fortune considérable, fut
anobli par l'échevinage de Nantes qu'il exerça de 1748 à 1751, fut, en
outre, pourvu en 1757 de l'office anoblissant de secrétaire du Roi en
la chancellerie près le Parlement de Bretagne, obtint en 1778 des
lettres d'honneur et mourut en 1783. II laissa, entre autres enfants,
un fils, Joseph Charet de la Frémoire, qui épousa en 1774^1"" Robiou
de la Vrignais et qui continua la descendance. L'arrière-petit-lils de
celui-ci, Armand, né à Saint-Quentin en 1866, décédé en 1909, était
connu sous le titre de marquis de la Frémoire.
La famille Charet de la Frémoire a fourni un garde du corps du
roi Louis XVI, tué à la journée du 10 août 1792, un chevalier de Saint-
Louis, un chevalier de la Légion d'honneur, etc.
Principales alliances : Proust 1767, de Lavau 1771, de Couétus
1770, Bouchaud de la Forcstrie, Robiou de la Yrignais 1774, de la
Seiglière, etc.
CHARETON.
La famille Chareton, d'ancienne bourgeoisie, est originaire de
Montélimart (Drôme). Elle avait pour nom primitif celui de Veye.
Barthélémy Veye, habitant de Montélimart, avait épousé en 1715
Marie Chareton. 11 en eut un fils, Jean Veye, qui fut connu sous le
nom de Chareton, appart(Miant à la famille de sa mère. Le pctit-lils
de celui-ci, Joseph Veye, dit Chareton, négociant à Montélimart, fut
père de Jean-Joseph Chareton, né en 1813, général de division, député
et président du conseil général de la Drôme, sénateur inamovible,
décédé en 1878. Le général Chareton avait épousé M'"" Liotard, qui
se remaria au général Luzeux. Il en laissa un lils, Jean, né en 1869,
officier d'infanterie, qui a épousé M"*^ Dutheil de la Roc hère.
16 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHARETTE (de). Armes : (['argent à un lion de sable, armé et lampassé
de gueules, accompagné de trois canettes (aliàs trois aigrettes ou trois
aiglettes) de sable, becquées et memhrées de gueules, posées 2 eM
(aliàs posées en pointe). — La famille de Charette a souvent écartelé
ces armes de celles de la famille italienne Caretto dont elle se croit
issue : de gueules à cinq bandes d'or. — Couronne : de Marquis. —
L'écu entouré dw» manteau de pair de France. — Supports : deux
lions couronnés.
La famille de Charette, dont le nom a reçu tant d'illustration à
l'époque des insurrections vendéennes, appartient h. l'ancienne
noblesse de Bretagne. Le comte Alexandre de Monti de Rézé en a
publié en 1891 une histoire très consciencieuse sous le titre suivant :
Documents généalogiques pour la maison de Charette.
On suppose généralement, mais sans en avoir de preuves certaines,
que la famille de Charette actuellement existante a eu dans le passé
une origine commune avec une famille du môme nom qui possédait
au moyen âge la maison noble de Trévignet, en la paroisse de la Cha-
pelle-sous-Ploermel. On a aussi voulu, mais cette fois sans aucune
preuve, faire descendre cette famille de Charette de Trévignet d'une
famille Caretto qui a occupé un rang brillant à Florence. D'après ce
système, un gentilhomme florentin du nom de Caretto serait venu
se fixer en France vers le milieu du xiii* siècle, aurait épousé le
22 septembre 1240 Jeanne du Bois de la Salle, demoiselle d'honneur
d'Alix, duchesse de Bretagne, et aurait reçu quelques années plus
tard de Pierre de Dreux, dit Maucler, en récompense de ses services,
donation de la terre et seigneurie de Trévignet. Dans la réalilé, la
famille de Charette de Trévignet est connue depuis un N... Charette,
Sgr de Trévignet, qui vivait en 1334. La descendance de ce gentil-
homme figura de 1426 à 1343 aux réformations et montres de la
noblesse du diocèse de Saint-Malo et s'éteignit vers le milieu du
XVI* siècle.
Le travail de M. de Monti, d'accord avec le jugement de maintenue
de noblesse de 1668, fait remonter la filiation de la famille de Charette
actuellement existante à un Guillaume Charette qui avait épousé
Maillée de Xault et qui, vers 1400, possédait le domaine delaThoma-
zière, en la paroisse de Sautron, au diocèse de Nantes. Ce Guillaume
Charette laissa quatre enfants : 1" Jean, qui continua la descendance ;
2" une fille appelée Brute ; 3° une autre fille mariée à Antoine Bros-
sault; 4* Jehan, recteur de Sautron. Noble homme Jean Charette,
sieur de la Thomazière, épousa demoiselle Gaudin, fille du sieur delà
Vallée ; il fut en 14o0 exempté comme noble du paiement des fouages
et figure avec la qualification d'écuyer dans un acte du 13 février 1451;
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 17
il aurait comparu le 6 avril 1465 à une montre des nobles tenue à
Nozay. Il fut père d'autre Jean Charette, écuyer, sieur de la ïlioma-
zièrc, qui comparut en 1480 à une montre des nobles du pays nan-
tais et qui épousa cette même année Guillcmette de la Vallais, g-rand-
père de Pierre Charette, Sgr de laThomazière et des Hommeaux, qui
épousa vers 1508 Jacquelte de Barlagat, et bisaïeul de Jean de Cha-
rette, écuyer, Sgr de la Bretonnière et de Lormière, conseiller du
Roi, alloué au lieutenant général au siège présidial de Nantes, qui
partagea avec sa sœur, par acte du 1" juin 1542, la succession de
ses parents et qui épousa à une date inconnue Mathurine du Bézit.
Celle-ci était veuve quand elle fit un partage en 1573. La situation
nobiliaire de ces divers personnages ne paraît pas avoir été très
élevée et on a pu se demander si, malgré le jugement de maintenue
de 1608, la famille de Charette ne tirait pas simplement sa noblesse
soit de la mairie de Nantes, soit des charges que ses membres
exercèrent depuis 1572 à la Chambre des comptes de Bretagne.
Jean Charette laissa de Mathurine du Bézit cinq fils : 1° Jean, sieur
de la Bretonnière et de Lormière, lieutenant général au présidial de
Nantes, qui épousa le 19 juin 1564 Julienne Druays et qui fut l'auteur
de la branche aînée; 2" Pierre, qui n'eut qu'une fille; 3" Julien,
sénéchal de Nantes pendant la Ligue, qui n'eut pas d'enfants;
4° Jean le cadet, sieur de Lormière et de la Colinière, conseiller
auditeur en la Chambre des comptes de Nantes en 1572, conseiller
maître en la même Chambre en 1587, qui épousa Marguerite de Tré-
gouet et qui fut l'auteur de la seconde branche, aujourd'hui seule
existante; 5" Raoul, avocat général près la Chambre des comptes de
Nantes en 1581, prévôt de Nantes en 1602, qui fut l'auteur de la troi-
sième branche. Deux de ces fils, Julien et Jean le cadet, firent
reconnaître leur noblesse le 1®"" septembre 1584 par sentence du pré-
sidial de Nantes. Les diverses branches de la famille de Charette
furent, en outre, maintenues dans leur noblesse en 1668 par arrêt de
la Chambre de réformation, puis en 1699 par jugement de l'intendant
de Bretagne.
L'auteur de la branche aînée, Jean Charette, fut père de René Cha-
rette, Sgr de la Bretonnière, conseiller au Parlement de Bretagne
en 1598 et maire de Nantes en 1609, grand -père de René Gharelt(>, Sgr
de la Bretonnière, maire de Nantes en 1635, qui épousa Ciiarlotte de
Cornulier, bisaïeul de Jacques Charette, sieur de Montbert, maire de
Nantes en 1669 et premier président en la Chambre des comptes de
Bretagne en 1677, et trisaïeul de Gilles Charette, sieur de Montbert,
conseiller au Parlement de Bretagne en 1690, décédé en 1734, dont
le fils mourut en 1752 sans laisser de postérité masculine.
X. 2
18 DICTIONNAIRE DKS FAMILLES FRANÇAISES
Raoul Charette, auteur de la troisième branche, fui père de Julien
Charette qui épousa le 23 décembre 1610 demoiselle de Mothay.
Celui-ci laissa deux fils : 1° Julien, qui continua la descendance;
2* Louis, page du roi Louis XIII en 1637, qui périt en 1644 au siège
de Gravelines où il combattait aux côtés du maréchal de la Meilleraie.
Cette branche s'est éteinte avec Marie-Renée Charette de Beaulieu
qui épousa en 1778 M. de Vauchaussade de Chaumont.
Jean le cadet, auteur de la seconde branche, aujourd'hui seule
existante, laissa deux fils : Jean, Sgr de la Noe et de la Colinière, né
en 1572, et Louis, sieur de la Colinière, né en 1575, qui furent les
auteurs de deux rameaux.
L'auteur du premier rameau, Jean, épousa successivement Jeanne
du Dréseuc et Françoise de Brénezay. Il eut du premier lit un fils,
Jean Charette, Sgr de la Colinière, conseiller d'Ktat en 1654, décédé
en 1668, dont la descendance obtint par lettres patentes de 1 775 l'érec-
tion en baronnie de sa seigneurie de la Colinière et s'éteignit dans la
première moitié du xix^ siècle. Il eut du second lit quatre autres fils
dont 1 aîné, Louis, sieur de Boisbriand, continua la lignée. La descen-
dance de celui-ci a possédé, entre autres biens, la seigneurie de la
Contrie, en la paroisse de Couffé. C'est à ce rameau qu'appartenait le
célèbre François-Athanase Charette delà Contrie, né à Couffé en 1763,
mort fusillé à Nantes le 29 mars 1796, qui fut un des plus braves chefs
vendéens. Charette avait reçu en juillet 1794 le grade de lieutenant
général des armées du Roi par brevet du comte de Provence, lieute-
nant général du royaume. Il avait eu un frère aîné, Louis-Marin de
Charette, Sgr de la Contrie, né en 1759. qui prit part avec lui à l'insur-
rection vendéenne et qui fut tué en 1796. Ce frère avait épousé en 1790
Marie-Louise Louaisel. Il en laissa deux fils en bas âge dont le plus
jeune, Athanase-Marin, né en 1796, continua la descendance et dont
l'aîné, Ludovic-Urbain, périt dans l'insurrection royaliste qui se pro-
duisit dans rOuest de la F'rance à l'époque des Cent-Jours, au prin-
temps de 1815. Athanase-Marin de Charette fut créé pair de France
héréditaire par ordonnance du 23 décembre 1823 et fut autorisé par
lettres patentes du 14 avril 1824 à constituer un majorât de pairie au
titre de baron. Il épousa à Paris le 16 juin 1827 Louise-Charlotte, com-
tesse de Vierzon, fille naturelle du duc de Berry, fut nommé en 1829
colonel des cuirassiers de Berry, fut un des plus fidèles compagnons de
la duchesse de Berry lors de l'insurrection royaliste de 1832, dut se
réfugier à l'étranger après l'échec de cette insurrection, fut autorisé en
1837 à rentrer en France et mourut en 1848 au château de la Contrie,
laissant une nombreuse postérité. L'aîné de ses fils, Athanase, baron
de Charette, né à Nantes en 1832, propriétaire actuel de la terre de
DICTIONNAIRR I) P. S FAMILLICS FRANT-AISKS 19
la Contrie, lieutenant -colonel des zouaves pontificaux, général de
hrig-ade en 1871, est une des personnalités les plus justement res-
pectées du parti royaliste, il a eu lui-même un fds, Antoine, né en
1880, qui a relevé le titre de marquis conféré en 1775 au chef du
rameau aujourd'hui éteint des seigneurs de la Gascherie.
L'auteur du second rameau, Louis Charette, sieur de la Colinière
et de la Gascherie, fut reçu en 1601 conseiller au Parlement de Bre-
tagne et fut nommé en 1609 maire de Nantes. Son fds, Jean Charette,
sieur de la Gascherie, marié en 1643 à Madeleine de Ménardeau, fut
reçu en 1641 conseiller au Parlement de Bretagne. Louis Charette,
sieur de la Gascherie, fds de celui-ci, mourut en 1702 laissant trois
fils, Louis, Sgr de la Gascherie, né à Nantes en 1685, Joseph, Sgr du
ïhiersant, né en 1687, et Gabriel, né en 1693, qui furent les auteurs
de trois sous-rameaux.
Louis Charette, Sgr de la Gascherie, auteur du premier sous-ra-
meau, fut président au présidial de Nantes et épousa en 171 1 Elisa-
beth de Boussineau. Leur fils, Louis, né à Nantes en 1712, reçu en
1737 conseiller au Parlement de Bretagne, obtint par lettres patentes
du 13 septembre 1775 l'érection en marquisat de sa seigneurie de la
Gascherie. Il fut le dernier représentant de son sous-rameau et
mourut sans postérité en 1787 en son iiôtel de Nantes, doyen du Par-
lement de Bretagne.
L'auteur du second sous-rameau, Joseph Charette, Sgr du Thier-
sant, fut lieutenant des vaisseaux du Roi. Sa descendance s'est
éteinte avec son petit-fils, Mathurin de Charette du Thiersant, né en
1759, décédé en 1820, et avec les deux fils de celui-ci, Isidore, marié
en 1806 à M"^ de Berthou, décédée sans postérité en 1875, et Hippo-
lyte, marié à M"^ Maillard de la Morandais.
L'auteur du troisième sous-rameau, Gabriel Ciiarette, épousa le
27 mai 1720 Marguerite Leclerc de Morenville, veuve de René d'Aux.
Il en eut un fils, Gabriel-Louis Charette, qui épousa en 1743 Renée
du Ruays, héritière de la seigneurie du Boisfoucault, en la paroisse
de Saint-Mesme. Ce sous-rameau s'est éteint dans les mâles en 1880
et complètement en la personne de Cécile de Charette de Boisfou-
cault qui épousa d 'abord en 1 85 1 le comte Arsieu de Montesquiou , puis
un prince de Hanau. On trouvera dans les Carrés d'Hozier les preuves
de noblesse qu'un de ses représentants, Charlemagne, né en 1759, fit
en 1775 pour être admis parmi les pages de la Petite l']curie.
En dehors des deux généraux de Charette, la famille de Charette
a fourni six conseillers au Parlement de Bretagne, un premier prési-
dent et plusieurs conseillers en la Chambre des comptes de Nantes,
plusieurs maires de Nantes, un chevalier de l'Ordre du Roi en 1646,
20 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
trois chevaliers de Malte en 1762, 1776 et 1778, de nombreux offi-
ciers, etc.
Principales alliances : de Monti 1701, 1803, de Montmorency 1752,
de Sérent 1733, de Bretagne de Vertus, de Montesquiou-Fezensac
1851, de Hanau, de Fitz-James 1862, de Gouyon-Matignon 1863, de
• Bourbon-Busset 1866, de Durfort-Civrac de Lorge 1872, Harscouet
de Kéringant 1872, de Sapinaud 1797, des Mazis 1804, de Becde-
lièvre 1790, de Cambourg 1901, de Casamajor de Charrilte, de
Courson de la Bellcissue, Jacquelot de la Motte, de Cornulier, de
Vauchaussade de Chaumont, de Gourjault 1904, de Poulpiquet du
Halgouet 1909, Odart de Rilly 1910, etc.
CHARGÈRES (de). Armes d'azio' à un lion léopardé d'or, lampassé de
gueules, surmonté de trois trèfles d'argent rangés en chef. — La
branche des anciens seigneurs du Breuil porte : A' azur à un lion
d'or, langue de gueules; au chef cousu de gueules chargé de trois
trèfles d'argent. — Couronne : de Marquis. — Supports : deux
lions.
La famille de Chargères appartient à l'ancienne noblesse du Niver-
nais. On en trouvera une g('>néalogie complète dans le Dictionnaire
de la 7ioblesse de la Chesnaye des Bois. On trouvera aussi sur elle
beaucoup de renseignements dans le Nouveau d'Hozier, au Cabinet
des Titres.
Son premier autour connu, Antoine de Chargères, capitaine de cent
hommes d'armes, ôlait né en Savoie ; il vint se fixer en Bourbonnais
où il possédait en 1424 la seigneurie de Chapinières. De son mariage
avec Anne du Crest il laissa un lils, Durand de Chargères, écuyer, Sgr
de Tourny, de Sapinières, etc., qui fut également capitaine de cent
hommes d'armes et qui est mentionné dans des actes du 17 mars 1487,
du 15 juin et du 24 octobre 1498. Durand laissa lui-même plusieurs
enfants qui, par acte du 16 août 1515, partagèrent la succession de
leur mère, Philippe des Vernois. L'aîné de ses fils, Nicolas, Sgr de
Tourny, du Breuil, de Sapinières, etc., épousa en 1523 Anne de la
Menue, veuve de Philippe de Moroges, écuyer. 11 en eut plusieurs
iils qui partagèrent sa succession par acte passé le 2 avril 1557
devant notaires en la prévôté de Saint-Pierre-le-Mouticr et dont
trois, Denis, Jean et Charles, furent les auteurs de trois branches.
La troisième branche ne tarda pas à s'éteindre. Les représentants
des deux premières branches furent maintenus dans leur noblesse
le 10 mai 1667 par jugement de Lambert d'Herbigny, intendant de
Moulins.
Denis de Chargères, écuyer, Sgr de Tourny, auteur de la branche
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 21
que l'on considère gcncralcment comme l'aînée S épousa dabôrd
une dame dont on ignore le nom ; étant devenu veuf, il se remaria en
1567 à Bénédicte de Ving'lcs, veuve de Claude de Génelard, écuyer.
Antoine de Chargères, écuyer, Sgr de Tourny, né de la première
union, était en 1592 homme d'armes de la compagnie de ïavannes;
il épousa le 11 février de cette même année Marguerite de Vingles et
se remaria quelques années plus tard à Guillemettc Bernât. Il laissa,
entre autres enfants, deux fds : 1° Claude de Chargères, Sgr de
Tourny, né du premier lit, marié en 1624 à Marguerite de Mattieu,
dont le petit-lils, Claude, Sgr de Tourny, né en 1672, marié en 1700
à M'"= de Charry, fut maintenu dans sa noblesse le 25 mai de cette
même année par jugement de Jean deTurmenies, écuyer, Sgr de Noin-
lel, et dont la descendance paraît s'être éteinte vers l'époque de la
Révolution ; 2** autre Claude de Chargères, Sgr des Griz, en la paroisse
d'Avrey, né du second lit, qui épousa Anne Gourlier et dont la des-
cendance subsiste. Le fils. de ce dernier, Louis de Chargères, Cosgr
d'Arcenay, né en 1650 à Lanty, dans la généralité de Moulins, épousa
le 2 janvier 1681 Catherine Baudouin d'Orville et vint se fixer en
Auxois. On trouvera dans le Nouveau (VHozier les preuves de
noblesse que son petit-fils, Charles de Chargères, Sgr d'Artenay,
officier de cavalerie, demeurant à Bart, en Bourgogne, fit en 1778
pour obtenir l'admission à l'École militaire de son fils, Eustache, né
en 1767 à Millay, dans la généralité de Moulins. Celui-ci épousa
en 1803 M"'= de Framery et fut connu sous le titre de marquis, conservé
depuis lors par le chef de cette branche. On trouvera dans les Carrés
(THozier les preuves de noblesse que Jeanne de Chargères de Tourny,
née en 1749, fit en 1756 pour être admise à Saint-Cyr.
Jean de Chargères, écuyer, Sgr de Sapinières,' de Chigy-le-Mi-
gien, etc., auteur de la branche que l'on considère gcnéralemenl comme
la cadette, épousa en 1559 Claudine de Ballard, héritière de la sei-
gneurie de la Goûte, en la paroisse de Fléty, et fut admis en 1590 en
la Chambre de la noblesse des États de Bourgogne, tenus à Semur.
11 laissa, entre autres enfants, trois fils : 1" Laurent de Chargères, Sgr
de la Goûte, qui épousa en 1607 Marguerite d'Apurillon et dont le plus
jeune fils, Charles, Sgrde Magny, continua la descendance ; 2" Charles
de Chargères, Sgr du Breuil, chevalier des Ordres de Notre-Dame du
Mont-Carmel et de Saint-Lazare, dont la descendance obtint en 1670^
l'érection en marquisat de sa seigneurie du Breuil et s'éteignit au
XVIII'' siècle ; 3" Claude de Chargères, écuyer, Sgr de Vaux, qui
' D'après certains auteurs cette branche serait la i^ranche cadette et la branche
ainée serait celle des seigneurs delà Goûte et du Breuil.
* D"apr(is la Noblesse aux Etals de Bourgogne de M. d'Arbauinont.
22 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
épousa en 1616 Françoise Gontier et dont la descendance s'éteignit
également au xviif siècle. Charles de Chargères, Sgr de Magnv, fds
cadet de Laurent mentionné plus haut, fut trisaïeul de Charles de
Chargères, né en 1757, qui recueillit par héritage la seigneurie du
Breuil après l'extinction du rameau des seigneurs du Breuil. Charles
de Chargères fut dès lors connu sous le titre de marquis de Chargères
que le chef de cette branche a continué de porter jusqu à nos jours
comme le chef de lautre branche,
Bernard de Chargères, de la branche des seigneurs du Breuil, fut
admis en 1720 dans l'Ordre de Malte.
Guillaume de Chargères, écuyer, Sgr du Grand-Marie, et Claude
de Chargères, écuyer, Sgr deTourny, prirent part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse tenues à Nevers. Jean-Julien de Chargères, Sgr
des Planches, et Charles, marquis de Chargères du Breuil, Sgr du
Breuil, prirent part cette même année à celles tenues à Autun.
La famille de Chargères a fourni des officiers, dont un comman-
deur de Saint-Lazare, un général de brigade, commandeur de la Légion
d'honneur (Léonce-Rodolphe, marquis de Chargères, chef de la
branche aînée, décédé en 1875), un chanoine de Saint-Claude, etc.
Principales alliances : Bataille 1614, deCharry 1660, 1700,duCrest,
de Framery, de Damas 1696, de Vichy 1602, de Damoiseau 1655, d'Ans-
trude, de Bouille, de Bongars 1682, de Montaudouin, Pocquet de
Livonnière 1883, Bernigaud de Chardonnet 1881, le Compasseur de
Courtivron, de Bosredon, de Lespinasse 1880, etc.
CHARIE (de Brunet de la). Voyez : Brunet de la Grange, de la Charie, de
MONTREUIL, DE S.MRir.NÈ ET DE TrYE.
CHARIL de VILLANFRAY, de RUILLÉ, des MAZURES. Armes : à'argent
à un chevron de gueules accompagné de trois roses de même; au
chef d'azur chargé d'un lion (aliàs d'un chat j d'argent. — Françoise
Charil de Villanfray fit enregistrer à l'Armoriai général de 1696
(registre de Vitré) les armes suivantes, aujourd'hui tombées en
désuétude : à' argent à un lion de sable accompagné de trois roses de
gueules. — N... Charil de Beauvais, procureur liscal de Vilrc, fit
enregistrer au même Armoriai les armes suivantes, également tom-
bées en désuétude : d'argent à un lion de gueules couronné d'or,
au chef de sable.
La famille Ch.vril est anciennement et honorablement connue dans
les environs de Vitré, en Haute-Bretagne. On trouvera sur elle beau-
coup de renseignements dans un ouvrage que M. Frain afaitparaître
en 1884 sous le litre suivant : Mémoire généalogique où il est fait
mention de plusieurs familles établies à Vitré.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 23
Etienne Charil, fils de Jean Charil, épousa en 160i2 Louise Lemoyne.
Trois de leur fils, Mathurin, Michel cl André, furent les auteurs de
trois branches qui se sont perpétuées jusqu'à nos jours, distinguées
par les surnoms terriens de Villanfray, de Ruillé et des Mazures. On
ne connaît de principe d'anoblissement à aucune de ces branches.
Celle des seigneurs de Ruillé avait cherché sous Louis XIV à s'agréger
à la noblesse ; mais, en 1703, ses représentants furent condamnés à
l'amende comme usurpateurs et depuis lors elle est demeurée non
noble.
La famille Charil a fourni dans ses diverses branches de nom-
breux officiers dont l'un, René Charil de Ruillé, capitaine au régi-
ment de Boulonais, fut tué en 1709 à la bataille de Malplaquet, des
magistrats, des maires de Vitré, etc.
Principales alliances : Potiron de Boisfleury 1823, de Coniac 1893,
du Bois de la Cotardière 1851, de Legge 1743, de Berlhois, Janvier
de la Motte 1800, de Gennes 1687, Frain 1750, Magon de Saint-Hélier,
Rubin de la Grimaudière 1692, de Kerguélen, etc.
CHARLEMAGNE, en Berry.
Il existait à Bourges au xvii'^ siècle une famille très distinguée de
ce nom. Cette famille portait pour armes : d'oi' à l'aigle de sable
chargée d'une fasce en devise de gueules, surchargée de trois roses
d'argent. Elle était originaire deMehun-sur-Yèvre. LaThaumassière,
qui en a donné au xvii'^ siècle une généalogie dans son Histoire de
Berry, en fait remonter la filiation à Guillaume Charlemagne, sieur
de Valeau et de Malitorne, dont le petit-fils, Charles Charlemagne,
sieur de Malitorne, fut nommé échevin de Bourges en 1551. Ce
Charles Charlemagne laissa deux fils, François et Nicolas, qui furent
les auteurs de deux branches.
L'aîné de ces deux frères fut père de Jean Charlemagne, sieur de
Launay et de Villecomte, qui fut secrétaire de la reine Louise de Vau-
demont, femme de Henri III, grand-père de Charles Charlemagne, sieur
de Béry, maire de Bourges, bisaïeul de Charles Charlemagne, sieur
de Villecomte, lieutenant particulier au bailliage de Bourges, et tri-
saïeul de François Charlemagne, chevalier, vSgr de Villecomte, qui
fit enregistrer son blason à 1 Armoriai général de 1696 et qui eut trois
fils de son mariage en 1696 avec Anne de Poix. Cette branche paraît
s'être éteinte antérieurement à la Révolution et on ne voit pas que ses
membres aient pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse du
Berry.
On trouvera dans les Dossiei's bleus des renseignements sur la
branche cadette. L'auteur de cette branche, Nicolas, s'était fixé en
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Champagne par son mariage avec Louise Nivelet. Il fut père de
Charles Charlemagne^ avocat àTroyes, grand-père de Louis Charle-
magne, marchand drapier à Paris, qui épousa en 1633 Marie Lefebvre,
et bisaïeul de Louis Charlemagne, avocat en Parlement, qui en 1684
faisait faire des recherches pour prouver son origine noble.
La vieille famille dont il vient d'être parlé parait être distincte
d une famille du même nom qui de nos jours est honorablement
connue dans le département de l'Indre. L'auteur de cette famille,
Nicolas-Jean Charlemagne, bourgeois d'Issoudun, marié vers 1760 à
Marie-Françoise Contamin, fut pourvu quelques années plus tard de
la charge anoblissante de trésorier de France au bureau des finances
de Bourges. Il eut pour successeur dans cette charge, le 3 octobre
1781, son fils, Jean-Claude Charlemagne, qui la conserva jusqu'à
l'époque de sa suppression, en 1790. Celui-ci était né à Issoudun en
1762 ; il fut maire de sa ville natale à l'époque de la Révolution,
député de l'Indre pendant les Cent-Jours, puis en 1818, et mourut à
Chàteauroux en 1853. Son fils, Edmond Charlemagne, né à Chàtcau-
roux en 1795, député de l'Indre sous Louis-Philippe et sous Napo-
léon III, décédé en 1872. a été père de M. Raoul Charlemagne, né en
1821, maire de Chàteauroux, plusieurs fois député de l'Indre depuis
1859, qui a lui-même laissé postérité.
II a existé en Normandie une famille Charlemagne, ou Charle-
maigne, qui portait pour armes : d'azu?' à un chevron accompagné en
chef de deux croissants et en pointe d'une molette d'éperon^ le tout
d'or. Vincent Charlcmaigne, écuyer, sieur du Boulay, marié à Cathe-
rine de la Haye, en eut trois fils, P'rançois, Alexandre et Dominique,
qui furent simultanément anoblis par lettres patentes de juillet 1652.
Un édit de 1664 ayant révoqué tous les anoblissements concédés
depuis 1611, l'aîné de ces trois frères, François, sieur du Boulay,
conseiller en la Cour des aides de Normandie, marié à Rouen en 1654
à Marguerite Thomas, se fit accorder en mai 1667 des lettres patentes
de confirmation de noblesse. Il fut maintenu dans sa noblesse le
14 décembre 1668 par jugement de M. de la Gallissonnière, inten-
dant. Il fut père de François Charlemagne, Sgr du Boulay, en l'élec-
tion de Pont-Audemer, marié en 1708 à M""" le Cerf, qui fut à son tour
conseiller en la Chambre des comptes et aides de Normandie. On
trouvera dans les manuscrits de Chérin les preuves de noblesse
qu'un petit-fils de celui-ci, Pierre-Joseph de Charlemagne de Bel-
londe, né en 1774, fit en 1788 pour obtenir le grade de sous-lieute-
nant. M. de Charlemagne de Bellonde prit part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse du bailliage de Pont-Audemer.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 25
CHARLERY de la MASSELIÈRE. Armes : d'argent à trois roses de
gueules, ligées de sinople, H et \.
La famille Gharlery est anciennement et honorablement connue
dans la haute bourgeoisie de l'Anjou. Le vicomte Révérend lui a
consacré une courte notice dans Y Annuaire de la noblesse de 1908.
René-François Gharlery était en 1720 procureur au grenier à sel
de Gandé, en Anjou. Alexis-Antoine Giiarlery, né à Gandé le 30 juil-
let 1752, fut nommé général de brigade le 8 frimaire an II; il fut plus
lard juge de paix dans sa ville natale où il mourut en 1829.
M. René-Jules Gharlery, né en décembre 1813 à Vieil-Baugé, en
Anjou, longtemps maire de Gué-Deniau, marié à M""^ de Beauminy,
demanda le 19 avril 1877, pour lui et pour ses trois fils, René, Henri-
Joseph et Julien-Georges, et obtint par décret du 22 décembre de la
môme année l'autorisation de joindre régulièrement à son nom celui
de : DE LA Masselière qu'avaient porté ses ascendants. Le plus jeune
de ses fils, Julien-Georges, né en 1851 à Fitz-James (Oise), marié suc-
cessivement à M"*' Rousseau et à M"'' de Fontenay, a été nommé
général de brigade en 1907; il est propriétaire du château de la Mas-
selière, près de Gorné, en Anjou.
Principales alliances : de Montcsson, Ghrestien de Beauminy, de
Latena 1891, de la Fontaine de Fontenay 1889, Lair 1908, de Vaugi-
raud 1909, etc.
CHARLES de la BLANDINIÈRE Armes : d'argent à une fasce d'azur
chargée de trois couronnes ducales d'or.
La famille Gharles a occupé un rang distingué dans la noblesse
parlementaire de Normandie.
Son auteur, Jean Gharles, écuyer, marié à Amcline le Bovc, acquit
en 1460 une maison à Martigny, près d'Arqués, et fit son testament à
Rouen le 23 janvier 1463. D'après une généalogie dressée par dHozier
en 1709, et conservée dans le Cabinet d'Hozier, ce personnage aurait
été fils de Pierre Gharles qui passa un traité le 28 décembre 1425
avec son frère Nicolas, doyen de l'église de Monlivilliers, petit-lils de
Jean Gharles, écuyer, qui fit un accord le 14 juin 1422 avec Guillaume
de Valiquerville, et arrière-petit-fils de Pierre Gharles qui donna le
19 octobre 1381 à son frère puîné Jean 80 francs pour la part qui lui
revenait dans la succession de leur père, Jean Gharles.
Pierre Gharles, Sgr de Gruchet, fils de Jean et d'Ameline le Bove,
fut reçu en 1496 conseiller en la Gour de l'Fchiquier et en 1499 con-
seiller au Parlement de Normandie. Son fils, Pierre Gharles, Sgr de
Gruchet, conseiller au même Parlement, marié le 26 avril 1552 à
Marie de Saint-Laurent, fut père de Pierre Gharles, Sgr de Gruchet,
26 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
conseiller au même Parlement en 1565, qui épousa le ['1 avril loo9
Marthe de Croisma.res, héritière de la seigneurie de la Blandinière,
et grand-père de Pierre Charles, Sgr de Gruchet, conseiller au même
Parlement en 1599, qui n'eut pas d'enfants, d'Antoine Charles, qui
fut tué à la bataille d'Arqués, et de Gilles Charles, Sgr de la Blandi-
nière, décédé en 1649, qui épousa en 1610 Marie le Brun et qui con-
tinua la descendance. Ce dernier fut père de Nicolas Charles, Sgr de
Gruchet, conseiller au Parlement de Normandie, qui eut plusieurs
enfants de son mariage en 1658 avec Catherine Petit, et de Louis
Charles, Sgr de la Blandinière, conseiller au même Parlement, qui eut
également plusieurs enfants de son mariage en 1662 avec Marie le
Maigne. Un des fils de celui-ci, Louis Charles de la Blandinière,
décédé sans postérité à Paris en 1732, fut chef d'escadre des armées
navales.
M. de la Blandinière se fit représenter en 1789 aux assemblées delà
noblesse tenues à Arques.
La famille Charles de la Blandinière eut à subir, au xix^ siècle, les
vicissitudes de la fortune. Elle comptait encore, il y a peu d années,
des représentants dans une situation modeste.
Principales alliances : de Croismares, de Suzanne, etc.
CHARLES de MALMAIN. Armes (d'après le règlement d'armoiries de
juin 1783) : d'azio' à un chevron d'argent accompagné en pointe
d'un demi-vol du même; au chef cousu d'or.
Cette seconde famille Charles est originaire comme la précédente
de l'ancien comté d'Eu, en Haute-Normandie, où elle occupait au
xviii* siècle un rang distingué.
Jérôme-Marin Charles, nommé en 1765 bailli du comté d'Eu, obtint
en juin 1783 des lettres patentes d'anoblissement qui sont rapportées
tout au long dans le Nouveau d'Hozier ; il obtint en même temps le
règlement de ses armoiries.
Louis-Pierre-Alfred Charles, né à Eu le 3 brumaire an XI,
conseiller à la Cour de Rouen, fut autorisé par décret du 12 jan-
vier 1861 à joindre à son nom celui de la terre de Malmain qu il pos-
sédait à Bosgouet, près de Bourgtheroulde, dans le département
de 1 Eure.
Principale alliance : de Cacqueray.
CHARLES de NONJON. Armes : à' azur à une mappemonde d'argent,
montée d'or, accompagnée dun compas et d un picquoir d'argent
passés en sautoir sur son pied; au chef parti d'or et de gueules au
chevron de lun en Vautre.
La famille Charles de Nonjon est originaire d'Armenlières, où
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 27
Nicolas Charles était en 1629 lieutenant du bailli. Elle vint dans la
suite se fixer à Airc-sur-la-Lys, en Artois. Elle a donné au xviii^ siècle
un ingénieur géographe du Roi de grand mérite. Elle s'est éteinte
avec la baronne James du Teil, née Charles de Nonjon, décédée à
Paris en 1894.
Principales alliances : de l'Escaillc 1635, 1658, de Courleville
d'Hodicq 1696, Bertin du Neufpré 1719, Liborel 1798, Crespin du
Havelt 1827, du Teil 1851.
CHARLES et CHARLES-MESSANCE. Armes de la famille de Messance :
d'azu7' à une fasce d'or chargée d'un lévrier courant au naturel.
La famille Charles appartient à la haute bourgeoisie des environs
de Romans, en Dauphiné. Elle avait pour nom primitif celui de
Quintin. M. Villain, qui en a donné une généalogie dans le tome II de
la France Moderne, en fait remonter la filiation à Barthélémy-Charles
Quintin, marchand drapier et blanchisseur de toiles, qui, en 1642,
vendit une propriété à Ihôpital de Romans. Le petit-tils de celui-ci
Pierre-Charles Quintin, né en 1650, consul de Génissieux, fut connu
sous le nom de Charles que ses descendants portèrent exclusive-
ment. Il fut le trisaïeul de François Charles, né en 1762, et d'Étienne-
FerdinandCharles,néen 1766, qui furent les auteurs de deux branches
actuellement existantes. François-Gabriel Charles, né en 1789, fils de
laîné de ces deux frères, épousa M"« Jubié, fille de M. Jubié, d'une
vieille famille deSaint-Marcellin, encore existante, qui fut anoblie en
1760, et de M"^ Jubié, née de Messance. Il en eut un fils, Gabriel-
François Charles, né en 1821, qui fut autorisé avec ses enfants, par
décret du 5 juin 1889, à joindre à son nom celui de la famille de
Messance et à s'appeler Charles-Messance {sic, sans particule).
Principales alliances : Jubié, Jourdan du Mazot, de Chapt de Ras-
tignac 1892, de Berlhe 1893, etc.
La famille Messance, ou de Messance, appartenait au xviii^ siècle à
la haute bourgeoisie de Saint-Étiennc,en Forez. Louis Messance, père
de M'"'' Jubié, née de Messance, était conseiller du Roi, receveur des
tailles dans cette ville.
CHARLET. Armes concédées en 1826 au baron Charlet : à:azurà une
clé d'argent, posée en bande, et à une plume taillée du même, posée en
barre, la clé et la plume disposées en sautoir, et au dauphin d'or
brochant; au chef d'argent chargé d'un cheoron de gueules accom-
pagné en chef à dexlre d'une merletle et à senestre d'une étoile et en
poi7ile d'un cheval passant, le tout de sable.
Armand-Théodore Ciiaulet, né à Paris le 5 avril 1785, (ils de Ber-
28 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
trand-Jean-Bapliste Charlet et dAugustine-Catherine Dugué, secré-
taire des commandements et trcsoriergénéral de madame la Dauphine,
reçut le titre personnel de baron, avec règlement darmoiries, par
lettres patentes du roi Charles X du 28 octobre 1826. Il mourut en
l8o9 à Bruyère-le-Chàtel (Seine-et-Oise) sans avoir eu d'enfants de
son mariage avec M"^ Tardivet de Repayre.
Son frère, Alexandre-Maximilien Charlet, conseiller à la Cour
d'appel de Paris, démissionnaire en 1830, avait épousé ÎM"'' Arnaud,
fille d'un médecin du Roi. Il en laissa une fille, M"*^ Tassin de Val-
lièrc, et un fils, Eugène Charlet, qui épousa en avril 1864 M"* de
Gessler, fille d'un consul général de Russie. Henri Charlet, fils
d'Eugène, a épousé en 1899 M"*" de Galbert.
CHARLET de SAUVAGE (de). Armes (d après un ancien cachet) -.parti
au 1 de... à la tour de...; au '1 de... à la cigogne de... ; au chef de...
chargé d'un croissant de..., accosté de deux étoiles de..., brochant
sur les deux partis. — Aliàs (d'après le sceau du testament de Jean
Charlet, sieur de Sauvage, daté de 17o8j : d azur à un lion d'argent
tenant de la dextre une éj)ée du même.
La famille de Charlet de Sauvage est anciennement et honorable-
ment connue en Périgord. Bien que ses membres figurent avec la
qualification d'écuyer dans un certain nombre d'actes du xviii* siècle,
on ne lui connaît pas de principe d'anoblissement et on ne voit pas
qu'elle ait pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse.
La famille de Charlet de Sauvage a fourni des officiers.
Il a existé en Poitou une famille Charlet, très distinguée, dont on
trouvera des généalogies dans les Dossiei's bleus et dans les ouvrages
de la Chesnaye des Bois et de Beauchet-Filleau. Cette famille portait
pour armes : (Vor (aliàs d'argent) à l'aigle de sable au vol abaissé.
Elle remontait par filiation à Jean Charlet, sieur du Château, mar-
chand à Poitiers, échevin de cette ville en 1434, dont le fils, Yves
Charlet, sieur du Château, maire de Poitiers en 1486, fut vraisembla-
blement anobli par ses fonctions. Les deux (ils de celui-ci, Geoffroy,
conseiller au Grand Conseil en 1bl4, puis au Parlement de Paris en
lolo, et Charles, furent les auteurs de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Geoffroy, avait épousé Louise de
Cuzy, héritière de la seigneurie des Garennes, en Bourbonnais. Il en
eut trois fils : 1" Etienne, président des enquêtes au Parlement de
Paris, gendre du chancelier du Bourg, qui continua la lignée ;
2" Jacques, conseiller au Parlement de Paris, mort avant d'avoir été
reçu; S" Pierre, auditeur en la Chambre des comptes de Paris, dont
la descendance ne tarda pas à s éteindre. François Charlet, Sgr des
Dir/rroNNAiRK des familles françaises 29
Garennes et d'Esbly, tils d'Etienne, fut conseiller au Parlement de
Bretagne en 1572, puis à celui de Paris en 1576. Sa descendance pro-
duisit des magistrats et des officiers distingués et fut maintenue dans
sa noblesse le 8 octobre 1G68 par arrêt de la chambre de réfor-
mation de Bretagne. Elle s'éteignit avec Louis Gharlet, Sgr d'Esbly,
né en 1715, président aux enquêtes du Parlement de Paris en 1764,
qui mourut en 1768 ne laissant que deux fdles, M""*^ de Sabran et
de Guémadeuc.
L'auteur de la seconde branche, Charles, fut grand-père de
Jacques Gharlet, Sgr de Mondon, conseiller au Parlement de Bre-
tagne en 1585, président en la Chambre des comptes de Bretagne en
1592, et bisaïeul de Jacques Gharlet, trésorier de France à Poitiers,
qui épousa Jacqueline Dreux. On trouvera dans les Dossiei's bleus les
preuves de noblesse qu'un descendant de celui-ci, François-Philippe
Gharlet de Mondon, fit en 1720 pour être admis parmi les pages de
la Grande Écurie. Cette branche s'est éteinte avec M"^ Marie de
Gharlet, née à Archigny en 1758, décédée en 1829.
CHARLEVAL (de Jessé-). Voyez : Jessé-Levas et Gharleval (de).
CHARLIER et CHARLIER de GERSON.
La famille Charlirr, d'iionorable bourgeoisie, résidait au
XVIII® siècle dans la petite ville de Ferrières-en-Brio. Le sieur Jean-
Baptiste Gharlier, époux de dame Elisabeth Macé, mourut dans cette
ville le 2 avril 1785. Son fils, Jacques Gharlier, né à Ferrières le
8 octobre 1745, marié à Cécile Noël, décédé à Paris le 13 février 1822,
laissa deux (ils, Pierre et Charles-Véronique, qui furent les auteurs de
deux rameaux.
L'aîné de ces deux frères, Pierre Gharlier, épousa Henriette Pelle-
tier de Saint-Michel et mourut à Paris en 1836. Il fut père de Charles
Gharlier, né en 1812, peintre distingué, qui épousa successivement
M"- de Villarsy et M"^ le Lieur de Ville-sur-Arce et qui a laissé de sa
seconde union un fils demeuré célibataire.
L'auteur du second rameau, Charles-Véronique, receveur général
des finances, fut connu sous le nom de Gharlier de Gerson après le
mariage qu'il contracta en 1835 avec Flavie-Marie-Louise d'Elbée,
née en 1816. Celle-ci, étant devenue veuve, se remaria à Jules-
Alphonse Débonnaire de Forges et mourut à Paris le 30 sep-
tembre 1850. Charles-Véronique laissa une fille, mariée en 1863 au
vicomte de Lostangcs-Béduer, et un 111s, Pierre-Olivier Gharlier,
connu sous le titre de comte deOerson, qui épousa en mai 1860 une
fille du général Caron et qui a lui-môme laissé postérité.
30 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille Charlier deGerson actuellement existante paraît n'avoir
aucun rapport avec celle de l'illustre Jean Gerson. Celui-ci s'appelait
dans la réalité Jean Charlier ; mais il fut connu sous le nom du village
de Gerson, près de Rethel, où il était né en 1363 dans une condition
très modeste. Chancelier de l'Université de Paris en 1392, député de
cette Université au Concile de Pise, puis au Concile de Constance,
décédé en 1429, Gerson fut un des personnages les plus en vue de
son temps,
CHARLIER de VRAINVILLE. Armes (d'après VArmorial chartrain) :
(['argent à un palmier de sinople soutenu d'im croissant d'azur, au
chef de même chargé de trois étoiles d'orK
La famille Charlier est anciennement connue à Châteaudun.
Nicolas-Sébastien Charlier était seigneur de Vrainville en 1754.
Nicolas-Jean-Henri Charlier, Sgrde ^'rainville, Flacey, la Poupillière,
Gasvillet, etc., né en 1736, fut reçu en 1764 conseiller des requêtes
du Palais au Parlement de Metz ; il fut tué en duel à Châteaudun
en 1778.
Charles Charlier de Vrainville, chef d'escadron de gendarmerie,
mourut à Piouen en 1851. Henri Charlier de Vrainville, avocat, a
épousé à Meau.v en juillet 1904 M"* Parmenlier.
CHARLIERS de BUISSERET. Armes : de sable à un lion d'argent. —
La famille Charliers de Buisserct écartèle souvent ses armes de celles
de la famille de Pipenpoy : à'azur à trois fleurs de lys d'argent au
pied coupé. — Couronne : de Marquis. — Supports : à dextre un lion
dor, armé et lampassé de gueules, à sénestre un ange vêtu d'azur.
— Devise : Candore et Virtute.
Bien que la famille Charliers de Buisseret appartienne à la Belgique,
on a cru devoir lui consacrer quelques lignes dans ce recueil ; il
importe, en eiïet, de prévenir des conlusions entre elle et la famille
de Buisseret, de vieille noblesse flamande, dont plusieurs représen-
tants sont de nos jours fixés en Belgique. La famille Charliers est, du
reste, d'origine française et appartenait au xvii^ siècle à la haute
bourgeoisie du Cambrésis. Antoine-François Charliers, fds de Simon,
licencié es lois, vint se fixer en Brabant dans les premières années du
xviii* siècle, fut conseiller et souverain fiscal du Souverain Conseil de
ce pays et prit le premier la qualification de seigneur de Buisseret. Il
avait épousé Thérèse Giclis d'Hujoul, née en 1685, décédée le
• Ce sont les armes que firent enregistrer à l'Armoriai général de 1696. le pre-
mier à Lille, le second à Bordeaux. N Charlier, conseiller du Roi, commissaire
ordinaire des guerres, et François Charlier.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 31
2 juin 1742. Il fut père de Simon-Benoît Charlicrs de Buisseret, qui
épousa Isabelle Pipenpoy, grand-père de Guillaume-Ghislain Ghar-
liers de Buisseret, décédé en 1818, qui épousa en 1788 Marie-Ghis-
laine deMoerman d'IIarlebeke, et bisaïeul de Louis-Laurenl Charliers
de Buisseret qui fut créé vicomte le 6 novembre 1857 par lettres du
roi Léopold et qui a lui-même laissé postérité.
Principales alliances : Pipenpoy, de Moerman d'Harlebeke, de
Jonghe d'Ardoye 1812, de Malingreau de Quenast 1832, Borluut
1860, etc.
CHARLONNIE de la BLOTAIS (de la). Armes : de sinople, semé d'anne-
lets d'argent, à un héliotrope d'or, tige et feuille de même, mouvant
de la pointe. — Aliàs : à' azur à unchevro7i d' or accompagné de trois
étoiles du même 2 eM ; au chef d argent chargé d'un chevron d'azur
accompagné de trois étoiles du même, 1 e/ 2. — Aliàs : coupé au 1 d'ar-
gent à un chevron de gueules accompagné de trois étoiles du même;
au 2 d'azur à un chevron d'or accompagné de trois étoiles d'argent.
Lafamille de la Charlonnie, aujourd'hui complètement éteinte, était
originaire de l'Angoumois. Elle était représentée dans ce pays sous
Louis XIV par plusieurs branches dont on ne connaît pas bien le
point de jonction.
L'une de ces branches, demeurée non noble, se perpétua honora-
blement en Saintonge et en Angoumois jusque dans la seconde
moitié du xix* siècle. Son dernier représentant mâle, Louis de la
Charlonnie, est décédé en 1867; sa mère, M""" de la Charlonnie, est
décédée à Angoulême en 1871.
Annet de la Charlonnie, écuyer, sieur de la maison noble de
Reilhac, issu d'une autre branche, tils de Pierre de la Charlonnie,
sieur de Bort, habitant de la ville de Chabanais, fut anobli, en
récompense de ses longs services militaires, par lettres patentes de
juin 1646 qu'il fît enregistrer le 20 mai 1647 à la Chambre des comptes
et le 17 mai 1651 à la Cour des aides. Il fut père de Jean de la Char-
lonnie, sieur de Reilhat, né en 1652, un des 200 chevau-légers de la
garde du Pioi, qui épousa en 1679 Jacquette Bernard et dont les (ils
moururent sans postérité.
La branche des seigneurs de la Blotais descendait de François de
la Charlonnie qui fut nommé le 20 mars 1654 conseiller à l'échevi-
nage de la maison de ville d'Angouléme et qui le lendemain lit au
greffe de l'élection la déclaration qu'il voulait vivre noblement.
François de la Charlonnie mourut en 1662. Son fils, Annet de la Char-
lonnie, sieur d'Auteroche, conseiller au siège présidial d'Angouléme,
fut maintenu dans sa noblesse le 4 avril 1668, en vertu du privilège
32 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de l'échevinage d'Angoulême, par jugement de M. d'Aguesseau.
intendant de Limoges. Sa descendance alla au cours du xviii* siècle
s'établir en Anjou où elle possédait la seigneurie de la Blotais. Pierre
de la Gharlonnie, Sgr de la Blotais et de la Bretonnière, capitaine de
cavalerie et chevau-léger des gardes du Roi, marié à M'"" des Her-
biers de l'Estenduère, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Angers. Il fut père d'Armand-Fortuné de la Gharlonnie,
marié en 1813 à M'"' de Sourdis, décédé en 1868, qui fut connu le
premier sous le titre de vicomte de la Blotais, et grand-père de For-
tuné de la Gharlonnie, vicomte de la Blotais, conseiller général du
Maine-et-Loire, qui fut le dernier représentant mâle de sa famille et
qui mourut en 1904 sans avoir eu d'enfants de son mariage, en 1864,
avec la comtesse Arthur de Perrien, née du Buat.
Principales alliances : dcBéjarry, de Terves 1849, de Brochard de
la Rochebrochard 1850, d'Escoubleau de Sourdis 1813, de Bougrenet
de laTocnaye, des Herbiers de l'Estenduère, Rambaud de la Roque
1815, etc.
CHARLY (Barbier de). Voyez : Barbier des Landes et de Gharly.
CHARMASSE (Desplasses de). Voyez : Desplasses de Gh armasse.
CHARME (de la), en Maçonnais.
La famille de la Gharme, ou Delacharme, appartenait à la haute
bourgeoisie du Maçonnais. Elle était originaire de Matour. Pierre de
la Gharme était juge de ^latour quand sa iille épousa en 1655 Jean
Brac, docteur en médecine à Dijon, un des auteurs delà famille Brac
de la Perrière. Plus récemment, Jean-Louis Delacharme, né à
Matour en 1795, décédé au môme lieu en 1879, fut maire de Chalon-
sur-Saône et député de Saône-et-Loirc. La famille de la Gharme s'est
éteinte en la personne de Jules de la Gharme, conseiller général de
Saône-et-Loire, décédé en 1901.
On ignore si cette famille de la Gharme est la môme que celle d'un
Jean de la Gharme, capitaine au régiment d'Orléans, qui fit enregis-
trer son blason à l'Armoriai général de 1696 (registre de Mâcon) : d'oî'
à un charme de sinople, arraché de gueules ; au chef d'azur chargé
de trois molettes d'argent.
CHARMEIL (Bellier du). Voyez : Bellier du Charmeil, au tome III et aux
additions du tome IX.
CHARMEL (de Bonnefoy du) Voyez : Bonnefoy du Gharmel et des Adl-
NAIS (de).
niCTIONNAlUR l»i:S FAMir.LKS FHANÇAISES 33
CHARMOILLE de FRASNOIS (Huot de). Voyez : Huot de Gharmoille de
Frasxois.
CHARMOIS (Petey de la). Voyez : I^etey de la Gharmois.
CHARMOYE (Hémart de la). Voyez : Hémart de la Charmoye.
CHARNACÉ (de Girard de). Voyez : Girard deCharnacé (de).
CHARNACÉ (Gautier d'Escurolles de) Voyez : Gautier d'Escurolles de
Gharnacé et d'Hautesehve.
CHARNAGE (Dunod de). Voyez : Dunod de Gharnage et Breudl de Sac-
CONXEY (DU).
CHARNAILLES (de Cortois de). Voyez : Gortois de Gharnailles (de).
CHARNÉ (Gohin de). Voyez : Gohin de Gharné.
CHARNER.
La famille dont le nom a été illustré par l'amiral Gharner est origi-
naire de Suisse. Dans les dernières années du xviii^ siècle, Léonard
Gharner vint s'établir à Saint-Brieuc, en Bretagne, où il exerça la
profession de liquorisle. Son fils, Léonard-Joseph Gharner, né dans
cette ville en 1797, décédé en 1869, eut dans la marine une brillante
carrière, fut successivement contre-amiral en 1852, vice-amiral en
1855 et amiral en 1864. Il était grand-croix de la Légion d'honneur.
De son mariage avecM"^ Goz, décédée en 1890, il laissa un fils, Victor
Gharner, né en 1836, trésorier-payeur général de l'Orne en 1890.
Principale alliance : Poniatowski.
CHARNIÈRES (de). Armes : d'argent à trois merlettes de sable, îLet \.
— Gouronne : de Comte.
La famille de Gharnières appartient à la noblesse de l'Anjou. Elle a
possédé jusque vers le milieu du xvii* siècle un fief de son nom situé
dans la paroisse de Quélaines, près de Ghàteau-Gonthier. On trouve
que Jean de Gharnières était en 1443 greffier de l'Ordre dn Croissant
et secrétaire surintendant des finances de Piené d'Anjou, roi de
Sicile.
Le jugement tle maintenue de noblesse rendu en 1668 en faveur de
la famille de Gharnières en fait remonter la filiation au 14 août 1461,
date à laquelle noble personne Gilles de Gharnières, fils aîné et
principal héritier de Jean, écuyer, Sgr dudit lieu, épousa J(>anne de
la Roue, fille de feu messire Jacques de la Roue, en son vivant che-
valier, Sgr de la Roue. Ge même noble homme Gilles de Charnières,
écuyer, fils de noble homme Jean de Gharnières et de demoiselle
X. 3
34 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Catherine Aurée, se remaria à demoiselle Michelle de Boisgamaz
par contrat du 12 juillet 1475. Il laissa deux fds, Jean, né du premier
lit, et Gilles, né du second lit. Ce dernier était gentilhomme tranchant
du duc d'Alençon quand il fut nommé écuyer d'écurie du même
prince par lettres du 7 juillet 1510. Il avait épousé Catherine de
Favières. Il fut père de René Charnières, qui en 1540 était avocat à
Angers, et grand-père de Jean Charnières qui fut reçu en 1568 con-
seiller au Parlement de Bretagne.
Gabriel de Charnières, sieur de Gresigné et de la Rosellière, et ses
deux frères, Jean, Sgr de la Chouannière, et Louis, sieur de Char-
troné, furent maintenus dans leur noblesse le 9 mars 1668, sur
preuves remontant à 1461, par jugement de Voisin de la Noiraye,
intendant de Tours. L'aîné de ces trois frères, Gabriel, avait épousé
en 1660 Marie de Champagne. Leur fds, Charles-Prudent de Char-
nières, chevalier, Sgr du Breuil, marié le 6 septembre 1698 à
Gabrielle Drouineau, fut à son tour maintenu dans sa noblesse le
8 juillet 1715 par un jugement de M. de Chauvelin, intendant de
Tours, qui est rapporté tout au long dans le Xouveau (THozier. On
trouvera, toujours dans le Nouveau d'Hozier, les preuves de noblesse
que Charles de Charnières, arrière-petit-fils du précédent, né au dio-
cèse de Poitiers le 23 septembre 1775, plus tard maire de Saumur,
démissionnaire en 1830, fit en 1785 pour être admis à l'Ecole mili-
taire et celles que sa sœur, Céleste, née à Nantes en 1779, fit en 1789
pour être admise à Saint-Cyr.
Madame veuve de Charnières, dame de Preuil, prit part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Saumur.
Charles-Théodore, connu sous le titre de comte de Charnières,
avait épousé en 183i M"*^ de Bagneux. Il en eut deux filles, qui se
marièrent dans les familles de Bougé et de Contades, et un fils,
Charles-Ernest, comte de Charnières, né en 1839, décédé en 1901,
qui a laissé plusieurs enfants de son mariage, en 1872, avec M"" de
Léon des Ormeaux.
Principales alliances : du Bouchot, de Chivré 1533, de Champagne
1660, de Préaulx 1619, delà Selle 1801, Frotier de Bagneux 1834, de
Bougé 1857, de Contades 1859, de Léon des Ormeaux 1872.
CHARNISAY (d'Arthuys dei. Voyez : Arthuys de Charnisay (d').
CHARNOIS (Geoffroy de). Voyez : Geoffroy de Charnois.
CHARNY (le Vaillant de). Voyez : le Vaillant du Douet, de la Fieffé,
DE FûLLEVILLE, DE PlÉMOXT, DE Gl.\TIGXY, DE ChARNY, DE MONCHY, DE
DURANVILLE, DE LA BOISSIÈRE ET DU ChATELET.
Dir.TIONNAIh R DRS FAMILNKS FHANC.VISKS 35
CHARODON fRoiity dei. Voyez : IIouty dk CirAuoDON.
CHARON iBergeron de). Voyez : Beroerox dk Charox.
CHARON de BRIE (de). Armes : d'argent à un chardon de sinople fleuri
de troiii fleum d'azur. — Supports : deux liona au naturel.
La famille de Charon de Brie, éteinte de nos jours, appartenait à la
noblesse du Périgord. On en trouvera un tableau généalogique dans
le tome III du Chroniqueur du Périgord. On trouvera aussi sur elle
beaucoup de renseignements dans les Carrés d'Hozier et dans les
manuscrits de Chérin.
Antoine Charon, auquel remonte la filiation, avait épousé Jeanne de
Gavre; il fut greffier des consuls de Périgueux en 1489, puis cin-
quième consul de la ville en 1492. Son fds, maître Hélie Charon,
écuyer et avocat, premier consul de Périgueux en 1530, marié en 1^37
à Marie André, décédé en iooT, fit le 23 avril 'l54o dans sa maison
noble de la Bernardie, en la paroisse de Causegret, un testament
dans lequel il mentionne son grand-père Bernard de Charon, vivant
conseiller ordinaire du roi' de Navarre. Il laissa deux fils dont l'ini,
Bernard, continua la descendance et dont l'autre, Pierre, sieur de
Sensenac, qualifié marchand de Périgueux dans un acte de 1372, fut
l'auteur d'une branche éteinte au xvui* siècle. Maître Bernard Charon
était juge d'appeaux et ordinaire aux comté de Périgord, vicomte
de Limousin et seigneurie d'Albret quand il fut pourvu par lettres du
26 octobre 1570 de l'office de vice-chancelier et garde des sceaux
auxdits comté et vicomte de Jeanne, reine de Navarre, et de son fils
Henri ; il fut nommé maître des requêtes de l'hôtel des mêmes princes
par nouvelles lettres du 27 janvier 1578. Il aurait épousé Mai^uerite
de Chantemerle par contrat du 30 décembre de cette même année;
mais une note conservée dans les Carrés d'Hozier apprend que ce con-
trat est faux et très faux. Il se qualifie maître Bernard Charon, con-
seiller du Roi, ancien lieutenant général au siège de Bergerac dans son
testament daté du 15 août 16 12. Il laissa plusieurs fils dont l'un, André,
fut président en la Chambre de ledit de Guienne, dont un second,
Jacques, continua la descendance et dont un troisième, Théophile,
lieutenant particulier à Bergerac, fut père de Pierre Charon lequel
obtint le 22 septembre 1655 des lettres patentes de confirmation de
noblesse rapportées tout au long dans les Carrés d'Hozier. Monsieur
maître Jacques Charon, écuyer, avocat en la Cour du Parlement de
Bordeaux, aurait épousé par contrat du 24 juin 1618 demoiselle Jeanne
de Lespinasse, fille de Jean, bourgeois de Bergerac. Une note con-
servée dans les Carrés d'Hozier apprend que ce contrat est f\Lux et
36 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
fort mal imité. Jacques Charon, écuyer, sieur de Brie, fils du précé-
dent, était avocat en la Cour du Parlement de Bordeaux et intendant
du duc de la Force quand il épousa, par contrat du 9 décembre i6o6,
Catherine Bénazé, fille d'un avocat au siège présidial de Tours; il
futmaintenu dans sa noblessele30décembrel666, sur preuves remon-
tant aux lettres de 1570, parjugementdeM. deMontozon, subdélégué
en Périgord de Pellot, intendant de Bordeaux. Il fut père d'Armand
de Charon, Sgr de Brie, marié en 1698 à Anne Séguala, qui fut à
son tour maintenu dans sa noblesse le 8 août de cette même année par
jugement de M. deBezons, un des successeurs de Pellot. Anne-Mar-
guerite de Charon de Brie, née en 17:20, petite-fille d'Armand, fut
admise à la maison de Saint-Cyr. On trouvera dans les manuscrits
de Chérin les preuves de noblesse que son neveu, Joseph-Emile de
Charon de Brie, né à Saint-Domingue en 1766, fit en 1785 pour obtenir
le grade de sous-lieutenant.
La famille de Charon de Brie a eu pour dernier représentant mâle
François-Théodore-Henri, né à Cuba on 1813, connu sous le titre de
comte de Charon de Brie, qui n'eut pas d'enfants de son mariage en
1857 avec M"* Cousin de Feugré. M™* de Villebardet, née Zoé de
Charon de Brie, est décédée à Bordeaux en novembre 1896.
Principales alliances : d'Augeard, du Cluzel 1691, Gillct de Lacaze
1655, Jay de Beaufort 1614, de Larmandie 1697, de la Borie de Cam-
pagne 1743, Reygondaud de Villebardet, etc.
CHARON. Armes : écartelé : au 1 doi' à un palmier de sinople; au 2 de
gueules à Vépée haute en pal d'argent, qui est des barons militaires ;
au 3 de gueules à un chevron d'argent accompagné de trois étoiles
d'or; au 4 d'or à une tour de sable.
Cette famille descend de Gabriel Charon qui fut président de l'ad-
ministration du département de la Marne, puis en 1810 intendant de
la province de Salernes. De son mariage avec Marie-Marguerite Bou-
cher, Gabriel Charon laissa deux fils, Viala, né en 1794, et Auguste,
né en 1795.
Viala Charon eut dans l'arlillerie une brillante carrière militaire,
fut nommé général de division en 1848, puis gouverneur général de
l'Algérie, fut appelé au Sénat en 1852, fut promu grand-croix de la
Légion d'honneur en 1856 et reçut enfin le titre héréditaire de baron
par décret du 7 septembre 1864. Il est décédé en 1880, laissant un
fils de son mariage, en 1850, avec la baronne de la Tour-Randon, fille
du général Schneider et proche parente des grands industriels du
Creuzot.
Auguste Charon fut chef de service de l'administration des postes
DICTIONNAIRE DKS FAMILLES FRANÇAISES 37
et officier de la Légion d'honneur ; il mourut en 1874 laissant deux
fils qui ont été l'un et l'autre généraux de brigade.
CHARPAL (Monteil de). Voyez : IMonteil de Charpal.
CHARPENTIER. Armes : dazur à une hache el à un sabre de cavalerie
d'argent, montés d'or, croisés en sautoir ; au comble cousu de sinople
chargé de deux étoiles d'argent ; au franc-quartier des barons mili-
taires.
L'auteur de cette famille, Germain Charpentier, né en 1771 à Fort-
Vauban, en Alsace, était fils d'un entrepreneur de fortifications. Il
fat colonel de cavalerie et officier de la Légion d'honneur, fut créé
baron de l'Empire par lettres patentes du 25 mars 1809 et mourut en
1860. De son mariage avec M"^ Saglio, le colonel Charpentier laissa
un fils, Michel-Napoléon, baron Charpentier, né en 1812, qui épousa
en 1842 sa cousine, M"« Saglio, et qui en eut lui-même deux fils, Flo-
rent, né en 1844, et Achille, né en 1852, et une fille, M™« Bastien.
CHARPENTIER. Armes (d'après le règlement d'armoiries de 1826) :
d'azur à un chevron d'or accompagné en chef de deux pigeons
affrontés et en pointe d'un croissant, le tout d'or; au chef cousu de
gueules chargé de trois étoiles d'argent.
Cette seconde famille Charpentier, originaire de Rozoy-en-Brie, y
occupait un rang distingue dès le xvm'= siècle. Henri-Charles Char-
pentier, marié vers 1765 à Charlotte Chapelain, en laissa plusieurs
fils. L'un de ces fils épousa M'"' de Brassier de Saint-Simon-Valade.
Un autre, Henri-François, né à Soissons en 1769, eut une brillante
carrière militaire, fut général de division et grand-officier de la Légion
d'honneur, épousa en 1804 une fdle du général Aubert du Bayet, qui
fut ministre de la Guerre, fui créé comte de l'Empire, sur institution
de majorât, par lettres patentes du 14 février 1810, fut confirmé dans
la possession de son titre, en 1826, par nouvelles lettres du roi Charles X,
obtint en même temps le règlement de ses armoiries et mourut en
1831. La descendance du général Charpentier s'est éteinte avec son
tîls, Charles-François, comte Charpentier, qui mourut en 1879 laissant
de son mariage avec M"" d'Hennin une fille unique, née en 1852,
décédée sans alliance en 1886.
Principales alliances : Aubert du Bayet 1804, de Brassier de Saint-
Simon, Richard d'Aubigny d'Uberhern 1825, d'Hennin.
CHARPENTIER. Armes (d'après le règlement d'armoiries de 1817) :
d or à une bande de gueules accompagnée en chef d'un dextr achève
38 DICIIUNNAIRE DES FAMILLES FRA>ÇAISE5
armé de sable tenant une épée haute de même et issant d'une nuée
d azur, mouvant du flanc senestre, et en pointe d'un dextrochère
semblable au premier, mouvant du flanc dextre.
Pierre Charpentier, né en 1773 à Herpont, en Champagne, fils de
Claude et de Jeanne Brûlé, lieutenant-colonel, officier de la Légion
d'honneur, décédé en 1839, fut créé chevaher de l'Empire par lettres
patentes du 23 juillet 1810 et fut confirmé dans la possession de son
titre par ordonnance royale du 17 septembre 1818. Il laissa cinq fils.
Pierre-Ferdinand, Victor-Alphonse, François-Gustave, Adolphe-Léon
et Alphonse-Alfred, nés le premier à Thouars en 1816, les autres à
Chàlons en 1817, 1818, 1825 et 1828.
CHARPENTIER. Armes ; d'or à un canon sur son affût de sable, sou-
tenu de sinople, adextré de trois boulets de sable et surmonté d'un
dextrochère habillé d'azur, la main de carnation, tenant une épée
de gueules et accosté d'une étoile de sable, posée entre l'épée et le
dextrochère ; à la bordure de gueules chargée du signe des chevaliers
légionnaires.
Charles-Constant Charpentier, né en 1774 à Montmirail, en Cham-
pagne, chef de bataillon, chevalier de la Légion dhonneur, décédé
en 1852, fut créé chevalier de lEmpire par lettres patentes du
Il novembre 1813. Il eut un fils, Simon-Constant, chevalier Charpen-
tier, né en 1799.
CHARPENTIER dei. Armes: de gueules aune épée d'argent, montée
dor, la pointe basse.
Jean Ch.\rpentier, né en 1745 àLesterps, en Limousin, (ils de Fran-
çois Ciiariienlier, avocat au Parlement de Paris, et de Marie Delage
de la Brousse, lui-même avocat, maire de Blanzac fIiaul(>-Vienne),
fut anobli le 9 mai 1827 par lettres patentes du roi Charles X. II avait
épousé en 1781 Marie Bachet de Saint-Laurent. Leur (ils, Pierre-
Alexandre de Charpentier, marié en 1804 àM'"' Duclos de Lagrange,
en eut un fils, Jean-Hubert, qui mourut sans avoir été marié, et deux
filles dont l'une demeura célibataire etdontlautre, décédéc en 1872,
épousa M. Genty de la Borderie.
CHARPENTIER et CHARPENTIER de BEAUVILLÉ. Armes : d'azur à
une bande échiquetee d'or et de gueules de deux tires. — La branche
fixée à Saint-Quentin, la seule qui se soit perpétuée jusqu'au
xix^ siècle, portait : de gueules aune bande échiquetee d'or et d'azur
de deux tires, accompagnée en chef dune hache d'armes d'argent. —
Couronne : de Comte. — Supports : deux licornes. — Devise : Securi
securus.
Dir/noNNAïuK m: s iamillics kuançaisks 39
Sainl-Allais a donné une généalogie de la famille Ciiaupentier dans
le tome XV de son Nobiliaire Universel. On trouvera aussi sur elle
des renseignements dans le Dictionnaire delà Noblesse de laChes-
naye des Bois, dans la liiograp/iie du Parlement de Metz de Michel
et dans les Dossiers bleus.
La souche était représentée au xvi" siècle par deux frères, Nicolas,
échevin de Paris en 1519, et Claude, qui furent les auteurs de deux
grandes branches.
Nicolas Charpentier, auteur de la première branche, fut grand-père
de Fiacre Charpentier, échevin de Paris en 1546, qui épousa Marie
Drouin, HUe d'un secrétaire du Roi. Fiacre Charpentier laissa lui-
même deux hls: 1° Michel, receveur des consignations, puis notaire
au Châtelet, qui épousa Anne Sellier et qui continua la lignée ;
2° Jean, décédé en 1584, qui fut père de Jacques Charpentier, audi-
teur en la Chambre des comptes de Paris en 1597, grand-père de Louis
Charpentier, Sgr de Lives, du Mée, etc., conseiller maître en la
même Chambre en 1641, et bisaïeul de Jeanne Charpentier, héritière
de la seigneurie du Mée, qui épousa Nicolas Fraguier et qui mourut
dans un âge avancé en 1740. Michel Charpentier, fds de Michel et
d'Anne Sellier, fut un magistrat éminent; conseiller au Parlement de
Paris en 1607, puis conseiller d'État, il fut nommé en 1620 président
pour le Roi es villes et pays de Metz, Toul et Verdun, puis président
à mortier au Parlement de Metz, lors de sa fondation, et mourut en
1637. Son tils, Thierry Charpentier, conseiller au Parlement de Metz
en 1634, puis au Grand Conseil en 1644, et enfin au Parlement de
Paris en 1645, décédé en 1681, laissa deux fils : 1" Philippe, conseiller
au Parlement de Paris, marié en 1682 à M"^ Portail, décédé en 1694;
2" Louis, conseiller au Parlement de Metz, puis en la Chambre des
comptes de Paris, dont la descendance s'éteignit avec son petit-fils,
Pierre Charpentier, conseiller au Parlement de Paris, décédé en
1762. Philippe Charpentier, décédé en 1694, eut quatre fils, Philippe-
Antoine, conseiller au Parlement de Paris, Jean, clerc, Claude,
capitaine aux gardes françaises, et Thierry-Antoine, né en 1692, que
tous les généalogistes anciens font mourir sans alliance.
La seconde branche, issue de Claude, alla se fixer à Saint-Quentin
et donna à cette ville plusieurs maïeurs. Un de ses représentants,
Quentin Charpentier, prêtre, chanoine de l'église collégiale de Sainte-
Perinne, chapelain de l'église royale de Saint-Quentin, fit enregistrer
son blason à l'Armoriai général de 1696. Un autre, Adrien Charpen-
tier, Sgr de Beauvillé, d'abord maïeur de Saint-Quenlin, fut dans la
suite président en la Cour des monnaies de Paris et fut anobli par
ses fonctions. Il avait épousé en 1707 Anne de Fay d'Herbe. Sa des-
40 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
cendance s'est éteinte avec les trois enfants d'Adrien-Louis Char-
pentier, chevalier, Sgr de Vaux, de Beauvillé et de Bayempont, et de
Marie-Elisabeth d'Y de Résigny : 1" Auguste Charpentier de Beau-
villé, né en 1796, maire deLaon sous le Second Empire, décédé sans
alliance en 1 879 ; ^^ Auguste Charpentier de Bayempont ; '6" M"'^ Dufayot
de la Maisonneuve, décédée en 1891.
Principales alliances : Dreux, Pinon, Portail, Le Tonnelier (de Bre-
teuil), d'Y de Résigny, INIiron, Feydeau, le Boulanger, de Fraguier,
Dul'ayot de la Maisonneuve, etc.
La famille dont il vient d'être parlé et qui a donné plusieurs magis-
trats au Parlement de Metz paraît, malgré la ressemblance des
armoiries, être distincte d'une famille Charpentier de Neuvron qui,
au xvm^ siècle, occupait dans cette ville un rang distingué. Cette
famille portait pour armes, d'après dom Pelletier : d'azur à une bande
échiquelée de trois traits d'or et de gueules, accostée de deux licornes
d'argent. Elle avaiteupour auteur Louis-François Charpentier, grand-
maître des eaux et forêts de Lorraine, qui fut anobli en 1714 par
lettres du Duc. Pierre Charpentier, fils de Louis-François, fut créé
baron de Neuvron par lettres patentes du duc de Lorraine du
47 avril 1736; il fut nommé en 1739 conseiller, puis en 1741 président
à mortier au Parlement de Metz et mourut en 1753.
On trouvera dans les Dossiers bleus des renseignements sur une
famille Charpentier qui portait pour armes : d'azur à une fasce d'or
accompagnée en chef de deux canettes et en pointe d'un bouquet de
trois grenades. L'auteur de cette famille, André Charpentier, conseil-
ler maître en la Chambre des comptes de Paris, décédé en 17:21,
était lils d'un riche négociant de Tours. Il avait épousé à Épernay
Klisabetii Anlissier. Leur lils, André-Armand Charpentier, alla mou-
rir en Italie après avoir dissipé ses biens. Il fut père deN... Charpen-
tier, président au présidial de Tours, qui épousa en 1744 une demoi-
selle Dumont, de Cliandernagor, et qui en eut un (ils, né à Tours
en 1747.
CHARPENTIER de BELCOURT. Armes : d'azur à une bande éckiquetée
d'or et de gueules de deux tires, accompagnée en pointe d'un arbre
d'argent surmonté d'un croissant du même.
La famille Charpentier de Belcuurt revendique une origine com-
mune avec celle à laquelle a été consacrée la précédente notice et
en porte les armoiries avec de légères modifications.
Elle descend de Pierre-François-Eustache Charpentier de Bel-
court, directeur du vingtième royal au déparlement de Milhau, en
Rouergue, puis directeur de la même administration en la généralité
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 41
de Limoges, qui mourut dans cette ville pendant la Terreur à 1 âge
de 80 ans. On a dit que ce personnage était fils d'un Thierry Char-
pentier, dit de Belcourt, qui avait épousé en 1713 Jeanne-Marguerite
d'Iiil, et que celui-ci devait être identifié avec Thierry-Antoine Char-
pentier, né en 1692, mentionné dans la notice précédente, lequel
était le plus jeune des quatre fils de Philippe Charpentier, conseiller
aux requêtes du Palais, décédé en 1694, et de Madeleine Portail.
Aucun généalogiste ancien ne dit que Thierry-Antoine Charpentier
ait été marié, ni qu'il ait porté le surnom de Belcourt. Pierre-
PYançois-Eustache Charpentier de Belcourt ne paraît pas avoir porté
de qualifications nobiliaires et on ne voit pas qu'il ait pris part en 1789
aux assemblées de la noblesse. 11 avait épousé à Milhau en 1765 Luce-
Franroise Jullien de Rochemont, veuve de François Glausel de Cous-
sergues. 11 fut père de Pierrc-Simon-Eustache Charpentier de Bel-
court, né en 1765, directeur des contributions directes à Limoges,
qui épousa en 1809M"'= Gauldrée-Boilleau, et grand-père de François-
Charles Charpentier de Belcourt, né à Limoges en 1811, avocat, qui
vint se fixer à Périgueux après le mariage qu'il contracta en 1838
avec M"^ Patronnier de Gandillac. Ce dernier a laissé deux fils qui
sont demeurés célibataires.
CHARPENTIER de COSSIGNY.
On trouvera d intéressants renseignements sur la famille Charpen-
tier DE CossiGNY dans Vl)ilermédiaire des clierclieurs et des curieux
de septembre 1903.
L'auteur de cette famille, Nicolas Charpentier, né à Brétigny, au
diocèse de Paris, était commissaire général des poudres et salpêtres
aux départements de Provence, Languedoc et Gascogne quand il eut
son blason enregistré d'ofïice à l'Armoriai général de 1696 (registre
de Marseille) : d'o?' à une fasce dazur chargée de deux colombes
d'argent. Il fit son testament à Montpellier le 26 avril 1713. On
trouvera ce testament rapporté tout au long dans le Nouveau
d^Hozier. De son mariage avec Anne Billot, Nicolas Charpentier
laissa deux fds, Nicolas et Jean-François, qui furent les auteurs de
deux branches.
On ne connaît pas de principe d'anoblissement à la branche aînée,
aujourd'hui seule existante. L'auteur de cette branche, le sieur Nicolas
Charpentier, né à Marseille le 2 décembre 1697, était contrôleur aux
entrepôts de Carcassonne quand il épousa, par contrat du 11 février
1733, demoiselle Jeanne de Blaquière, fille de monsieur maître Pierre
Blaquière, receveur de la chambre à seldeRevel. Il fut dans la suite
maire de Gaillac et fît son testament dans cette ville le 26 novembre
42 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FKANÇAISES
1767. 11 laissa trois fils : 1' Jean-F'rançois-Louis, sieur d'Estouville,
capitaine dinlanterie, qui continua la descendance ; 2^ Jacques, major
d'infanterie; 3" David, maréchal de camp, gouverneur des établisse-
ments français dans l'Inde, qui mourut à l'Ile-de-France en 1804. Jean-
François-Louis Charpentier d'Estouville était capitaine au régiment
de >»ice-infanterie quand il épousa, le lo octobre 1764, Jeanne-Renée
Jego de Saint-Aubain, originaire du Croisic, en Bretagne. Il fut le
grand-père de Guillaume-Louis Charpentier de Cossigny, général de
division d'artillerie, commandeur de la Légion d honneur, décédé en
1892 à l'âge de 65 ans. qui a lui-même laissé un tils.
L auteur de la seconde branche, Jean-François Charpentier de
Cossigny, ingénieur du plus grand mérite, fut envoyé en 1731 à Tlle
de France, contribua à la fondation de Port-Louis, fut plus tard
directeur des fortifications de la Franche-Comté, obtint le grade de
maréchal de camp et revint mourir à l'Ile de France en 1771. Son hls,
Joseph-François Charpentier de Cossigny, sieur de Palma à l'Ile de
France, né dans cette île en 1736, marié à Besançon en 1774 à Marie
Menassier, décédé à Paris en 180U, fut lui aussi un ingénieur de
grand mérite et fut admis en 1773 à l'Académie des sciences. Il fut
lui-même père de Corneille-Auguste Charpentier de Cossigny, né à
rUe de France en 1778, maréchal de camp du génie, décédé en 1861
à Allogny (Cherj, dont le fils na pas laissé de postérité.
Principales alliances : Binot de Villiers 1716, Geraudet de Boude-
mange vers 1860, de Launay vers 1849, etc.
CHARPENTIER du MORIEZ de LESSAC. Armes actuellement portées
par la famille : parti au 1 de sable à deux épéea d'argent passées en
sautoir, la pointe en bas, qui est de Charpentier de Lessac ; au 2 d'or
à un ours en pied de sable, qui est de Saint-Ours ; au chef parti
d'or et d'azur, à l'étoile de lun en Vautre. — Couronne : de Comte.
— Cimier : une hermine. — Supports : un lion et unours. — Devise :
Sine rubigine.
La famille Charpentier de Lessac, éteinte en 1802, appartenait à la
noblesse de Bretagne. On trouvera sur elle des renseignements dans
les Carrés dHozier. Potier de Courcy la fait descendre d'Armel
Charpentier, décédé en 1500, qui était avocat à la Cour de Ploërmel.
Pierre Charpentier, avocat en Parlement, marié à Renée de la Cou-
draye, fut anobli par lettres patentes de 1648. Mathurin Charpentier,
sieur du Hardas, lieutenant au siège royal de Guérande, avait épousé
vers 1630 Jeanne le Corre, décédée en 1658. Leurs trois lîls, Jean
Charpentier, sieur de Lessac, en la paroisse de Guérande, né en 1631 ,
marié en 1656 à Michelle le Fauché, Olivier Charpentier, sieur du
DICTIONNAIUE DES FAMILLES FRANÇAISES 43
Hardas, lieutenant de la juridiction de Guérande, et Pierre Charpen-
tier, ot leur parent Jean Charpentier, sieur de la Touche, obtinrent en
juillet 1655 des lettres patentes d'anoblissement qui sont rapportées
tout au long dans les Carrés cCHozier. Jean Charpentier, sieur de
Lessac, fut maintenu dans sa noblesse le 8 avril 1669 par arrêt de la
chambre de reformation. La famille Charpentier fut encore mainte-
nue dans sa noblesse en 1698 par jugement de l'intendant de la pro-
vince. Jérôme-François Charpentier, sieur de Lenvos, décédé en 1760,
fut nommé en 1720conseillerauParlementde Bretagne. Il laissa deux
fils qui étaient considérés comme les derniers représentants de leur
famille : 1° Pierre-Louis Charpentier, sieur de Lenvos, conseiller au
Parlement de Bretagne en 1743, décédé en! 795, qui n'eut pas d'enfants
de son mariage en 1750 avec M"' Lefebvrede la Faluère, décédée en
1810; 2° Jérôme Charpentier de Kéronic, conseiller au Parlement
de Bretagne en 1749, décédé sans postérité en 1802. Ce dernier
avait signé en 1788 la protestation de la noblesse de Bretagne.
La famille Charpentier du Moriez, actuellement existante, reven-
dique une origine commune avec celle dont il vient d'être parlé et
en a adopté les armoiries. Elle s'est, en tout cas, séparée de cette
famille antérieurement à son anoblissement. On trouvera sur elle une
courte notice dans Y Annuaire de la noblesse de 1893. Elle apparte-
nait au xviii* siècle à la bourgeoisie du diocèse de Saint-Malo où elle
possédait près de Saint-Servan le domaine du INIoriez. Olivier-Thomas
Charpentier, sieur du Moriez, décédé le 12 janvier 1781, était chirur-
gien à Saint-Servan, Auguste-Vincent Charpentier, né à Saint-Ser-
van en 1779, négociant, puis banquier, fut maire de Lorient de 1839
à 1848. Son petit-Uls, Fernand Charpentier du Moriez, né à Cherbourg
en 1847, connu sous le titre de comte du Moriez de Lessac, marié en
1884 à la princesse Oliwija Mokoszy, a été nommé général de brigade
en 1892.
CHARPIN de FEUGEROLLES et de GENETINES (de). Armes : (V argent
à une croix ancrée de gueules; au franc-quartier d'azur chargé
d'une molette d'or. — La branche de Feugerolles, aujourd'hui seule
existante, écartèle ces armes de celles de la famille de Capponi de
Feugerolles : tranché de sable et d'argent. — Couronne : de Mar-
quis. — Cimier : im lion issant de gueules, couronné, armé et lam-
passé d'or. — Devise : In hoc signo vinces.
La famille de Charpix est une des plus distinguées de la noblesse
du Forez. Le comte de Jouvencel en a donné une généalogie très
complète dans son Assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de
Lyon en 1789. On trouvera aussi sur elle beaucoup de renseignements
44 DICTIONNAIRE DES FA3IILLES FRANÇAISES
dans les divers recueils de manuscrits du Cabinet des titres, particu-
lièrement dans \e,. Cabinet d'Hozier.
Elle revendique une origine commune avec une famille du même
nom qui au moyen âge appartenait à la noblesse de la même région.
En juillet 1191, lors de la troisième croisade, un représentant de
cette famille, Guichard Charpin, se trouvait à Acre en qualité d'écuyer
d'Hugues de Talaru. Durand Cbarpin, damoiseau, rendit hommage
en 1206 à Arnaud de Chanaleilles pour différents biens qu'il possédait
à Saint-Maurice et à Saugues, en Languedoc. Le nom de cette famille
figure dans un certain nombre d'actes des xiii*^ et xiv^ siècles.
La famille actuelle de Charpin était honorablement connue dès
le \iv^ siècle dans la petite ville de Saint-Sympliorien, en Forez, à
laquelle elle a donné plusieurs notaires. Un tableau généalogique,
conservé dans le Cabinet d'Hozier, en fait remonter la libation à
Pierre Charpin, licencié en droit civil et canon, notaire à Saint-
Symphorien-le-Chàtel, qui fut anobli avec son fils Jean par lettres pa-
tentes de novembre 1446. Ce même Pierre Charpin avait été nommé
le 29 juillet 1418chamarrier, c'est-à-dire premier dépositaire, du cha-
pitre de Saint-Paul. Des travaux contemporains en font le iils d'un
Barthélémy Charpin, notaire royal à Saint-Symphorien, qui est men-
tionné dans des actes de 1384 et de 1391. Jean Charpin, iils de Pierre,
succéda à son père comme notaire royal à Saint-Symphorien et fut
plus tard juge du comté de Forez. 11 laissa trois fils dont le plusjeune,
Barthélémy Charpin, bachelier ès-lois, fut chanoine de Reims et de
Saint-Paul de Lyon et maître d'hôtel de 1 archevêque de Reims. Les
deux aînés, Pierre et Simon Charpin, ayant été inquiétés par les
habitants de Saint-Symphorien dans 1 exercice de leurs privilèges
nobiliaires, durent se faire maintenir dans leur noblesse et exempter
de la taille par arrêt du 10 septembre 1478. Ces deux frères furent
les auteurs de deux grandes branches dont les représentants furent
maintenus dans leur noblesse le 27 octobre 1667 par jugement de
1 intendant Dugué.
L'auteur de la branche aînée, noble homme Pierre Charpin, damoi-
seau du lieu de Saint-Symphorien-le-Chàtel, épousa, par contrat
du 28 janvier 1487, Gabrielle de Lemps, fille du seigneur du Mochet,
au diocèse de Vienne, et fit son testament le 17 août 1500. Il fut père
de Jean Charpin, damoiseau, Sgr de Montellier, qui épousa le 21 sep-
tembre 1522 noble Anthoine Rostaing, dame de la Forest, et qui con-
tinua la descendance. Le chef de cette branche, haut et puissant sei-
gneur Pierre-Hector de Charpin, Sgr de Souzy, de la Forest, etc.,
épousa, par contrat du 22 janvier 1676, Catherine-Angélique de Cap-
poni, fille et héritière du comte de Feugerolles, maréchal de camp.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 45
chevalier de l'Ordre du Roi. Catherine-Angélique de Capponi mourut
au château de Feugerolles le 22 décembre 1686. Elle avait fait son
testament le 26 avril 1685 et dans cet acte avait demandé à ses fils,
alors enfants, de relever le nom et les armes de la famille de Capponi
de Feugerolles. C'est depuis cette époque que le chef de cette branche
a été connu sous le titre de comte de Feugerolles. Amable-Espé-
rance de Charpin-Feugerolles, née en 1734 à Vienne, en Dauphiné, fit
en 1743 ses preuves de noblesse pour être admise à Saint-Cyr ; elle
mourut dans cette maison dès 1745. Sa sœur, Camille-Colombe, née
à Vienne en 1736, plus tard chanoinesse comtesse de Neuville, en
Bresse, fit les mêmes preuves en 1748. Jean-Michel de Charpin, frère
des précédentes, marié en 1753 à M"^ Anselrnet des Brunaux, prit
part en 1789 aux assemblées de la noblesse du Forez sous les titres
de baron de Feugerolles et de marquis de la Rivière. Il laissa un fils
unique, Louis-Alexandre, comte de Charpin-Feugerolles, qui épousa
en 1777 M'"" d'Albon. Le petit-fils de celui-ci, Hippolyte-Suzanne,
comte de Charpin-Feugerolles, né à Lyon en 1816, marié successi-
vement en 1845 à M"^ de Nettancourt et en 1862 à la comtesse de
Clermont-Tonnerre, née Saint-Priest, décédé au château de Feu-
gerolles en 1894, a été conseiller général et député de la Loire et
président de l'Académie de Lyon et de la Société des Bibliophiles
lyonnais. Le château de Feugerolles, en Forez, est aujourd'hui la
propriété d'André-Régis, comte de Charpin-Feugerolles, fils aîné du
précédent, né en 1855, marié en 1885 à M"'' d'Agoult.
L'auteur de la seconde branche, noble homme Simon Charpin,
écuyer, épousa le 28 décembre 1479 Germaine de la Forge, héritière
de la seigneurie de Génetines, en la paroisse de Saint-Romain-sous-
Urfé, en Forez. Il fut père de noble Gaspard Charpin, Sgr de Géne-
tines, lieutenant de robe courte du bailli de Forez en 1546, grand-
père de noble Roméc-François Charpin, écuyer, Sgr de Génetines,
qui épousa en 1557 Gilberte de 'Veyny d'Arbouse, et bisaïeul de
noble Michel Charpin, écuyer, Sgr de Génetines, qui épousa en 1590
Léonor le Long et qui fut maintenu dans sa noblesse le 13 février 1599
par arrêt des commissaires départis par le Roi pour le régalement
des tailles en la généralité de Lyon. Un des petits-lils d(^ ce dernier,
Antoine de Charpin de Génetines, décédé en 1739, fut évêquc de
Limoges de 1706 h 1729. Deux frères de ce prélat, Antoine-Léonor et
Jean-Antoine de Charpin, furent les auteurs de deux rameaux. Le
premier rameau alla se fixer dans les environs de Louviers, en Nor-
mandie, et s'éteignit avec M. Henri-Jean de Charpin, né en 1820, décédé
en 1852: Le rameau cadet s'éteignit avec François-Régis de Charpin,
né en 1753, décédé sans postérité à Versailles en 1828, qui prit part
46 DICTIONNAIRE D F. S FAMILLES FRANÇAISES
en 1789, sous le titre de comte de Génetines, aux assemblées de la
noblesse du Lyonnais. La seigneurie de Génetines avait été vendue
en 1779 à la famille Ramey de Sugn}-. Cette branche de la famille de
Charpin avait fourni quatre demoiselles de Saint-Cyr en 1700, 1711,
1719 et 1775, trois chanoines comtes de Lyon et quatre chevaliers
de Malte en 1558, 1651, 1659 et 1695.
Principales alliances : de Rostaing, de Damas 1572, de Villars 1642,
de Chavagnac 1699, de Capponi de Feugerolles 1696, d'Albon 1777,
de Perthuis 1815, de Xettancourt 1845, Guignard de Saint-Priest 1862.
d'Agoult 1885, de Veyny d'Arbouse 1557, de Fay de la Tour-Mau-
bourg 1625, de la Rivoire 1657, de la Taille des Essarts 1717, de
Loras 1750, de la Fare 1719, de Belvezer-Jonchères 1683, de Lau-
rencin 1518, etc.
CHARPREAU iChénier du). Voyez : Chénier du Charpreau.
CHARRAS (de la Laurencie de). Voyez : Laurencie (de la).
GHARRE, ou CHARE, de la VALETTE. Voyez : Chare de la Vali:tte.
CHARREY (Perreney de). Voyez : Perreney de Charrey.
CHARRIER-MOISSARD (de). Armes (d'après lArmorial général de 1696
et d après le Auuveau d Hozier) : parti au \ dazur à une tour d'ar-
gent, maçonnée de mble, crénelée de quatre pièces ; au 2 de gueules
à une scie dor surmontée dun croissant d'argent. — Aliàs (d'après
Saint-Allais) : écartelé aux 1 et 4 d'azur à une roue d'or; au ^1 et 'à
d'azur à une tour d'argent. — Couronne : de Marquis. — Devise :
Turrem vi defensam.
La famille de Charrier-Molssard, aujourd'hui éteinte, appartenait à
la noblesse du Languedoc. Saint-Allais en a donné une généalogie
complète dans le tome Vill de son Nobiliaire universel et on trouvera
sur elle beaucoup de renseignements dans les manuscrits de Chérin,
dans le Nouveau d' Hozier et dans les Carrés d'Hozier. Elle se disait
originaire de l'Auvergne et croyait être une branche détachée au
moyen âge d'une famille Charrier qui a appartenu à la noblesse de
cette province et à laquelle sera consacrée la notice suivante.
Saint-Allais, qui a accepté les prétentions de la famille de Charrier-
Moissard, en fait remonter la libation au 24 novembre 1383, date à
laquelle noble et magnifique Bertrand de Charrier, chevalier {miles),
Cosgr de la Varenne, en Auvergne, fils de Raymond Charrier, che-
valier, et d'Antoinette du Prat, aurait épousé Cécile de Rochefort par
contrat passé devant notaire à Bagnols, en Languedoc. Dans la réalité
la famille de Charrier appartenait simplement au xvi^ siècle à la
niCTIONNAIlli; DF.S FAMILLi:S FHANÇAISES 47
haute bourgeoisie de la ville de Bagnols. Un jugement de maintenue
de noblesse rendu en sa faveur le 23 juin 1718 et rapporté tout au
long dans le Nouveau dllozier en lait remonter la filiation au
10 février 1588, date à laquelle noble capitaine Antoine Charrier, fils
de noble capitaine Pierre Charrier, écuyer, et de demoiselle Claude
de Rruneau, de la ville de Bagnols, épousa demoiselle Elisabeth de
Bausseng. Antoine Charrier lut nommé en 1614 premier consul de
Bagnols. Son hls, monsieur maître Pierre Charrier, docteur et avocat,
épousa, le 4 décembre 1027, Jeanne de Moissard; il chercha dans la
suite à s'agréger à la noblesse, mais dut se désister de ses prétentions
lors de la recherche de 1666 et fut condamné à l'amende comme
usurpateur par jugement de M. de Bezons, intendant du Languedoc.
Justin Charrier, fds du précédent, fit enregistrer son blason à l'Ar-
moriai général de 1696 (registre d'Uzès). Il ne figure dans ce recueil
avec d'autre qualification que celle d'avocat de Bagnols. Mais,
quelques années plus tard, le 28 juin 1718, son fils, noble Pierre de
Charrier, capitaine d'infanterie, habitant de Bagnols, se fit maintenir
dans sa noblesse par jugement de M. de Bernage, intendant. Pierre
de Charrier, fils du précédent, épousa en 1750 Elisabeth de la Eargue,
fille d'un brigadier des armées du Roi, plus tard lieutenant général.
11 en eut deux fils, Jean-Baptiste, connu sous le titre de marquis de
Charrier-Moissard, qui épousa en 1777 Pauline de Rolle, et Jean-
Baptiste-Lacroix, connu sous le titre de vicomte de Charrier-Moissard,
né en 1765, qui fit en 1778 ses preuves de noblesse pour être admis
à l'Ecole militaire, qui fut plus tard contre-amiral et maire de Toulon
et qui mourut en 1847. L'ainé de ces deux frères demanda en 1788 à
être maintenu dans sa noblesse d'extraction et relevé de la condam-
nation prononcée en 1666 par M. de Bezons contre son aïeul; il
produisit à l'appui de sa demande une généalogie qui le faisait des-
cendre de noble et magnifique Raymond de Charrier, chevalier, Sgr
de la 'Varenne, ainsi qualifié dans un acte du 14 décembre 1390.
Chérin, chargé d'examiner sa requête, constata que la plupart des
titres qui avaient servi à dresser cette généalogie n'étaient que des
expéditions et envoya un rapport très défavorable. Le marquis de
Charrier-Moissard n'eut que trois filles ; on trouvera dans les Carrés
iVHozier les preuves de noblesse qu'une de ces filles fit en 1788 pour
être admise à Saint-Cyr; une autre, Adèle, mariée au comte d'Au-
diffret, mourut à Toulouse en 1885 à l'âge de 93 ans. La famille de
Charrier-Moissard a eu pour dernière représentante une petite-fille de
l'amiral, mariée en 1866 au colonel Vuillermet.
CHARRIER de FLÉCHAC, de la ROCHE et de SAINNEVILLE (aliàs SEN-
48 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
NEVILLE). Armes : d'azur à une 7'oue d' 07% clouée de gueules et accom-
pagnée en chef d'un lambel à trois pendants d'argent. — Tenants :
deux anges. — Cimier : une roue. — Devise : Semper in orbita.
La famille Charrier a occupé un rang brillant tant en Auvergne,
dont elle est originaire, qu'à Lyon où une de ses branches vint se
fixer au xvi^ siècle. La Chesnaye des Bois en a donné une généalogie.
On trouvera aussi une généalogie de la branche lyonnaise dans
Y Assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de Lyon en 4789 du
comte de Jouvencel. Enfin il existe dans les Dossiers bleus un gros
dossier sur les Charrier.
La famille Charrier a eu pour berceau la ville d'Issoire où dès la fin
du xiii* siècle elle occupait un rang distingué dans la bourgeoisie.
D'après une notice imprimée dans les Etrennes de la noblesse pour
477S, elle remonterait à Durand Charrier qui aurait été seigneur de
la Varenne, près dissoire, et qui est nommé dans un échange conclu
en 1296 entre le roi Philippe-le-Bel et l'abbaye d'Issoire. Jean Char-
rier, fils de Durand, avait épousé Antoinette Duprat, grand-tante du
cardinal du même nom ; il est mentionné dans un arrêt du Parlement
de Paris rendu en 1373. Le travail mentionné plus haut lui attribue
pour petits-fils un Guillaume Charrier, qui fut nommé évoque d'Orléans
en 1437, puis de Maguelonne en 1439, et un Pierre Charrier qui
épousa Alix Boyer, grand-tante d'Antoine Boyer, archevêque de
Bourges et cardinal. André Charrier, notable habitant dissoire, fut
en 1575 député du consistoire de cette ville près du duc d'Alençon.
Pierre Charrier, consul d'Issoire en 1589, passe pour être l'auteur
dim célèbre manuscrit sur les guerres religieuses en Auvergne. Ces
deux derniers personnages ne sont pas mentionnés dans le tra\ail de
la Chesnaye des Bois. Jacques Charrier, lieutenant particulier au
bailliage d'Issoire, décédé le 27 décembre 1563, avait épousé, le
16 juin 1532, Claire Minard, iille d un trésorier général des provinces
d'Auvergne et de Bourbonnais et sœur d'Antoine Minard, président
à mortier au Parlement de Paris. Un de ses fils, Antoine Charrier,
décédé sans postérité en 1614, fut trésorier de France au bureau des
finances de Lyon et échevin de cette ville en 1589, 1592 et 1597.
Deux autres, Michel, né en 1541, et Guillaume, né à Issoire en 1556,
furent les auteurs de deux grandes branches.
L'auteur de la branche aînée, Michel Charrier, receveur des tailles
à Issoire, fut en 1589 député du consistoire de cette ville près du roi
Henri III. Il laissa, entre autres enfants, deux fils : l'^ Antoine, Sgr de
la Varenne. né en 1578, maître des requêtes de la reine Marie de
Médicis, qui continua la descendance ; 2° autre Antoine, Sgr de la
Barge, né en 1586, receveur général des finances et trésorier de
DICTIONNAIRE D F. S FAMILF.RS FRANÇAISES 49
Franco à Lyon, dont le fils, Joan Charrier, Sgr de la Barge, trésorier
de France à Lyon, fut prévôt des marchands de cette ville en 1671
et dont les petits-fils moururent sans postérité. Antoine Charrier, Sgr
de la Varennc, laissa lui-même deux fils : l'* Michel Charrier. Sgr de
la Varennc, né en 1607, trésorier de France à Riom, dont la descen-
dance s'éteignit vers l'époque de la Révolution ; 2" Etienne Charrier,
Sgr de Fléchac, qui continua la descendance. Le petit-fils de ce der-
nier, Jean Charrier, Sgr de Fléchac, commissaire d'artillerie, marié
en 1695 à Jacquette Maugne, fut maintenu dans sa noblesse le
18 décembre 1697 (aHàs le 30 juillet 1700) par jugement de M. d'Or-
messon. intendant d'Auvergne, sur le vu d'un prétendu jugement de
maintenue que son aïeul aurait obtenu le 15 février 1667 de M. de
Fortia, prédécesseur de M. d'Ormesson. Ce jugement de 1667 n'est
mentionné ni par Laîné, ni par yi. de Ribier qui ont publié des listes
très complètes desfamillesd'Auvergne maintenues dans leur noblesse
lors de la recherche commencée en 1666. Le jugement de M. d'Or-
messon fut du reste attaqué et son obtenteur fut assigné, le 7 août
1705, devant le Conseil d'Etat. Jean Charrier mourut sur ces entre-
faites, en 1709. Mais son fils, Jean Charrier, Sgr de Fléchac, garde du
Roi, marié en 1730 à Marie Andraud, fut définitivement maintenu dans
sa noblesse le 19 août 1718 par arrêt du Conseil d'Etat. On trouvera
dans le Nouveau (ïHozier les preuves de noblesse que Michel, Antoine
et Pierre-Thomas Charrier de Fléchac firent en 1756, 1777 et 1780
pour être admis à l'Ecole militaire et celles que Marie-Rose Charrier
de Fléchac fit en 1790 pour être admise à SaintCyr. M. Charrier de
Fléchât prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Clermont. Cette branche a eu pour dernière représentante Clémen-
tine Charrier de Fléchac, mariée en 1819 à M. Jules-Antoine Vimal.
L'auteur de la seconde branche, Ouillaume Charrier, vint se fixer
à Lyon, fut nommé échevin de cette ville en 1596 et fut dans la suite
notaire apostolique et banquier on Cour de Rome. Son arrière-petit-
fils, Georges-Antoine Charrier, baron de la Roche-Julié, né en 1675,
fut président on la Cour des monnaies de Lyon. Guillaume Charrier,
baron de la Roche, né en 1703, fils du précédent, fut également pré-
sident en la Cour des monnaies de Lyon. Il eut trois fils qui furent
les derniers représentants mâles de leur branche : 1" Jean-Baptiste
Charrier, baron de la Roche, président en la Gourdes monnaies, puis
au Conseil supérieur de Lyon, guillotiné le 9 nivôse an II, qui ne
laissa de son mariage avec M"* de Cibeins que deux filles, la mar-
quise de Harenc de laCondamine. décédée en 1824, et la marquise de
Monspey, décédée en 1862 ; 2" Louis Charrier de la Roche, député du
clergé du diocèse de Lyon aux États généraux de 1789, évêque cons-
X. 4
50 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
titutionnel de la Seine-Inférieure en 1791, plus tard évêque de Ver-
sailles et premier aumônier de l'Empereur, créé baron de l'Empire par
lettres du 22 novembre 1808, décédé en 1827; 3° Jacques-Catherin
Charrier, Sgr de Grigny, décédé en 1815, qui prit part en 1789 aux
assemblées de la noblesse tenues à Lyon. Le plus jeune de ces trois
frères, Jacques-Catherin, avait eu une fille qui épousa M. Sébastien-
Claude Sallicon, dit Salluon, plus tard conseiller général du Rhône.
Celui-ci fut autorisé par décret du 28 novembre 1813 à substituer à
son nom celui de Charrier de Sainxeville sous lequel il fut anobli
par ordonnance royale du 20 mai 1814.11 laissa un fils, Louis-Suzanne
Charrier de Sainneville, né en 1810.
La famille Charrier a fourni dans ses diverses branches de nombreux
officiers dont plusieurs ont été tués à l'ennemi.
Principales alliances : du Prat, Boyer, de Matharel, Guignard de
Saint-Priest, Bollioud 1644, de Brosses, le Viste de Briandas 1684,
de GroUier 1632, Mascrany 1621, de Lescalopier 1703. Badol de
Rochetaillée 1665, de Rochefort d'AlIy 1690. de Ferrari de Romans
1750, Cholier de Cibeins 1764, de Harenc de la Condamine 1788, de
' Monspey 1803, etc.
CHARRIER de BELLEVUE et LEBEAU-CHARRIER de BELLEVUE.
Armes (d'après le règlement d'armoiries de 1786) : do?' à un chem'on
de sinople chargé d'une croix potencée d'argent et accompagné en
chef de deux étoiles d'azur et en pointe d'une ancre de sable.
La famille Charrier de Bellevde résidait sous Louis XVI à Saint-
Domingue. Elle a eu vraisemblablement pour auteurs Jean-de-Dieu
Charrier, capitaine des dragons du bataillon du Cap, et Antoine
Charrier, son frère, capitaine au régiment des chasseurs mulâtres
des colonies, qui furent simultanément anoblis en février 1786 par
lettres patentes du roi Louis XVI, rapportées tout au long dans le
Nouveau d'IFozier,ei qui obtinrent en même temps le règlement de
leurs armoiries.
MM. Charrier de Bellevue et le chevalier de Charrier figurent au
nombre des colons de Saint-Domingue qui signèrent, le 18 mai 1788,
une adresse au Roi pour demander la faculté de députer aux pro-
chains États généraux.
Saturnin Charrier, connu sous le titre de comte de Bellevue, com-
mandant en retraite, mourut à Nice en 1874, à l'âge de 86 ans. Il
avait adopté M. Désiré-Ernest Lebeau, qui fut connu dès lors sous
le titre de comte de Bellevue et qui épousa en juin 1876 M"* Ghanu.
Deux familles Charrier furent anoblies sous la Restauration.
L'une de ces familles appartenait, aux xvii^ et xvni* siècles, à la
DICTIONNAIRK I) K S FAMILLKS FRANÇAISES 51
haute bours^eoisie de Moulins. Philippe Charrier était en 1G77 avocat
au présidial de cette ville. Jacques Charrier fut nommé en 1G81
huissier audiencier en la Chambre des domaines du Bourbonnais.
François Charrier, avocat, fut nommé en 1774 premier échevin de
Moulins. François Charrier, né en 1780, fils du précédent, maire de
Moulins en 1838, président du Conseil général de l'Allier, décédé
en 1859, fut anobli par lettres patentes du 13 janvier 1816 et obtint
en même temps le règlement de ses armoiries : d'azur à un navire
d'argent ; au chef du même chargé à dextre d'im chien barbet assis
de sable et à sénestre d'une cloche d'azur, bataillée d'argent. Fran-
çois Charrier avait épousé successivement M"* de Fradel et
M"* Curial ; il ne laissa qu'une fille, née du second lit et mariée
en 1837 à M. Chabot.
Marc-Antoine Charrier, né en 1755, notaire à Nasbinals, en
Gévaudan, fut élu député du Tiers état de la sénéchaussée de Mende
aux Etats généraux de 1789. Après la chute de la monarchie, il orga-
nisa en Gévaudan une insurrection royaliste et s'empara de Marve-
jols ;faitprisonnierpeude tempsaprès, il futguillotinélel5juilletl793.
Son fils, Antoine Charrier, fut anobli par ordonnance du 6 sep-
tembre 1814.
CHARRIÈRE (Ladreit de la). Voyez : Ladreit de la Charrière.
CHARRIÈRE (Chabert de la). Voyez : Chabert de la Charrière.
CHARRIÈRE. Armes : écarlelé : au 1 de sable à un coq d'or, crête et
barbé de gueules ; au '2 de gueules à l'épée haute en pal d'argent,
qui est des barons militaires ; au 3 d'azur à une lance et une épée
passées en sautoir, le tout d'or, surmontées d'une étoile d'argent;
au 4 de sinople à une levrette d'argent, passant et colletée du
même.
Jean-Louis Charrière, né en 1765 à Bourg-Saint-Andéol, en Viva-
rais, général de brigade en 1812, commandeur de la Légion d'hon-
neur, chevalier de Saint-Louis, décédé en 1846, fut créé baron de
l'Empire par lettres patentes du 9 janvier 1810. Il laissa un fils,
Charles, baron Charrière, né en 1824.
CHARRIÈRE.
Famille de haute bourgeoisie à laquelle M. Tardieu a consacré
une notice dans son Dictionnaire historique , généalogique et bio-
graphique de la Haute- Marche. La famille Charrière possédait, dès
le milieu du xvi* siècle, le domaine de Talafeix, situé sur le territoire de
la paroisse de Saint-Alpinien. Léonard-Philippe Charrière, avocat au
52 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Parlement de Paris, acheta en 1691 la seigneurie du Maizouniaux.
Ses descendantsse qualifiaient, au xviii^ siècle, seij^neurs deTalafeix
et du Maizouniaux. Son petit-fils, Jean Charrière, était en 1721 procu-
reur et notaire royal à Aubusson. Il fut le grand-père de Jacques
Charrière, né en 1737, procureur en la châtellenie dAubusson, et le
bisaïeul de Jean-Antoine Charrière, né en 1779, dont la descendance
subsiste.
La famille Charrière a fourni des magistrats distingués, des offi-
ciers, des manufacturiers.
Principale alliance : Sallandrouze.
CHÂRRIN (de la Devèze de). Voyez : Devèze de Charrin (de la).
CHARRIN (Hervier-). Voyez : Hervier-Charrin.
C&ARRIN (de). Armes (d'après le règlement d'armoiries de 1843) :
d'argent à une faace de sable chargée de deux annelets croisés d'ar-
gent ; au chef d'azur chargé de trois besants d'argent. — Aliàs
(armes anciennes) : d'azur à un chat d'argent ; au chef cousu de
gueules chargé de trois besants d'or. — Couronne : de Comte. —
Supports : deux lions grimpants.
La famille de Charrin appartient à l'aristocratie du Lyonnais. Le
vicomte Révérend en a donné une généalogie dans ses Titres et con-
firmations de titres de la Monarchie de Juillet et du Second Empire.
Elle a eu pour berceau la petite ville de Saint-Chamond, en Forez,
et descend de Guillaume Charrin qui, sous Louis XIV, était marchand
bourgeois de cette ville. Antoine Charrin, fils de Guillaume, d'abord
marchand de soie, lut pourvu en 1733 de l'office anoblissant de con-
seiller secrétaire du Roi en la Cour des monnaies de Lyon. Il avait
épousé en 1G97 à Saint-Chamond Jeanne Palerne. Il en eut un fils,
Marc-Antoine-Mathieu Charrin, né à Lyon, qui lui succéda en 1745
dans sa charge de secrétaire du Roi et qui épousa vers la même
époque Marie-Antonie Délavai. Etienne-Mathieu Charrin, né à Lyon
en 1749, fils du précédent, épousa en 1780 M"^ de Quatrefages de
la Roquette. Il en eut trois fils, dont le plus jeune, Charles, continua
la descendance, et une fille qui épousa en 1809 M. Hervier et dont
les descendants sont connus sous le nom d'HERviER-CHARRix. Charles
Charrin, né à Lyon en 1784, décédé dans la même ville en 1853,
reçut le titre héréditaire de comte par lettres patentes du roi Louis-
Philippe du 3 mai 1843; il obtint en même temps le règlement de
ses armoiries. Il laissa un fils, Mathieu-Jean, comte de Charrin, né
en 1815, qui s'apparenta brillamment par son mariage, en 1843, avec
M"^d'Andlau et qui a lui-même laissé deux fils.
dictionnairf: des famim>es françaises 53
Principales alliances : Palernc 1697, Nolhac 172i2, Délavai, Gau-
thier de la Tournclle 1768, de Qiialrefages de la Roquelle 1780. Fleur-
delix, Chosson du Golombieri835, d'Andlau 1843, duPonlavicc 1882,
de Barthélémy de Saizieu 1884, etc.
CHARRITTE (de Casamajor dej. Voyez : Casamajor de Gestas, de Char-
bitte ET DE JOSSES (de).
CHARRON, en Bordelais.
La famille Charron appartient à la haute bourgeoisie du Bordelais.
Elle remonte par filiation à Pierre-Bertrand Charron, originaire du
Blayais, procureur du Roi et notaire à Ambarès, décédé en 1757,
dont le fils, Étienne-Pierre Charron, né en 1748, procureur en la
juridiction d'Ambarès, puis notaire, épousa à Bordeaux en 1776
Marie Leclerc.
Principale alliance : Princeteau 1863.
La famille dont il vient d'être parlé croit être une branche détachée
à une époque inconnue d'une famille Charron, originaire comme elle
du Blayais, qui a appartenu à la noblesse de robe bordelaise. Cette
famille portait pour armes : d'or à une aigle à deux tètes, le vol
abaissé, de sable, accompagnée de huit étoiles d'azur, cinq en chef,
deux en flanc et une en pointe. Elle remontait par filiation à Jean
Charron, procureur du Roi àBIaye, marié à Marie Baron, dontlefils,
Jacques-Charles Charron, né en 1683, marié à Jeanne Chartran,
décédé en 1752, fut reçu en Wl^î conseiller en la Cour des aides de
Guienne et obtint le 8 juillet 1744 des lettres d'honneur. Etienne-Jean
Charron, fils aîné du précédent, fut reçu en 1744 conseiller en la
Cour des aides de Guienne ; il ne laissa que deux filles, M"'^'^ de
LavergnedePeyredoulleetd'Aureville. Son frère, Ambroise Charron,
sieur de la Moulinasse, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-
Louis, puis greffier en la Cour des aides de Bordeaux, marié en 1755
à Marie Boyer de Brasdefer, mourut en 1779. Il laissa trois fils qui
furent les derniers représentants de leur famille et dont deux furent
tués à l'armée de Gondé. L'un de ces fils, Jean de Charron, Sgr de
Livrons, avait pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Bordeaux '.
CHARROST-BORRÉ de la CHAVANNE. Armes : d'or à un palmier de
sinople, au chef de gueules chargé d'un lion issant d'argent. —
Armes de la famille Borré de la Chavanne : A'azur à une barre d'ar-
' Celle notice a élé l'aile k l'aide de renseigiiemenis dus à l'obligeance de
M. l'ierre Meller.
54 Dir/riONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
gent accompagnée de deux étoiles de même. — Devise de cette der-
nière famille : Toujpurs fidèle.
La famille Charrost-Borré de la Chavanxe appartient à la noblesse
de Savoie. On en trouvera un tableau généalogique dans Y Armoriai
de Savoie du comte de Foras. Ce travail en fait remonter lafdiation à
spectable Guillaume Charrost, bourgeois de Chambéry, qui dans
les dernières années du xvii^ siècle était garde-maître des monnaies
pour Son Altesse en Savoie. Guillaume Charrost est rappelé comme
défunt dans un acte de 1706. Son fils, spectable Etienne Charrost,
maître des monnaies, laissa d'une alliance inconnue un fds, Phili-
bert, qui fut émancipé par acte du 20 février 1698. Noble et spectable
Philibert Charrost, avocat fiscal de la province de ïarentaise, fut
nommé en 1727 trésorier général de Savoie et fut anobli par ses
fonctions. Il reçut inféodation de la terre et seigneurie de Saint-
Jeoire, située près de Montmélian. Il avait épousé, le 22 sep-
tembre 1714, Anne Borré de la Chavanne, fille de Joseph Borré,
qui avait été pourvu en 1700 de la charge anoblissante de
premier auditeur en la Chambre des comptes de Savoie, et sœur de
Joseph Borré, décédé dans la suite sans postérité, qui fut investi
en 1737 du fief de la Chavanne, avec titre et dignité de comte, et
qui fui nommé en 1749 secrétaire général du commerce dans tous
les États de Savoie. Philibert Charrost avait eu d'un premier lit un
fils, Etienne Charrost, baptisé en 1711, qui porta le titre de comte de
Saint-Jeoire et qui mourut sans postérité. De son mariage avec Anne
Borré, il laissa un autre fils, Etienne Charrost, né en 1721, colonel
d'infanterie, décédé en 1 787, qui épousa en 1 762 Jeanne de Motz et qui
continua la descendance. Ce second lils recueillit le comté de la
Chavanne après la mort de son oncle maternel ; il fut dès lors connu
sous le titre de comte de la Chavanne qui depuis cette époque a été
conservé par le chef de la famille.
La famille Cliarrosl-Borré de la Chavanne a fourni de nombreux
officiers, un gentilhomme de la chambre du roi Charles-Albert, etc.
Principales alliances : Borré de la Chavanne 1714, Favre de Thones
1800, Monlanier de Vens 1785, de Failly 18b3, Crotti de Costigliole,
de Chissé 1846, etc.
CHARRY (de Comeau dei. Voyez : Comeau (de).
CHARRY (de). Armes : à'azur à une croix ancrée d'argent. — Cou-
ronne : de Marquis. — Devise : Pro fide elpatriâ.
La famille de Chârry appartient à l'ancienne noblesse chevaleresque
du Nivernais. On en trouvera dans les manuscrits de Ghérin une gé-
DIC riONNAlRK DKS FAMILLKS FRANÇAISES 55
néalogie dressée en 1751. On trouvera dans le même recueil le
mt^moire de Clérembault, charge d'examiner celte généalogie. Ce
mémoire commence en ces termes : « Ce nom est ancien et parait
« venir d'ua fief appelé Charry, dans la paroisse de Vuer. On trouve
« Guillaume et Etienne de Charry, frères, tous doux qualifiés damoi-
c( seaux et possédant justice haute et basse dans la paroisse de Vuer
« en l'année 1303. Mais la (iliation ne semble bien prouvée que depuis
« Hugonet de Charry, qualifié damoiseau en l'an 1316, dont le fils
(c aîné, nommé Guillaume de Ciiarry, était seigneur de Vuer en 1323
« et épousa Agnès de Frétoy. De ce mariage vint Jean de Charry,
a écuyer, Sgr de Charry et de Vuer, auteur des différentes branches
« de ce nom... »
Jean de Charry, écuyer, Sgr de Charry et de Vuer, lils de Guil-
laume et petit-fils d'Hugonet, est mentionné dans un grand nombre
de chartes de la seconde moitié du xiv® siècle. De son mariage
avec Agnès Tixer, il laissa un fils, noble homme Colas de Charry,
écuyer, Sgr de Charry et de Vuer, qui épousa Agnès du Verne par
contrat du 21 janvier 1440. Le petit-fils de celui-ci, noble et puissant
seigneur François de Charry, écuyer, Sgr de Charry, de Vuer, de la
Ronde, de Marancy, etc., marié en deuxièmes noces, en 1523, à Margue-
rite le Roy, fut maître d'hôtel ordinaire du duc de Nivernais. Son fils,
noble seigneur François de Charry, écuyer, Sgr des mêmes terres,
né au château de Vuer en 1523, écuyer d'écurie de M"^ la duchesse
de Nevers, épousa le 20 mai 1549 Jeanne de Maumigny. Il en eut,
entre autres enfants, deux fils, noble seigneur François de Charry,
Sgr de Charry, de Vuer, de la Bretonnière, de Givrédy, en partie,
marié le 21 octobre 1584 à Anne de Meun de la Ferté, et Gilles de
Charry, Sgr de la Motte, de la Ronde, de la Roche, etc., marié en
1582 à Madeleine de Villaines, qui furent les auteurs de deux grandes
branches. Les représentants de ces deux branches furent maintenus
dans leur noblesse le 5 octobre 1666 par jugement de M. Lambert
d'Herbigny, intendant de Moulins, et le 26 septembre 1698 par juge-
ment de M. le Vayer, également intendant de Moulins. Ceux de la
branche aînée avaient déjà été maintenus dans leur noblesse le
6 mars 1635 par jugement de M. deCaumarlin, intendant de Moulins.
François de Charry, auteur de la branche aînée, laissa lui-même
quatre fils :l°Jeande Charry, Sgr de Vuer, qui épousa en 1618 Suzanne
d'Aspremont et qui en eut un fils nommé Samuel; 2'' F'rançois de
Charry, Sgr de Givrédy, qui épousa en 1618 Jeanne Mathieu et qui
en eut trois fils, François, Claude et Laurent; 3° Paul de Charry, Sgr
de Charry et de Lurcy-le-Bourg, qui épousa en 1619 Madeleine de
Chéry et qui en eut deux fils, Eustache et Hugues, ce dernier prêtre.
S6 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
4° Arnaud de Charry, Sgr de Précy, qui épousa en 1633 Françoise de
Rolland et qui en eut deux fils, Eustache et Adrien. On trouvera dans
le Nouveau d'Hozïer les preuves de noblesse que l'arrière-petit-fils
du second de ces quatre frères, Jacques de Charry, né en 1711, offi-
cier des chasses du Roi dans les parcs de Versailles et de Marly, fit
pour obtenir l'admission à la maison de 1 Enfant-Jésus de sa fille,
Marie-Adélaïde, née en 1765 à Rocquencourt, près de Versailles.
Françoise de Charry de Fourviel, sœur de Jacques, née en 1714 à
Saint-Renin-du-Bois,au diocèse de Nevers, avait déjà fait en 1724 des
preuves de noblesse pour être admise à la maison de Saint-Cyr où
elle mourut en 1731. Trois de ses cousines, Anne-Nicole de Charry de
Giverdy, née au château de Giverdy en 1728, Anne de Charry, née à
Versailles en 1740, et Jeanne de Charry, née en 1747, furent admises
dans la même maison en 1737, 1752, et vers 1757. Cette branche
s'est perpétuée en Nivernais jusqu'à nos jours. Son chef est connu
sous le titre de comte de Cliarry de Lurcy.
Gilles de Charry, auteur de la seconde branche, eut un fils, Jac-
ques, qui épousa en 1607 Claude Raquin, héritière de la seigneurie
des Gouttes. Jacques laissa lui-même deux fils dont l'aîné, François
de Charry, connu sous le titre de comte des Gouttes, épousa à Moulins
le 16 février 1637 Jeanne du Buysson et continua la descendance
et dont le second, Léon de Charry, fut admis en 1659 dans l'ordre
de Malte. Le marquis de Charry des Gouttes fut admis aux honneurs
de la Cour le 2 juin 1787. Sa femme, née Luppé, jouit de la même
faveur le 11 mai 1788. Cette branche paraît être aujourd'hui éteinte.
Hugues, comte de Cliarry, Sgr deLurcy-le-Bourg, et Pierre, comte
de Charry de Beuvron, prirent part en 1789 aux assemblées de la
noblesse du Nivernais. M. de Charry de Cailhavel prit part cette
même année à celles du Quercy.
La famille de Charry a fourni de nombreux officiers.
Principales aUiances: du Verne 1440, 1648,deMaumigny 1549, de la
Ferté-Meun 1584, de Chargères 1660, 1700, de Chéry 1619, de Che-
venon de Bigny 1663, de Villaines 1582, du Buysson 1637, de Mullot
de Villenautl796, de Berthier 1710, de Saint-Germain d'Apchon 1710,
deMenou 1747, de Las 1653, AndrasdeMarcy 1731, de Comeau 1719,
de Fournierde Quincy 1762, de Luppé 1788, etc.
CHARSONVILLE (Tassin de). Voyez : Tassin de Villepiox, de Vallière,
DE XoNNEVILLE, DE MoNTAIGU, DE Be.\UMONT, DE ChARSONVILLE, DE SaINTE-
Péreuse, etc.
CHARTENER. Armes (d'après le règlement d armoiries du 1 1 avril 1818; :
parti : au 1 dCargent à la tour de sable; au chef d'azur chargé d'un
DICTIONNAIRE DliS FAMILLKS FRANÇAISES 57
soleil d'or, mouvant de l'angle dexlre, et d'une épée d'argent, montée
d'or, posée en pal à sénestre; au 2 de gueules au lion d'or surmonté
de trois étoiles d'argent.
Jean-Baptiste Ghartener, né en 1764 à Sarrelouis, en Lorraine,
lieutenant-colonel d'infanterie, oiïicierde la Légion d'honneur, décédé
à Metz en 1839, fut créé chevalier de l'Empire par lettres patentes
du 9 décembre 1809. Il fut confirmé dans la possession héréditaire
de son titre de chevalier par nouvelles lettres du roi Louis XVIII
du 11 avril 1818 et obtint en même temps le règlement de ses armoi-
ries. Il laissa deux fils dont l'aîné, Georges-Gustave Charlener, né
à Metz en 1813, a été un bibliophile distingué. Le puîné, Ilippolyte
Ghartener, né à Metz en 1818, a été le père de M. Georges-Paul Ghar-
tener, né à Metz en 1853, contrôleur des contributions directes, qui a
eu trois filles de son mariage avec M"* Gottenot.
CHARTIER de la SOURCE.
Famille de haute bourgeoisie.
•M. Philippe Ghartier, inspecteur des postes à Amiens, avait de-
mandé, le5 juin 1864, pour lui et pour ses enfants, alors mineurs, l'au-
torisation de joindre régulièrement à son nom celui de : de la Source
sous lequel il était connu. On ne voit pas que sa demande ait été
agréée.
CHARTIER de COUSSAY. Armes : A'argent à un chevron d'azur chargé
de cinq besants du champ et accompagné en chef de deux demi-vols
de sable et en pointe d'un porc-épic du même.
La famille Ghartier de Goussay était originaire de Touraine.
Louis Ghartier, sieur de Montléger, Goussay-les-Bois, la Vervo-
lière, etc., avocat en Parlement, décédé en 1762, avait épousé Mar-
guerite Gimard. Leur fils, Louis-Glaude Ghartier, Sgrde Goussay-les-
Bois, Montléger, etc., décédé en 1778, fut conseiller en la Gour des
aides de Paris et président trésorier de France au bureau des finances
de Tours et fut anobli par ces fonctions. De son mariage avec
M"'= Léonard, fille d'un célèbre libraire, plus tard secrétaire du Roi,
il laissa un fils, Frédéric-Melchior Ghartier de Goussay, né à Paris
en 1764. Gelui-ci épousa M"^ FouUon de Doué, fille de l'intendant de
Paris massacré en 1789, fut créé baron de l'Empire, sur institution de
majorât, par lettres patentes du 26 décembre 1810, fut confirmé dans
la possession héréditaire de son titre par nouvelles lettres du
1" juin 1816 et mourut en 1842. Il n'eut qu'une fille, la marquise de la
Rochejaquelein, décédéc en 1889, qui fut la dernière représentante de
sa famille.
o8 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHARTIER (ou mieux le CHARTIER) de la VARIGNIÈRE, de LORAILLES,
de CAGNY et de SllDOUY. Armes : d'azur à une fasce alésée dor,
accompagnée en chef de deux perdrix du même et en pointe d'un
tronc d'olivier, feuille de chaque côté de trois feuilles, aussi d'or. —
Couronne : de Marquis.
Alain Chartier, né à Bayeux vers 1386, clerc, notaire et secrétaire
des rois Charles VI et Charles VII, chargé par ces princes de plu-
sieurs missions importantes, conseiller au Parlement de Paris,
décédé en 1449, fut un historien distingué et en même temps un
des meilleurs poètes de son temps. Un de ses frères, Jean Chartier,
moine de Saint-Denis, fut chargé, en qualité d'historiographe de
France, de mettre en ordre les chroniques de labbaye. Un autre,
Guillaume Chartier, décédé en 1472, fut nommé évêque de Paris
en 1446 '.
La famille le Chartier, qui appartient de nos jours à la noblesse de
Normandie, revendique une origine commune avec celle qui fut illus-
trée par le poète Alain Chartier. M. de Magny a donné une généa-
logie de cette lamille dans son Nobiliaire de Normandie . 11 en fait
remonter la filiation à Pierre le Chartier, Sgr de Benneville, dont le
tils, Jean le Chartier, Sgr de Benneville, épousa en I50o Jacqueline
du Bosc. Jean le Chartier, sieur de Benneville, fils de celui-ci, laissa
d'une alliance inconnue deux fds, Jacques et Pierre, qui furent les
auteurs de deux branches.
Le chef de la branche aînée, Robert le Chartier, avocat au Grand
Conseil, marié à Jeanne Antheaume, décédé en 1740, fut anobli par
l'acquisition d'une charge de conseiller secrétaire du Roi, maison et
couronne de France. Sa descendance s'est éteinte avec son arrière-
petit-lils, Achille le Chartier de la Varignièrc, né vers l78o, général
de brigade en 1841, commandeur de la Légion d'honneur, qui mourut
dans un âge avancé sans avoir été marié.
Le chef de la branche cadette, Marguerin le Chartier, sieur de
Lorailles, fut anobli en août 1636 par lettres patentes du roi Louis XUI.
Un édit d'août 1664 ayant révoqué tous les anoblissements concédés
depuis 1611, ses trois Mis, Charles le Chartier, sieur de la Heurtau-
dière, alors âgé de 37 ans, Jacques le Chartier, sieur de Saint-Denis,
âgé de 30 ans, et Guillaume le Chartier, sieur du Mesnil, âgé de
26 ans, demeurant à Fcrrière-Hareng, en la sergcntcric de Tho-
rigny, dans l'élection de Bayeux, se firent confirmer dans leur
' On (roiivcra dans VAnnuaire du collège héraldique de 1900 des renseignements
sur une famille Chartier, aujourd'hui éteinte, qui occupait avant la Révolution un
rang assez modeste en Beaucc et qui, parait-il, était une branche de celle à laquelle
appartenait Alain Chartier.
DICTIONNAIRE DKS FAMILLES FRANÇAISES 59
noblesse par nouvelles lettres patentes du 30 juin 1666. Ces trois
frères furent les auteurs de trois rameaux.
Le premier rameau s'est éteint en la personne de Léa le Chartier de
Cagny, veuve du baron Hue de Mathan, qui mourut en 1900 à l'âge
de 8-2 ans.
L'auteur du second rameau, Jacques le Chartier, Sgr de Saint-
Denis, épousa Roberte de ïoustain. Sa descendance posséda, entre
autres biens, la seigneurie de Loraillcs et s'éteignit dans les mâles
avec Alain le Chartier, connu sous le titre de marquis de Lorailles,
qui mourut vers le milieu du xix^ siècle sans laisser de postérité
masculine, et avec son cousin germain, Prosper le Chartier, qui fut
tué en 1807 à la bataille de Lutzen.
L'auteur dutroisième rameau, Guillaume le Chartier, Sgr duMesnil,
épousa Françoise Nicolle. Sa descendance posséda, entre autres
biens, les seigneuries duMesnil, delaPédoyère et deSédouy. Le chef
de ce rameau, Marguerin-Michel le Chartier, chevalier de Sédouy,
épousa en ISl^ sa cousine Antoinette le Chartier de la Varignière,
sœur du général de la Varignière. Il en eut un fds unique, Alain-
Raoul le Chartier, connu le premier sous le titre de marquis de Sédouy,
qui épousa en 1839 M"^ de Savignac et de qui descendent les divers
représentants actuels.
MM. le Chartier du Mesnil, le Chartier de la Pédoyère, le Chartier
de Thorigny et le chevalier le Chartier de la Varignière prirent
part en 1789 aux assemblées de la noblesse du bailliage de Tho-
rigny. M. le Chartier prit part cette même année à celles tenues à
Caen tant en son nom que comme représentant de M"® de Tour-
nebu.
La famille le Chartier a fourni de nombreux officiers, des cheva-
liers de Saint-Louis, des membres de la Légion d'honneur.
Principales alliances : de Siresme, de Toustain, du Merle, de
Guernon, de Malfdàtre 173:2, Gautier de Carville, Hue de Mathan, du
Pontavice 1829, Gautier de Savignac 1839, de Nugcnt 1866, Michel
de Monthuchon 1887, de Brémond d'Ars 1895, de Bonlîls 1905, etc.
Une famille Chartier de Louinière, fixée au Canada sous le règne
de Louis XIV, se considérait comme une branche détachée à une
époque inconnue de celle dont il vient d'être parlé et revendiquait
comme elle une origine commune avec celle du poète Alain Chartier.
Le chef de cette famille, Michel Chartier de l^obinière, capitaine
d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, fut un des principaux auxi-
liaires de Montcalm et rentra en France après la cession du Canada
à l'Angleterre. Il obtint le 25 juin 1784 des lettres patentes qui
sont rapportées tout au long dans le Nouveau d'Hozier. Ces lettres
60 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
rappelaient que ses ancêtres s'étaient fixés au Canada en 1656,
lui reconnaissaient cinq générations de noblesse, sans dérogeance,
et lui conféraient le titre de marquis. M. de Lobinière obtint en
même temps le règlement de ses armoiries : d'azu7' à deux per-
di'ix d'argent sur un tronc d'arbre d'or, posé en fasce; coupé d ar-
gent à trois roseaux de marais feuilles de sinople, la tête de sable,
naissant d'une terrasse aussi de sinople, garnie deau, mouvante de
la pointe. — Supports : deux aigles d'or. — Cimier : un aigle. —
Devise : Fors et virtus.
Il a existé dans l'élection de Coutances une famille le Chartier de
LA JuGAXMÈRE qui portait pour armes : à.'azur à un chevron d'argent
accompagné en chef de deux trèfles d'or et en pointe d'un croissant
du même métal. Le chef de cette famille, Alexandre le Chartier,
sieur de la Jugannière, marié en I600 à Suzanne du Poerier, fut
maintenu dans sa noblesse, lors de la reclierche de 1666, par juge-
ment de Chamillart, intendant de la généralité de Caen, après avoir
justifie que son grand-père, Jacques le Chartier, avait été anobli,
moyennant finance, par lettres patentes de mars 1594.
CHARTRAN.
Par bref de 1899, le pape Léon XIII a conféré le titre de comte
romain au peintre Chartran qui avait exécuté son portrait.
CHARTRIE (Gay delà). Voyez : Gav de la Chartrie.
CHARTROUSE (Meiffren-Laugierde). Voyez : Meiffren-Laugier de Char-
troupe.
CHARUEL.
Famille de haute bourgeoisie.
Jean Charuel, né à Rosne, en Barrois, vint se lixer à Metz comme
homme d'affaires et secrétaire de M. de la Serre de Rochecolombe,
lieutenant du Roi dans cette ville. Il fut plus tard intéressé dans les
affaires du Roi. 11 épousa successivement en 1736 Marguerite Barat
et en 1745 Marie-Françoise Louis. Jean-Jacques Charuel de Sainte-
Croix, né de la seconde union en 1754, d'abord avocat au Parlement
de Metz, fut nommé en 1787 substitut du procureur général audit
Parlement. Il fut père de Jean-Jacques Charuel, né à Metz en 1787,
qui a lui-même laissé un fils.
Lafamille dont il vient d être parlé est distincte d'une familleCharuel
qui a appartenu à la noblesse de robe de Metz. Cette seconde famille
Charuel portait pour armes : de gueules à un chevron d'or accom-
pagné de trois massacres de cerf de même. Jacques Charuel, con-
seiller du Roi en ses Conseils, fut intendant de Metz depuis 1681 jus-
DICTIONNAIRF. DP.S FAMILLKS FRANÇAISES 61
qu'il sa mort, arrivée en 1691. Son parent, Nicolas Charucl du Breuil,
lieutenant général au bailliage de Bar en 1679, décédé en 1709, fut
nommé en 1688 conseiller au Parlement do Metz. Il eut pour succes-
seur dans cette dernière charge son neveu, Armand-Philippe Giia-
ruel, Sgr de Montoy, né en 1680. Celui-ci l'ut nommé président à mor-
tier en 1716 et mourut en 1747. Il fut père de Dominique Gharuel de
Montoy, né en 1711, conseiller, puis président à mortier au Parle-
ment de Metz, qui mourut sans postérité en 1748.
CHASLES.
Famille bourgeoise.
Pierre-Michel Gh.\sles, né à Chartres en 1753, d'abord professeur au
collège de sa ville natale, fut élu en 1792 député d'Eure-et-Loir à la
Convention, siégea parmi les Montagnards, vola la mort du Roi,
vécut dans la retraite après l'expiration de son mandat et mourut à
Paris en 1826. Son fds, Philarète Charles, né en 1799 à Mainvilliers,
près de Chartres, littérateur distingué, décédé en 1873, fut profes-
seur au Collège de France et conservateur de la Bibliothèque Maza-
rine II avait épousé vers 1860 M""* de Piomieu, née Moreau du Breuil,
qui lui survécut jusqu'en 1885. Il eut d'un piemier mariage un lils,
Emile Chasles, né en 1827, inspecteur de l'Université.
A la même famille paraissent avoir appartenu M. Michel Chasles,
né en 1703 à Epernon (Eure-et-Loir), membre de l'Académie des
sciences, commandeur de la Légion d'honneur, et M. Henri-Adolphe
Chasles, né à Chartres en 1795, maire de cette ville en 1830, député
et président du Conseil général d'Eure-et-Loir, décédé en 1868.
CHASLUS, eu CHALUS, (de), en Auvergne. Voyez : Chalus (ue).
CHASLUS.
La famille Chaslu^ appartient à la haute bourgeoisie de l'Auvergne.
M. Tardieu lui a consacré une notice dans son Dictionnaire des
anciennes familles de l'Auvergne. Pierre Chaslus, notaire, demeu-
rant aux Ghapioux, dans la paroisse de Saint-Amand-Roche-Savine,
acquit en 1702 de la famille de Besse de la Richardie le fief et directe
du Puy et du Chéri, situé dans la même paroisse, dont il se qua-
lifia seigneur et dont sa veuve, Gabrielle Durif, rendit hommage au
Roi le 18 décembre 1723. Leur descendant, Louis Chaslus, né en 1817,
marié à M'"^ de Brinon, décédé en 1880, a longtemps fait partie du
Conseil général du Puy-de Dôme. Il a été père de M. Paul Chaslus,
propriétaire du domaine patrimonial des Ghapioux, qui a eu deux fds
de son mariage, en 1881, avec M"^ Arnaud^
62 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Principales alliances : Chaboissier, Jouvet, d'Escaffres, de Brinon,
Arnaud, etc.
CHASOT. ou CHAZOT, (de). Voyez : Chazot (de).
CHASSAGNOLLE, ou CHASSAIGNOLLE, (delà). Voyez: Chassaignolle
(de la;.
CHASSAGNT (Jordan de). Voyez : Jordan de Sury,de Puyfol et de Chas-
SAGXY et Jordan.
CHASSAIGNE. en Auvergne. Armes : de gueules à h'ois cors de chasse
d argent, 2 el\, et une étoile de même en cœur. — Couronne : de
Comte.
La famille Chassaigne est anciennement connue en Auvergne. Elle
est originaire de Tliiers où ses premiers auteurs exerçaient au
xvi^ siècle l'industrie de la coutellerie. Un de ses membres, Joseph
Chassaigne, fut pourvu vers 1765 de la charge anoblissante de
secrétaire du Pioi. Un autre fut, de 1759 à 1783, élu en 1 élection de
Clermont-Ferrand.
Grégoire Chassaigne de Bost et Jean-Augustin-Antoine Chas-
saigne de Franc-Séjour prirent part en 1789 aux assemblées de
la noblesse tenues à Riom.
A la même souche paraît se rattacher une famille Chassaigne qui
est connue depuis le xvi* siècle dans la haute bourgeoisie d'Ariane
(Puy-de-Dôme). Cette famille a fourni plusieurs conseillers géné-
raux du Puy-de-Dôme. Une de ses branches joint souvent à son nom
celui du château de Néronde qu'elle possède près de Courpière
(Puy-de-Dôme). Une autre branche est connue sous le nom de Chas-
saigne-Goyon. Alexandre Chassaigne-Goyon, né à Thiers en 1814,
fut successivement maire de sa ville natale, député et conseiller
général du Puy-de-Dôme, conseiller d'Etat, préfet de la Marne sous
Napoléon III et commandeur de la Légion d'honneur (8 août 1870).
Les familles dont il vient d'être parlé sont vraisemblablement
distinctes de celles de Jean Chassagne, marchand en la ville de
Clermont, et d'Antoine Chassaigne, marchand épicier à Riom, qui
eurent leur blason enregistré à l'Armoriai général de 1696.
CHASSAIGNE de SEREYS (de la), en Auvergne. La famille de la Chas-
saigne a longtemps porté les armoiries de l'ancienne famille des sei-
gneurs de Sereys. Ses armes actuelles sont les suivantes : écartelé
aux \ eti d'azur à un dauphin pâmé d'or, mis en bande, accompagné
en orle de cinq étoiles de tnéme, deux en chef et trois en pointe, qui
est de la Chassaigne ancien ; aux 2 e< 3 d'or à une aigle éployée de
DICTIONNAIRE UKS FAMILLES FRANÇAISES 63
sable, couronnée, becquée et membrée de gueules, à une bordure
d'azur chargée de dix fleurs de lys d'or en orle, qui est de Sereys. —
Devise : Unguibus et rostro. — Cri de guerre : la Chassaigne.
Le nom de la Chassaigne est porté de nos jours en France par deux
familles nobles bien distinctes appartenant l'une à l'Auvergne, l'autre
au Bordelais. C'est aux la Chassaigne d'Auvergne qu'est consacrée
la présente notice.
Il a existé en Auvergne et dans les provinces limitrophes un
certain nombre de châteaux de la Chassaigne qui avaient au moyen
âge des seigneurs à la famille desquels ils paraissent avoir donné
leur nom. Il est donc difficile de déterminer à quelle souche on doit
rattacher un certain nombre de gentilshommes auvergnats du nom
de la Chassaigne qui sont mentionnés dans des chartes des xiii*,
xiv' et xv^ siècles. C'est ainsi que Bouillet mentionne, dans son Nobi-
liaire d'Auvergne, un Constantin de la Chassaigne, chevalier, qui
est nommé dans le contrat de mariage, passé en 1274, de Robert VI,
comte d'Auvergne, et de Béatrix de Montgascon ; un Garnier de la
Chassaigne, qui en i!295 était prieur du monastère de Saint-Flour ;
un Guillaume de la Chassaigne, chevalier, qui en 13G6 était marié à
Blanche Aleyne. Guillaume de la Chassaigne était en 1378 chanoine
comte de Brioude. Pierre de la Chassaigne, seigneur vassal d'Usson
en 1450, portait pour armes : parti : au 1 d'azur à une tige de lys
d'or; au 2 de sable à une croix ancrée d'argent. Ponchet de la
Chassaigne, seigneur de Merdogne-sous-le-Crest en 1450, portait
pour armes : parti : au 1 dazur au chêne feuille d'or; au 2 de sable
fretté d'or.
La seule de ces familles qui subsistât lors de la grande recherche
de 1666 paraît avoir eu pour berceau une seigneurie de la Chassaigne
située dans la paroisse de Meilhot, près d'Usson. On trouvera sur
elle un gros dossier dans les Carrés d'Hozier. On pourra ainsi con-
sulter sur elle l'ouvrage suivant, publié au Puy en 1898 : Preuves
chapitrâtes et documents inédits sur la noble maison de la Chas-
saigne de Sereys, en Auvergne et en Velay, par un curieux (M. Grel-
let de la Deyte). D'après la tradition, elle aurait eu dans le passé une
origine commune avec la puissante maison des seigneurs de Chaslus-
Lambron, dont il a été parlé dans la notice consacrée à la famille de
Chalus de Prondines, et aurait pour auteur un Guillaume de la Chas-
saigne qui était le propre frère puîné de Gérard de Chaslus, marié dans
les premières années du xiii* siècle à Alix, fille de Robert, comte
d'Auvergne et de Clermont.
Toutefois le jugement de maintenue de noblesse de 1667 ne fait
remonter la filiation suivie qu'à un Antoine de la Chassaigne, écuyer,
64 DICTIONNAIRE DRS FAMILLES FRANÇAISES
sieur dudit lieu, lequel épousa le 16 novembre 1464 Jeanne de Cha-
lencon de Sereys. Cette dame appartenait à une puissante maison du
Velay dont une branche recueillit au xiv^ siècle la seigneurie de
Polignac et s'est perpétuée jusqu'à nos jours sous le seul nom de Poli-
gnac. Après la mort de son frère, Jean de Chalencon, Sgr de Sereys,
Jeanne de Chalencon recueillit l'importante seigneurie de Sereys,
située dans la paroisse de Chomelis, près de Craponne. Son mari,
Antoine de la Chassaigne, fit partie de l'arrièrc-ban de 1466 sous
le commandement de M. de Chatillon. Leur petit-fils, Charles de
la Chassaigne, marié le 9 mai 1571 à Catherine de Thiers de Lignât,
fit avec distinction plusieurs campagnes on 1549 et 1561 sous les
ordres de M. de la Fayette et du maréchal de Velay; M. de Saint-
Hérem lui confia le 5 mars 1574 le commandement des places
de Saint-Hérem et de Saint-Just. Il fut père d'Annet de la Chas-
saigne, marié en 1589 à Marguerite de Maurin de Chateauneuf, qui
servit avec honneur, grand-père de Charles de la Chassaigne, Sgr de
Sereys, en l'élection de Brioude, qui épousa en 1647 Jeanne d'Antiî
de Ligonès et qui fut maintenu dans sa noblesse le 31 juillet 1667
par jugement de M. de Fortia, intendant d'Auvergne, et bisaïeul de
Julien de la Chassaigne, écuyer, sieur du Lac, demeurant en la
paroisse de Saint-Jean-de-Glaines, qui épousa en 1678 Marie-Made-
leine du Croc des Blanchons et qui fut à son tour maintenu dans
sa noblesse le 13 février 1698 par jugement de M. de Marie, succes-
seur de M. de Fortia. Jacques de la Chassaigne, Sgr de Sereys, Cho-
melix-le-Bas, etc., frère de ce dernier, épousa en 1691 Amable du
Floquet de Real. On trouvera dans les Carrée dllozier les preuves
de noblesse que son petit-fils, Annet de la Chassaigne, chevalier,
Sgr de Sereys, marié à M"* des Roys d'Echandelys. fit en 1782 pour
obtenir l'admission parmi les pages de la Petite Ecurie de son fils
Charles, né en 1764. Charles devint dans la suite premier page de
Madame Elisabeth, servit brillamment à l'armée des Princes, épousa
en 1802 M"" de Gay de Planhol et mourut en 1844. Son frère puîné,
Benoit de la Chassaigne de Sereys, fut admis dans l'ordre de Malte
en 1788.
La famille de la Chassaigne de Sereys a fourni des chanoines
comtes de Brioude, des officiers, des gouverneurs de places fortes,
des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Son chef est connu de nos jours sous le titre de comte.
Principales alliances: de la Rochelambert 1482, de Chalencon
1464, de Guillaumanccs 1496, d'Albiat 1520, d'Antil de Ligonès 1647,
de Pons de Lagrange 1714, des Roys d'Echandelys 1761, de Gay de
Planhol 1802, de Chaignon 1865, etc.
DK'.TIONNAIUK It K S FAMILI. RS F R AN C ,\ I S F, S 6^)
CHAS SAIGNE (de la), on Bordolais. Armos : écartelé : aux 1 et 4 d'azur
à un lion d'argent, qui ost de Ségur; a\ix 2 et 3 de gueulait à une
bande d'or, qui est d'Aitz ; mr le tout d'azur à trou fai^ces d'or accom-
pagnées de trois étoiles du même, deux en chef et une en pointe, qui
est de la Gliassaigne, dans la Marche. — Couronne : de Comte. —
Tenants : deux anges.
Cette seconde famille de la Chassaigne appartient à l'ancienne
noblesse de robe bordelaise. O'Gilvy en a donné une généalogie
dans le premier volume de son Nobiliaire de Guienne et de Gascogne;
on trouvera, en outre, sur elle beaucoup de renseignements dans le
Nouveau d'Hoziercl dans les Dossiei's bleus, au Cabinet des Titres.
Elle ne peut remonter par fdiation au delà d'honorable, sage et
noble homme Jean Chassaigne, ou de la Chassaigne, qui fut reçu
en 148o deuxième président au Parlement de Bordeaux et qui fut
nommé le 12 novembre 1489 procureur général en la Cour dudit
Parlement. On a dit, mais sans preuves, que ce magistrat appartenait
à une famille noble de la Marche dont il sera dit quelques mots à la
fin de cette notice et dont sa descendance porte les armoiries. On
trouve cependant qu'il fut anobli en novembre 1507 par lettres
patentes du roi Louis XII. Il était vraisemblablement parent d un
Christoplio de la Chassagne, auteur d'un 0/fice de la Vierge, qui
vivait en Guienne à la même époque et qui fut également anobli par
lettres du roi Louis XII. Jean de la Chassaigne possédait en Poitou une
.seigneurie de Chatelux que, d'après O'Gilvy, il aurait acquise de la
famille de Foucault de Saint-Germain paracte du 12 avril 1512. Le nom
de sa femme n'est mentionné dans aucun acte. Cependant, d'après la
tradition, il aurait épousé une Ségur qui lui aurait apporté l'importante
seigneurie, ou soudanerie, de Pressac, dans l'Entre-Deux-Mers. Geof-
froy de la Chassaigne, seigneur, ou Soudan, de Pressac, né en 1498,
lils du précédent, fut un magistrat éminent; il succéda à son père
dans sa charge d'avocat général, fut nommé en 1520 conseiller au
Parlement de Bordeaux et le 13 novembre 1542 quatrième président
audit Parlement ; il travailla à la rédaction de la coutume de Sainl-
Jean-d'Angély et mourut avant le 1*'" octobre 1568. Il possédait en
Bazadais la seigneurie de Castets-en-Dorthe. Son fils, Joseph-Isaac
de la Chassaigne, marié en 1538 à Marguerite Douhet. reçu en 1543
conseiller au Parlement de Bordeaux, lui succéda en 1568 dans sa
charge de président au même Parlement. Protecteur éclairé <les
sciences, il se fit construire dans la paroisse du Bouscat, aux portes
de Bordeaux, une habitation qu'il appela la villa Ausone et où il
réunit une importante collection d'antiques et de pierres gravées. Il
laissa deux fils dont le second, François, conseiller au Parlement
X. 5
66 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Bordeaux, décédé en 1611, continua la descendance. Il eut aussi
deux filles dont l'une, Françoise, épousa en 1566 le célèbre écri-
vain Michel Montaigne. Jean de la Chassaigne, Sgr de Quérilla,
Cosgr de Pressac, petit-fils de François, fut maintenu dans sa
noblesse le 20 septembre 1667 par jugement de M. de Nort, subdé-
légué de Pellot, intendant de Bordeaux. Il avait épousé, le 30 jan-
vier 1660, Isabeau dAitz. Il en eut, entre autres enfants, deux fils,
Gassies de la Chassaigne, seigneur, ou soudan, de Pressac, en la
paroisse d'Aignac, marié en 1710 à M"' de Gères de Camarsac, et
Philippe de la Chassaigne, marié le 20 avril 1714 à Françoise Lou-
zeau, fille d'un avocat de Bordeaux, qui furent les auteurs de deux
branches.
François de la Chassaigne, chevalier de Saint-Louis, Sgr de
Pressac, du Cros et de Fourneau, fils de Gassies et chef de la branche
aînée, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Bor-
deaux. Ce fut lui qui vint se fixer dans la paroisse de Loupiac où il
avait acquis en 1753 de la maison de Fumcl la seigneurie du Cros
pour le prix de 71000 livres. Il eut deux fils dont l'aîné, Jacques-
Christophe, décédé dans la suite sans laisser de postérité, prit éga-
lement part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Bordeaux
et dont le second, Jean-Baptiste, décédé à Loupiac en 1814, épousa
M"* le Blanc et continua la descendance. Cette branche a conservé
jusqu'à nos jours le château du Cros, à Loupiac. Son chef est
connu sous le titre de comte depuis l'époque de la Restauration.
La seconde branche a été en partie supprimée par O'Gilvy. Son
chef, Michel de la Chassaigne de Caillau, né en 1749, marié le 31 mai
1774 à Marie de Bonnefont, prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Bordeaux. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier
les preuves de noblesse qu'il avait faites sous Louis XVI pour obtenir
l'admission à l'École militaire de son fils, Pierre-François, né à
Cubzac en 1777. On ignore si cette branche compte encore des repré-
sentants.
La famille de la Chassaigne a donné des magistrats éminents au
Parlement de Bordeaux. Elle a aussi fourni de nombreux officiers
dont trois chevaliers de Saint-Louis.
Principales alliances : de Lageard, d'Asnières, Eyquem de Mon-
taigne, de Fayolles de Puyredon, Disnemalin, d'Aitz 1660, de Gères
1710, de Gombault, d'Andrault, de Grégoire des Gardies, de Madron
1864, deMirambct 1771, de Bonnefont 1774, deTarade 1877, de Mont-
réal 1881, etc.
On trouvera des renseignements sur la famille de la Chassaigne,
ou DE LA Chass.\gxe, de la Marche, dans les Dossiers bleus et dans les
DICTlONNAim: DF.S FAMILLRS FRANÇAISKS 67
ouvrages de la Thaumassière, de Nadaud, de la Ghesnaye des Bois
et de Beauchet-Filleau. Celte lamille, dont les armes étaient les
mômes que celles des la Chassaigne du Bordelais, était connue dès
le xiv" siècle dans la nobl(>sse de sa région. Les auteurs mentionnés
plus haut en font remonter la liliation à Antoine de la Giiassaigne,
écuyer, qui rendit aveu au seigneur de Magnac en 1400 et 1510, dont
le iils, Roland de la Chassaigne, écuyer, épousa le 14 avril 1 5!29 Cathe-
rine de Boisse (ixUhs de Boisé, d'après la Thaumassière,) et dont le
petit-lils. Léger de la Chassaigne, écuyer, Sgrde Beauregard, épousa
le 7 septembre 1574 Françoise de Savignac. Honoré de la Chassaigne,
Sgr de Beauregard, fut maintenu dans sa noblesse en 16(36 par juge-
ment de M. d'Aguesseau, intendant de Limoges ; il mourut au mois
d'avril de cette même année. Sa veuve, Louise de Poute, qu'il avait
épousée en 1659, fut maintenue dans sa noblesse le 18 juillet 1669 avec
ses enfants mineurs et les autres membres de la famille par jugement
de l'intendant de Moulins. Son petit-fils, Jacques de la Chassaigne,
venditen 1751 la terre de la Chassaigne. 11 avait épousé en 1727 M'"^ de
Lescours, qui mourut sans enfants en 1733 ; il se remaria vers 1740
à M"^ de Roffignac de Sannat et en eut un fils qui, sous Louis XVI,
était officier d'infanterie.
Il a existé en Franche-Comté une lamille de la Ghassagne qui était
issue de celle des sires de Rye. Cette famille portait pour armes :
de... à une fasce de..., sommée de trois grelots de... rangés en chef.
Elle tirait son nom d'une seigneurie du bailliage de Dôle et remon-
tait à Etienne, Sgr de la Chassaigne, vivant en 1239. Elle s'éteignit
au xvn* siècle.
CHASSAIGNOLLE, ou CHASSAGNOLLE, (de la). Armes : de gueules à
im lion d'or et à deux bâtons d'azur posés en barre.
La famille de la Chassaignolle, ou de la Cha.ssagnolle, appartient à
la noblesse d'Auvergne. Elle a toujours été fort obscure et on n'a pu
se procurer sur elle que très peu de renseignements. Bouillet, dans
son Nobiliaire d'Auvergne, lui attribue pour premier auteur connu
un Bertrand de la Chassaignolle qui était en 1339 seigneur de la
Chassaignolle et de la Chapelle d'Alagnon, aux environs de Blesle.
François de la Chassaignolle, Sgr d'Anvaux, demeurant à Piche-
rande, dans l'élection de Ciermont-Ferrand, marié à Gilbcrte de
Fontalard par contrat du 9 février 1643, et son frère, Jean de la Chas-
saignolle, Sgr du Vigier et du Cros. furent maintenus dans leur
noblesse le 10 février 1667 par jugement de M. de Fortia, intendant
d'Auvergne. MM. de la Chassaignolle justilièrent dans cette circons-
tance qu'ils étaient fds de Claude de la Chassaignolle, marié en 1607
68 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
à Gilberte de la Salle, petits-fils de Louis de la Chassaignolle, marié
le 3 février 1564 à Gilberte de Vichy, et arrière-petits-fils de Claude de
la Chassaignolle, écuyer, marié le 3 février 1545 à Louise de Lauzanne.
Ce jugement de 1667 rappelle les services militaires de plusieurs
membres de la famille de la Chassaignolle.
C'est vraisemblablement à cette souche que l'on doit rattacher un
Guillaume de Ghassignolles de Combalibœuf qui prit part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Riom.
D'après Tardieu et Bouillet la famille de la Chassaignolle subsistait
sous la Restauration. D'après Bachelin-Deflorenne, un de ses repré-
sentants habitait Paris en 1873.
Il a exislé dans la- Haute-Marche une famille de la Chas.signolle
qui possédait les seigneuries de la Chassignolle, de la Chaud et du
Tirondet. Jean de la Chassignolle, seigneur de ces diverses terres,
fils de Jean, Sgr de Sannat, près d'Evaux, et petit-fils de Jean de la
Chassignolle, écuyer, seigneur dudit lieu et de la Chaud, épousa
en 1608 Jacqueline de la Roche du Ronzet. Anne de la Chassignolle
eut ses armes inscrites, probablement d'office, à l'Armoriai général
de 1696 : de sable à vn chat d argent surmonté d'un rossignol
d'or.
On trouve que Marie-Henriette, fille de Pierre de la Chassignolle
et de Jeanne Guérin, a épousé à Paris, en juillet 1897, un fils du baron
Vast-Vimeux.
CHASSAIN de MARCILLY, de CHABET et de la PLASSE Armes :
(l'argent à un santoir godronné d'azur; au chef du même c/iargé de
trois billeltes d'argent.
La famille Chassain, originaire de la petite ville de Saint-Germain-
Laval, en Forez, est honorablement connue depuis la Wn du xiv'" siècle
dans la haute bourgeoisie de sa région.
Honorable homme Léonard Chassain, marchand à Lyon, auquel
remonte la filiation suivie, avait épousé vers 1580 Pernette Péressin.
Leur fils, noble Claude Chassain, fut pourvu le 8 janvier 1625 de
la charge de conseiller du Roi et receveur des aides et tailles en
Forez. Il acquit en 1645 du chapitre de Montbrison la rente noble
de la Vernade de Marcilly, située au lieu de Marcilly-lc-Chàtel,
dont sa descendance a conservé le nom ; il possédait aussi le lief
de Chabet, également situé à Marcilly-le-Chàtel. 11 épousa le 27 oc-
tobre 1618 Catherine Giraud, fille d'un avocat au bailliage de Forez
et veuve de Guillaume Cleppior, avocat au même bailliage. Il en
eut trois fils, Claude, François et Jean, qui furent les auteurs de
trois branches.
DICriONNAIRIÎ DliS FAMILLIiS F H AN g Al S K S 69
L'auteur de la branche aînée, Claude Chassain, fut nomme en 1640
premier président en l'élection de Forez. Il fut père d'Antoine
Chassain de Chabet, président en l'élection de Forez, et grand-père
de François Chassain de Chabet, président en l'élection de Forez,
qui épousa en 1738 Françoise Pernon, puis Jeanne Derval, et qui
n'eut que des (illes.
L'auteur de la seconde branche, François Chassain, sieur de Cha-
bet, né en 1631, conseiller du Roi, receveur ancien des tailles de
l'élection de Montbrison, ci-devant capitaine châtelain de ladite
ville, obtint en juillet 1701 des lettres patentes d'anoblissement dont
on trouvera le texte dans le Nouveau d'Hozier. Il obtint en même
temps de d'Hozier le règlement de ses armoiries. Son hls, Nocl
Chassain, receveur des tailles et châtelain de Montbrison, marié
en 1699 à Madeleine Pichon, décédé en 1741, fut pourvu en 1730 de
la charge anoblissante de secrétaire du Roi, Il laissa deux fils :
1° François Chassain de Chabet de Marcilly, né en 1700, qui épousa
en 1735 M"'= de Ruolz et dont la descendance subsiste; 2" Raymond
Chassain de Chabet, né en 1706, capitaine de dragons, chevalier de
Saint-Louis, qui épousa en 1749 Jeanne Puy de Champeaux et qui
fut le bisaïeul de M. Jean-Louis Chassain de Chabet, né en 1822.
Deux représentants de cette branche, MM. Chassain de Chabet et
Chassain de Marcilly, prirent part en 1789 aux assemblées de la
noblesse du Forez; un autre, Durand-Louis de Chassain de Chabet,
chevalier, capitaine au régiment de Foix-infanterie, prit part à
celles tenues à Montargis.
L'auteur de la troisième branche, Jean Chassain, receveur au
grenier à sel de Cervières, capitaine châtelain et juge royal de la
même ville, épousa le 11 février 1675 Philippe de Beauvoir, héritière
du château et du fief de la Plasse, à Saint-Julien-la Vêtre. Il fut père
de Claude Chassain de la Plasse, qui épousa en 1702 Marie-Michelle
Torrent, fille d'un bourgeois de Thiers, en Auvergne, et grand-père
de Claude-Antoine Chassain de la Plasse, né en 1703, garde du corps,
chevalier de Saint-Jean-de-Latran, comte palatin, qui, étant veuf
sans enfants de M'"' Malet de Vandègre, se remaria en 1742 à Marie
Lunel et en eut trois fds. Cette branche a donné de nos jours deux
bâtonniers de l'ordre des avocats de Roanne.
Aucune des branches de la famille Chassain n'est titrée*.
Principales alliances : Meaudre 1813, du Rosier 1828, Lestra
(de Prandières) 1743, Henrys, de Ruolz 1735, Maulbon d'Arbau-
montl901,Chappuis 1641,1688, Ramey, Basset, Papon,Pernom 1738,
' Cette notice a été faite en grande partie à l'aide de renseignements dus à l'obli-
geance de M. le comte de Jouvencel.
70 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Boyer de Montorcier 1697, Chamboduc de Saint-Pulgent 1761, de la
Garde 1850, Henry 1904, Malet de Vandègre 1739, etc.
CHASSAING de FONMARTIN de LESPINASSE.
La famille Crassaixg de Fûnmartin de Lespinas.se est fort ancienne-
ment connue à Ussel, en Limousin. Elle n'est pas mentionnée dans le
Nobiliaire du Limousin de Nadaud; mais on trouvera sur elle quel-
ques renseignements dans les Carrés d'Hozier, au Cabinet des Titres.
Noble Jean Chassaing, écuyer, sieur de Lespinasse, fils de noble
Martial Chassaing de Fonmartin, écuyer, sieur de la Laubie, et de
demoiselle Claude de Jubanel, épousa, par contrat du 8 février 1626,
demoiselle Elix de Bonnet, lille de feu monsieur maître Dorde de
Bonnet, élu en l'élection de Tulle. Il fit son testament le 28 oc-
tobre 1660. Il laissa deux tils, Antoine, qui lit son testament en 1664,
et Jean, qui continua la descendance. Noble Jean Chassaing de
Fonmartin, écuyer, sieur de Lespinasse, baptisé à Ussel en 1648,
épousa par contrat du 2 septembre 1666 Gabrielle de Laval, fille dun
avocat, demeurant à Ussel.
Bien que ses membres aient porté aux wii*^ et xviii'^ siècles les quali-
fications nobiliaires, la famille Chassaing de Fonmartin ne figure pas
au nombre de celles qui firent reconnaître leur noblesse par jugement
de d'Aguesseau, intendant de Limoges, lors de la grande recherche
commencée en 1666. On ne voit pas non plus qu'elle ait pris part en
1789 aux assemblées de la noblesse du Bas-Limousin, ni môme
qu'elle ait fait enregistrer son blason à lArmorial général de 1696.
Louis-Joseph Chassaing de Fonmartin de Lespinasse, capitaine
de frégate, épousa en 1833 M"* de Boury, décédée en 1887. Jean-
Jules Chassaing de Fonmartin, décédé en Bretagne en 1881 à l'âge
de 62 ans, portait le titre de comte. Le vicomte Henri de Fontmarlin
de Lespinasse a épousé à Nantes en 1889 M"- de Suyrol.
Principales alliances : Aubourg de Boury, de Suyrot, Jochaud du
Plcssis, etc.
CHASSAING de RATEVOULT de FONTBRESSIN (du). Armes : d'azur
à un cerf d argent, courant du côté droit de Vécu, poursuivi par
deux chiens de chasse de même, ledit cerf accompagné en chef de
deux étoiles d'or, surmontées d'un cor de chasse aussi d'or, à
double rond, et en pointe d'un croissant de même.
La famille du Chass.uxg de Ratevoult de P'ontbressix appartient à
la noblesse du Périgord. On en trouvera une généalogie dans le
Nouveau, d'Hozier.
On trouve qu'un Foucaud du Chassaing rendit hommage en 1515
pour ses seigneuries du Masnadaud, de Lanervou et du Chaslard et
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 71
qu'un Loys du Chassaing, ccuyer, rendit hommage le 20 sep-
tembre 1541 au roi de Navarre, en sa qualité de comte de Périgord,
pour ses repaires et maisons nobles du Masnadeau, de la Manoyre
et du Chaslard. Mais on ignore si ces personnages appartenaient à la
famille du Chassaing qui s'est perpétuée dans la même province jus-
qu'à nos jours.
Le travail conservé dans le Nouveau dCHozier fait remonter la
fdiation de celle-ci à Louis du Chassaing, écuyer, sieur de Ratevoult,
en la paroisse de Sainte-Alvére, habitant de Périgueux, qui avait
épousé Jeanne de Chalup cl qui lit une transaction le 15 janvier 1550.
Jacques du Chassaing, écuyer, sieur de Ratevoult et de Taratin,
habitant de Périgueux, fils du précédent, épousa Marguerite de
Lagut par contrat du 26 février 1566. Il fut père d'André Duchassaing
écuyer, sieur de Taratin et de Ratevoult, habitant de Périgueux,
qui épousa dans cette ville le 7 avril 1612 sa cousine Marie du
Chassaing, demoiselle, fdle de feu maître Raymond du Chassaing,
avocat en Parlement, et grand-père d'Henri du Chassaing, écuyer,
Sgr des mêmes domaines, qui épousa le 7 août \%l1L Catherine
de Pindray.
Bien que ses membres aient porté dès cette époque les qualihca-
tions nobiliaires, la famille du Chassaing ne figure pas au nombre
de celles qui firent reconnaître leur noblesse lors des diverses
recherches ordonnées par Louis XIV. Mais Simon du Chassaing,
Sgr de ïarratin et de Ratevoult, né à Sainte-Alvére le 10 juillet 1684,
fds d'Henri qui précède, ancien gendarme de la garde du Roi, con-
seiller du Roi, lieutenant assesseur en la maréchaussée générale de
Guienne, demeurant à Périgueux, marié en 1706 à Marie Noël, dame
de Périer, se fit maintenir dans sa noblesse le 12 juillet 1766 par un
arrêt de la Cour des aides de Bordeaux, après avoir justifié par titres
une filiation noble depuis 1541 . Il laissa, entre autres enfants, deux fils :
1° Joseph du Chassaing, Sgr de Fontbressin et de Ratevoult, ancien
garde du Roi, qui épousa le 30 octobre 1749 Marie Ouby de Boulon-
neyx, du lieu de Jaurias ; 2° Joseph du Chassaing, Sgr de Ratevoult,
garde du corps de Sa Majesté, qui épousa le 14 mars 1755 Catherine
de Combe-Albert du Cliazeau. L'aîné de ces deux frères fut père de
Joseph-Simon-Placide du Chassaing de Fontbressin, né à Périgueux
en 1764, qui fit en 1777 ses preuves de noblesse pour être admis à
l'École militaire. Le second fit les mêmes preuves d'abord en 1768
pour obtenir l'admission de sa fille Marie-Anne à la maison d'éduca-
tion de l'Enfanl-Jésus, puis en 1773 et en 1781 pour obtenir l'admis-
sion à l'École militaire de deux de ses fils, Joseph, né à Mareuil en
1755, et Pierre, né au même lieu en 1771.
'2 DICTIO.N.XAinE DES FAMILLES FRANÇAISES
M. du Chassaing prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Périgueux.
M. du Chassaing de Fontbressin, décédé n 1887, avait été prési-
dent à la Cour d'appel delà Martinique.
La famille du Chassaing a fourni de nombreux officiers.
Principales alliances : de Pindray 1672, de Chergé 1839, dcPoyen,
du Cauroy 1891, Noël du Peyrat 1706, Ouby (aujourd'hui Aubin de
Jauriâs) 1749, etc.
CHASSAING, en Auvergne. Armes : de gueulea à t?'Ois lévriers d'ar-
gent courant lun sur Vautre.
La famille Chassaing appartient à la haute bourgeoisie de l'Au-
vergne. Elle est originaire du lieu de Bialon, près de Messeix, où elle
était honorablement connue dès le xvi^ siècle. Au siècle suivant, elle
vint se fixera llermcnt, puis à Riom. Jacques Chassaing était en 1655
procureur au présidial de cette ville. Annct Chassaing, bourgeois de
Riom, eut ses armes inscrites d'office à l'Armoriai général de 1696.
Un représentant de cette famille, Augustin Chassaing, né en 1830 à
Pontaumur (Puy-de-Dôme), élève de l'Ecole des Chartes, longtemps
juge au tribunal du Puy, membre de la Légion d'honneur, décédé au
Puy en 189:2, a écrit un grand nombre d'ouvrages historiques.
C'est vraisemblablement à celle souche que l'on doit rattacher un
M. Chassaing qui fut pourvu en 1781 de l'office anoblissant de tréso-
rier de France au bureau des finances de Riom et qui le conserva
jusqu'à sa suppression, lors de la Révolution ; un INI. Léonce Chas-
saing, qiii épousa vers 1860 W^" Anaïs-Marie tic Bourdeilles et dont
le fils, Louis-Henri, connu sous le nom de Chassaing de Bourdeilles,
garde général des forêts, épousa en 1894 W Nettement; et un
M. Chassaing dAugerolles qui mourut à Clermont-Ferrand en 1889,
à l'âge de 78 ans.
On trouvera dans les manuscrits de Chérin la généalogie d'une
famille de Chassaing qui a appartenu à la noblesse bordelaise. L'au-
teur de celte famille, maître Martin Chassaing, était, dans les pre-
mières années du xvii'^ siècle, procureur au Parlement de Bordeaux.
Son fils, Claude-Israël Chassaing, fut pourvu le 22 mai 1632 d'un des
deux offices de conseiller du Roi, audiencier-notaire et secrétaire en
la Chancellerie près la Cour des aides d'Agen, créée l'année précé-
dente, et obtint des lettres d'honneur le 14 mars 1655. Il fut père de
Jean Chassaing, qui fut maintenu dans sa noblesse le 13 avril 1705
par jugement de M. de la Bourdonnaye, intendant de Bordeaux,
comme fils de secrétaire du Roi. Jérôme de Chassaing, Sgr du Beau-
séjour el du Thil, petit-fils du précédent, prit part en 1789 aux assem-
DIGTlONiNAIRK DES FAMILLES FRANÇAISES 73
blées de la iioblossc tenues à Bordeaux, ainsi que son (ils, autre
Jérôme de Cliassaing. Celui-ci était né en 1759 et avait fait en 1773 des
preuves de noblesse pour cire admis parmi les clievau-légers. Deux
de ses S(X'urs épousèrent à Bordeaux en 1790, l'une M. de Bcrtliomicu,
trésorier de France, l'autre M. de Bonncfon, sieur de la Caussade. Une
troisième épousa, l'année suivante, M. Dumas, président à la Cour
des aides. Cette l'amille avait l'ait enregistrer à l'Armoriai général
de 1G96 (registre de Bordeaux) les armes suivantes : cVargeiit à un
chêne de sinople, le Ironc traversé par un chien courant de gueules;
au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles
d'or.
CHASSAREL (de). Armes : iïazur à une fasce d'argent accompagnée en
chef d'un lévrier de même et en pointe d'un cerf d'or.
La famille DE Ghassarel, aujourd'hui éteinte dans les mâles, appar-
tenait à la noblesse du Périgord. On en trouvera une généalogie com-
plète dans le tome CXXVIII du Fonds Lespine, au Cabinet des Titres. On
trouvera aussi sur elle des renseignements dans les manuscrits de
Chérin et dans la Généalogie de la Paye de MM. Iluetet de Saint-Saud.
Son auteur, noble homme Jean de Chassarcl, Sgrde Soleille, avait
épousé, vers 1480, Agnès de Saint-xVstier qui était lille de Forton, Sgr
des Bories, décédé en 1464, et qui fit son testament le ^8 novem-
bre 1516. D'après une tradition constante, Jean de Chassarel sortait
de la bourgeoisie de Férigueux et ne s'était agrégé à la noblesse et
n'avait cessé de payer la taille qu'après son mariage avec Agnès de
Saint-Aslier.
Guillaume de Chassarel, marié en 1660 à sa cousine Marguerite de
Chassarel, et son frère, Jean de Chassarel, marié en 1656 à Margue-
rite Audouin, furent maintenus dans leur noblesse le 16 mai 1667 par
jugement de Fellot, intendant de Bordeaux. Ces deux frères furent
les auteurs de deux branches. Le chef de la branche aînée, Pierre de
Chassarel, épousa à Tréguier, en Bretagne, en 1764, Marie-Josèphe
Carouer ; il passa plus tard à Saint-Domingue où naquirent en 1768,
1771 et 1775, ses trois tils. Son frère, Jean-Baptiste de Chassarel,
écuyer, Sgr de Colombier, marié en 1763 à Marie de Montozon, prit
part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Agen ; il avait
t'ait des |)reuves de noblesse en 1785 pour faire accorder le grade de
sous-lieutenant à son fils Joseph, né au diocèse d'Agen en 1764. Le
chef de la branche cadette, Joseph-Auguste de Chassarel, Sgr de
Roger et de la Beylie, marié en 1736 à M"*' de Bézenat, et l'ainé de
ses trois fds, Jean-François, chevalier de Saint-Louis, prirent part en
1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Périsucux.
74 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille de Chassarel était encore représentée en 1906 par la
vicomtesse d'Anglars, née Chassarel.
Elle avait fourni de nombreux officiers, des chevaliers de Saint-
Louis, etc.
Principales alliances : de Saint-Astier, de Constantin 1733, de
Montozon 1763, de Beaumont du Repaire 1692, Adémar lo81, de la
Paye 1686, 1691, d'Escatha, de Beaupoil, d'Anglars, de Cazenove de
Pradines 1639, du Cheyron 1634, du Carreau, etc.
CHASSAY(des Roches de). Voyez : Roches de Chassay (des).
CHASSE de VÉRIGNY (de la). Armes (d'après l'Annuaire héraldique
universel 1899-1900) : de sable à une croix fleurdelisée d'argent
cantonnée de quatre coquilles d'or.
Cette famille, sur laquelle on n a pu se procurer que des rensei-
gnements insuffisants, paraît être originaire de Vézelay, en Bourgogne.
Une famille de la Chasse occupait dès le moyen âge un rang dis-
tingué dans la bourgeoisie de cette ville. Aubert de la Chasse fut
abbé de Vézelay dans la seconde moitié du xv* siècle. Un autre Aubert
de la Chasse, notable habitant de Vézelay, fut pendu par les protes-
tants lors du siège de la ville par les catholiques en 1569.
Un tableau généalogique très succinct, conservé dans les Dossiers
bleus, mentionne que Claude de la Chasse, écuycr, sieur de Romery,
marié à Anne Lamy, fut père d'Antoine de la Chasse, écuyer, sieur
de Romery, marié le 12 février 1669 à Marie Legrct. Celui-ci fut grand-
père de M. de la Chasse, capitaine général garde-côte de l'île d'Oiéron.
Nicolas de la Chasse, chanoine de l'église cathédrale de Troyes,
et Gabriel de la Chasse, avocat du Roi au bailliage de Troyes, firent
enregistrer leur blason à l'Armoriai général de 1696. Le premier por-
tait : d'azicrà trois pommes de pin d'or. Le second portail : A' azur à
une chasse d'or.
La famille de la Chasse s'agrégea à la noblesse ou fut anoblie par
charges au cours du xviii* siècle. M. de la Chasse de Vérigny prit part
en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Auxerre.
Le général de la Chasse de Vérigny fut tué aux côtés de Louis-Phi-
lippe, lors de l'explosion de la machine infernale de Fieschi. Il était
connu sous le titre de marquis de Vérigny. Sa veuve mourut en 1865,
à l'âge de 6o ans, à Esladens (Haute-Garonne). Le marquis de la
Chasse de Vérigny, lieutenant-colonel en retraite, est décédé à
Trouville en 1898 à l'âge de 69 ans.
La famille paraît être aujourd'hui éteinte.
CHASSELOUP de CHATILLON et de la MOTHE. Armes : de sinople à
DICTIONNAIUE Di:S FAMILLES FRANÇAISES 75
deux chiens d'argent et à un lion d'or. — Aliàs : à'azur à une fasce
d'argent accompagnée de trois tours de même, 2 et 1 .
Le nom de Ciiassel((Up, assez répandu en Poitou cl en Saintonge,
est acluellement porté dans l'ouest de la France par deux familles
distinguées qu'il importe de ne pas confondre.
Celle de ces familles qui donne lieu à la présente notice est origi-
naire de la petite ville d'Angles, en Poitou, oi^i elle était honorable-
ment connue dans la bourgeoisie dès le xvii'= siècle. Elle est vraisem-
blablement la môme que celle d'un Jean Chasseloup, apothicaire à
Montmorillon, qui Ht enregistrer son blason à l'Armoriai général
de 1696 : d'azur à trois tours d'argent. Beauchet-Filleau a donné une
généalogie complète des Chasseloup du Poitou dans son Dictionnaire
historique et généalogique des familles du Poitou. François Chasse-
loup, sieur de la Martinière, notaire royal à Angles, auquel cet
auteur fait remonter la fdiation,' est rappelé comme défunt dans un
acte du i2l juin 1693. Il fut père de Jean Chasseloup, sieur de la
Marlinière, notaire royal à Angles, qui mourut le 22 janvier 1731, et
grand-père d'Antoine Chasseloup, sieur de la Martinière et de Beau-
jeu, procureur de la baronnie d'Angles, qui épousa en 1714 Made-
leine Moreau. Celui-ci laissa plusieurs lils.L'aînéde ces fds, Jacques-
François Chasseloup, sieur de la Martinière, baptisé à Angles en 1724,
avocat dans cette ville, eut plusieurs fds que l'on croit être morts
sans postérité. Deux autres, Augustin-André Chasseloup, sieur de
Chatillon, baptisé en 1727, sénéchal de la baronnie d'Angles, puis
porte-manteau du Roi en sa Grande Écurie, et Jacques-Paul Chasse-
loup, sieur de Chatillon, notaire apostolique è Angles, furent les
auteurs de deux branches.
La branche aînée, connue sous le nom de Chasseloup de Chatillon,
est demeurée non noble. Elle compte encore de nombreux représen-
tants.
La branche cadette, connue sous le nom de Chasseloup de la
MoTHE, est aujourd'hui éteinte. Son dernier représentant mâle,
Charles-Louis Chasseloup de la Mothe, né à Castres en 1792, capi-
taine d'état-major, chevalier de la Légion d'honneur, décédé à Paris
en 1860, avait épousé M'"^ de Tisseuil, née en 1807, décédéc en 1882.
Le père de celle-ci, Mathieu de Tisseuil, décédé à Paris en 1844,
avait reçu le titre héréditaire de vicomte, sur institution d'un ma-
jorât en rentes sur l'État, par lettres patentes du roi Charles X du
6 juillet 1826, avec autorisation de le transmettre à son gendre.
Celui-ci ne laissa que deux tilles dontl'aînée, Marie, décédée en 1894,
fut chanoinesse de Sainte-Anne de Bavière et dont la seconde,
Berthe, entra en religion.
76 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille Chasseloup de Chatillon et de la Mothe a fourni de
nombreux officiers de terre et de mer, des membres de la Légion
d'honneur, etc.
Principales alliances : Boutillier du Retail 1845, Palustre de Mon-
lifaut 1881, Piet de Lestrade 1889, d'Ambert de la Tourelle 4890,
de Boissieu 1892, de Tisseuil, etc.
CHASSELOUP-LAUBAT (de) et CHASSELOUP de CHAUVASSAIGNES.
Armes delà branche des marquis de Chasseloup-Laubat (d'après le
règlement d'armoiries du 20 décembre 1817) : écarlelé : au 1 d'azur
à une épée d'argent garnie d'or ; au 2 de gueules à une fasce d'ar-
gent et à un lion d'or brochant sur la fasce; au 'à de gueules à une
barre d'or accompagnée en chef d'une cuirasse d'argent et en pointe
d'un casque taré de profil du même ; au 4 d'azur à la fasce d'ar-
gent chargée d'un léopard de sable et accompagnée de trois écussons
d'or. — Couronne : de Marquis. — Supports : U7i lion et un léopard
lionne.
Celle seconde lamille Chasselodp, bien distincte de celle à la-
quelle a été consacrée la précédente notice, appartenait avant la Ré-
volution à la haute bourgeoisie de la Saintongc. On trouvera sur elle
d'intéressants renseignements dans la Revue de Saintonge et d'Aunis
(année 1896j et dans la France protestante de Ilaag. D'après ce
dernier ouvrage, la filiation suivie remonterait à Jean Chasseloup qui
avait épousé Elise Mellon et qui était procureur au siège de Saintes
dans la première moitié du xvi'^ siècle. Loys Chasseloup, procureur
à Saintes, fils du précédent, épousa Marie Montel et lit son testa-
ment en 1592 ; il avait été condamné à mort comme religionnaire en
1569. Il fut père de Daniel Chasseloup, qui épousa sa cousine Jeanne
Mellon, et grand-père de Nathaniel Chasseloup, né en 1613, avocat
aux Parlements de Paris et de Bordeaux, qui épousa en 1641 Jeanne
Esneau de la Classe et qui mourut en 1667. Ce Nathaniel Chasseloup
prit le premier la qualification de sieur de Laubat, du nom d'un
domaine qu'il possédait dans la paroisse de Saint-Sulpice de Royan.
Son fils, autre Xalhaniel Chasseloup, sieur de Laubat, lieutenant-
colonel, gouverneur des ville et château de Monaco, décédé en 1722,
avait épousé en 1707 Marie-Salomé Greisel de Stamberg. Il en eut
deux fils, Jean-Nathaniel et François, qui furent les auteurs de deux
branches.
Jean-Nathaniel Chasseloup de Laubat, né en 1711, auteur de la
branche aînée, fut capitaine au régiment de Brancas et chevalier de
Saint-Louis et épousa Marie-Madeleine de Richier ; sa descendance,
demeurée non noble, s'esthonorablement perpétuée jusqu'à nos jours.
Dir/riONNAIHF. DF.S PAiMILLKS FHANÇAISKS 77
L'auteur de la deuxième branche, François-Louis Chasseloup de
Laubat, fut capitaine général du guet et de la capitainerie des gardes
des côtes de Marcnnes ; il épousa en 1739 Marguerite Couyer du
Pallus, dame de Toucheronde. Leur (ils, François-Louis de Chasseloup-
Laubat, né en 1754 à Toucheronde, dans la paroisse de Saint-Sernin,
était oflicier d'artillerie à l'époque de la Révolution. Il fut nommé
général de brigade en 1797, général de division en 1799, comman-
deur de la Légion d'honneur, lut appelé au Conseil d'Etat en 1811,
puis au Sénat en 1813, vota la déchéance de Napoléon P', devint
pair de France héréditaire sous la Restauration, prêta serment à
Louis-Philippe et mourut à Paris en 1833. Chasseloup-Laubat avait
été créé comte de l'Empire par lettres patentes du 7 juin 1808; il
reçut le titre de marquis-pair héréditaire, sans institution de ma-
jorât, par ordonnance du roi Louis XVIII du 31 août 1817, confir-
mée par lettres patentes du même prince du 20 décembre 1817.
Il avait épousé en 1797 M"« Fresneau. Il en eut une fille, la baronne
deBernon, et trois fils. L'aîné de ces fils, Gaston, marquis do Chasse-
loup-Laubat, député de la Seine-Inférieure, ministre plénipotentiaire,
commandeur de la Légion d'honneur, mourut sans postérité en 1845.
Le second , Justin-Prudent, comte, puis marquis de Ciiasseloup-Laubat,
général de division, grand officier de la Légion d'honneur, mourut
en 1863 sans avoir eu d'enfants de son mariage avec M"' de Buis-
seret, qui se remaria au marquis d'Armaillé. Le troisième, Prosper,
né en 1805, devenu marquis de Chasseloup-Laubat après la mort de
ses frères, décédé en 1873, fut député de la Charente-Inférieure,
ministre de la Marine et sénateur du Second Empire. Il était le père
du marquis actuel, né en 1803, marié à M"^ Stern.
La famille Chasseloup est encore représentée par une branche qui
est connue sous le nom de Chasseloup de Chauvassaignes. Cette
branche, assez obscure, est demeurée non noble.
Principales alliances : de Bernon, de Buisseret, d'Ille de Beauchaine,
de Laage de Luchet vers 1760, etc.
CHASSEPOT de BEAUMONT, de CHAPELAINE etde PISSY (de). Armes :
d'azur à une fasce ondée d'or, acco7npagnée de trois roses (aliàs de
trois quinte feuilles) du même: — La famille de Chassepot écartèle
souvent ses armes des suivantes : d'azur à un chevron d'or accom-
pagné en chef de deux étoiles de même et en pointe d'un croissant
d'argent surmonté d'une tête de chérubin de même. — Couronne : de
Marquis. — Devise : Semper vigil.
La famille de Chassepot, aujourd'hui [[xéa en Picardie, est originaire
de la Bourgogne où elle portait primitivement le nom de Chacipol.
78 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
On en trouvera une généalogie dans les manuscrits de Chérin. Louis
Chassepot, marié vers 1600 à Jacqueline Joly, fut conseiller et pro-
cureur du Roi au bailliage de Chalon-sur-Saône. Il possédait dans
les environs de cette ville les seigneuries dUchizy et de Beaumont-
sur-Grosne qui après sa mort passèrent à son fils, François Chas-
sepot. Celui-ci épousa Charlotte de Langrat par contrat du 28 no-
vembre 1632. Il fut dans la suite conseiller du Roi en ses Conseils
d'Etat et privé et trésorier général de la maison et des revenus casuels
de Sa Majesté et fut anobli par ses charges. Il laissa plusieurs fils
dont les deux aînés, François-Jean et Adam-Antoine, furent les
auteurs de deux branches et dont un troisième, Charles, décédé sans
postérité, lut maître d'hôtel de la Reine.
La branche aînée est aujourd'hui éteinte. Son auteur, François-
Jean Chassepot, fut seigneur de Beaumont et de Menucourt, fut reçu
en 4675 conseiller au Parlement de Paris et épousa par contrat
du 8 janvier 1679 Marie Hénault, fille d'un avocat au Parlement, Son
fils, Pierre Chassepot de Beaumont, reçu en 1712 conseiller en la
Cour des aides, épousa en 171o Jeanne de la Michodière. Il en eut
quatre fils dont l'un, Jean-Pierre de Chassepot de Beaumont, con-
seiller en la Cour des aides de Paris, gouverneur d'Elbcuf, épousa
en 1769 Thérèse Bricault de la Chesnaye et dont les trois autres
demeurèrent célibataires. Jean-Pierre eut lui-même deux fils :
François-Pierre, né en 1770, et Abraham-Louis, né en 1772.
L'auteur de la seconde branche, Adam-Antoine, baptisé en 1652 à
Saint-Germain l'Auxerrois, à Paris, fut conseiller à la Cour des aides
de cette ville ; il fut nommé en 1691 président en ladite Cour, puis
conseiller du Roi en ses Conseils. Il avait épousé Marguerite Fraguier
par contrat du 3 août 1682. Leur fils, Jean-François de Chassepot
de Beaumont, né le 20 mars 1687, officier aux gardes françaises,
puis capitaine chef du vol du héron de la grande fauconnerie de
France, épousa le 24 janvier 1735 Marie-Geneviève de Saisseval,
issue d'une des plus anciennes familles de la noblesse de Picardie
et héritière de la terre importante de Pissy que sa descendance
possède encore dans les environs d'Amiens. Il laissa un fils, Jean-
François de Chassepot de Beaumont, né au château de Pissy en 1736,
officier de cavalerie, qui fut connu le premier sous le titre de mar-
quis de Pissy et qui épousa en 1769 Aimée de Bourdin, héritière
de la terre de Chapelaine, en Champagne. Celui-ci laissa quatre fils :
1° Aimé-François Chassepot de Chapelaine, préfet de l'Ariège,
décédé sans alliance en 1848, qui fut créé baron de l'Empire par
décret impérial non suivi de lettres patentes; 2"* Adam-Gustave de
Chassepot d Avelesges, né à Pissy en 1772, chevalier de Malte
Dir/riONNAIUM DRS FAMFLLKS FRANÇAISRS 79
en 1774, maréchal de cami) en 1826, décédé à Amiens en 1837,
qui épousa ]\I"= de Gomer et donl la descendance masculine est au-
jourd'hui éteinte ; 3" Gabriel-Camille de Chassepot de Beaumont, né
en 1775, chevalier de Malle en 1778, colonel d'infanterie, décédé au
château de Pissy en 1845, dont la descendance masculine est aujour-
d'hui éteinte; 4° François-ïimoléon de Chassepot de Pissy, né à
Pissy en 1778, chevalier de Malte en 1781, lieutenant-colonel, décédé
àPorto-Rico en 1837, qui fut créé baron de l'Empire, sur institution
de majorât, par lettres patentes du 18 juin 1813, puis marquis héré-
ditaire par nouvelles lettres du 11 septembre 1820. Le plus jeune de
ces quatre frères avait épousé en 1799 M"'= Boucquel de la Comté,
décédée à Amiens en 1848. Il en laissa une fille, la duchesse de Crillon-
Mahon, et un fîls, Adalbert-Charles, marquis de Chassepot de Pissy,
né à Amiens en 1805, qui épousa en 1839 la marquise de Beauvoir,
née Froissard, et dont la descendance subsiste.
Principales alliances : Hénault 1679, de la Michodière 1715, de
Fraguier 1682, de Saisseval 1735, Bourdin de Villaine 1769, de Cou-
ronnel 1774, de Gomer, de Vergnette, de Goujon de Thuisy, de
Chateaubriand 1909, Boucquel de la Comté 1799, de Berton des
Balbes de Crillon-Mahon 1826, de Froissard 1839, 1902, de Clcrmont-
Tonnerre 1865, etc.
CHASSÉRIAU. Armes anciennes (d'après l'Armoriai général de 1696) :
d'argent à un chevron de gueules accompagné en chef de deux étoiles
de même et en pointe d\in arbre de sinople. — Armes concédées
sous le Premier Empire (d'après le Dictionnaire de la noblesse de
M. de Mailhol) : écartelé : au 1 d'or à un palmier de sinople; au 2
de gueules à l'épée haute en pal d'argent, qui est des barons mili-
taires ; au S de gueules à cinq chevrons d'or surmontés de deux
molettes d'éperon du même ; au 4 d'argent à deux étendards l'un
d'azur, l'autre de sinople, croisés en sautoir.
La famille Chassériau est originaire de la Rochelle. Un de ses
représentants, N... Chassériau, notaire royal, fit enregistrer son
blason à l'Armoriai général de 1696(registre de Marennes).Un autre,
Frédéric-Victor Chassériau, nommé général de brigade à l'époque
des Cent-Jours, périt, quelques jours plus tard, à la bataille de
Waterloo. Il avait, paraît-il, été créé baron de l'Empire par décret
du 3 avril 1815. Ce décret, qui, en tout cas, ne fut pas suivi de
lettres patentes, n'est pas mentionné dans \'Armo7'ial du Premier
Empire, pourtant si complet, du vicomte Révérend. Le général Chas-
sériau avait épousé, en 1798, M"« Elisabeth Ranson. Il en laissa deux
fils dont l'aîné, Arthur, baron Chassériau, contrôleur général de la
80 DICTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES
liste civile de la maison de Napoléon III, n'a pas eu de postérité el
dont le second, Charles-Philippe, baron Chassériau, né en 4802,
marié en 1837 à M"* \^'arran, en a eu un fils, né à Alger en 1850.
A une branche de la même famille appartenait M. Théodore Chas-
sériau, peintre distingué, né aux Antilles en 1810, décédé en 1856.
CHASSEVAL fDuchemin de) Voyez : Duchemix de Chasseval.
CHASSEY (de Buretel de) Voyez : Buretelde Chassey (de).
CHASSIN du GUERNY et de KERGOMMEAUX. Armes portées par la
famille : de gueules à un lévrier courant d'argent, mis en fasce,
accompagné de trois têtes de lévrier d'or, deux en chef, une en
pointe. — Aliàs (armes enregistrées à l'Armoriai général de 1696 et
aujourd'hui tombées en désuétude) : de sinople à un sautoir d'argent
chargé de quatre écrevisses de gueules.
La famille Chassin est honorablement connue en Bretagne. Elle
est originaire du Bourbonnais et vint de ce pays s'établir à Quintin
dans la première moitié du xvii* siècle à la suite de Charlotte do la
Tour, comtesse de Quintin, fille du duc de Bouillon. M. de Magny
lui a consacré une notice, du reste assez sommaire, dans le lome XV
de son Nobiliaire universel. On ne lui connaît pas de principe d'ano-
blissement et elle n"a jamais été lobjel dun jugement de maintenue
de noblesse. Un de ses membres, Pierre Quintin, conseiller du Roi
et maire de Quintin, fit enregistrer son blason à lArmorial général
de 1696 (registre de Saint-Brieuc). Un autre, François Chassin de
la Ville-Orhans, décédé en 1742, fut maire de Quintin en 1727. Alain
Chassin de Kergommeaux fut échevin de la même ville en 1778.
Michel-Augustin Chassin du Guerny, marié en 1770 à Marie-Anne
Chassin du Mézy, fut maire de Quintin en 1782.
La famille Chassin est représentée de nos jours par deux branches
qui se distinguent par les surnoms du Guerny et de Kergommeaux.
Elle a fourni des maires et des échevins de Quintin, des officiers,
des membres de la Légion d'honneur.
Principales alliances : de Roycr, Cavelier de Cuverville 1893, du
Bouétiez de Kérorguen, de Quérangal des Essarts, de Gibon 1908,
dTsoard-Chéncrillles 1908, etc.
CHASSY (Bellon de; Voyez : Bellox de Chas.^v.
CHASTANET fSalel de) Voyez : Salelde Chastanet.
CHASTE des GALLERANDS (ou de GALLERAND) Armes (d'après
DIC.TIONNAIRR MRS FAMILI,F.S FRANÇVISF.S 81
TArmorial général do 1C9G) : de gueules à une colombe d'arrjenl, au
chef cousu d'azur chargé de trois étoiles d'or.
Famille de haute bourg'ooisie originaire du Vieimois. Jacques
Chast(\ conseiller et procureur du Roi en la sénéchaussée de Crest,
lit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696. M. Chaste
des Gallerands était en 1781 procureur du Roi à Crest, en Dauphiné.
CHASTEAU (de) Armes : de gueules à un château d'or, posé sur une
terrasse de sable, maçonné et crénelé du mêyne, ajouré du champ,
accompagné en chef d'un croissant d'argent et séneslré d'une
étoile du même. — Couronne : de Comte. ~ Supports : deux griffons.
La famille de Cuastkau, éteinte dans les mfdes en 1875, était hono-
rablement connue en Bordelais. O'Gilvy en a donné une généalogie
dans le premier volume de son Nobiliaire de Guienne et de Gascogne.
Son auteur, monsieur René Chasteau, originaire d'Aunis, vint se
fixer à la Martinique au cours du xvii'' siècle, y fut enseigne des milices
de la paroisse Saint-Étienne et y mourut le 30 octobre 1689. Il fut
père de monsieur René Chasteau, qui mourut à la ^ilartinique le 20 jan-
vier 1750, et grand-père de Jean-René de Chasteau, officier d'infan-
terie, marié à Catherine du Myrat, qui vint se fixer à Barsac, en Bor-
delais, et qui se fit recevoir bourgeois de Bordeaux le 26 août 1765.
La famille de Chasteau n'a pas été représentée en 1789 aux assem-
blées de la noblesse de Guienne. On ne lui connaît, du reste, pas de
principe d'anoblissement. Ses membres n'en figurent pas moins avec
la qualification d'écuyer dans un certain nombre d'actes de la seconde
moitié du xviir« siècle. Elle s'est éteinte en la personne de M. Edme-
Baptiste de Chasteau, né à Bordeaux en 1787, chargé d'affaires et
consul général au Maroc, commandeur de la Légion d'honneur, décédé
en 1875, qui, de son mariage en 1819 avec la comtesse Mathilde de
Maltzan, d'une famille noble de Silésie, n'a laissé que trois filles,
^mes Pj^pjj^ Rochas et Bodin.
CHASTEIGNER, ou CHATEIGNER, (de), en Bas-Poitou. Voyez : Chatei-
GNER (de).
CHASTEIGNER, ouCASTAIGNER, ou CASTEIGNER, (de). Voyez : Cas-
TA^NER (de).
CHASTEIGNER de la ROCHEPOZAY (de). Armes : d'or à un lion pas-
sant de sinople, armé et lampassé de gueules. — Couronne : de
Marquis. — Tenants : deux sauvages de carnation appuyés sur leurs
massues et ceints de feuillage de sinople. — Cimier : un lion issant
X. fi
82 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de sinople, armé et lampassé de gueules. — Devise : Atavis et armis.
Chérin, généalogiste des Ordres du Roi, chargé d'examiner les
preuves de noblesse qu'un membre de la maison de Chasteigner fit
au xyiii"^ siècle dans le but d'être admis aux honneurs de la Cour,
envoya, en 1775, un rapportqui commence en ces termes : «La maison
« de Chasteigner, en Poitou, est également recommandable par son
« ancienneté remontée à plusdesixcentsans,par ses grandes posses-
« sions, ses services militaires, ses gradeset sesalliances.Lecélèbre
« André du Chesne en a composé et publié la généalogie en 1634... »
Le travail de du Chesne fut continué par Clabault dans la seconde
moitié du xviii^ siècle. Il existe, en outre, sur les Chasteigner de volu-
mineux dossiers dans les divers recueils de manuscrits du Cabinet
des Titres. On trouvera enfin des généalogies très complètes de la
maison de Chasteigner dans les ouvrages de la Chesnaye des Bois,
de Beauchet-Fillcau, etc.
La maison de Chasteigner a pour premier auteur connu un Gilbert
Castanet qui est nommé dans une charte de l'abbaye de Bourgueil,
d'environ 1060, relative au prieuré de Chateaufort, près de Paris. C'est
à ce Gilbert Castanet que Duchesne fait remonter la filiation. Mais
les premiers degrés de son travail ne s'appuient que sur des pré-
somptions. Foucauld Chasteigner, fils présumé de Gilbert, est nommé
avec ses fils, Hélie, Arnaud et Pierre, dans une charte de 1115 rela-
tive à la fondation de l'abbaye de Ligneux, en Périgord. On attribue
à llélic Chasteigner, l'aîné de ces trois frères, plusieurs fils dont
l'un, Thibaut, continua la descendance et dont un autre, Pierre,
est regardé comme l'auteur de la famille de Castaigner, du Quercy,
encore existante. Thibaut Chasteigner paraît avoir donné son nom
à la terre considérable de la Chasleigneraie, située près de Vouvent,
en Bas-Poitou ; il est qualifié seigneur de cette terre dans un acte
de 1140. On lui attribue au moins trois lils : l*' Thibaut, Sgr de la
Chasteigncraic, dont la descendance s'éteignit au wv'^ siècle; i" Jean,
également Sgr de la Chasteigneraie, dont il sera parlé plus bas ;
3° Guillaume, chevalier, Sgr du Breuil de Challans, auteur d'une
branche dont le dernier rameau s'éteignit dans la première moitié
du XVII* siècle.
On ne peut rattacher à la souche ni un Barthélémy Chasteigner, qui
prit part à la deuxième croisade, ni un Thibaut Chasteigner qui prit
part à la septième croisade et qui est mentionné dans un acte passé
à Acre en 1250. Le nom de ce dernier gentilhomme a été inscrit aux
salles des Croisades du musée de Versailles avec les armes de la
maison de Chasteigner.
Jean Chasteigner, Sgr de la Chasteigneraie, second fils de Thibaut,
DK.TIONNAIRK DES FAMII.I.KS FRANÇAISES 83
ligiiro avoc la (jualilicalioii de» cliovalicr dans un acte de 1207. Il avait
épousé Ai'seul, dame de Uéauinur, qui est nommée avec lui dans des
titres de 1:220. 11 fut père, ou grand-père, d'un Gilbert Chastcigner, Sgr
de la Chasloig-neraie, qui épousa après 1271 Jeanne l'arrabin, dame
de Saint-G(>org-es-(le-Re.\', et qui (^st rappelé comme défunt dans un
acte passé le mercredi après l'Ilpiphanic de l'année 1318. Ce Gilbert
Chasteigner, à partir duquel la libation est très nettement établie, doit
vraisemblablement èlre identillé avec un Gilbert Cliasteigner qui suivit
saint Louis en Egypte et qui se trouvait à Damiette en 1249. Son fils,
Simon Cbasleigner, varlet, Sgr de la Melleraye et de Saint-Georges-de-
Rex, lut père de Jean Cliasteigner, cbevalier, Sgr des mêmes terres,
demeui'ant à la Rochelle, décédé avant le 17 mai 1384, qui épousa
Isabeau tle Gourville, dame du Lindois, et qui continua la descen-
dance, et de Simon Chasteigner, Sgr de Réaumur, dont la postérité
s'éteignit dans la seconde moitié du .kvi'' siècle. Hélie Chasteigner,
chevalier, Sgr de Saint-Georges-de-Rex et autres lieux, bis de Jean et
d'Isabeau de Gourville, épousa, avant 1377, Philippe de la Roche-
Faton, damedudit lieu et de la Motte-Roisragon, qui fit son testament
le 17 février 1 423. Il en eut, entre autres enfants, deux fils : 1° Geoffroy,
qui continua la descendance ; 2° Hélie, Sgr de la Vergne-Samoyau,
qui épousa en 1429 Marie Rouschet, dame d'Avaux, et dont la pos-
térité s'éteignit en la personne de ses arrière-petits-fils. Geoffroy
Chasteigner, chevalier, Sgr de Saint-Georges-de-Rex, de la Salle
d'Aistré, etc., mourut le 29 octobre 1424. Il avait épousé, vers 1410,
Louise de Preuilly qui lui apporta la terre considérable de la Roche-
pozay et qui se remaria le 18 août 1432 à Louis Ronnenfant, chevalier,
Sgr des Vaux, chambellan du roi Charles VII. Il en laissa, entre
autres enfants, deux fils : 1° Pierre Chasteigner, chevalier, Sgr de
la Rochepozay et de Saint-Ceorges-de-Rex, qui épousa Jeanne de
Varèze par contrat du 20 mars 1443 et qui continua la lignée ; 2° Jac-
ques Chasteigner, chevalier, Sgr d'Yzeure, qui épousa avant 1465
Jeanne Guérinet et dont la postérité s'éteignit avec Charles Chastei-
gner, Sgr de la Gabillière, né le 31 août 1663. Guy Chasteigner, che-
valier, Sgr de la Rochepozay, de Saint-Georges-de-Rex, delaRoche-
fatoR, etc., fils de Pierre et de Jeanne de Varèze, marié par contrat
du 14 février 1480 à Madeleine du Puy, fille du baron de Rellefaye,
fut chambellan des rois Louis XI et Charles VIII, servit utilement ces
princes tant à la guerre que dans plusieurs missions importantes et fut
commis par le premier d'entre eux pour conduire en Italie les gen-
tilshommes de Touraine qui restèrent sous sa garde pendant toute la
durée de la guerre. Deux de ses fils, Jean et Godefroy, furent les
auteurs de deux grandes branches.
84 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La branche aînée est aujourd'hui jéteinte. Son auteur, Jean Chas-
teigner, Sgr de la Rochepozay, Saint-Georges-de-Rex, etc., marié
le 20 juin 1519 à Claude de Monléon, jouit d'un grand crédit auprès
des rois François I*"" et Henri II ; il fut chambellan, maître d'hôtel ordi-
naire et gentilhomme ordinaire de la chambre de ces deux princes,
reçut au siège de Pavie, en 1524, un coup de mousquet dont il
demeura boiteux toute sa vie, fut nommé en 1533 grand maître des
eaux et forêts du Bourbonnais, fit l'office de maître des cérémonies
aux obsèques du roi François I", obtint du roi Charles IX en 1565 le
cordon de Saint-Michel et mourut cette môme année. 11 avait eu un
fils naturel, Claude de la Rochepozay, chevalier de Rhodes, qui
devint grand prieur de Capoue, en Italie, qui se maria dans ce pays
et qui laissa postérité. Il eut aussi plusieurs fils légitimes. L'un de
ceux-ci, Roch, échanson, puis chambellan des rois François II et
Charles IX, périt au siège de Bourges à l'âge de 35 ans ; Ronsard a
consacré un poème à sa mémoire. Un autre, Antoine, né en 1530.
tué en 1552 au siège de Thérouanne, a laissé un livre de poésies con-
sacré à la louange des Français qui combattaient en Italie. Deux,
enlin, Louis et Jean, furent les auteurs des deux rameaux de cette
branche.
L'auteur du premier de ces rameaux, Louis Chasteigner, Sgr de la
Roche-Pozay, baron de Preuilly, etc., fut, lui aussi, un puissant per-
sonnage. Connu du vivant de son père et de ses frères aînés sous le
nom de M. d'Abain, il s'illustra par son courage dans plusieurs batailles,
particulièrement à celles de Saint-Denis et de Jarnac, fut conseiller du
Roi en ses Conseils d'État et privé, chevalier de ses Ordres, gouver-
neur et lieutenant général de la Marche, accompagna le duc d Anjou
en Pologne, fut pendant cinq ans ambassadeur auprès du Saint-Siège
et mourut à Moulins en 1595. Un de ses lils fut nommé évoque de
Poitiers en IGl l. Un autre, Jean Chasteigner, né en 1571, connu sous
le titre de baron de Preuilly, puis sous celui de baron de la Roche-
Pozay, gouverneur et lieutenant général de la Marche, remporta plu-
sieurs succès sur les Ligueurs et obtint le grade de maréchal de <iamp.
Ce rameau s'est éteint avec Charles Chasteigner, marquis de la Roche-
Pozay, lils du précédent, député de la noblesse du Poitou aux États
généraux de Tours, en 1651, décédé en 1667, dont la fille, morte avant
lui en 1665, avait épousé en 1662 le marquis de Pleumartin.
L'auteur du second rameau, Jean Chasteigner, Sgr de Saint-Georges-
de-Rexe, né en 1542, fut maître d'hôtel et gentilhomme ordinaire de
la chambre du Roi et chevalier de son Ordre. Il fut père de François
Chasteigner, gentilhomme de la chambre du Roi, chevalier de son
Ordre, conseiller d'État, gouverneur de Poitiers, qui obtint, par lettres
DK.TIONNAIRF. DES FAMILLES FRANÇAISES 85
patentes d'août 1619, l'érection en comté depa seigneurie de Chincé,
et grand-père de Roch-François Chasteigner, comte de Chincé, plus
connu sous le titre de comte de Saint-Cicorgcs, qui fut député de la
nohlrsse du Poitou aux Ktals généraux de Tours, en i6ol. Ce rameau
s'éteignit avec le petit-fils de celui-ci, Eutrope-Alexis Chasteigner,
marquis de Saint-Georges, décédé en 1760, dont la fille épousa son
parent Henri Chasteigner, Sgr de Rouvre.
Godefroy Chasteigner, Sgr du Lindois et des Étangs, auteur de la
seconde branche, épousa Madeleine de Fontcnay. Il fut père de René
Chasteigner, Sgr du Lindois, qui épousa Claude de Salagnac et qui
continua la descendance, et de Pierre Chasteigner, Sgr des Étangs,
en Angoumois, qui épousa en 1588 Jacquette de Moussy et dont la
descendance ne tarda pas à s'éteindre. Cette branche s'est perpétuée
jusqu'à nos jours avec beaucoup de distinction. Son chef est connu
sous le litre de marquis de Chasteigner.
La maison de Chasteigner avait formé une troisième branche, celle
des seigneurs de Rouvre, dont le point de jonction avec la souche
n'a pu être exactement déterminé.
Ce fut un représentant de cette branche qui sollicita au xvui^ siècle
la faveur d'être admis aux honneurs de la Cour. Chérin, chargé
d'examiner sa demande, s'exprime en ces termes dans le rapport
de 177o mentionné plus haut : « Du Chesne..., après avoir rapporté
« toutes les branches qui se réunissent à leur souche commune,
c( donne comme une autre branche de la même maison les sei-
« gneurs de Mallevaud et de la Blouère, dont sont issus les sei-
« gneurs de Rouvre, mais sans jonction avec les précédentes et
« depuis l'année 1465 seulement, et il fait connaître le motif de son
« sentiment. C'est, dit-il, que ces seigneurs ont toujours porté
« le surnom et les armes des Chasteigner. Le chef actuel des mêmes
« seigneurs de Rouvre produisit, il y a près de quatre ans, ses titres
« au Cabinet de l'Ordre du Saint-Esprit dans le dessein d'être admis
« aux honneurs de la Cour. Comme ces titres n'établissaient la
(( rUiation dans la rigueur que depuis l'année 1462, on sursit à la
(( confection du mémoire qu'il demandait jusqu'à ce qu'il en eùlrap-
« porté d'autres qui le remonteraient à l'époque de 1400 prescrite par
« le règlement du feu Roi sur la forme des preuves de ces honneurs
<( et il n'y a point satisfait. Quoi qu'il en soit du sentiment de du Chesne
« sur 1 origine des seigneurs de Mallevaud, il est de l'équité de re-
« marquer qu'on ne connaît aucun manuscrit qui lui soit contraire,
« qu'il n'est point affaibli par le défaut de possessions dans la per-
« sonne de Pierre Chasteigner qui en estla tige, puisque l'ancienne cou-
« tume du Poitou réduisait les puînés à un très médiocre partage.
86 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
« que ce senliment paraît être établi aujourd'hui en Poitou et qu'il a
a déterminé le mariage du père de M. le marquis de Cliasteigner
« avec riiéritière de la branche des seigneurs de Sainl-Gcorges-de-
« Rcx, qui est une de celles dont la filiation est établie par le même
« du Chesne depuis le commencement du xiii'' siècle. C'est sur les
« litres ci-dessus énoncés et sur les manuscrits et imprimés du
« Cabinet de l'Ordre du Saint-Esprit quon a composé l'extrait qui
« suit. L'auteur certain des seigneurs de Mallevaud et de Rouvre est
« Jean, ou Pierre, Chasteigner, car il est nommé alternativement avec
« ces deux noms, lequel, n'ayant aucune possession de son chef,
« épousa Jeanne Baussay, dame de Mallevaud, dans la paroisse de
« Clervaux. Il n'est connu que par des actes passés après sa mort dont
« le plus ancien est de l'année 1465. Mais un autre de l'année 1437
« apprend que sa veuve était remariée à Guillaume Maynant. II en
« avait eu, entre autres enfants, Louis Chasteigner, premier du nom,
« lequ(d porta les armes pour le roi Louis XI à ses propres dépens
« et fut commis à la garde du château du Coudray-Sallebœuf. Sa mère
« cl son beau-père lui tirent donation des dîmes de Mallevaud par
« acte du :2l août lUvi. C'est le plus ancien de ceux qu'on ait sur
« lui... »
D'après le travail de Beauchel-Filleau, Jean, ou Pierre, Chas-
teigner, marié vers 1410 à Jeanne Baussay, dame de Mallcvault,
auquel le rapport de Chérin fait remonter la filiation de cette branche,
aurait été fils de Jean Chasteigner, écuyer {sculifer), demeurant à
Fonteniiy-le-Comle, qui obtint le 24 juillet 1342 un arrêt du Parle-
ment de Paris et qui prêta serment au roi d'Angleterre en 1361 avec
son parent Jean Chasteigner, demeurant à la Rochelle, petit-fils de
Guillaume Chasteigner, varlet, qui rendit hommage en 1312 à l'abbé
de Sainl-Maixcnt pour un fief qu il possédait en la paroisse d'Azay et
qui obtint avec son fils en 1342 l'arrêt du Parlement mentionné plus
haut, et arrière-pelit-fds d'un Guillaume Chasteigner. qui est cité dans
plusieurs actes de la tin du xiii^ siècle. D'après le même travail, ce
dernier aurait été un frère puîné de Gilbert Chasteigner, Sgr de la
Chasteigneraie, mentionné plus haut, qui épousa après 1271 Jeanne
Barrabin, dame de Saint-Georges-de-Rex, et qui fut l'auteur des deux
premières branches. Louis Chasteigner, Sgr de Mallevault, fils de
Jean, aliàs Pierre, et de Jeanne Baussay, damede Mallevault, épousa
vers 1440 Catherine de Saint-Aubin. Leurs deux fils, Pierre Chastei-
gner, Sgr de la Blouère, marié à Marguerite de Chasleauneuf, et
Antoine Chasteigner, Sgr de Mallevault, marié le 27 janvier 1494 à
Louise Thibaud de la Carte, furent les auteurs de deux grands rameaux
dont les représentants furent maintenus nobles, lors des recherches
DiirrioNNAUU-: des familles fhançaises 87
ordonnées par Louis XIV, par divers jugements des intendants de
Poitiers, Chamillart, Maupcou et Bichcbourg-. Le premier rameau, dit
des seigneurs deTennessue et de laBlouèrc, s'éteignit pendant l'émi-
gration, à la lin du xvni" siècle; son dernier représentant était connu
sous le titre de marquis deTennessue. Antoine Chastcigner, auteur du
second rameau, fut père de Geoffroy Chasteigner, Sgr de Mallcvault,
qui épousa Jeanne desFrancs, dame de Rouvre, et grand-père de Louis
Chasteigner, Sgr de Mallcvault et de Rouvre, qui épousa, le 15 no-
vembre 1556, Marie ïurpin de Jouhé et qui mourut en 1569 des suites
de blessures reçues lors du siège de Poitiers par l'amiral de Coligny.
Le dernier représentant de ce rameau, Alexandre-Armand, connu
sous le titre de marquis de Chasteigner, mourut en 1867, survivant à
sa lillc, la comtesse de Morangiés, décédée en 1860, et à son iils,
Thibaud-Uoch, décédé en 1863, qui n'eut pas d'enfants de son mariage
en 1859 avec M"* de Godefroy de Ménilglaise.
La maison de Chasteigner a fourni, en dehors des personnages
cités au cours de cette notice, des officiers généraux, des écuyers,
échansons, chambellans, gentilshommes de la chambre, pages des
rois de France et des princes de leur sang, un chevalier du Temple
en 1309, un nombre considérable de chevaliers de Saint-Jean de Jéru-
salem, etc.
Un grand nombre" de ses membres ont péri sur différents champs
de bataille. Léonard de Chasteigner de la Rochepozay, baron du
Lindois, né en 1731, aïeul de tous les représentants actuels, et son
frère, Eutrope, chevalier de Chasteigner, né en 1738, furent du nombre
des victimes de Quiberon, en 1795.
Principales alliances : de la Guerche, de Vivonne 1335, d'Ar-
chiac, de Liniers, de Saint-Gelais, d'Appelvoisin, de Nuchèze 1779,
de Preuilly, de Couhé, de Laval 1566, de Schomberg 1573, Ysoré de
Pleumartin 1662, Durcot de la Grève, de Bcssay 1594, des Monstiers
de Mérinville, de Vaucelles, d'Aloigny de la Groye 1657, de Béchil-
lon 1700, Chesnel d'Fcoyeux 1709, deMesgrigny 171:2, deBeauroyre,
de Beauchamp, de Pons 1614, de Larmandie 1628, de Galard de
Béarn 1661, 1848, d'Abzac de la Douze 1635, 1872, de Nesmond 1656,
de la Garde de Saigne, de la Pisse 1687, de la Roche-Aymon 1705,
de Mazières 1726, d'Auray de Brie, de Calvimont 1774, de Balathier-
Lantage'1812, de Roquefeuil 1855, d'Espinay-Saint-Luc 1852, 1890, de
Lamberterie, de Moussy 1583, Couraud de la Roche-Chevreux, de
Bombelles 1553, Taveau, d'Argence 1553, de la Jaille, du Vergier de
la Rochejaquelin, des Francs 1542, 1597, Jaillard, Guichard d'Or-
feuille 1688, 1716, Thibaud de laCarle, Turpin de Jouhé 1556, deBarbe-
zières 1705, Chevalleau de Boisragon 1691 , du Chilleau, de Castell827,
SS DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Harville de Traisnel 1774, du Hamel 1803, de Molette de Moran-
giés 1840, de Vimeur de Rochambcau 1843, Foucher des Herbiers
14o0, de Beaumonl, deBuor, de Salignac 1563, dcLcstang 1907, etc.
CHASTEIGNER deBURAC (de), en Vivarais. Mêmes armes que la famille
précédente.
La famille de Ghasteigner de Bdrac, honorablement connue en Vi-
varais depuis trois siècles, croyait être une branche détachée au
xvi^ siècle de la famille de Castaigner (voy. ce nomi, d'ancienne
noblesse du Quercy. Celle-ci croit elle-même être une branche déta-
chée au moyen âge de l'illustre maison de Ciiasteigncr de la Roche-
pozay à laquelle a été consacrée la précédente notice.
Cette famille est mentionnée dans les anciens actes sous les noms
de Chastagner, Castanhel, ou Caslagnier, tous assez répandus dès le
moyen âge dans la région d Aubenas, et n'a adopté délinitivcment le
nom de Cliasleigner qu'à une époque assez récente.
Beauchcl-Filleau et d autres généalogistes contemporains la font
descendre d un Richard Castaigner qui était un lils cadet de Jean
Castaigner, donzel de l.auzerte, un des auteurs de la famille de
Castaigner du Quercy, et de Marguerite de Pechpcirou. D'après ces
mêmes auteurs ce gentilhomme serait venu se fixer en Vivarais après
le mariage qu il contracta dans les premières années du xvi* siècle
avec Delpliiiie, héritière du lief noble de Burac, situé dans la paroisse
de Mercuer, près d Aubenas. Mais la Chesnaye du Bois et tous les
généalogistes anciens qui ont eu à s"occu|)er des Castaigner du
Quercy disent que ce Richard Castaigner fut moine à Moissac et ne
lui attribuent pas de postérité. La famille de Chastagner, ou de
Chasteigner. de Burac ne commença, du reste, à prendre les qua-
lifications nobiliaires que peu de temps avant la Révolution ; elle ne
figure pas au nombre de celles de sa région qui furent maintenues
nobles lors des diverses recherches ordonnées par Louis XIV et on
ne voit pas quelle ait pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse
de sa province. Son chef, Jean-Pierre Chastagner, ou Chasteigner, de
Burac, marié en 17:28 à Marie ïailhand, se fit accorder en 1768 un cer-
tificat de noblesse par plusieurs gentilshommes du \'ivarais.La même
année, il se lit reconnaître comme parent parle chef de la maison de
Chasteigner de la Roche-Pozay, du Poitou. Il laissa trois fils dans l'acte
de baptême desquels il est simplement appelé monsieur Jean-Pierre
Ciiastanier de Burac : 1" Jean-François, procureur au sénéchal de
Ximes, décédé sans postérité; :2° Joachim, né à Mercuer en 17o2, géné-
ral de brigade en 1792, suspendu comme noble dès Tannée suivante,
décédé sans postérité en 1814; 3" Louis, commandant d'artillerie,
IHC TIONNAIHE D T. S FAMILLES FRANÇAISES 89
chevalier de Saint-Louis, marié à Rennes en 1794 à M"' Morin. Joa-
chim Chastagnici- de Biirac, fils du plus jeune de ces trois frères, fut
notaire à .laujac et épousa, en 1827, M"« de Goût de Vissac. Il fut père
de Wilfrid de Cliasteigner de Burac, président du tribunal de Beaune,
marié en 1853 à M'"= de Sampigny d'Issoncourt, décédé en 1873, qui
fut le dernier représentant de sa famille et qui ne laissa que trois
filles, M"^^^ Dupuy de la Grandrive, Rociiette de Lcmpdes et Devaulx
de Cliambord.
GHASTEL, en Savoie. Armes : d'azur à une tour d'argent, maçonnée
de sable, gardée à i^énestre par un sphinx d'or, coiffé de bandelettes
d'argent, le tout terrassé de sinople; au comble d" argent chargé d' une
grenade allumée de gueules, accostée de deux merleltes de sable; au
franc-quartier de gueules à Vépée haute en pal d'argent, qui est des
barons militaires.
On trouvera une généalogie de celte famille dans V Armoriai de
Savoie, du comte de Foras,
Nicolas Chasïel, marié à Marie Favrat, était dans la seconde
moitié du xviu^ siècle notaire au lieu de Veizy, en Savoie. 11 eut plu-
sieurs fils. L'un do ces fils, François Chastel, né à Veizy en i76o,
homme de loi, /ut élu en lan VI député du Mont-Blanc au Conseil
des Cinq-Cents ; il fut dans la suite receveur général du départe-
ment du Léman et mourut en 1847. Un autre, Louis-Aimé Chastel,
né à Veizy en 1774, général de brigade en 1811, général de division
en 1812, commandeur de la Légion d'honneur, décédé à Genève
en 1826, fut créé baron de l'Empire par lettres patentes du 28 mai 1808.
Un troisième, Michel Chastel, colonel d'état-major, décédé au Texas
en 1836, laissa un fils dont on ignore la destinée. Un quatrième, enfin,
Joseph Chastel, lieutenant-colonel, décédé en 1854, fut père de
M. François Chastel, qui a été conseiller à la Cour de Chambéry.
CHASTEL, à Genève. Armes (d'après Bictstapp) : écartelé : au 1 d'or
à Vaigle de sable tenant de sa griffe dextre une épée et de sa sénestre
un monde au naturel; aux 2 et 3 d'argent à une barre de gueules
chargée de trois étoiles d'or : au 4 d'or au lion de sable; sur le tout
d'azur à tm château de trois tours d'argent, ouvert du champ, ter-
rassé de sinople.
On trouvera dans la France protestante des renseignements sur
une famille Chastel, fixée à Genève, qui est différente de celle dont il
vient d'être parlé. L'auteur de cette famille, Pierre Chastel, bourgeois
de Montbéliard, vint se fixera Genève en 1612 avec son fils Daniel,
baptisé en 1604. Celui-ci fut reçu bourgeois de Genève le 17 fé-
90 DI'CTIONXAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
vrier 1647. Un de ses descendants, David Chastel, né en 1718, officier
au service dAulriche, directeur d'une fonderie de canons, fut créé
baron en 1775 par l'impératrice Marie-Thérèse. Un autre, Etienne-
Louis Chaste!,, né à Genève en 1802, pasteur, a écrit de nombreux
ouvrages de théologie protestante.
CHASTEL d ORIOCOURT, de BAINVILLE, de VILLEMONT, d'AUTRE-
COURT (de), en Lorraine. Armes : d'azw à une croix ancrée d'or,
accompagnée de trois étoiles d'argent, deux en chef et une en pointe.
— Lécu surmonté ù'un armet marné, orné de son bourrelet et de
ses lambrequins aux métaux et couleurs de Vécu, — Cimier : la
croix de lécu.
Cette famille Chastel a occupé un rang distingué en Lorraine.
On en trouvera une généalogie dans les manuscrits de Chérin.
Nicolas Chastel, marié à dame Sébaslienne Sigongne, était, dans
la seconde moitié du wii*^ siècle, contrôleur du domaine et gruerie de
S. A. R. Mgr le duc de Lorraine dans la prévolé de Pierrefitte. Son
lîls, également appelé Nicolas, né à Pierrefitte en 1677, était rece-
veur des finances dans la chàtellenie de Pierrefitte et prévoté de
Souilly quand il fut anobli, le 21 janvier 1714, par lettres patentes du
duc de Lorraine, Léopold. Il devint dans la suite grand-maître des
eaux et forêts du Clermontois. Il avait épousé, le 24 juillet 1702,
Claudette Thomas, fille d'un procureur du Roi au bailliage des cas
royaux, à Ciermont. Il en laissa, entre autres enfants, deux fils :
1° Jcan-Bapliste-Ignace Chastel, Sgr de Villemont, Oriocourt, Bain-
ville, etc., marié le 16 janvier 1746 à Françoise du Pasquier de
Dommartin, décédé à Metz en 1774, qui succéda à son père dans sa
charge de maître des eaux et forêts et qui devint dans la suite
trésorier provincial de l'extraordinaire des guerres au déparlement de
Metz; 2° Charles Chastel, Sgr d'Autrecourt, la Vallée, etc., marié
en 1757 à Nicole du Houx de la Vallée, qui fut trésorier de l'extraordi-
naire des guerres au département d'Alsace et qui laissa deux fils,
nés à Strasbourg en 1762 et 1764. L'aîné de ces deux frères, Jean-Bap-
tiste-Ignace, laissa lui-même trois fils : 1° Nicolas-Charles Chastel,
Sgr deMoyenpal, né en 1749, qui fut déclaré gentilhomme par arrêt
du Conseil d'État du 15 décembre 1755 et par lettres patentes du roi
Stanislas du 22 décembre .suivant et qui épousa Catherine Garaudé;
2° Jean-Baptiste Chastel de Bainville, né en 1756, qui fut trésorier
principal de l'extraordinaire des guerres ; 3° Louis Chastel d'Oriocourt
de Villemont, Sgr de Bain ville, quifut trésorier principal des guerres au
département des Trois-Évêchés, qui épousa en 1781 Elisabeth Malchar
et qui prit part en 1789 aux assemblées de lanoblesse tenues à Verdun.
Dii; 1 ionn.mih: dks i'amillks rnAMÇAiSES 91
Alfred-Benjamin de Cliaslcl dr Villcnionl, officier supérieur de
ravalerie, décédé sans postérité en 1848, avait, épousé à Saint-Mihiel
en 18;V( M"" deRoiiyn Xicule de Cliasleid'Ono<T)iirl, décédée en 1881,
avait épousé en 18:24 le mar(|uis de Nellaiicouit. M. Charles Cliaslel
de Bainville était sous Napoléon III pasteur d(; rKglisc réformée, à
Bar-le-Duc.
On ig-nore si la famille lorraine de Cliastel compte encore des
représentants.
Principales alliances : d'Ambly 1770, duBouéxic de Pinieux 1777,
du Houx de la Vallée 1757, du Pasquier de Dommartin 1749, de
Rouyn 1834, de Nettancourt 1824, etc.
CHASTEL de la HOWARDRIES et d'ANDELOT (du). Armes : de gueules à
un lion d'or, armé, lampassé et couronné d'azur. — L'écu timbré
(Vune couronne à cinq fleurons visibles, surmonlée d'un casque d'ar-
gent, taré de face, liséré, colleté et diapré d'or, grillé de onze grilles
dit niénie, fourré de gueules, couronné d'une couronne d'or à cinq
fleurons et assorti de ses lambrequins Sor et, de gueules. — Cimier :
une aigle d'or, naissante et adextrée, le vol éployé. — Supports :
deux lions contournés dor, armés, lampassés et couronnés dazur,
supportant chacun une bannière frangée dor, celle à dextre aux
armes de l'écu, celle à sénestre aux armes de Lalaing. — Devise :
Porte en soi honneur et foi. — Cri de guerre : Maclines.
La maison du Chastel est une des plus brillantes de l'ancienne
noblesse chevaleresque des Flandres. Il en existe un certain nombre
de généalogies imprimées. Une des meilleures est celle qui a été
donnée de nos jours par un de ses membres, le comte Paul-Armand
du Chastel de la Howardries, dans ses Notices généalogiques tour-
naisiennes.
Quelques généalogistes font descendre la maison du Chastel de celle
des anciens châtelains de Valenciennes ; d'autres la font descendre
d'un cadet de la puissante maison de Gavre. Elle parait avoir pour
premiers auteurs connus Thibaud et Nicolas du Chastel qui vivaient
à Orchics en 1234. Thibaud du Chastel était maire de cette ville
en 1236.
La filiation suivie remonte à Colard du Chastel, vivant en
1312, qui avait épousé IMaigne d'Estourmel. Le fils de ce gentil-
homme, Jean du Chastel, Sgr de Vaux, Sassigny, Monlgol)ert-en-
Valois, etc., épousa, antérieurement à 1335, Péronne de Lalaing,
héritière de la seigneurie de la Howardries, sous le nom de
laquelle plusieurs de ses descendants furent exclusivement connus.
Arnould du Castel, chevalier, Sgr de la Howardries, d'Aix-en-Pévéle,
92 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Montgobert-en-Valois, etc., joua un certain rôle dans les guerres
que Philippe le Bon, duc de Bourgogne, eut à soutenir contre le roi
de France; le 14 avril 1430, il fut envoyé à Paris pour garder cette
ville que les Bourguignons devaient défendre contre les Armagnacs.
Un de ses fils, Léon, se signala par sa bravoure dans les guerres de
son temps et fut armé chevalier par le duc Philippe le Bon le 22 juil-
let 1453, veille de la bataille de Gavre; un autre, Antoine, Sgr de
Montgobert-en-Valois, fut chambellan du roi Louis XI; un troisième,
Gérard, dit de la Howardries, marié en 1469à Agnès de Saint-Génois,
fdle du grand prévôt de Tournay, massacré en 1488 par les Gantois
révoltés, fut père de Simon du Chastel, dit de la Howardries, décédé
à Lille on 1538, qui épousa successivement Marie de Clugny et
Marguerite de Carondelet et qui continua la descendance. Nicolas du
Chastel, Sgr de la Howardries, petit-fils de celui-ci, acheta du roi
Henri IV, par acte du 16 juin 1603, les terres importantes de
Haubourdin et d'Emmerin-lcz-Lille et en obtint l'érection en vicomte
par lettres patentes des archiducs Albert et Isabelle du 3 octobre 1605,
enregistrées le 14 du même mois au bureau des finances de Bruxelles;
il mourut au château de la Howardries le 14 mars 1610. Il fut le
trisaïeul de Robert-Antoine-Joseph du Chastel de la Howardries,
vicomte de Haubourdin, qui épousa à Lille, le 19 mars 1695, Marie-
Scolastique de Croix d'Heuchin, qui fit enregistrer avec oUe son
blason à 1 Armoriai général de 1696 (registre de Lille) et qui reçut le
titre de comte du Saint-Empire romain par diplôme de 1702, non
enregistré. Les deux fils de celui-ci, Alexandre-François et Denis-
Joseph, ont été les auteurs de deux branches qui se sont perpétuées
jusqu'à nos jours, lainée en Belgique, la cadette en Hollande.
L auteur de la branche aînée, aujourd'hui belge, Alexandre-
François, comte du Chastel de la Howardries et du Saint-Empire,
vicomte de Haubourdin, né au château de la Howardries en 1701,
marié en 1724 à M"^ Corbis, avait acheté cette môme année la bour-
geoisie de Lille. Son fils, Ferdinand-Eugène, comte du Chastel de la
Howardries et du Saint-Empire, vicomte de Haubourdin, né à Lille
en 1727, marié en 1756 à M"" de Rodoan, en eut deux fils, le comte
Ernest, né à Nivelles en 1 760, marié en 1 791 à M'"" de Waziers-Wavrin,
et le comte Robert-François, né à Nivelles en 1761, marié à Tournay
en 1786 à M"^ des Enffans de Vincourt, qui ont été les auteurs de
deux grands rameaux actuellement existants. L'auteur du premier
rameau, le comte Ernest du Chastel, Sgr d'Aix. s était fait repré-
senter en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Douai. C'est à
ce rameau qu'appartenait le comte Paul-Armand du Chastel, né en 1847.
auteur des Notices généalogiques tournaisiennes et d'autres ouvrages
UlllTlONNAIUI': DKS FAMILI.KS l' Il AN Ç A I S R S 93
généalogiques très estimés. Au second rameau appartiennent le comte
Raymond du Chastel, né en 1852, marié àM"^ de Narcillac, qui a été
autorisé par arrêté royal du 14 avril 1876 à joindre à son nom celui
de son cousin, le comte d'Andelot, dont il était légataire universel,
et son cousin germain, le comte Albert du Chastel de la Ilowardries,
né en 1857, qui a épousé, en 1889, M"'= de Divonne, héritière présomp-
tive dune grandesse d'Espagne de première classe au litre de duc
d'Almazan.
L'auteur de la branche cadette, aujourd'hui fixée en Hollande,
Denis-Joseph du Chastel de la Howardries, comte du Saint-Empire
romain, épousa à Bréda en 1747 Ernestine le Fébure. Il fut le grand-
père du comte Dominique du Chastel, né à Liège en 177(3, général-
major de cavalerie, grand veneur des Pays-Bas, décédé à la Haye
en 1839, et le bisaïeul du comte Louis-Gabriel du Chastel de la
Howardries, né en 1808, ministre plénipotentiaire du roi des Pays-
Bas près le Saint-Siège, décédé à Nice en 1880,
La maison du Chastel a fourni, en dehors des personnages men-
tionnés au cours de cette notice, un nombre considérable d'officiers,
dont plusieurs ont été tués à l'ennemi, des gouverneurs de places
fortes, des hommes politiques, des diplomates, des écrivains de
mérite, des chanoinesses de chapitres nobles, etc.
Elle a conservé jusqu'à nos jours le château de la Howardries, en
Belgique.
Principales alliances : d'Estourmel, de Lalaing, de Hônin, de
Cuinghien, de Hainaut, de Landas, de la Fléchère, de Saint-
Génois 1649, de Clugny 1505, de Carondelet, d'Averhoult, d'Ongnies,
de Lannoy, de Récourl-Lens 1594, de Groy 1614, de Créqui 1629, de
Houchin 1668, de Coudenhove 1640, d'Ostrel de Fiers, de Croix
d'Heuciiin 1695, de Namur de Joncret, de Baufremez 1759, de
Rodoan 1756, de Waziers-Wavrin, de vinck 1857, 1864, de Marnixde
Sainte-Aldegonde 1854, Snoy 1871, Van Zuylen van Nyevelt 1841,
Pandin de Narcillac, de la Forest de Divonne, etc.
Il a existé dans la même région une autre famille du Chastel qui
portait pour armes : d'argent à trois lionceaux de sable, armés et
lampassés de gueules, couronnés d'or, au chatel d'azur posé en
abime. Le comte du Chastel de la Howardries a donné une généa-
logie de cette famille dans ses Notices généalogiques tournaisiennes .
Bauduin du Castiel, marié en 1375 à Jeanne van der Schok, en eut
deux fds, Bauduin II et Mathieu, qui furent les auteurs de deux
branches. L'auteur de la branche aînée, Bauduin du Castiel, Sgr du
Bleu-Chastel, à Vieux-Berquin, fut père de Robert du Castiel, domi-
cilié à Tourcoing, qui fut anobli en janvier 1431 et dont la descendance
94 DICTIONNAIRK DES FAMILLES FRANÇAISES
s'éteignit avec Jacques du Gastiel, décédé en 1583. La seconde branche
s'agrégea à la noblesse au xv^ siècle et adopta l'orthographe du
Chastel. Elle s'éteignit avec Philippe du Chastel, Sgr de Beauvolers,
commissaire pour le roi d'Espagne au renouvellement de la loi de
la ville de Lille, qui épousa en 162G Jeanne de Carondelet et qui
n'en eut que deux fds morts jeunes.
Il a existé en Artois une troisième famille du Chastel qui portait pour
armes : cVazia' à un chevron d or accompagné de trois croix de même
recroisetées, au pied fiché, posées deux en chef et une en pointe.
Cette famille était originaire de Flandre, comme les précédentes, et
avait pour auteur Gilles du Chastel, décédé en 1403. qui était con-
seiller de Louis, comte de Flandre. Jacques du Chastel, décédé
en 1574, fut grand bailli et châtelain de Lille et gentilhomme de la
maison de Charles-Quint etde l^hilippe II qui lui confièrent plusieurs
missions diplomatiques. Il fut père de Philippe du Chastel, capitaine
du château de Lille, gouverneur d'Oudenarde en 1607, qui recueillit
par héritage la seigneurie de Blangerval, grand-père de Maximilien
du Chastel. Sgr de Blangerval, gouverneur et grand bailli d'Oude-
narde, qui épousa Suzanne d'Andréa, héritière de la seigneurie de
Pétrieu, et bisaïeul de Jérôme-Philippe du Chastel qui en 1664
fut créé comte de Blangerval par lettres patentes du roi Philippe IV.
Cette famille fut admise aux États d'Artois en 1747, à cause de sa
seigneurie de la Vacquerie-les-llesdin. Elle était représentée sous
Il Louis XVI par Albéric-Joseph du Chastel, comte de Pétrieux, né
en 1714, qui avait épousé en 1763 Albertine de Lanno\'.
Il CHASTEL (du), à Saumur. Armes anciennes (d'après des cachets de fa-
mille) : d'argent à deux tours crénelées d'azur, accompagnées en
pointe d'un léopard de gueules et en chef d'une étoile de sable. —
Armes concédées sous le Premier Empire au général du Chastel de la
Martinière : (ï argent àun chevron de gueules chargé d'une croix d'ar-
gent à cinq doubles branches, accompagné en chef de deux molettes
de sinople et en pointe d'un dextrochère au naturel, rebrassé de
sinople, tenant une épée haute de gueules.
La famille dc Chastel, aujourd'hui éteinte dans les mâles, a occupé
pendant les deux derniers siècles un rang distingué dans la haute
bourgeoisie de Saumur. Beauchet-Filleau en a donné une généalogie
dans son Dictionnaire historique et généalogique des familles du
Poitou.
Jacques-François du Chastel, Sgr de Uocheiort, lut pourvu en 176i
de l'office anoblissant de président trésorier de France et l'exerça
iusqu'en 1781. Son fils unique, Gaspard-Séverin du Chastel, né à
niCTIONNAlKi: DR s FAMII.I.KS FIIANÇAISKS 95
Thouars en 170(3, garde du corps en 1780, lui élu en 1792 député
des Deux-Sèvres à la Convention, se signala dans cette assemblée
par sa modération, montra un véritable courage lors du procès de
Louis XVI et périt le 1^1 octobre 1793 sur l'éclial'aud révolutionnaire; il
était célibataire.
Louis-François du Chaslel de» la Martinière, proche parent des pré-
cédents, acquit en l7o2 la charge de lieutenant particulier en l'élec-
tion de Saumur. Il laissa deux fds : 1" Louis-Claude du Chastel de la
Martinière, né à Saumur en 1772, général de brigade en 1831, grand-
oOicier de la Légion d'honneur, créé chevalier de l'Empire par lettres
patentes du 30 juillet 1810, décédé en 1850, dont le fds unique, né
en 1800, marié à M"^ Rey, mourut sans postérité en 1851 ; 2° Frédéric-
Mathieu du Chastel, né à Saumur en 1773, décédé dans la même
ville en 1843, dont la descendance masculine s'est éteinte en 1890.
CHASTEL de MONTROUGE fdu).
La famille du Chastel, ou Duchastel, de Mûntrouge a eu pour auteur
Nicolas du Chastel, lieutenant général de police de la ville de Reims,
qui fut anobli en janvier 1784 par lettres patentes du roi Louis XVI.
Son chef est connu de nos jours sous le titre de baron.
Principale alliance : Keller 1908.
A la même souche paraît avoir appartenu Jean-Baptiste Duchastel
de Montflambert, qui fut anobli par une charge de secrétaire du Roi et
dont le fils, Jacques-Jean-Baptiste Duchastel-Berthelin, né à Reims
en 1756, négociant à Troyes, député de l'Aube au conseil des Cinq-
Cents, puis à la Chambre des Cent-Jours. décédé en 1830, fut créé
baron de l'Empire, sur promesse d'institution de majorât, par décret
impérial du 2 janvier 1814.
CHASTEL de TRÉMAZAN (du). Armes : fascé (Tor et de gueules de six
pièces. — Couronne : de Marquis. — Devise : Mar car Doué (si
Dieu veut). — Autre devise : Face partout avec V aide de Dieu. — Cri
de guerre : Vaillant du Chastel!
La maison du Chastel de Tuémazan, récemmentéteinte, avait occupé
au moyen âge un rang considérable dans la noblesse de Bretagne.
On trouvera sur elle d'importants dossiers dans les divers recueils de
manuscrits du Cabinet des Titres, spécialement dans les Dossiers
bleus. On trouvera dans les manuscrits de Chérin un rapport que le
généalogiste des Ordres du Roi envoya le 28 octobre 1757 à l'abbë
du Chastel pour le faire insérer dunsle Mercure de France. Ce rapport
commence en ces termes : « La maison du Chastel est d'ancienne
a chevalerie. L'histoire de Bretagne est remplie de monuments qui
96 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
« constatent son ancienneté, ses services militaires et ses grandes
« alliances... » .
Une tradition fait descendre la maison du Chastel dun certain Galon,
ou Valon, puissant seigneur bas-breton qui vivait dans la première
moitié du vi^ siècle et qui fui père de saint Tanneguy, de saint Aude
et de saint Azénor. Toujours d'après la tradition, ce serait ce Valon
qui aurait fait construire dans la paroisse de Landunvez, près de
Brest, la forteresse de Trémazan dont les du Chastel étaient seigneurs
dès les temps les plus reculés du moyen âge. Cette forteresse fut rem-
placée vers la fin du xii* siècle par un autre château fort dont il sub-
siste des ruines imposantes. Les seigneurs de Trémazan étaient suze-
rains de la ville de Brest. La seigneurie de Trémazan passa par ma-
riage dans la maison de Rieux vers la fin du xvi° siècle ; à l'époque
de la Révolution, elle appartenait à la maison de Rohan.
Kerviler, dans son Répertoire de Biobibliographie bretonne, men-
tionne au nombre des premiers auteurs connus de la maison du
Chastel un Marc de Castro, qui fut témoin dans une charte de Saint-
Georges en 1080, et un Arthur du Chastel qui est mentionné dans
une charte de Saint-Florent en 1086. La filiation suivie remonte,
d'après Potier de Courcy, à un Tanneguy du Chastel dont le lils Ber-
nard épousa Constance de Léon vers le milieu du xiii' siècle. Ce Ber-
nard du Chastel se croisa en 1248, d'après un titre de la collection
Courtois ; son nom et ses armes ont été inscrits aux salles des Croi-
sades du Musée de Versailles. Il est représenté à cheval, armé de
toutes pièces, sur un sceau de l'année de 1270. On lui attribue pour
fils Hervé du Chastel, marié à Sibylle de Leslen, qui figure au
compte testamentaire de Jean le Roux, en 1288, et qui est qualifié
chevalier à l'état des osts dus au Duc en 1294. Hervé fut père de Ber-
nard, vivant en 1327, qui épousa Kléonore de Rosmadec, et grand-
père de Tanneguy du Chastel, capitaine de Brest en 1342, vaillant
capitaine, qui remporta en 1349 sur Charles de Blois la bataille de la
Roche-Derrien. Celui-ci avait épousé Tiphaine de Plusquellec et en
eut plusieurs fils. Deux de ces fils, Bernard et Briant, furent exécutés
par les ordres de Charles de Blois. Un troisième, Guillaume, continua
la descendance. Un quatrième, Tanneguy, épousa Gabrielle, dame
deMesle, et fut l'auteur de la branche des seigneurs de Mesle dont le
dernier représentant, Tanneguy, baron d'Ancenis, vicomte de Saint-
Nazaire, connu sous le titre de marquis du Chatel, mourut sans pos-
térité en 1068. Un cinquième fils, Bertrand, épousa l'héritière de la
seigneurie de Kerlech, en Ploudalmezeau, sous le nom de laquelle
ses descendants, laissant tomber en désuétude le nom de leurs ancê-
tres, furent exclusivement connus pendant plusieurs générations.
DICTIONNAIHK DES FAMILLKS FRANÇAISES 97
Celte branche des seigneurs de Kerlech, que Potier de Courcy croit
s'cHre détachée de la souche dès le xni^ siècle, fut maintenue dans
sa noblesse par arrêt du 20 février 1671, fit en 1*593 et 1694 des preuves
de noblesse pour la maison de Saint-Cyr et s'éteignit au commence-
ment du xviii'^ siècle dans les familles de Kergoet et du Boisadam ;
elle chargea ses armoiries jusqu'en 1578 d'ww lambel d'azur; elle a
aussi souvent porté le blason des anciens seigneurs de Kerlech :
d'azur à dix sonnettes d'argent l, 3, 2, 4. Le troisième fils de Tan-
neguy du Chastel et de Tiphaine de Plusquellec, Guillaume, décédé en
1370, rendit de grands services au duc Jean V, fut fait prisonnier dans
une rencontre et dut payer pour sa rançon la somme de 6 000 écus.
Son fds, Hervé du Chastel, reçut du roi Charles V par lettres de 1374,
en récompense de ses services, une pension de 600 livres sur le trésor
royal. Il laissa quatre fds. L'ainé de ces fils, Guillaume, capitaine des
châteaux de Saint-Nazaire et de Guérande, puis chambellan du roi
Charles VI, tué devant Jersey en 1404 sans laisser de postérité, fut un
des plus valeureux capitaines de son temps, se signala par son courage
dans le combat livré en 1379 pour empêcher le débarquement de la
flotte espagnole et fut, le 17 mai 1402, un des tenants du célèbre
combat livré à Montendre par le sire de Barbazan avec six chevaliers
français contre sept chevaliers anglais.
La maison du Chastel a été spécialement illustrée par le célèbre
Tanneguy du Chastel, un des frères du précédent, décédé sans pos-
térité en 1449, qui, étant à la tète des troupes du roi de Sicile, s'em-
para de Rome en 1410 et y rétablit l'autorité du pape Alexandre.
Tanneguy du Chastel devint dans la suite prévôt de Paris en 1413,
maréchal de Guienne en 1414, reprit en 1416 le château de Mont-
Ihéry sur les Bourguignons, sauva le Dauphin quand Paris fut pris
par les Bourguignons enl418et fut nommé maréclial des troupes de
ce Prince. Il est aujourd'hui surtout et tristement connu pour la part
qu'il prit à l'assassinat sur le pont de Montereau, en 1419, de Jean
sans Peur, duc de Bourgogne. A son avènement, le roi Charles VII le
nomma grand maître de son hôtel, puis gouverneur et sénéchal de
Provence.
Hervé du Chastel eut deux autres fds dont l'un, Olivier, continua la
descendance et dont l'autre, Hervé, Sgr de Coetelez, fut le grand-père
de Christophe du Chastel, évoque de Tréguier en 1466. Olivier du
Chastel fut chambellan du duc de Bretagne et sénéchal de Saintonge
et mourut en 1455. Il avait épousé en 1408 Jeanne de Plœuc dont il
laissa à son tour quatre fds : 1° François, qui continua la descendance;
2° Guillaume, panetier du roi Charles VII et écuyer du Dauphin, qui
fut tué au siège de Pontoise en 1441 et enterré ^a.t ordre du Roi dans
X. 7
98 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
l'abbaye de Saint-Denis; 3° Jean, évêque de Carcassonne, décédé en
1472 ; 4° Tanneguy, vicomte de la Bellière, grand écuyer et grand
maître de la maison du roi Charles VII, auquel il montra le plus grand
attachement et dont il paya les funérailles, puis grand maître de l'hôtel
du duc de Bretagne, chevalier de Saint-Michel, gouverneur du Rous-
sillon, ambassadeur en Angleterre, qui fut tué au siège de Bouchain
en 1457. François du Chastel épousa en 1434 Jeanne de Kerman. Son
fds, Olivier, marié en 1459 à Marie du Poulmic, en eut trois fds dont
les deux aînés, Tanneguy, marié en IbOl à Marie du Juch, et Gabriel,
Sgr de Coetangars, furent les auteurs des deux branches et dont le
plus jeune, Olivier, décédé en lo26, fut évêque de Saint-Brieuc.
La branche aînée fut illustrée par Guillaume du Chastel, sieur de
Kersimon, gouverneur de Brest, qui en loo8 défit au Conquet dix
mille Anglais. Elle s'éteignit avec Claude, baron du Chastel, vicomte
de Pommeril, neveu du précédent, qui fut lieutenant du Roi en Basse-
Bretagne et qui ne laissa que deux filles mariées dans les familles de
Rieux et de la Moussaye.
La branche cadette, dite des seigneurs de Coetangars, la seule qui
se soit perpétuée jusqu'à nos jours, fut relativement assez obscure.
Elle fut maintenue dans sa noblesse par arrêt du 5 février 1671 et un
de ses représentants fut admis le 3 février 1786 aux honneurs de la
Cour de France. Raymond-Balthazar du Chastel, marié en 1723 à
M"* des Vergers de Sannois, proche parente de l'impératrice José-
phine, fut maintenu dans sa noblesse en 1732 par arrêt du Conseil
souverain de la Martinique. Son petit-tils, Victor-Gabriel, né en 1790,
connu sous le titre de marquis du Chastel de Trémazan, membre du
Conseil général de la Martinique, marié en 1824 à M"® d'Anglars de
Bassignac, mourut en 1865 laissant quatre enfants qui ont été les
derniers représentants de leur maison : 1° Gabriel-Tanneguy, décédé
sans postérité en 1886; 2° Louis-Tanneguy, aumônier de l'Hôtel-Dieu
de Saint-Pierre de la Martinique, décédé en 1892 : 3° Guillaume, dé-
cédé sans postérité à la Martinique en 1894 ; 4° Louise-Angèle-
Tanneguyne, demeurée sans alliance, qui a survécu à ses trois
frères.
La maison du Chastel a fourni, en dehors des personnages cités
au cours de cette notice, des officiers de grand mérite, un évêque
d'Uzès, décédé en 1463, un aumônier du Roi en 1746, etc.
Principales alliances: de Rosmadec, de Plusquellec, de Coetivy,
de Plœuc, de Quélen, de Nevet 1444, de Malestroit, du Chastellier,
d'Acigné, de Rieux, de Gouyon de la Moussaye, du Couédic, du Cos-
kaer, Huchetde la Bédoyère, de Kergariou 1730, Cillart de la Ville-
neuve 18'i8, d'Anglars de Bassignac 1824, du Bot, de Kérouartz, de
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRAN(;AISES 99
rioulainc, Budes, de Kcrgoct, de Tournemiiie, de Coetquen, de Laii-
nion 1037, de Kergorlay, de Courson 1871, etc.
Il a existé dans la noblesse de Bretagne plusieurs autres familles du
Chastel. Trois de ces familles, celle des seigneurs de la Rouaudays,
celle des seigneurs de la Ville-Guérin et de la Rouvraye et celle des
seigneurs de Lannurien, subsistaient lors de la grande recherche
commencée en 1666.
La familleou Chastel de la Rouaudais, fixée au diocèse de Saint-Malo,
portait pour armes : de gueules à un château d'or, souvent sommé
de trois billettes de même ou de neuf boulets de canon, six à fleur
et trois enfoncés. Elle revendiquait une origine commune avec la
maison du Chastel de Trémazan dont elle croyait être une branche
détachée au xiv^ siècle. Potier de Courcy lui attribue un Guillaume du
Chastel qui ratifia le traité de Guérande en 1381. Elle figura de 1447
à 1513 aux réformations et montres de la noblesse du diocèse de
Saint-Malo. D'abord condamnée comme usurpatrice de noblesse
par arrêt du 13 décembre 1668, elle fut maintenue noble par trois
autres arrêts du 13 juin et du 11 octobre 1670 et du 5 mars 1671, après
avoir justifié sa descendance d'Olivier du Chastel, sieur de la Rouau-
days, en la paroisse de Pleurtuit, qui avait épousé vers 1440 Olive
Lucas. Un de ses représentants, Louis-Tanneguy du Chastel, né à Dinan
en 174o, fut admis en 1758 parmi les pages de la Petite Ecurie ; il était
frère de Louis-René du Chastel, né en 1750, chevalier de Malte, qui
fut admis en 1763 parmi les pages de la Reine, et de Reine-Céleste
du Chastel, née en 1747, qui fut admise à Saint-Cyr en 1757. L'abbé
Jean-Tanneguy du Chastel de la Rouaudais, oncle des précédents, né
à Dinan en 1719, aumônier de la Reine, vicaire général deSaint-Omer,
mourut à Jersey en 1799.
La famille du Chastel de la Ville-Guérin et de la Rouvraye, fixée aux
diocèses de Saint-Malo et de Dol, portait pour armes : de gueules à un
château sommé de trois tours et supporté de deux lions, le tout d'or.
Elle fut maintenue dans sa noblesse par arrêt du 12 décembre 1668
après avoir justifié sa descendance d'Olivier du Chastel qui, en 1375,
était seigneur de la Rouvraye, en la paroisse d'Évran, et dont une
fille. Olive, épousa en 1399 Roland du Breil, Sgr de Rays. Elle était
représentée sous Louis XVI par plusieurs frères dont l'aîné, François-
César du Chastel de la Rouvraye, marié en 1753 à M"* du Chastel de
la Rouaudais, obtint en 1766 l'admission de sa fille à Saint-Cyr.
La famille du Chastel de Lannurien, fixée dans le pays de Léon,
portait pour armes : de gueules à un château d'argent, accosté à
dextre dune épée du même, garnie d'or, la pointe en bas. Elle fut
maintenue dans sa noblesse par arrêt du 10 avril 1669 après avoir
100 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
prouvé sa descendance de Perrien du Chastel, marié à Jeanne Jossou,
dont le fds Yves était en lo32 seigneur de Lannurien, en la paroisse
de Plouescat. Elle paraît s'être éteinte dans les dernières années du
xviii^ siècle.
CHASTEL, ou CHATEL, fdu), en Normandie. Voyez : CnATELfDu).
CHASTELAIN d ESSERTINES de BELLEROCHE. Armes : d azur à U7i
château à ti^ois tours, pavillonné et girouette d'argent, maçonné de
sable. — Couronne : de Comte. — Devise : In pace sunt omnia.
La famille Chastelain (ou Chastellain) d'Essertines de Belleroche
paraît avoir eu pour berceau le bourg de Thizy, en Beaujolais, où
dès le milieu du xvi^ siècle elle occupait dans la bourgeoisie un rang
très honorable. Cependant une tradition la fait descendre d'une
famille Chastelain de Thérouanne, éteinte depuis plusieurs siècles,
qui au moyen âge appartenait à la noblesse du nord de la France.
Cette tradition ne s'appuie sur aucune preuve.
Jehan Chastellain, auquel remonte la liliation, fut dans la seconde
moitié du xvi^ siècle clerc notaire juré, puis juge de la chatellenie de
Thizy. Il fut père de Jean Chastellain, qui épousa Antoinette Deche-
lette, héritière de la tour d'Essertines, et grand-père de Philibert de
Chastellain, conseiller du Roi, receveur au grenier à sel de Thizy,
qui acquit en 1625 le fief d'Arcy. Le petit-fds de celui-ci, Pierre
Chastelain de Sertines, avocat en Parlement, fit enregistrer son
blason à l'Armoriai général de '1696 (registre de Villefranchej. 11 fut
élu en l'élection de Beaujolais et procureur du Roi et de Mgr le duc
d'Orléans. Il laissa un fils, noble Pierre -François Chastelain, Sgr
d'Essertines, baptisé à Villefranche le 24 octobre 1697, maire de cette
ville en l7o3, qui épousa en 1733 Jeanne-Françoise de Noyel, fille du
seigneur de Belleroche, et qui mourut à Perreux en 1763. On ne voit
pas que la famille Chastelain d'Essertines ait eu de principe d'ano-
blissement antérieurement à la Révolution et elle ne prit pas part
en 1789 aux assemblées de la noblesse. Elle avait pour chef à cette
époque Jacques-André Chastellain d'Essertines, fils des précédents,
procureur du Roi au bailliage de Beaujolais, qui avait épousé Marie-
Charlotte Bernard de Sénecé par contrat passé à Màcon le 8 juin 1778.
Ce fut ce Jacques-André Chastellain d'Essertines qui recueillit par
héritage la terre de Belleroche, située près de Villefranche, que ses
descendants possèdent encore et sous le nom de laquelle ils sont
aujourd'hui exclusivement connus. Son fils, Salomon Chastelain de
Belleroche, né en 1780, sous-préfet sous la Restauration, marié à
M''^ de Villaine, reçut le titre personnel de baron par ordonnance
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 101
du roi Charles X du 7 juillet 1830. Par suite des événements poli-
tiques, cette ordonnance ne fut jamais suivie de lettres patentes. Ce
premier baron de Belleroche eut trois fils dont l'aîné, Aimé, mourut
sans postérité on 1894 et dont les deu.v plus jeunes, Foulques, marié
à M"* de Glans de Cessiat, nièce du g-rand poète Lamartine, et
Gustave, né en 1814, marié à M"* de Clavière, ont été les auteurs de
deux rameaux actuellement existants.
Principales alliances : Bernard de Sénecé, de Villaine, Borthelot
d'Ozenay 1832, de Glans de Cessiat, de Clavière, Pasquier de
Franclieu,de Courrèges 1875, deRuble, de Moréal de Brevans 1868,
de Chastellier 1872, de Sévelinges, etc.
La famille dont il vient d'être parlé a vraisemblablement eu dans
le passé une origine commune avec une famille Chastelain de Pron-
DiNEs qui a occupé un rang distingué dans la noblesse de robe pari-
sienne. En tout cas les deux familles portaient identiquement les
mêmes armoiries et résidaient l'une et l'autre au xvi^ siècle dans le
bourg de Thizy, en Beaujolais. On trouvera dans le Cabinet (Tllo-
zier les preuves de noblesse qu'un membre de la famille Chastelain de
Prondines fit en 1690 pour être admis au collège Mazariu. Ce tra-
vail donne la filiation depuis un Claude Chastelain, habitant de Thizy,
dont le lils noble homme Anne Chastelain, écuyer, Sgr de Leury,
aurait épousé demoiselle Madeleine de Donon par contrat du
11 mai 1566 dans lequel il est ainsi désigné. Une note de d'Hozier
apprend que ce contrat est faux. Dans la réalité la famille Chastelain
de Prondines tirait sa noblesse de la charge de secrétaire du Roi,
maison et couronne de France, dont fut pourvu le 23 juin 1658
Claude Chastelain, sieur de la Selle, petit-fds des précédents.
Claude Chastelain fut nommé conseiller d'État l'année suivante.
Il avait épousé en 1639 Marie Polaillon dont il eut plusieurs fils.
L'un de ces lils fut le célèbre chanoine Claude Chastelain, décédé
en 1712, que Moréri, dans le long article qu'il lui consacre, dit avoir
été un des hommes les plus singuliers de l'Europe. Un autre,
Timoléon, fut page de la Grande Ecurie. Un troisième, enfin, Pierre
Chastelain, chevalier, Sgr de Poix, Robersart, Wagnonville, etc.,
épousa à Tournay le 27 mai 1672 Marie-Florence de Wasselin, dame
de Pronville, en Artois. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les
preuves de noblesse qu'un petit-fils de ce dernier, Charles-Joseph
Chastelain de Pronville, né au Quesnoy en 1726, fit en 1751 pour être
nommé écuyer de la Petite Ecurie.
La famille Chastelain de Popincourt, à Sentis, portait pour armes :
à'argent à un chenron de sable accompagné de trois merleltes de
même. Une généalogie conservée dans les manuscrits de Chérin en
102 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
fait remonter la filiation à maître Jean Chastelain, licencié en droit
civil, qui fut pourvu de l'office de conseiller du Roi aux requêtes
de son hôtel par lettres du roi Louis XII données à Blois le 21 novem-
bre lol2 et dont le fils, Nicolas, avocat au bailliage de Senlis, con-
trôleur du domaine de S. M. en ladite ville, fut anobli par lettres
données à Fontainebleau en octobre lo78. Le petit-fils de ce dernier,
Daniel Chastelain, Sgr de Popincourt, lieutenant particulier au bail-
liage et siège présidial de Senlis, fut nommé conseiller d'État en 1656.
Il fut père de René Chastelain de Popincourt, né en 1 64 1 , qui fut main-
tenu dans sa noblesse le lo décembre 1698 par jugement de Phélyp-
peaux, intendant de Paris. René Chastelain de Popincourt, né en 1749,
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Senlis.
Jean-Alexandre Chastelain- Deverly, né en 1761 à Sarreguemines,
commissaire des guerres, ofTicier de la Légion d'honneur, fut créé
chevalier de l'Empire par lettres patentes du 21 décembre 1808. Il
reçut les armes suivantes : d'azur à une colombe d'argent tenant
dans son bec une branche de lin d'or, accompagnée en chef de trois
étoiles rangées en fasce d'argent et soutenue d'une Champagne de
sinople chargée du signe des chevaliers légionnaires.
Il existe de nos jours, en Champagne, une famille Chastelain de
Thérouanxe sur laquelle on n'a pu se procurer de renseignements.
Un représentant de cette famille a épousé en 1909 M"^ Sorin de
Bonne.
CHASTELET (le Roux du) : Voyez : le Roux du Chastelet.
CHÂSTELLIER ide). Armes : d'azur à une tour d'argent, crénelée de
cinq pièces de même, maçonnée et rustiquée de sable, sommée de
trois tourelles d'argent. — Couronne : de Marquis. — Cimier : un
bras d'argent, ayant sa cuirasse, tenant un marteau d'ai'mes de
sable. — Devise : Fatum virtus, labor. — Autre devise : Fermeté et
loyauté.
La famille de Chastellier est originaire du Dauphiné. On en trou-
vera une généalogie dans les manuscrits de Chérin. On trouvera
dans le même recueil un rapport non daté dans lequel Chérin s'ex-
prime en ces termes : « La famille noble de Cliastellier est distinguée
« par ses services tant dans l'épée que dans la robe et par les
« alliances qu'elle a faites avec plusieurs maisons connues... »
La filiation suivie remonte à honorable homme Jean Chastellier le
vieux, du lieu de Monteilhé, au diocèse de Valence, qui fit son tes-
tament le 8 septembre 1517 en faveur de son fils, honorable homme
Charles ChastelHer, et qui cita dans cet acte sa femme, honnête
DICTIONNAinR D i: S FAMILLES FRANÇAISF.S 103
femme Jeanne Teyssère. Charles Chastellier avait épousé Madeleine
Rossi, ou Roussy,parconlratpassélel"janvierl508 devant Toullier,
notniro à Valence. Il jouit d'un grand crédit auprès des rois
Charles VIII et Louis XII et fut receveur général de leurs finances
pendant les guerres d'Italie. Il mourut à Turin en 1532 laissant deux
fils, tous deux appelés Jean. L'aîné de ces deux frt-res fut contrôleur
général des finances pour le Roi en Piémont et au marquisat de Saluées
et ne laissa pas de Ipostérité. Le puîné, ^Jean Chastellier, Sgr du
Milieu et de Montferrier, en Dauphiné, général des finances du Dau-
phiné en 1546, jfut armé chevalier par le maréchal de Brissac le
15avrili5o7,en présence detoute l'armée, en récompense de son cou-
rage et de ses services ; il fut plus tard confirmé dans la possession de
son titre de chevalier par lettres patentes du roi Charles IX. Il obtint
enfin le 3 juillet 1575 du roi Henri III des lettres patentes de confirma-
tion de noblesse et d'anoblissement en tant que besoin dont on trou-
vera le texte dans le jVouveau dCHozier. Il avait épousé en 1558, pen-
dant son séjour en Italie, Hippolyte Scharavelli, originaire de Turin
et dame en partie de Cérisoles, qui fut nommée en 1580 dame d'hon-
neur de la reine Catherine de Médicis. Il fut nommé en 1577 surin-
tendant des finances dans toutes les provinces où le Roi avait des
armées et mourut en 1588. Il laissait deux fils, Guy et Gabriel-Phi-
lippe Chastellier, qui furent successivement généraux des finances
en Dauphiné. Le second de ces deux frères fut maintenu dans sa
noblesse le 20 juin 1635 par jugement de Talon, intendant du Dau-
phiné. Il avait épousé Alix Bessonet. Il en laissa plusieurs fils qui
furent maintenus dans leur noblesse le 12 juillet 1668 par jugement
rendu à Vienne de l'intendant Dugué. Ce jugement est rapporté tout
au long dans le Nouveau d'Hozier. André de Chastellier, fils aîné de
Gabriel-Philippe et d'Alix Bessonet, fut connu sous le titre de comte
de Cérisoles ; il épousa en 1654 Charlotte de Villars et en eut plusieurs
fils qui moururent sans postérité. Son frère, Scipion de Chastellier,
Sgr de Cérisoles, né en 1618, marié en 1655 à Dorothée de Mistral,
fut président au bureau des finances de la généralité de Grenoble. Il
laissa également plusieurs fils dont deux, Joachim etGuillaume, furent
les auteurs de deux rameaux.
Le premier rameau est aujourd'hui éteint. Son auteur, Joachim de
Chastellier, baron de Cérisoles, reçu en 1705 conseiller d'honneur
au Parlement de Grenoble, avait épousé en 1696 Catherine Poisson,
héritière du marquisat du Mesnil, en Normandie. Il fut père de Charles-
Joachim de Chastellier, lieutenant général des armées du Roi
en 1748, commandeur de Saint-Louis, inspecteur général de cavalerie,
décédé en 1764, en faveur duquel la terre du Mesnil fut confirmée
104 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
dans son titre de marquisat par lettres patentes de décembre 17oo
rapportées tout au long dans le Nouveau dHozier. Esprit-François,
marquis de Chastellier du Mesnil, fils de cet officier général, né
en 1752, décédé prématurément en 1786, avait épousé Frédérique-
Auguste de Deux-Ponts, comtesse de Forbach. Cette dame, qui fut
admise aux honneurs de la Cour en 1787, était née du mariage que
Christian IV, prince palatin, duc souverain de Deux-Ponts, contracta
en 1757 avec M"^ Camasse, danseuse, titrée comtesse de Forbach.
M™* de Chastellier eut une fille qui épousa successivement le mar-
quis des Ligneris et le vicomte d'Hervilly et qui mourut en 1850.
L'auteur du second rameau, Guillaume de Chastellier, baptisé en
1658, fut gentilhomme d'honneur de ^1""= la duchesse d'Orléans et
épousa en 1711 M"'" Lhostellier, d'une famille bourgeoise de Valence.
11 fut père de Joachim de ChastelHer, décédé en 1787, qui épousa
en 1 740 Diane de Durand, et grand-père de Charles-Louis-Joachim de
Chastellier, né à Valence en 1747, qui épousa M""^ de Pascal. Ce der-
nier est vraisemblablement le même personnage qu'un marquis de
Chastellier qui signa en 1789 une protestation de la noblesse de
l'élection de Valence. Joachim-lsidore de Chastellier, né à Xîmes
en 1775, maire de cette en 1825, député du Gard sous la monarchie
de Juillet, décédé dans sa ville natale en 1861 , avait été créé pair de
France par Louis-Philippe en 1841. Ce rameau s'est perpétué jusqu'à
nos jours dans le département du Gard. Son chef est connu sous le
titre de marquis de Chastellier.
Principales alliances : de Roquefeuil 1857, de Pierre de Bernis vers
1875, de Corbeau 1698, de Poisson du Mesnil 1696, de Cheylus, de
Boisse 1777, de Deux-Ponts, d'Aurel 1723, 1774, Chastelain de Belle-
roche, des Ligneris, etc.
La puissanle famille dont il vient d'être parlé et dont un rameau
a possédé le marquisat du Mesnil, en Normandie, est distincte d'une
famille du Chastelier qui a possédé la seigneurie de Saint-Germain
dans cette même province. Cette famille portait pour armes : à'azur
à trois losanges (ïor rangés en chef, accompagnés en pointe de trois
croissants d'argent. Elle fut condamnée à l'amende comme usur-
patrice de noblesse d'abord le 8 février 1669 par jugement de M. de
la Gallissonnière, intendant de Rouen, puis, sur appel, par arrêt du
Conseil d'État.
Plusieurs familles du Chastellier ont appartenu à l'ancienne noblesse
de Bretagne. Deux de ces familles, toutes deux du diocèse de
Rennes, subsistaient lors de la grande recherche de 1666.
, L'une d'elles, qui possédait une seigneurie de son nom dans la
paroisse de Corps-Nu, portait pour armes : de gueules à un dextro-
DICTIONNAIRE DES FAMIM.ES FRANÇAISES 105
chère mouvant de séneslre, tenant une fleur de lys d'argent et accom-
pagné de quatre besants du même, un en chef, deux aux flancs et un
en pointe. Elle fut maintenue dans sa noblesse par jugement du
19 novembre 1668 après avoir justifié sa descendance de l^ierre du
Ghastellier qui épousa Jacquemine d'Acigné dans les premières
années du w" siècle. Ce Pierre du Ghastellier paraît avoir été un cadet
d'une famille du Ghastellier qui avait eu pour berceau la seigneurie
de son nom, en la paroisse d'Éréac, au diocèse de Saint-Malo, dont
un représentant, Guillaume, se croisa en 1248, d'après un titre de
la collection Gourtois, qui portait pour armes : à' or au chef de sable
chargé d'un lambel d'argent et qui se fondit en 1480 dans la famille
de Villeblanche. Geltc famille a donné plusieurs conseillers et en 1694
un président à mortier auParlemenl de Bretagne. Elle s'éteignit avec
Pierre-Etienne du Ghastellier de la Haullaye, baron de Ghatcloger,
qui fut tué à l'ennemi en 1704.
L'autre famille du Ghastellier possédait une seigneurie de son nom
dans la paroisse du Vieux-Viel. Elle portait pour armes : d'argent à
une aigle de sable, becquée etmembrée de gueules. Elle fut maintenue
dans sa noblesse par arrêts du 16 août 1669 et du 4 août 1670 après
avoir justifié sa descendance de Mathurin du Ghastellier qui avait
épousé à la fin du \v^ siècle Georgine du Plessis. On trouvera dans
le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse que son chef, Gharles
du Ghastellier, Sgr du Rifray, en la paroisse de Ghanteloup, au dio-
cèse de Rennes, marié à Pontorson en 1772 à Anne Leroy de Brée, fit
sous Louis XVI pour obtenir l'admission à l'Ecole militaire d'un de
ses fils, Jean- Baptiste, né en 1776. Un frère aîné de ce jeune homme,
Gharles-Nicolas du GhastelHer, né à Ghanteloup en 1774, marié à
M"^ du Quesnoy, fut fusillé en 1801 par ordre de Georges Gadoudal.
GHASTELLUX (dej. Armes : écarteléaux i et A d'azur à une bande d'or
accompagnée de sept billettes du même, posées droites, six dans la
direction de la bande et une à l'angle sénestre supérieur, qui est de
Ghastellux ; aux ^ et S d argent à une bande d'azur, qui est de Dur-
fort. — Gimier : une tête couverte d'un voile, couronnée à l'antique
et accostée de deux oiseaux. — Gouronne ducale. — Supports : deux
lions. — Manteau de pair de France. — Devise : Vaincre ou mourir.
La maison de Ghastellux, anciennement de Beauvoir de Ghastellux,
est une des plus illustres de l'aristocratie française. Elle descend des
anciens sires de Montréal qui occupaient au moyen âge un rang consi-
dérable dans la noblesse de Bourgogne et dont elle porte encore les
armoiries. Anséric IV, sire de Montréal se croisa en 1147. Anséric VI,
sire de Montréal, neveu par sa femme du duc de Bourgogne, se croisa
106 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
à son tour en 1189. Hugues de Montréal, décédé le 18 mars 1231, fut
évêque de Langres.
Jean de Montréal, cadet de cette puissante maison, possédait
dès 1248 la seigneurie de Beauvoir sous le nom de laquelle ses des-
cendants furent exclusivement connus pendant plusieurs généra-
tions. C'est donc par erreur que le Père Anselme et les généalogistes
qui l'ont copié ont fait descendre la maison actuelle de Chastellux
d'un Jean, Sgr d'Auxerre, qui en l3o2 servait en Picardie sous le roi
de Navarre et qui aurait épousé antérieurement à 1339 Jacquette
d'Autun, héritière de la seigneurie de Beauvoir. 11 est aujourd'hui établi,
grâce en partie aux savantes recherches de son chef actuel, que la
maison de Chastellux descend dun Jean de Beauvoir, écuyer, qui
avait épousé Jacquette de Bordeaux dans la première moitié du
xiv^ siècle. Guillaume deBeauvoir, fils duprécédent,recueillitenl384,
par donation de sa tante maternelle, Jacquette de Bordeaux, la sei-
gneurie considérable de Chastellux-sur-Cure, située près d'Avalloii,
au diocèse d'.\utun, sur les contins de la Bourgogne et du Nivernais.
11 épousa d'abord Alix de Bourbon, fdle du seigneur de Montpéroux,
puis Jeanne de Saint-Vérain, veuve de Geoffroy du Bouchet, fut con-
seiller et chambellan du duc de Bourgogne, mourut le 6 juin 1408 et
fut enterre aux Cordeliersde Vézelay. Il laissait de sa seconde union
deux tils, Claude et Georges de Beauvoir, Sgrs de Chastellux, qui
furent des personnages fort puissants. Le second de ces deux frères,
Georges, décédé dans la suite sans laisser de postérité, fut nommé
amiral de France en 1420. L'aîné, Claude, d'abord conseiller et cham-
bellan du duc Jean, en 1 409, puis gouverneur du Nivernais, alors pos-
session des ducs de Bourgogne, dirigea la petite troupe de Bourgui-
gnons que Perrinet Leclerc introduisit dans Paris en 1418 et obtint le
2 juin de cette môme année le bâton de maréchal de France qui lui fut
retiré le 22 janvier 1421. Claude de Chastellux contribua pour une
grande part à la victoire que les Bourguignons et les .anglais rem-
portèrent à Crevant-sur- Yonne en 1423 sur les troupes du roi
Charles Vil; après le combat il remit la ville de Crevant au chapitre
d'Auxerre et, en récompense de ce service, obtint pour lui et pour ses
descendants à perpétuité le droit de siéger aux assemblées de ce
chapitre, de s'en qualifier premier chanoine honoraire et d'entrer dans
la cathédrale d'Auxerre l'épée au côté, revêtu d'un surplis, l'aumusse
sur le bras, tenant un faucon sur le poing. 11 mourut en mars 1453 et fut
inhumé dans la cathédrale d'Auxerre. Il portait la qualification de
vicomte d'Avalionque ses descendants ont conservée jusqu'à l'époque
de la Révolution. Le maréchal de Chastellux laissa de son troisième
mariage avec Marie de Savoisi plusieurs enfants qui laissèrent tomber
Dir.TIONNAIRR DRS FAMILLES FRANÇAISES 107
en dôsuélude le nom de Beauvoir pour ne conserver que celui de leur
seig-nourie do Chastclhix. Son fils aîné, Jean, sire de Chastellux,
Sgr de Bazernes et de Coulanges, vicomte d'Avallon, cliambellan du
Roi, fut admis aux Étals de Bourgogne en 1460. Le fds de celui-ci,
Philippe, Sgr de Chastellux, vicomte d'Avallon, élevé parmi les
enfants d'honneur du roi Charles VIII, épousa en deuxièmes noces, le
9 août 1502, Barbe de Ilochberg. Il en eut plusieurs fds, dont trois,
Philippe, Louis et Olivier, furent les auteurs de trois branches.
La branche aînée, dite des seigneurs de Bazernes, et la troisième
branche, dite des seigneurs de Coulanges, s'éteignirent après quel-
ques générations.
L'auteur de la seconde branche, aujourd'hui seule existante, Louis,
Sgr de Cliastellux, vicomte d'Avallon, fut gentilhomme ordinaire de
la chambre du Roi, chevalier de son Ordre, gouverneur de Marsal
en 1569 et de la citadelle de Metz en 1570. Son petit-fds, Hercule,
vicomte d'Avallon, obtint par lettres patentes de 1621 l'érection en
comté de sa seigneurie de Chastellux. Il fut père de César-Philippe,
comte de Chastellux, vicomte d'Avallon, maréchal de camp, décédé
en 1695, et grand-père de Guillaume-Antoine, comte de Chastellux,
vicomte d'Avallon, lieutenant général des armées du Roi, marié en
1722 à M''^ d'Aguesseau et décédé en 1742. Ce dernier laissa, entre
autres enfants, trois fds : 1° César-François, né en 1723, qui con-
tinua la descendance; 2° Louis-Philippe, connu sous le titre de mar-
quis de Chastellux, maréchal de camp en 1762, qui mourut sans
postérité; 3° François-Jacques, né en 1734, connu sous le titre de
chevalier, puis sous celui de marquis de Chastellux, écrivain dis-
tingué, membre de l'Académie française en 1775, décédé en 1788,
dont le fils unique, Alfred-Philippe, comte de Chastellux, né pos-
thume en 1789, marié en 1819 à M"« Bruzelin, décédé sans posté-
rité en 1856, fut appelé par Louis-Philippe à la Chambre des pairs
en 1845. César-François, comte de Chastellux, vicomte d'Avallon, cha-
noine héréditaire de la cathédrale d'Auxerre, brigadier d'infanterie,
mourut dès 1749. Son fds unique, Henri-César, comte de Chastellux,
vicomte d'Avallon, maréchal de camp en 1788, chevalier d'honneur
de Madame, décédé en 1814, avait épousé en 1773 M"^ de Durfort, une
des fdles du duc de Civrac. Il en laissa deux fds, César-Laurent et
Henri-Louis, dont il va être parlé, et trois fdles. La plus jeune de
celles-ci avait épousé en 1813 le célèbre colonel comte de la Bédoyère
qui fut fusillé en 1815. César-Laurent, comte de Chastellux, né à Ver-
sailles en 1780, maréchal de camp en 1821, décédé au château de
Chastellux en 1854, fut créé pair de France héréditaire en dé-
cembre 1823; de son mariage, en 1813, avec la comtesse de Vogué, née
108 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Damas d'Antigny, il laissa deux filles dont l'aînée épousa le marquis
deLur-Saluces etdontla seconde épousa son cousin germain, le comte
de Chaslellux. Son frère, Henri-Louis de Chastellux, né à Versailles
en 1786, ambassadeur sous la Restauration, commandeurdela Légion
d'honneur, décédé en 1863, avait épousé en 1819 sa cousine, Claire-
Benjamine de Durforl, fille du dernier duc de Duras. Il fut autorisé par
ordonnance du loaoùt 1819àfaireprccéder sonnom de celui de Duras,
reçut le titre héréditaire de marquis de Duras-Chastellux par lettres
patentes du 27 août 1819, puis celui de duc de Rauzan par brevet du
31 août suivant et fut enfin confirmé dans la possession héréditaire
de ce dernier titre et substitué à la pairie héréditaire de son beau-
père, le duc de Duras, par ordonnance du roi Charles X du 25 dé-
cembre 1825. Son fils, Amédée-Henri, né en 1821, marié en 1842 à sa
cousine M"'^ de Chastellux, et son petit-fils, Henri-César, marié en
1869 à M'"^ de Virieu, possesseur actuel du magnifique château de
Chastellux, n'ont été connus que sous le titre de comte de Chastellux.
Mais son arrière-petit-fils, Olivier, né en 1878, marié en 1910 3^1'"^ de
Courcel, porte le titre de marquis de Duras-Chastellux.
La maison de Chastellux a été admise aux honneurs de la Cour de
France en 1765 et 1768.
Elle a donné plusieurs chevaliers à l'Ordre de Malte depuis César
de Chastellux d'Avallon, reçu en 1600.
Un grand nombre de ses membres ont péri sur différents champs
de bataille.
Principales alliances : de Bourbon, de Jaucourt, de Grancey 1409,
de Longvi, de Savoisy, d'Anlczy, de Montmorillon, Aux-Epaules, de
Confiaus 1561, de Culant, de Chevron-Villettc, de Choiseul-Traves,
de Moroges, du Plessis-Liancourt 1586, de Gauville, d Esguilly, de
Meun de la Ferté 1564, de Clermont d'Amboise 1583, Barillon, de
Saint-Chamans 1687, de Vienne de Comarin, d'Aguesseau 1722, de
la Tournelle 1749, Jubert 1745, de Durfort-Civrac 1773, de Durfort
de Duras 1819, de Damas d'Antigny 1813, 1814, de Percin de la
Valette-Montgaillard 1817, Huchet de la Bédoyère 1813, de Lur-
Saluces 1835, de Lubersac 18 12, de Blacas 1849, de Virieu 1869, de
Warrcn 1898, etc.
CHASTENET d'Hugonneau de). Voyez: Hugonneau de Chastenet(d').
CHASTENET de GÉRY.
Famille d'ancienne bourgeoisie du Bas-l^imousin.
Jean ChasLenet, du lieu de Géry, notaire et procureur, épousa
en 1676 Marguerite Robert.
DICTIONNAIHIi DES FAMILLES FRANÇAISES 109
La lamille Chaslenet de Géry compte encore des représentants.
CHASTENET de PUYSÉGUR (de). Armes : d'aziir à un chevron d'argent
accompagné en pointe d'un lion léopardé d'or; au chef d'or. — Cou-
ronne : de Marquis. — Devise : Spes mea Deus.
La maison de Chastenet de Puységur, originaire de Lectoure, en
Gascogne, occupe depuis la fin du xvi^ siècle un rang considérable
dans l'aristocratie française. Jusqu'à ces derniers temps on la con-
sidérait comme de très ancienne extraction et tous les généalogistes
des xvii% xviii* et xix^ siècles l'ont fait descendre d'une famille de
Chastenet de Pu/ferrier qui a appartenu à la noblesse du Limousin
et dont des branches se sont répandues dans la Marche et le Mont-
morillonnais. Ce nest que tout récemment que l'on a connu définiti-
vement l'origine de la maison de Chastenet de Puységur grâce aux
savantes recherches de M. de Jaurgain et de M. J.-B. Escarnot. On
trouvera sur cette origine des détails très curieux et très concluants
dans une intéressante notice sur le château de Puységur que
M. Escarnot a fait paraître dans la Revue de Gascogne en jan-
vier 1908.
Nicolas de Castanet, ou de Chastanet, auquel seulement remonte
la filiation, fut consul de Lectoure en 1518, 1514 et 1524. Ce Nicolas
Castanet paraît avoir été simplement marchand drapier. On peut
voir, en effet, dans les comptes consulaires de Lectoure des années
1516 et 1517 que le drap noir et rouge employé pour les robes des
consuls fut acheté chez Nicolas Castanet, marchand de la ville. Ni-
colas de Castanet, bourgeois de Lectoure, Sgr de Puységur, est ainsi
désigné dans un acte de 1544. Les généalogistes anciens ont
avancé que ce Nicolas de Castanet était un fils de Jean de Chastenet
chevalier, Sgr de Puyferrier, en Limousin, et de sa seconde femme
Dominge de la Lande, dame de Puységur, et qu'il était venu
s'établir en Armagnac où il aurait possédé du chef de sa mère la
seigneurie de Puységur. Noble Nicolas de Castanet, Sgr de Puységur,
fit son testament le 29 janvier 1548 devant maître Darbens, notaire à
Lectoure. Dans cet acte il mentionne sa mère qu'il appelle Domenge
de Saint-Lana et non pas Domenge de la Lande. D'après M. de Jaur-
gain' la famille de Saint-Lana appartenait à la bourgeoisie de
Lectoure. Dans ce même testament de 1548 Nicolas de Castanet,
Sgr de Puységur, demanda à être inhumé dans la cathédrale Saint-
Gervais, devant l'autel de Marie-Madeleine, là oii ses prédécesseurs
ont été ensépulturés, ce qui prouve bien qu'il n'était pas venu du
Limousin. Nicolas de Castanet paraît avoir acquis dans son commerce
* Troisvilles, d'Artagnan et les trois mousquetaires, 1910, avant-propos.
ItO DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
une fortune considérable qui lui permit d'acheter en 1528 des cura-
teurs de Jean dé Biran de Verduzan l'importante seigneurie de Puy-
ségur, située au comté de Fezensac, en Armagnac ^ C'est donc par
erreur que, dans une notice généalogique sur la maison de
Chastenet de Puységur, publiée il y a quelques années, le comte
Robert dePuységur a avancé que Bernard de Castanet, fds cadet du
seigneur de Puyferrier, en Limousin, était devenu seigneur de Puy-
ségur, en Armagnac , par donation de son frère aîné, François de Chas-
tenet, Sgr de Puyferrier, lequel n'avait pas eu d'enfants mâles de son
mariage avec Jeanne de Pérusse des Cars, héritière de la seigneurie
de Puységur. La famille de Pérusse des Cars a bien possédé une sei-
gneurie de Puységur, ou Pu/sségur ; mais cette seigneurie, située au
diocèse de Montauban et dans le canton actuel de Cadours (Haute-
Garonne), était distincte de la seigneurie de Puységur que les Castanet
possédaient en Armagnac et on peut voir, du reste, dans le Père
Anselme, qu'au xviii'' siècle elle appartenait encore aux des Cars.
Nicolas de Castanet, premier seigneur de Puységur, s'agrégea à la
noblesse dans les dernières années de sa vie. Il avait épousé Gui-
raude, ou Géraude, Foassin, d'une famille de la bourgeoisie de Lec-
toure. 11 en eut deux filles qui ne sont pas mentionnées par les généa-
logistes. L'aînée de ces deux filles, Anne, épousa successivement
François Tappie, bourgeois, et maître Jean Duluc, contrôleur des
tailles. La seconde, Géraude, épousa Pierre Roux, procureur général
en la sénéchaussée d'Armagnac. Nicolas de Castanet laissa aussi plu-
sieurs fils. L'aîné de ces fils, Joseph, Sgr de Puységur, mourut en 1591
sans postérité. Le second, Bernard de Chastenet, devint seigneur de
Puységur après la mort de son frère aîné, en 1591, et continua la des-
cendance.
La Chesnaye des Bois croit que Jean de Chastenet, le plus jeune fils
de Nicolas, fut l'auteur d'une branche assez obscure qui alla se fixer
dans le Palatinat. Le dernier représentant de cette branche, Barthé-
lémy de Chastenet, sieur de Puységur, brigadier et inspecteur de cava-
lerie, maréchal de camp, obtint en août 1701 des lettres patentes de
confirmation de noblesse et d'anoblissement en tant que besoin qui
sont rapportées tout au long dans le Nouveau d'Hozier. Il obtint en
même temps un règlement d'armoiries qui l'autorisait à porter le
blason de la maison de Chastenet de Puységur. 11 épousa l'année
suivante Henriette de Chastenet de Puységur, fille du seigneur de la
Coupète.
Bernard de Chastenet, Sgr de Puységur, second fils de Nicolas,
' Revue de Gascogne XL, pags 463.
DIClMONNAinK DRS KAMILLKS FHANÇAISES 111
fut gentilhomme ordinaire de la ciiambre du Roi et vice-sénéchal
d'Armagnac, rendit d'importants services au roi Henri IV pendant
les guerres de religion et commença la série des grandes alliances de
sa famille en épousant le 30 août loS6 Marguerite de Pins, issue
d'une des plus illustres maisons du midi de la France. 11 eut de
cette union trois fils, Jean, Hérard et Pierre de Chastenet, qui furent
les auteurs de trois branches.
L'auteur de la branche aînée, Jean de Chastenet, chevalier, Sgr de
Puységur, épousa le 15décembre 1590 Madeleine d'Espagne, fdle du
baron de Ramefort et issue d'une puissante famille du midi de la
France. Il en eut sept fds dont deux, Jean et Jacques, furent les
auteurs de deux grands rameaux. La Chesnaye des Bois croit qu'un
des cadets fut l'auteur d'une famille de Chastenet, éteinte en 1828,
qui au xviii* siècle était fixée en Périgord et dont il sera dit quelques
mots à la fin de cette notice.
Jean de Chastenet, chevalier, Sgr de Puységur, auteur du premier
rameau de la branche aînée, épousa par contrat du 19 février 1614
Marie de Cère, fille de Jean Cère, bourgeois de Lectoure, et de
Françoise de Bordes. Sa descendance fut maintenue dans sa noblesse
le 12 décembre 1697, sur preuves remontantautestamentde 1548, par
iugement de Sanson, intendant de Montauban. Elle s'éteignit avec
Anne-Thérèse de Puységur qui, en 1717, épousa, dans la chapelle de
Puységur, Jacques de la Rochefontenilles, marquis de Gensac, et qui,
en 1 735, fit restaurer le château de Puységur. Après la mort, survenue
en 1824, de la comtesse de Montmorency-Laval, née la Rochefonte-
nilles-Gensac, le château de Puységur fut mis en vente et fut racheté
par le comte Ladislas de Puységur. Celui-ci le laissa à son neveu,
René, marquis de Puységur, qui mourut sans postérité en 1895. Ce
château est devenu en 1896 la propriété du régisseur, M. Revollat.
Jacques de Chastenet de Puységur, auteur du second rameau de
la bi^anche aînée, fut maître d'hôtel du Roi et lieutenant général de
ses armées ; il s'était fixé en Soissonnais après son second mariage,
en 1644, avec M^'« du Bois de Liège et avait acquis dans ce pays la
vicomte de Buzancy. Il fut maintenu dans sa noblesse le 9 sep-
tembre 1667 par arrêt du Conseil d'État, puis l'année suivante par
jugement de Dorieu, intendant de Soissons. Il mourut en 1682 au
château de Berrioville qu'il possédait près de Guise. Ses Mémoires,
qui s'étendent de 1617 à 1658, ont été publiés en 1747. Son fils,
Jacques de Chastenet, né en 1659, connu sous les titres de marquis de
Puységur, de vicomte de Buzancy, de premier quart-comte de Sois-
sons, fut un des plus brillants officiers généraux de son temps, fut
chargé par Louis XIV de plusieurs missions diplomatiques, fit partie
112 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
du Conseil de la guerre pendant la minorité de Louis XV, obtint le
bâton de maréchal de France en l73o, fut nommé en 1739 chevalier
des Ordres du Roi et mourut en 1743. On a de lui un A7't de la guerre
rédigé pour l'instruction du duc de Bourgogne dont il était gentil-
homme de la manche. I>e maréchal de Puységur laissa un fds unique,
Jacques, marquis de Puységur, né en 1716, lieutenant général des
armées du Roi en 17o9. grand-croix de Saint-Louis en 1770, décédé
en 1782. Celui-ci eut trois fils : 1° Armand-Jacques, né en 17ol, marié
en 1781 à M"* Baudard de Saint-James, fille du célèbre financier,
maréchal de camp en 1791, maire de Soissons en 1800, auteur de
plusieurs ouvrages snr le magnétisme, décédé en 182o au château
de Buzancy, qui fut confirmé par lettres patentes du 30 avril 1822,
sur institution de majorât, dans la possession héréditaire du titre de
marquis de Puységur et dont la descendance masculine s'estéteinte
en 1879 ; 2» Antoine-Hyacinthe-Anne, né en 1752, contre-amiral de la
flotte portugaise pendant l'émigration, marié en 1780 à M"* Ricouart
d'Hérouville, décédé en 1809. dont la descendance subsiste ; 3° Jac-
ques-Maxime-Paul, né en 17oo, maréchal de camp en 1814, marié
successivement à Anne de Pichard, héritière de grands biens en Bor-
delais, et à sa nièce, Julie de Puységur, fille d'Armand-Jacques,
décédé à Bordeaux en 1848, dont la descendance subsiste également.
L'auteur de la seconde branche, Hérard de Chastenet, Sgr de Bar-
rast, en Albigeois, fut conseiller au Parlement de Toulouse. Il fut père
de Jean-Jacques de Chastenet, Sgr de Barrnst, qui lui succéda dans
sa charge en 1634. L'arrière-petit-fils de celui-ci, Pierre-Hercule de
Chastenet, chevalier, Sgr de Barrast, né en 1664, fut le premier de
cette branche qui prit, avec le titre de comte, le nom de Puységur
illustré par plusieurs représentants de la branche aînée. Il laissa plu-
sieurs fils. L'aîné de ces fils, Pierre-Louis de Chastenet, comte de
Puységur, né en 1727, lieutenant général des armées du Roi, décédé
sans postérité en 1808, fut nommé en 1788 ministre de la Guerre. Le
second, Barthélcmy-Hercule, vicomte de Puységur, né en 1729, maré-
chal de camp en 1780, continua la descendance . Un des cadets, Jean-
Auguste, né à Rabasteins en 1740, décédé au même lieu en 1813, fut
successivement évoque do Saint-OmeretdeCarcassonne, archevêque
de Bourges en 1788 et député du clergé de son diocèse aux États géné-
raux de 1789. Un autre, Jean-Hercule, né d'un deuxième lit en 1758,
décédé sans alliance en 1820, fut lieutenant général des armées du
Roi. Barthélémy-Hercule, vicomte de Puységur, mentionné plus haut,
épousa en 1765 M"* Petit de Petival ; il laissa lui-même trois fils :
1° Hercule de Chastenet, comte de Puységur, né en 1769, pair de
F'rance héréditaire en 1823, créé comte héréditaire sur institution de
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES il3
majorât par lettres patentes du 5 juillet 1823, décédé à Rabasteins
en 1848, dont la descendance n'est plus représentée que par sa petite-
fille, la baronne douairière de Lareinty, née Puységur; 2" Charles-
Maxime, né en 1773, marié à M'" de Gottberg, décédé en 1849, dont
la descendance subsiste; 3'' Auguste, né en 1774, marié en 1804 à
M"" O'Kclly-O'Farrell, dont la descendance subsiste également.
La troisième branche possédait la seigneurie de la Coupète, en
Armagnac. Elle a donné plusieurs conseillers au Parlement de Tou-
louse. Son chef, Jean de Chastenet, Sgr de la Coupète, fut maintenu
dans sa noblesse le 6 décembre 1698, sur preuves remontant à 1548,
par jugement de Sanson, intendant de Montauban. Cette branche
paraît avoir eu pour dernier représentant Jacques de Ciiastenet, né
en 1740, connu sous le titre de baron de Puységur, qui était en 1776
capitaine au régim.ent provincial de Piodez.
Plusieurs représentants de la maison de Chastenet de Puységur
furent admis aux honneurs de la Cour au xviii® siècle. Ils paraissent
avoir joui de cette faveur avec dispense de preuves, comme descen-
dants d'un maréchal de France. Il n'existe pas, en tout cas, dans les
manuscrits de Chérin de dossier sur leur famille.
La maison de Chastenet de Puységur a fourni des chevaliers de
Malte, un grand nombre d'officiers de mérite, dont plusieurs ont été
tués à l'ennemi, des gentilshommes de la chambre et des pages
des rois de France.
Principales alliances : de Pins 1556, d'Espagne de Ramefort 1590,
de la Roche-Fontenilles 1717, de Polastron-iaHillère, de Nettancourt-
Vaubecourt 1736, le Pelletier d'Aunay, de Noue 1801, Labay de
Viella 1826, d'Hennezel 1821, le Roy de Saint-Arnaud 1852, de Lor-
geril 1879, de Reauffortl866, de Mailly-Nesle 1848, de Mauléon 1855,
Thibaut de la Carte de la Ferté-Sénectère 1832, de Beaumont 1844,
Foucher de Brandois 1840, de Wignacourt 1872, Gratet du Bou-
chage 1875, de Faucigny-Lucinge 1898, Pourroy de l'Auberivière de
Quinsonasl872, CléreldeTocqueville 1894, de Bénavent-Rodez 1905,
de Preissac 1690, de Tholozan 1829, de Montcalm 1821, de Loé 1879,
Vogoridy 1894, d'Adhémar de Cransac 1833, de Montlezun 1683, de
Grossolles-Flamarens, de Blacas-Carros 1839, etc.
Il a existé en Périgord une famille de Chastenet, ou Chastanet, qui
revendiquait une origine commune avec la puissante maison dont il
vient d'être parlé et qui en portait les armoiries. Cette famille a pos-
sédé, entre autres biens, les seigneuries d'Eglise-Neuve et de Malaval.
Elle a toujours été fort obscure et on n'a pu se procurer sur elle que
peu de renseignements. La Ghesnaye des Bois suppose, mais sans être
affirmatif, qu'elle avait pour auteur un des fils de Jean de Chastenet,
X. 8
114 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Sgr de Puységur, marié en 1590 à Madeleine d'Espagne de Ramelort.
On ne voit pas qù'elleait fait reconnaître sa noblesse lors des diverses
recherches ordonnées par Louis XIV ^ ni nnême qu'elle ait fait enre-
gistrer son blason à l'Armoriai général de 16'.'6 ; ses membres parais-
sent n'avoir commencé à prendre les qualifications nobiliaires qu'a-
près le mariage, contracté en 1727, de Louis de Chastanet (sic), Sgr
d'Église-Neuv€, avec Marie d'Abzac. Cette famille s'est éteinte en la
personne de Louis de Chastenet, Sgr d'Église-Neuve, né en 1762, qui
épousa en 1789 Honorée Daumesnil et qui mouruten 4828 laissant une
fdle unique. Celle-ci est décédée à Périgueux le 18 décembre 1870
sans avoir contracté d'alliance.
La famille de Chastenet d'Esterre, actuellement fixée à Paris, est
originaire de l'Armagnac et croit être une branche de la famille de
Chastenet de Puységur qui se serait détachée de la souche à une
époque très reculée et, en tout cas, inconnue. On n'a pu se procurer
de renseignements sur celte famille qui au xviii^ siècle élait fixée aux
Antilles et on ne voit pas qu'elle ait jamais fait reconnaître sa noblesse
par jugement. Son chef est connu sous le titre de comte.
La famille de Chastenet de Pcyferrier, sur laquelle on a voulu
greffer la famille de Chastenet de Puységur, apparlenaità la noblesse
du Limousin. Beauchet-Filleau, qui en a donné unp généalogie très
sommaire, croit qu'elle portait les armes suivantes : à'argent à une
aigle de sable, à deux télés, couronnée d'or. La souche se partagea
à une époque inconnue en deux branches principales, celle des sei-
gneurs de Puyferrier et celle des seigneurs de Peytavau. Beauchet-
Filleau donne la fdiation de la branche des seigneurs de Puyferrier
depuis Jean de Chastenet, écuyer, Sgr de la Pleau, qui passa un acte
à Oradour-sur-Vayres en 1394. Cette branche paraît s'être éteinte avec
François de Chastenet, Sgr de Puyferrier, qui fut convoqué au ban de
la Basse-Marche réuni au Dorât le 29juilletloo7 et qui assista, quoique
sexagénaire, au ban de 1577. On croit que ce gentilhomme avait
épousé Jeanne de Pérusse des Cars. Il laissa une fille, héritière de la
seigneurie de Puyferrier, qui épousa René Turpin, écuyer. La branche
des seigneurs de Peytavau résidait dans les environs de Montmorillon .
Beauchet-Filleau en donne la filiation depuis Jean de Chastenet,
écuyer, Sgr de Peytavau, qui fit le 9 juillet et le 9 décembre 1537 des
accords avec son frère Maurice. Cette branche paraît avoir eu pour
derniers représentants François de Chastenet, écuyer, Sgr de Pey-
' On ignore si c'est à cette famille que l'on doit rattacher un Chastenet, sieur
de Loguzie, demeurant en Périgord. qui, en 1667, fut condamné comme usurpateur
de noblesse.
DICTIONNAIIIR IHÎ S FA M II. LR S FRANC AI S KS H5
tavau, et ses deux fils, François, baptisé à Mauprevoir en 1609, et
Jean, baptisé au même lieu en 1GI5.
Les mêmes auteurs qui ont voulu greffer la famille de Chastenet de
Puységur sur celle des Chastenet de Puyferrier ont cherché à greffer
celle-ci sur celle des anciens seigneurs du lieu de Castanet, ou Chas-
tenet, situé près de Nogaro, en Armagnac, ou sur celle des anciens
seigneurs du lieu de Castanet, situé à dix kilomètres de Villefranche,
en Rouergue. Luce de Castanet, héritière de cette dernière famille,
épousa vers 1350 Béraud de Faudoas ; elle en eut une fille, Réale de
Faudoas, dame de Castanet, en Rouergue, qui épousa, antérieu-
rement au 27 avril 1377, Pierre d'Armagnac, auteur de la famille
d'Armagnac de Castanet (voyez ce nom), encore existante.
CHASTENET de la PERRIÈRE (de, ou du,). Armes primitives : d'argent
à une aigle à deux lêtes d'azur. — Au xviii'' siècle la famille de
Chastenet adopta le blason de la maison de Chastenet de Puységur :
à'azur à un chevron d'argent accompagné en pointe d'un lion léo-
pardé d'or, armé et lampassé de gueules ; au chef d'or.
Cette famille de Chastenet appartient à la noblesse des environs
de Saint-Jean-d'Angély, sur les confins du Poitou et de la Saintonge.
Il est possible qu'elle soit une branche détachée à une époque
inconnue de la famille de Chastenet de Puyferrier, mentionnée plus
haut, sur laquelle on a voulu greffer la famille de Chastenet de Puy-
ségur. Beauchet-Filleau lui consacre une courte notice dans son
Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Cet
auteur croit qu'elle est la même qu'une famille de Chastenet qui, au
XV® siècle, possédait la seigneurie de la Rivière, près de Dampierre-
sur-Boutonne. Belle de Chastenet, fille d'Aubert, Sgr de la Rivière,
rendit aveu dudit fief au seigneur de Dampierre-sur-Boutonne le
11 octobre 1440. François de Chastenet, agissant pour son père,
habitant de Dampierre-sur-Boutonne, assista à l'arrière-ban du Poitou
de 1489. Jeanne de Chastenet, dame de la Rivière, vendit en 1533 des
terres situées dans la mouvance du château de Dampierre-sur-Bou-
tonne.
Un jugement de maintenue de noblesse, rendu le 14 août J699,
dont il sera parlé plus bas, fait remonter la filiation suivie à René de
Chastenet, écuyer, Sgr de Romegou, qui épousa Madeleine Rigeon
par contrat passé le 14 octobre 1573 devant notaire à Saint-Jean-
d'Angély. René de Chastenet fut père de Salomon de Chastenet,
Sgr de Romegou, qui épousa Elisabeth de Colincourt par contrat passé
le 22 octobre 1598 devant notaire à Saint-Jean-d'Angély, et grand-
père d'Élie de Chastenet, Sgr deBoisserolle, la Cigogne, etc.. demeu-
H6 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
rant en la paroisse de la Cigogne, dans l'élection de Niort, qui fut
maintenu dans sa noblesse le o août 1683 par arrêt du Conseil d'État.
Celui-ci laissa trois fds, Charles, Sgr de la Cigogne, marié en 1676 à
Marie de Colincourt; Pierre, Sgr de la Perrière, marié en 1685 à
Judith de Colincourt; et Jacques, Sgr de Romegou, marié à Niort en
1684 à Marie-Anne Creuzé, qui furent simultanément maintenus dans
leur noblesse le 14 août 1699 par jugement de M. de Maupeou, inten-
dant de Poitiers. Deux de ces trois frères, Charles, écuyer, Sgr de la
Sigongne, et Jacques, écuyer, Sgr de Romegou, firent enregistrer
leur blason à l'Armoriai général de 1696 (registre de Niort) : d'argent
à Vaigle à deux têtes d'azur. L'autre, Pierre, fut père d'autre Pierre
de Chastenet, Sgr de la F'errièro, qui épousa le 8 mai 1726 Char-
lotte Gourdry, fille d'un ancien assesseur de la maréchaussée de
Saint-Jean-d'Angély, grand-père de Charles du Chastenet, Sgr de la
Perrière, qui épousa le lo septembre 1763 Suzanne Laîné du Verger,
fille d'un médecin de Saint-Jean-d'Angély, et bisaïeul de Jean du
Chastenet de la Perrière, qui naquit en 1778 à Saint-Denis-du-Pin,
au diocèse de Saintes. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les
preuves de noblesse que ce dernier fit en 1787 pour être admis à
l'École militaire.
MM. de Chastenet et de Chastenet de Berneré se firent représenter
en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Saint-Jean-d'Angély.
La famille de Chastenet de la Perrière s'est assez obscurément
perpétuée jusqu'à nos jours. On a publié à Paris en 1911 les bans de
mariage d'un de ses représentants.
Il a existé dans la Marche et le Limousin une famille du Chastenet,
fort distinguée, qui portait les armes suivantes : à' argent à un cha-
taigner de sinople accosté de quatre mouchetures d'hermines, deux
de chaque calé; au chef d'azur chargé d'un soleil d'or. Cette famille
avait eu pour berceau la ville de Bourganeuf. On trouvera sur elle des
renseignements dans les ouvrages de Nadaud et de Beauchet-Pilleau.
Ces auteurs donnent la filiation depuis un Pierre du Chastenet qui
avait épousé Jeanne Vérinaud et qui est mentionné dans des actes de
1525 et de 1537. Jean du Chatenet, fils des précédents, possédait le
domaine de Quinsac à SaintHilaire-le-Chàteau (Creuse). Il épousa
le 7 mars 1364 Marie Doumy et fut inhumé en 1610 dans la grande
église de Bourganeuf. Il laissa deux fils, François du Chastenet, Sgr
du Liège, et Léonard du Chastenet, conseiller du Roi, lieutenant
général en la sénéchaussée du Haut-Limousin, qui sont ainsi qualifiés
dans un contrat de 1619. L'aîné de ces deux frères, François, Sgr du
Liège, laissa lui-même plusieurs fils qui, en 1668, firent reconnaître
leur noblesse par jugement de M. d'Aguesseau, intendant de Limoges,
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 117
bien qu'on ne connaisse pas à leur famille de principe d'anoblissement
régulier. L'un de ces fils, François duChastenet, Sgr du Liège, épousa
en 1651 Jeanne de Saint-Jal ; il en eut à son tour un fils, François du
Chastenet, Sgr de Soubrebost, qui ne paraît pas avoir eu d'enfants de
son mariage avec Françoise de Malleret. Léonard du Chastenet,
second fils de Jean, mourut en 162 1 . Il fut père de Jean du Chastenet,
Sgr et baron de Meyrignac, près de Bourganeuf, secrétaire du Roi,
conseiller d'État, sénéchal de Montmorillon, et grand-père de Pierre
du Chastenet, Sgr de Meyrignac, qui fut maintenu dans sa noblesse
le 13 septembre 1672 par arrêt du conseil d'État et qui n'eut pas
d'enfants de son mariage, en 1665, avec Madeleine-Félix d'Ostrelle.
François du Chastenet, écuyer, et François du Chastenet, fils,
écuyer, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général de 1696
(registre de Bourganeuf). N du Chastenet, écuyer, Sgr de la
Chaux, fit enregistrer au même Armoriai les armes suivantes :
d'argent à trois bandes ondées de sable.
Il existait en Poitou, au xviii^ siècle, une famille Chastenet de la
Brunelière à laquelle Beauchet-Filleau a consacré une courte notice.
L'auteur de cette famille, Jean-Baptiste Chastenet, Sgr de la Brune-
Hère, sénéchal du duché de Thouars, fut pourvu le 30 juin 1725 de
l'office anoblissant de trésorier de France au bureau des finances de
Poitiers et obtint des lettres d'honneur en 1751. Il laissa plusieurs
fils : 1° Gaspard de Chastenet, Sgr de la Brunelière, qui fut nommé en
1773 avocat du Roi alternatif au bureau des finances de Poitiers et
qui fut père d'une fille, la marquise d'Aloigny-Rochefort, et d'un fils,
Gaspard-Philibert, né à Thouars en 1773, volontaire à l'armée des
Princes ; 2° François de Chastenet, qui épousa M"'= Perrot des Roches
et qui succéda à son père dans sa charge de trésorier de France ;
3° Jean-Gaspard de Chastenet, Sgr de f*résange, chevalier de Saint-
Louis.
CHASTILLON-MARCONNAY (de). Voyez : Marconnay (de) K
CHASTILLON, ou CHATILLON, (de). Voyez : Chatillon (de).
CHASTRE, ou CHATRE, (delà). Voyez : Châtre (de l.\).
CHATAIGNERAYE (d'Asnières de la). Voyez : Asnières de la Chatai-
GNERAYE (o'j au tomc II et aux Additions et corrections du tome VII.
' Vers 1830 la famille de Marconnay, d'ancienne noblesse du Poitou, aujourd'hui
éteinte, commença à faire précéder son nom de celui de l'illustre maison de Chastillon,
ou Chatillon, dont elle croyait être une branche détachée au xi« siècle. La duchesse
d'Uzès, décédée en 1840, dernière représentante de la maison de Chatillon, protesta
vainement contre cette usurpation de son nom.
lis DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHATAUX iHuguet de). Voyez : Hdguet de Chataux.
CHATEAU ^Papion du). Voyez : Papion du Château.
CHATEAUBARDON du Breuil de Théon de). Voyez : Breuil de Théon de
Chateaubardon (du).
CHATEAUBODEAU (de). Armes : d'azur à un chevron d'or accompagné
de trois quintefeuilles de même, celle de la pointe surmontée d'un
croissant d'argent. — Devise : Spectantibus terrorem incutit leo
rugens.
La famille de Châteaubodeau appartient à la noblesse du Bour-
bonnais.
Elle est originaire de l'Auvergne où elle a possédé, dans le pays
de Combrailles, la terre seigneuriale de Châteaubodeau qui lui a
donné son nom. Elle paraît avoir eu pour nom primitif celui de
Bochard. On trouve que Jean Bochard était seigneur de Châteaubo-
deau dans les dernières années du xv^ siècle.
Le jugement de maintenue de noblesse de 1667 fait remonter la
filiation suivie au 27 avril 1524, date à laquelle Gabriel de Château-
bodeau, religieux de l'ordre de Sainte-Radegonde, tuteur des enfants
mineurs de son frère Gilbert, vendit la terre de Châteaubodeau à
François de Ligondès, mari de sa nièce Jeanne de Châteaubodeau.
La seigneurie de Châteaubodeau appartenait encore en 1789 à la
famille de Ligondès. Après la vente de la terre de Châteaubodeau,
la famille de Châteaubodeau alla se fixer en Bourbonnais où elle s'est
perpétuée jusqu'à nos jours avec beaucoup de distinction. Ses
divers représentants furent maintenus dans leur noblesse en 1667
par jugement de Lambert d'Hcrbigny, intendant de Moulins.
Antoine de Châteaubodeau avait été admis dans l'Ordre de Malte
en 1572 ; Charles de Châteaubodeau fut admis dans le même ordre
en 1686.
Jeanne-Juhe de Châteaubodeau, née à Clermont-Ferrand en 1780,
mariée dans la suite à M. de Frédy, fit sous Louis XVI des preuves de
noblesse pour être admise à Saint-Cyr.
M. de Châteaubodeau prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Montluçon. Pierre de Châteaubodeau, chevalier,
Sgr de la Roche-Morlon et du Coudart, prit part cette même année à
celles tenues à Poitiers et à celles tenues à Guéret. Jean-Baptiste,
chevalier de Châteaubodeau, prit également part à celles tenues à
Guéret.
La famille de Châteaubodeau a fourni, d après le Dictionnaire des
DICTIONNAIRE D K S FAMILLES FRANÇAISES 119
anciennes familles de V Auvergne de Tardieu, un chambellan du duc
d'Alençon en 1576, un chevalier de l'Ordre du Roi en 1561, un
gentilhomme du duc d'Anjou en 1622, un maréchal de camp
en 1667, des officiers supérieurs, etc.
Son chef est connu depuis la Restauration sous le titre de comte.
Principales alliances : de Frédy 1801, Tyrell de Poix, de Ligondès,
des Mazis 1877, Autic de Villemontée 1642, de Chalus, de Fadate de
Saint-Georges 1871, de Gordebœuf, de Bonneval, de Bigny 1656,
d'Hoffelize 1900, etc.
CHATEAUBOURG (Basset de). Voyez : Basset de Chateaubourg.
CHATEAUBOURG (de la Celle de). Voyez : Celle de Chateaubourg (delà).
CHATEAUBRIAND (de). Armes anciennes : de gueules semé de pommes
de pin (aliàs de plumes de paon) d'or. — Armes actuelles (par con-
cession de saint Louis) : de gueules semé de fleurs de lys d'or. —
Devise : Mon sang teint les bamiières de France. — Autre devise :
Je sème l'or. — Cri de guerre : Chateaubriand!
La maison de Chateaubriand est une des plus illustres de la
noblesse de Bretagne. Elle descend des anciens seigneurs de la
ville de Chàteaubriant, aujourd'hui sous-préfecture du département
de la Loire-Inférieure.
Le rapport composé par le généalogiste des ordres du Roi lors
de son admission aux honneurs de la Cour, en 1787, et conservé
dans les manuscrits de Chérin, commence en ces termes : e Les
« monuments de l'histoire de Bretagne placent cette maison parmi
« celles delà haute noblesse de cette province. Elle doit ce rang dis-
« tingué à son ancienneté, remontée à l'époque où les surnoms sont
« devenus héréditaires dans les familles, aux alliances illustres
« qu'elle a contractées, à ses emplois dans les Cours de ses souve-
« rains, à ses services militaires dans leurs armées et dans celles
« de nos Rois. Un auteur qui écrivait en 1619 (le Père Paz, augustin),
« lui donne pour tige Brient, tlls d'Eudes, comte de Penthièvre, et
« avance que le roi saint Louis donna à un de ses descendants, en
« considération de sa valeur au fait des armes, la permission de
« porter pour armes des fleurs de lys d'or sans nombre au lieu de
« celles de pommes de pin que ces seigneurs avaient portées jus-
« qu'alors ; mais ces opinions ne sont appuyées d'aucune preuve
« et cet auteur mérite d'ailleurs peu de confiance. Un autre, dom
« Morice, plus digne de foi, assure que la terre de Chateaubriand,
« au diocèse de Nantes, est la véritable origine de cette maison.
120 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
« Cette terre, portée au xiv® siècle dans la maison de Laval par le
« mariage de Louise de Chateaubriand, héritière de la branche
« aînée, avec Guy, xii* du nom, baron de Laval, tige de M. le maré-
« chai duc de Laval, d'où elle a passé, par les maisons de Dinan, de
« la Hunaudaye et autres, dans celle de M. le prince de Condé, est
« une des neuf anciennes baronnies de Bretagne dont une des préro-
« gatives est de présider la noblesse de cette province à ses États
« assemblés. A ces avantages elle joint le titre de baron qui paraît
« lui avoir été affecté de temps immémorial et dont elle s'est
« décorée même dans les chartes et les traités de ses souverains
« dont elle se rendait garante. Le premier de celte maison que dom
« Morice fait connaître est Tiberne, auquel il ne donne point de
« surnom, suivant l'usage du temps, et qu'il dit avoir épousé
« Énoguentdont il eut Briant qui fit construire un château dans le
« canton nantais auquel il donna le nom de Chàteaubriant qui a
« passé à sa postérité. Il fonda le prieuré de Béze, près de son châ-
« teau. Il est qualifié nobilis vir dans un acte de confirmation de
« cette fondation par Airard, évêque de Nantes, de l'année 1050
« Son fils, Geoffroy de Chateaubriand, surnommé le Vieux, souscrivit
« la fondation faite par son père du prieuré de Béze. Il laissa pour
« fils: l'' Goscho, mort sans alliance en 1114 ; 2° Briant, qui est
« nommé sous le titre de baron dans l'acte de ratification qu'il
« fit, entre les années 1084 et 1112, d'une donation faite par le duc
« Alain-Fcrgent à l'abbaye de Marmoutiers et mourut sans postérité
« à la fin du mois de décembrelliO suivant son épitaphe dans
« laquelle il est nommé egregius princeps, Gaufridi principis hœres;
« 3° Tehel de Chateaubriand, qui par la mort de ses frères devint sei-
« gneur de Chàteaubriant. Il eut pour successeur dans sa terre, on
« ignore à quel degré de parenté, Geoffroy, Sgr de Chàteaubriant,
« qui assista avec le duc de Bretagne à une nouvelle consécra-
« tion de l'église de Redon, faite l'an 1127, et fut témoin de la
« charte de fondation de l'église de Nantes par le duc Conan III de
« l'année 1141 . On trouve ensuite un autre Geoffroy, Sgr de Chàteau-
« briand, auquel Geoffroy d'Angleterre, duc de Bretagne, adressa,
« comme l'un des neuf anciens barons, le règlement qu'il avait
« dressé dans la ville de Rennes en 1185 sur les partages des
« successions des barons, des bannerets et des chefs de race de
« chevalerie de son duché »
Un sire de Chateaubriand prit part à la première croisade,
en 1096; il était accompagné de ses parents, Jean et Briant de
Chateaubriand. Clément de Chateaubriand fut évêque de Nantes
en 1227. Geoffroy de Chateaubriand, iv'- du nom, suivit saint Louis
niCIIONNAIRK ORS FAMILLES FRANÇAISES 12^
en Egypte en 1248 et se couvrit de gloire au combat de la Massoure.
D'après une ancienne tradition, rapportée par le Père du Paz, ce
serait lui qui, en récompense de sa valeur, aurait obtenu du Roi con-
cession des armoiries et de la devise que la maison de Chateaubriand
n'a cessé de porter depuis lors jusqu'à nos jours. Son nom et ses
armes figurent aux Salles des croisades du musée de Versailles. Il
fut fait prisonnier par les Sarrasins et ne recouvra sa liberté qu'au
prix d'une forte rançon. La tradition rapporte que sa première
femme, Sibylle, mourut de joie à la nouvelle de son retour. Il se
remaria dans la suite à Amaurie de Thouars.
La maison de Chateaubriand s'était partagée, antérieurement au
xiv^ siècle, en trois grandes branches dont le point de jonction est
mal connu.
La branche aînée s'éteignit avec Geoffroy, sire de Chateaubriand,
qui périt en 1347 à la bataille de la Roche-Derrien sans avoir eu
d'enfants de son mariage avec Isabeau d'Avaugour. Louise de Cha-
teaubriand, sœur de ce seigneur et femme de Guy, baron de Laval,
recueillit après la mort de son frère la baronnie de Chàteaubriant et
les autres grands biens de cette branche. La baronnie de Chàteau-
briant passa plus tard, avec celle de Laval, dans la maison de Mont-
morency. C'est à cette dernière maison qu'appartenait Jean, comte
de Chàteaubriant, dont la femme, Françoise de Foix, fut la maîtresse
du roi François P'".
La seconde branche a possédé, entre autres biens, les seigneuries
considérables du Lion d'Angers et des Roches-Baritaut, en Anjou,
la vicomte de Remalart, la baronnie de Loigny, etc. Cette branche,
dont le Père Anselme a donné une généalogie dans son Histoire des
grands officiers de la Couronne, au chapitre des grands veneurs,
remontait par filiation à Jean de Chateaubriand, Sgr du Lion d'Angers
et des Roches-Baritaut, qui vivait à la fin du xiii= siècle et au com-
mencement du xiv«. Elle fut illustrée par Georges de Chateaubriand,
Sgr des Roches-Baritaut, marié à Anne de Champagne, qui fut
nommé en 1480 maître de la vénerie, ou grand veneur, du roi Louis XL
Elle produisit deux lieutenants généraux au Bas-Poitou, un gouver-
neur de Fontenay-le-Comte, un chevalier de l'Ordre du Roi, avant
l'institution de celui du Saint-Esprit, un mestre de camp de cavalerie
tué à la bataille de Lérida, en 1642, et s'éteignit avec Gabriel de Cha-
teaubriand, maréchal de camp en 1649, puis lieutenant général des
armées du Roi, et avec son fils Raymond, comte des Roches-Bari-
taut, qui mourut sans postérité dans les dernières années du
xvii^ siècle.
La troisième branche, aujourd'hui seule existante, a possédé.
<22 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
entre autres biens, la seigneurie de Beaufort, située sur le territoire
de la paroisse de Plerguer, au diocèse de Dol. Dans son rapport
de 1787, mentionné plus haut, le généalogiste des Ordres du Roi
s'exprime en ces termes sur cette branche. « Enfin la troisième est
« celle des seigneurs de Beaufort qui a pour tige connue jusqu'à
« présent Geoffroy de Chateaubriand, qualifié monseigneur, titre
« affecté aux chevaHers, lequel paraît être le même qu'un sujet du
« même nom et surnom qui se rendit pleige, avec André de Vitré et
V Henri d'Avaugour, pour Jean le Roux, duc de Bretagne, du ser-
« ment-lige qu'il prêta en 1240 au roi Louis IX. Il eut d'une femme,
« dont le nom est ignoré, un fils et une fille, celle-ci destinée en 1257
« à épouser Guillaume, fils de Thibaud, Sgr de Rocheforl. Le fils
« fut Briand de Chateaubriand, chevalier, qui épousa en 1257
« Jeanne de Beaufort qui lui apporta la terre de Beaufort Il
« assista dans l'ordre des barons aux États tenus à Rennes en 1286
« et laissa de son alliance Guy de Chateaubriand, chevalier, qui fut
« l'un des barons et conseillers du duc de Bretagne que ce prince
« députa en 1309 vers le pape Clément V pour défendre ses droits,
« ainsi que ceux de la noblesse et du peuple, au sujet des préten-
« lions du clergé de son duché. Aucun acte ne prouve qu'il soit père
« de Briand, deuxième du nom ; mais l'identité du nom et la chro-
« nologie rendent cette filiation assez vraisemblable. Briand de Châ-
« teaubriand, chevalier, sire de Beaufort, fit serment de fidélité au
« duc Jean IV en 1370 et s'engagea à servir ce prince dans la
« guerre qu'il avait projetée contre le roi Cliarles V. Dans le même
« temps, ou peu après, vivait Bertrand de Chateaubriand, sire de
« Beaufort, qui fit donation en 1398 de son domaine de la Villegorio
« à Alain Gralart, son frère naturel. 11 eut pour successeur dans ses
« biens Briand, qui suit et qui peut être son fils, depuis lequel la
« filiation est prouvée. Briand de Chateaubriand, sire de Beaufort,
« qualifié noble et puissant, titre donné à la plupart de ses des-
« cendants, était en 1409 sous la tutelle du sire de Coetquen »
La plupart des auteurs admettent que Briand de Chateaubriand,
Sgr de Beaufort, auquel remonte la filiation de cette branche, fut
amiral de Brelagneen 1423. Sa descendance figura de 1440 à 1513
aux réformations et montres de la noblesse du diocèse de Dol et fut
maintenue dans sa noblesse d'ancienne extraction par arrêt du 7 sep-
tembre 1669. A l'époque de la Révolution elle était représentée par
deux rameaux, celui des seigneurs de la Guérande, en la paroisse
d'Hénan-Bihen, et celui des seigneurs des Touches, en la paroisse
de Guitté, qui avaient eu l'un et l'autre à subir les vicissitudes de la
fortune.
DICTIONNAIRR DKS FAMILLES FRANÇAISES 123
Le premier de ces rameaux s'éteignit avec Jean de Chateaubriand,
qui épousa successivement en 1763 Eulalie de la Goublaye et
en 1794 Reine de Lesquen et qui n'eut pas d'enfants de ces deux
unions, et avec sa nièce, Sophie de Chateaubriand, qui épousa
en 1798 Vincent Riou et qui mourut également sans postérité.
Le chef du second rameau, François de Chateaubriand, Sgr des
Touches et de Villeneuve, né en 1689, marié en 1713 à Pétronille
Lamour de Lanjégu, mourut en 17^29 en son manoir de la Villeneuve,
près de Dinan, ne laissant en héritage à ses enfants qu'une fortune
de cinq mille livres de rentes. Deux de ses fils, René et Pierre,
allèrent fonder à Saint-Malo une maison d'armement qui ne tarda
pas à devenir puissante. Ces deux frères furent les auteurs de deux
sous-rameaux.
L'aîné d'entre eux, René, marié en 1753 à M"" de Bédée, acquit
le 3 mai 1761 du duc de Duras le comté de Combourg et fut dès
lors connu sous le titre de comte de Chateaubriand. 11 mourut
en 1786 laissant deux fils, Jean-Auguste, comte de Chateaubriand,
né à Saint-Malo en 1759, conseiller au Parlement de Bretagne
en 1779, et François-René, chevalier, puis vicomte de Chateau-
briand, né en 1768, qui furent admis aux honneurs de la Cour, l'un
le 21 février 1788, l'autre le 19 février 1787.
Le nom de la maison de Chateaubriand a été immortalisé par le
second de.ces deux frères, François-René, auteur du Génie du Chris-
tianisme et des Martyrs, qui fut un des plus illustres écrivains dont
la France s'honore. Chateaubriand, qui venait d'être nommé ministre
de France en Valais, donna sa démission lors de l'exécution du duc
d'Enghien, en 1804, et vécut dans la retraite jusqu'aux événements
de 1814. Ce fut alors qu'il publia son célèbre pamphlet de Buonaparte
et des Bourbons qui, au dire des contemporains, contribua plus
qu'mie armée au rétablissement de la monarchie légitime. Nommé
ministre en Suède, puis ministre d'État, il fut créé pair de France
héréditaire par ordonnance du 17 août 1815, fit attacher à sa pairie le
titre héréditaire de vicomte par ordonnance du 31 août 1817 et fut
enfin autorisé, par une nouvelle ordonnance du 23 décembre 1823, à
transmettre cette pairie à son neveu, Geoffroy-Louis, après avoir
constitué un majorât de dix mille francs de rentes. Ambassadeur à
Berlin, puis à Londres, plénipotentiaire au Congrès de Vérone,
ministre des Affaires étrangères en 1822, disgracié en 1824, ambas-
sadeur à Rome en 1828, il resta fidèle à Charles X après la révo-
lution de 1830, donna sa démission de pair de France, subit une
courte détention en 1832 et mourut en 1848 sans laisser de postérité.
Il était chevalier du Saint-Esprit et de la Toison d'Or et avait été admis
124 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
à l'Académie française en 18 1 1 . Il avait épousé M"^ Buisson de Lavigne,
décédéc en 1847, dont on vient de publier les intéressants Cahiers.
Jean-Auguste, comte de Ciiàteaubriand, frère aîné du grand
écrivain, épousa en 1786 M"* de Rosanbo, petite-fille du ministre
Malesherbes, et périt avec elle le 22 avril 1794 sur l'échafaud
révolutionnaire. Son fils, Louis-Geoffroy, comte de Chateaubriand,
né en 1790, marié en 1811 à M''* d'Orglandes, décédé en 1873
au château de Malesherbes, avait été substitué, comme on l'a vu
plus haut, à la pairie de France héréditaire de son oncle François-
René. Ce sous-rameau n'est plus représenté que par les deux petites-
filles du précédent, les comtesses de la Tour du Pin-Verclause et de
Durfort, nées Chateaubriand.
Pierre de Chateaubriand, auteur du second sous-rameau, épousa
en 1760 M"^ Brignon de Lehen. Leur fils, Armand de Chateaubriand,
né à Saint-Malo en 1768, fut sous le Consulat et sous le Premier
Empire un des plus vaillants émissaires du roi Louis XVIII exilé ;
ayant été fait prisonnier, il fut condamné à morl et fusillé dans la plaine
de Grenelle (1808). Armand de Chateaubriand avait épousé à Jersey
en 1795 M"^ Jenny Lebrun, d'une honorable famille de l'île. II en
laissa un fils, Frédéric, connu sous le titre de comte de Chateau-
briand, qui épousa à Nancy en 1825 M"" Gastaldi et de qui descen-
dent tous les représentants actuels.
La maison de Chateaubriand a fourni, en dehors des personnages
mentionnés au cours de cette notice, de nombreux officiers, un page
du roi Louis XVI, un chevalier de Malte en 1789, un zouave ponti-
fical, dix chevaliers de l'Ordre du Roi depuis 1568, etc.
Principales alliances : d'Avaugour, de Laval, d'Aubigné, de Sainte-
Maure, de Parthenay, du Puy-du-Fou, Foucher 1467, de Granges, de
Coetmen, Odartl438, de Scépeaux, de Croy, d'Estouteville, de Cham-
pagne, de Maillé de la Tour-Landry 1601, de Sainte-Maure-Montau-
sier 1608, de Pompadour, de Malestroit, de Sévigné, de Saint-Gilles,
de Gouyon 1733, de Bédée 1753, de la Celle de Chateaubourg 1786,
le Pelletier de Rosanbo 1786, d'Orglandes 1811, de Beauffort 1842,
delà Tour du Pin 1881, de Durfort de Lorge 1898, etc.
CHATEAUBRUN (Leroy de Lisa dej. Voyez : Leroy de Lis.a de Chate.\u-
BRDN.
CHATEAUMORAND Joubertde la Bastide de). Voyez : Jocbert de la
Bastide de Chateaumoband.
CHATEAUNEUF (Arnaud de). Voyez : Arnadd de Chateadnedf aux
Additions du présent volume.
Dir.TIONNAIRK HKS FAMIM.KS F R A N Ç A I S F, S 125
CHATEAUNEUF DE LA BATISSE (Girard de). Voyez : Girard de Gha-
teauneuf.
CHATEAUNEUF (Faraudi de). Voyez : Faraudi de Chateauneuf.
CHATEAUNEUF-DABRAY (Saisi de). Voyez : Saisi de Chateauneuf-
Dabbay.
CHATEAUNEUF (Allard de). Voyez : Allard de Chateauneuf.
CHATEAUNEUF (de Castagnéry de). Voyez : Castagnéry de Chateauneuf
(de).
CHATEAUNEUF-RANDON (de). Armes : parti au l d'or à trois pals
d'azur, au chef de gueules, qui est de Châteauneuf-Randon ; au 2 de
gueules, tranché d'argent, qui est du Tournel. — Couronne : de Mar-
quis. — Supports : deux lions. — Devise : Deo juvanle.
La maison de Chateauneuf-Randon, souche des puissantes maisons
d'Apchier et de Joyeuse, est à la fois une des plus anciennes et une
des plus illustres du centre de la France. Elle a eu pour berceau la
seigneurie considérable de Châteauneuf-Randon, située en Gévaudan,
sur les confins du Vivarais et du Velay, aujourd'hui chef-lieu de
canton du département de la Lozère. On sait que c'est en faisant le
siège de la forteresse de Châteauneuf-Randon que le connétable du
Guesclin mourut en 1380.
La maison de Châteauneuf-Randon a pour premier auteur connu
un Guillaume, seigneur de Châteauneuf-Randon et d'autres vastes
domaines en Gévaudan, en Auvergne et en Vivarais, qui figure dans
un acte de 1050 avec la qualification de domicellus miles, damoiseau
chevalier. On attribue pour fils à ce seigneur un Angaris, ou Acharis,
de Chateauneuf de Randon, qui aurait épousé Marie, fille du comte
d'Auvergne, et qui, en Tan 1100, rendithommageàl'évèque deMende
de son château de Randon avec toutes les forces qui y étaient conte-
nues. Guillaume de Châteauneuf-Randon, fils présumé du précédent,
était dans la première moitié du xii^ siècle un des plus puissants sei-
gneurs de sa région. Il épousa Elisabeth d'Épernon et en eut trois
fils, Guillaume, Guérin et Guy. L'aîné de ces fils, Guillaume, continua
la ligne directe, à laquelle seule est consacrée la présente notice.
Les deux plus jeunes, Guérin et Guy, furent les auteurs des maisons
d'Apchier et de Joyeuse, aujourd'hui complètement éteintes, qui ont
occupé un rang considérable dans la noblesse française et dont il
sera dit quelques mots à la fin de cette notice.
Guillaume, fils aîné de Guillaume et d'Elisabeth d'Epernon et con-
tinuateur de la ligne directe, eut en partage la seigneurie de Châ-
teauneuf-Randon, 11 épousa en Velay Guillemette de Saissac. Son fils,
i26 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Guigues-Méchin, Sgr de Châteauneuf-Randon et de plusieurs autres
paroisses et châteaux, épousa Marie d'Assumens et en eut lui-même
plusieurs fils. Trois de ces fils, Randon, Odilon et Guignon, furent les
auteurs de trois grandes branches.
La descendance de Randon, l'aîné de ces trois frères, s'éteignit avec
sa petite-fille, Marquise, héritière de la seigneurie de Chàteauneuf-
Randon et daulres grands biens, qui épousa Armand, vicomte de
Polignac, décédé en 1277.
Odilon de Châteauneuf-Randon, auteur de la seconde branche,
épousa Marguerite de Guérin, héritière de la baronnie du Tournel.
Sa descendance masculine, connue sous le nom de Guérin de Châ-
teauneuf, s'éteignit avec Jean de Guérin de Châteauneuf, baron du
Tournel, qui épousa le o août 1485 Simonne d'Uzès et qui n'en eut pas
d'enfants. Ce gentilhomme eut deux sœurs dont l'aînée, Gabrielle,
héritière de la baronnie du Tournel, épousa le 20 juin 1486 son cousin
Sigismond de Châteauneuf-Randon, chef de la troisième branche.
Guignon de Châteauneuf- I\andon, auteur de cette troisième
branche, aujourd'hui seule existante, fut, d'après les généalogistes,
seigneur et vicomte de Saint-Remeisc et baron d'Alenc. Il laissa dune
alliance inconnue un tils, Guillaume, qui rendit hommage en 1307 à
l'évéquedeMende, qui épousa le 10 février 1320 Gillette deTournonet
qui continua la lignée. Sigismond de Châteauneuf-Randon, vicomte
de Saint-Remeise, descendant du précédent, épousa le 20 févrierl486
sa cousine, Gabrielle de Guérin de Châteauneuf, héritière de la
baronnie du Tournel et des autres biens de la seconde branche. Il
fut père d'Antoine de Châteauneuf-Randon, baron du Tournel, che-
valier de l'Ordre du Roi, qui épousa le 20 juin 1533 Elisabeth Gri-
maldi, fille du prince de Monaco, grand-père de Jean-Gaspard de
Châteauneuf-Randon, comie deSaint-Remezy, baron du Tournel, gen-
tilhomme de la chambre du Roi, chevalier de son Ordre, capitaine
d'une compagnie de cent hommes d'armes, qui épousa le 10 sep-
tembre 1560 Madeleine de Combret de Broquiés d'Arpajon, bisaïeul
d'Alexandre de Châteauneuf-Randon, baron du Tournel et d'AUenc,
comte de Saint-Remezy, chevalier de l'Ordre du Roi, capitaine d'une
compagnie de cinquante hommes d'armes, qui épousa d'abord en 1 593
Jeanne de Budos de Portes, dont il n'eut pas d'enfants, puis en 1595
Anne de Pelet de Narbonne, et trisaïeul d'Antoine de Châteauneuf-
Randon, qualifié comte de Saint-Remezy, marquis du Tournel et
d'AUenc, chevalier de l'Ordre du Roi, mestre de camp d'un régiment
de cavalerie, qui épousa en 1635 Anne de Cruzy-Marcillac. Ce der-
nier laissa plusieurs fils qui furent maintenus dans leur noblesse le
15 janvier 1671, sur preuves remontant à 1485, par jugement souve-
DICTIONNAIRE DES FAMILf.ES FRANÇAISES 127
rain de M. de Bezons, intendant du Languedoc. Son petit-fils, Guil-
laume, connu sous les titres de comte de Châteauneuf-Randon et de
marquis duTournel, épousa en 1755 Paule de Launay. Il en eut deux
lils : 1" Alexandre, né en 1757, dontil va être parlé ; 2° Antoine-Pierre,
né en 1759, officier à l'armée des Princes, qui épousa M"® Treuneret
dont la descendance paraît être éteinte '. Alexandre, marquis de Châ-
teauneuf-Randon du Tournel, né en 1757, d'abord page de Louis XV,
fut admis aux honneurs de la Cour le 3 octobre 1783 et fut élu en 1789
député suppléant aux Etats généraux par la noblesse du Gévaudan.
Elu en 1792 député de la Lozère à la Convention, il siégea parmi les
révolutionnaires les plus avancés et vota la mort sans sursis, ni
appel, de Louis-le-Dernier . Il fut plus tard général de brigade et
préfet des Alpes-Maritimes et mourut en 1816. 11 avait épousé en
1780 M"* de Chastel de Servicres qui lui apporta d'importants
domaines dans le Velay. Il en laissa un fils, Aldebert, marquis de
Châteauneuf-Randon du Tournel, qui épousa en 1815 M"^ deLestang
de Fins et de qui descendent les représentants actuels.
La maison de Châteauneuf-Randon a fourni de nombreux officiers,
des chevaliers de Malte, un évéque de Mende au xiii^ siècle, etc.
Principales alliances : d'Anduze, de Rodez, de Polignac, de Guérin
du Tournel, de Canillac, de Simiane, de Chalencon 1365, de Beaufort-
Ganillac, de Cardaillac 1416, de Sabran 1420, 1423, de Crussol 1452,
de Roquefeuil 1472, de Tournonl320, de Bruyères de Chalabre 1516,
de Grimaldi de Monaco 1533, de Budos de Portes 1593, de Narbonne-
Pelet 1595, de Cruzy-Marsillac 1633, de Molette de Morangiés, de
Grégoire de Saint-Sauveur 1653, de Chastel de Servières 1780, de la
Roche-Négly, de Vinols 1851, etc.
La maison d'Apchier, complètement éteinte en 1836, était, comme
on l'a vu plus haut, une branche de la maison de Châteauneul-Randon.
Elle portait pour armes : d'or à un château sommé de trois tours, avec
deux haches en pal aux deux côtés de la tour du milieu, le tout de
gueules, maçonné de sable. Elle avait pour auteur Guérin de Châ-
teauneuf-Randon qui épousa avant 1180 Alix, héritière delà baronnie
d'Apchier, en Languedoc, sous le nom de laquelle ses descendants
furent exclusivement connus. Guillaume de Châteauneuf-d'Apchier,
fils du précédent, fut de 1244 à 1259 grand -maître de l'Ordre de Saint-
Jean de Jérusalem. La souche se partagea en plusieurs branches
dont la principale s'éteignit avec Marguerite, comtesse d'Apchier,
' C'est vraisemblablement de cet Antoine-Pierre que descendait M. Alphonse Gardés,
né à Ispagnac le 13 décembre 1830, brigadier de gendarmerie, qui demanda inuti-
lement le 6 novembre 1864 l'autorisation de joindre à son nom celui de M. de Châ-
teauneuf-Randon du Tournel, son aïeul maternel.
128 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
mariée en 1636 au duc d'Uzès. Ces diverses branches furent mainte-
nues dansleurnoblesse lors de la recherche de 1666 par jugements de
M. deFortia, intendant d'Auvergne, et de M. de Bezons, intendant du
Languedoc. Deux d'entre elles subsistaient à l'époque de la Révolu-
tion, celle des seigneurs de la Garde et celle des seigneurs de Vabres.
Cette dernière s'éteignit avec Louis-Philibert, connu sous le titre de
comte d'Apchier de Vabres, qui mourut à Lyon en 1835 sans laisser
de postérité. La branche des seigneurs de la Garde était représentée
sous Louis XIV par deux frères, Henri-Louis et Christophe d'Apchier.
L'aîné de ces deux frères mourut en 1711 laissant tous ses biens à son
neveu, Jean-Maurice de la Tour (d'Auvergne) à charge pour lui de porter
le nom et les armes d'Apchier. Le second fut l'aïeul de Jean-Joseph,
marquis d'Apchier, qui fut député de la noblesse du Gévaudan aux
États généraux de 1789. Celui-ci laissa une fdle. M™* le Maugin, dont
les descendants ont relevé le nom d'Apchier. Il eut aussi un fils,
Charles-Auguste, marquis d'Apchier, décédé en 1836, qui fut le der-
nier représentant mâle de sa famille et qui ne laissa que deux filles,
M"*** de Leygonie de Rangouze et Morel de la Colombe de la Chapelle.
Les descendants de celles-ci ont également relevé le nom d'Apchier.
La maison d'Apchier avait fourni deux chevaliers de l'Ordre du Roi
au xvi® siècle et un lieutenant général de ses armées en 1744.
La maison de Joyeuse, comme celle d'Apchier, avait une origine
commune avec la maison de Chàteauneuf de Randon. Elle portait
pour armes : paie d'or et d'azur de six pièces, au chef de gueules
chargé de trois hydres d'or. Son auteur, Guy de Chàteauneuf-Randon,
était le plus jeune fds de Guillaume, Sgr de Chàteauneuf-Randon, et
d'Klisabeth d'Épernon. 11 épousa vers 1175 une dame appelée Assu-
mens. Leur fils, Randon de Chàteauneuf, épousa Vierne d'Anduze,
héritière de la seigneurie de Joyeuse, en Vivarais, sous le nom de
laquelle ses descendants furent exclusivement connus. Randon, baron
de Joyeuse, fut gouverneur du Dauphiné en 1424. Son fils, Louis, fut
créé vicomte de Joyeuse par lettres du roi Charles VII) de juillet 1432.
Tanneguy, vicomte de Joyeuse, fds de celui-ci, capitaine de Lyon
en 1461, épousa en 1448 Blanche de Tournon ; un de ses fils fut
nommé évêque de Saint-Flour en 1483; deux autres, Guillaume et
Louis, furent les auteurs de deux branches. Le chef de la branche
aînée, Guillaume, vicomte de Joyeuse, décédé en 1592, fut nommé
maréchal de France en 1582. Il eut plusieurs fds qui furent les der-
niers représentants mâles de leur branche : 1° Anne, un des favoris
du roi Henri III, amiral de France, gouverneur de Normandie, créé
duc de Joyeuse et pair de France en 1581, qui périt à la bataille de
Coutras, en 1587, sans avoir eu d'enfants de son mariage, en 1581,
iiir.'iioNN A I m: dks famii.i.ks khant.aisrs 129
avec Marguerite do Lorr.iino-Vaudemoot, propre sœur de la Reine;
2" François, arcliovrquc de Narhoiine, puis de Toulouse, et enfin de
Rouen, cardinal en 1583. décédé en l6lo; 3" Henri, duc de Joyeuse,
pair de France, maréchal de France, maître de la gàrde-robe du roi
Henri IV, gouverneur du Languedoc, dont la fdle unique, héritière
du duché de Joyeuse, épousa d'abord en 1599 le duc de Montpen-
sier, puis le duc de Guise. La branche cadette, dite des comtes de
Grandpré, alla se fixer en Champagne où ello fut maintenue dans sa
noblesse en 1669, sur preuves remontant à 116-2, par jugement de
l'intendant Caumartin. Jean-Armand, marquis de Joyeuse, comte de
Grandpré, brigadier des armées du Roi, mourut à Grandpré en 1774
laissant de son mariage, contracté en 1754, avec M'"" Delpech de
Gailly un fds qui paraît avoir été le dernier représentant de la maison
de Joyeuse.
CHATEAUxNEUF de ROCHEBONNE (de). Armes : de gueule!^ à trois
tours donjonnées d'or, maçonnées de sable, "let i. — Couronne : de
Marquis. — Cimier : tm ange. — Cri de guerre : Hochebonne.
La famille de Ghateauxeuf de Rochebonne, aujourd'hui complète-
ment éteinte, appartenait à l'ancienne noblesse du centre de la France.
On admet généralement qu elle avait eu pour berceau le Forez.
Cependant M. Benoit d'Entrevaux, dans son Armoriai du Vivarais, et
M. 'Villain, dans le tome 1" de la France moderne, ont émis de nos
jours l'opinion qu'elle était une branche détachée au xi" siècle de la
puissante maison de Chàteauneuf-Randon, originaire du Gévaudan,
à laquelle a été consacrée la précédente notice.
La maison de Chàteauneuf de Rochebonne a possédé de vastes
domaines en Vivarais, en Velay et en Auvergne. Dès \i60 un de ses
membres était chanoine du chapitre noble de Brioude. Le Père
Anselme en fait remonter la filiation suivie à Antoine de Chàteauneuf,
vivant en 1392, qui avait épousé Isabeau de Talaru. Guillaume, dit
Guillermin, de Chàteauneuf, baron de Rochebonne, capitaine gou-
verneur du château de Solignac, en Velay, avait épousé le 11 sep-
tembre 1476 Catherine de Blau de Gilbertés. Trois de leurs fils, Claude,
Bernard et Pierre, furent les auteurs de trois grandes branches.
L'aîné de ces trois frères, Claude de Chàteauneuf, baron de Roche-
bonne, écuyer du Roi, épousa le 1" février 1521 Catherine de Talaru
de Chalmazel. Sa descendance, fort brillante, s'éteignit avec Charles-
François de Chàteauneuf de Rochebonne, évêque comte de Noyon et
pair de France en 1707, archevêque de Lyon en 1731, décédé en 1740,
et avec son frère, Louis-Joseph de Chàteauneuf de Rochebonne,
évêque de Carcassonne en 1720.
X. 9
130 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
L'auteur de la seconde branche, Bernard de Chàteauneui, chevalier,
épousa le 19 juin 1508 Jeanne de Flageat, ou Flaghac, dernière
représentante d'une vieille famille dont il s'engagea à relever le nom
et les armes. Sa descendance s'éteignit vers le milieu du xvii^ siècle
dans les familles d'Alègre et dApchier. Elle portait les armes de la
famille de Flaghac : de sable à une tour d'argent, à la bordure de
gueules.
La troisième branche ne fut longtemps connue que sous le nom de
Rochebonne. Son auteur, Pierre de Chàteauneuf de Rochcbonne, avait
épousé Jeanne de Labourange, héritière de la seigneurie de son nom
et dernière représentante dune vieille famille du Velay. Il fut père
de Jean de Rochebonne, Sgr de Labourange, qui épousa le
22 août 1547 Rose de Paschal. Larrière-pelit-fds de celui-ci, Nicolas
de Rochebonne, Sgr de Labourange, marié en 1631 à Lucrèce de
Fay, fut maintenu dans sa noblesse avec ses fds le 5 septembre 1669
par jugement souverain de M. de Bezons, intendant du Languedoc.
M. de Rochebonne prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
du Velay. Cette branche a eu pour dernière représentante Éléonore
de Chàteauneuf de Rochebonne. décédée en 1845, qui avait épousé
en 1833 le docteur Crrellclde la Deyte, conseiller général de la Haute-
Loire, décédé en 1873.
La famille de Chàteauneut de Rochebonne avait fourni dans ses
diverses branches des chanoines comtes de Lyon, de Màcon, de
Brioude et de Notre-Dame du Puy, des ofiiciers supérieurs, dont
plusieurs ont été tués à l'ennemi, un lieutenant général en Lyonnais
et Forez, décédé en 1725, un chevalier de 1 Ordre du Roi, etc.
Principales alliances : de Talaru, d'Alègre, d'Apchier, d'Adhéniar
de Grignon, de Molette de Morangiès, de Fay, de Saignard 1660,
du Peloux 1586, etc.
CHATEAURENARD d'Aymar d Albi de). Voyez : Aymar d'Albi de Cha-
TEAURK.NARD (o'j au tomc II et aux Additions et corrections du tome VIL
CHATEAUTHIERRY Lebout de). Voyez : Lebout de Chateauthierry.
CHATEAUTHIERRY (de). Armes : parti : au 1 d'azur à trois chevrons
d argent ; au 2 de gueules à un tronc d'arbre terrassé d'argent, soute-
nant un faucon d'or. — Aliàs : de gueules à un épervier d'argent
peluché sur une branche d'arbre du même, posée en fasce, mouvant
de la pointe de Vécu, de laquelle sort du côté droit une tige aussi
feuillée d'argent. — Devise : A vertice fortis ad unguem.
La famille de Chate.xuthierry appartient à la noblesse de l'an-
cienne généralité d'Alençon. en Normandie. On peut voir dans les
IHr. TIONNAîni-, HRS FAMII. I.RS FRANÇAISRS 131
Carrési d'Hozier qu'Alexandre de Châtcaulhierry, éciiyor, bailli et
capitaine de Dreux, est ainsi désigné dans un acte du 22 juin 1459.
Un tableau généalogique conservé dans le Cabinet d'Hozier fait
remonter la filiation à Nicolas de Châteaulhierry, fils du précédent,
commis à la recette du grenier à sel de Verneuil, qui acheta en 1492
le fief et seigneurie de Breuil. Ce Nicolas de Châteauthierry avait
épousé Jeanne de Morteaux ; il en eut plusieurs enfants qui parta-
gèrent sa succession par acte de 1543. Deux de ses fds, Jacques de
Châteauthierry, enquêteur à Verneuil en 1541, élu d'Alençon et du
Perche en 1543, marié en 1545 à Catherine Plume, et Piobert de Châ-
teauthierry, receveur du domaine de Verneuil, furent les auteurs de
deux branches.
Le chef de la branche aînée, noble homme Georges de Château-
thierry, élu d'Alençon et du Perche, marié le 21 juin 1560 à Agnès
Brysart, obtint du Roi des lettres patentes données à Blois le
l" février 1550 et obtint l'entérinement de ces lettres par sentence
rendue à Verneuil le 10 février suivant. Son petit-tils, Jacques de
Châteauthierry, Sgr du Breuil et deMonteau, marié en 1642 à Jeanne
Bougis, était président trésorier de France au bureau des finances
d'Alençon quand il fut maintenu dans sa noblesse avec ses sept fils
le l®"" juillet 1667, sur preuves remontant à 1492, par jugement de
M. de Marie, intendant d'Alençon. On trouvera dans le Nouveau
d'Hozier les preuves de noblesse qu'un de ses descendants, Mansuet-
Ignace de Châteauthierry, né en 1758, fit en 1772 pour être admis à
l'École militaire. On trouvera dans le même recueil les preuves de
noblesse qu'un autre de ses descendants, Bernard-François de Châ-
teauthierry, cousin du précédent, né en 1771 à Cerisy, fit en 1786
pour être admis parmi les pages de la Grande Écurie.
La branche cadette était représentée sous Louis XIV par deux
frères, Daniel de Châteauthierry, Sgr de la Noue, marié en 1649 à
Anne de Beaulieu, et Claude de Châteauthierry qui avait trois fils de
son mariage en 1652 avec Martine Corron. Ces deux frères furent
maintenus dans leur noblesse le 25 mai 1667 par jugement de M. de
Marie. On trouvera dans le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse
qu'une petite-fille de l'aîné d'entre eux, Marthe-Renée de Château-
thierry, née en 1687 à Saint-Mesme, dans le Perche, fit en 1698 pour
être admise à Saint-Cyr.
Amable de Châteauthierry prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Alençon.
La famille de Châteauthierry a fourni de nombreux officiers.
Elle compte encore des représentants. L'un d'eux, Paul, lieutenant
d'artillerie, a épousé en 1899 M''* Fagniez.
132 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Éloïse-Agathe de Chàteauthierry avait épousé, vers 1835, M. Fran-
çois-Jules Leboul, docteur en médecine. Leurs descendants se sont
crus en droit de joindre à leur nom celui de la famille de Chàteau-
thierry.
Principales alliances : d'Erard, des Acres de lAigle 1732, de la
Touche, de Beaulieu 1649, des Corches, de Martel, etc.
CHATEAUVIEUX (d'Armand de). Voyez : Armand de Chateadvikdx (d*)
aux Additions du tome I.
CHATEAUVIEUX (de Lullin-). Voyez : Lullin-Chateauviedx (de).
CHATEAUVIEUX (de Girard de). Voyez : Girard de Goehorn kt de C hâ-
te acviecx fDE).
CHATEAUVIEUX (ie). Armes : d'azu?' à un chev>ro7i d'or accompagné
en chef de deux étoiles, et en pointe d'une quinte feuille, le tout d'ar-
gent. — Couronne : de Marquis.
Le vicomte Révérend a consacré dans l'Annuaire de la noblesse
de 1893 une courte notice à une famille de Chateauvfel'x qui est hono-
rablement connue de nos jours dans le déparlement de l'Yonne.
Cette famille descend d'Alexis de Châteauvieux, né en 1675, con-
seiller du Roi, qui fut pourvu le 24 novembre 1719 de la charge de
greffier des commissions extraordinaires du Conseil du Roi et qui
mourut le 14 juillet 1744. De son mariage avec Marie-Nicole Ozanne,
Alexis de Châteauvieux laissa un fils, Thomas, né en 1727, et une
fille qui épousa en 1751 Pierre-Jules Leduc, Sgr de la Touche, procu-
reur aux eaux et forêts d'Orléans. Thomas de Châteauvieux fui
commis en chef aux finances et épousa Marie-Anne Ducharges. Il ne
figure avec d'autre qualification que celle de bourgeois de Lyon dans
l'acte de baptême de son fils Charles, né le 15 mars 1758 à Ainay, en
Bourbonnais. On ne connaît pas à la famille de Châteauvieux de
principe d'anoblissement et c'est vraisemblablement à la famille
d'Armand de Châteauvieux que l'on doit rattacher un M. de Château-
vieux qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Auxerre. Charles de Châteauvieux épousa M"^ Mortier, fut sous-préfet
d'Avallon sous le Premier Empire et mourut dans cette ville en 1813.
Il avait été élu en 1806 candidat au Corps législatif par l'arrondisse-
ment d'Avallon, mais ne fut pas appelé à siéger. Son fils, Félix de
Châteauvieux, né en 1796, capitaine de la garde royale, épousa
M"* Destutt de Blaunay. Il a été père de M. Henri Gabriel de Château-
vieux, né en 1840, conseiller général du canton de Vézelay (Yonne),
décédé en 1893, qui a été le dernier représentant mâle de sa famille
et qui n'a pas eu d'enfants de son mariage en 1872 avec M"* Truchy.
Dir.TIONNAIRR DKS FAMILLKS FRANÇAISES 133
CHATEAUX de CHAMPREL (Neveu des). Voyez : Nevbu des Châteaux de
Champrel.
CHATEIGNER, ou CHASTEIGNER, (de). Armes : de simple semé de
rockers (anciennement de châtaignes) d'argent sans 7iombre, au chef
cousu de sinople.
La famille de Ghateigner, quelquefois de Ghasteigner, appartient à
la noblesse de l'Aunis ci du Bas-Poitou. Elle ne doit pas être con-
fondue avec la puissante maison de Ghasteigner de la Roche-Pozay,
encore existante, qui n'a cessé depuis le moyen âge d'occuper un
rang si considérable en Poitou. Beauchet-Filleau en a donné une
généalogie dans son Dictionnaire historique et généalogique des
familles du Poitou et on trouvera dans le Cabinet d'Hozier les
preuves de noblesse qu'un de ses membres fit en 1773 pour être
admis parmi les pages de la Dauphine.
La famille de Ghateigner a eu pour berceau la ville de la Rochelle
où elle est connue dès la fin du xiv« siècle. Elle tire sa noblesse des
charges municipales que ses membres ont exercées dans cette ville.
Etienne Ghateigner, coélu à la mairie de la Rochelle en 1481, fut
nommé pair et échevin en 1498. Jean Ghasteigner, maire de la
Rochelle en 1515, se signala par son dévouement lors de la peste et
de la famine qui désolèrent la ville au cours de cette même année.
Le travail de Beauchet-Filleau fait remonter la filiation à Pierre Gha-
teigner, Sgr du Treuil-Bonnet, en la paroisse de Salles d'Aytré, qui
fut maire de la Rochelle en 1504. Ge même Pierre Ghateigner obtint
le 14 avril 1518 de la duchesse de Longueville, comme vicomtesse
de Ghâtelaillon, l'érection en lief, avec moyenne et basse justice, du
logis de Gramahé qu'il venait de faire construire près de sa terre
du Treuil-Bonnet. 11 eut de Françoise de Donnes deux enfants qui
partagèrent sa succession par acte du 29 juillet 1546. Son fils, Fran-
çois de Ghateigner, Sgr de Gramahé, échevin de la Rochelle, épousa
Marie de Mervault. G'estàun hommage rendu par lui le 17 mars 1530
que les preuves de noblesse faites en 1773 et mentionnées plus haut
font remonter la filiation suivie. 11 laissa deux tils, Pierre Ghateigner,
Sgr de Gramahé, et François Ghateigner, qui partagèrent la suc-
cession de leurs parents par acte du 16 juin 1567 et qui furent les
auteurs de deux branches.
La branche aînée s'éteignit dans les dernières années du xvn« siècle.
Elle avait été maintenue dans sa noblesse d'abord le Ï8 mars 1606,
par sentence de M. Rousseau de la Parisière, commissaire délégué
pour la vérification des titres de noblesse, puis, lors de la recherche
de 1666, par jugement de d'Aguesseau, intendant de Limoges.
134 niCTTONNAIRE DES FAMILIER FRANÇAISES
Elle eut à soutenir en 1648, à cause de son blason, un procès avec
Henri-Louis Cliasteigner de la Rochepozay, évèque de Poitiers.
Pierre Chàteigner, Sgr du Richard, chef de la seconde branche,
fut condamné comme usurpateur de noblesse en 1667 par jugement
de Barentin, intendant de Poitiers. Il interjeta appel de cette con-
damnation devant le Conseil d'État qui le maintint dans sa noblesse
avec ses enfants par arrêt du 19 mars 1668. Son petit-fils, Daniel Chà-
teigner, Sgr des OuUières, dans l'élection de Fontenay-le-Comte,
fut encore maintenu dans sa noblesse le 3 mai 1715 par jugement
de l'intendant Quentin de Richebourg. Il fut père de Daniel-René Chà-
teigner, Sgr du Bergeriou et des Oullicres, qui épousa en 1748
M"* de Buor de Lavoy. Les deux fils de celui-ci, Daniel-Louis de Chà-
teigner, Sgr du Bergeriou, admis en 1773 parmi les pages de la dau-
phine Marie-Antoinette, et Esprit-Edouard de Chàteigner, ont été les
auteurs de deux rameaux qui se sont perpétués jusqu'à nos jours. Le
second de ces deux frères, Esprit-Edouard Chàteigner, Sgr du Ber-
geriou, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du bailliage
de Fontenay-le-Comte.
La famille de Chàteigner a fourni des maires et des échevins de la
Rochelle, de nombreux officiers, des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Elle n'est pas titrée.
Principales alliances : de Cumont 1651, de Béjarry 1838, de Cler-
vaux, de Beaucorps, de Bessay 1800, de Buor 1748. de Rorthays, de
Grimouard, de Tinguy 1J<43, dArlanges, Poictevin de la Rochette,
de Cacqueray, fiardin du Boisdulier. etc.
CHATEL, ou CHASTEL, (du), aujourd'hui DUCHATEL, en Normandie.
Armes anciennes : de gueules à une tour d'or donjunnée de trois
pièces. — Armes concédées sous le Premier Empire : Coupé au
1 d'azur à un château donjonné de trois tours d'or, girouettées d'ar-
gent ; au 2 fascé d'or et de gueules de six pièces; au franc- quartier
échiqueté d'or et d'azur, qui est des comtes conseillers d'Etat.
La famille des comtes Duchatel, récemment éteinte dans lesmàlcs,
appartenait avant la Révolution à la noblesse de Normandie et
portail à cette époque le nom de du Chastel, ou du Chatel.
Ses divers représentants, Jean-Baptiste du Chastel, de la paroisse
de Montchamp, dans l'élection de Vire ; Claude, Gilles, Thomas et
Henri-François du Chastel, de la paroisse d'Estry, en la même élec-
tion, tous quatre fils de Charles Chastel et de Marie des Monts ;
Jean du Chastel de la paroisse du Fresne, en l'élection de Bayeux ;
Julien du Chastel, do la paroisse de Domjean, en la même élection '
Gilles et Nicolas Duchastel, de la paroisse du Mesnil-Herman, en
nir.TIONNAIRR r)KS FAMILLKS FRANÇAISES 135
l'élection de Goutances ; et Guillaume du Chastel, de la paroisse de
Saint-Gervais, en l'élection d' A vranches, furentcondaranés à l'amende
comme usurpateurs de noblesse par jugement du 8 mars 1667 de
Chamillart, intendant de la généralité de Gaen. Ge jugement déclare
qu'ils ne sont pas de la famille du Ghastel qui à cette époque appar-
tenait à la noblesse de la même région et qu'ils portent des armes
différentes ; qu'en 1605 le père d'un des produisants, Michel, avocat
à Vire, ne prenait pas la qualité de noble, mais seulement celle de
maître ; qu'ils ont été imposés aux tailles en 1579 et années suivantes
jusqu'en 1598 ; qu'ils ont été condamnés par arrêt de la Cour des
aides en 15:29 (aliàs 1559) et par arrêt du Grand Gonseil en 1583 ;
que le dernier d'entre eux, Guillaume, fds d'un officier chez le Roi et
petit-tils d'un receveur des tailles à Avranches, avait produit des
pièces fausses sur le premier degré et avait été méconnu par les du
Ghastel nobles pour être de leur famille. MM. du Ghastel interjetèrent
appel de cette condamnation devant le Gonseil d'État qui, sur le vu
de leurs titres, les maintint dans leur noblesse, les premiers par arrêt
du 13 (ou 15) septembre 1667, le dernier, Guillaume, par arrêt du
25 avril 1669. Ces deux arrêts établissent leur descendance d'un
Jean Duchàtel, sieur de Banville, qui se signala par sa vaillance lors
de la réduction de la ville de Vire, en 1450.
Henri du Ghastel, écuyer, fît enregistrer son blason à l'Armoriai
général de 1696 (registre de Mortain).
Claude du Chàtel, un des gentilshommes qui firent reconnaître
leur noblesse par l'arrêt du Gonseil du 15 septembre 1667 mentionné
plus haut, possédait la seigneurie de la Varinière, dans la paroisse
d'Estry, au diocèse de Bayeux. Il épousa Marie-Madeleine du Bichot
par contrat passé à Vire le 16 juin 1675. Il fut père de Roland-François
du Chàtel, écuyer, Sgr de la Varinière, qui épousa en février 1703
Jacqueline Huillard, et grand-père de Jean-Baptiste du Chàtel de la
Varinière qui épousa en 1738 Louise de la Mariouze. On trouvera
dans les manuscrits de Chérin les preuves de noblesse qu'un petit-
fîls de ce dernier, Charles-François du Chàtel, né à Estry on 1767,
fit en 1784 pour obtenir le grade de sous-lieutenant. M. du Chàtel de
la Varinière prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du
bailliage de Vire. Un du Chàtel de la Varinière prit part avec distinc-
tion aux guerres de la chouannerie ; il résidait sous la Restauration
à Montchamp-le-Petit (Calvados).
Jean du Chàtel, sieur de la Morlière, un autre de ceux qui firent
reconnaître leur noblesse par l'arrêt du Gonseil du 15 septembre 1667,
avait épousé le 1:2 juillet 1640 Marie le Riveray. Il fut père de Nicolas
du Chàtel, sieur des Chapelles, qui épousa en 1685 Charlotte Lair de
13(j DICTIONNAIRK D KS FAMILLES FRANÇAISES
Saint-Bosmer, grand-père d'Alexandre du Chatel, sieur de la Mor-
lière, qui épousa en 1711 Madeleine de Fréval, et bisaïeul de Pierre-
Charles du Chàtel, Sgr de Saint-Pierre-de-Tinchebray, qui épousa
en 1748 M''* de Sainte-Marie et qui mourut en 1794. Ce dernier est
vraisemblablement le même personnage qu'un M. du Châlel de la
Morlière qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du
bailliage de Vire comme représentant de M"* de Clinchamps. Son
lils, Charles-Nicolas-Tanneguy du Chàtel, ou Duchàtel, né à Tinche-
bray en 1751, était à l'époque de la Révolution receveur-général du
domaine du Roi dans la généralité de Bordeaux ; il fut élu député de
la Gironde au Conseil des Cinq-Cents, fut sous le Premier Empire
conseiller d'État et directeur général de l'Enregistrement et des
Domaines, fut plusieurs fois élu depuis 18:27 député de la Charente-
Inférieure, fut appelé on 1833 à la Chambre des Pairs et mourut
en 1844 dans le magnifique château de Mirambeau qu'il avait acquis
en Saintonge. 11 avait été créé comte de l'Empire par lettres patentes
de mai 1808 et avait fait reconnaître son ancienne noblesse par
ordonnance royale du 10 juillet 18:25. De son mariage avec M"* Papin,
dame du palais de l'impératrice Joséphine, le comte Duchàtel laissa
deux iils : 1" Charles-Tanneguy, qui continua la descendance ;
2° Napoléon-Joseph, vicomte Duchàtel, pair de France en 1845,
décédé en 1884, qui n'eut que deux filles, les comtesses de Ville-
neuve-Guibert et de Golstein. Charles-Tanneguy, comte Ducliàtel,
né en 1803, plusieurs fois ministre sous la monarchie de Juillet,
membre de l'Institut, grand-croix de la Légion d honneur, décédé
en 1867, fut un des hommes d'État les plus éminents de son temps.
Il laissa une fille, M"" la duchesse de la Trémoïllc, et un fils, Tan-
neguy, comte Duchàtel, né en 1838, député de la Charente-Inférieure,
ambassadeur de France, marié à M"* d'Harcourt, qui est décédé sans
postérité en 1907.
Principales alliances : de la Mariouze, de Sainte-Marie, de Fréval,
Vallet de Villeneuve-Guibert 1857, de Golstein 1866, de la ïré-
moïlle 1862, d'IIarcourl 1874, etc.
11 a existé dans la noblesse de Normandie plusieurs autres familles
du Chàtel, ou du Chastel. Ces diverses familles, de même que celle
des comtes Duchàtel, étaient, d'après la tradition, autant débranches
détachées d'une souche commune à une époque inconnue. Elles
croyaient avoir eu la Bretagne pour berceau et avoir eu dans un passé
très éloigné une origine commune avec la puissante maison du
Chastel de Trémazan.
Lune de ces familles, fixée dans l'élection de Curentan, portait
pour armes : de gueules à un château d'or. Elle fut maintenue dans
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 137
sa noblesse parMonIfauten 1463, puis, lors de la recherche de 1666,
parjugement de Chamillart, intendant de Caen.
Une autre famille du Ciiastel, ou du Cliâtel, habituée en l'élection
dlsigny, portait pour armes : d'azu)' à trois châteaux d'or. Elle était
fort ancienne. Elle fut maintenue dans sa noblesse par Montfaut,
en 1463, puis le 5 mars 1671 par jugement de Chamillart, intendant
de Caen. Un de ses représentants, François-Tanneguy du Chàtel, che-
valier, lieutenant général au bailliage de Bayeux, épousa en 1755 sa
cousine, Françoise-Charlotte du Chàtel, lille du seigneur deCastillon.
On trouvera dans les manuscrits de Chérin les preuves de noblesse
que leur lils, Michel-Henri-Tanneguy du Chàtel, né en 1770 à Castillon,
au diocèse de Bayeux, fit en 1788 pour obtenir le grade de sous-
lieutenant. C'est peut-être à cette famille que l'on doit rattacher
M™' d'Hérissé, née du Chàtel, dont la fille épousa en 1875 M. d'Auxais,
et M. Stanislas-François du Chàtel qui mourut, en mars 1880, au châ-
teau du Mesnil-Herman (Manche).
Une quatrième famille du Chàtel possédait dans l'élection de Rouen
les seigneuries de Gribouval,duMesnil et de la Bucaille. Elle portait
pour armes : d'argent (aliàs d'or) à trois tours de gueules, :2 et \; à
la bordure d'azur. Son chef, Pierre du Chastel, sieur de la Bucaille,
fut condamné comme usurpateur de noblesse par jugement du
"20 avril 1667 de M. de la Gallissonnière, intendant de Rouen.
CHATELAIN. Armes : coupé au 1 d'or à un palmier de sinople ; au
i d'azur à un dextrochère d'or mouvant de sénestre, tenant une épée
haute en pal du même, accostée de deux croissants renversés d'ar-
gent; vêtu de gueules au signe des chevaliers légionnaires.
Julien Châtelain, né à Versailles en 1761, retraité colonel de cava-
lerie en 1815, officier de la Légion d'honneur, décédé en 1836, fut
créé chevalier de l'Empire par lettres patentes du 14 juin 1810. Il
fut aussi créé baron de l'Empire par décret impérial de 1815 ; mais,
par suite des événements politiques, ce décret ne fut jamais suivi
de lettres patentes. Le colonel Châtelain laissa deux fils, Julien-
Amable, baron Châtelain, né en 1817, secrétaire au ministère de
l'Intérieur, et Arthur-René Châtelain, né en 18;24, décédé en 1843.
Le colonel Châtelain appartenait vraisemblablement à une famille
Châtelain qui, au xviii* siècle, occupait à Versailles un rang distingué.
Pierre Châtelain fut écuyer de la bouche du roi Louis XIV. Son fils,
Georges Châtelain, né en 1679 à Saint-Germain-en-Laye, fut con-
trôleur ordinaire de la bouche du Roi. Il fut père de Charles-Georges
Châtelain, né à Versailles en 1722, contrôleur ordinaire de la bouche
du Roi, marié en 1756, qui fut anobli en avril 1768 par lettres
138 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
patentes du roi Louis XV. On trouvera le texte de ces lettres dans le
Nouveau dHozier. Charles-Georges Châtelain obtint en même temps
le règlement de ses armoiries : à.' argent à un cœur d'or d'où sortent
une branche de laurier de sinople et un épi de blé avec sa tige et ses
feuilles, aussi de sinople, entrelacés ensemble, ledit cœur accom-
pagné de trois étoiles d'azur, une en chef et deux aux flancs de
Vécu.
CHATELARD (Pabot du). Voyez : Pabot du Chatelard.
CHATELET Armynot du). Voyez : Armynot du Chatelet.
CHATELET de Bordes duj. Voyez : Bordes du Chatelet (dej.
CHATELET de Ferrier du). Voyez : Ferbier du Chatelet (de).
CHATELET le Vaillant du). Voyez : Le Vaillant du Douet, de la Fieffé,
DE Fulleville, de Plémont. DE Glatigxy, de Chaknv, de Monchy, de
DURAXVILLE, DE LA BoISsIÈHE ET DU ChATELET.
CHATELET Parent du). Voyez : Parent du Chatelet.
CHATELET Robert du ). Voyez : Robert du Chatelet.
CH ATELIER Gazot du). Voyez : Gazot du C h atelier.
CHATELLIER Maufras dui. Voyez : Maufras du Chatellier.
CHATELLIER Salmonduj. \'oyez : Salmon du Chatellier.
CHATELPERRON Collas de;. Voyez : Collas de Chatelperron.
CHATELUS iGuilletde). \ oyez : Guillet de Chatelus.
CHATENAY (Genêt de). Voyez : Genêt de Chatexay.
CHATENET (Caminade dei. N'oyez : Caminade de Castres et de Ghatenet.
CHATENET i Descubes du). Voyez : Descubes du Ghatenet.
CHATILLON (Chasseloup de). Voyez : Chasseloui- de Chatillon et de la
Mothk.
CHATILLON, ou CHASTILLON, (de;, en Poitou. Armes : de gueules à
une aigle éployée d'argent, couronnée d'or.
La famille de Chatillon appartient à la noblesse du Poitou. Elle a
eu pour berceau une seigneurie de son nom située sur le territoire de
la paroisse de Saint-Léger, dans la vicomte de Bridiers, sur les
confins de la Marche, du Berry et du Poitou. On en trouvera des
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 139
généalogies dans les manuscrits de Chérin et dans le Dictionnaire
historique et généalogique des familles du Poitou de Beauchet-
Filleau. Ce dernier auteur mentionne un Cfuillaume de Chàtillon,
écuyer, qui assista le 9 mars 1399 au mariage d'Héliot de Charrières.
Pernelle de Chàtillon épousa en 1463 noble personne Jehan deBloin,
écuyer, en présence de son père, noble homme Simon de Chàtillon,
écuyer, Sgr dudit lieu, et de son frère, noble personne Olivier
de Chàtillon. Ce dernier obtint le 29 décembre 1469 une attes-
tation du seigneur de l'Aigle, commandant les nobles du Poitou.
On admet généralement qu'il fut père d'un André de Chàtillon,
écuyer, Sgr dudit lieu, qui épousa le 24 août 1522 Jeanne Bertrand,
veuve de Jacques de Lussay, écuyer, Sgr de la Villate, et auquel
seulement les travaux mentionnés plus haut font remonter la
filiation suivie. Ce même André de Chàtillon servait en 1533 comme
arbalétrier au ban de la sénéchaussée de Montmorillon. Son petit-
fils, Jean de Chàtillon, écuyer, Sgr dudit lieu, de Chamborant en
partie, de Souvelinges, etc., épousa le 3 février 1585 Françoise de
Saint-Julien. Deux de leurs fils, Louis, Sgr des mêmes domaines,
marié à Françoise de Couhé, et Pierre, chevalier, Sgr de Matranges,
marié le 7 juin 1625 à Isabeau Phélip de Saint-Viance, furent les
auteurs de deux branches.
La branche aînée ne tarda pas à s'éteindre. Son chef, Pierre de
Chàtillon, demeurait en la paroisse d'Asnières quand il fut main-
tenu dans sa noblesse le 7 septembre 1667 par jugement de
M. de Barentin, intendant de Poitiers. Gabriel de Chàtillon, frère de
Pierre, demeurait en la paroisse de Saint-Léger, dans lélection du
Blanc, en Berry, quand il fut maintenu le 14 avril 1668 par jugement
de M. Perrotin de Barmond, subdélégué de l'intendant.
On ne voit pas que la branche cadette, aujourd'hui seule exis-
tante, ait jamais été l'objet d'un jugement de maintenue de noblesse,
bien que ses membres aient toujours porté les qualifications nobi-
liaires. Son chef, Pierre-Sylvain de Chàtillon, chevalier, Sgr de
Matranges, chevalier de Saint-Louis, capitaine de grenadiers
royaux, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Poitiers. 11 avait épousé en 1771 M"*^ de Biencourt. Leur fils unique,
Claude, marié en 1834 à M"® Besse du Fromental et décédé en
1862, fut connu sous le titre de comte que son père avait déjà
porté dans plusieurs circonstances avant la Révolution. Il a été lui-
même père de Pierre-Achille, comte de Chàtillon, né en 1842, qui a
eu une nombreuse postérité de son mariage, en 1880, avec M"® de
Forceville.
La famille de Chàtillon a fourni des officiers.
140 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Principales alliances: Brossin (de Méré) vers'l42o. Bertrand 1522,
de Saint-Julien IbSo, de Couhé IblT, Phélip de Saint-Viance 1625,
1720, de Biencourl 1771, de Forceville 1880, etc.
CHATILLON (dej, en Savoie. Armes : fascé d'argent et d'azur (aliàs
d'azur à trois fasces d'argent), à la cotice de gueules brochant sur
le tout.
Il a existé à Evian, en Savoie, une famille dk Chatillon qui
portait les armoiries décrites en tête de cet article et dont le comte
de Foras a donné une généalogie dans son Arinorial de Savoie.
Cette famille n'avait aucun rapport avec une famille du même nom,
éteinte depuis plusieurs siècles, qui a occupé un rang considérable
dans la noblesse de Bugey et qui portait pour armes : d'argent à
une croix de gueules. Ses origines sont mal connues et les premiers
degrés de sa filiation sont fort embrouillés. Son premier auteur
connu, Jean de Cliàtillon, du lieu de Lugrin, décédé avant 1344, ne
figure dans aucun acte avec les qualifications nobiliaires. 11 avait
épousé une dame appelée Amjola. Leur lils, Péronnet de Chatillon,
clerc, du lieu de Lugrin, passa une transaction le 6 février 1370 ; il
passa le 9 décembre 1393 une autre transaction dans laquelle est
nommée sa femme, Mermettc Cuendat. Il fut père de Pierre de
Chatillon, damoiseau (?), qui fit une donation à léglise de Lugrin,
d'après un titre falsifié de 1410, et qui reçut un hommage dans sa
maison de Lugrin le 3 mars 1432. Le fils de celui-ci, Jean de
Chatillon. damoiseau, notaire public, épousa le 29 septembre 1447
demoiselle Jacquemette de Lugrin d'Excerisy. 11 fut père de noble
Aymon de Chatillon, qui épousa le 7 avril 1484 Louise de Belle-
garde, grand-père de noble Jean-François de Chatillon, Cogr de
ThoUon, qui épousa en lo26 demoiselle Andrée du Flon, et bisaïeul
de noble Mathieu de Chatillon, Cogr de Thollon, châtelain d'Evian
en 1581, qui épousa Françoise Comte et qui fit son testament
en 1605. Cette famille de Chatillon donna au cours du xvn^ siècle
plusieurs châtelains à la ville d'Evian. Elle eut pour dernier repré-
sentant authentique Jean de Chatillon, né en 1625, qui mourut sans
postérité le 22 août 1701. On trouve cependant de ncs jours à Evian
une famille de Chatillon, de condition modeste, qui paraît être une
branche détachée a une époque inconnue de la vieille famille savoi-
sienne dont il vient d'être parlé.
Le nom de Chatillon, ou Chastillon. a été porté en France par un
grand nombre d'autres familles nobles qui toutes paraissent être
aujourd'hui éteintes. La plus illustre de ces familles tirait son nom
de la ville de Ghàtillon-sur-Marne, en Champagne, dont ses premiers
DICTIONNAIRR DES FAMILLRS FRANnAISRS iM
auteurs connus étaient seigneurs dès le xi* siècle. Duchesne en a
publié une généalogie en 16'2l. La souche se partagea en un grand
nombre de branches dont l'une acquit au xii'' siècle les comtés de
Blois et de Saint-Pol. Alexis de Chàtillon, chef de la seule de ces
branches qui subsistât au xviii^ siècle, obtint par lettres d'avril 1736
l'érection en duché-pairie, sous le nom de Chàtillon, de la baronnie
de Mauléon qu'il possédait en Poitou. Son fds, Louis, duc de Chà-
tillon, pair de France, mourut en 1762 laissant de son mariage avec
M"" de la Vallière deux filles, dernières représentantes de leur
maison, qui épousèrent l'une en 1777 le duc d'Uzès, l'autre en 1781
le duc de la Trémoïlle. Cette branche portait pour armes : de gueules
à trois pals de vair, au chef d'or. La maison de Chàtillon a fourni
un nombre considérable de grands officiers de la Couronne. Elle
avait conclu plus de douze alliances avec la maison de France. On
lui a souvent attribué le pape Urbain II, décédé en 1099.
CHATON, ou CHATTON, des MORANDAIS. Armes : d'argent à un pin
. de sinople, arraché et fruité de trois pommes d'or. — Couronne :
de Marquis. — Supports : deux lions. — Devise : A peine un chat y
peut atteindre. — Autre devise : Dieu et mon courage.
La famille Chaton, ou Chatton, des Morandais, fixée en Berry au
cours du XIX* siècle, appartenait à l'ancienne noblesse des environs
de Lamballe, en Bretagne. Elle est connue depuis l'an 1204, date à
laquelle René Chatton confirma à l'église de Dol diverses donations
faites par son père, Thibaut, et lui vendit la forêt de Mezun, près de
Dinan, du consentement de sa femme, Marie, et de son fils, Hervé.
Guillaume Chatton jura en 1272 la paix avec Robert, abbé de Saint-
Aubin-des-Bois. Hervé Chalton, capitaine sous le sire de Craon,
donna quittance de ses gages par acte du 6 août 1363. La famille
Chatton figure de 1423 à 1525 aux reformations et montres de la
noblesse du diocèse de Saint-Brieuc. Les jugements de maintenue de
noblesse rendus en sa faveur au xvii* siècle en font remonter la
filiation à Jean Chatton dont le fils Roland, écuyer, capitaine du
château du Plessis pour Alain de Rohan, comte de Porrhoet, fut un
des 300 gentilshommes qui accompagnèrent le duc Richard III quand
celui-ci vint à Paris en 1419 pour traiter de la paix avec le roi de
France. Robert Chatton, sieur des Vaux, petit-fils de Roland, eut ses
biens confisqués par la duchesse Anne en 1489 pour avoir suivi le
parti français. 11 avait épousé en 1462 Guillemette du Cambout; il
en eut trois fils, Guyon, Sgr des Vaux, François, sieur du Bois, et
Guillaume, sieur de la Touche, qui furent les auteurs de trois
branches. Les représentants de ces trois branches furent maintenus
142 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
dans leur noblesse d'extraction le 30 janvier 1669 et le 6 mars 1671
par arrêts de la Chambre de réformation.
Le chef de la branche aînée, Pierre-François Chatton des Salles,
né au Quiou en 1690, épousa en lllO Renée-Guillemette du Bois,
héritière de la seigneurie des Morandais, en la paroisse d'Evran. On
trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse que
son fils, Eugène Chatton, Sgr des Morandais, fit en 1776 pour
obtenir 1 admission à Saint Cyr de sa fille, Céleste-Jeanne, née
en 1764, et dans le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse que le
môme gentilhomme fit en 1771 pour obtenir l'admission parmi les
pages du comte de Provence de son fils aîné, Eugène-François, né
en 1755, connu dans la suite sous le titre de comte des Morandais et
décédé sans postérité. Charles Chatton, comte des Morandais,
second fils d'Eugène, épousa à Jersey, pendant l'émigration, Marie-
Thérèse de la Marque ; il fut père de Charles-Eugène Chatton, comte
des Morandais, né à Jersey en 1799, qui épousa en 1836 M"* de
Montaignac, et grand-père de Charles-Eugène, comte des Morandais,
né en 1837.
La seconde branche s'est partagée en plusieurs rameau.x qui ont
possédé, entre autres biens, les seigneuries du Boispigneul, du
Quillio et de Fougeray. Elle paraît avoir eu pour derniers représen-
tants Pierre-Cyprien Chatton du Fougeray, lieutenant-colonel d'in-
fanterie, chevalier de Saint-Louis, décédé à Jersey en 1801, et sa
sœur, Georgine-Catherine Chalton du Quillio, supérieure des Augus-
tines de Saint-Yves, décédée en 1813.
La troisième branche subsistait à l'époque de la Révolution.
On trouve que Joseph-Jacques Chatton de la Touche fut baptisé à
Plouhinecle 17 juillet 1789.
Henri de Chaton, Eugène Chaton des Morandais et son fils,
Pierre Chaton de Vaugerny et Guillaume-René Chatton de Ranléon
signèrent en 1788 la protestation de la noblesse de Bretagne contre
la convocation des États Généraux.
La famille Chaton a fourni de nombreux officiers, un vaillant navi-
gateur qui accompagna Jacques Cartier au Canada (Etienne Chatton
de la Jaunais), etc.
Principales alliances : du Cambout (de Coislin), de Visdelou, de
Bréhan 1650, du Bois des Morandais, le Corgne, le Mintier, de Mon-
tagnac 1836, de Lanjamet 1625, Tufiin de la Rouerie 1797, de Tré-
maudan, le Gonidec, Jegou,de Cargouet 1660, etc.
CHATOUVILLE (Decan de). Voyez : Decan de Chatouville.
CHATRE iSpreng de la; Voyez : Spreng de la Châtre.
DIOTIONNAIRR DES FAMILLKS FRANÇAISES 143
CHATRE (de la). Armes : de gueulea à la croix ancrée de vair. —La
brandie aînée écarlelalt ses armes de celles de la maison de Saint-
Amadour. de gueules à trois têtes de loup arrachées d'argent. —
Couronne ducale. — L'écu entouré d'un manteau de pair de
France. — Supports : deux lions d'or, armés et lampassésde gueules.
— Cimier (concédé au duc de la Châtre, ambassadeur de France à
Londres, par brevet du roi d'Angleterre du 6 juin 1816) : un lion
léopardéissant d'or, ayant au cou une couronne de laurier de sinople
et tenant dans ses pattes la bannière du régiment Loyal- Emigrant,
qui est d'or, chargé de la légende Fac et spera, surmontée des lettres
L. E ; au canton d'azur chargé d'un sautoir d'argent surchargé
d'une croix de gueules bordée d'argent. — Cri de guerre : A l'attrait
des bons chevaliers.
La maison de la Châtre, actuellement éteinte, était une des
plus illustres de la noblesse française. Elle était originaire du Berry
et tirait son nom de la petite ville de la Châtre, aujourd'hui sous-
préfecture du département de l'Indre, dont ses premiers auteurs
possédaient la seigneurie dès le xi" siècle. Le généalogiste Beaujon,
ayant été chargé d'examiner les preuves de noblesse qu'un de ses
membres fit sous Louis XV pour être admis aux honneurs de la Cour,
envoya en 1770 au comte de Saint- Florentin un mémoire qui com-
mence en ces termes : « La maison de la Châtre est originaire du
« Berry. Elle tient un rang distingué parmi les illustres maisons du
« royaume par son ancienneté, par ses alliances et par les charges
« de la couronne dont elle a été revêtue, ayant donné quatre capi-
« taines des gardes du corps des Rois, un colonel-général des Suisses,
« deux chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit et deux maréchaux de
« France... »
La Thaumassière, la Chesnaye des Bois et d'autres généalogistes
anciens, se basant sur une ancienne tradition, ont voulu faire des-
cendre la maison de la Châtre de celle des anciens sires, ou princes,
de Déols, qui dès la fin du x* siècle occupaient en Berry un rang con-
sidérable. D'après leur système, Gérard, fils cadet d'Ebbes, sire, ou
prince, de Déols, aurait reçu en apanage vers le milieu du xi^ siècle
la terre et seigneurie de la Châtre et en aurait pris le nom. Ce Gérard,
Sgr de la Châtre, est mentionné dans des actes de 1093 et de 1095.
On lui attribue pour fils, mais sans preuves, un Rambaud, Sgr de la
Châtre, qui est mentionné dans des actes des années 1109 et 1110,
et un Emery de la Châtre qui fut nommé cardinal par le pape
Calixte II, élu en 11 19. On fait, mais toujours sans preuves, de Ram-
baud de la Châtre le père d'un Guillaume, chevalier, qui était sei-
gneur de la Châtre en 1158. et d'un Pierre de la Châtre, décédé en
144 niCTIONNAlRE D F. S FAMII.LF.S FRANÇAISES
1171. qui fut nommé archevêque de Bourg-es en 1140. On trouve
ensuite un Raoul, dit le Vieil, chevalier, qui était seigneur de la
Châtre en 1188 et qui avait épousé une dame nommée Odde. La
maison de la Châtre s'est partagée au moyen âge en deux grandes
branches dont le point de jonction n"a pu être exactement déterminé.
Ces deux branches se sont l'une et l'autre perpétuées jusqu'au
xix^ siècle. Les généalogistes mentionnés plus haut ont avancé, mais
toujours sans preuves, quelles avaient eu pour auteurs l^aoul,Sgrde
la Châtre, décédé en 1200, et Pierre de la Châtre, Sgr de Breuille-
baut, vivant en 1217, et que ceux-ci étaient fils de Raoul le Vieil, dont
il vient d être parlé.
La branche que l'on considère comme l'aînée jouit d'un vif éclat.
Elle se distingua par le surnom de l'importante seigneurie de Nançay,
en Sologne, que son chef, riuillaumo de la Ciiâtro, chambellan du
comte de Poitiers, acheta le 16 janvier 1371 de son beau-frère,
Godemar de Linières. Jean de la Châtre, fils de Guillaume, maître
d'hôtel et chambellan du duc de Berry en 1397. bailli de Gien en 1409,
capitaine du château de Mehun en 1410, fut autorisé en 1413 â fortifier
son château de Nançay. Il fut père de Pierre de la Châtre, gentil-
homme de la maison du roi Charles VII, qui fut confirmé dans cette
autorisation par lettres de ce prince de mai 1447, grand-père de
Claude de la Châtre, Sgr de Nançay, marié en 1460 k Catherine de
Menou, capitaine des gardes françaises en 1479, qui fut chevalier
de l'Ordre du roi Louis XI, et bisaïeul de Gabriel de la Châtre, Sgr de
Nança}', baron delà Maisonfort, décédé en 1538, qui fut successive-
ment chambellan et maître d'hôtel du roi Louis XII, capitaine de ses
gardes du corps, gouverneur des Enfants de France, maître des céré-
monies de France et prévôt de lOrdre de Saint-Michel. Deux des fils
de ce dernier, Joachim, Sgr de Nançay, chambellan et maître d'hôtel
du Roi, capitaine de ses gardes du corps en 1533, maître des céré-
monies, prévôt de l'Ordre de Saint-Michel, gouverneur du duché
d'Orléans, décédé en 1546, et Claude de la Châtre, baron de la
Maisonfort, furent les auteurs de deux rameaux.
Le rameau cadet a été illustré par Claude de la Châtre, baron
de la Maisonfort, chevalier du Saint-Esprit en 1585, qui fut fait maré-
chal de France en 1594, et par Louis de la Châtre, baron de la Mai-
sonfort, fils du précédent, qui reçut à son tour on 1616 le bâton de
maréchal de France. Il s'est éteint avec Louise-Henriette de la
Châtre, fille de ce dernier, qui épousa d'abord en 1622 François de
Valois, comte dAlais, fils du duc d'Angoulême, puis en 1625 le duc
d'Uzès et enfin Claude Pot, Sgr de Rodes, grand-maître des cérémo-
nies de France.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 145
Le clief du rameau ainô, Gaspard de la Châtre, Sgr de Nançay,
fils de Joachim, s'apparenta de très près à la maison royale de
France et à la maison de Savoie par le mariage qu'il contracta
en 1570 avec Gabrielle de Batarnay, fille du comte du Bouchage
et d'Isabelle de Savoie-Tende. 11 fut père d'Henri de la Châtre, né
en 1574, gentilhomme de la chambre du Roi, qui obtint par lettres
patentes de juin 1609 l'érection en comté de sa seigneurie de
Nançay, et grand-père d'Edme de la Châtre, comte de Nançay, connu
sous le titre de marquis de la Châtre, maître de la garde-robe du Roi,
colonel-général des Suisses et Grisons, décédé en 1645, qui a
laissé des Mémoires célèbres. Louis, marquis de la Châtre, comte de
Nançay, petit-fils du précédent, fut nommé, en 1704, lieutenant
général des armées du Roi. 11 fut père de Louis-Charles de la Châtre,
comte de Nançay, brigadier des armées du Roi, qui fut tué à la
bataille de Parme en 1734, et de Claude delà Châtre, évêque d'Agde,
décédé en 1740. Charles-Louis, marquis de la Châtre, né en 1724,
fils de Louis-Charles, fut nommé en 176i2 lieutenant général des
armées du Roi. Il laissa deux fils qui furent les derniers représentants
de leur branche. L'aîné de ces fils, Claude-Louis, marquis de la Châtre,
né en 1745, maréchal de camp en 1788, député de la noblesse aux
États généraux de 1789, se signala pendant l'émigration par son
dévouement à la Famille Royale et commanda la légion Royal-Émi-
grant, fut nommé successivement lieutenant général des armées du
Roi en 1814, pair de France héréditaire en 1815, ambassadeur à Lon-
dres en 1816, futcréé duc par ordonnance royale du 29novembre 1815
et mourut en 1824, survivant à son fils unique, tué à Saint-Domingue
en 1802. Louis-Sylvain de la Châtre, frère du duc de la Châtre, fut
nommé évoque de Beauvais en 1817 et mourut en 1829.
Dans le rapport de 1770, mentionné plus haut, le généalogiste
Beaujon s'exprime en ces termes sur la seconde branche, dite des
seigneurs de Bruillebaut : « La communauté de nom, d'armes et de
« domicile de MM. de la Châtre de Bruillebaut, qui font l'objet de ce
« mémoire, avec cette maison (celle des seigneurs de Nançay) fait
« présumer qu'ils en sont issus. Mais on ne peut porter un jugement
« certain sur cette descendance parce qu'elle n'a pas été jusqu'à
« présent prouvée. Indépendamment de cette origine, ce qu'on en
« rapporte démontre assez leur ancienneté et leur illustration.
« MM. de la Châtre de Bruillebaut sont connus depuis Jean de la
« Châtre, Sgr de Bruillebaut, qui servait en 1356 en qualité d'écuyer
« dans la compagnie de Josseaume, Sgr de Culant, chevalier, fut
« dans la suite décoré du titre de chevalier et épousa Marguerite
(' Bofîardeau avec laquelle il fit une donation au monastère de Notre-
X. 10
146 niCTIONNAIRF. DES FAMILLES FRANÇAISES
« Dame de Puyferrand en l'année 1361. Il paraît avoir été père de
« Jean de la Châtre, qu'on va rapporter, depuis lequel la filiation est
« établie. Jean de la Châtre, Sgr de Bruillebaut, chevalier, bachelier
« de la compagnie d'Hugues de Frédeville, maréchal d'Auvergne en
« 1373, épousa en deuxièmes noces en 1381 Marie de la Châtre, fille
« d'Archambaud, chevalier, Sgr de Dornon, et en eut, entre autres
« enfants, Philippe, qui suit, et Michel de la Châtre, Sgr de Plais,
« lequel forma une branche qui subsistait au milieu du siècle der-
« nier » Philippe de la Châtre, Sgr de Bruillebaut, fils aîné de
Jean, fut nommé grand fauconnier de France par lettres du 28 juil-
let 1429. Deux de ses fils, Jacques de la Châtre, marié en 1436 à
Jeanne de Paray, héritière de la terre de son nom, et Georges de la
Châtre, Sgr de Breuillebaut, grand fauconnier de France en 1453,
furent les auteurs de deux rameaux.
Les représentants du rameau cadet, Jean-Baptiste de la Châtre,
Sgr de Breuillebaut, en la paroisse de Thevé, et son frère, Jean,
Sgr de Briante, furent maintenus dans leur noblesse le 23 sep-
tembre 1667 par jugement de l'intendant Tubeuf. L'aîné de ces deux
frères, Jean-Baptiste de la Chastre, chevalier, Sgr marquis de la
Chastre, Breuilbaut, Briantes et Coutz, fit enregistrer son blason à
l'Armoriai général de 1696 (registre de la Châtre). Il eut un fils, René,
qui fut le dernier représentant de son rameau et qui mourut sans
postérité, et une fille, Marie-Agnès, qui épousa Jacques le Groing,
Sgr de Treignac.
Sylvain de la Ciiâtre, Sgr de Paray, chef du rameau aîné, fut
maintenu dans sa noblesse le 2 août 1669 par jugement de l'inten-
dant Tubeuf après avoirjustifié sa filiation depuis 1436. Ce jugement
est rapporté tout au long dans le Nouveau d'Hozier. Sylvain de la
Châtre laissa plusieurs fils dont deux, Jacques, Sgr de la Chaulerie,
marié en 1674 à M'"' Forestier, et Louis, Sgr de Paray et de Piégu,
marié en 1676 à M"^ de Muzard, héritière de la seigneurie de la
Roche-Belusson, en Poitou, furent les auteurs de deux sous-rameaux.
Le dernier représentant du premier sous-rameau, Raoul-Jean de la
Châtre, né au Dorât en 1811, se crut en droit de relever le titre de
duc qui avait été conféré en 1815 au chef de la branche aînée de sa
maison ; il mourut à Paris en 1887 laissant une fille unique qui a
épousé en 1904 M. Contesse, comptable ; par testament olographe
il avait légué son nom et son prétendu titre de duc à un M. Spreng,
de Bâle, en Suisse, qui après sa mort prit le titre de duc de la Châtre.
Le second sous-rameau alla se fixer en Poitou et y fut maintenu dans
sa noblesse, le 6 décembre 1715, par jugement de l'intendant Quentin
(le Richebourg. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves
IHmONNAlRE DES FAMILLES FRANÇAISES 147
de noblesse que plusieurs de ses membres firent au xviii* siècle
pour être admis à l'École militaire. Ce sous-rameau, dont Beauchet-
Filleau a donné une généalogie complète, a eu pour derniers repré-
sentants Claude-Marcellin (le la Châtre, né en 1802, marié en IB^S à
M"" des CoUards, dont la lille unique, née en 1828, épousa M. Alfred
de Boislinards ; son cousin germain, Louis-Constant de la Châtre,
né en 1813, décédé en 1869, qui n'eut pas d'enfants de son mariage
en 1847 avec M"^ Jamin, et leur cousin issu de germains, Claude-
Amédée, comte delà Châtre, qui n'eut pas d'enfants de son mariage,
en 1819 avec M"® Sidonie de Montmorency, décédée en 1861.
La branche cadette de la maison de la Châtre a aussi formé le
rameau des seigneurs de Plais. Ce rameau avait pour auteur Michel
de la Châtre, Sgr de Plais, mentionné plus haut, qui épousa
en 1425 Jeanne de Bourges. Jean de la Châtre, chevaher, Sgr de
Plais, en la paroisse de Saint-Hilaire, fut maintenu dans sa noblesse
le 25 septembre 1667 par jugement de l'intendant Tubeuf. Deux de
ses fils, François, écuyer, Sgr de Langeblanc, et Claude, écuyer,
Sgr de Plais, marié à Marie de Bourdaloue, firent enregistrer leur
blason à l'Armoriai général de 1696 (registre d'Issoudun). Ils
paraissent avoir été les derniers représentants de leur rameau.
Plusieurs représentants de la maison de la Châtre furent admis
aux honneurs de la Cour au cours du xviii® siècle.
Principales alliances : de Lignières, de Crevant, Savary de Lan-
cosme 1453, de Menou 1460, 1559, 1569, de Balarnay du Bou-
chage 1570, de Châtillon, de Bourdeille, de Voisins, du Bellay, de
Thou, de l'Aubespine de Châteauneuf, de Cugnac 1632, de Beauma-
noir de Lavardin 1694, de Nicolay 1707, de Dreux-Brézé 1749, de
Jouvenel des Ursins 1744, de l'Hôpital de Vitry, Pot de Rodes,
Chabot 1564, de Balzac d'Entraigues 1595, de Saint-Chamans, de
la Ferté-Senectère, de la Grange d'Arquien, d'Estampes, de Valois-
Angoulême, de Crussol d'Uzès 1625, de Barbançois 1441, de Barton
de Montbas 1506, Turpin (de Crissé et de Jouhé) 1663, 1783, le
Groing, de Paray, d'Orléans, de Chamborant 1659, d'Argy 1694,
de Fougières du Breuil 1761, de Montmorency 1819, de Montigny,
Bourdaloue, de Vaucelles 1389, etc.
CHATRE (de la) à Issoudun. Armes : de gueules à la croix ancrée de
'oair. — Armes concédées en 1810 au colonel de la Châtre: de
gueules, coupé d'un trait de sable, chargé en chef d'un lion contourné
d'or et en pointe d'une croix de vair; au franc quartier des
barons militaires.
Il a existé à Issoudun, en Berry, une famille de la Châtre, éteinte
148 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
en 1900, qui revendiquait une origine commune avec la puissante
maison dont il vient d'être parlé et qui de tout temps en a porté les
armes. Cette famille a toujours été dans une situation de fortune
assez modeste et paraît même avoir pendant plusieurs générations
perdu sa noblesse par suite de dérogeance. On trouvera sur elle des
renseignements dans V Intermédiaire des chercheurs et des curieux
des années 1909 et 1910. On admet généralement, mais sans en
avoir de preuves bien certaines, qu'elle a eu pour auteur un lils
cadet de Jean de la Châtre qui était seigneur de Plais en 1481 et qui
avait épousé Marguerite Dorlief.
La souche se partagea en plusieurs rameaux.
Le chef d'un de ces rameaux, René de la Chastre, décédé en 1665,
fut pourvu de la charge anoblissante de président trésorier de
France au bureau des finances de Bourges. Son fils, Nicolas de la
Châtre, sieur des Varroux, demanda le 19 novembre 1666 à être
maintenu dans sa noblesse en vertu de la charge exercée par son
père, mais fut débouté de sa demande. Un représentant de ce
rameau, M. de la Chastre, Sgr de Varnaux, prit part en 1789 aux
assemblées de la noblesse du bailliage dissoudun.
La branche qui sest perpétuée jusqu'à nos jours remontait par
filiation suivie à Jean de la Chastre, le jeune, écuyer, Sgr de la
Foucher, dont la veuve, Marguerite Prévost, est mentionnée dans un
acte du 1" mai 1550. Noble homme Antoine de la Chastre, Sgr de
Lorray, fils du précédent, épousa honnête dame Marie Arthuys,
mentionnée comme veuve dans un acte du 8 février 1609. 11 fut père
de noble maître Guillaume de la Chastre, Sgr de Charnay, con-
seiller et grénetier pour le Roi au grenier et magasin à sel de la
ville d'Issoudun, qui épousa Catherine Péarron, grand-père de
noble maître Claude de la Chastre, Sgr de l'Herbe, baptisé en 1635,
avocat au Parlement, qui épousa Marie de la Chastre des Planches,
et bisaïeul de Philippe de la Chastre, Sgr de l'Herbe, baptisé
en 1667, qui épousa le 7 juillet 1696 Anne de Lestang.
Ce dernier est sans doute le même personnage qu'un Phihppe de la
Chastre, Sgr de Charnay, conseiller du Roi, élu en l'élection
d'Issoudun, qui fit enregistrer son blason à l'Armoriai général
de 1696. On trouve qu'un autre Philippe de la Chastre, trésorier
général de France à Bourges, qu'un N de la Chastre, conseiller
du Roi au présidial de Bourges, et qu'un sire de la Chastre, mar-
chand à Issoudun, eurent leurs armes inscrites au même Armoriai.
Etienne-Denis delà Chastre, né à Issoudun en 1763, arrière-petit-
fils de Philippe et d'Anne de Lestang, colonel d'Etat-major, officier de
la Légion d'honneur, décédé en 1820, fut créé baron de l'Empire par
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 149
lettres patentes du 27 décembre 1810. Le plus jeune de ses trois
fils, Claude-Maurice, baron de la Châtre, né à Issoudun en 1814,
écrivain communiste, décédé en 1900, fut le dernier rejeton
mâle de sa famille. 11 eut une fille qui épousa en 1879 M. Cotton de
Bennetot.
CHATRY de la FOSSE. Armes (d'après le règlement d'armoiries du
9 juin 1868) : d'azur à un chevron d'argent, chargé en pointe d'une
molette d'éperon de sable, accompagné en chef de deux fers à
cheval d'or et en pointe d'une épée en pal d'argent, montée d'or ; au
chef d'or chargé dun casque de sable. — Couronne : de Baron. —
Supports : deux licornes. — Devise : En avant!
La famille Chatry de la Fosse appartenait dès le xvii* siècle à la
haute bourgeoisie de Caen, en Normandie. Un de ses membres,
Jacques Chatry, sieur de la Fosse, fit enregistrer son blason : à' or au
lion de gueules à l'Armoriai général de 1696 (registre de Caenj.
Simon (ou Jacques) Chatry de la Fosse était négociant à Caen vers
le milieu du xviii" siècle. Il eut, entre autres enfants, un fils, Pierre-
Samuel, dont il va être parlé, et une fille qui épousa le 24 janvier 1759
Jean-Samuel Joly de Bammeville, auteur de la famille Joly de Bam-
meville actuellement existante. Pierre-Samuel Chatry de la Fosse, né
à Caen en 1737, était dessinateur et graveur dans sa ville natale quand
il fut élu, le 25 vendémiaire an IV, député du Calvados au Conseil des
Cinq Cents. Il fut plus tard député au Corps législatif, fut créé che-
vaHer de l'Empire par lettres patentes du 27 juillet 1808 et mourut
en 1814. Il avait épousé M"^ Dupressoir dont il laissa deux fils. L'aîné
de ces fils, Jacques-Louis Chatry de la Fosse, né à Caen en 1776,
député du Calvados en 1832, maréchal de camp honoraire en 1836,
commandeur de la Légion d'honneur, décédé sans postérité en 1854,
fut également créé chevalier de l'Empire par lettres patentes du
27 juin 1811. Le puîné, Gabriel-Henri Chatry de la Fosse, né à Caen
en 1779, maréchal de camp en 1833, commandeur de la Légion d'hon-
neur, décédé en 1848, reçut le titre héréditaire de baron, avec ano-
blissement en tant que besoin, par lettres patentes du roi Charles X
du 30 août 1825. Il avait épousé en 1827 M"« Bohl dont il n'eut pas
d'enfants. Il adopta M. Henri-Gabriel Voirel, né à Saint-Quentin
en 1797, général de brigade en 1852, commandeur de la Légion
d'honneur, décédé en 1874. Celui-ci fut confirmé par lettres patentes
de Napoléon III du 9 juin 1868 dans la possession héréditaire du titre
de baron qui avait été conféré en 1825 à son père adoptif. Il obtint en
même temps le règlement de ses armoiries. Il a été porc du baron
Henri Chatry de la Fosse, né en 1842, qui n'a pas eu d'enfants de ses
{bO niCTTONNAIRE DRS FAMILLES FRANÇAISES
deux mariages avec M"^ Sarget de la Fontaine, décédée en 1892, et
avec M"* Piéters. Le général baron Chatry de laFosse, décédé en 1848,
avait eu aussi de M"' Perdraux un fils naturel reconnu, Alfred Chatry
de la Fosse, né en 1807, consul général de France, qui mourut sans
postérité en 1892.
CHAUBRY de TRONCENORD (dei. Armes : à' argent à trois pommes de
pin au naturel, 2 et \, la queue en bas, accompagnées en abmie
d'un cerf de sable. — Couronne : de Baron. — Supports : deux
lévriers au naturel.
Des généalogistes contemporains ont voulu faire descendre la
famille de Chaubry de Troncenord d'un gentilhomme italien qui serait
venu se fixer en France au cours du xv^ siècle. Dans la réalité, la
famille Chaubry n'appartenait encore au xviii* siècle qu'à la haute
bourgeoisie de la ville de la Flèche, dans le Maine.
René-André Chaubry, conseiller du Roi à l'élection de la Flèche,
décédé dans cette ville le 20 février 1785, fut anobli par l'obtention
du cordon de Saint-Michel que le roi Louis XVI lui accorda en 1780.
De son mariage avec Jeanne Riclier, il laissa plusieurs fils. L'aîné
de ces fils, René-Ferdinand Chaubry, né à la Flèche en 1747, inspec-
teur des ponts et chaussées, député et conseiller général de la
Sarthe, décédé sans alliance, fut créé chevalier de l'Empire par
lettres patentes du 14 août 1813. Il sera parlé plus bas du second,
Nicolas-Joseph Chaubry de Blottières, qui continua la descendance.
Le troisième, Charles-André Chaubry de Beaulieu, décédé en 1816,
fut reçu en 1780 conseiller clerc au Parlement de Paris. Le qua-
trième, enfin, François-Jean Chaubry de la Roche, né à la Flèche
en 1753, fut nommé à l'époque de la Révolution administrateur
du département de la Haute-Vienne, fut élu député de ce dépar-
tement à la Législative, fut plus tard membre du collège électoral
de la Marne, fut créé baron de l'Empire, sur institution de majorât,
sous la dénomination de Chaubry de Troncenord, par lettres patentes
du 16 décembre 1809, et mourut sans postérité en 1835. Nicolas-
Joseph Chaubry de Blottières fut maire de Toulon. II épousa M"^ Michel
et en eut plusieurs enfants. L'un de ses fils, Joseph-Frédéric
Chaubry, né à Toulon en 1793, conseiller à la Cour de Paris, con-
seiller général de la Marne, marié à M"* Séguier de Saint-Brisson,
fut autorisé par ordonnance royale du 17 juillet 1828 à recueillir
après la mort de son oncle le majorât institué par celui-ci au titre de
baron de Troncenord. Il a été père de René-Charles, baron de Chaubry
de Troncenord, qui a eu plusieurs enfants de son mariage en 1865
avec M"^ Eschassériaux.
nir.TIONNAIRK DKS FAMILLES FRAIMÇAÏSES 1S<
Principales alliances : de Martineng, de l'Epine, Séguier de Saint-
Brisson, Eschassériaux, Boscary de Villeplaine 1801, etc.
CHAUCHAT.
La famille Chauchat est anciennement et honorablement connue
à Paris.
On trouve dans le Nouveau d'Hozier que Jérôme Chauchat, mar-
chand papetier, bourgeois de Paris, y demeurant rue Saint-Martin,
obtint en mai 1755 un règlement d'armoiries : à' azur à une bande
dor chargée de trois monticules de sable et accompagnée de deux
lions d'argent.
Jacques Chauchat fut anobli dans la seconde moitié du xviii® siècle
par l'échevinage de Paris ; il fut reçu en 1778 conseiller auditeur en
la Chambre des comptes de cette ville dont une rue porte encore son
nom.
Jacques Chauchat, payeur des rentes, prit part en 1789 aux
assemblées de la noblesse tenues à Paris.
Principales alliances : Firmin-Didot, Gouin de Grandchamp, Mar-
chant de Vernouillet, le Bret, etc.
CHAUCHART du MOTTAY. Armes : d'aztcr à trois têtes et cols de cygne
d'argent, arrachés et becquetés de gueules, posés 2 eM.
La famille Chauchart appartient à la noblesse de l'ancien diocèse
de Saint-Malo, en Bretagne. Le vicomte Henri de la Messelière a
donné sa généalogie, à partir du xvii* siècle, dans ses Documents
pour servir à l'histoire des principales familles de la paroisse
d'Evran, publiés en 1908.
Elle peut être la même que celle d'un Mathieu Chauchart qui en
1287 fut recteur de Noyal-Muzillac. Un de ses membres, Jean Chau-
chart, de la paroisse de Pleurtuit, figura en 1446 à la réformation de
la noblesse du diocèse de Saint-Malo. La famille Chauchart a encore
figuré de 1479 à 1513 aux réformations et montres de la noblesse du
même diocèse.
Les jugements de maintenue de noblesse du xvii'= siècle lont
remonter la filiation à Charles Chauchart, marié à Jeanne Heurtault,
qui, dans les dernières années du xv^ siècle, possédait la seigneurie
du Bois, en la paroisse de Pleurtuit. Ce même Charles Chauchart,
de la paroisse de Pleurtuit, bourgeois de Dinan, figura en 1513 à la
réformation de la noblesse du diocèse de Saint-Malo. Son descendant,
Noël Chauchart, sieur de la Vicomte, en la paroisse de Saint-Enogat,
épousa, d'abord Jeanne de la Choue, puis, en 1626, Gillette Gardin. Il
laissa deux fils, Jean Chauchart, sieur du Mottay, en la paroisse
<52 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
d'Evran, et de la Vicomte, mariéà GuillemetteGouyon des Rochettes,
et Noël Chauchart, sieur d'Argantel, marié à Marguerite de Saint-
Gilles, qui furent maintenus dans leur noblesse d'extraction, le
premier par arrêt du 19 novembre 1668, le second par arrêt du
18 janvier 1669. Jean n'eut pas d'enfants ; mais Noëleut un fils, Joseph-
Alexis Chauchart, chevalier, Sgr du Mottay, né le 15 février 1671,
qui épousa Marie Baudran. Celui-ci fut père de Josselin-Joseph Chau-
chart, chevalier, Sgr d'Argantel, du Mottay et de Grasbuisson, baptisé
à Dinan en 1713, qui épousa Claire- Anne Rogon et qui continua la
descendance.
La famille Chauchart du Mottay n'est pas titrée.
Elle a conservé jusqu'à nos jours le château du Mottay, à Evran,
dans les environs de Dinan.
Elle a fourni des officiers, des maires d'Evran, etc.
Principales alliances : de Vaucouleurs, |du Guiny, de la Choue,
Gardin, Gouyon, de Saint-Gilles, le forestier 1752, Rogon, de
Lesquen 1822, de Méhérenc de Saint-Pierre 1819, de Cadaran 1854,
d'Aubert, Houitte de la Chesnais 1889, de Kcrautem 1889, de Mau-
duit du Plessix 1895, de Perron du Chesne 1894, etc.
CHAUDENAY (Vaillant de). Voyez : Vaillant de Chaudenay.
CHAUDE S AIGUËS de TARRIEUX de SAINT-JUÉRY (de). Armes :
dazw à une gerbe d or empoignée de deux mains d'argent et sou-
vent accompagnée enchef d'un croissant d'or accosté de deux étoiles
de même. — Couronne : de Baron.
La famille de Chaudesaigues est fort anciennement connue dans la
Haute-Auvergne. On peut voir dans le Nobiliaire d Auvergne de
Bouillet que, suivant une reconnaissance faite en 1345 au prieuré de
Deux Verges par un sieur Pierre de Chaudesaigues, le père de
celui-ci, marié à Gabrielle Germain, était compris dans un hommage
rendu au duc d'Auvergne comme tenant des biens nobles en vertu
d'anciens titres.
La filiation suivie remonte à Jean de Chaudesaigues, avocat au
Parlement de Paris, dont le fils, Guillaume de Chaudesaigues, sieur
de Longeval et de Berc, épousa d'abord en 1566 demoiselle Paulet
de Requistal, puis demoiselle Taillet. Dès cette époque la famille de
Chaudesaigues s'alliait fréquemment à la noblesse de sa région et
ses membres figurent dans un certain nombre d'actes avec les qua-
lilications nobiliaires. Jean de Chaudesaigues, petit-fils de Guillaume
et de sa seconde femme, fut procureur fiscal de la ville de Chaude-
saigues, puis juge d'Anterrieux. Il mourut en 1649 laissant plusieurs
DICTIONNAIRE DRS FAMILLES FRANÇAISES 153
fils de son mariage avec Anne de Bauzicres. L'aîné de ces fils,
Pierre, domicilié à la Borie, en la paroisse de Lieutades, marié le
23 novembre 1630 à Anne de Lastic, déclara, lors de la grande
recherche des taux nobles commencée en 1666, qu'il n'était pas
noble, qu'il renonçait à la qualité d'écuyer et se soumettait à la taille ;
il n'eut qu'un fils qui mourut sans postérité. Jean de Chaudesaigues,
second lils de Jean et d'Anne de Bauzières, continua la descen-
dance. Son fds, Pierre, et son petit-fds, autre Pierre, contrôleur et
payeur des gages de la Cour des aides de Clermont, firent foi et
hommage au Roi en 1684, 1687, 1716, 1722 et 1730 de divers biens
nobles et notamment des seigneuries de Tarrieux, Lavergne,
Rieussalat, etc.
La famille de Chaudesaigues s'agrégea définitivement à la noblesse
au cours du xviii® siècle sans qu'on lui connaisse de principe d'ano-
blissement régulier. Un de ses membres, Pierre de Chaudesaigues
de Tarrieux, fils d'Antoine, conseiller à la Cour des aides de Cler-
mont, prit- part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Saint-Flour.
La famille de Chaudesaigues a fourni des officiers et des magis-
trats distingués, des conseillers à la Cour des aides de Clermont, un
conseiller général du Puy-de-Dôme, etc.
Son chef est connu depuis la Restauration sous le titre de baron.
Principales alliances : de Lastic 1630, d'Apchier 1610, de Ni( ola'i
de Lacoste-Laval 1868, de Montaignac de Chauvance vers 1810,
de Chaunac de Montlogis, de Roquefeuil 1710, etc.
CHAUDESSOLLE. Armes : d'argent à une fasce de gueules, chargée à
dextre d'une étoile et à séneslre d'un croissant d'argent, et accompa-
gnée en chef d'un soleil d'azur et en pointe d'un cœur enflammé
de gueules.
La famille Chaudessolle est honorablement connue depuis le milieu
du XVI* siècle dans la haute bourgeoisie de l'Auvergne. Elle a eu
pour berceau la petite ville de Saint-Germain-l'Herm. Un de ses
membres fut en 1560 député de cette ville aux Etats provinciaux
d'Auvergne. La souche se partagea vers cette époque en deux
branches.
L'une de ces branches est aujourd'hui éteinte. On trouvera sur
elle quelques renseignements dans les Dossiers bleus. Son chef,
Pierre Chaudessolle, Sȕr d'Hauterive, habitant de Saint-Germain-
L'Herm, était commissaire des guerres dans la première moitié du
xvu* siècle. De son mariage avec Jacquette Ardin il eut deux fils
qui furent les derniers représentants de leur branche : X" Paul,
154 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Sgr d'Hauterive, qui fut pourvu le 18 juin 1657 de l'office anoblissant
de secrétaire du Roi et qui ne laissa qu'une fille ; 2° Jean, qui paraît
être resté célibataire.
L'autre branche alla vers la fin du xvi^ siècle s'établir à Clermont-
Ferrand où elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Elle a donné à
cette ville des échevins, des notaires, des magistrats, etc. Deux de
ses représentants, N... Chaudessolle, notaire à Clermont, et N ..
Chaudessolle, chanoine de l'église de Chamalière, firent enregistrer
leur blason à l'Armoriai général de 1696 : d'argent à trois poissons
de gueules, posés en pal, 2 e/ 1.
CHAUDORDY (de) et CHAUDORDY. Armes : d'or à un pairie d'azur.
La famille Chaudordy, ou de Ghaudordt, est honorablement con-
nue en Agenais. Elle tire sa noblesse du titre de comte romain qui
fut accordé par bref de 1846 à un de ses représentants, Jean-
Baptisle-Thomas Chaudordy, né à Agen en 1781, président de
chambre à la Cour royale d'Agen, député du Lot-et-Garonne sous la
monarchie de Juillet, décédé en 1849. Le comte Chaudordy laissa
deux fils. L'un de ces fils, Jean-Baptiste-Alexandre-Damase, comte
de Chaudordy, né en 1826, décédé à Paris en 1899 sans avoir été
marié, fut député du Lot-et-Garonne en 1871, ambassadeur à Berne,
puis à Madrid et enfin à Saint-Pétersbourg et commandeur de la Légion
d'honneur. C'est probablement par erreur que plusieurs auteurs con-
temporains ont avancé qu'il avait obtenu en 1874 la confirmation en
France du titre de comte romain obtenu par son père en 1846. Son
nom ne figure pas, en tout cas, dans les Titres et confirmations de
titres de 1830 à 1908, l'ouvrage si complet du vicomte Révérend.
M. Edmond Chaudordy, l'autre fils du premier comte Chaudordy,
épousa M"^ Miquel, il en a eu une fille mariée en 1874 à M. de
la Borie de Saint-Sulpice.
CHAUDOT de GORRE. Armes : d'argent à un chevron de gueules
accompagné en chef de deux flammes du même et en pointe dune
merlette de sable.
La famille Chaudot, d'ancienne bourgeoisie de Vesoul, en Franche-
Comté, descend de François Chaudot qui fut reçu en 1733 avocat
au Parlement de Besançon.
César-Antoine Chaudot, né en 1794, arrière-petit-fils du précédent,
fut juge au tribunal de Vesoul; il demanda le 26 mars 1860 et obtint
par décret du 14 juillet de la même année l'autorisation de joindre
régulièrement à son nom celui de : de Corre sous lequel il était
connu et qu'avait déjà porté avant la Révolution son père, César-
niCTIONNAlRE DES FAMILLES FRANÇAISES ^5S
Antoine Chaudot, capitaine de cavalerie, décédé à Vesoul en 1812.
Principales alliances : Jossc, Pâtissier de Laforestille, Bourgon,
Ménans, etc.
La famille Chaudot de Corre paraît être distincte de celle d'un
Antoine Chaudot, administrateur de l'Hôtel-Dieu de Joigny, qui fut
nommé conseiller maître en la Chambre des comptes de Dole par
lettres patentes du 19 mars 17o3 rapportées tout au long dans le
Nouveau d'Hozier. Dans sa Notice sur la Chambre des comptes de
Dole, M. d'Arbaumont attribuée ce magistrat les armes suivantes :
A' azur à un cygne d'argent nageant dans des ondes de même et sommé
d'un soleil d'or accosté de deux croissants d'argent. Ces armes sont
celles qu'avait fait enregistrer à l'Armoriai général de 1696 Louis
Chaudeau, conseiller du Roi aux bailliage, chancellerie et siège pré-
sidial de Chalon.
GHAUDRU de RAYNAL. Armes: d'or à im renard passant de ,
sommé d'une étoile de *
La famille Chaudru de Raynal, d'honorable bourgeoisie, est origi-
naire de la petite ville de Salignac, en Périgord-.
Antoine Chaudru, notaire, consul de Salignac en 1614, mourut
dans cette localité le 17 mai 1625 à l'âge de 50 ans. Bernard Chau-
dru, probablement frère du précédent, était en 1625 notaire, rece-
veur de la baronnie de Salignac, en Sarladais, et bayle de la con-
frérie du Saint-Sacrement de cette ville. Il avait épousé Jeanne de
Raynal, d'une vieille famille consulaire de Sarlat. Il fut père de
Pierre Chaudru, notaire à Salignac, décédé en 1671 à l'âge de
70 ans, qui joignit à son nom celui de la famille de sa mère et qui
fut connu le premier sous le nom de Chaudru de Raynal, conservé
par ses descendants. Antoine Chaudru de Raynal, petit-fîls de
Pierre, fut notaire et procureur fiscal de la vicomte de Carlus et
mourut à Salignac le 9 mars 1756. Il laissa, entre autres enfants,
deux fils, Joachim, sieur de la Maisonneuve, né en 1728, avocat,
décédé en 1790, et Pierre, né à Salignac en 1730, notaire dans sa ville
natale, décédé en 1797, qui furent les auteurs de deux branches.
Pierre Chaudru de Raynal, né à Salignac en 1768, chef de la
branche aînée, fut professeur au lycée de Bourges, recteur de l'Aca-
démie de Bourges, inspecteur général honoraire et officier de la
Légion d'honneur. Il fut père de Louis-Hector Chaudru de Raynal,
' Ces armes sont, à peu de chose près, celles d'une famille de Raynal (voyez ce
nom) qui appartient à la noblesse de robe toulousaine.
' Cette notice a été faite de renseignements dus à l'obligeance de M. le vicomte
de Gérard du Barri. ^
JS6 DICTtONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
né à Bourses en 1805, procureur général, puis président de chambre
à la Cour de cassation, commandeur de la Légion d'honneur, décédé
en 1902. Celui-ci avait eu deux fils : 1° Pierre-Edmond Chaudru de
Raynal, conseiller maître à la Cour des comptes, décédé en 1896,
dont le fils unique, Pierre de Raynal, est décédé prématurément
en 1904 sans avoir eu d'enfants de son mariage avec M''* de
Bélabre; 2'^ Henri-Paul Chaudru de Raynal, décédé en 1903, qui a
laissé un fils.
La branche cadette était représentée de nos jours par Sulpice
Chaudru de Raynal, né en 1845, instituteur à Borrèze, poète dis-
tingué, et par ses fils.
On trouve qu'un M. Chaudru de la Perrière prit part en 1789 aux
assemblées du Tiers État tenues à Sarlat.
Principales alliances : de Lander 1859, le Coigneux de Bélabre
1899, d'Estressc de Lanzac de Laborie, de Ravinel, de Blanquet du
Chayla, Cochon deLapparent, etc.
CHAUDRUC de CRAZANNES. Armes M'après le règlement d'armoiries
du 25 novembre 1814; : de gueules à un chevron d'argent, surmonté
d'un buste d'homme d argent et accompagné en chef de deux étoiles
du même et en pointe d'un lion passant dor.
La famille Chaudruc de Crazannes est originaire de la Saintonge
où elle occupait un rang distingué dès le xviii* siècle.
Jean Chaudruc, sieur de Crazannes, près de Saintes, capitaine de
dragons, épousa vers 1745 Louise Bonneau. Leur fils, Jacques
Chaudruc, Sgr de Crazannes, était capitaine des canonniers garde-
côtes de Saintonge quand il épousa, le 2 août 1782, Anne Dumas de
Puygaillard, fille de César, capitaine au régiment de la Couronne, et
de Marie-Thérèse de Malarlic. Il fut pourvudans lasuite de la charge
anoblissante de président trésorier de France au bureau des finances
de la Rochelle et était chevalier d'honneur audit bureau quand en
1788 il mourut prématurément en son hôtel de Saintes. Il laissait
deux fils en bas âge, Jules-Alexandre et Paul-Daniel Chaudruc de
Crazannes, qui ont l'un et l'autre laissé postérité.
L'aîné de ces deux frères, Jules-Alexandre, né au château de Cra-
zannes en 1782, maître des requêtes au Conseil d'État, membre du
Collège électoral du Gers, membre correspondant de l'Institut en
1837, officier de la Légion d'honneur, décédé à Castelsarrasin
en 1862, avait été créé baron de l'Empire par lettres patentes du
25 février 1813, avait été confirmé dans la possession de son
titre par nouvelles lettres du roi Louis XVTII du 25 novembre 1814 et
avait obtenu en même temps le règlement de ses armoiries. Ce fut lui
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES i57
qui vendit en 1828 le château de Crazannes. Il avait épousé en 1827
M"* de Loupiac dont il laissa deux fils qui ont eu l'un et l'autre
postérité masculine. Le second de ces fils, Henri-Eugène, né en 1833,
marié à M"^ de Malafosse, a été intendant militaire, directeur des
services administratifs au ministère de la guerre et commandeur de
la Légion d'honneur.
Principales alliances : Dumas de Rauly de Puygaillard, de Lou-
piac, de Riols de Fonclare 1855, de Malafosse 1866, Maurel 1900,
d'Hennezel 1903, etc.
D'après la tradition, la famille Chaudruc de Crazannes aurait eu
dans le passé une origine commune avec la famille Chaudruc de Tré-
lissac, éteinte au cours du xix^ siècle. Cette dernière famille occupait
sous l'ancien régime un rang distingué en Périgord. Bien qu'on ne
lui connaisse pas de principe d'anoblissement, ses membres por-
taient fréquemment les qualifications nobiliaires. Elle portait pour
armes : à'azuràune fasce d'or accompagnée de trois roses d'argent.
Elle compte au nombre de ses membres Jean Chaudruc de Trélissac,
né au château de Trélissac en 1759, évèquc de Montauban en
1833, démissionnaire en 1843, décédé en 1847. Le château de
Trélissac, situé aux portes de Périgueux, est aujourd hui la pro-
priété de la famille Magne.
CHAUFFEPIED (de). Armes : d'argent à deux bandes bretessées d'azur;
au chef écartelé en sautoir: le 1 de sable à la croix d'argent; le
2 d'argent à la croix de sable; le '^ de gueules à la croix d'or ; le 4 d'or
à la croix de gueules.
La tamille de Chauffepied, ou de Chauffepié, fixée à l'étranger depuis
la révocation de l'édit de Nantes, appartenait à la noblesse des confins
du Poitou et de la Saintonge. Beauchet-Filleau la croit originaire
d'Italie. Le jugement de maintenue de noblesse rendu en sa faveur lors
de la recherche du xvii® siècle en fait remonter la filiation à Damien de
Calfopédi qui avait épousé Marie Vermilhac et dont le fils, Dominique
de Calfopédi, épousa le 4 juillet 1490 Anne Torelis. Pierre, fils du
précédent, marié le 3 juin 1519 à Marie de Saint-Bonnet, substitua au
nom de Calfopédi celui de Chauffepied, conservé par ses descen-
dants. Il fut père de Jean de Chauffepied, pasteur protestante Marans,
qui fit son testament le 22 janvier 1580, et grand-père d'autre Jean
de Chauffepied, marié le 17 août 1606 à Marie Raymond, qui fut pas-
teur à Niort, qui jouit d'une grande réputation parmi ses coreligion-
naires et qui fut député par eux à plusieurs grandes assemblées et
particulièrement au synode d'Alais. Jean de Chauffepied eut plusieurs
fils, Louis, Sgr des Croizettes, en la paroisse de Frontenay, dans
458 DICTIONNAIRE DES FAMIM.ES FRANÇAISES
l'élection de Saint-Jean-d'Angély, marié en 1633 à Anne Tompson,
Second, né à Niort en 1608, dont il va être parlé, et Benjamin, Sgr
del'Isle, qui, lors de la grande recherche des faux nobles commencée
en 1666, furent maintenus dans leur noblesse par jugement de
d'Aguesseau, intendant de Limoges. Second de Chauffepied fut pen-
dant de longues années ministre à Champdeniers. De son mariage,
en 1637, avec Claude de la Forest il laissa plusieurs fils qui, après
la révocation de l'édit de Nantes, allèrent se réfugier en Hollande.
L'un de ces fils, Second de Chaufïepied,néen 1646, pasteur à Aulnay,
puis à Leuwarden, fut père de Jacques-Georges de Chauffepied, né à
Leuwarden en 1702, décédé à Amsterdam en 1786, qui fut longtemps
pasteur de cette ville et qui a publié de nombreux ouvrages, et de
Samuel-Daniel de ChaufTepied, pasteur à Leyde en 1763, qui laissa
plusieurs fds. Georges-Samuel de Chauffepié, né à Amsterdam en
1773, ministre de l'église wallonne à la Haye, décédé dans cette
ville en 1839, a également publié de nombreux ouvrages. La famille
de ChaufTepied subsiste en Hollande et en Allemagne. Elle a donné à
l'église réformée un grand nombre de pasteurs.
CHAULET d OUTREMONT. Armes : écartelé aux 1 et 4 d'or à un che-
vron de gueules accompagné de trois flammes de même, qui est
d'Outremont de Minière ; aux 2 e/ 3 d'azur à un chevron d'or accom-
pagné en chef d'un soleil (aliàs d'une étoile) et en pointe d'un mont
de six coupeaux, le tout d'or (aliàs d'argent). — Couronne : de Comte.
— Supports : deux licornes.
M. Chaulet, d'une famille de très honorable bourgeoisie, épousa
vers 1 820 M"^ Marchant, ou Marchant de la Ribellerie, fdle d'Honoré-
René Marchant, intendant général de la grande armée, créé baron
de l'Empire par décret du 5 octobre 1813, décédé en 1816, et de Marie-
Hubertine de la Roche de la Ribellerie, qui s'était remariée en 1819
au général comte d'Outremont de Minière. Il en eut deux fils qui
furent adoptés par le général d'Outremont, second mari de leur
grand-mère, et qui se trouvèrent ainsi en droit de s'appeler Chaulet
d'Outremont. L'aîné de ces fils, Albert-Anselme Chaulet de la Ribel-
lerie d'Outremont, fut officier d'artillerie et mourut sans postérité.
Le puîné, Hector-Albert Chaulet d'Outremont, né à Tours en 1825,
décédé en 1884, fut nommé évêque d'Agen en 1871, puis évéque du
Mans en 1874.
La famille d'Outremont de Minière avait pour auteur Anselme-Joseph
Doutremont, Sgr de Minière, avocat en la cour du Parlement de
Paris en 1734, secrétaire du cabinet du roi de Pologne, décédé en
1790, qui fut anobli par lettres patentes de janvier 1759 et qui fut, en
DICTIONNAIRE P F. S FAMILLES FRANÇAISES 159
outre, pourvu de la charge anoblissante de secrétaire du Roi près la
Cour des aides de Montauban. Anselme d'Outremont de Minière,
chevalier, fils du précédent, fut conseiller au Parlement de Paris et
conseiller d'Ktat et prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Orléans. Il avait épousé en 1776 M^" Geoffroy, fille d'un
secrétaire du Roi, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris.
Il fut père de M""^ Michel de Roissy et de Baptiste-Louis d'Outremont
de Minière, né en 1779, maréchal de camp en 1839, commandeur de
la Légion d'honneur, décédé sans postérité à Tours en 1858, qui
reçut le titre héréditaire de baron par lettres patentes du 29 mars
1819, puis le titre personnel de comte par ordonnance du 25 juin 1828.
On a vu plus haut que celui-ci adopta les fils de M""^ Chaulet.
M™^ Chaulet, née Marchant, fille du premier lit de la comtesse
d'Outremont, née la Roche de la Ribellerie, eut un frère utérin, Au-
gustin-Albert, baron Marchant, né à Mettray en 1800, décédé sans
postérité, qui, par ordonnance royale du 2 septembre 1818, fut auto-
risé à joindre à son nom celui de : de la Ribellerie. Après lui le nom
de la Ribellerie fut relevé par l'aîné des fils de sa sœur.
CHAULIAC (de) . Armes : à' azur à un chewon d'or accompagné de trois
têtes de pavot, tigées et feuillées d'argent.
L'auteur de cette famille, Antoine Chauliac, procureur au Parle-
ment de Toulouse en 1759, fut anobli par le capitoulat de cette ville
qu'il exerça en 1782. Il prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Toulouse.
La famille de Chauliac n'est pas titrée.
Elle a fourni des membres de la Légion d'honneur, un vicaire
général de Montpellier de 1862 à 1868, etc.
Principales alliances : de Barbot 1830, de Paul, Baron de Montbel,
de Fleyres, du Pré de Saint-Maur 1901, etc.
CHAULIEU (des Retours de). Voyez : Rotours de Chaulieu (des).
GHAULIEU (de Caix de). Voyez : Caix de Saint- Aymour, de Rembures, de
Blainville ET de Chaulieu (de).
CHAULNES et de PICQUIGNY (d'Albert de Luynes de). Voyez : Albert
de Luynes, de Chevreuse et de Chaulnes (d').
CHAULNES (de Pages de). Voyez : Pages de Chazeaux, de Chaulnes et de
LA Tour de Rochemure (de).
CHAUME (Grimaud de;. Voyez : Grimaud de Chaume.
160 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHAUME (Chanardde la;. Voyez : Ghanard de la Chaume.
CHAUME (Thion de la). Voyez -. Thion de la Chaume.
CHAUMEIL (Genestal du;. Voyez : Genestal du Chaumeil.
CH AUMEIL quelquefois CHOMEIL ; de M A S SEBE AU , de la JALESNE et de
DIENNE idei. Armes: à' azur à un chevron d or accompagné de trois
bourdons de pèlerin du même. — La branche de la Jalesne écartèle
souvent ses armes des suivantes : à'azur à trois pals d'or. — La
branche de Massebeau portait -. A'azur à trois chevrons d'or accom-
pagnés de trois croissants du même.
La famille de Chaumeil appartient à la noblesse de l'Auvergne.
Douillet lui attribue pour premier auteur connu un Géraud de Chau-
meil, chancelier de Montferrand, qui est mentionné dans des actes
de 1324 et de 1328. Mais son premier auteur certain est Hugues de
Chaumeil qui était juge de Murât en 1462. Jean Chaumeil, fils de ce
magistrat, fut un des cent gentilshommes de la garde du Roi et
reçut en 1483 des lettres patentes d'anoblissement. Il était l'année
suivante seigneur de Massebeau et lieutenant du duc de Bourbonnais
et d'Auvergne dans la prévôté de Saint-Flour. Il avait épousé Del-
phine de Séverac par contrat du 3 janvier 1465. Son fils, Guyon, marié
à Jeanne de Chambeuil par contrat du 22 juin 1503, abandonna le
nom de Chaumeil pour ne garder que celui de sa seigneurie de Masse-
beau. 11 servit également dans la compagnie des cent gentilshommes
de l'hôtel du Roi et obtint vers 1503 le cordon de Saint-Michel. Il fut
le grand-père de Guillaume de Massebeau, marié le 8 janvier 1573 à
Jeanne de Brezons-Neyrebrousse, qui fut un des représentants du
parti catholique à l'arrangement conclu à Saint-Flour en 1588. Cette
branche de la famille de Chaumeil s'est éteinte en la personne de Jean
de Massebeau, arrière-petit-llls de Guillaume, qui fut maintenu dans
sa noblesse le 24 juin 1667, sur preuves remontant à l'anoblissement
de 1483, par jugement de M. de Fortia, intendant de la province. Ce
gentilhomme était seigneur du Jarousset, dans la paroisse de la Cha-
pelle-Alagnon, en l'élection de Saint-Flour. 11 avait épousé en 1651
Philiberte de Traverse ; il en eut deux filles dont l'une, Anne, héritière
de la seigneurie du Jarrousset, épousa François de Cabanes de Com-
blât.
Deux branches de la lamille de Chaumeil se sont perpétuées
jusqu'à nos jours, l'une en Auvergne, l'autre en Rouergue.
La branche d'Auvergne était représentée, lors de la grande
recherche des faux nobles commencée en 1666, par deux frères,
DICTIONNAIRE DES FAMIM-ES FRANÇAISES i6i
Jacques de Chaumeil, Sgr de Saint-Girgues et de la Roche-Loupiac,
en la prévôté de Mauriac, marié en 16:28 à Catherine de Scorrailles,
et autre Jacques de Chaumeil, Sgr de Fraissinet, marié ;\ Aymée de
Scorrailles, qui furent maintenus dans leur noblesse par jugement de
l'intendant Fortia. Ce jugement fait remonter la fdiation à un Jean de
Chaumeil, marié à demoiselle Marguerite de Vigier, qui était vrai-
semblablement un lîls cadet de Jean de Chaumeil, l'anobli de 1483, et
dont le fils, Pierre de Chaumeil, épousa Jeanne de Loubeyrie par
contrat du î28 avril 1533. François de Chaumeil, Sgr dudit lieu et de
Saint-Cirgues, fut encore maintenu dans sa noblesse le 19 mai 1707
par jugement de M. le Blanc, un des successeurs de M. de Fortia.
M. de Chaumeil, Sgr de la Jalesne, près d'Apchon, prit part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Saint-Flour. Cette branche
comptait encore des représentants il y a peu d'années.
Le vicomte de Bonald a donné une généalogie de la branche du
Rouergue dans ses Documents généalogiques sur des familles du
Rouergue. Ce travail en fait remonter la fdiation à un Jean de Chau-
meil dont le fds, Louis de Chaumeil, épousa Catherine de Cornet par
contrat du 6 août 1536. On ignore si on doit identifier ce Jean de
Chaumeil avec le personnage du même nom qui fut anobli en 1483
ou avec un autre Jean de Chaumeil, probablement fds cadet du précé-
dent, qui fut l'auteur de la branche existant de nos jours en Auvergne.
Michel de Chaumeil, fds de Louis et de Catherine de Cornet, vint se
fixer en Rouergue où il avait été nommé capitaine du château de
Vallon. Il épousa par contrat du 10 janvier 1573 Françoise deDienne,
issue d'une très ancienne famille noble d'Auvergne dont une branche
naturelle s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Il en eut un fds, François
de Chaumeil, qui joignit à son nom celui de la famille de Dienne,
conservé depuis lors par ses descendants, etqui épousa le l*"" mai 1621
Jeanne de Soulagnes. Celui-ci fut père de Jean de Chaumeil de Dienne
qui fut maintenu dans sa noblesse le o mai 1668 par jugement de
Pellot, intendant de Bordeaux, et grand-père de Jacques de Chaumeil
de Dienne qui fut maintenu dans sa noblesse le 6 juin 1699 par juge-
ment de le Pelletier de la Houssaye, intendant de Montauban.
Pierre de Chaumeil de Dienne prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Villefranche-de-Rouergue. Sa descendance sub-
siste.
La famille de Chaumeil n'est pas titrée.
Elle a fourni des officiers.
Principales alliances : de Dienne 1573, de Greils de Messillac, de
Moly, de Scorrailles, du Bois de Saint-Etienne, d'Espinchal 1628, de
Bar 1593, de Brezons, etc.
X. 11
162 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHAUMEIL de STELLA.
Un décret du 27 mars 1846 a autorisé M. Joachim Chaumeil, capi-
taine dans la Légion étrangère, à joindre à son nom celui de : de
Stella.
GHAUMEILS LACOSTE (Bouchareinc de). Voyez ; Bouchareinc de Chau-
meils-Lacoste.
GHAUMEL du PLANCHAT. Armes : à' argent à un chameau au naturel
passant ; au chef d' azur chargé de trois étoiles d'or.
Ancienne famille bourgeoise du Périgord.
Pierre-Vincent Chaume!, avocat, fit enregistrer son blason à l'Ar-
moriai général de 1696 (registre de Bordeaux) : d'argent à un cha-
meau passant de sable et un chef d'azur chargé de trois coquilles
d'or.
Pierre de Chaumel, Sgr du Planchât et de Fareyrie, était sous
Louis XVI conseiller en la sénéchaussée et au siège présidial de Péri-
gueux.
La famille Chaumel du Planchât subsiste dans une situation
modeste. Un de ses représentants est pharmacien à Paris.
CHAUMELLE (Curé de la). Voyez : Curé de la Chadmelle.
CHAUMONERIE (de Saulieu de laj. Voyez : Saulieu de la Chaumonkuib
(de).
CHAUMONT (Bouchet de). Voyez : Bouchet de Chaumont.
CHAUMONT (de Vauchaussade de). Voyez : Vauchaussade de Chaumont
(de).
CHAUMONT de SAINT-PAUL (Leray de;. Voyez : Leray de Chaumont de
Saint-Paul.
CHAUMONT-QUITRY (de). Armes : fascé d'argent et de gueules de huit
(aliàs de six) pièces. — La maison de Chaumont-Quitry écartèle sou-
vent ses armes des suivantes qui sont ses anciennes armoiries :
d'azur semé de fleurs de lys d'or, au lambel de trois pendants d'ar-
gent. — Couronne : de Marquis. — Devise : Furibundi Calvimon-
tenses.
La maison de Chaumont-Quitry, originaire du Vexin Français, est
une des plus anciennes et une des plus illustres de l'Ile-de-France.
Elle a eu pour berceau la petite ville de Chaumont, située non loin de
niC.TIONNAIRR DRS FAMIL I, KS FliANÇAISKS 163
Gisors, sur les confins de la Normandie, dont elle possédait la sei-
gneurie dès le xi° siècle. La tradition la fait descendre des anciens
comtes du Vexin. Le Père Anselme et la Chesnaye des Bois en ont
donné des généalogies et on trouvera sur elle d'abondants rensei-
gnements dans les Dossiers bleus.
Robert l'Eloquent, Sgr de Chaumont, en Vexin, vidame de Ger-
beroy, en Beauvaisis, périt au cours du xi® siècle d'une chute de
cheval. On lui attribue pour fils un Otmond le Vieux, Sgr de Chau-
mont, qui fut fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Brenin
et qui se retira sur la lin de ses jours en l'abbaye de Saint-Germer
de Flaix. Cet Otmond de Chaumont avait épousé dans les dernières
années du xi"" siècle N , fille et héritière de Nicolas, Sgr de Quitry,
ou Guitry. Il fut père de Guillaume, Sgr de Chaumont et de Quitry, qui
fut fait prisonnier par les Anglais en 1119 et dont le château de
Quitry fut rasé en 1137 par ordre du roi d'Angleterre. L'Histoire
généalogique des grands officiers de la Couronne, du Père Anselme,
ne fait remonter la filiation qu'à un Robert de Chaumont, dit le Roux,
Sgr de Chaumont en partie, de Quitry et de Saint-Cler, petit-fils pré-
sumé du précédent, dont le fils Guillaume, Sgr des mêmes domaines,
confirma diverses donations faites en 1179 par son père à l'abbaye de
Saint-Wandrille et fit lui-même en 1213 et 1220 diverses donations à
l'abbaye de Gomer-Fontaine du consentement de sa femme Mathilde.
Celle-ci est mentionnée comme veuve dans un acte de 1237. Toutefois
la filiation ne paraît être rigoureusement établie que depuis Renaud
de Chaumont, Sgr de Quitry, commandant le château d'Ambleville
en 1359, qui représente le vii^ degré de la généalogie donnée par le
Père Anselme. Ce gentilhomme avait épousé Jeanne de Beaumont,
dame de Boissy-les-Bois. Il fut père de Richard de Chaumont, Sgr de
Quitry, conseiller et chambellan du roi Charles VI, décédé en 1390,
grand-père de Guillaume, dit Lionel, de Chaumont, Sgr de Quitry,
conseiller et chambellan du même prince, qui fit son testament le
20 mars 1402, et bisaïeul de Guillaume de Chaumont, chevalier, Sgr
de Quitry, chambellan du Roi, souverain maître enquêteur et général
réformateur des Eaux et Forêts de France, qui épousa par contrat du
16 juillet 1408 N de Mello, héritière des seigneuries de Rigny-le-
Féron et de Vitry-le-Croisé. Guillaume de Chaumont, Sgr de Quitry,
au bailliage de Gisors, marié le 9 juillet 1512 à Adrienne de llsle,
héritière de la seigneurie d'Athieules, en eut, entre autres enfants,
deux fils, Antoine, Sgr de Quitry et de Bertichères, marié en 1544 à
Jeanne d'Assy, et Louis, Sgr d'Athieules, tué à la bataille de Saint-
Quentin, en 1567, qui furent les auteurs de deux grandes branches.
C'est à la branche cadette, dite des seigneurs d'Athieules, qu'ap-
164 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
partenaient Jean de Chaumont, bibliothécaire du Cabinet du Roi,
conseiller d'État, décédé en 1667, et son fils Paul-Philippe de Chau-
mont, évêque de Dax en 1671 , membre de l'Académie française
en 16o4, démissionnaire en 1684, décédé à Paris en 1697. Cette
branche a eu pour derniers représentants les deux neveux de ce
prélat, Hugues, maréchal de camp, décédé en 1691, et Alexandre,
dit le marquis de Chaumont, capitaine de vaisseau, major de la
marine, ambassadeur à Siam, décédé en 1710, et le fils du second
d'entre eux, Alexandre-Charles, marquis de Chaumont, maréchal de
camp, commandeur de Saint-Louis, décédé sans postérité.
L'auteur de la branche aînée, Antoine de Chaumont, Sgr de Quitry,
mourut en 1582. Il laissa, entre autres enfants, deux fils : 1° Jean de
Chaumont, Sgr de Quitry, de Bertichères, etc., chevalier de l'Ordre
du Roi, lieutenant général de ses armées en 1590, chambellan du duc
d'Alençon ; 2° Abdias de Chaumont, Sgr de Bertichères, gouverneur
d'Aigues-Mortes. L'aîné de ces deux frères fut père de Philippe de
Chaumont, Sgr de Quitry, maréchal de camp, qui fut blessé mortel-
lement au combat de Poligny en 1638, et grand-père de Guy, connu
sous le titre de marquis de Chaumont-Quitry, qui fut nommé en 1669
grand maître de la garde-robe du Roi et qui périt en 1672 au passage
du Rhin, sans avoir été marié. Abdias de Chaumont, second fils
d'Antoine, fut père d'Henri de Chaumont, baron de Lecques et de
Courdon, maréchal de camp, décédé en 1678, et grand-père de Guy
de Chaumont, marquis d'Orbec, né en 1641, marié à Jeanne de Cau-
mont-la-Force, qui recueillit la seigneurie de Quitry après la mort de
son cousin, en 1672, et qui fut dès lors connu sous le titre de marquis
de Chaumont-Quitry, conservé par ses descendants. Jacques-Henri,
marquis de Chaumont-Quitry, petit-fils de Guy, épousa en 1758
M"^ de Margeot. Il en eut, entre autres enfants, deux fils qui furent
complètement ruinés par la Révolution : l** Victor, marquis de Chau-
mont-Quitry, décédé en 1848, qui épousa en 1787 M"^ de Caraman,
décédée en 1854, et qui continua la lignée ; 2° Guy-François, né en
1771, dont le fils, François, marié en 1846 à M"* Vieyra-Molina,
n'en a eu que trois filles, M"^^ Ponsignon, Clicquot de Mentque et de
Girardin. Guy-Jacques, marquis de Chaumont-Quitry, né en 1787,
fils unique de Victor, épousa en 1827 Marie-Stéphanie de Tascher de
la Pagerie, créée comtesse de l'Empire par décret du l*' février 1808,
dont le premier mariage avec le duc d'Arenberg avait été annulé
par jugementdu 29 avril 1816 et par sentence de l'offîcialité de Paris du
27 mars 1817. Etant devenu veuf en 1832, il se remaria l'année sui-
vante avec Adélaïde de Bourbon-Condé, fille naturelle du prince de
Condé et veuve du comte de Rully, décédée sans postérité en 1874.
DICTIONNAIRE HKS FAMILLKS FRANÇAISES 165
Il eut du premier lit un fils, Odon-Joseph, marquis de Chaumont-
Quitry, né en XSil, député de la Sarthc, chambellan de Napoléon III,
marié en 1851 à M"* de Balleroy, décédé en 1867, qui, par arrêté
ministériel du 30 juin 1852, tut autorisé à relever le titre de comte
conféré à sa mère en 1808. Le marquis Odon-Joscph a laissé deux fils,
dont le second a des enfants, et deux filles, la marquise de Lubersac
et la baronne de la Grange.
La maison de Chaumont-Quitry fut admise aux honneurs de la
Cour le 9 novembre 1754 et le 17 avril 1784.
Elle a donné plusieurs chevaliers à l'Ordre de Malte.
Principales alliances : deBeaumont, deFours,deMontagu, d'Auxy,
de Mello, Martel, du Fay, de Gaudechart 1494, disque, Motier de la
P'ayette, deCamprond 1567, deCarbonnel, de Conti d'Argicourt 1636,
de Gênas 1708, du Refuge, de Coesmes, deCaumont-la-Force, de Cas-
téras-la-Rivière, de la Fallu, de Barrai 1741, de Fuchsemberg d'Am-
blimont 1754, de Margeot 1758, de Tascher de la Pagerie 1827, de
Bourbon-Condé 1833, de la Cour de Balleroy 1851, Riquetde Caraman
1786, de Lubersac 1876, de Bonnault de Villemenard 1879, de Cac-
querayl598, de Bailleul 1614, du Bois des Cours 1618, de Cham-
pagne, etc.
Il a existé dans la noblesse française un certain nombre d'autres
familles deChaumont, toutes éteintes aujourd'hui. Une de ces familles,
celle des Chaumontdela Galaisière, s est perpétuée jusqu'au milieu du
XIX* siècle. Elle portait pour armes : d'argent à une montagiie de
sable, issatit de la pointe de l'écu, du sommet de laquelle sort une
flamme de gueules jetant deux fumées au naturel, retombant
vers la base de la montagne. Son auteur, Antoine Chaumont, né à
Namur en 1671, vint se fixera Paris, réalisa une fortune considé-
rable, obtint en août 1719, avec sa femme, Marie-Catherine Barré, des
lettres patentes de naturalisation, fut pourvu cette même année de la
charge anoblissante de secrétaire du Roi au Grand collège et mourut
en 1753. H fut père d'Antoine-Martin de Chaumont, Sgr d'Ivry-sur-
Seine, connu sous le titre de marquis de la Galaisière, qui fut nommé
maître des requêtes en 1720 et qui épousa en 1724 M"*" Orry, fille d'un
président à mortier, chancelier du roi de Pologne. Les trois fils du
précédent, Antoine, chevalier, marquis de la Galaisière et de Bayon,
comte de Neuilly, conseiller es Conseils du roi de France, intendant
de justice, police, finances, troupes et fortifications de Lorraine et
Barrois, Barthélemy-Louis, abbé commendataire de Saint-Mihiel,
vicaire général de Toulouse, plus tard, en 1777, évoque de Saint-Dié,
et Antoine-Louis, sieur delà Millière, comte de Lucé, avocat général
du Roi en la Cour souveraine de Lorraine et Barrois, furent déclarés
166 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
gentilshommes par arrêt du Conseil d'État de Lorraine du 16 juin
1764 et par lettres patentes du roi Stanislas du 18 suivant, après avoir
produit une généalogie qui les faisait descendre de Gilles de Chaumont,
lieutenant-colonel au service d'Espagne, tué au siège de Bréda en
1624. Le comte de Chaumont de la Galaisière mourut en 1847 à Tàge
de 87 ans ; sa veuve, née Durney, mourut en 18ol. Jeanne de la Galai-
sière, décédée en 1851, avait épousé en 1806 le baron le Pelletier
d'Aunay.
CHAUMONTEL (de) Armes : à' argent à une fasce de sable accompa-
gnée de trois mei'letles de gueules, deux en chef, une en pointe.
La famille de Chaumontel appartient à l'ancienne noblesse de Basse-
Normandie. Elle a pour premier auteur connu Louis de Chaumontel qui
en 1395 était écuyer de l'écurie du duc d'Orléans. Un tableau généa-
logique conservé dans le Cabinet d'Hozier en fait remonter la filiation
à Robert de Chaumontel, écm'er, qui reçut le 17 octobre 1416, le
26 mai 1430, le 12 février 1431 et le 13 décembre 1440 des aveux
d'héritages tenus de son franc-fief, terre et seigneurie d'Andrieu.
Aufray de Chaumontel, fils du précédent, demeurant en la paroisse
d'Andrieu, dans l'élection de Caen et la sergenterie de Cheux, fit
reconnaître sa noblesse lors de la célèbre recherche de Montfaut, en
1463. De son mariage avec Catherine de Méhérenc, il eut six fils
dont l'un, Vigor, Sgr d'Andrieu, épousa Marguerite Thioult et con-
tinua la descendance. Vigor eut lui-même six fils. Trois de ces fils,
Robert de Chaumontel, Sgr d'Andrieu, marié à Marie Fouquet, Guil-
laume de Ciiaumontel, Sgr du Thuit, marié en 1562 à Françoise du
Fayel, et François de Chaumontel, Sgr du Camp, lurent les auteurs
de trois grandes branches. Les représentants de ces trois branches
furent maintenus dans leur noblesse, lors de la recherche de 1666,
par jugement de Chamillart, intendant de Caen, comme issus d'une
vieille race déjà maintenue par Montfaut en 1463. Antoine de Chau-
montel, Sgr du Mesnil, demeurant à Carentan, chef d'une quatrième
branche dont le point de jonction avec la souche est mal connu, fut
maintenu à la même époque par jugement du même intendant ; ce
jugement le fait descendre d'un Michel de Chaumontel qui avait
épousé Jeanne de Gaalon et dont le fils, François, épousa en 1599
Léonarde Quérue.
On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse
qu'un représentant de la troisième branche, dite des seigneurs du
Camp, Louis-André-Hubert de Chaumontel, gendarme de la garde
ordinaire du Roi, marié à Caen en 1749 à M"" Foucques du Ménil, fit
en 1775 pour obtenir l'admission à Saint-Cyr de sa fille Hélène, née
DICTIONNAIRR DRS FAMILI.RS FRANÇAISRS 167
en 1768 à Bréville, près de Caen, et l'admission à l'école de la
Flèche de son fils, Attiré, né en 4766.
André-Jean-Thomas de Ghaumontel prit part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse du grand bailliage de Caen ; un M. de Ghau-
montel prit part cette même année à celles du bailliage de Falaise.
La famille de Ghaumontel a fourni des officiers distingués.
On attribue d'ordinaire à son chef le titre de comte.
Principales alliances : de Gaalon, du Fayel 1562, de Fontaines 1643,
de Pierrepont 1716, de Baudre 1615, Glérel, de Labbey, de la Buno-
dière 1910, Goste de Bagneaux 1890, Lenteigne de Logivière, de
Gussy, etc.
CHAUNAC-LANZAC (de). Armes : d'argent à un lion de sable, cou-
ronné, armé et lampassé de gueules. — Supports: deux chimères . —
Devise : Fides.
La maison de Ghaunac-Lanzac, originaire des confins du Quercy,
du Bas-Limousin et du Sarladais, appartient à l'ancienne noblesse
chevaleresque de cette région. On en trouvera une généalogie com-
plète dans les manuscrits de l'abbé deLespine, au Gabinet des Titres;
on trouvera aussi sur elle beaucoup de renseignements dans les ma-
nuscrits de Ghérin. Elle paraît avoir eu pour berceau un château de
Ghaunac, aujourd'hui ruiné, qui est siiué dans les environs de Brives,
en Bas-Limousin. G'est avec ses armes qu'on a inscrit aux Salles des
croisades du musée de Versailles le nom d'un Jean de Ghaunac qui se
croisa en 1190.
Le vicomte de Ghaunac-Lanzac fut admis aux honneurs de la Gour
le 15 mars 1787. Le rapport de Ghérin fils, chargé de vérifier les
preuves de noblesse qu'il fit en cette circonstance, commence en
ces termes :« Gette famille... est ancienne et paraît avoir pris son
« nom du lieu de Ghaunac, situé au diocèse de Limoges, ce qui
« annonce la pureté de son origine. Adhémar de Ghaunac, cheva-
« lier de la ville de Rocamadour, uni à Léonard, son frère, passa la
« veille des nones de mars 1265, n'étant alors que damoiseau, un
« acte d'échange avec l'abbé et les religieux de Saint-Benoit de Tulle,
« au diocèse de Limoges, fit son testament avant le samedi de la
« fête de saint Etienne 1275 et est nommé dans celui de Bertrande
« de la Valade, sa femme, de cette môme année. Il eut de cette
« alliance Adhémar de Ghaunac qui fut institué par lui son héritier
« universel et dont le sort est ignoré. Vers la môme époque et dans
« les mêmes lieux on trouve un autre Adhémar de Ghaunac, de la
« ville de Roquemadour, lequel, n'étant âgé que de 18 ans en 1316,
« ratifia, le lundi après la Pentecôte de cette dernière année, uneem-
i68 nrCTIliNNAIRE DKS FAMII.LKS FRANÇAISES
0 phythéose consentie par mcssire Bertrand de Gramat, chevalier,
« son tuteur. Il obtint depuis, en 1319, une sentence arbitrale qui lui
« adjugea l'exercice de la basse justice qullpossédaitdans la paroisse
« de Lanzac et lui donna la qualification de damoiseau. Il reçut avec
« la même qualité divers aveux et hommages des années 1329, 1341
« et 13o0. Il ne paraît plus depuis cette dernière époque. On ne luicon-
« naît d'autre enfant que Raymonde, mariée :avant 1333 à Raymond
« de Labringuière, damoiseau d'Alhac. Après Adhémar vient dans
« l'ordre chronologique Géraad de Chaunac, damoiseau, qui reçut
« en 1327 de messire Hugues de Gautier, chevalier de Campagnac,
« une quittance d'une partie delà dot de Marguerite, aliàs Agnès, de
« Chaunac, sa fille et femme dudit chevalier. Indépendamment de
« Marguerite de Chaunac, Géraud fut encore père de Guillaume de
« Chaunac, damoiseau, lequel fit son testament à Avignon le 17 no-
te vembre 1352 et prend dans cet acte la qualité de sergent d'armes
« du Pape. Le testateur institue son héritière universelle Marie, sa
« fille, mariée à Pons de Chaunac, damoiseau, à condition qu'ils por-
te teraient l'un et l'autre son nom et ses armes. On trouve ensuite
« noble Adhémar de Chaunac, damoiseau, présent le pénultième de
« juillet 1393 au contrat de mariage d'égrége et puissant homme
« messire Guichard deComborn, chevalier, Sgr de Treignac, depuis
« lequel la filiation est prouvée sans interruption. Le même Adhémar
« de Chaunac, Sgr de la Gauleyrie et en partie de Chaunac, rendit
« hommage le 13 janvier 1414 à noble et puissant homme Nicolas de
« la Roche, Sgr des châteaux de la Roche et de Châteauneuf, et était
« mort avant le 17 septembre 1418 après avoir laissé de noble Lucie
« Gistard, aliàs de laGouleyrie, sa femme, entre autres enfants, noble
« Antoine de Chaunac, SgrdeLanzac, au diocèse de Cahors, lequel
K épousa par contrat passé le 27 octobre 1448 noble Soubiranne de
« \'eyrac et fit son testament le 1*'' février 1462 » Le généalogiste
Berthier envoya ce rapport au duc de Coigny le 9 mars 1787; il y joi-
gnit une lettre dans laquelle il s'exprime en ces termes : « J'ai l'hon-
« neur de vous envoyer, en exécution de vos ordres, un mémoire
« composé par M. Chérin fils sur la familh; de Chaunac de Lanzac,
« en Péfigord. Elle est connue depuis 1265 et prouve sa filiation
(c depuis 1393; mais on y voit peu de services et de très petites pos-
te sessions et elle n'a qu'une seule alliance de marque. »
Raymond de Chaunac, Sgr de Lanzac, petit-fils d'Antoine et de
Soubiranne de Veyrac, fut archer de la garde du Roi. Il épousa
d'abord le 24 juillet 1518 Ltiennette deRajaud, puis le 28 février 1537
Comtesse de Gras. Il eut de sa première union un fils, Béraud de
Chaunac, Sgr de Lanzac, qui épousa le 28 février 1537 Clémence du
DlCTIONiNAlUE DES FAMILLES FRANÇAISES 160
Pouget et dont la descendance s'éteignit avec ses deux petites-tilles,
Antoinette, héritière de la seigneurie de Lanzac, mariée à Armand
de Gontaut de Saint-Geniez, et Françoise, mariée en 1605 à Laurent
de Beaumont, Sgr du Repaire. II eut de sa seconde union deux autres
fils, tous deux appelés Jean, qui furent les auteurs des deux grandes
branches actuellement existantes de la maison de Chaunac.
Le vicomte de Bonald a donné une généalogie de la branche aînée
dans ses Documents généalogiques sur des familles du Rouergue.
L'auteur de cette branche, noble Jean de Chaunac, écuyer, Sgr de
Lanzac, en Quercy, gentilhomme des gardes du Roi, épousa par con-
trat du 13 avril 1578 Jacquette de Peyronnenc de Saint-Amarant. Son
lils, Raymond de Chaunac, Sgr de Lanzac et de Cazals, vint se lixer
en Auvergne par le mariage qu'il contracta le 27 octobre 1609 avec
Anne de Tessières, héritière des tiefs de Montlauzy (plus tard Mont-
logis) et de Morfonds, situés en Carladais. Il fut plus tard mestre de
camp d'infanterie et gouverneur de la ville de Gourdon, en Quercy,
puis de celle de Domme, en Périgord. II fut père d'Antoine de Chaunac,
écuyer, Sgr de Montlauzy, en la paroisse de Ladinhac, dans la pré-
vôté de Maurs, marié par contrat du 17 avril 1639 à Olympe de Lusi-
gnan, qui fut maintenudans sa noblesse avec ses quatre tils le 3 octo-
bre 1666, sur preuves remontant à 1478, par jugement deM.deFortia,
intendant d'Auvergne, et grand-père de Raymond de Chaunac, Sgr de
Montlogis, qui fut à son tour maintenu dans sa noblesse le 24 fé-
vrier 1707 par jugement de M. le Blanc, un des successeurs de M. de
Fortia. On trouvera dans le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse
que Jean de Chaunac, Sgr de Montlauzy, un autre des lils d'Antoine,
marié en 168^2 à Gabrielle Pagez, fit en 1696 pour obtenir l'admission
à Saint-Cyr de sa fille Gabrielle, née à Aurillac en 1687. François de
Chaunac, fils aîné d'Antoine et d'Olympe deLusignan, épousa Marie-
Judith de Lur-Saluces et continua la lignée. Son arrière-petit-fils,
Pierre-Honoré de Chaunac, connu sous le titre de baron de Montlogis,
décédé en 18d4, vint se fixer à Espalion, en Rouergue, par le mariage
qu'il contracta avec M'^® Ayral du Bourg dans les premières années du
xix^ siècle. Il fut père de Léon de Chaunac-Lanzac, baron de Mont-
logis, qui a eu trois fils de son mariage en 1854 avec M"® de Roque-
leuil du Bousquet.
L'auteur de la seconde branche, Jean de Chaunac, Sgr de Libeau-
mont, épousa Anne de la Pierre par contrat du 5 février 1562. Il fut
pourvu le 15 juin 1577 de la charge de commissaire ordinaire de l'ar-
tillerie et mourut peu de temps après. Il laissa deux fils, Jean et Jac-
ques, qui laissèrent tomber en désuétude le nom patronymique dn
Chaunac pour ne garder que celui de Lansac, ou Lanzac. Le second
no DICTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES
de ces fils. Jacques, épousa en 1604 Souveraine de Solminihac. Il
fut père de Jean de Lansac, sieur de Cernet, qui fut maintenu dans sa
noblesse le 28 octobre 1667 par jugement, de Pellot, intendant de
Bordeaux, et grand-père de Jean de Lanzac de Chaunac, qui lut à son
tour maintenu dans sa noblesse le 23 avril 1698 par jugement rendu
à Bordeaux de M. de Bezons, un des successeurs de Pellot. Le chef
de cette branche, Jean, marié en 1718 à Marie de Clermont-Touche-
bœuf, reprit le nom de Chaunac -Lanzac qui depuis lors a été conservé
par ses descendants. Son fds, Jean-Baptiste, né en 1721, connu sous
le titre de comte de Chaunac-Lanzac, prit part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse du Quercy. Il avait épousé d'abord en 1755 Marie
d'Aymérique, puis en 1781 la marquise de Sourdis, née Beudet. Il
laissa quatre fils dont l'aîné, Louis, né du premier lit en 1769, fit en
1781 des preuves de noblesse pour être admis à l'École militaire,
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du Périgord, épousa
en 1808 M"* de Montalembert et fut l'aïeul des divers représentants
actuels de cette branche et dont le plus jeune, Antoine-René, né
en 1785, décédé sans postérité en 1871, fut confirmé le 17 mars 1869
par décret de Napoléon III dans la possession du titre de vicomte
sous lequel il était connu.
La maison de Chaunac a fourni de nombreux officiers, deux demoi-
selles de Saint-Cyr en 1696 et 1743, etc.
Principales alliances : de Coustin 1518, du Pouget (de Nadaillac)
1597, de Peyronnenc 1578, de Teyssières (en Auvergne) 1609, de
Durfort.de Lusignan, de Calvimont, de Grave, de Lur-Saluces 1735,
de Roquefeuil du Bousquet 1854, de Lauzières de Thémines, de
Solminihac 160 i, de Touchebœuf-Clermont 1580, 1718, 1854, de
Montalembert 1808, de Laulanié de Sainte-Croix, de Mesnard-May-
nard vers 1850, de Pichon-Longueville 1869, de Cacqueray-Valme-
nier, de Narbonne-Lara, de Gironde 1664, de Gontaut de Saint-Geniez,
de Vassal, de Beaumont du Repaire 1604, de Caors, etc.
CHAUNAC des FARGES (Teyssier de). Voyez : Teyssier de Chaunac des
Farges.
CHAUNY (Mallet de; Voyez : M.allet de Chauny.
CHAURAND. Armes : d azur à une croix de gueules, encadrée d or,
accostée de deux {leurs de lys du même; à la plaine d'argent chargée
d'une croisette pattée de sable, suivie des lettres S. P. Q. R., le tout
rangé en fasce. — Couronne : de Baron. — Supports : une branche
d'olivier et une branche de chêne. — Devise : Salus Deo Nostro.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 171
M. Benoit d'Entrevaux donne, dans son Armoriai du Vivarais,
d'intéressants détails sur la famille Ghaurand. Cette famille a eu pour
berceau la paroisse de Payzac, en Vivarais, où elle est connue dès le
commencement du xvii® siècle. A cette époque maître André Ghau-
rand, praticien, fils de maître Jean Ghaurand, procureur juridictionnel
au mandement de Gornilhon, et de feue Antonic de Bayssac, de la
paroisse de Payzac, épousa demoiselle Antonie de Blachère, fille
de sieur Etienne Blachère, écuyer, du lieu de Saint-Jean de Pourcha-
resse.
Jean Ghaurand était sous Louis XVI avocat au Parlement de
Toulouse. Son fils, Bruno Ghaurand, vint se fixer à Lyon et fut nommé
en 1829 président du tribunal civil de cette ville. Il fut père de Jean-
Bruno-Armand Ghaurand, avocat à Lyon, député de l'Ardèche à l'As-
semblée nationale en 1871, qui reçut le litre héréditaire de baron par
bref de S. S. Pie IX. Le baron Ghaurand avait épousé successivement
Julie Serre et Athénaïs Malot. Il a eu du premier lit deux fils, qui
servirent parmi les zouaves pontificaux, et trois filles. L'aîné des fils,
Vincent, baron Ghaurand, a épousé M''^ Marguerite de Grécy, d'une
des plus illustres familles chevaleresques de Bourgogne; le second,
Bruno Ghaurand, a épousé M^^^ Levaivre de Bigny, décédée.
Principales alliances : de Crécy, Ghaix de Lavarène, Levaivre de
Bigny, de Milhau 1859, etc.
Une famille Ghaurand appartenait au xviii^ siècle au grand com-
merce de Nantes. Elle portait pour armes : d'azur àun lion d'or posé
sur une terrasse de sinople et accotyipagné à dextre d'un chat d'or.
Honoré Ghaurand du Ghaffaud, juge consulaire à Nantes en 1758 et
1773, fut pourvu en 1751 de l'office anoblissant de secrétaire du Boi
en la chancellerie près le Parlement de Bretagne. Il obtint des let-
tres d'honneur en 1771. Son fils, Louis Ghaurand, né en 1749, négo-
ciant, marié à M"^ Libault de Beaulieu, fut un des 13â Nantais que
Garrier envoya au tribunal révolutionnaire de Paris; il fut acquitté.
CHAUSSADE de JOLIMONT (de). Armes : à' argent à trois chevrons de
gueules, au chef d'azur chargé d'une croisette d'or K
La famille de Chaussade, aujourd'hui près de s'éteindre, appartient à
la noblesse du Périgord et du Libournais. Elle remonte par filiation à
Jacques Ghaussade qui vivait dans la seconde moitié du xv'^ siècle et
qui avait épousé Antoinette de Pompadour. Antoine Ghaussade,
petit-fils du précédent, résidait en 1553 à Mussidan, en Périgord. Il
embrassa le protestantisme que ses descendants professèrent pen-
• Cette notice a été faite en grande partie à l'aide de renseignements dus à l'obli-
geance de M. le comte de Saint-Saud.
172 DICTIONNAIRE DES FAMILLF.S FRANÇAISES
dant longtemps. Son fils, Hélie Chaussade, eut plusieurs fils dont
trois, Pierre, Jean et autre Pierre, furent les auteurs de trois
branches.
Le chef de la branche aînée, noble Guillaume Chaussade, Sgr de
Chandos et de Lambertie, capitaine, obtint en novembre '16o7 des
lettres patentes d'anoblissement en récompense des longs services
militaires de son père, feu Pierre Chaussade de Lambertie. Il fut main-
tenu dans sa noblesse le 24 juin 1669 par arrêt des commissaires
généraux, bien qu'un édit de 1664 eût annulé tous les anoblisse-
ments concédés depuis 1611 ; mais il négligea de faire enregistrer
cet arrêt qui pour ce motif fut annulé. Son descendant, Jérôme-
Luc Chaussade, Sgr de Chandos, demanda en mars 1766 à régula-
riser sa situation nobiliaire. Chérin, chargé d'examiner sa requête,
adressa un mémoire fort défavorable au ministre Berlin. M. de
Chaussade de Chandos n'en prit pas moins part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse tenues à Libourne. Cette branche s'éteignit dans
les premières années du xix* siècle.
Jean, auteur de la seconde branche, fut connu sous le nom de
capitaine Chaussade. L'aîné de ses tils, Jacques Chaussade, Sgr de
Pommiers, décédé dans la suite sans avoir été marié, obtint le
12 juin 1667 des lettres patentes de relief de noblesse. Pierre Chaus-
sade, sieur de la Roche et de Jolimont, neveu du précédent, obtint
le 9 mars 1669 de nouvelles lettres patentes qui l'autorisaient à béné-
ficier du privilège accordé à son oncle par les lettres de 1667. Ces
lettres de 1669 furent entérinées le 1" juin 1702 et les tils de leur
obtenteur payèrent en 1738 la somme de 700 livres pour droit de
confirmation de noblesse. Cette branche de la famille de Chaussade,
ayant été de nouveau inquiétée dans sa noblesse, la fit définitivement
reconnaître le 4 avril 1757 par un arrêt du Parlement de Bordeaux.
Elle n'est plus représentée que par M. Jean-Washington de Chaus-
sade de Jolimont qui n'a pas eu d'enfants de son mariage avec
M'^^ d'Alesme de Meycourby, aujourd'hui décédée.
Pierre Chaussade, auteur de la troisième branche, dite des sei-
gneurs de la P'uye, épousa en 1633 Marguerite de Reyssac. Son fils,
François Chaussade, garde du corps, marié en 1682 à Claire deMas-
parault, fille du baron de Longa, obtint le 8 novembre 1671 des
lettres de relief de noblesse. Cette branche est aujourd'hui éteinte.
La famille de Chaussade a fourni de nombreux officiers, des che-
valiers de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : deCosson 1626, deBonneau, du Reclus 1671,
de Chabans 1620, d'AUard 1796, Déalis, de Latané 1745, Drilholle-
Mercadé 1791, de la Rivière 1807, d'Alesme, etc.
DÏCTIONNAIRR I) K S FAMILLKS FRANÇAISES 173
La famille dont il vient d'être parlé a toujours revendiqué une ori-
gine commune avec une famille de Chaussade, éteinte sous Louis XIV,
qui a appartenu à la noblesse de l'Agenais et qui portait à peu de
chose près les mêmes armoiries : d'argent à trois chevrons de
gueules ; au chef d'azur chargé d'une croix pommelée de douze
points dor. Cette famille, qui a possédé, entre autres biens, la
baronnie de Calonges et les seigneuries de Roquefère et de Lavau,
avait pour auteur un Jacques de Cbaussade, procureur général au
Parlement de Bordeaux en 1480, dont le petit-fils, dit le capitaine
Calonges, fut un des plus vaillants chefs protestants de la seconde
moitié du xv!"" siècle.
GHAUSSANDE (de;. Armes : d'azur à trois bandes dor; au chef d'ar-
gent chargé dune étoile de sable.
La famille de Chaussande appartient à la noblesse du Comtat
Venaissin.
Jean Chaussande fut nommé troisième consul de Carpentras en 1488
et 1501. 11 était d'usage dans cette ville de choisir le premier consul,
ou syndic, parmi les avocats, le deuxième exclusivement parmi les
membres de la noblesse et le troisième exclusivement parmi
les bourgeois et les marchands. Jean Chaussande n'appartenait
donc pas à la noblesse à cette époque : mais il dut peu de temps après
s'agréger à cet ordre ou être anobli car on trouve qu'il fut deuxième
consul de la même ville en 1512 et 1518, Pierre de Chaussande,
écuyer, fut encore élu deuxième consul de Carpentras en 1556, 1564,
1570 et 1576. Plusieurs autres représentants de la famille de Chaus-
sande furent appelés aux fonctions de deuxième consul de Carpentras :
Gabriel de Chaussande, écuyer, en 1594, I6U8 et 1616; Pierre de
Chaussande, Sgr de Saint-Roman de Malegarde, en 1683, décédé
cette même année ; messire François de Chaussande de Cheylus,
en 1743 et 1754 ; messire Joseph de Chaussande, chevalier de Saint-
Louis, en 1759. Gabrielle de Baroncelli-Javon, née en 1725, femme
de Thomas-Augustin de Chaussande, baron deMalijay, fut guillotinée
à Orange le 23 juin 1794 avec sa fille Gabrielle. Elle avait eu cinq
fils dont l'aîné, Thomas-Alexandre, fut massacré à Carpentras le
11 janvier 1791.
La famille de Chaussande a donné quatre chevaliers à l'ordre de
Malte : Esprit de Chaussande de Saint-Romain en 1681, Pierre de
Chaussande de Saint-Romain en 16N2, Alexandre de Chaussande
en 1788 et Joseph de Chaussande en 1789.
Son chef a reçu au cours du xviii* siècle le titre héréditaire de baron
par bref du Souverain pontife, alors souverain d'Avignon.
1 74 D I C T I 0 N > A I 1^ E DES FAMILLES FRANÇAISES
Principales alliances : de Coehorn, de Baroncelli-Javon, de Planta-
Wildenberg, Démange 1870, etc.
GHAUSSECOURTE (dej. Armes : parti emmanché d'azur et d'argent
(aliàs d'o)-).
La famille de Chausskcodrte est une des plus anciennes de la
noblesse du centre de la France. Elle est originaire du pays de Com-
brailles, dans la Basse-Auvergne, doù ses branches se sont répandues
dans la Haute-Auvergne. Elle a pour premier auteur connu un
Raoul de Chaussecourte (Piadulfus Chaussacorla) qui fut témoin d'une
donation faite à l'abbaye de Bonlieu le 16 août 1195. Geoffroy de
Chaussecourte fut témoin de deux donations faites à la même abbaye
le 16 aoùt-119o et le 29 septembre 1206. D'après \e Dictionnaire histo-
rique, généalogique et biographique delà Haute-Marche, deTardieu,
la filiation suivie remonterait à un Raoul de Chaussecourte, damoi-
seau, qui est mentionné dans des actes de 1240 et de 1249. Un autre
Raoul de Chaussecourte vivait en 1300. Le nom de la famille de Chaus-
secourte figure dans de nombreuses chartes des xiv* et xv» siècles.
Noble homme Jean de Chaussecourte (Callige Curte), damoiseau,
Sgrde Cherdon, en la paroisse des.Mars, et des Fargcs, donna le ven-
dredi de la Saint-Michel 1396 quittance de la dot de sa femme,
Catherine Potet, damoiselle. Louis de Chaussecourte fut inscrit en
1450 à l'Armoriai d'Auvergne. Louis de Chaussecourte fut appelé
en 1493 à la rédaction de la coutume du Bourbonnais. D'après le
vicomte Révérend, qui, dans son Annuaire de lanoblesse de 1896, a
consacré une courte notice à la famille de Chaussecourte, la filiation
ne serait rigoureusement établie que depuis un Gabriel de Chausse-
courte, Sgr de Monfloux, en la paroisse de Tardes, dans la Marche,
qui est mentionné dans un acte de 1490 avec sa femme Marguerite
de Monfloux. La descendance de ce gentilhomme s'est partagée en
un certain nombre de branches dont, faute de renseignements suf-
fisants, on ne peut indiquer ici le point de jonction. Quatre de ces
branches se perpétuèrent jusqu'au xviii* siècle : celle des seigneurs
de Cherdon, celle des seigneurs de Monfloux, celle des seigneurs
de Lépinas et de Gartempe et celle des seigneurs de la Jarrige.
La branche des seigneurs de Cherdon est aujourd'hui éteinte. Elle
avait pour chef au xviu* siècle messire Charles de Chaussecourte qui
avait épousé le 1" août 1710 Marie de Bosredon. François-Edme de
Chaussecourte, Sgr du Bost, fils du précédent, fut capitaine au régi-
ment de Picardie et épousa en 1744 M"* Malet deVandègre. On trou-
vera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse qu'il fit dans
la suite pour obtenir l'admission parmi les pages du comte de Pro-
DICTIONNAIRK D F S FAMÎI.I^RS FRANÇAISKS 175
vence de son fils, Charles-François, né en 1758 au diocèse de Lyon.
Ces preuves donnent la filiation de cette branche depuis Biaise de
Chaussecourte dont le fils, Antoine, Sgr de Chier-Redon, épousa en
l54o Marguerite de Moussy et dont le petit-fils, Biaise, épousa en 1589
Marguerite de Chaslus.
La branche des seigneurs de Monfloux est également éteinte. Elle
était représentée sous Louis XV par Gaspard de Chaussecourte,
chevalier, Sgr de Monfloux et de la Jarrige, qui avait épousé Jeanne
d'Audebrand et dont le fils, Jean-Louis, chevalier, Sgr des mêmes
domaines, épousa à l'âge de 25 ans le 31 mai 1785 Jeanne-Françoise
de Vauch au s sad e . - 1^^;,
La branche des seigneurs de Lépinas et de Gartempe, également
éteinte, était représentée au commencement du xvni« siècle par
Godefroy, qui se qualifiait comte de Lépinas et de Gartempe et qui
mourut à lage de 50 ans le 29 mai 1709. Ce gentilhomme laissa de son
mariage avec M"« de Tronchet de Vayres un fils, Louis de Chausse-
courte, baptisé le 16 mars 1704, que l'on croit être mort jeune.
La branche des seigneurs de la Jarrige subsiste. On trouvera une
partie de sa généalogie dans le supplément du Nobiliaire du
Limousin de Nadaud. Ce travail donne la filiation à partir d'Ursin de
Chaussecourte, Sgr du Chier, marié à Jeanne de Montaignat, qui
rendit aveu au Roi en 1669 pour son fief de la Jarrige. Ce gentilhomme
fut père de Sébastien de Chaussecourte, Sgr de la Jarrige, qui
épousa le 5 mai 1699 Rosalie de Mousebrot, grand-père de Paul de
Chaussecourte, Sgr de la Jarrige, duBreuil, etc., chevalier de Saint-
Louis, qui épousa en 1747 Marie du Peyroux, dame de Pujaud,
et bisaïeul de Louis de Chaussecourte, Sgr de Pujaud, né en 1749.
Un descendant de celui-ci, M. Henri de Chaussecourte, a été nommé
en 1895 conseiller général du canton de Chénerailles (Creuse).
Louis de Chaussecourte, Sgr de Pujaud, prit part en 1789 aux
assemblées de la noblesse tenues à Guéret.
La famille de Chaussecourte n'est pas titrée.
Elle a donnée l'ordre de Malte trois chevaliers, Jacques-Léonor et
Louis en 1617, et Louis en 1660. Elle a encore fourni des chanoi-
nesses comtesses du chapitre de Laveine, un des plus difficiles de
France, des officiers distingués, des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : Malet de Vandègre 1744, de Bosredonl684,
1710, de Salers 1657, de Selves 1683, de Chalus 1689, 1765, de
Moussy 1545, du Peyroux 1748, d'Hautefort 1595, de Montaignac
1676, de Vauchaussade 1785, de Beaune de Beaurie 1643, de Durai
1587, du Ligondès, etc.
176 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHAUSSÉE (Vivier de la). Voyez : Vivier de la Chaussée
CHAUSSÉE 'Mousseron de la). Voyez; Mousseron de la Chaussée.
CHAUSSÉE (de lai, en Poitou. Armes: écartelé de sable et d'argent.
— Aliàs : écartelé d'argent (ou quelquefois dor) et de sable. — L'écn
en bannière. — Couronne : de Marquis. — Supports : deux lions au
naturel.
Il existait au moyen âge dans la noblesse du Poitou plusieurs
familles de la Chaussée. La seule de ces familles rjui .se soit per-
pétuée jusqu'à nos jours paraît avoir eu pour berceau une terre de
son nom située à trois lieues au sud-est de Loudun. On en trouvera
des généalogies dans le Dictionnaire de la noblesse de la Chesnaye
des Bois, dans le quatrième volume des Archives de la noblesse de
Laine et dans le Dictionnaire historique et généalogique des
familles du Poitou de Beauchet- Filleau.
Ce dernier auteur mentionne une Amélie de la Chaussée, qui,
d'accord avec ses enfants, passa un contrat de vente en 1104;
Payen et Guillaume de la Chaussée, qui assistèrent en 1126 à une
donation faite par Pierre de Mons au chapitre de Saint-Hilaire de
Poitiers ; un Aimery de la Chaussée, qui fut témoin d'une donation
faite en 1135 à l'abbaye de Fontevrault; un (ieoffroy de la Chaussée,
qui fit une donation vers 1140; et un grand nombre de gentils-
hommes du nom de la Chaussée qui sont cités dans des chartes des
XII*. XIII* et XIV* siècles. Mais on ignore si ces personnages, qu'on ne
peut relier entre eux, appartenaient à celle des familles de la Chaus-
sée qui donne lieu à cette notice.
Un Huguet de la Chaussée, Sgr de Bournezeau, est rappelé
comme défunt dans un acte de 1329. Il fut vraisemblablement
père, ou grand-père, d'un Guillaume de la Chaussée, écuyer, Sgr de
Bournezeau, qui fit un acquêt par acte passé le 6 février 1380 devant
notaire à Mirebeau et auquel Beauchet-Filleau et Laine font
remonter la filiation suivie de la famille de la Chaussée actuelle-
ment existante. Guillaume de la Chaussée laissa d'une alliance
inconnue, entre autres enfants, un fils, Jean de la Chaussée, écuyer,
Sgr de la Chaussée, d'Ambrette, de Bournezeau, écuyer trancliant
de Jacques de Bourbon, comte de la Marche, qui obtint en 1420
des lettres de rémission pour Jean de Tinières, chevalier, frère de
sa femme, et qui fournit le 10 mai 1432 au seigneur de Parthenay
dénombrement de sa maison noble de la Chaussée. On trouve
ensuite un Jean de la Chaussée, Sgr de la Chaussée, de Louen et de
Bournezeau, qui épousa vers 1430 Catherine de Parthenay et qui
niCTIONNAIR. DRS FAMILLES FRANÇaISFS H"
généalogie estl^sl^ ;«„:::«::: ■""'''r "f"™"^»''- ^«
Chaussée, chevalier S J deT» rh f T'"'"' ''"^ ■"""" ^e la
Jean et d'e Cathe^i^'e le P rt en y'Tr '^ '™™^^^^"- "'^ "«
Jeanne de Beaumont-Bressmr. Ifi^^' ' f™"" successivement
aveu. ,e .5 sept™U69':t t '^"reXr:!^™^"^
enfants partagèrent la succession par a ctTdu 6 févriL 1 93°"r '^!
à ce gentilhomme que les iue-pmpnf= .i . "^^ ^ ^^^
xv:. siècle font relnt li | "t «ts vi^Tr <^^"»'"-- ""
de la Chaussée, Sgr du Lac et de Bain. A '^'":""^^"^' •'^<=ol>
noblesse le Snov'emle 1624 ^ar sentenc de'nf ' "".""T" "'"' ''
saire départi parSa Majesté pou. e é' emen, 7 f "f'"'' =°'«'"''=-
11 fut père d-Hilaire do ïa Chaussée Z de ,1 et' ^'^T "'"'""'■
Champmargou, etc., ,ui fut^ainten'ud-an a „ob ess" e'^'L^J?
par jugement de Barentin, intendant de Poitiers et tf^ ^f
René de la Chaussée, Sgr de Champmargou don 'les fis";''" !
sans postérité, et de François de la Chau^ssée, Sg du p „ Tr"™'
qui épousa en 1697 .Marie Faidv ei ^„i f. , .' f S^ «u fin de Rouvre,
le 20 février 1718 par ÎZmènLlZ ^ "f '"i™" ''^"' '"^ ""blesse
de Poitiers. Francoîs de°la Chaut?^ ''? ""^''''''ourg, intendant
ms dont deux, ^^^'o^T ^IZt^^'"'' '^"'^^"^^
deux grandes branches. ^«artes, lu.ent les auteurs de
Lauteur de la branche aînée, Jacques Gabriel de h Ch. a
chevalier, Sgr du Pin de Rouvre et de la rZi r- ^^^"^^^"^
S juin 1732 Anne isambard, miedWev ur a ' T^ '''i '°'"' ''
de Surgères, lien eut un fils, Jacques Tr de, w, "^"^ ""'"<="'
qui épousa en ,784 Marie Gaborlu et qui coVtinuTu'd "' "", "'*'
et une lille, Angélique-.^nne, qui lit en i « ''''<='="''^"'=«.
noblesse pour être admise à 'saint-Cyr Cell h' ""T"' '"
2hrsi^^f c7arm"::iV'n7:: ^ - F-^- 17
de la marine, puis juge d'; ai^^Sri^e t' at'';^™"""
enfants de son mariage, en 1877, avec M- Boucherfc ^
Lauteur de la seconde branche, Charles de la ri,, ' - .
Sgr de Saint-Aubin, chevalier de Sat I ou s f ?"'''"' ''"™''"-
major des ville et citadelle de Mon i^sJr „ r ,l°sT r , -'r™
tivement dans le nord de la France n»r , ^"^ ''•'"' ''*'''"'-
ie 3 juillet 1750 avec M". Moul art de Vi m e"r,Tf ,T" T''"''
deuxf.lsetu„enile,Marie-,,osèphe,,uifraZtrsltc;?elr766:
12
178 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse que
son fils aîné, Charles, né à Montreuil en 1735, fit en 1769 pour être
admis parmi les pages de la Grande Ecurie et celles que son second
fils, Charles-Joseph, né à Montreuil en l7o6, décédé dans la suite
sans postérité, fit en 1766 pour être admis à l'École militaire. L'aîné
de ces deux frères vint se fixer en Flandre après le mariage qu'il
contracta en 1787 avec M"* de Bourgogne d'Herbaumez. 11 a été le
bisaïeul de M. Daniel delà Chaussée, secrétaire d'ambassade.
La famille de la Chaussée a fourni de nombreux officiers, dont
plusieurs ont été tués à lennemi, des chevaliers de Saint-Louis, des
membres de la Légion d'honneur.
Elle n'est pas titrée.
Principales alliances : du Vergier, de Parthenay, de Beaumont-
Bressuire, de Marconnay, Ysoré 1566, du Chillcau 1592, de Lau-
rière, Prévost-Sansac 1748, Aymer 1790. de Clervaux, de Vasselot
17:i2, MouUart de Vilmarest 1760, de Bourgogne l';87, 1838, Ranfray
de la Bajonnière 1854, de Portes d'Amblérieu 1880, CoUinet de la
Salle, etc.
On a vu plus haut qu'il avait existé en Poitou d'autres familles
de la Chaussée. Ces familles s'éteignirent toutes antérieurement au
XVI* siècle.
Il subsistait au xvni* siècle dans le restant de la France plusieurs
autres familles nobles du nom de la Chaussée.
La famille de lk Chaussée d'Eu, la plus en vue de ces familles, por-
tait pour armes : à. azur semé de croissants d'argent, à trois besants
d'or brochants. Elle tirait son nom du fief de la Chaussée d Eu
qu'elle avait possédé aux portes de la ville dEu, en Haule-Normandie,
et se croyait issue des anciens comtes d'Eu. Elle était connue dès le
xii' siècle. Guillaume de la Chaussée d'Eu assista en 1415 à la
bataille d'Azincourt. François de la Chaussée d'Eu, Sgr d'Arcts,
gouverneur de Joinville, fut surintendant de la maison du duc de
Guise, comte d'Eu, auquel il rendit foi et hommage en 1556. Sa
descendance alla se fixer dans la Haute-Picardie. Laurent de la
Chaussée d"Eu, baron de Rogy, en l'élection de Clermont, fut main-
tenu dans sa noblesse le 14 février 1667, sur preuves remontant
à 1489, par jugement de Dorieu, intendant de Soissons. Deux
représentants de cette famille, Antoine et Jérôme de la Chaussée
d'Arrest, furent admis dans l'ordre de Malte en 1555 et 1672. Laurentde
la Chaussée d'Eu, comte d'Arest, Sgr de Rogy, fit enregistrer son bla-
son à l'Armoriai général de 16i)6 (registre d'Amiens). Celte famille
paraît avoir eu pour dernière représentante Marie-Anno-Joséphine de
la Chaussée d'Eu, vicomtesse héréditaire et perpétuelle du comté
diction'naire des familles françaises 179
d'Eu, qui épousa vers 1718 François-Louis Barancliéry, vicomte
de la Gorge, général de l'artillerie du roi de Sardaigne, et dont les
enfants relevèrent le nom de la Chaussée d'Eu.
La famille de la Chaussée de Boisville et de la Lucazière portait
pour armes : d'azu?" à trois losanges d'argent, 2 et 1 ; au chef d'or
chargé d'un lion passant de gueules. On trouvera sur elle beaucoup
de renseignements dans le Cabinet d'Hozier. Elle était originaire de
la Beauce et avait pour premiers auteurs connus Etienne et Guy de
la Chaussée vivant en 1208. La filiation suivie remontait à Pierre de
la Chaussée, Sgr deïhoury, en Beauce, décédé en 1412, qui avait
épousé Perrelte la Gautière, décédée en 1422, et dont le tîls Pierre,
émancipé en 1411, épousa le l*'' mars 1460 Jeanne Goret. Louis de la
Chaussée, Sgr de la Lucazière, demeurant en l'élection de Verneuil,
fut maintenu dans sa noblesse le 25 mars 1641 par jugement des
commissaires généraux du Conseil départis par le Roi pour le réga-
mentdes tailles dans la généralité d'Alençon, puis en 1668 par juge-
ment de M. de Marie, intendant d'Alençon. Cette famille de la Chaus-
sée alla plus tard se fixer en Picardie où elle possédait une seigneurie
de Boisville. Un de ses membres, Eustache-Armand de la Chaussée de
Boisville, né en 1687 au diocèse de Laon, fut admis en 1703 parmi
les pages de la Petite Écurie. Un autre, Constantin-Alexandre de la
Chaussée de Boisville fut nommé en 1724 chevalier des Ordres de
Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel. Deux demoiselles de
la Chaussée, nées au diocèse de Chartres, furent admises à Saint-
Cyr en 1697 et 1699.
CHAUSSEGROS de LIOUX et de LÉRY (d Estienne de). Voyez Estienne
DE ChAUSSEGROS DE LiOUX ET DE LÉRY (d').
CHAUSSEPIERRE (Rivet de). Voyez Rivet de Chaussepierre.
CHAUSSIVERT de VISUZENNE.
Famille de haute bourgeoisie.
CHAUSSON-LASSALLE et de COURTILLOLES d ANGLEVILLE. Armes :
(d'après le règlement d'armoiries d'octobre 1698) : d'or à un lion
morné d'azur; au chef de gueules chargé de trois besanls d'argent.
— L'écu timbré d'un casque de profil orné de ses lambrequins d'or,
d'azur, d'argent et de gueules. — Supports : deux lions. — Devise :
Fais bien et laisse dire. — Autre devise : Non nobis nascimur.
La famille Chausson est anciennement connue dans les environs
d'Alençon, en Normandie. On trouve que dès 1458 un de ses
membres, Jean Chausson, rendit aveu pour sa vavassorie des
480 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Orgeries, relevant en partie du fief de la Renaudière. Colas Chaus-
son épousa vers iSoO Anne de Sourdives. dite Hébert; il en eut,
entre autres enfants, deux fils, honorables hommes Thomas et
Guillaume Chausson, qui furent les auteurs de deux grandes
branches.
La branche aînée était représentée sous Louis XIV parJîicques
Chausson, Sgr des Orgeries. né le 29 août I6i6, qui avait épousé
Françoise Gravelle et qui résidait en la paroisse de Sainl-Germain
de Clairfcuilie, au diocèse de Lisieux. Jacques Chausson fut pourvu
en 1698 de la charge de piqueurau premier vol pour la corneille et
commensal du Roi en sa grande fauconnerie; il lut anobli au mois
de septembre de cette même année par lettres patentes dont on
trouvera le texte dans le Nouveau d'Hozier et obtint au mois
d'octobre suivant le règlement de ses armoiries. Il acquit, en outre,
en 1718, l'office anoblissant de conseiller secrétaire du Roi près le
Parlement de Normandie. Il avait fait enregisirer son blason à l'Ar-
moriai général de 1696 (registre d'Argenlan). Il laissa deux fils :
1° Pierre Chaus.son, qui continua la descendance; 2° Jacques-Paul
Chausson du Saussay, né en 1682, lieutenant général au bailliage et
siège présidial d'Exmes, dont le fils, Jacques Chausson du Saussay,
lieutenant civil et criminel au bailliage d'Alençon pour les vicomtes
d'Argentan, d'Exmes et de Trun, mourut sans postérité en 1782 Pierre
Chausson, Sgr des Orgeries et de Saint-Rigomer, épousa le 3 fé-
vrier 17! o Marie-Madeleine Hébert, fille d'un procureur en l'élection
d'Alençon, et mourut en 1721. Ce fut lui qui acheta au Chàtelet de
Paris, en 1717, la seigneurie de Courtilloles dont ses descendants ont
conserve le nom. Son lils unique, François-Louis Chausson, Sgr de
Courtilloles, des Orgeries, etc., premier président au siège présidial
d'Alençon, marié à M"* de Fleuriel, décédé en 1791, fut autorisé, par
lettres patentes d'avril 1766, à substituer au nom de Chausson celui
de sa seigneurie de Courtilloles. Il fut confirmé dans sa noblesse,
ainsi que son cousin germain, Jacques Chausson du Saussay, par
lettres patentes du 9 mai 1772. Ce même François-Louis de Courtil-
loles, Sgr de Courtilloles et de Saint-Rigomer des-Bois, prit part
en 1789 aux assemblées de la noblesse du Maine et à celles du bail-
liage d'Exmes. Il laissa deux fils, François-Louis et Alexandre-
François-Louis de Courtilloles, qui furent les auteurs de deux
rameaux actuellement existants.
L auteur du premier rameau, François-Louis de Courtilloles, né
en 1747, lieutenant général au bailliage d'Alençon en 1780, marié
àM"^ de Vaucelles, reçut le titre de baron, sur promesse d'institu-
tion de majorât, par ordonnance du roi Louis XVIII du 28 sep-
niCTIONNAIRE DFS FAMILLRS FRANÇAISES 181
tembre I8i'0; mais il mourut le 29 mai 1822 avant d'avoir pu cons-
tituer son majorât et avant d'avoir reçu les lettres patentes, qui ne
furent jamais délivrées. Sa descendance possède encore le château
de Courtilloles, dans le département de la Sarthe. Elle n'est pas titrée.
L'auteur du second rameau, Alexandre-François-Louis de Courtil-
loles, né en 17o4, était officier au régiment de Condé-infanterie
quand il prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues au
Mans. Sa descendance est connue sous le nom de Courtilloles
d'Angleville. Elle n'est pas titrée.
Cette branche a fourni de nombreux officiers, des chevaliers de
la Légion d'honneur, etc.
La branche cadette est demeurée non noble. On en trouvera un
tableau généalogique dans le tome XIX du Bulletin de la Société
historique de l'Orne (année 1900). L'auteur de cette branche, Guil-
laume Cliausson, avaitépousé dans les dernières années du xvi^ siècle
honorable lille Françoise Gorge. Leur petit-fils, Olivier Chausson,
marié en 1667 à Sainte du Bois, recueillit par héritage d'un oncle le
domaine de la Salie dont sa descendance a conservé le nom. Il fut
père de Jacques Chausson, sieur de la Salle, qui épousa en 1690
Catherine Hébert, grand-père de Jacques Chausson, sieur de la
Salle, qui épousa Marguerite Bouglier, fille d'un chirurgien d'Exmes,
et bisaïeul de Guillaume Chausson de la Hullinière qui épousa vers
1750 Marie Lecesne de la Grétinière, fille d'un marchand de Bernay.
Celui-ci laissa quatre fils : 1° Guillaume-Jean Chausson-Lassalle,
marchand, dont la descendance subsistait en 1900; 2° Jacques-
François Chausson-Lassalle. qui eut une fille, M™^ du Mesnil;
3° Jacques-Louis Chausson-Lassalle, qui eut un fils; 4° Jean Chaus-
son-Lassalle, né en 1768, qui mourut sans postérité en 1836.
Principales alliances : de Fleuriel, de Vaucelles, Guesdon de Beau-
chesne, de Jourdan de Savonnières l8o4, Douineau de Charantais,
de Pi'éaulx, Pichot de la Marandais. Bonin de la Bonninière de Beau-
mont 1907, Veyrier du Muraud 1891, de Luret de Feix 1893, Avril de
PigneroUes 1894, etc.
CHAUTAN de VERCLY. Armes : d'azur à un chevron d'argent accom-
pagné en chefàdextre d'un soleil rayonnant d'or et en pointe d'une
fleur du même.
La famille Chautan, ou Chautant, appartient à l'ancienne bour-
geoisie de Metz. Elle joint à son nom celui du village de Vercly qui,
au xviii" siècle, faisait partie de la banlieue de cette ville. Elle des-
cend de Jean-Antoine Chautant, Sgr de lallaute-Bevoye, de Vercly et
de Béville, entrepreneur général des fortifications de Metz et de
182 DICTIONNAIRE DRS FAMILLES FRANÇAISES
Thionville, qui mourut à Metz le 29 mars 1721 à l'âge de 67 ans et
dont la veuve, Marie Séné, mourut dans la même ville le 12 sep-
tembre 1742 à 1 âge de 75 ans. Ce même Jean-Antoine Chaulant ne
porte d'autre qualification que celle de maître tailleur de pierres dans
l'acte de baptême de sa fille Catherine, du 26 octobre 1684. 11 laissa
plusieurs fils. Un de ces fils, Henri Chautan de Yercly, baptisé à
Metz en 1708, décédé dans la même ville le 3 décembre 1779 sans
avoir été marié, fut substitut du procureur général près le Parlement
de Metz. Un autre, François Chaulan de Vercly, baptisé à Metz le
27 février 1693, entrepreneur général des fortifications de Metz et de
Toul, épousa Anne Poinselot et continua la descendance.
Plus récemment Antoine-Adolphe Chautan de Vercly, né à Metz en
1804, décédé à Nancy en 1891, a été général de brigade d'artillerie et
grand officier de la Légion d'honneur. N. Chautan de Vercly, colonel
d'état-major dans la garde impériale, décédé en 1856, avait épousé en
1846 Amélie de Metz. Il en a laissé un fils, Xavier Chautan de Vercly.
CHAUTON (dej, dans les Landes. Armes (d'après Rietstapp) : d'azur à
un chevron d'or accompagné de trois tortues de même.
On n'a pu se procurer que peu de renseignements sur la famille de
Chadton, anciennement connue dans les Landes.
Arnaud Chauton, bourgeois de Tartas, eut son blason enregistré à
l'Armoriai général de 1696 (Da.x) : de sable à un sautoir d'argent ; il
y fut inscrit sur le registre réservé aux personnes non nobles.
La famille de Chauton ne figure pas au nombre de celles qui ont
pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse de sa région. Ses
représentants ne font, du reste, précéder leur nom de la particule de
que depuis le milieu du xix* siècle.
Charles Chauton avait épousé sous Louis XVI Jeanne Tournié ; il
en laissa quatre fils : 1° Octave Chauton, prêtre ; 2° Bernard Chauton,
marié en 1815, dont le fils, Léon de Chauton, n'a laissé que trois
filles, M"'" de Laborde d'Arbrun, de Cardaillac et de Tavernier ;
3° Achille Chauton, marié à Adèle Labat, dont le fils aîné, Adrien, a
laissé un fils; 4*" Benjamin Chauton, marié en 1813 à M"" de Cauna,
dont le fils, Alexandre, marié à sa parente, Marie Chauton, en a eu
une nombreuse postérité.
Principales alliances : de Cardaillac 1884, de Tavernier 1880, de
la Borde d'Arbrun, Labat, Domenger, Dulaurens, de Cabanes de
Cauna, etc.
CHAU'VAS SAIGNE S (Chasseloup de). Voyez : Ghasseloup-Laubat (de) et
Chasseloup de Chauvassaignes.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 483
CHAUVASSAIGNES. Armes : d'azu?' à une chauDe-souris d'or-, au chef
cousu de gueules chargé d'un croissant accosté de deux étoiles, le
tout d'argent. — Couronne : de Comte.
La famille Ciiauvassakines, originaire de la petite ville de Vodaple,
en Auvergne, est connue de toute ancienneté dans la haute bour-
geoisie de sa région. D'après la tradition, un de ses membres, Louis
Chauvassaignes, aurait forcé vers 13t)0 le prince Noir à lever le siège
de Vodaple. La famille Chauvassaignes a fourni onze générations de
baillis de Vodaple et dAntoingt. Jean Chauvassaignes, ancien lieu-
tenant général de Vodaple, était en 1777 juge de la ville et baronnie
de Thiers. La famille Chauvassaignes compte encore parmi ses
membres un échevin de Glermont-Ferrand en 1749, administrateur
des hospices de cette ville, un subdélégué de l'intendant à Thiers de
1780 à 1790, des châtelains de Vodaple, des conseillers généraux du
Puy-de-Dôme, des chevaliers de la Légion d'honneur, des offi-
ciers, etc.
Principales alliances : Peghoux de Merdogne, d'Epinay, etc.
CHAUVEAU des ROCHES (Prieur-). Voyez : Prieur-Chauveau des Roches.
CHAUVEAU de BOURDON. Armes (d'après VAnnuaù'e de la noblesse
de 1894) : d'azur à une aigle éployée et couronnée d'argent (aliàs
d^or);à la bordure cousue de gueule>i chargée de huit besants d'ar-
gent. — Aliàs (d'après Rietstapp) : d'argent au lion de gueules. —
Devise : Vis et amor.
La famille Chauveau de Bourdon est originaire de l'Auvergne oîi elle
possédait au xviii® siècle une terre de Bourdon. Elle n'est pas men-
tionnée dans les nobiliaires de ce pays et on ne lui connaît pas de
principe d'anoblissement. Mais le vicomte Révérend lui a consacré
une courte notice dans son Annuaire de la noblesse de 1894.
Joseph Chauveau, Sgr de Bourdon, en Auvergne, était garde du
corps du comte d'Artois à l'époque où éclata la Révolution. 11 fut
exécuté le 28 nivôse an VI. De son mariage avec Anne-Paule d'Escu-
rolles de la Vernière d'Anglard il laissa un fils unique, Joachim
Chauveau de Bourdon, décédé en 18i0, qui fut chef d'escadron et qui
épousa le 3 janvier 1834 M"^ Tabouret de Crespy, décédée en 1891.
Joseph-Edmond Chauveau de Bourdon, fds unique des précédents,
fut promu en 1893 au grade de général de brigade. Il est décédé en
1895 laissant de son mariage, en 1869, avec M"* Patouillet de Déser-
villers une fille unique, M™° Frabouletde Kerléadec.
CHAUVEAU de KERNAERET. Armes : d'azur à un léopard d'or; au
chef d'argent chargé de trois étoiles de gueules.
184 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille Chadveau de Kernaeret est anciennement et honorable-
ment connue à Carhaix, en Basse-Bretagne, sans toutefois qu'on
lui connaisse de principe d'anoblissement. On trouvera sur elle
quelques renseignements dans Y Armoriai de la France de M. de
Magny et dans le Recueil généalogique du vicomte de la Messe-
lière.
La filiation suivie remonte à noble homme Antoine Chauveau qui
demeurait à Carhaix en 1640 et dont le fils, Alain Chauveau, sieur de
Neufmaison, procureur et priseur au siège royal de ladite ville,
épousa au cours du xvii^ siècle Catherine le Roux, héritière du do-
maine de Kernaeret, en la paroisse de Plougues-Carhaix. Jacques
Chauveau, fils d'Alain, était sous Louis XV procureur au siège royal
de Carhaix. Son fils, Joseph-Guillaume Chauveau de Kernaeret fut le
dernier sénéchal de Carhaix. Il avait épousé Jeanne le Gallic de Ker-
gouval qui mourut à Quimper en 1832 dans un âge avancé. Désiré-
Théophile Chauveau de Kernaeret, fils des précédents, officier d'ar-
tillerie distingué, décédé à Landebec en 1823, avait épousé pendant
la période révolutionnaire Hyacinthe-Anne de Trédern qui apparte-
nait à une des plus vieilles familles de la noblesse de Bretagne. Il
en eut un fils, Joseph-Hyacintlie, né à Quimper en 1798, qui continua
la descendance, et une fille qui épousa en 1822 Pierre le Bastard de
Mesmeur. Joseph-Hyacinthe Chauveau de Kernaeret fut chef de
bataillon et officier de la Légion d'honneur; il épousa sa cousine,
Adamine de Trédern, qui lui survécut jusqu'en 1896. 11 en laissa
deux enfants qui ont été les derniers représentants de leur famille :
1° Jules Chauveau de Kernaeret, né en 1841 à Corte, en Corse, prélat
romain, camérier de Sa Sainteté, doyen de la Faculté de théologie
de l'Université catholique d'Angers ; 2° Adélaïde, mariée au comte le
Bihannic deTromenec.
La famille Chauveau de Kernaeret revendique une origine com-
mune avec une famille Chauveau de la Mulonnière qui portait les
mêmes armoiries et qui, au xvii* siècle, occupait à Nantes un rang
distingué. Un représentant de cette famille, Mathurin Chauveau,
Sgr de la Mulonnière, en la paroisse de la Chapelle-sur-Erdre, gen-
tilhomme servant chez la Reine, marié à Françoise Charette, fut
anobli par lettres patentes en 1663 et se fit maintenir dans sa
noblesse en 1669 par arrêt des commissaires chargés de la recherche
des faux nobles. La famille Chauveau de la Mulonnière s'éteignit
peu de temps après.
On trouve qu'un Jacques Chauveau, conseiller secrétaire du Roi,
était en 1733 receveur des consignations à Nantes.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 185
CHAUVEAU (de). Armes : d'azur à un léopard d'or; au chef d'argent
chargé de trois étoiles de gueules.
Gharles-Louis-Honoré Chauv^au, capitaine d'artillerie territoriale,
né en Champagne d'une famille de condition modeste, fut créé comte
romain à la suite du mariage qu'il contracta avec la princesse
ZénaïdeNarischkine, veuve du prince Boris Youssoupoff et héritière
d'une fortune considérable. 11 fit alors précéder son nom de la par-
ticule DE et adopta le blason de la famille Chauveau de la Mulonnière
dont il a été parlé dans la notice précédente. Le comte de Chauveau
fut conseiller général du Finistère et mourut prématurément en 1889
sans laisser de postérité légitime. Sa veuve a fait don au département
du Finistère du magnifique château de Kériolet qu'il avait fait cons-
truire près de Concarnoau.
Par décret du 26 juin 1899, homologué le 12 décembre 1900 par
jugement du tribunal de la Seine, les mineurs Anne-Marie-Balhilde,
née à Paris le 14 décembre 1885, et Victor-Charles-Yves, né à Paris
le 27 septembre 1883, aujourd'hui connu sous le titre de comte de
Chauveau, furent autorisés à porter le nom de : Ch.\uveau.
CHAUVE AU-LAGARDE. Armes : d'argent aune branche de lys et à une
branche de chêne au naturel passées en sautoir.
L'illustre avocat Claude-François Chauveau-Lagarde, né à Char-
tres le 21 janvier 1756, appartenait à une famille modeste. Son père,
Pierre-François Chauveau, natif de Mer, en Orléanais, exerçait la
profession de perruquier et avait épousé à Chartres le 8 novembre 1746
Madeleine Lagarde, fille d'un perruquier de cette ville. A l'époque
où éclata la Révolution, Chauveau Lagarde était un des plus brillants
avocats du barreau de Paris. Il se signala par son courage pendant
la Terreur et accepta la tâche périlleuse de défendre devant le Tri-
bunal révolutionnaire la reine Marie-Antoinette et Madame Elisabeth.
Ce fut lui qui, en 1814, fut chargé par le barreau parisien de féliciter
Louis XVin de son rélablissement sur le trône de France. Il reçut de
ce prince, le 20 janvier 1815, des lettres patentes d anoblissement^
fut nommé en 1828 conseiller à la Cour de cassation et mourut à
Paris en 1841. Il laissait trois filles et deux fils. L'aîné de ceux-ci,
Pierre-Urbain Chauveau-Lagarde, né en 1798, fut juge au tribunal de
la Seine et mourut en 1881 sans avoir été marié. Le puîné, François-
Léon Chauveau-Lagarde, né en 1801, est décédé en 1884 laissant
une fille. M'""' Babin de Lignac.
CHAUVEAU de QUERCIZE. Armes (d'après le Dictionnaire de la
noblesse contempoi^aine de Bachelin-Deflorenne) : d'azur à un
i86 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
chevron d'or accompagné en chef de deux branches, de chêne entre-
lacées de même.
On na pu se procurer que des renseignements insuffisants sur la
famille Chauveat de Queucize, honorablement connue en Bourgogne.
On suppose qu elle a eu pour autour Jacques Cliauvoau, originaire de
Dijon, avocat à la Cour, qui fut pourvu le 9 mars ITOO de l'office
anoblissant de secrétaire du Roi au grand Collège. Jacques Chau-
veau, né à Dijon en 1690, fils du précédent, lui succéda dans son
offrce en 17:22 et le conserva jusqu à sa mort, en 1745. Ces deux
secrétaires du Roi portaient pour armes (d'après Y Annuaire de la
noblesse de 1907) : à' argent à un chem^on de gueules accompagné de
trois sautoirs de sinople.
Jean Cliauvoau, prêtre, curé de la paroisse de Champignolle, avait
fait enregistrer sou blason à l'Armoriai général de 1696 (registre de
Dijon) : de gueules à un chevron d'argent, accompagné en pointe
d'une biUette de même. Jacques Chauveau, conseiller du roi ès-bail-
liage, chancellerie et présidial de Semur-en-Auxois, fit enregistrer au
môme Armoriai les armes suivantes : d'argent à Cancre de sable sur-
montée de tj'ois étoiles de gueules.
Guy Chauveau de Quercize, Sgr d'Amancey, prit part en 1789 au-v
assemblées de la noblesse tenues à Autun.
La famille Chauveau de Quercize n'est pas titrée.
Principales alliances : Ducret de Lange, de Caters 1909, Chaper, etc.
CHAUVEL du RUMAIN.
Famille de haute bourg'^oisie.
M™* Célina-Françoise le Bihan-Durumain, veuve de M. Chauvel,
née en 1821 à Pont l'Abbé, demeurant à Rennes, et ses deux fils,
Arlhur-Timoléon et Charles Gustave Chauvel, nés à Quimper, l'un en
1840, l'autre en 1846, demandèrent le 6 juin 1883 [autorisation de
joindre régulièrement au nom de Chacvel celui de la famille le Bm.\N-
DciiCMAiN. Il ne semble pas que cette autorisation leurait été accordée.
La famille le Bihan-Durumain parait être distincte de la famille le
Bihan de Pennelé (voyez ce nom), qui appartient à l'ancienne noblesse
de Bretagne.
U a existé en Haute-Bretagne et en Anjou une famille de Chauvel
qui portait pour armes : d'argent à trois feuilles de scie de sable
posées en chevron brisé. M. de Farcy, dans sa Recherche de la
noblesse dans la généralité de Tours en 1666, attribue aussi à cette
famille les armes suivantes : de sinople à trois fasces d'argent.
Jérôme Chauvel, sieur des Nouettes, procureur des bourgeois de
Rennes en 1603, fut anobli en 1606 par lettres du roi Henri IV. Il
DICTIONNATRR DES FAMILLKS FRANÇAISES i8T
avait épousé Françoise Blandin, qui se remaria en 1621 à Pierre de la
Forest dArmailié, conseiller au Parlement de Bretagne. Son fils,
Ignace Chauvel, né en 1619 à la Boullaye, en la paroisse de
Betton, près de Rennes, alla se fixer en Anjou, fut procureur du Roi
à Angers et épousa Renée (îrimaudet. Lors de la grande recherche
des faux nobles commencée en 1666, Ignace Chauvel, Sgr de la Boul-
laye, baptisé à Angers en 1643, fils du précédent, fit le 9 juillet 1667 la
déclaration qu'il n'était pas noble. 11 fut nommé en 1672 conseiller au
Parlement de Bretagne en remplacement de son oncle, François Gri-
maudetdeRochebouet, et eut pour successeur dans sa charge, en 1701,
son fils Ignace Chauvel de la Boullaye, baptisé à Angers en 1677,
marié en 1701 à Renée Lezineau, décédé en 1733. Eugène Chauvel de
la Boullaye prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues
à Angers.
A la même souche se rattachait peut-être une famille Chauvel qui
possédait la seigneurie de Launay, au ressort de Rennes, et qui se
désista de ses prétentions nobiliaires en 1668.
Une famille de Chauvel, de l'élection de Bernay, en Normandie,
fut maintenue dans sa noblesse le 9 avril 1666 par jugement de
M. delà Gallissonnière, intendant de Rouen, Elle portait pour armes :
d'azu7'à un chevron d' 07' accompagné en chef à dexlre d'un croissant
d'argent., à sénestre d'une molette d'éperon du second émail et en
pointe d'une l'ose du même.
Pierre Chauvel, né en Normandie, major du régiment royal de cui-
rassiers, fut anobli en décembre 1719 par lettres patentes rapportées
tout au long dans le Nouveau d'Hozier. II obtint en même temps le
règlement de ses armoiries : de gueules à une épée et un espadon
d'argent passés en sautoir, la pointe de l'épée en haut, la lame de
l espadon en bas, les gardes et les poignées d'or et une cuirasse d'ar-
gent brochant sur le tout.
Il a existé à Bourges une famille Chauvel de la Martinière qui por-
tait pour armes : d'argent (aliàs de sable) à U7ie croix échiquelée
d'or et de gueules contournée de quatre tètes humaines chauves de
sable (aliàs d'argent). L'auteur de cette famille, Nicolas de Chauvel,
fut pourvu en 1642 de la charge anoblissante de trésorier de France
à Bourges. Son fils, Nicolas Chauvel, sieur de la Martinière, était en
1656 trésorier général du marc d'or. Il eut lui-même deux fils, Nicolas
et Jean, qui furent officiers. Jean-Pierre Chauvel de la Martinière,
mestre de camp de cavalerie, bailli d'épée d'Orléans, fut nommé
en 1717 chevalier des Ordres de Saint-Lazare et de Notre-Dame du
Mont-Carmel.
François- Alexandre Chauvel, né à Honfleur en 1766, général de
^^^ DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
brigade, décédé sans postérité en 183:2, fut créé baron de l'Empire
par lettres du 20 juillet 1808. Il reçut les armes suivantes : d'azur
à Ml chien courant d'argent, bouclé et bandé d'or, accompagné à
dexlre d'un casque du même; au franc- quartier des barons mili-
taires.
GHAUVELIN (de;. Armes : d'argent à une tige de chou de cinq feuilles
arrachée de sinople, au serpent d'or tortillé à l'entour, la télé en haut.
— Couronne : de Marquis. — Supports : deux lions debout.
La maison de Chauvelin a occupé un rang considérable dans la
noblesse de robe française. On a longtemps cru qu'elle avait eu pour
berceau le bourg de Moulins-Engilbcrt, en Nivernais, mais il est
aujourd'hui établi qu'elle vient du Vendômois. André Chauvelin,
avocat au Parlement, bailli aux grands jours du Vendômois, auquel
remonte la filiation suivie, avait épousé dans les premières années
du XVI* siècle Gabrielle Hénault qui, étant devenue veuve, se remaria
à Jean Gimardez. 11 en eut quatre fils : 1° Toussaint, qui conlinua la
descendance; 2° Mathieu, qui n'eut pas d'enfants ; S'' Pierre, qui
épousa Louise Justin et dont la descendance se perpétua en Vendô-
mois pendant plusieurs générations ; 4" Christophe, avocat, bailli de
Montmartre, près de Paris, décédé en lû78, qui épousa successive-
ment Catherine Jacquelot et Madeleine du Monceau et dont la des-
cendance s'éteignit dans la seconde moitié du xvii« siècle après avoir
donné plusieurs baillis de la Montagne-Sainle-Geneviève, près de
Paris. Toussaint Chauvelin, fds aîné d'André, fut procureur au Parle-
ment de Paris, puis procureur général de la reine Catherine de
Médicis, et mourut en lo6i. Il épousa d'abord, par contrat du 11 fé-
vrier ib39, Geneviève de Brée, lille d'un procureur au Parlement de
Paris, puis le 20 juin looo Marie Malingre. Il laissa lui-môme quatre
fils : 1° François, né du premier lit, qui fut l'auteur de la branche
aînée ; 2° Alexandre, égalem^-nt né du premier lit, qui fut reçu maître
des comptes en 1579 et dont le fils, Alexandre, contrôleur général
de l'arliilerie, secrétaire du Roi en 1637, mourut sans postérité en
1621 ; 3° Toussaint, né du second lit, célèbre avocat au Parlement de
Paris, procureur général de la reine Catherine de Médicis, qui n'eut
que des filles; 4" Jacques, également né du second lit, qui fut l'auteur
de la branche cadette.
La branche a^née est aujourd'hui éteinte. Son auteur, François
Chauvelin, d'abord procureur au Parlement de Paris, puis procureur
général de la reine Marie de Médicis, épousa Marie Charmolue. II en
laissa, entre autres enfants, deux fils. Sébastien et Louis, qui furent
les auteurs de deux rameaux, et une fille, Claude, qui épousa le
DICTIONNAIRF. D F/S FAMILLES FRANÇAISES 189
4 juillet 1599 Michel le Tellier, procureur général pr^s la Cour des
aides, et qui fut la mère du célèbre chancelier le Tellier.
Sébastien Chauvelin, auteur du premier rameau de la branche
aînée, fut reçu en 'lo97 conseiller au Parlement de Paris. 11 fut père
de Sébastien Chauvelin, mestre de camp de cavalerie, qui fut tué à
l'ennemi en Piémont en 1630, grand-père de François Chauvelin, Sgr
de Garencières, près de Montargis, capitaine de cavalerie, qui périt
dans les guerres de la Fronde, en KiSO, et bisaïeul de Piulippe de
Chauvelin, colonel du régiment de Mérinville, commandeur de Saint-
Lazare, qui périt en 1690 à la bataille de Fleurus. Ce rameau s'est
éteint avec Charles de Chauvelin, Sgr de Garencières, neveu du pré-
cédent, qui mourut sans postérité dans la première moitié du
xviii* siècle.
Le second rameau jouit d'un vif éclat. Son auteur, Louis Chauvelin,
receveur général des domaines et bois de la généralité de Paris,
décédé en 1654-, était seigneur de Crisenoy, dans la Brie II lut le
grand-père de Louis Chauvelin, Sgr de Crisenoy, décédé en 1719 à
l'âge de 79 ans, qui fut successivement conseiller au Parlement de
Paris, intendant de Picardie, intendant de Franche Comté et enfin
conseiller d'Etat. Celui-ci laissa deux fils. L'aîné de ces fils, Louis,
Sgr de Crisenoy, avocat général au Parlement de Paris, commandeur
et grand trésorier des Ordres du Roi en 1713, eut un fils unique,
Louis, président à mortier au Parlement de Paris, qui mourut sans
postérité en 1754. Le puîné, Germain-Louis Chauvelin, Sgr de Gros-
bois. né en lb8o, décédé en 176^2, jouit de la confiance du cardinal
de Fleury, fut président à mortier au Parlement de Paris, garde des
sceaux de France en 1725, ministre et secrétaire d'État des affaires
étrangères et secrétaire commandeur des Ordres du Roi et contribua
beaucoup à la signature du traité de Vienne, en 1736. Il avait obtenu,
par lettres patentes de mars 1734, l'érection en marquisat, sous le
nom de Grosbois, de ses seigneuries réunies de Grosbois, Boissy-
Saint-Léger et Villeneuve, près de Paris. 11 avait eu un fils qui fui
tué en duel en 1750, sans avoir été marié, et trois filles dont l'aînée
épousa successivement le marquis de Colbert-Maulévrier et le comte
de l'Aigle et dont les deux plus jeunes furent la comtesse de Cha-
millart de la Suze et la comtesse de la Rochefoucauld Surgères.
L'auteur de la seconde branche, Jacques Chauvelin. décédé
en 1609, fut trésorier général de la marine du Ponant, puis trésorier
de l'Écurie du Roi. Il épousa Cécile Boyer, fille d'un valet de chambre
du Roi, par contrat du 8 mai 1584, rapporté tout au long dans le
Nouveau d'Hozier. Quatre de ses fils, Jacques, Vincent, Pierre et
Louis, furent les auteurs d'autant de rameaux.
190 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Jacques de Chauvelin, Sgr de Luzeret, auteur du premier rameau,
fui d'abord abbé de Saint-Clerc-de-Melun, aumônier du Roi et con-
seiller clerc au Parlement. Il se démit en I600 de sa charge et de ses
bénéfices pour épouser Edmée de Bridiers, ci-devant abbesse de
Saint-Rémy-des-Landes. Sa descendance s'éteignit avec ses petits-
enfants.
Le second rameau, dit des seigneurs de Beauregard, s'est perpétué
jusqu'à nos jours. Beauchet-Filleau en a donné la généalogie dans
son Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou.
Son auteur, N'incent Chauvelin, écuyer, sieur de Beauséjour, épousa
par contrat du 23 janvier l6l7Louise-Honorine Couraud delà Roche-
chevreux; il fut dans la suite chevalier de lOrdre du Roi. en 1626,
et écuyer de la Grande Écurie, acquit par acte du 14 août 1634 la
seigneurie de Beauregard, en Poitou, et mourut le 2 avril I60O. Il
fut père de Jacques Chauvelin, Sgr de Beauregard, écuyer de la
Grande Écurie, chevalier de l'Ordre du Roi, lieutenant pour le Roi au
gouvernement de Péronne. en Picardie, qui épousa en 16oi Anne de
Bridiers et qui fut maintenu dans sa noblesse le l*"" avril 1670 par
jugement de M. de Machault, intendant de Boissons, et grand-père de
Jacques Chauvelin, Sgr de Crespy, en Laonnais, et de Beauregard,
en Poitou, qui épousa en 1688 Anne Augron et qui, sur le vu du juge-
ment rendu par M. de Machault en 1670, fut à son tour maintenu dans
sa noblesse le 3 mars 1713 par jugement de Quentin de Richebourg.
intendant de Poitiers. Ce jugement de 1715 est rapporté tout au
long dans le Nouveau d'Hozier. Jacques de Chauvelin, chevalier,
Sgr de Beauregard, capitaine au régiment des rjiasseurs de Nor-
mandie, petit tils du précédent, prit part en 1789 aux assemblées de
la noblesse tenues à Poitiers et à celles tenues au Dorât. On trouvera
dans le Nouveau d'Huzier les preuves de noblesse qu'il avait faites en
1765 pour obtenir ladmission à l'École militaire de son lils, Marie-
Jacques, né à Poitiers en 1754. Celui-ci vint se fixer en Blésois parle
mariage qu'il contracta en '785 avec M"' de Regnard ; il fut sous la
Restauration maire de Blois et cot)seiller général de Loir-et-Cher.
Son tils, Joseph, né en 1786, marié en 1834 à M"* de la Rochejaque-
lein, fut connu sous le titre de marquis de Chauvelin après la mort,
survenue en 1H32, du dernier représentant du quatrième rameau. Il
fut père d Henri, marquis de Chauvelin, né en 1843, qui a laissé une
nombreuse postérité de son mariage en 1875 avec M"" Brabant.
Deux représentantes de ce rameau lurent admises à Sainl-Cyr, l'une
en 1733, l'autre en 1769.
L'auteur du troisième rameau. Pierre Chauvelin, Sgr de Luzeret,
en Berry, fut gentilhomme ordinaire de Monsieur, frère du Roi, et
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 191
premier maître de la garde-robe de Madame. Il se fixa dans la
Marclie par le mariage qu'il contracta le 7 levier 1633 avec Jeanne
de Bouex et fut maintenu dans sa noblesse le 15 novembre 1669 par
arrêt du Conseil sur preuves remontant à lo38. Il fut père de Jean
de Chauvclin, Sgr de Richemont, en la paroisse de Lourdoueix,
dans la Marche, et grand-père d'autre Jean Chauvelin, Sgr de Riche-
mont, qui fut maintenu dans sa noblesse le 20 septembre 17 li par
jugement rendu à Limoges de l'inlendant Boucher d'Orsay. On trou-
vera dans le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse que Jacques
de Chauvelin, lils du précédent, né en 1702 au diocèse de Limoges,
fit en 1717 pour être admis parmi les pages de la Petite Ecurie. Ce
gentilhomme fut tué à la bataille de Fontenoy, en 1745. Il était le
dernier représentant de son rameau.
Louis Chauvelin, auteur du quatrième rameau de la branche
cadette, mourut en 1683. Son fils, Bernard Chauvelin, Sgr de
Beauséjour, décédé en 1755 à l'âge de 83 ans, fut conseiller au
Parlement de Paris, intendant de Tours, de Bordeaux et d'Amiens
et conseiller d'État. Il avait épousé en 1700 M"« Martin, fille d'un
capitoul de Toulouse, et en laissa plusieurs fils. L'ainé de ces fils,
Jacques-Bernard Chauvelin, Sgr de Beauséjour, né en 1701, con-
seiller au Pailement de Paris, inspecteur général de la librairie,
intendant d'Amiens en 1731, consedler d'Ltat en 1751, intendant
des finances en 1753, décédé en 1767, laissa de son mariage avec
M"« Oursin trois filles, iVI'"^ de Monsures, M'"« Boutin et la marquise
de Biencourt. Bernard-Louis de Chauvelin, frère puîné du précédent,
jouit d'une grande faveur auprès du roi Louis XV, fut lieutenant
général des armées en 1749, commandeur de Saint Louis en 1751,
ambassadeur à Turin en 1753 et maître de la garde-robe du Roi. Il
mourut subitement d'apoplexie en 1773. à la table de jeu du Roi. 11
avait été admis aux honneurs de la Cour le 29 décembre 1765 sous
le titre de marquis de Chauvelin. Il laissait un fils, Bernard-François,
et deux filles, les marquises d Imécourt et de la Bourdonnaye. Ber-
nard-François, marquis de Chauvelin, né à Paris en 1766, maître de
la garde-robe du Roi, admis aux honneurs de la Cour le 2 avril 1785,
embrassa avec ardeur les idées révolutionnaires. Après l'exécution
de Louis XVI, il dut quitter précipitamment l'Angleterre où il rem-
plissait les fonctions d'ambassadeur de la République française. Il
se rallia à l'Empire, fut successivement préfet de la Lys. conseiller
d'État et intendant général de la Catalogne et reçut le titre de
baron par lettres patentes du 10 avril 1811. Député de la Côte-d'Or
sous la Restauration, il siégea parmi les plus violents adversaires de
la monarchie, il fut le dernier représentant de son rameau et mourut
192 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
du choléra en 1832 sans avoir eu d'enfants de son mariage avec
M"* le Tavernier, décédée en l8o7.
Principales alliances : le Tellier, de Bogues de Champignelle,
Cahouel 17l«, Colbert de Maulévrier 1747, des Acres de l'Aigle 1763,
Chamillart de la Suze 1748. de la Rochefoucauld 1752, de Thiard de
Bissy 1712, de Grouchy ITlo, Talon 1724, de Bridiers 1655, de Bar-
bançois, de Menon de Turbilly 1684. Boutin 1755, de Biencourt 1770,
de Vassinhac d'imécourt 1778. de la Bourdonnaye 1787, de Bouex
de Villemort 1633, Couraud de la Rocliechevreux 1617, de
Nuchèze 1718, de Bridieu 1752, de Bcaumont 18C8, du Vergyer
de la Rochejaquclein 1834, de Durfort-Civrac 18')9, Garnier des
Carets 1907, de Piolenc 1907, etc.
CHAUVENET de) Armes : de gueules à deux gerbes d'or rangées en
fasce. — La branche cadette, dite des seigneurs de Bellenglise,
porte : de gueules à deux gerbes d'or rangées en fasce, accom-
pagnées de trois cors de chasse de même, 2 e/ l. — Couronne : de
Marquis. — Tenants : deux sauvages. — Devise : Ex labore fruclus.
La famille de Chauvenet. originaire de Bourgogne d'après la tra-
dition, appartenait au milieu du xvii' siècle à la haute bourgeoisie
de la ville de .Saint-Quentin. On en trouvera une généalogie com-
plète dans les manuscrits de Chérin. Antoine Chauvenet, auquel ce
travail fait remonter la filiation, eut dcu.x fils, Milan et Georges
Chauvenet, qui furent les auteurs de deux branches. Ces deux frères
furent simultanément anoblis par lettres d'août 1662; mais ils ne
jouirent pas longtemps de la faveur qui leur avait été accordée, car,
en 1664, un édit du roi Louis XIV révoqua tous les anoblissements
concédés depuis 1611.
L'auteur de la branche aînée, noble homme Milan Chauvenet,
capitaine dune compagnie de gens de pied, puis gouverneur de
Saint-Quentin pour le Roi, épousa d'abord Catherine le Sergent, puis,
par contrat passé à Saint-Quentin le 15 mars 1643, Jeanne Desjar-
dins, fille d'un élu en l'élection de Péronne. Son fils, Alexandre
Chauvenet, était chevau-léger de la garde du Roi quand il fit enre-
gistrer son blason à l'Armoriai général de 1696 (registre de Saint-
Quentin). Il se fit accorder en septembre 1696 de nouvelles lettres
d'anoblissement qu'il fit enregistrer en la Chambre des comptes de
Paris et dans lesquelles étaient mentionnées les lettres de 1662, alors
révoquées. Mais ces lettres de 1696 se trouvèrent rentrer à leur tour
dans la catégorie de celles qui furent révoquées par un nouvel édit
rendu en août 1715. Louis et Antoine-Alexandre de Chauvenet, fils
d'Alexandre, s'adressèrent alors au Conseil d'État et en obtinrent le
I.1CT10NNAIRF, DES FAMILLES FIIANÇAISRS 193
20 septembre 17^1 un arrêt qui c^eptait de cette révocation les
BeMenlr"'' ''°, '" ''f°"''' '"''""'"=' ^""'■S''' Chauvenet, Sgr de
Bellengl,se, chevau-léger de la garde du Roi, fut père de Louis
CLauvenet, Sgr de Bellenglise. ci,evau-léger de la garde du Ro
qu. épousa Marguerite-Louise d'Artois, et grand-père de Charies'
2Tin ITÎO rr-^' f" <"=,>^^"-="'- n^^ Saint QuS le"
^jum 1/10, capitaine de cavalerie, chevau-léger de la^arde „„;
épousa en 7S0 Elisabeth de Hesselin. Celui-ci régula il la" s tuâti
nobdia,re de sa branche en se faisant accorder'en 1789 des It es
que Besoin. Il fut père de Joseph-Louis de Chauvenet né en in>io
qui obtint en 1766 le certilieat de noblesse nécessai're pour lit
admis parmi les chevau-légers. Cette branche a conservé jusqu a no
ours la terre de Bellenglise dans le département de l'Aisne'
MM. Chauvenet de Bellenglise, Chauvenet de Parthenay et
Chauvenet de Lesdins prirent part en 1789 aux assemblas de la
noblesse tenues à Saint-Quentin. '"uiees ae la
La famille de Chauvenet nest pas titrée
Elle a fourni un grand nombre dolïiciers de mérite dont l'un a
ete nommé général de brigade en 1890, un présideiU du rbunal
Mo':trn'ii:ris: t^z::^' :^%t:^;^T-' î
Bouville iqiin A„KA 1 T^ ^' irancel895, Drouin de
r .onn ; "^^ Bracquemont 1850, Rivière de Van
guérin 1890, de Bertoult d'Hauteclocque etc
II a existé en Bourgogne une famille de Chauvenet qui ncut
avoir eu dans le passé une origine commune avec celle dont ï vin
»^iiauucnay-ia-Ville, au bailliase d Arnav-le-Dur- f,.f ^^ j
ramende comme usurpateur d! nobless:'p a,^^ i dl 5 ToÏSd:
Bouchu, intendant de Bourgogne. Emilian de Chauvenet pr e curé
de Vignoble au bailliage de Beaune, fil enregistrer son blason ,' PAr
CHAUVEROM (de). Armes : d'aryen, à un pal bandé éor e, de .able
~ Couronne : de Marquis. ''^
X.
13
194 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille de Chauverox appartient à l'ancienne noblesse du
Limousin. On en trouvera une généalop^ie dans les manuscrits de
Chérin. L'abbé Lecler a aussi donné une généalogie de la branche
existante dans le supplément à\x Nobiliaire du Limousin de Nadaud.
La Thaumassière, enfin, a donné dans son Histoire du Berry une
généalogie de la branche des seigneurs de la Motte.
Un membre de cette famille, connu sous le titre de marquis de Chau-
veron, sollicita sous Louis XV la faveur d'être admis aux honneurs de
la Cour. Le généalogiste des Ordres du Roi, Clairambault, chargé
d'examiner les preuves de noblesse qu'il fit en celte circonstance,
envoya en février 1757 au maréchal de Richelieu un rapport qui
commence en ces termes : « On ignore l'origine de ce nom qui,
« semblant n'être qu'un sobriquet, n'en paraît pas moins ancien La
« filiation est bien prouvée depuis Audouin et Jean Chauveron, frères,
« dont les père et mère n'ont pas été jusqu'à présent connus ».
M. de Chauveron, ayant dû sur ces entrefaites quitter Paris pour
rejoindre son régiment, ne put être présenté au Roi. Il sollicita
en 1777 la présentation à la Cour de sa femme. Chérin adressa à ce
sujet le 24 mai 1777 à ^L de Vergennes une lettre dans laquelle
il s'exprime en ces termes : « J'ai l'honneur de vous envoyer le
« mémoire de M. le marquis de Chauveron. J'y joins une copie de
" celui que fit en 1757 M. de Clairambault, mon prédécesseur, pour
« la présentation au feu Roi et qu'il adressa le 25 février de cette
« même année à M. le maréchal de Richelieu. Ce mémoire fut com-
(( posé sur les extraits que je fis dans le temps des originaux qu'il
« avait produits et qui sont conservés dans le cabinet de l'Ordre du
(( Saint-Esprit. M. de Chauveron, monseigneur, m'ayant fait part, il
« y a un mois, du dessein qu'il avait de demander au Roi l'honneur de
« la présentation à Sa Majesté de la dame son épouse, je lui dis que,
(( depuis la suppression du règlement sur les preuves des honneurs
« de la Cour, je n'avais ni titre, ni caractère pour certifier son mé-
« moire et que d'ailleurs il n'avait pas produit son contrat de mariage
« qui devait le faire connaître ainsi que la dame son épouse. Pour
V lever cette dernière difTicullé, il m'a fait écrire par M. le comte de
« Périgord, son parent, le 2 de ce mois qu'il était fils de M. le comte
(i de Chauveron et de M"^ de Taillefer, qui sont les deux derniers
« sujets nommés au mémoire de M. de Clairambault, et que son
« épouse est de la maison de Regnauld de la Soudière, en Poitou. Le
« nom de Chauveron est déjà ancien, bien allié et a des services.
« A l'égard de son origine de Touraine, je n'en vois nulle apparence.
« Je suis avec un profond respect » Le marquis de Chauveron
fut lui-môme admis aux honneurs de la Cour le 21 avril 1784.
DICTIONNAIRE DRS FAMILLES FRANÇAISES 195
La famille de Chauvcron a pour premiers auteurs connus deux
frères, Audouin et Jean Ghauveron, qui vivaient dans la seconde
moitié du xiv^ siècle et qui avaient épousé deux sœurs, Gaillane et
Marie Vigier. L'aîné de ces deux frères, Audouin, qualifié noble et
puissant chevalier, fut prévôt de Paris de 1361 à 1388, fut armé
chevalier en 1384 et mourut avant 1400 ; il laissait une fille unique,
Marguerite, qui épousa le "21 octobre 1394 Jean d'Aubusson, Sgr de la
Borne. Il avait acheté de la famille de Châteauneuf le 14 mai 1388, pour
le prix de 2.000 livres, l'importante seigneurie de la Motte-sur-Indre,
en Berry, Noble et puissant Jean Ghauveron, frère d'Audouin, fut
seigneur du Bis, de la Motte -sur-Indre et de Laurière, en
Limousin, par la donation que lui en fit son frère, fut créé en 1388
bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon et fit son testament le 4 décem-
bre 1421. Il laissa plusieurs fils : i° Louis, dont la fille unique,
Marguerite, héritière des domaines de Bis et de Laurière, épousa
en 1453 Jean de Pompadour; 2° Audouin, qui mourut sans postérité,
prisonnier des infidèles ; 3'^ Pierre, Sgr de Dussac et de Parthenie,
qui épousa Isabelle de Pierrebuftière par contrat du 5 juillet 1440
et qui fut l'auteur de la branche aînée ; 4" Jean, dit Antoine, Sgr de
la Motte, en Berry, qui épousa le 5 juillet 1436 Françoise Dubois et
qui fut l'auteur de la branche cadette ; 5* Jean, qui fut chevalier de
Bhodes.
Pierre de Ghauveron, auteur de la branche aînée, fut père de
Bobert de Ghauveron, Sgr de Dussac, de Parthenie, etc., qui
épousa par contrat du 6 janvier 1476 Marguerite de Gontaut, fille
du seigneur de Biron, et grand-père de Pierre de Ghauveron, Sgr de
Dussac, qui épousa successivement Dauphine de Journiac et Isabeau
de Ségur et qui fit son testament le 5 novembre 1558. Gelui-ci laissa
plusieurs fils. L'aîné de ces fils, Antoine, Sgr de Journiac, fut che-
valier de l'Ordre du Boi et député de la noblesse du Haut-Limousin
aux États de Blois, en 1576, fit son testament à Limoges le 21 octo-
bre 1596 et ne laissa pas de postérité. Deux autres, Boland, Sgr de
Benquet, né du premier lit, marié le dernier novembre 1578 à Anne
de Benquet, et Bernard, né du second lit, chevalier de l'Ordre du
Boi, gentilhomme ordinaire de saGhambre, marié en 1564 à Jacquette
d'Abzac, furent les auteurs de deux grands rameaux.
L'auteur du premier rameau, Boland, laissa un fils, Jacques, marié
en 1606 à Galliane de Gentil de Lajonchart, qui fut légataire universel
de son oncle Antoine et qui recueillit ainsi, entre autres biens, la sei-
gneurie de Jourgniac, dans l'élection de Limoges. Ce rameau fut
maintenu dans sa noblesse, lors de la recherche de 1666, par jugement
de M d'Aguesseau, intendant de Limoges, et un de ses représentants,
196 DICTIONNAIRF. DES FAMILLES FRANÇAISES
François de Chauveron, chevalier de Saint-Louis, prit part en 1789
aux assemblées de la noblesse du Limousin. Il était représenté de
nos jours par M. Emmanuel de Chauveron, né en 1812, marié en 1838
à M"* Blanc-Campagnac, et par leur fils, Audouin.
Le second rameau alla se fixer en Périgord. Son chef, noble
François de Chauveron, écuyer, sieur de Saint-Mayme, marié
le 4 décembre 1647 à Isabeau du Mas, fut maintenu dans sa
noblesse d'abord le 4 février 1667 par jugement de Pellot, inten-
dant de Bordeaux, puis le 7 janvier 1699 par jugement de
M. de Bezons, un des successeurs de Pellot. Il laissa trois fils :
l" Annet, marié en 1686 à Catherine Bodin de la Guillcrmie, qui fut
laïeul du marquis de Chauveron, admis aux honneurs de la Cour en
1784; 2*^ Alain, marié en 1687 à Catherine Noël; 3° Adrien, marié
en 1687 à Adrienne Bonnet. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier
les preuves de noblesse qu'une de ses descendantes, Marguerite de
Chauveron, née en 1764, fit en 1774 pour être admise à la maison
d'éducation de l'Enfant-Jésus. Le marquis de Chauveron, Sgr de
Sainl-Laurent-de-Céris, prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Poitiers Ce rameau compte peut-ôtre encore des
représentants dans une situation modeste.
Jean, dit Antoine, Chauveron, Sgr de la Motte, auteur de la
branche cadette, fut père de Louis Chauveron, Sgr de la Motte et de
laPrugne-Chauveron, qui épousa le 28 juin 1475 Anne de Lentilhac,
et grand-père de Déode de Chauveron, Sgr de la Motte, conseiller
au Parlement de Paris, qui épousa Barbe de Malleville. Le chef de
cette branche, Jean-Louis Chauveron, Sgr de la Motte, Puydorc,
Ruzé, etc., demeurant au château de la Motte, paroisse de
Villebernin, en Touraine, fut maintenu dans sa noblesse le
29 août 1669 par jugement de l'intendant de Moulins. Il avait
épousé en 1660 Magdeleine de Villelongue qui, étant veuve, fit
enregistrer son blason à lArmorial général de 1696 (registre de
Bourges). Il en eut un fils, François. Cette branche paraît s'être
éteinte antérieurement à la Révolution. On ne voit pas, en tout
cas, qu'elle ait été représentée en 1789 aux assemblées de la
noblesse du Berry.
La famille de Chauveron a donné quatre chevaliers de l'Ordre de
Saint-Jean de Jérusalem, Jean, François et Léon de Chauveron de la
Motte en loOO, 1640 et 1651, et Alexandre-Ange de Chauveron,
en 1778. Elle a encore fourni un sénéchal de la Marche, de nom-
breux officiers, etc.
Principales alliances : d'Aubusson 1394, 1621, de Pompa-
dour 1453, de Lentilhac 1475, de Berruyer 1577, d'Aux, de Pierre-
niC.TIONNAIRR DES FAMILLKS FRANÇAISES 197
buffîère 1440, de Gontaut-Biron 1476, de Tournemire, de Ségur, de
Gentil de Lajonchapt 1606, de Maignac 1640, de Ribeyreix 1716,
Descubes, du Mas de Paysac 16i7, d'Abzac 1564, de Cugnac, de
Taillefer 1724, de Regnauld de la Soudière, de Fornel 1671, etc.
CHAUVET des POISSONNAIS. Armes : (d'après V Armoriai d'Anjou
de Denais) : écarlelé aux 1 et 4 d'argent à l'aigle éployée de sable ;
aux 2 e/ 3 d'azur à un chevron brisé d argent, au chef dor chargé
dune couronne de sable accompagnée de deux étoiles de même.
Originaire de Loudun, en Poitou, la famille Chauvet appartient à
l'ancienne bourgeoisie de sa région. Beauchet-Filleau en a donné
une généalogie assez incomplète dans son Dictionnaire historique et
généalogique des familles du Poitou. Ce travail fait remonter la
filiation à maître Jean Chauvet dont les deux fils, Charles et Jean,
partagèrent la succession par acte du 22 octobre 1526. L'aîné de ces
deux frères, Charles Chauvet, procureur du Roi sur le fait des aides,
paraît avoir été père de Louis Chauvet, grand-père de Charles Chau-
vet, lieutenant civil au bailliage de Loudun, et bisaïeul deGuy Chauvet,
baptisé en 1603, qui épousa en 1641 N... Clément et qui continua la
descendance. Le puîné, Jean Chauvet, avocat à Loudun, fut père de Guy
Chauvet, Sgr de Bélebat, brillant avocat au Parlement de Paris, qui,
par son testament du 17 février 1610, légua la somme de 30.000 livres
pour fonder un collège à Loudun. La famille Chauvet s'est partagée
en plusieurs branches. La seule de ces branches qui se soit perpé-
tuée jusqu'à nos jours joint à son nom, depuis les premières
années du xvni^ siècle, celui du domaine des Poissonnais qu'elle
a possédé sur le territoire de la paroisse de Basses.
La famille Chauvet a fourni un grand nombre de conseillers au
présidial et de procureurs en l'élection de Loudun, des avocats dis-
tingués, etc.
Principales alliances : Montault 1750, Aubineau, Bedeau de l'Éco-
chère 1895, etc.
La famille Chauvet des Poissonnais est distincte d'une famille
Chauvet du Theil qui au xvni*^ siècle appartenait à la noblesse du
Poitou. Cette famille portait pour armes : d'argent à un cor de sable,
lié de gueules, accompagné de trois losanges de gueules, 2 et \.
Beauchet-Filleau en donne la filiation depuis Pierre Chauvet qui
dans les dernières années du xvii^ siècle était notaire royal à Poi-
tiers. Pierre Chauvet, sieur du Theil, fils du précédent, marié en
1710 à Louise Babinet, était conseiller en l'élection de Poitiers quand
il fut nommé, en 1717, échevin de cette ville. Il fit alors la déclara-
tion qu'il entendait jouir de la noblesse héréditaire attachée à ces
198 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
fonctions. Son fils, Pierre Chauvet du Theil, né en 1718, échevin de
Poitiers en 1776, laissa un fils, qui fut prêtre, et plusieurs filles.
Il a existé dans la Basse-Marche, sur les confins du Poitou, une
famille de Chauvet qui portait pour armes : û'argent à trois (aliàs
quatre) fasces d'azur, accompagnées de neuf (aliàs dix) merleltes
de sable (aliàs de gueules), posées 3, 3, 2, 1 (aliàs 3, 2, 2, 2, 1). Beau-
chet-Filleau fait remonter la filiation de cette famille à un Pierre
Chauvet, chevalier, Sgr de Frédaigue, vivant en 1391, qu'il croit
avoir été père dun Louis Chauvet, Sgr de Frédaigue, chambellan
du comte d'Angoulème, mentionné dans un acte du 4 octobre 1449.
La famille de Chauvet se partagea en plusieurs branches qui furent
maintenues dans leur noblesse en 1668 par jugement de M. d'Agues-
seau, intendant de Limoges. Elle s'éteignit dans la première moitié
du xvni* siècle.
CHAUVET (dej, en Bordelais. Armes (d'après l'Armoriai général de
1696) : à'azur à un léopard d'or; au chef d'argent chargé de trois
soleils de gueules.
La famille de Chauvet, aujourd'hui éteinte dans les mâles, appar-
tenait à la noblesse de robe bordelaise'.
Jean Chauvet, marié en 1654 à Marguerite de Bonneau, était
notaire et bourgeois de Bordcau.v. Son fils, Pierre Chauvet, né en
1670, marié en 1697 à Marie-Françoise de Marbotin, fut pourvu par
lettres du 8 avril l69o de la charge anoblissante de trésorier de
France au bureau des finances de Bordeaux ; il fit enregistrer son
blason à l'Armoriai général de 1696. Il fut père d'André-Pierre
Chauvet, né en 1712, marié en 1751 à M"*^ Dubergier de Favars,
qui fut à son tour président trésorier de France au bureau des
finances de Bordeaux, et grand-père de Jean-Baptiste de Chauvet,
Sgr de Mège, né en 1755, marié en 1788 à Marie Dumas, qui
lut reçu en 1779 conseiller au Parlement de Bordeaux et qui prit part
en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues dans cette ville. Jean-
Baptiste de Chauvet fut un économiste distingué; il envoya à la
Constituante, en 1791, le projet d'un expédient pour rétablir dans les
vingt-quatre heures la circulation du numéraire. Son fils, Adrien-
Raymond de Chauvet, né à Bassens en 1792, marié en 1829 à
M"^ Ducasse, est décédé en 1854 laissant trois enfants qui ont été
les derniers représentants de leur famille : 1° Henri, né en 1832,
décédé sans alliance ; 2*' Pauline, née en 1830; 3° Louise-Marie,
' Cette notice a été faite à l'aide de renseignements dus à l'obligeance de
M. Pierre Meller.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 199
mariée en 18S2 au baron Duroy de Suduiraut et décédée à Pauillac
en 1900.
Principales alliances : de Marbotin, Dubergier de Favars, Dumas,
de Villeminot, de Rivière, Duroy de Suduiraut, etc.
On ignore si c'est à cette famille que l'on doit rattacher un Jean
Chauvet qui fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696
(registre de Bordeaux; : d'azw à un cœur d'or en chef et un crois-
sant d'argent en pointe.
CHAUVIGNÉ (Bûcher de). Voyez : Bûcher de Chacvigné.
CHAUVIGNY (Liger de). Voyez : Liger de Chauvigny.
CHAUVIGNYde BLOT (de). Armes : écartelé aux ] et k de sable au
lion d'or, armé et lampassé de gueules; aux 2 e^ 3 d'or à trois bandes
de gueules.
Originaire du Bourbonnais, fixée plus tard en Auvergne, la maison
DE Chauvigny de Blot appartient à l'ancienne noblesse de ces deux
provinces.
La Chesnaye des Bois en a donné au xviii» siècle une généa-
logie qui est fort incomplète et qui est, en outre, fort inexacte, au
moins pour les premiers degrés. Elle sollicita sous Louis XV la
faveur d'être admise aux honneurs de la Cour. Le généalogiste des
Ordres du Roi, chargé de vérifier les preuves de noblesse qu'elle dut
faire en cette circonstance, composa un mémoire qui fut envoyé
successivement au comte d'Argenson en 1748, au duc de Gèvres
en 1749 et au comte de Vergennes en 1784. Ce mémoire, conservé
dans les manuscrits de Chérin, commence en ces termes : « Cette
« maison paraît être d'ancienne chevalerie. On n'a pu reconnaître
« si le premier nom était celui de Blot ou celui de Chauvigny; l'un et
« l'autre sont fort anciens et sont noms de terres connues. Jean de
« Chauvigny, chevalier, Sgr de Blot, était un des chambellans du roi
« Charles VI l'an I4â2. La filiation est bien prouvée depuis Hugues
« de Chauvigny, chevalier, Sgr de Blot, sénéchal d'Auvergne en
« 1458, dont il se trouve un sceau de l'an 1466 portant les mêmes
« armes et écartelures ci-dessus rapportées. 11 épousa Catherine
« de la Fayette et fut l'auteur de toutes les branches de cette mai-
ce son. . . » On trouveraencore des renseignements surla famille de Chau-
vigny de Blot dans le Nouveau d'Hozier, au mot Chovigny, dans les
ouvrages du docteur de Ribier, dans l'Intermédiaire des chercheurs
et des curieux de 1905 et spécialement dans une très intéressante
étude que le commandant du Broc de Segange a fait paraître à
Moulins, en 1900, sous le titre suivant : Les Chauvigny de Blot.
200 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Ce dernier travail est malheureusement à peu près introuvable
et n'existe pas à la Bibliothèque de la rue Richelieu à Paris^
La maison de Chauvigny de Blot paraît être distincte dune famille
de Chauvigny, éteinte en 1502, qui a occupé un rang considérable
dans la noblesse du Berry et qui portait pour armes : d'argent à
cinq fusées de gueules mises en fasce. Elle a eu pour berceau la sei-
gneurie de Chouvigny, située sur les bords de la Sioule, aujourd'hui
commune du département de l'Allier, où elle possédait au moyen
âge un château dont les ruines subsistent. Elle a pour premier
auteur connu Guillaume qui, dans les dernières années duxiii* siècle,
était seigneur du château de Chauvigny, ou Chouvigny. Bertrand,
damoiseau, possesseur du château de Chauvigny, auquel le com-
mandant du Broc de Segange fait remonter la fdiation suivie, avait
épousé Agnès, dame de Sauzet et de Chazcuil, près de Varennes-
sur-Allier, avec laquelle il vivait en 1300 et qui mourut entre 1333
et 133o. Il laissa au moins deux fds, Guillaume et Guillemin.
La descendance de Guillaume, l'aîné de ces deux frères, se par-
tagea en plusieurs rameaux, tous éteints avant la fin du xv* siècle,
qui possédèrent les seigneuries de Nadcs, de Saint-Gérand, de
Vaux, etc., et dont le principal eut pour dernière représentante
Isabeau de Chauvigny, dame de Nades, mariée le 3 novembre 1409
à Pierre de Monlmorin.
Guillemin, second (ils de Bertrand, posséda la seigneurie du
Vivier, également située sur les bords de la Sioule, dans la paroisse
de Saint-Gai, aujourd'hui commune du département du Puy-de-Dôme.
Il épousa dans les premières années du xiv*" siècle Catherine de Blot,
dernière représentante d'une puissante famille de la Basse-Auvergne
que la tradition faisait descendre de celle des premiers sires de Bour-
bon. Cette dame lui apporta le château de Blot, situé sur les bords de
la Sioule, dont il existe encore des ruines importantes, et la seigneurie
de Blot-l'Église, aujourd'hui commune du département du Puy-de-
Dôme. Les descendants de Guillemin de Chauvigny et de Catherine de
Blot furent indistinctement connus sous le nom de Chauvigny ou sous
celui de leurs deux seigneuries de Blot. Guillemin de Chauvigny laissa
quatre fils appelés Jean, Guillaume, Thévenin et Bertrand. L'aîné
de ces quatre frères, Jean, continua la descendance. 11 a souvent été
confondu, notamment dans un tableau généalogique conservé dans
le Nouceau dCHozier, avec son cousin Jean de Chauvigny, Sgr de
Saint-Géraud, qui vivait à la même époque et qui avait épousé
Marguerite de Bourbon, fille d'Hugues, Sgr de Montmort, Il eut un
' L'auteur de cet ouvrage tient à exprimer ici ses remerciements à M. Philippe
Tiersonnier qui a bien voulu lui communiquer la brochure du commandant de Segange.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 201
fils, Jean de Chauvig-ny, Sgr de Blot, qui fut tué au siège de Carthage
en 1390. Celui-ci avait épousé Catherine de Brcssolles, danae de Mont-
morillon, qui se remaria à un autre Jean de Chauvigny, dernier
représentant mâle du rameau des seigneurs de Nades. Catherine de
Bressolles était de nouveau veuve quand elle passa un acte le 11 jan-
vier 1423; dans cet acte elle cite ses trois fils, noble homme messire
Jehan de Chovigny, actuellement chevalier et seigneur de Blot,
Guillaume, décédé, et Hugues, abbé de la Chaise-Dieu. L'aîné de
ces trois frères, Jean, Sgr de Blot, avait épousé, par contrat sans
filiation du 6 avril 1406, Dauphine de Bonnebaud, fille de noble et
puissant messire Jehan, chevalier, Sgr de Bonnebaud, et de dame
Isabelle de Montmorin ; il était en 1422 chambellan du roi Charles VI.
On ignore quel était son degré de parenté avec un Roger de Chau-
vigny dont le fils Hugues, Sgr de Blot, sénéchal d'Auvergne en 1458,
puis conseiller et chambellan du Roi, fut nommé par lettres du
19 mai 1466 capitaine de laBastille-Saint-Antoine, à Paris ^ Cet Hugues
de Chauvigny, seigneur, ou baron, de Blot, à partir duquel seulement
la filiation est rigoureusement établie, avait épousé à une date in-
connue- Catherine, fille du maréchal de la Fayette et héritière de
la seigneurie de Saint-Agoulin (Puy-de-Dôme). Leur fils, Gilbert de
Chauvigny, baron de Blot, grand veneur du duc de Bourbon en 1521,
épousa le 14 avril 1478 Catherine Loup de Beauvoir dont il eut une
nombreuse postérité. Trois de ses fils, Jean de Chauvigny, Sgr de
Blot-le-Château, marié à Gabrielle des Forges, ou des Farges, rap-
pelé comme défunt dans un acte de 1548, Antoine de Chauvigny de
Blot, Sgr du Vivier et de Saint-Agoulin, chambellan du duc de
Bourbon, marié en 1511 à Françoise du Gué de Persenat, et Pierre
de Chauvigny, Sgr de Nassigny et de Mirebeau, baron de Blot-
l'Église, un des cent gentilshommes du Roi, marié d'abord le
1" février 1531 à Françoise de Murol, veuve de Gilbert de Chaslus,
puis en 1544 à Isabeau de Bourbon-Busset, veuve de Jean de la
Queuille, furent les auteurs de trois branches.
Les représentants de ces trois branches furent maintenus dans
leur noblesse le 30 septembre 1667 par jugement de Lambert d'Her-
bigny, intendant de Moulins, puis le 29 juillet 1700 par jugement de
M. de Nointel, également intendant de Moulins.
La branche aînée, dite des seigneurs de Blot-le-Chàtcau, fut assez
obscure. Elle séteignit avec Gasparde, héritière de la baronnie de
Blot-le-Château, qui fut la seconde femme d'Amable de Chauvigny,
' D'après le commandant de Segange, cet Hugues aurait été fils de Jean et de
Dauphine de Bonnebaud.
* En février 1445, d'après le commandant de Segange.
2^2 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
baron de Blot-l'Église, décédé en 1717, chef de la troisième branche.
Celle troisième branche, dite des barons de Blot-lTgh'se, est éga-
ment éteinte aujourd'hui. Son auteur, Pierre, baron de Blot-rFglise,
eut de sa seconde union un fils, Claude de Chauvigny, baron de
Blot-l'Eglise. marié en 1576 à Claude de Veyny d'Arbouze, veuve de
Claude de Saint-Quentin, qui fut élu député de la noblesse de Basse-
Auvergne aux Ltats généraux de 1614, Claude de Chauvigny, baron
de Blot-l'Eglise, eut à soutenir en lb06 un curieux procès contre son
cousin Gilbert de Chauvis^ny, baron de Blot-le-Chàteau, chef de la
branche aînée. Celui-ci lui contestait le droit de signer du nom de
Blot tout court sans y ajouter celui de l'Église et de porter les armes
pleines de la famille. Just de Tournon, sénéchal dAuvergne, devant
qui l'affaire fut portée, rendit le 11 avril 1607 un arrêt qui interdisait à
Claude de Chauvigny de prendre le nom de Blot sans y joindre celui
de l'Eglise et qui le contraignait à charger ses armoiries d'une bri-
sure. Claude de Chauvigny, baron de Blot-l'liglise, né vers 160o, un
des petits-fils du précédent, fut chambellan du duc d'Orléans, acquit
un certain renom comme poète licencieux et mérita le surnom de
Blot-l'Esprit ; il mourut à Blois vers 1660 sans avoir été marié. Son
neveu, Amable de Chauvigny, baron de Blot l'Église, décédé en 1717,
commanda en 1697 le ban et l'arrière-ban de la province d'Auvergne.
Il réunit les deux baronnies de Blot par le second mariage qu'il con-
tracta avec sa cousine, Gasparde de Chauvigny, fille et héritière du
dernier baron de Blot-le-Chàteau. Il avait eu d'une première union un
fils, Gilbert de Chauvigny, baron de Blot-l'Église. qui épousa en 1710
M"* de Damas-Cormaillon. Cette branche sest éteinte avec le fils de
celui-ci, Gilbert de Chauvigny, connu sous le titre de comte de Blot,
lieutenant général des armées du Roi en 1780, grand-croix de Saint-
Louis en 1781, décédé en lT8o, qui n'eut pas d'enfants de son mariage
en 1749 avec M"^ Charpentier d'Ennery, dame d'honneur de la du-
chesse d'Orléans. Cet officier général avait eu plusieurs sœurs dont
l'une, Marguerite-Agnès, épousa en 1731 Hugues de Champs. Son
neveu, François-Charles de Champs, possédait à l'époque de la Révo-
lution les ruines du château de Blot-le-Chàteau, qui appartiennent
encore à ses descendants, et le château de Blot l'Église. Vers 1810
il vendit ce dernier château à la comtesse de Beaufranchet d'Ayat,
née Kempfer, qui y mourut en 1832 après l'avoir aliéné. Depuis 1785,
la famille de Champs joint à son nom celui du château de Blot.
La seconde branche s'est seule perpétuée jusqu à nos jours. Son
auteur, Antoine de Chauvigny de Blot, Sgr du Vivier et de Saint Agou-
lin, laissa, entre autres enfants, deux fils : 1° Gilbert, qui continua la
lignée; 2° Robert, Sgr de Saint-Agoulin, qui épousa Marie du Saix,
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 203
veuve de Gilbert de Bayard, et dont la descendance, après avoir fourni
trois pages de la Grande Écurie en 1670, 1673 et 1694, s'éteignit avec
Pierre-François de Chauvigny de Blot, chanoine comte de Lyon
en 1723, abbé de Cellefrouin, prieur commendataire de Longjumeau,
et avec ses deux sœurs, M™** de Rochefort d'AUy et de Barlon de
Montbas. Gilbert de Chauvigny, baron du Vivier, Sgr de Jayet,
de Clienet et de Bosron, fiIs aîné d'Antoine, fut chevalier de l'Ordre
du Roi et épousa le 21 août 1554 Suzanne de Chaugy, héritière de la
terre d'Urbise, en Forez. Son fils, Jean de Chauvigny, baron du Vivier,
se distingua en 1590 à la bataille d'Issoire. Il épousa le 20 novem-
bre 1591 Guyonne d'Alègre et en eut, entre autres enfants, deux fils,
Gilbert de Chauvigny, baron du Vivier, qui épousa le 16 août 1616
Éléonore deThomassin-Montmartin, etBlain de Chauvigny, Sgr d'Ur-
bise, en Forez, et de Beaudéduit, en Auvergne, qui épousa le 3 fé-
vrier 1630 Jeanne de Peschin, dame de Salles. Ces deux frères furent
les auteurs de deux grands rameaux.
L'auteur du premier rameau, Gilbert, eut un fils, Charles de Chau-
vigny, baron du Vivier, qui épousa en 1678 sa cousine Marie-Diane de
Chauvigny de Blot, fille du baron de Blot-l'Église. Charles eut lui-
même deux fils, Gilbert de Chauvigny de Blot, connu sous le titre de
comte du Vivier, qui épousa en 1723 M"^ Estienne, et Amable, connu
sous le titre de comte de Chauvigny de Blot, qui épousa en 1730
M"^ de Cotignon, héritière de la seigneurie du Deffant, en Nivernais.
Louis de Chauvigny de Blot, comte du Vivier, fils de Gilbert, épousa
en 1760 sa cousine, Marie-Marguerite de Champs, nièce par sa mère
du dernier représentant de la branche des barons de Blot-l'Église. Il
en eut deux filles, dont l'une fut duchesse d'Aumont, et deux fils dont
le plus jeune entra dans les ordres. Il fît en 1772 des preuves de
noblesse pour obtenir l'admission à l'École militaire de son fils aîné,
Gilbert, né en 1762. Celui-ci émigra lors de la Révolution et épousa
en Russie en 1802 Anne-Charlotte de Sayn-Wittgenstein , fille
d'un premier lit de cette comtesse de Beaufranchet d'Ayat, née
Kempfer, dont il a été parlé plus haut et qui acheta vers 1810 le
château de Blot-l'Eglise. Il en eut un fils unique, Henri, comte de
Chauvigny de Blot, qui n'a pas laissé de postérité de son mariage
en 18i4 avec M"" Escot. Pierre de Chauvigny de Blot, Sgr du Deffant,
fils d'Amable et de M"^ de Cotignon, fut lieutenant-colonel du régi-
ment de Beauvais et mourut à Paris en 1801. 11 avait épousé en 1779
M"* de Guillebon, dame des Fontaines. Leur fils, Amable, comte de
Chauvigny de Blot, marié en 1826 à M"= de la Celle, en a eu une fille,
dernière représentante de son rameau, qui a épousé le comte de Lou-
bens de Verdalle.
204 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
L'auteur du second rameau, Blain, laissa deux fils : 1 " Gilbert de Chau-
vigny, Sgr de Salles, qui épousa en 1670 Éléonore le Long de Che-
nillac et qui continua la lignée; 2° Gilbert de Chauvigny, qui épousa
en 1685 Catherine de Champfeu et dont la descendance paraît sètre
éteinte en la personne de ses deux petits-fils, François, né en 1 720, et
Pierre, né en 1722. Claude-Gilbert de Chauvigny de Blot, né en 1732,
un des petits-fils de Gilbert et dÉléonore le Long de Chenillac, fut
admis en 1746 parmi les pages de la Petite Écurie. Il avait eu plusieurs
frères. Lun de cesfrères, Gilbert-Michel-Joseph, marié à Marie Valette
de Bosredont, fut père de Gilbert-Louis de Chauvigny de Blot, qui
mourut en émigration sans avoir eu d'enfants de son mariage en 1789
avec M"^ de Fontaine de Biré, et d'Alexandre-Henri de Chauvigny de
Blot, né à Saint-Gai en 1751, évêque de Lombez en 1788, décédé
en 1804. Un autre, Sébastien de Chauvigny de Blot, Sgr de Château-
vert et de la Presle, né en 1737, marié à M"= de la Boulaye, décédé
en 1771, fut père de Charles-Joseph, comte de Chauvigny de Blot,
né en 1761, qui épousa Anne-Marie Purseigle et dont la descendance
se perpétue obscurément en Bourbonnais, de Gilbert-Joseph de
Chauvigny de Blot, qui fut chanoine comte de Brioude, et de Paul-
Fortuné, comte de Chauvigny de Blot, maréchal de camp en 1827,
dont la fille unique épousa en 1821 le comte de la Tour d'Au-
vergne-Lauragais. Un représentant de ce rameau, Joseph, a épousé
à Sézanne en janvier 1909 M"^ le Dieu de Ville.
Un membre de la famille de Chauvigny de Blot eut un fils naturel
qui fut baptisé en 17 18 à l'église Saint-Eustache, à Paris, et qui alla se
fixer en Hollande. François de Chauvigny de Blot, probablement fils
de ce bâtard, mourut à Amsterdam en 1783 à l'âge de 34 ans. Il avait
épousé en 1782 une française, M"* de Rivery. Il en eut un fils, Félix
de Chauvigny de Blot, qui alla se fixer à Java où sa descendance sub-
siste avec distinction.
Deux membres de la famille de Chauvigny de Blot furent admis
aux honneurs de la Cour 1 un le 20 septembre 1753, l'autre le
1" mars 1767. La comtesse de Blot jouit de la même faveur le
14 novembre 1733.
La famille de Chauvigny de Blot a donné trois chevaliers à l'ordre
de Saint-Jean-de-Jérusalem en 1541, 1560 et 1571.
Principales alliances : de Montmorin 1409, de Blot, de Bressoles,
Motier de la Fayette, d'Alègre 1591, de Bosredon 1740, de Cotignon,
de Champs 1760, de Bourbon-Busset 1544, de Veyny d'Arbouze, Oli-
vier de Leuville, de Brugier du Rochain, de Damas-Cormaillon 1710,
de Champfeu 1685, de Fradel 1719, delaTour deSaint-Paulet 182l,de
la Celle 1826, de la Roche-Aymon 1678, duMaine du Bourg, deMuroI,
D I ('. T I 0 N N A M< F, 1) K S FAMILLES FRANÇAISES 205
de Sayn-Wittgcnslein 1802, de Rochefort d'AUy, de Barton de
Monlbas 1717, d'Aumont, de Fougières, etc.
CHAUVIN (Feuilhade de ). Voyez : Feuilhade de Chauvin.
CHAUVIN des ORIÈRES. Armes : de gueules à neuf besants d'argent,
3, 3, 3 ; au chef d'hermines.
Le nom de Chauvin a été porté au diocèse de Nantes, en Bretagne,
par une famille noble et distinguée. Les armoiries primitives de cette
famille étaient : d'argent à trois croissants de gueules, 2 erl, ce der-
nier la pointe en bas. Plus tarilellelesabandonnapour adopter celles
de la famille de la Musse dont elle avait relevé le nom : de gueules à
neuf besants d'argent (aliàs d'o?'), 3, 3, 3, avec pour devise : Auro
micante refulget. Kerviler la fait descendre d'un Olivier Chauvin qui,
en 1351, était écuycr de Jean de Beaumanoir. Elle peut être la même
que celle de Perrot Chauvin de la Multaye et de Jehan Chauvin, delà
paroise de Mordelles, et de Jehan Chauvin, de la paroisse de Bains,
au diocèse de Rennes, qui figurèrent à la réformation de 1427. Jehan
Chauvin, licencié es lois, argentier et miseur de la dépense de
l'hôtel en 1416, fut nommé en 1428 président en la Chambre des
comptes de Bretagne. Guillaume Chauvin, sieur du Bois, président
en la Chambre des comptes de Bretagne en 1451, fut chancelier de
Bretagne sous les ducs Pierre II et François II, fut nommé chevalier
de l'Hermine en 1466 et conclut le traité de Luxeuil en 1477; il fut
plus tard disgracié, fut emprisonné en 1481 dans les tours du
château de Vannes et y termina ses jours. Jean Chauvin, fds du pré-
cédent, fut chevalier de l'Hermine en 1451, puis chambellan du roi
Louis XI et capitaine de Dol ; il épousa en 1459 Françoise de laMusse-
Ponthus et en eut deux fds, René, lieutenant du château de Nantes
en 1488, et Pierre, capitaine d'Ancenis, qui adoptèrent le nom et les
armes de la famille de leur mère. Bonaventure Chauvin de la Musse,
chambellan du Roi, présida en 1583 les États de Nantes. David Chau-
vin de la Musse fut condamné en 1622 par arrêt du Parlement de
Paris à avoir son château de Ponthus rasé et ses bois coupés à hau-
teur d'homme pour avoir assisté à l'assemblée que tinrent à la
Rochelle les protestants rebelles. La famille Chauvin de la Musse fut
maintenue dans sa noblesse par arrêt de 1668 ; elle paraît s'être
éteinte peu de temps après.
La famille Chauvin des Orières, anciennement connue à Nantes,
revendique une origine commune avec la famille Chauvin de la Musse.
Elle portait dès le xvii^ siècle, avec de légères modifications, le
blason de la famille de la Musse, adopté au siècle précédent par les
Chauvin de la Musse. Elle fut déboutée de ses prétentions à la
206 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
noblesse par arrêt de 1670 faute d'avoir produit des preuves suffi-
santes et depuis lors est demeurée non noble. Elle compte parmi ses
membres Jean Chauvin de la Touche, procureur au présidial de
Nantes, qui fut échevin de cette ville en 1655, 1657, 1658, et Mathu-
rin Chauvin des Couétils, conseiller au présidial de Nantes en 1687,
doyen de cette Cour en 1696. Elle était représentée de nos jours par
M. Ernest Chauvin des Orières, décédé en 1893, qui a laissé quatre
enfants de son mariage en 1861 avec M"^ de Silguy.
Alain Chauvin, sieur des Couétis, conseiller du Roi et doyen du
présidial de Nantes, fit enregistrer son blason à l'Armoriai général
de 1696.
Principales alliances : Onfroy de la Rosière, Sauveur de la Cha-
pelle, de Silguy 1861, Carré de la Gasnerie 1886, Dandolo de
Kérouallan 1890, etc.
CHAUVINIÈRE Dufresne de la). Voyez : Ddfrbsne delà Chadvinière.
CHAUVOT de BEAU CHÊNE. Armes : écartelé aux 1 el 4 d'or à un che-
vron de sable accompagné en chef de deux étoiles d'azur; aux 2 e/ 3
d'azur à un agneau pascal d'argent. — Couronne : de Comte. — Sup
ports : deux lévriers.
La famille Ch.vuvot de Beauchène, d'honorable bourgeoisie, est
originaire du lieu de Tucy, en Bourgogne. M. de Magny en a donné
une généalogie dans son Nobiliaire universel. Il en fait remonter la
filiation à François Chauvot qui vivait dans la seconde moitié du
XVI* siècle. Edme-Claude Chauvot, né en 1715, fils d'Edme-François,
chirurgien royal, et d'Anne Arrault, receveur de l'abbaye des
Écharlés, près de Sens, acquit en Blésois le domaine de Beau-
chêne dont, suivant l'usage du temps, ses enfants joignirent le
nom à celui de Chauvot. Son fils, Edme-Pierre Chauvot de Beau-
chêne, né en 1749, était sous Louis XVI médecin des Écuries de Mon-
sieur ; il fut dans la suite médecin de l'École normale et du Corps
législatif, puis premier médecin consultant des rois Louis XVIII et
Charles X, fut membre de l'Académie de médecine et mourut en 1824.
Il fut père d'Edme François Chauvot de Beauchêne, né en 1784,
médecin des rois Louis XVIII et Charles X, chirurgien en chef de l'hô-
pital Saint-Antoine, membre de l'Académie de médecine, décédé
en 1831, et grand-père d'Edme-Gustave Chauvot de Beauchêne, né
en 1824, chef d'escadron de gendarmerie, officier de la Légion d'hon-
neur, qui a eu trois fils.
Principales alliances : Delamalle, Gaillard, de Langle, etc.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 207
CHAUX (Bouquet des). Voyez : Bolqukt des Chaux, ue Linières, de la
<'>RYE ET u'Esi'AGNv, iiu lome VI et aux Additions du tome VII.
CHAUX (Daignan-Foruier delà). Voyez : Daignan-Fornier de Lachaux.
CHAVAGNAC (dej. Armes : de sable à trois (aliàs deux) fasces d'argent
(aliàs d'or) accum/)agnées en chef de trois 7'oses de même. — La
branche cadette a longtemps porté les armes suivantes : d'argent à
deux fasces de sable ; au chef d'azur chargé de trois roses d'or. —
Couronne : de Marquis.
Le nom de Chavagnag a été porté en Auvergne par plusieurs
familles nobles distinctes. Celle de ces familles qui donne lieu à cette
notice, la seule qui se soit perpétuée jusqu'à nos jours, n a cessé
depuis le moyen âge d'occuper dans sa région un rang considérable.
Elle a eu pour berceau un château fort de son nom, situé sur une
haute montagne, qui dépendait de la paroisse d'Auriac, non loin de
Blesle, au diocèse de Saint-Flour. On trouve que dès 12^0 un Guil-
laume de Chavagnac était chanoine du chapitre de Brioude. Le nom
de la maison de Chavagnac figure dans un certain nombre de chartes
du xm^ siècle.
D'après un titre de la collection Courtois, Guillaume de Chavagnac
se croisa en 1248 à la suite d'Alphonse, comte de Poitiers. Le nom
de ce gentilhomme a été inscrit aux Salles des croisades du musée
de Versailles avec les armes de la famille de Chavagnac actuel-
lement existante.
Le jugement de maintenue de noblesse rendu en 1667 par l'inten-
dant Fortia en faveur de la branche aînée de la maison de Chavagnac
fait remonter la filiation à un Pierre de Chavagnac, chevalier, qui
en 1291 renouvela la foi-hommage au sire de Mercœur. Ce même
noble et puissant seigneur Pierre, Sgrde Chavagnac, conclut en d326
avec l'abbesse de Blesle une transaction dans laquelle il mentionne
son fils, Pierre, alors décédé, et son petit-fils, également appelé
Pierre. Celui-ci succéda à son grand-père, mais, étant entré dans les
ordres, céda ses droits à Hugues, son frère puîné. Hugues, Sgrde Cha-
vagnac, passa en 133i une transaction relative à la succession de son
grand-père, rendit hommage en 1338 au dauphin Béraud I", comte
de Clermont, sire de Mercœur, assista le 22 juin 1335 au traité de
mariage du dauphin Béraud 11 et fut nommé en 13o6 exécuteur tes-
tamentaire de ce seigneur. Il laissa d une alliance inconnue un fils,
Bertrand, qui en 1394 rendit hommage au dauphin Béraud, comte de
Clermont, pour la seigneurie de Chavagnac et qui est mentionné dans
de nombreuses chartes de la seconde moitié du xiv« siècle soit seul,
soit avec ses deux fils, Béraud et Hugues. Ce dernier était en 1394
206 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
vicaire général de Saint-Flour. Son frère, Béraud de Chavagnac , damoi-
seau, est cité dans un acte de 1403 avec sa femme Mahaut de
Bonneroche, fille de Guillaume, chevalier. La filiation paraît n'être
rigoureusement établie que depuis un Pierre de Chavagnac, Sgr dudit
lieu, que l'on croit avoir été fils de Béraud et qui passa diverses recon-
naissances en 1409. Ce gentilhomme obtint en 1435 de Louis de Bour-
bon, comte de Montpensier, lautorisation de donner à cens les terres
qu'il possédait au Bousquet et à Marvejols. Il avait épousé noble Del-
phine de Veveyroux avec laquelle il est mentionné dans le contrat de
mariage de leur fils. Jean de Chavagnac. Celui-ci épousa Jeanne
de la Volpillière par contrat du il novembre 1476. Il en eut deux fils,
Claude et Pierre, qui furent les auteurs des deux grandes branches
actuellement existantes de la maison de Chavagnac.
Quelques auteurs, notamment Moréri, lui ont attribué un troisième
fils nommé Maurice; ce fils aurait été gouverneur du Limousin pour
le roi Charles \"ill, aurait suivi ce prince en Italie, aurait été fait par
Louis XII gouverneur du château de Naples et aurait épousé Jeanne
de la Rochefoucauld ; il aurait eu un fils qui, après s être fait protes-
tant, aurait abandonné sa femme, Henriette de Biron, pour enlever
une demoiselle de Monlgon. religieuse de Blesle, et qui aurait eu de
colle-ci plusieurs enfants avec lesquels il se serait réfugié à Genève.
L'existence de Maurice de Chavagnac a été vivement contestée par
d'Hozier et plus récemment par Bouillct, dans son Sobiliaire d'Au-
vergne. C'est, en tout cas, par erreur que, dans ses Mémoires, Gaspard
de Chavagnac, mentionné plus bas, s'en est dit issu.
L'auteur de la branche ahiée, Claude de Chavagnac, écuyer, Sgr
dudit lieu, épousa par contrat du 23 octobre 1498 Antoinette Bou-
lier du Chariol Sa descendance fut particulièrement brillante. Son
petit-fils, Christophe, Sgr de Chavagnac, lieutenant du roi en
Auvergne et en Gévaudan, marié le 24 avril iiJSo à Catherine d'An-
dredieu, veuve de Charles du Bourg de Saillans, fut un des plus
intrépides défenseurs de la Réforme ; il s'illustra en soutenant coura-
geusement dans Issoire, en 1577, un siège de vingt-deux jours contre
une puissante armée commandée par le duc d'Anjou, frère du roi
Henri III. Josué, Sgr de Chavagnac, fils du précédent, marié en 1606
à Gillette de Calvisson, fut chambellan du duc d'Orléans ; il fut
impliqué dans la conjuration de Cinq-Mars, dont il était l'ami, et fut
emprisonné de 1642 à 1644 ; Richelieu parle de lui dans ses Mémoires
comme d'un homme capable et entreprenant. Il laissa plusieurs fils.
L'un de ces fils. Gaspard, Sgr du Bousquet, connu sous le titre de
comte de Chavagnac, né à Blesle en 1624, fut un des plus célèbres
généraux de son temps ; maréchal de camp en 1652, il passa peu
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 209
après au service de l'Empereur qui le nomma lieutenant-général de
ses armées, rentra en France après la paix de Nimègue et mourut
en 169o au château du Bousquet sans avoir eu de postérité • on
a publié ses Mémoires. François de Cliavagnac, frère aîné du pré-
cédent, nommé gouverneur de Furnes en 1648, prit le parti des
Pnnces contre la Cour et fut fait prisonnier à Sarlat, où il comman-
dait, après un combat dans lequel périt sa première femme, Charlotte
d Estaing. Il se remaria en 1659 à Anne Blanc du Bos et fut maintenu
dans sa noblesse Ie'l7 mars 1667 parjugement deM. de Fortia inten-
dant d'Auvergne. Son fds, Henri-Louis de Chavagnac, marié en 1708
à Julienne des Nos de Champmeslin, fut un brillant officier de marine
conquit en 1706 l'île de Saint-Christophe et fut promu en 1728 au
grade de chef d'escadre. En récompense de ses services, il obtint par
lettres patentes de février 1720, la réunion de ses seigneuries de Cha-
vagnac. de Blesle et du Brues et leur érection en marquisat sous le
nom de Chavagnac. Il laissa un fils, Gilles, marquis de Chavagnac
né en 1709, marié en 1728 à M-^ de Froullay-Tessé, qui fut admis
aux honneurs de la Cour en 1739. Le marquis de Chavagnac alla
plus tard se fixer à Saint-Domingue et y fut maintenu dans sa
noblesse en 1742 par arrêt du Conseil supérieur de l'ile. Gilles
marqms de Chavagnac, fils du précédent, épousa en 1761 M"« des
Escotais de Chantilly. Il en eut deux fils, Anne-Frédéric, marquis de
Chavagnac, marié en 1784 à M''^ de Montécler, et Henri, comte de
Chavagnac, marié à Célestine de Chavagnac, issue de la branche
cadette, qui ont été les auteurs des deux rameaux actuellement exis-
tants de la branche aînée.
L'auteur de.la seconde branche, noble homme Pierre de Chavao-nac
écuyer, Sgr d'Albepeyre, au diocèse de Saint-Flour, épousa GabHelle
Guilheme par contrat du 4 août 1494. Son arrière-petit-fils, Pierre
de Chavagnac, se fixa en Champagne après le mariage qu'il contracta
en 1623 avec Jeanne Blanchet de la Bresle. Le fils de celui-ci
Antome de Chavagnac, marié le 8 août 1648 à Diane Forget fut main-
tenu dans sa noblesse en 1669, sur preuves remontant à 1326 par
jugement de M. de Caumartin, intendant de cette province 11 laissa
entre autres enfants, deux fils : 1» Camille, Sgr de la Molierre et de
Ghauffour, né en 1651, qui épousa en 1689 Hilaire Magnier 2° Paul
qui épousa en 1695 M- de Fradel et qui vint se fixer en Bourbonnais
à la smte de ce mariage. Ces deux frères lurent les auteurs de deux
rameaux. Le premier rameau s'est éteint en la personne de Jean-
. ««rr" '''"' '^ ^'^'^ ^^ ^^"'^^ ^^ Chavagnac, décédé à Roanne
en l«82 Le second rameau compte encore des représentants. Son
chet, Claude-Ladislas, marié à M"^ Espierrc, décédé en 1871, a été
14
210 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
connu, comme le chef de la branche aînée, sous le titre de marquis
de Chavagnac porté après lui par son fils, Pierre-Gaspard, marie
en 1880 n M"" d'Alvimare de Feuquieres.
La maison de Chavagnac a fourni, en dehorsdes personnages men-
tionnés au cours de cette notice, un nombre considérable d'ofliciers
de mérite, deux chevaliers de Malte en 1669 et 1775, dix chanoines
comtes de Brioude, un page de la Grande Ecurie en 1667, etc.
Principales alliances : de Bouille du Chariol 1498, d'Estaing 1647,
deForget 1648,Guillouet dOrvilliers 1773, des Nos 1708. de Froullay-
Tessé 17:28, des Escotais de Chantilly 1761, de Montécler 1784, Jehan-
not de Bartillat 1846, de Champagne, de Lespinay, le Gonidec de Trais-
san 1859. Pourroy de l'Auberivière de Quinsonas 1902. do Quatre-
barbes 1886, du F'ou, de Saint-Mauris-Chastenois 1841, de la Couldre
de la Bretonnière, de Boisjourdan, de Montesquiou-Fezensac 1894, le
Saige de la Villesbrune, Leroy de Valanglart 1878, de Poulpiquet du
Halgouet, de Grasse 1737, de Rorthays, de Fradel 1695, de Roclesne
1732, dEspinchal 1721, de Montboissier 1702, d'Estampes 1679, Cat
de Cocural, de Charpiii de Gennetines 1699, d'Aurollc 1397, etc.
On a vu \)\uii haut qu il avait existé dans la noblesse d'Auvergne
plusieurs familles de Chavagnac distinctes de la grande maison dont
il vient d'ôlre parlé. Une de ces familles s'est perpétuée jusque dans
les premières années du xviii^ siècle. Elle portait pour armes : d'«r-
gejit à une aigle à deux létes de sable, becquée et membrée de gueules,
surmontée d'une étoile de même. Elle avait pour nom primitif celui
de Suât. Au xvi' siècle elle laissa tomber ce nom en désuétude et
conserva seulement celui d une seigneurie de Chavagnac qu'elle
possédait près de Paulhaguet. Claude de Suât de Chavagnac était
en 1535 chanoine comte de Brioude. François-Claude de Chavagnac,
Sgr de Tcrrisse, en l'élection de Brioude, marié en 1651 à Marie de
Rayraud du Viallar ; et son cousin issu de germains, Jean de Chava-
gnac, Sgr de Meyronne, en Gévaudan, marié à Marie-Louise d'Ap-
chier, furent maintenus dans leur noblesse lors de la recherche de
1666 par jugement de M. de Fortia, intendant d'Auvergne. Ce juge-
ment établit leur descendance de Jean de Chavagnac, Sgr dudit lieu,
en l'élection de Brioude, qui fit son testament le 5 septembre 1570 et
dont le fils, également appelé Jean, épousa Jeanne de Janzac par
contrat du 11 septembre 1542 Le rameau des seigneurs de Terrisse
se fondit en 1708 dans la maison de la Fayette ; celui des seigneurs
de Meyronne se fondit en 1710 dans la famille de Chalvet de Roche-
monteix. Une branche de cette famille possédait d'importants
domaines en Gévaudan ; son chef. Pierre de Chavagnac, fut maintenu
dans sa noblesse le 13 janvier 1670 par jugement de M. de Bezons,
DICTIONNAIRE DRS FAMILLES FRANÇAISES 2H
intendant du Languedoc, après avoir prouve sa filiation depuis
Antoine de Chavagnac, Sgr de Coursac et de Condilliac, Cogr de
la baronnie de Tournel, qui épousa Louise de Cardaillac par contrat
du 12 février 1556. Une autre branche avait conservé le nom primitif
de Suât ; son chef, Maurice de Suât, Sgr d'Oradour, en léleclion de
Brioude, fut maintenu dans sa noblesse le 7 août 1667 par jugement
de M. de Fortia, intendant d'Auvergne, après avoir prouvé sa des-
cendance de François de Suât, Sgr de Freissenet, dont le fils Claude
fit en 1560 une donation à sa femme, Alix de Rouget de la Fayette.
CHAVAGNEUX (Bernascon de) Voyez : Bernasgon de Chavagneux.
CHAVAILLE (de). Armes (d'après le règlement d'armoiries de 1776) :
à'azur à une étoile d'argent accompagnée de trois cœurs d'or, deux
en chef et un en pointe.
La famille de Ghavaille est originaire d'Uzerche, en Limousin, où
dès la fin du xvi^ siècle elle occupait un rang distingué. Pierre Gha-
vaille, lieutenant général d'Uzerche, fut nommé député du Tiers-État
du Limousin aux Etats généraux tenus à Paris en 1614. Son fils, Jac-
ques Ghavaille, sieur de Fougeras et du Pouget, né en 1593, lieute-
nant général d'Uzerche, décédé le !2:2 janvier 1670, publia en 1648
des Observations morales et politiques en forme de maximes sur
les vies des hommes illustres. Get ouvrage, d'une réelle valeur, le
fit en son temps comparer à Plutarque. 11 avait épousé Victoire de
Gardaillac, décédée en 1683, qui appartenait à une illustre famille
noble du Quercy. 11 en laissa plusieurs fils : 1° Jean, qui continua la
descendance ; 2° François, Sgr de Fougeras, conseiller au Parlement
de Bordeaux, marié d'abord en juin 1664 à Catherine de Castaigne,
puis à Antoinette des Cordes, qui parait avoir eu une fille unique,
née du premier lit et mariée en 1695 à Joseph de Puget, président à
mortier au Parlement de Toulouse ; 3° Henri-Victor, sieur des Prats,
conseiller en la Cour des aides de Cahors, qui épousa en avril 1668
Isabeau de la Coste et qui en eut une fille née à Uzerche en 1669.
L'aîné de ces trois frères, Jean de Chavaille, Sgr de Saint-Maurice et
de Saint-Sernin, vint se fixer à Bordeaux par le mariage qu'il contracta
dans cette ville en novembre 1656 avec Marie de la Serre. Son des-
cendant, Pierre Chavaille, clerc secrétaire de la ville de Bordeaux,
fut anobli par lettres patentes en 1752. Pierre-François Chavaille,
frère du précédent, lui succéda dans sa charge de clerc secrétaire
de la ville de Bordeaux et se lit accorder à son tour en janvier 1776
des lettres patentes d'anoblissement dont on trouvera le texte dans
le Nouveau d'Hozier ; il obtint en même temps le règlement de
ses armoiries. Ce même Pierre-PYançois Ghavaille, sieur du Parc,
212 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Bordeaux.
Etienne de Chavaille, né en 1773 au château du Parc, à Mérignac,
fut nommé en 1812 président du tribunal des douanes à Bordeaux.
La famille de Chavaille subsiste obscurément en Bordelais.
Son chef est connu sous le titre de comte.
Etienne de Chavaille, doyen de l'église cathédrale de Limoges,
avait fait enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696 : d'azur
à V étoile d'argent accompagnée de trois cœurs d'or; écartelé de
gueules à un lion d'argent, couronné d'or, accompagné de treize
besants posés sur une bordure aussi d'argent.
Principales alliances : de Cardaillac, des Cordes, de Canolle 1775,
deMarbotin 1778, d'Aux-Lescout, de Verthamonl6ll, de Caries 1808,
Ducasse du Mirail 1723, etc.
CHAVANAT (de). Armes : d'azur à une croix d'argent cantonnée de
quatre étoiles d'or. — Couronne : de Marquis. — Supports : deux
lions.
La famille de Chavaxat, ou de Chavagnat, aujourd'hui éteinte, était
originaire de la Marche d'où elle vint se fixer dans le pays de Com-
brailles, en Basse-Auvergne. Saint-Allais, qui lui a consacré de
courtes notices dans IcstomosXI et XVI de son yobiliaire universel,
lui attribue un certain nombre de personnages qui appartenaient à
la maison de Chavagnac, de la même région. Elle a longtemps pos-
sédé la seigneurie de Montgour, située près d'Auzances, en Com-
brailles. Jacques de Chavanat, chevalier, Sgr de Montgour, reçut
en loll de la ville d'Auzances donation de diverses terres avoisinant
son château en récompense des services qu'il avait rendus à ladite
ville.
Antoine de Chavagnat, écuyer, Sgr de Montgour, en la paroisse de
Mars, au diocèse de Limoges, et de Laulierre, fils de défunt Sébas-
tien de Chavagnat, Sgr des mêmes terres, et de Gilberte des Bour-
dons, sa veuve, épousa Anna de Touteville, veuve de François de
Chaumes, écuyer, par contrat passé le 24 août 1633 devant notaire
àSaint-Germain-Lembron. Anne de Touteville était veuve quand elle
fut maintenue dans sa noblesse avec ses enfants mineurs, Robert, Gil-
bert et Isabeau, par jugement de l'intendant Lambert d'Herbigny
rendu à Moulins le 16 décembre 1 667. Robert de Chavanat épousa dans
la suite, en 1698, Antoinette de Fricon et continua la descendance.
On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse que
son petit-fils, Annet de Chavagnat, Sgr de Montgour, marié en 1752 à
sa cousine Claire de Fricon , fit en 1777 pour obtenir l'admission
à l'École militaire de son fils, Gabriel de Chavanat de Montgour, né
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 213
en 1766 à Auzances, au diocèse de Limoges, plus tard colonel d'État-
major de la garde nationale de Paris. Annet fut connu dans la suite
sous le titre de marquis de Cliavanat. Il eut trois autres fils dont deux,
Alexandre et Antoine-Louis, furent chanoines comtes de Brioude
et dont le plus jeune, Alexandre-François, était sous la Restau-
ration inspecteur de l'Académie de Bordeaux. Ce dernier fut connu
sous le titre de marquis de Chavanat après la mort de ses frères;
il avait épousé M"° Teslard. La famille de Chavanat paraît avoir eu
pour dernier représentant mâle son fils, Louis-Gabriel, marquis de
Chavanat, qui épousa à Bordeaux en '1833 Léontine de la Faye, née
en 1816, décédée en 1866, et dont une fille, M'^^Lobel, née Chavanat,
vivait encore en 1899.
CHAVANE et CHAVANE de DALMASSY. Armes de la famille de Dal-
massy : d'azur à une oie d'argent tenant dans son bec une givre du
même et surmontée de trois étoiles d'argent, 1 ef 2.
Famille de haute bourgeoisie.
François-Joseph Chavane épousa vers 1820 M"^ Victoire-Anne Fala-
tieu, fille du baron Falatieu qui fut député des Vosges sous la Restau-
ration ; il a été le grand-père de M. Paul Chavane dont une fille a
épousé à Dijon le 12 décembre 1894 M. Ludovic du Bessey de Con-
tenson.
M. Edouard-Xavier Chavane , issu de la même famille, épousa en 1 843
M"^ Marie-Adélaïde de Dalmassy. Il mouruten 1896 au château de Riche-
court (Haute-Saône) laissant trois fils qui ont joint à leur nom celui de
la famille de leur mère et qui ont été coimus sous le nom de Chavane
DE Dalmassy.
Principales alliances : Falatieu, du Bessey de Contenson, de Dal-
massy, Baillod, etc.
La famille Dalmassy, plus tard de Dalmassy, appartenait sous
Louis XVI à la haute bourgeoisie de Langres, en Champagne. Elle
descendait d'Honoré Dalmassi qui était venu du comté de Nice s'éta-
blir dans cette ville et qui avait obtenu en octobre 1757 des lettres
patentes de naturalisation. Jean-Baptiste Dalmassy, né à Langres
en 17S9, fils de monsieur Honoré Dalmassy et de dame Louise-Pierrette
Henry, d'abord avocat dans sa ville natale, était chef de division
au ministère de la guerre quand il fut élu en 1813 député de la Haute-
Marne au Corps législatif. 11 se rallia à Louis XVIII et reçut de ce
prince le titre héréditaire de baron, sur promesse d'institution de
majorât, par lettres patentes du 12 février 1820. Il obtint le 13 mars
suivant de nouvelles lettres patentes qui le confirmaient dans la pos-
session de son titre et qui stipulaient que le majorât pourrait n'être
214 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
institué que par ses successeurs. Le baron Dalmassy mourut à Paris
en 1828. Son fils, Charles-Xavier, baron de Dalmassy, né à Paris
en 1799, conseiller général de la Haute-Saône, est décédé en 1896 au
château de Richecourt. De son mariage avec M"* Walckenaer il lais-
sait une fille unique, M"^ Chavane.
CHAVANIS. Armes : à'a:^in' à une bande d'argent accompagnée de deux
étoiles de même.
La famille Chavanis est une des plus anciennes de la bourgeoisie
du Beaujolais. Elle paraît avoir eu pour berceau la petite ville de
Cublize où elle est connue depuis le xvi® siècle. Pierre Chavanis
(1672-1756) fut greffier de la juridiction de Cublize. Anne-François
Chavanis était en 1791 colonel de la garde nationale de Cublize.
Claude Chavanis (1762-1820) fut administrateur du département de
Saône-et-Loire.
Principales alliances : Caquet dAvaize, Morand de .louflroy, Bros-
selle, Reynard de laRochette, Chesnard de Mauzerand, Regnauld de
Bellescize, etc.
CHAVANNE (Charrost-Borré de la). Voyez : Chahrost-Borré de la Ch\-
VANNE.
CHAVANNE iDareste delà . Voyez: Darestedela Chavanne.
CHAVANNE, ou CHAVANNE de la FÉRANDIÈRE (de).
Famille sur laquelle on na pu se j)rocurer que des renseignements
insuTlisants.
M. Fiiilippe-Joseph Chavanne, né à Strasbourg en 1817, inspecteur
des forêts en retraite, chevalier de la Légion d'iionneur, demeurante
Bar-le-Duc. demanda le 22 mars 1881 l'autorisation de joindre à son
nom celui de : de l.\ Férandière que portait son bisaïeul.
On trouve que M. Jacques-Henri de Ghavannes de la Giraudière,
employé de commerce, a épousé à Paris en 1910 M'"' Couvrejon.
CHAVANNES (Puvisde). Voyez : Pdvis de Ch.wannes.
CHAVANNES ;de Boutechoux de). Voyez : Bodtechouxde Ch a vannes (de)
et Ghand-Buutecuoux deChavaxnes.
CHAVAUDON (Guillaume de). Voyez : Guillaume de Ciiavaudon.
CHAVE LACHAVE (anciennement de la CHAVE, ou de la CHAVA) . Armes
(d'après d'anciens cachets) : parti au l d'azur à une bande d'or
chargée d'un listel vivre, ou lame de scie, de sable et accompagnée de
deux croissants d'or, un en chef, l'autre en pointe, qui est de Chave ;
DICTIONNAIRR DES PAMILLRS FRANÇAISES 215
au 2 d'argent à un lion de gueules, au chef échiqueté d'azur et d'ar-
gent, qui est de Giraud de la Chavas.
La famille Chave est anciennement connue en Vivarais. M. Benoît
d'Entrevaux lui a consacré une notice dans son Armoriai du Viva-
rais. D'après cet auteur, elle aurait eu pour berceau la ville de Mont-
faucon, en Velay, et remonterait par fdiation à Jean Chave qui fut
pourvu en 1498 de lajudicature de Saint-F'erréol, en Fore;^. Sébastien
Chave, fils du précédent, fut juge de Saint-Etienne de Furens et
épousa en 1549, par contrat passé devant notaire à Montfaucon,
Jeanne Fouilhac, héritière du fief du Col, en la paroisse de Preaulx,
en Haut-Vivarais. Il fut père de Jean Chave, sieur du Col, docteur es
droits, qui épousa en 1595 Paulc Allier de la Fressange, et grand-père
de Jean Chave, sieur du Col, qui épousa par contrat dui®"" mars 1620
Jacqueline d'Angères, fille d'Hector et d'Antoinette Giraud de la
Chavas et héritière du fief de la Chavas. Jean Chave, sieur de la
Chava, fils de ce dernier, épousa le 16 août 1659 Françoise de
Sauzéa, d'une vieille famille bourgeoise d'Annonay. Il fut vraisem-
blablement le même personnage qu'un Jean de Chave, sieur de
Lebrat, demeurant à Annonay, qui, lors de la recherche des faux
nobles commencée en 1666, fut condamné à payer comme usur-
pateur une amende de 2.000 livres, modérée dans la suite à 100 livres.
Il peut aussi avoir été le même personnage qu'un Jean de Chave,
sieur du Col, de Satilieu, qui fit enregistrer son blason à l'Armoriai
général de 1696. On peut voir dans V Armoriai du Vivarais qu'il
fut relevé de la dérogeance de son père, Jean de Chave, par lettres
patentes du 19 mars 1684, enregistrées le 7 juin 1686 à la Cour des
aides de Montpellier. Son petit-fils, Alexandre de Chave, sieur de
la Chava, marié en 1743 à M"'- de Lermuzièrcs, décédé en 1805,
acquit en 1753 la baronnie d'Ay. Il fut vraisemblablement père
d'Alexandre-Bernardin de la Chava, baron d'Ay, Sgr de Leimuzières,
décédé sans alliance en 1806, qui prit part en 1789 aux assemblées
de la noblesse tenues à Annonay.
Un rameau de cette famille, connu sous le simple nom de Lachave,
subsiste au château de Vaneilles, à Alissas (Ardèchej.
CHAVEREBIÈRE (ou CHAVERIÈRE; de SAL
Famille de haute bourgeoisie du Bas-Limousin.
L'abbé de Châveuibièhe, chanoine de l'église de Limoges, mourut
au séminaire de cette ville en août 1761.
M. Léonard Chaverière de Sal, né en 1833 à Salons (Corrèze), avocat ,
décédé en 1907, fut nommé en 1886 sénateur de la Corrèze.
Principale alliance : de Bruchard 1907.
216 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHAVIGNÉ (Davy dei. Voyez : Davy de Chavigné, de Cussé et de Balloy.
CHAVIGNERIE iBellier délai. Voyez : Bellier de la Chavignerie.
CHAVIGNY (le Roy de). Voyez : Le Roy de Chavigxy ».
CHAVIGNY de Bouthillier-j. Voyez : Bouthillier-Chavigxy (de).
CHAVIGNY iBonnemére de). Voyez : Bonnemère de Chavigxy.
CHAVIGNY de PLANCHOUPY Desmé de;. Voyez : Desmé de Chavigny
de Plaxchûury.
CHAVOY CPajen dei. Voyez : Paven de Chavoy.
CHAYLA (Blanquet du). Voyez : Bl.\nquet deRouville et du Chayla (de).
CHAYLAN de MORIÉS (de). Armes : d'o?- à un cœur de gueules duquel
sort une pensée de sinople.
La famille de Chaylan (ou Chailan) de Moriés appartient à la
noblesse de la Haute-Provence.
Barcilon lui a consacré les lignes suivantes dans sa célèbre Cri-
tique du Nobiliaire de Provence de Robert de Briançon : « La famille
« de Chailan est originaire de Mourics dont elle a acquis la seigneu-
« rie, gros bourg dans les montagnes de Provence du meilleur pàtu-
« rage. Jean Chailan en est la tige. J'ai trouvé dans les vieux registres
« de Mouriés et des lieu.v voisins que ce Jean Chailan avait jusqu'à
« 4000 bêtes à laine qu'il envoyait paître dans les montagnes du
« voisinage... On le trouve qualifié dans les actes de l'année 1418
« jusqu'en l'an 1431 noble et puissant pâtre... Les Chailan devinrent
« si riches par leur négoce qu'ils devinrent seigneurs de Mouriés.
a Leur condition était notoire... »
Artefeuil a donné au xviii^ siècle une généalogie de la famille de
Chaylan qui a été reproduite dans le Dictionnaire de la noblesse de
la Chesnaye des Bois. Son travail paraît être assez fantaisiste, au
' il a existé en Brie une famille de Chavigny, de noblesse ancienne, qui portait
pour armes : d'argent à une croix de gueules, endentée de sable et alaisée, sur-
montée d'un lambel de trois pendants, aussi de sable. La Chesnaye des Bois fait
remonter la filiation de celle famille à Charles de Chavigny, écuyer, 8gr de Cha-
vigny, homme d'armes des ordonnances du Roi en 1546, qui épousa Anne de
Seisson par contrat du 11 juillet 1541. Antoine de Chavigny, Sgr de Courbois et de
Neuilly, fut maintenu dans sa noblesse le 5 août 1706 par jugement de Phélyppeaux,
intendant de Paris; il fit en 1735 de nouvelles preuves de noblesse pour obtenir
l'admission de sa fille Marie-EIéonore à la maison d'éducation de l'Enfant-Jésus. On
trouvera dans le Nouveau d'Jlozier les preuves de noblesse que Philippe de Cha-
vigny, né en 1770. fit en 1786 pour être admis â l'Ecole militaire et celles quEdmc-
Vincent de Chavigny, né en 1774, fit en 1789 pour être admis parmi les pages de la
Grande Ecurie. Six demoiselles de Chavigny furent admises à Saint-Cyr au cours
du xviii« siècle.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 217
moins pour les premiers degrés. Geoffroy de Chaylan, auquel il
fait remonter la filiation, aurait rendu hommage le 12 octobre 1399
pour sa terre de Lambruisse à Louis II, roi de Sicile et comte de Pro-
vence, et aurait passé une transaction le 5 juin 1419 avec Bertrand
de Chaylan, Sgr de Clumane et Cogr du Gastellet. Geoffroy de
Chaylan eut, toujours d'après Artefeuil, trois fils : 1° Mathieu, sur
lequel on ne sait rien et qui aurait continue la descendance ; 2" Jean,
qui aurait eu plusieurs fils ; 3° Guillaume, qui aurait été chevalier de
Saint-Jean de Jérusalem, mais dont le nom ne figure sur aucune liste
connue des chevaliers de cet Ordre. Pierre de Chaylan, dont on fait
un fils de Mathieu, fit un partage le 8 juillet 1448 avec son cousin
germain Monet, fils de Jean de Chaylan. Il aurait été père d'un
Valentm de Chaylan, Sgr de Lambruisse et du Castellet-la-Robine,
qui, d'après Artefeuil, rendit hommage au Roi le 23 juin 1488. La
filiation ne paraît être rigoureusement établie que depuis Pierre de
Chaylan, petit-fils du précédent, qui épousa le 23 juillet 1548 Anne
d'Oraison et qui fit son testament le 25 juillet 1572. Ce Pierre de
Chaylan laissa trois fils, Antoine, Cogr de Lambruisse, de Moriés et
du Castellet-la-Robine, marié le 8 avril 1570 à Jeanne de Gombert,
Paul, Cogr des mômes terres, lieutenant particulier à Draguignaiî
en 1572, reçu le 16 décembre 1575 conseiller au Parlement de Pro-
vence, marié à Jeanne d'Estienne du Bourguet, décédé à Aix en 1627,
et Daniel, marié en 1592 à Anne d'Ailhaud, qui furent les auteurs de
trois branches. Les représentants de ces trois branches furent main-
tenus dans leur noblesse le 27 mai 1667, le 2 juillet 1667 et le
20 décembre 1668 par divers arrêts des commissaires du Roi chargés
de la recherche des faux nobles en Provence. La troisième branche
ne tarda pas à s'éteindre. Les deux autres subsistaient à l'époque de
la Révolution.
Jacques de Chaylan, Charles-François de Chaylan de Moriés, Jean-
Baptiste de Chaylan, Pierre-François-Charles de Chaylan et Auguste
de Chaylan de Moriés furent admis dans l'Ordre de Malte en 1645
1739, 1772, 1774 et 1784.
Pierre de Chaylan, Sgr de Moriés, chef de la branche aînée,
marié en 1765 à Cécile de Glandevès, et Jean-Baptiste de Chaylan,
Sgr en partie de Moriés, chef de la seconde branche, prirent part en
1789 aux assemblées de la noblesse de la sénéchaussée de Castel-
lane.
M. Casimir-Célestin de Chaylan, né à Pierrefitte-sur-Sauldie (Loir-
et-Cher), fourrier au 8« chasseurs à cheval, demanda en décembre 1866
l'autorisation de joindre régulièrement à son nom celui de : de
Moriés qu'avaient porté son père, son grand-père et ses ancêtres.
218 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille de Chaylan de Moriés a fourni trois conseillers au Par-
lement de Provence en loTo, 1627 et I606, des officiers de terre et de
mer, des chevaliers de Saint-Louis, un vicaire général de Glan-
devés, etc.
Principales alliances : d Oraison 1548, de Gomberl 1570, de Deman-
dolx 1642, d Amalric, de Jassaud, de Blacas-Carros 1657, 1759, de
Flotte d'Agoult 1652, 1686, d'Arbaud 1718, de Glandevés 1765,
d'Agoult d'Olif'res 1625, de Monier 1665, de Joannis, de Fabre de
Mazan vers 1780, de Grasse 1716, etc.
CHAYLARD de la FLEUNIE et de la SALLE (dui. Armes : d'aswr à deux
tours rangées d'argent, maçonnées de sable, accompagnées en cœur
d'un vol démerillon de sable. — Couronne : de Comte. — Supports :
deux lions assis.
La famille du Chayl^rd appartient à l'ancienne noblesse de Péri-
gord. Elle ne doit pas être confondue avec une famille du Cheylard
(voyez ce nom), éteinte en 1880, qui appartenait à la noblesse du
Vivarais.
Elle paraît avoir eu pour berceau un fief de son nom qu'elle a pos-
sédé dans les environs de Montignac-le-Comtc. Elle est connue depuis
la seconde moitié du xiV^ siècle. Saint-AUais, qui a donné dans son
Nobiliaire Uni\)ersel une généalogie de la famille du Chaylard, en fait
remonter la filiation suivie à un noble Elic du Chaylard qui, en novem-
bre 1428, fit son testament en faveur de son fils, noble Jean du Chay-
lard. Celui-ci fit à son tour son testament le 27 juin 1483 en faveur de
son fils Antoine. Noble Antoine du Chaylard, Sgrdudit lieu et de Laqué-
rie, fils du testateur de 1483, épousa Marguerite Foucauld dcLardimalic
par contrat du 22 février 1499 et fit son testament le 23 mai 1523. 11
laissa deux fils : 1° Jean, Sgr du Chaylard, dont la descendance
s'éteignit avec sa petite-fille Jeanne, mariée en 1579 à son cousin
Jean du Chaylard, Sgr de Laquérie ; 2'^ Antoine du Chaylard, Sgr de
Laquérie, qui fit son testament le 20 février 1589 et qui continua la
descendance. Les trois arrière-petits-fils de celui-ci, Sylvain, Antoine
et Jean du Chaylard, furent maintenus dans leur noblesse, le
10 juin 1667, par jugement dePellot, intendant de la généralité de
Bordeaux. Les deux aînés de ces trois frères périrent au service sans
avoir contracté d alliance. Le plus jeune, Jean du Chaylard, Sgr de
Laquérie, épousa le 17 janvier 1680 Marie de Vins, dame delà Fleunie.
11 fut le grand-père de Guy du Chaylard, Sgr de Laquérie et de la
Fleunie, qui épousa en 173i Marquise du Bois du Fresne de Libersac.
Les deux fils de celui-ci, François du Chaylard, Sgr de la Fleunie,
marié successivement à Claire d Amelin et à Anne de la Coste, et
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISKS 219
Jean du Cliaylard, Sgr de la Salle, marié successivement à Margue-
rite de Sénaillac et à sa cousine, Jeanne du Cliaylard de Laquérie,
prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Péri-
gU(Mix. Le second d'entre eux, Jean, avait fait en 1787 des preuves de
noblesse pour obtenir l'admission à Saint-Cyr de sa fille, Elisabeth
du Ghaylard de la Quérie, née en 1779 à Saint-Avet de Vialard, au
diocèse de Pcrigueux, mariée dans la suite à M. d'Abzac de ïrèvis.
La famille du Ghaylard compte encore des représentants.
Elle a fourni de nombreux officiers dont plusieurs ont été tués à
l'ennemi, un conseiller à la Cour de Limoges, etc.
Principales alliances : de Roycre 1622, du Bois du Fresne 1734, de
Foucauld de Lardimalie 1499, d'Amelin 1759, de Sénaillac, d'Abzac,
de Salviac de Vielcastel, etc.
CHAZAL. Armes : d'azur à deux branches d'oranger au naturel, posées
en sautoir, nouées d'azur; au franc-quartier de gueules à la muraille
crénelée d'argent, surmontée d'une branche de chêne du même, qui
est des barons préfets.
La famille Chazal, aujourd'hui naturalisée en Belgique, est origi-
naire de la petite ville de Pont-Saint-Esprit, en Languedoc. Son
auteur, Jean-Pierre Chazal, né dans cette ville en 1766, était fils de
Pierre Chazal et de Rose Carmand. Il exerçait la profession d'avocat
quand en septembre 1792 il fut élu député du Gard à la Convention ;
il siégea dans cette assemblée parmi les Girondins, mais n'en vota
pas moins la mort du Pioi avec sursis. Il entra plus tard au Conseil
des Cinq-Cents, se rallia à Bonaparte après le Coup d'État de Bru-
maire, fut nommé préfet des Hautes-Pyrénées, puis des Hautes-Alpes
et fut créé baron de l'Empire par lettres patentes du 13 août 1810.
Exilé comme régicide après les événements de 1815, il se retira en
Belgique et mourut à Bruxelles en 1840. Le baron Chazal avait épousé
en 1799 M^'« de la Ville de Mirmont, décédée en 1863. Leur fils aîné,
Pierre-Félix, baron Chazal, né à Tarbes en 1808, aide de camp du
roi des Belges, lieutenant général de ses armées, ministre de la
guerre de Belgique, obtint du roi Léopold le 12 août 1857 des lettres
patentes qui le confirmaient dans son titre de baron avec transmis-
sibilité à ses quatre fils et à leur descendance par ordre de primogé-
niture. Le second de ces fils, Jules-Ernest, baron Chazal, né en 1835,
capitaine au service de l'empereur Maximilien, fut tué pendant la
guerre du Mexique, en 1865.
Principale alliance : de P'errier du Chatelet 1909.
Une famille Chazal de la ChassagiNk a occupé auxxvii* et xvui* siècles
un rang distingué en Bourbonnais. Cette famille portait pour armes :
220 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
d'azur à un lion d'or, armé et lampassé de gueules. On lui attribue
aussi les armes suivantes : de gueules à un chevron d'or accoynpagné
en chef de deux griffons de même et en pointe d'une main d'argent,
vétice d'or, tenant une épée aussi d'argent, la pointe en haut et pas-
sant par-dessus le chevron, la garde et la poignée d'or. Elle descen-
dait d'un Durand de Chazal qui avait épousé vers 1610 Dauphine de
la Chassaj^ne. Claude Chazal, sieur de la Chassagne, en Bourbonnais,
fds des précédents, né le 23 juillet 16 16 à Vicq, au diocèse de Clermont,
obtint en 1644 des lettres d'anoblissement dont on trouvera le texte
dans le Nouveau d'Hozier. Ces lettres se trouvèrent malheureusement
rentrer dans la catégorie de celles qui furent révoquées par un édit
d'août 1664. Leur obtenteur était capitaine au régiment de Normandie
quand, ayant été inquiété dans sa noblesse, il obtint du Conseil d'État
le 20 septembre 1666 un arrêt interdisant de le poursuivre. Cet arrêt
est rapporté tout au long dans le Nouveau d'Hozier. François Chazal,
sieur de la Chassagne, frère de Claude, épousa en 1639 honnête fdle
Jacqueline Joint. Il fut père de Louis Chazal de la Chassagne, qui
épousa en 1671 Antoinette d'Estisal, et grand-père de messire Denis-
Jacques-André Chazal de la Chassagne, né le 10 janvier 1693 à Paris,
paroisse Sainl-Roch, qui, étant capitaine au régiment de Bretagne,
en garnison à Barcelonnctte, épousa le 7 février 1728 Jeanne Caignet
de Friancourt, demeurant à Augicourt, au bailliage de Senlis. Marie-
Anne Chazal de la Chassagne, née de cette union en 1730, fut refusée
à Saint-Cyr en 1740, faute d'avoir pu faire les preuves de noblesse
prescrites par les règlements.
Il a existé à l'île de France aux xviii^ et xix^ siècles une famille de
Chazal de Chamarelle qui paraît être distincte de celle dont il vient
d'être parlé. Laine, dans ses Archives de la noblesse (généalogie
Garpcntier de Changyj, et après lui Rietstapp ont attribué à cette
famille les armes suivantes : de gueules à un sautoir d'or. Dans son
Armoriai de la France, M. de Magny la dit originaire de l'Auvergne,
où elle aurait possédé le fief de Maynial, et lui attribue un Antoine de
Chazal qui en 1652 était consul et avocat en l'élection de Tulle. On
ne voit pas qu'il ait jamais existé en Auvergne, ni en Limousin, de
famille noble du nom de Chazal. Un représentant de cette famille,
François de Chazal, était sous Louis XVI membre du Conseil supé-
rieur de l'île de France. Un autre, Charles-Antoine de Chazal de Cha-
marelle, décédé en 1829 au château de la Sablonnière , à Bonny
(Loiret), avait épousé vers 1800 M'"' de Saint-Félix de Mauremont. Leur
fdle, décédée en 1876 à Port-Louis (île Maurice), épousa successive-
ment le comte de Changy et M. Perrot (de Chamarelle).
On ignore à quelle famille on doit rattacher un Pierre de Chazal,
niTTIONNAlRR D R S FAMII-LRS FRANÇAISES 22i
S^r flo Lande et de Villenouse, qui sous Louis XVI était vice-prési-
dent au Conseil d'I-'tat et qui prit part en 4789 aux assemblées de la
noblesse des bailliages de Gien et de Montargis.
On ignore également à quelle famille on doit rattacher un M. de
Chazal qui épousa en 1756 M"" de Cazenove de Lérisson, qui fut
nommé maréchal de camp en 1780 et qui prit part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse tenues à Libourne.
11 existe, enfin, de nos jours à Paris une famille de Chazal sur
laquelle on n'a pu se procurer de renseignemets.
CHAZAL, en Velay.
Il existe en Velay une famille Chazal, de très ancienne bourgeoisie,
qui est distincte des familles du même nom mentionnées dans la
notice précédente. Au xviii^ siècle les membres de cette famille joi-
gnaient souvent à leur nom, suivant l'usage du temps, celui de leurs
domaines de la Bastide, de Mauriac, etc. M. Villaina donné une généa-
logie de la famille Chazal dans le premier volume de la France modenie.
Cet auteur en fait remonter la fdiation à Augustin Chazal, notaire
royal, lieutenant de Mouredon, qui mourut le 28 avril 1679. Jean Chazal,
fils du précédent et de Jeanne Laville, décédée en 1689, fut juge de
Saint-Paulien et bailli de Saint-Romain et épousa en 1678 Marie
Galien d'Adiac. Son descendant, Claude-Augustin Chazal de Mau-
riac, marié en 1773 à M'^* Durif de la Roche de Grangeac, était sous
Louis XVI lieutenant des maréchaux de France à Saint-Paulien. Il
laissa deux fds, Laurent Chazal, né en 1780, notaire à Saint-Paulien,
marié à M"" de Collangettes, et Barthélémy Chazal, né en 1784,
marié à M"*Liogier, qui ont l'un et l'autre laissé postérité masculine.
Principales alliances : Jourda de Vaux, Exbrayat, de Brye 1762,
Durif, Liogier, etc.
CHAZAN (de).
Famille sur laquelle on n'a pu se procurer que des renseignements
insuffisants.
Bénigne de Chazan était secrétaire des commandements de Mon-
sieur, duc d'Orléans, frère du roi Louis XIII ; son frère, Claude de
Chazan, marié àÉléonore du Buisson, fut secrétaire du même prince.
L'un de ces deux frères fit représenter en 1627 une pièce qui eut à
cette époque un vif succès, la Supercherie d'amour.
M. François-Antoine de Chazan, peut-être issu de cette famille,
épousa à Paris en 1868 M"^ Agostini, de l'île de la Trinité, aux Antilles.
Un M. de Chazan est décédé à Paris en 1908 à l'âge de 80 ans.
GHAZAUD (de) et CHAZAUD, en Angoumois et en Poitou. Armes :
222 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
d'azuj' à un lion couronné d'or, surmonté de trois étoiles de même
rangées en chef.
La famille Chazal'd, anciennement, de Ciiazaud, originaire des
environs de Confolens, en Angoumois, appartenait dès le commen-
cement du xvii^ siècle à la haute bourgeoisie de sa région.
Un de ses membres, Pierre de Ciiazaud, sieur du Cluseau, fut
maire de Poitiers de 1683 et 1686, c'est-à-dire à une époque où ces
fonctions avaient momentanément cessé d'être anoblissantes.
Ce même Pierre de Cliasaud, écuyer, sieur du Cluseau, conseiller
au présidial de Poitiers, etX... de Cliasaud, sous-chantre de Sainte-
Radegonde de Poitiers, firent enregistrer leur blason à lArmorial
général de 1696. Pierre de Chasaud, sieur de Hécany, conseiller du
Pioi au présidial de Poitiers ; Madeleine de Chazeau, femme de Jean
Poussineau, écuyer, sieur de Boussay, et feu Constant de Chasaud
curent leur blason enregistré d'ofïice au même Armoriai.
Jean-François Chazaud de Baignée était sous Louis XV conseiller
en l'élection de Confolens. Son fds, Jean-François-Simon Chazaud, né
à Confolens en 1748, nommé en 1768 avec dispense d'âge conseiller
en lélection de celte villle, fut élu député de la Charente à la Légis-
lative, puis à la Convention, siégea j)armi les Montagnards et vota la
mort de Louis XVI ; il fut plus tard receveur général à Auch et a Poi-
tiers. M. Chazaud, décédé en 1868, fds du précédent fut après lui
receveur général du département de la Vienne. Mn de ses fils, Achille-
Pierre, né à Poitiers en 1808, fut élu en 1849 député de la Vienne à la
Législative. Un autre, Léonard-Augustin, décédé en 1876, fut rece-
veur général des départements du (lard, du Pas-de-Calais, etc.; il
avait épousé en 1838 M"^ Aymé de la Chevrelière dont il laissa une
fdle unique mariée au comte de Ranchicourt.
C'est vraisemblablement à cette famille que Ion doit rattacher un
M. François-Arthur Chazaud, ou de Chazaud, qui avait épousé
M"' Potier de Courcy et dont le fils, François-Pol, officier de cuiras-
siers, a épousé en 1898 une fdle du comte Beugnot.
On trouve aussi qu'un Jacques Chazaud-Dutheil, né en 1748 à
Saint-Maurice, en Angoumois, fds de Jean Chazaud, conseiller du
Roi, et de Jeanne Duthed, fut nommé général de brigade le 6 bru-
maire an IV.
Principales alliances : de Saint-Martin de Bagnac, de Couhé de
Lusignan 1693, de Cléray, Girard de Pindray, Aymé de la Chevre-
lière 1838, d'Amiens de Ranchicourt, Beugnot, etc.
Il a existé en Périgord une famille Chazeau, ou du Chazeau, qui
portait pour armes : à'or à un lion de gueules tenant de la patte
dextre un coutelas d'argent. L'auteur de cette famille, Joseph Cha-
niCTIONNAIRIÎ DES FAMILLES FRANÇAISES 223
zeaad, sieur de la Jeffrerie et de laHenaudie, était genlilhomme ordi-
naire de la grande vénerie du Roi quand il fut anobli par lettres
patentes de juillet 1700. Ces lettres, dont on trouvera le texte dans
le i\oiioeau d'ilozier, sont conçues dans les termes les plus flatteurs
et rappellent que les ancêtres de Joseph Chazeaud ont rempli avec
honneur diverses charges au Parlement de Cuienne. Armand du
Ghazeau, écuyer, sieur de la Rénerie, et Joseph du Chazeau, écuyer,
sieur de la Fleunie, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général
de 1696. Gabriel de Ghazeau, chevalier, Sgr de la Rénerie, près de
Verteillac, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Périgueux. Cette famille est éteinte et ne doit pas être confondue
avec la famille Rerlaud du Chazaux, aujourd'hui fixée dans la même
région.
CHAZAUX (Bertaud du). Voyez : Bertaod du Chazaux.
CHAZEAUX (de Pages de). Voyez : Pages de Chazeaux, de Chaulnes et
DE LA Tour de Hochemuiîe (de).
CHAZEAUX (OU CHAZAUX) de MONTJUVIN (de). Armes : de gueules à
une bande d'or accompagnée en chef d'une colombe passante d'ar-
gent, surmontée de trois étoiles d'or. — Couronne : de Comte. —
Supports : deux chats, la télé contournée, enflammés de gueules. —
Devise : Courage, pardon. — Cri de guerre : Saint-Claude, Mont-
juvin !
La famille de Chazeaux (ou de Chazaux) de Moxtjuvin appartient à
la noblesse du Velay.
M. de Mailhol, qui lui a consacré un assez long article dans son
Dictionnaire historique et héraldique de la noblesse française, dit
qu'elle est originaire du Poitou, qu'elle vint vers le milieu du xvi^ siècle
se fixer dans la petite ville de Lapte, située près d'Yssingeaux, en
Velay, et qu'elle construisit à deux kilomètres de cette ville un châ-
teau auquel elle donna son nom. D'après le même auteur elle aurait
porté primitivement les armoiries suivantes : d'azur à un chat d'ar-
gent, aie chef de même. Ces armes sont celles qui furent attribuées
d'office, dans l'Armoriai général de 1696, registre de Poitiers, à Made-
leine de Chazeau, femme de Jacques Poussineau, écuyer, Sgr de
Boussay. Cette dame paraît avoir appartenu à la famille Chazaud,
anciennement connue à Confolens et à Poitiers, à laquelle a été con-
sacrée la précédente notice.
On trouvera des renseignements sur les Chazeaux du Velay dans
les manuscrits de Chérin, dans \'Armo?'ial de la noblesse du Lan-
guedoc de M. de la Roque et dans la France moderne de M. Villain.
224 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Le jugement de maintenue de noblesse rendu en leur faveur en 1670
ne parle pas de cette origine poitevine; il fait remonter la fdiation à
Claude Piclion, ditChasaus, dont le fils Antoine Piclion, ditChasaux,
épousa le 25 juin 1546 Françoise le Roux et dont le petit-fils, Ber-
trand de Chazeaux, Sgr de Montjuvin, en la paroisse de Lapte, épousa
Miracle de Rieu par contrat du 7 janvier 1570. Noble Louis de
Chazeaux, Sgr de Montjuvin, petit-fils de Bertrand, marié le
20 novembre 1646 à Marie de Lagrevol, fut dabord condamné à l'a-
mende comme usurpateur de noblesse par jugement du 12 juin 1669
de M. de Bezons, intendant du Languedoc, mais fit reconnaître sa
noblesse dès le 21 mars de l'année suivante par un nouveau juge-
ment du même magistrat. Il fit son testament le 7 août 1678 et laissa
un fils, Claude, qui fit enregistrer son blason à l'Armoriai général
do 1696. Jacques de Montjuvin de Chazeaux, né le 21 janvier 1709,
épousa Isabeau de Combladour, fille d'Hugues et d'Anne Bollon, et
en eut un grand nombre d'enfants. Un de ses fils, Jean-Baptiste de
Chazeaux, né en 1740 au diocèse du Puy, alla se fixer à la Guadeloupe
et obtint le 13 novembre 1770 l'enregistrement de ses titres de
noblesse au Conseil supérieur de l'île.
M. de Chazeaux fils, ^^ de Chazeaux de Montjuvin et M. de Cha-
zeaux de Lapte prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues au Puy.
La famille de Chazeaux a conservé jusqu'à nos jours le château
de Chazeaux, en Velay.
Son chef est aujourd'hui connu sous le titre de comte.
Principales alliances : de Burine 1612, de Lagrevol 1646, Liogier,
Dauricr de Piessac, etc.
CHAZELLE (Perrot de). Voyez : Perrot de Chazelle.
CHAZELLES (Bérard de). Voyez : Bérard de Chazelle.s.
CHAZELLE S (Teilhard-Rancilhac de). Voyez : Teilhard-Rancillac db
Chazelles.
CHAZELLES (de), en Périgord et en Poitou. Armes : d'azur àun chevron
d'or accompagné de trois étoiles de même, 2 eM.
La famille de Ch.\zelles, fixée en Poitou au cours du xviii'^ siècle,
est originaire du Périgord où dès la fin du xvi^ siècle elle exerçait l'in-
dustrie de la verrerie. On en trouvera une généalogie dans le Dic-
tionnaire historique et généalogique des familles du Poitou de
Beauchet-Filleau.
Pierre de Chazelles, écuyer, Sgr de la Quintanne, auquel ce tra-
vail fait remonter la filiation, fit son testament le 6 mars 1569
DICTIONNAIRR DES FAMILF.ES FRANÇAISES 225
et demanda dans cet acte à être inhumé dans l'église paroissiale
de Mareuil, au tombeau de ses prédécesseurs. De son mariage
avec Jeanne Fréquand il laissa un fds, Jean de Chazelles, écuyer,
Sgr dudit lieu, qui épousa Anne Boutin par contrat du 1" oc-
tobre 1576 et qui continua la descendance. Au xvm* siècle la
famille de Chazelles était représentée par deux frères, Léonard et
Daniel. L'ainé d'en Ire eux, Léonard de Chazelles, qualifié chevalier,
Sgr de la Boisge et du Thcillet, paraît n'avoir pas eu d'enfants du
mariage qu'il contracta à Libourne le 3 avril 1758 avec Jeanne-Marie
de Limousin, fille du major de cette ville. Le puîné, Daniel de Cha-
zelles, Sgr de la Forie, vint se fixer en Poitou et y fonda en 1749, dans
la paroisse de Béruges,une verrerie qu'il dut abandonner au bout de
quelques années. Il avait épousé Elisabeth de Clément par contrat
passé le 10 mai 1718 à Montbron, en Angoumois. Son fils, Bertrand
de Chazelles, Sgr de la Faurie, marié en 1770 à Marie-Anne Frappin,
fonda à son tour une verrerie à la Chapelle-Seguin, en Gatine. Il ne
fut pas plus heureux que son père et dut renoncer à son entreprise
après y avoir englouti la plus grande partie de sa fortune. Il mourut
en 1804 survivant à son fils aîné, Bertrand, né en 1774, tué dans la
guerre de Vendée. Son second fils, François, né en 1777, a été père de
M. Samuel-Léon de Chazelles, né en 1812, marié à Niort en 1840 à
M"^ de Jouslard, et grand-père de M. François-Georges de Chazelles,
né en 1841, percepteur à Niort.
On ne connaît pas à la famille de Chazelles de principe d'anoblis-
sement. Bien que ses membres aient toujours porté les qualifications
nobiliaires, on ne voit pas qu'elle ait jamais été l'objet d'un jugement
de maintenue de noblesse. On ne voit pas non plus qu'elle ait pris
part en 1789 aux assemblées de la noblesse.
Principales alliances : de Juglard 1627, 1601, de Salignac, Bonnin,
de Jouslard 1840, etc.
Il a existé en Provence une famille de Chazelles dont le blason dif-
férait peu de celui des Chazelles du Périgord et du Poitou : d'aswr à
une fasce d'argent accompagnée de trois étoiles d'or, deux en chef
et une en pointe. Cette famille fut maintenue dans sa noblesse, lors
de la grande recherche, par jugement de 1667.
CHAZELLES (de), en Lyonnais et en Lorraine. Armes : d'or semé de
trèfles de sinople sans nombre.
Cette seconde famille de Chazelles est originaire du Forez où sous
Louis XIV elle occupait un rang distingué dans la bourgeoisie.
Antoine de Chazelles, avocat en Parlement, fit enregistrer à l'Ar-
moriai général de 1696 (registre de Saint-Etienne) les armes sui-
X. 15
226 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
vantes : d'azui' à un chevron d'or accompagné en chef de trois trè/îes
d'argent et en pointe d'un croissant de 7nême. N... de Chazelle,
notaire royal à Roanne, fit enregistrer au même Armoriai les armes
suivantes : 6.'azur à un chevron d'or chargé d'un trèfle de gueides.
Jean-Mathieu de Chazelles, né à Lyon en 1657, décédé en 1710, fut
un astronome de grande valeur et fut admis en 1695 à l'Académie
des sciences.
La branche qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours vint se fixer à
Metz dans la seconde moitié du xvu* siècle. On trouvera sur elle
des renseignements dans les Documents généalogiques sur Metz de
l'abbé Poirier et dans Y Histoire du Parlement de Metz de M. Michel.
Imbert Chazelles. commis au bureau de la messagerie de Metz, était
âgé de 45 ans quand il mourut le 7 août 1690. De son mariage avec
Jeanne Alléon, décédée à Metz en 1728, il laissa trois fils. L'aîné de
ces fils, Henri, receveur des domaines du Roi à Verdun, décédé en
1751, ne paraît pas avoir laissé de postérité. Les deux plus jeunes,
Laurent et Jean, furent les auteurs de deux rameaux.
Laurent Chazelles, né en 1672, acquit en 1731 la seigneurie de Lorry-
devanl-le-Pont; il fut pourvu de la charge anoblissante de conseiller
secrétaire du Roi en la chancellerie près le Parlement et receveur
général des finances en la généralité de Metz et mourut dans cette
ville le 30 Juin 1752. Uavaitépousé Anne Le Liepvre, décédée en 1761.
Il en eut, entre autres enfants, deux fils dont l'aîné, Louis de Cha-
zelles, né en 1722, reçu en 1744 conseiller au Parlement de Metz,
mourut dès 1751 sans laisser de postérité mâle. Laurent de Cha-
zelles, né en 1724, second fils de Laurent, fut président à mortier
au Parlement de Metz, conserva sa charge jusqu'à l'époque de la
suppression des Parlements, lors de la Révolution, et mourut à Metz
en 1808. Il fut un horticulteur de grand mérite et fit paraître en 1789
une traduction du Dictionnaire des Jardiniers de l'anglais Miller
auquel il ajouta deux volumes de supplément. Il avait épousé d'abord
^jiie France, fille d'un secrétaire du Roi, puis en 1772 M'"" Besser,
veuve du conseiller au Parlement Georgin de Mardigny. Il eut de sa
première union deux fils, Claude, né en 1735, décédé sans alliance
en 1781, et Georges, né en 1762, marié à M""-' Pierre, décédé en 1828,
qui furent l'un et l'autre conseillers au Parlement de Metz. Joseph de
Chazelles, fils de Georges, était sous la Restauration officier des gre-
nadiers de la garde du Roi. Il paraît être demeuré célibataire et
avoir été le dernier représentant de son rameau.
L'auteur du second rameau, Jean Chazelles, d'abord marchand
magasinier et receveur du grenier à sel de Metz, fut pourvu de la
charo^e anoblissante de conseiller secrétaire du Roi, maison et cou-
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 22"/
ronne de France en la chancellerie près le Parlement de Metz et
mourut en 1746 à l'âge de 67 ans. Il avait épousé en 1718 Marie
Goguille dont il laissa un très grand nombre d'enfants. Un de ses
fds, Antoine de Chazelles, capitaine au régiment d'Orléans, eut plu-
sieurs enfants de son mariage en 1775 avec M"^ Lccomtc d'Humbe-
paire ; un autre, Jean-Baptiste-Henry, premier capitaine au régiment
de Berry, chevalier de Saint-Louis, eut également plusieurs enfants
de son mariage en 1784 avec M'"' Lajeunesse; le plus jeune de tous,
Claude, décédé sans postérité, fut secrétaire du Roi près la Cour des
aides de Montauban, puis près la Cour des monnaies de Lyon et enfin
près le Parlement de Metz. M. de Chazelles de Prisy, doyen des
présidents à mortier au Parlement de Metz, fut massacré aux Tuile-
ries le 10 août 1792. Ce rameau est également éteint.
Quatre membres de la famille de Chazelles prirent part en 1789 aux
assemblées de la noblesse tenues à Metz.
Principales alliances : Alléon, Besser, d'Argent, Georges de Lemud,
de Fouquet, de Lorme, etc.
La famille dont il vient d'être parlé et qui a fourni au xvni^ siècle
plusieurs secrétaires du Roi est distincte de celle d'un Nicolas Cha-
zelle, secrétaire des aides de Poissy, près de Paris, dont le fils,
Nicolas Chazelle, né à Poissy en 1696, fut pourvu le 24 juillet 1750 de
l'office de secrétaire du Roi, maison et couronne de France et de ses
finances.
CHAZELLES (de), en Auvergne et à la Guadeloupe. Armes : (Vazurà
une tête de léopard dor lampassée de gueules ; au chef cousu de
même chargé d'une étoile et d'un croissant d'argent. — Couronne :
de Comte. — Supports : deux lions. — Devise : Toujours prêt à ser-
vir et à s'effacer quand il a seroi.
Le nom de Chazelles était porté au moyen âge par deux fiefs de
la Haute-Auvergne. L'un de ces fiefs, situé dans la paroisse d'Auriac,
appartenait dès les temps les plus reculés à la maison de Chava-
gnac qui en rendit hommage en 1291. L'autre fief de Chazelles est
aujourd'hui une commune du canton de Ruines, près de Saint-Flour.
Ce dernier fief paraît avoir été le berceau d'une famille de Chazelles,
de très ancienne noblesse de la Haute-Auvergne, dont plusieurs
rameaux se sont perpétués jusqu'à nos jours.
Bouillet mentionne dans son Nobiliaire d'Auvergne un Géraud de
Chazelles, qui vivait en 1266, et un Pierre de Chazelles qui vivait
en 1333. Bertrand et Jacques de Chazelles étaient chanoines comtes
de Brioude dans la première moitié du xiv* siècle. Philippe de Cha-
zelles fut admis dans le même chapitre en 1472.
228 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Le justement de maintenue de noblesse rendu par M. de Forlia en
laveur de la famiUe de Chazelles en fait remonter la filiation à Pierre
de Cha;îelles, écuycr, qui est mentionné dans un acte de 1441 avec
sa femme, d< moiselle Isabelle de Bonnamy. Celle-ci lit son testament
le 24 avril 1488. Guillaume de Chazelles, fils du précédent, était
marié en i47o avec demoiselle Ponchette, ou Poncette, Clauche et
fit le 14 mars 1507 une transaction avec son frère Antoine. Il fut père
d'Antoine de Chazelles, qui épousa demoiselle Françoise de Mey-
nadon, et (^rand-père d'Antoine de Chazelles qui épousa Valence de
Laire par contrat du 19 janvier lo41. Deux des fils de ce dernier,
Guillaume de Chamelles, marié successivement le 21 mars 1580 à
Antoinette de Chambt uil et le 10 janvier 1585 à Jeanne de la Roque,
et Claude de Chazelles, marié à Jeanne de Gorcc, furent les auteurs
de deux branches.
Le chef de la branche aînée, Gilbert de Chazelles, Sgr d'Œillet. en
la paroisse d'Ussel, dans l'élection de Saint-Flour, marié en l6ol à
Jeanne de Lestrade; son frère, Paul-Tristan de Chazelles, sieur de
Saint-Loup ; et leurs trois cousins germains, Jacques de Chazelles,
sieur de Bagnes, Guillaume de Chazelles, sieur du Suc, et Louis de
Chazelles, sieur de Pouzols, furent maintenus dans leur noblesse
le 6 octobre 1666 parjugement de M. de Fortia, intendant d'Auvergne.
Léonard de Chazelles, Sgr d'Œillet, fils de Gilbert, et son cousin ger-
main, Jean de Chazelles, fils de Paul-Tristan, furent encore main-
tenus dans leur noblesse le 6 mars 1706 par jugement de M. Le Blanc,
un des successeurs de M. de Forlia. Messieurs de Chazelles de Roche-
salesse et de Chazelles de Gourdes prirent part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse tenues à Saint-Flour. Cette branche est repré-
sentée de nos jours par deux rameaux dont l'un est allé se fixer à la
Guadeloupe et dont l'autre est demeuré en Auvergne. Aucun de ces
rameaux n'est titré.
Jean de Chazelles, fils de Claude et chef de la seconde branche,
fut maintenu dans sa noblesse en 1666 avec les représentants de la
branche aînée. Il était devenu seigneur de Beauregard, en Rouergue,
par son mariage avec M"* de Lavayssière. Sa descendance s'éteignit
avec François-Charles de Chazelles de Beauregard, officier au régi-
ment de Bourgogne, qui émigra à l'époque de la Révolution.
La famille de Chazelles, plus ancienne qu'illustre, a produit peu de
personnages marquants. Elle ne doit pas être confondue avec la famille
Bérard de Chazelles qui appartient à la noblesse de la même province.
Principales alliances : de Lavayssière de Cantoinet, de Sartiges, de
la Majorie-Soursac, de Gâches, de Dienne 1519, d'Yzarn de Fressi-
netnil, d'AuzoUes, de Lestrade, de la Roque, de Laire, etc.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 229
Une terre de Chazellcs, située dans la Basse-Auverj^ne, sur les con-
fins du Bourbonnais, avait au moyen âge des soigneurs à la famille
desquels elle donna son nom. Cette famille de Chazelles paraît s'être
éteinte dès le XIV* siècle.
CHAZELLES-LUNAG (de), en Languedoc. Armes primitives (enregistrées
à l'Armoriai général de 1696) : à' azur à un chevron d'or accompa-
gné en chef de deux molettes d'argent et en pointe d'un lion d'or,
armé et lampassé de gueules. — Armes adoptées au xviii^ siècle :
écartelé : aux 1 et 4 d'azur à une tête de léopard d'or, au chef cousu
de gueules chargé à dextre d'une étoile d'argent et à sénestre d'un
croissayit de même, qui est de Chazelles, en Auvergne ; aux 2 <?< 3
d'azur à un chevron d'or accompagné en chef de deux molettes d'ar-
gent et en pointe d'un lion d'or, armé et lampassé de gueules. —
Armes concédées sous le Premier Empire : écartelé : au 1 d'azur à une
tête de lion d'or, allumée et lampassée de gueules, au comble du
même chargé à dextre d'une étoile et à sénestre d'un croissant, le
tout d'argent; au 2 de gueules à une branche de chêne, en bande,
d'argent, qui est des barons membres du collège électoral ; au S de
gueules à un casque taré de profil, traversé en barre d'une épée d'ar-
gent ; au 4 d'azur à une montagne à trois coupeaux d'or, sommée
de trois tiges de laurier du même et surmontée en chef à dextre d'une
croisetle et à sénestre d'une croix à huit pointes d'or.
La famille de Chazelles-Lunac revendique une origine commune avec
la vieille souche auvergnate à laquelle a été consacrée la précédente
notice. Elle portait au xvn* siècle le nom de Chazel et appartenait
simplement à cette époque à la haute bourgeoisie du diocèse de Nîmes,
en Languedoc.
Trois de ses membres, Pierre Chazel, conseiller du Roi et son procu-
cureur en la sénéchaussée et siège présidial de Nîmes ; Jean-
Pierre Chazel, conseiller du Roi, lieutenant en la même sénéchaussée
et siège présidial ; et Guillaume Chazel, docteur es droits, lieute-
nant de viguier de la ville et viguerie royale de Roquemaure, firent
enregistrer leur blason à l'Armoriai général de 1696.
Monsieur maître Pierre Chazel, plus tard seigneur de la Boissière,
reçu docteur le 23 septembre 1653, était docteur et avocat des pauvres
en la sénéchaussée et siège présidial de Nîmes et de Beaucaire quand
il épousa, par contrat du 1" juin 1662, demoiselle Isabelle de Termin,
fille du sieur Termin. Il fut père de Raymond Chazel, de Nîmes, et pro-
bablement aussi de Jérôme Chazel, également de Nîmes, qui furent
reçus l'un en 1682, l'autre en 1684, docteurs en droit civil de l'Univer-
sité d'Avignon. Le premier de ces deux jeunes gens, monsieur maître
230 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Raymond de Chazel, docteur et avocat en la Cour présidiale de Nîmes,
âgé d'environ 26 ans, épousa demoiselle Alix de Boisson de Caveirac
par contrat du 10 février 1691 dans lequel il est ainsi désigné. Il fut
père de monsieur maître Jacques de Chazel, conseiller procureur du
Roi en la sénéchaussée et siège présidial de Nîmes, qui épousa, avec
dispense à cause de la parenté, par contrat passé à Montpellier le
22 novembre 1721, sa cousine Catherine de Fages, fille unique de
Jean de Fages, conseiller en la Cour des comptes, aides et finances
de Montpellier, et de Jeanne de Chazel et petite fille de monsieur maître
Jean-Pierre Chazel, conseiller au présidial de Nîmes, mentionné plus
haut.
Madame de Fages, belle-mère et cousine de Jacques de Chazel,
avait eu deux frères, Henri et François de Chazel, tous deux décédés
sans postérité, qui avaient occupé de brillantes situations. L'aîné
d'entre eux, Henri, décédé en 1726, avait été intendant du Canada ; le
second, François, décédé en 1712, avait été colonel d'un régiment de
son nom, mestre de camp et maréchal général des logis de larmée
d'Espagne.
Jacques de Chazel reçut du Roi, en 1726, une gratification de
50.000 livres en récompense des services de ces deux oncles de sa
femme ; la lettre qui accompagna cette gratification dit que le sieur
de Chazel, qui en est l'objet, alors procureur du Roi au présidial de
Nîmes, est issu d'une famille attachée depuis plusieurs générations au
service du Roi tant dans les emplois de la robe que dans ceux de la
guerre. Jacques de Chazel paraît avoir le premier cherché à s'agréger
à la noblesse ; il prit dans les dernières années de sa vie, avec le nom
de ChazcUes, les armoiries des Chazelles dAuvergne. Il laissa une fille,
Marie, mariée en 1749 au comte de Rochcmore, lieutenant général des
armées navales, et deux fils, Augustin et Jacques-Scipion de Chazelles.
L'aîné de ceux-ci, Augustin, acquit en 1746 la charge anoblissante de
conseiller maître en la Chambre des comptes, aides et finances de
Montpellier, devint dans la suite président du Conseil supérieur de
Nîmes, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Montpellier avec les qualifications de comte de Chazelles et de Chus-
clan, Sgr de Sauves, Marthan, Luc, Saint-Émery, etc., et mourut sans
postérité. Le puîné, Jacques-Scipion de Chazelles, né le 12 oc-
tobre 173o, était major du régiment d'Angoumois et chevalier de
Saint-Louis, domicilié à Montauban, et se qualifiait déjà baron de
Chazelles quand il épousa, par contrat du 16 décembre 1776, Jeanne-
Thérèse de Monlauseur, héritière du château de Lunac, en Rouergue ;
il devint dans la suite maréchal de camp.
Augustin et Jacques-Scipion de Chazelles, désirant régulariser leur
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 231
situation nobiliaire, s'adressèrent à la Chambre des comptes, aides
et finances de Montpellier. Ils en obtinrent le 24 avril 1784 un arrêt,
rapporté tout au long dans le Nouveau dCHozier, qui les maintenait
dans leur ancienne noblesse, remontée àleur huitième aïeul, et qui les
rattachait aux Chazelles de l'Auvergne. D'après cet arrêt, Pierre de
Chazel marié en 1662 à Isabeau de Termin, dont il a été parlé plus
haut, aurait été fils de noble Raimond Chazel, docteur es droits, avo-
cat en la Cour du sénéchal de Beaucaire et Nîmes, marié le 14 mai 1 618
à demoiselle Anne de Boucher, fille du sieur Pierre Boucher, petit-fils
de noble Pierre Chazel, baptisé en 1549, habitant de Roquemaure,
au diocèse d'Avignon, qui aurait épousé le 12 janvier 1578 Isabeau de
Devèze et qui aurait été dans la suite juge royal de la ville de Roque-
maure, et arrière-petit-fils de noble Raymond de Chazel, habitant de
la ville de Roquemaure, qui aurait épousé le 9 janvier 1534 Marguerite
de Brés. Ce dernier aurait été lui-même fils de noble Pierre de Cha-
zelles, écuyer, demeurant au lieu d'Ussel, au diocèse de Saint-Flour,
qui serait venu se fixer à Rorfuemaure, en Languedoc, parle mariage
qu'il contracta le 9 janvier 1510 avec Anne de Cartier, et petit-fils de
noble Guillaume de Chazelles, demeurant à Ussel, qui aurait épousé
noble Poncette Cleuche par contrat du 12 février 1480. On a vu dans
la notice consacrée aux Chazelles d'Auvergne que Guillaume de Cha-
zelles était déjà marié en 1475 avec Poncette Clauche. L'arrêt de 1784
contient le passage suivant qui étonnera tant soit peu les personnes
habituées aux questions nobiliaires : « Il est vrai que plusieurs ont
«pris quelquefois la seule qualité de monsieur maître à cause de la
« qualité d'avocat, de docteur en droit ou d'officier de justice; mais
« les mêmes ont aussi pris la qualité de noble ou celle de messire dans
« d'autres actes, ce qui suffit d'autant plus que les frères de ceux qui
« n'ont pris que la qualité de monsieur maître et qui n'étaient pas dans
« la robe ont pris celle de noble ou de messire, ce qui prouve que la
« famille était reconnue pour noble. »
Jacques-Scipion de Chazelles laissa une fille, qui épousa le vicomte
de Lastic-Saint-Jal, et un fils, Augustin-Jean-Baptiste de Chazelles-
Lunac, né au château de Lunac en 1779. Sur le vu de l'arrêt de main-
tenue de noblesse de 1784, ce fils fut admis en 1790 à l'École mili-
taire ; il fut sous-préfet sous le Premier Empire et fut créé baron,
sur institution de majorât, par lettres du 13 avril 1811. Sous la Res-
tauration il prit le titre de comte qu'avait déjà porté son oncle, fut
préfet du Morbihan de 1818 à 1830, gentilhomme de la chambre du
Roi et commandeur de la Légion d'honneur. Il avait épousé
d'abord M"* de Lezan, puis M"^ de Jolyclerc. Du premier lit
il eut un fils, Eugène-Scipion, comte de Chazelles, né en 1801, gen-
232 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
tilhomme de la chambre du roi Charles X, dont le fils, Louis-
François, baron de Chazelles, décédé avant lui, a laissé deux filles
de son mariage avec M"^ Savalette. Du second lit il eut deux autres
fils, Raoul, né en 1850, et Urbain, né en 1853.
Principales alliances : de Rochemore 1749, de Monlauseur 1776,
de Prondre de Ravenel 1827, de Gacqueray-Valolive 1880, Chalmeton
de Groy, de Gourgues 1849, de Baroncelli-Javon 1868, de Lastic-
Saint-Jal, etc.
CHAZETTES-BARGUES (de). Armes : d'aswr à un chevron brisé d'or,
accompagné de trois têtes de chien d'argent.
La famille de Chazettes, originaire des environs de Mauriac, dans
la Haute-Auvergne, est honorablement connue dans cette région
depuis la fin du xv'' siècle. Bouillet mentionne dans son Nobiliaire
d'Auvergne un Antoine de Chazettes qui fut archiprêtre de Mauriac
de 1493 à 1530 et qui en 1526 acquit de Hugues et de Naudin de
Valens des rentes aux lieux de Rouisses et de Mainterolles, sur le
territoire de la paroisse d Anglars.
Peut-être est-ce à cette souche que l'on doit rattacher un Antoine
de Chazettes, chevalier, Sgr de Maurie, qui fut en 1571 trésorier de
France en Guienne, et un Charles de Chazettes qui en 1583 était con-
seiller au Parlement de Toulouse.
Antoine de Chazettes, fils de Pierre, fit foi hommage au Roi en 1669
à cause d'une portion de domaine et de rentes nobles à prélever sur
le lieu de Pont, en la paroisse de Saint-Paul de Salers, et sur celui
de Bargues, en la paroisse de Saint-Cernin. Jacques de Chazettes,
avocat en Parlement et juge ordinaire à Salers, agissant au nom de
sa mère, Catherine Salvage, remplit la même formalité en 1672.
Jacques-André de Chazettes, qualifié écuyer, la renouvela en 1723.
La famille de Chazettes ne figure pas au nombre de celles d'Au-
vergne qui firent reconnaître leur noblesse lors des diverses recher-
ches ordonnées par Louis XIV et ses membres ne figurent pas, du
reste, avec les quahfications nobiliaires dans les actes des xvi^ et
xvii^ siècles. Elle s'agrégea à la noblesse, comme tant d'autres, au
cours du xviii^ siècle sans qu'on lui connaisse de principe d'anoblis-
sement régulier. Un de ses membres, M. de Chazettes de Bargues,
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Saint-Flour.
La famille de Chazettes n'est pas titrée.
Elle a fourni des officiers de mérite, des magistrats distingués.
Principales alliances : de Fénis de Saint-Victor, Salvage, de la
Garde de Saignes 1826, de Selve de Sarran 1860, Coppin de Miribel
1897, de Cazes de Fresquières, Roy de l'Ecluse, etc.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 233
CHAZOT, ou GHASOT, (de). Armes : d'azui'à un chêne cC argent, terrassé
de même, accosté de deux lions d'or, la tête contournée, attachés au
fût de l'arbre par une chaîne d'argent. — La famille de Ghazot écar-
tèle souvent ces armes des suivantes : d'azur à une fasce d'argent
chargée de trois roses de gueules et accompagnée de trois étoiles,
deux en chef et une en pointe. — Couronne : de Comte.
La famille de Chazot, ou de Chasot, fixée en Normandie au cours du
xvii« siècle, est originaire de Bourgogne. La Chesnaye des Bois en a
donné au xviii« siècle une généalogie dans son Dictionnaire de la
noblesse. Cet auteur attribue aux Chazot une noblesse très ancienne ;
il les fait descendre d'un Jean-Worle de Chasot qui, en 1273, comman-
dait pour Robert II, duc de Bourgogne, une compagnie de 50 hommes
dans le château de Salives, près de Dijon, et qui, en récompense de
son mérite et de ses talents militaires, reçut de ce prince donation
des droits de tierce et de dîme sur différents cantons voisins de
Salives. Jean-Worle de Chasot aurait épousé, toujours d'après la
Chesnaye des Bois, une dame appelée Rébecca ; il aurait été père d'un
Jean de Chasot, qui lui aurait succédé comme capitaine du château
de SaHves, et grand-père d'un Bénigne de Chasot qui aurait fait son
testament en 1362.
Le travail de la Chesnaye des Bois est une œuvre de pure imagi-
nation, au moins pour la partie antérieure au xvii" siècle. La famille
Chazot, d'origine assez obscure, n'appartenait encore à l'époque des
guerres de religion qu'à la bourgeoisie de sa région. Elle était alors
représentée par plusieurs branches dont on ne connaît pas le point
de jonction et qui ne tardèrent pas à s'élever à la faveur des troubles
de la Ligue.
On trouvera dans l'Ai'moi'ial de la Chambre des comptes de Dijon,
de M. d'Arbaumont, des renseignements sur une de ces branches qui
a été omise par la Chesnaye des Bois. Le chef de cette branche,
Pierre Chasot, fds de Jean Chasot et d'Odette N..., veuve en pre-
mières noces de Guillaume Lefebvre, était secrétaire ordinaire de la
chambre du roi Henri IV quand il fut pourvu, par lettres de ce prince
du 31 octobre 1590, de l'office de conseiller maître en la Chambre des
comptes de Dijon. Il mourut le 8 mai 1616 laissant son office à son
fds, Jean Chasot, qui s'en démit avant d'avoir élé reçu. Bénigne
Chasot, fils de Jean, fut contrôleur général des finances à Caen. Il
eut une fdle unique, héritière de sa branche, qui épousa le
24 septembre 1676 François Démange, Sgr de Villebois, demeurant
à Arc-en-Barrois.
On trouvera dans les Carrés d'Hozier les preuves de noblesse
qu'un membre de la branche actuellement existante fit en 1757 pour
234 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
être admis parmi les pap:es de la Grande Ecurie. Ce travail fait
remonter la filiation à un Bénigne Chasot qui avait épousé Margue-
rite Sircdey et qui vendit divers héritages par acte passé le
3 décembre 1558 devant notaire à Châtillon-sur-Seine. D'après le
travail de la Chesnaye des Bois ce Bénigne Chasot aurait été homme
d'armes des ordonnances du Roi et aurait été fils d'un Bernard de
Chasot, grand gruyer de Bourgogne, marié à Christine de Rebillier,
qui, en 1556, aurait fondé une chapelle dans l'église de l'ancien châ-
teau de Salives. Ce fut maître Bernard Chasot, Sgr de Grandbois, fils
de Bénigne, qui vint se fixer en Normandie; il était conseiller du
Roi, lieutenant général des gabelles à Caen quand il épousa, par con-
trat du 13 juin 1630, Elisabeth le Tenneur, fille de Jean, écuyer, sieur
de Langrune, et héritière des domaines de Vary et d'Escorches ; il fut
pourvu dans la suite de la charge anoblissante de receveur général
des finances à Caen et se fit maintenir dans sa noblesse le 10 mai 1642
par arrêt du Conseil d'État. Il laissa deux fils : 1° Jean de Chazot,
écuyer, conseiller du Roi, premier président au bureau des finances
de la grande généralité de Caen, qui épousa le 3 avril 1673 Cathe-
rine Hue et qui continua la descendance ; 2° Marc-Antoine de Chazot,
qui demeura célibataire. Le second de ces deux frères, Marc-Antoine,
fut condamné par défaut à cent livres d'amende comme usurpateur
de noblesse par jugement du 15 février 1660 de Chamillart, intendant
de Caen ; il interjeta appel de cette condamnation devant le Conseil
d'État qui le maintint dans sa noblesse, ainsi que son frère, par arrêt
rendu à Paris le 27 janvier 1673. Jean de Chazot eut de son mariage
avec Catherine Hue, entre autres enfants, deux fils : \° Thomas-Louis
de Chazot, écuyer, Sgr et patron de Vary et d'Escorches, capitaine
de grenadiers au régiment de Louvigny, qui épousa le 27 février 1709
Claude de Prépetit et qui continua la descendance ; 2° Jean-Pierre
de Chazot, qui épousa en 1710 Françoise Martin, veuve de Jean
Onfroy, et qui fut le grand-père de Jean-François de Chasot, né à
Caen en 1739, général de division en 1792, suspendu comme noble
dès l'année suivante, admis à la retraite le 17 germinal an IIL
Thomas-Louis de Chazot laissa plusieurs fils dont l'aîné, Gervais-
Thomas de Chasot, épousa en 1739 Catherine de CoifTerel, héritière
de la seigneurie de Méheudin, et continua la descendance. Un des
cadets, Isaac Edmond de Chazot, alla se fixer en Prusse, devint lieu-
tenant général des armées du roi de Danemark et grand-croix de
Tordre de Saint-Stanislas de Pologne, épousa en 1760 Marie-Camille,
comtesse de Torelli, et en eut deux fils qui moururent sans postérité.
Ce fut René-Antoine de Chazot d'Escorches, né en 1742, second fils
de Gervais-Thomas, qui fil en 1757 les preuves de noblesse dont il a
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 235
été parlé plus haut pour être admis parmi les pages de la Grande
Ecurie. Son frère aîné, Claude-Jean de Ghazot, né à Argentan en 1740,
connu sous le titre de marquis de Chazot, marié à Paris en juin 1771
à Louise Plaimpol de Prébois, fit à son tour des preuves de noblesse
devant d'IIozier pour obtenir l'admission à l'Ecole militaire de son
fils, René-Camille, né en 1776. Un M. de Chazot prit part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Caen. Paul de Chasot, ne à
Morlagne en 1802, décédé en 1880, fut député de l'Orne sous le
Second Empire. Cette branche compte encore des représentants.
Joseph Chasot, chef d'une troisième branche, était sous Louis XIII
substitut du procureur général près le Parlement de Dijon ; il avait
épousé Suzanne Blondeau. Leur fils, Isaac Chasot, né à Dijon en 1626,
vint se fixer à Metz auprès de son cousin germain, Claude de Bre-
tagne, président au Parlement de cette ville, fut nommé en 1651
conseiller et en 1676 président à mortier audit Parlement, fut anobli
par ses fonctions et mourut en 1688. Il avait épousé Marie-Thérèse
Bossuet, décédée en 1702. Il fut père de Bénigne Chasot, Sgr de
Congy et de Brousse, premier président au Parlement de Metz,
décédé en 1728, et grand-père de Louis -Bénigne de Chazot, né
en 1704, premier président au Parlement de Metz, décédé en 1751.
Celui-ci avait épousé en 1732 M"^ de Montholon ; il en laissa une fille
unique, héritière de cette branche, qui épousa en 1761 René Choppin,
Sgr d'Arnouville.
Principales alliances : de Vigneral 1648, de Morant 1654, de Pré-
petit 1709, de Piédoue 1734, de Livet de Barville, 1763, de Giverville
1770, du Bouzet, Guyon de Quigny 1812, Torelli 1760, Bossuet, de
Montholon 1732, Choppin d'Arnouville 1761, etc.
CHAZOTTE de CLAVIÈRES (du Rouchet de). Voyez : Blachier et Bla-
CHiER DU Rouchet, du Rouchet de Chazotte et du Rouchet de Chazotte
DE Clavières aux Additions du tome IX.
CHAZOTTE (de), anciennement GIBERT de CHAZOTTE. Armes : (ï azur à
un chevron d'or accompagné de trois étoiles d'argent. — Couronne :
de Comte.
La famille Gibert de Chazotte est originaire de la petite ville de
Montfaucon, en Velay, où dès le xvii® siècle elle occupait un rang
distingué. M. Villain en a donné une généalogie dans le premier
volume de la France moderne.
Vital Gibert, Sgr de Chazotte, auquel remonte la filiation, était sous
Louis XIV conseiller au bailliage de Montfaucon. II épousa successi-
vement Marie de Sagnard de Canson et Jeanne de Solmes. Son fils,
236 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Jean-Baptiste Gibert, S^r de la Pervenchère et de Chazotte, avocat
au Parlement, épO'Usa en 1708 Marie-Anne de Lagrevol. Il fut lui-
même père de Claude-Vital Gibert de Chazotte qui épousa en 1749
Madeleine de Figon et qui continua la descendance.
On ne connaît pas de principe d'anoblissement à la famille de
Chazotte, ou Gibert de Chazotte, et on ne voit pas qu'elle ait pris part
en 1789 aux assemblées de la noblesse de sa région.
Elle n'est pas titrée.
Principales alliances : Germain de Montauzan, Balay, Brunel de
Moze, Coste. de Thézan 1899, etc.
CHÉ (Leulier delà Faveriedui. 'Voyez : Leulier de l.\ Faverie du Ché.
CHÉBROU du PETIT CHATEAU, de la ROULIÈRE et de LESPINATZ.
Armes : d'aswr à un cerf (anciennement un chevreau) grimpant
d'argent. — Aliàs : écarlelé : aux 1 et 4 d'or à une croix pattée et
alaisée dCazur, cantonnée de quatre flammes de gueules; aux 2 e/ 3
d'azur à un cerf grimpant d'argejit. — Couronne : de Marquis. —
Supports : deux lions, celui à sénestre ayant la tête contournée.
La famille Chebroo est originaire de Niort, en Poitou, où dès le
xvn^ siècle elle occupait un rang distingué. On en trouvera des généa-
logies dans les manuscrits de Chérin et dans le Dictionnaire histo-
rique et généalogique des familles du Poitou. Ce dernier travail fait
remonter la filiation à un Nicolas Chébrou qui avait épousé Françoise
Garnault et dont le fils, Laurent Chébrou, sieur do la Brosse, décédé en
1698 à l'âge de 75 ans, fut nommé maire deNioii en 1674. Laurent Ché-
brou avait épousé Renée Couprie, lillo d'un bourgeois de Niort. Leur
fils, Laurent Chébrou, marié en lt82 à Françoise-Louise Gerbier, fille
d'un marchand de Niort, était conseiller et avocat du Roi en la séné-
chaussée du Poitou, au siège royal et ressort de Niort, ancien maire,
capitaine et échevin en ladite ville, quand il fit enregistrer son blason
à l'Armoriai général de 1696. Il fut plus tard subdélégué général de
l'intendance de Bretagne et mourut à Rennes en octobre 1733. On
s'explique mal comment ce même monsieur maître Laurent Chébrou,
conseiller, avocat du Roi de la sénéchaussée de Poitou et ressort
de la ville de Niort, reçut pour lui et pour ses fils en mai 1736, c'est-
à-dire plus de deux ans après sa mort, des lettres d'anoblissement
dont on trouvera le texte dans le Nouveau d'Hozier. Ses deux fils,
monsieur maître Jean-Madeleine Chébrou, sieur du Petit-Château,
baptisé à Niort en 1683, et Jean-Victor Chébrou, sieur de la Roulière,
né à Niort en 1686, chevalier de Saint-Louis en 172 i, anoblis en même
temps que leur père, firent enregistrer ces lettres de noblesse au
Dir.TIONNAFFlR I) K S KAAin. I.TS F H V N Ç A I S R S 237
Parlement de Paris le 4 avril 1737. Ces deux frères furent les auteurs
de deux branches.
La branche aînée s'est éteinte en la personne de Laurent-Charles
Chébrou, Sgr du Petit-Chàteau, né en 1770, qui épousa successive-
ment en 1801 M"" de Réals-Mornac et en 1827 M'"' de Beaucorps et
qui mourut en 1858 sans laisser de postérité.
Jean-Victor Chébrou, Sgr de la Roulière, auteur de la seconde
branche, fut nommé en 1744 lieulenant-colonel du régiment de
Mestre de camp général-dragons et mourut à Niort en 1765 Son fîls,
Antoine-Jean-Laurent Chébrou, Sgr de la Roulière, né à Niort en 1726,
chevalier de Saint-Louis, épousa en 1757 M"" Pastours de Neuville,
lille d'un receveur des tailles ; il prit part en 1 789 aux assemblées de la
noblesse tenues dans sa ville natale et mourut en 1804. Il avait eu
trois fils dont le second mourut à Hambourg en 1797, pendant l'émi-
gration, et dont les deux autres, Jean-Victor-Madeleine Chébrou de
la Roulière, né en 1768, et Jean-Victor Chébrou de Lespinatz, né à
Niort en 1773, ont été les auteurs de deux rameaux.
Jean-Victor-Madeleine Chébrou de la Roulière, auteur du premier
rameau, épousa en 1806 M"" BourasseaudelaRenollière ; il fut sous la
Restauration maire de Niort et président du Conseil général des Deux-
Sèvres. Il eut un fils, dont la descendance subsiste, et plusieurs filles
dontl'une, décédée en 1875, fut supérieure du Sacré-Cœur deToulouse.
Jean-Victor Chébrou de Lespinatz, auteur du second rameau, avait
demandé en 1786 à être admis à l'École militaire ; sa demande fut
rejetée parce qu'il lui manquait un degré de noblesse, son bisaïeul
étant mort avant l'expédition des lettres d'anoblissement qui lui
avaient été accordées. Mais une lettre de M. de S'ergennes, datée du
26 juin 1786 et conservée dans les manuscrits de Chérin, apprend
qu'en raison de cette circonstance spéciale le Roi autorisa le jeune
Lespinatz à être admis dans les emplois militaires sans avoir le cer-
tificat du généalogiste des Ordres de Roi. Ce jeune homme devint
dans la suite inspecteur général des haras, fut créé chevalier de
l'Empire par lettres du 19 juin 1813 et mourut en 1838. Il avait épousé
en 1797 M"" de Rocques, fille d'un maréchal de camp. Il fut père
d'Antonin Chébrou de Lespinatz, directeur du haras de Pompadour
en 1834, qui a laissé un fils, né à Limoges en 1836.
Principales alliances : de la Laurencie 1764, Savatte de la Plisson-
nière 1806, de Boscal de Réals-Mornac 1801, de Beaucorps 1827,
d'Aviau de Piolant 1838, de Lespinay 1846, de Meckenheim 1875, de
Crozé, de Tudert 1876, de Rocques 1797, de Forestier 1838, le Bour-
guignon-Duperré de l'Isle 1911, de Lastic-Saint-Jal 1901, Bailloud de
Masclary 1906, etc.
238 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHEFDEBIEN (Dubois de). Voyez : Dubois de Chefdebien.
CHEFDEBIEN dARMISSAN et de ÇAGARRIGA (de). Armes : d'azur à
une fasce d'argent accompagnée en chef d'un lion Jéopardé d'or,
armé et lampassé de gueules, et en pointe d'un lion léopardé, con-
tourné de même. — Couronne : de Vicomte. — Supports : deux lions
armés et lampassés de gueules. — Devise : Dux fui, sum et ero. —
Cri de guerre : Virtute ! — Le rameau qui a relevé le nom de la
famille de Çagarriga porte les armoiries mentionnées plus haut
sur celles des Çagarriga qui sont : écartelé : au 1 d'argent à trois vols
abaissés de gueules, qui est dAlemany, mi-parti d'or à quatre pals
de gueules, qui est d'Aragon moderne ; au 2 d'or à une souche de
chêne terrassée de sinople, qui est de Çagarriga ; au 3 d'or au cerf
passant d'azur, qui est de Nouvellan ; au 4 d'azur à un pont à deux
arches d'argent sur lequel est un chevalier armé, monté sur un cheval
d'argent, la lance abaissée contre une tour de même, au flanc droit,
qui est de la Puente. — Lécu posé sur une aigle d'Empire.
La famille de Chefdebien appartient à la noblesse du Languedoc
où elle a possédé, entre autres biens, l'importante seigneurie d'Ar-
missan, située au diocèse deNarbonne. On en trouvera des généalo-
gies dans le Dictionnaire delà noblesse de M. de Courcelles et dans
le premier volume de Y Armoriai du Languedoc de M. de la Roque.
D'après la tradition, elle serait originaire de Bretagne; de ce pays
elle serait venue se fi.xer en Poitou au commencement du xvi* siècle
et René de Chefdebien aurait établi sa résidence en Languedoc après
le mariage qu'il contracta le il octobre 1574 avec Marguerite de
Bandinel. D après le travail de M. de la Roque ce René de Chefde-
bien aurait été baron de Chavenay en Poitou ; d'après ce même
auteur il aurait été fils d'un Charles de Chefdebien, baron de Chave-
nay, Sgr de Pamparé, qui aurait épousé le 2o décembre 1542 Martine
deNoyelles, et petit-fds dun Robert de Chefdebien, Sgr de Chavenay
et de Pamparé, en Poitou, qui aurait épousé Mathurine Lemoyne.
On ne voit pas qu'il ait jamais existé ni en Bretagne, ni en Poitou,
de famille noble du nom de Chefdebien. Kerviler mentionne cepen-
dant dans son Répertoire de biobibliographie bretonne que François
Myron, général des finances en Bretagne, maire de Nantes en 1578,
avait épouséRenée Chefdebien, décédée à Nantes le 25 novembre 1581 .
Beauchet-Filleau mentionne d'autre part que, par acte passé le 10 dé-
cembre 1596 devant Leriche, notaire à Saumur, René de Chefdebien
vendit à Éléonore de Bourbon, abbesse de Fontevrault, le fief de Cha-
venay qu'il possédait en la paroisse de Vézières (Vienne).
Dans la réalité la famille de Chefdebien est connue en Languedoc
DICTIONNAIRE DRS FAMILLES FRANÇAISES 239
antérieurement à 1574 et paraît tirer sa noblesse des charges que ses
membres exercèrent au bureau des finances et à la Cour des aides
de Montpellier. Un François de Chefdebien, qui n'est pas mentionné
dans le travail de M. de la Roque, fut reçu en 1553 trésorier général
des finances de France au bureau des finances de Montpellier. René
de Chefdebien, mentionné plus haut, fut reçu le 24 mai 1558 con-
seiller au Grand-Conseil et fut de 1578 à 1592 premier président en
la Cour des aides de Montpellier. Ce fut lui qui acquit en Languedoc
les seigneuries de Puisserguier et d'Armissan. Son fils, Jean-Fran-
çois Chefdebien, Sgr d'Armissan, marié le 1*'' septembre 1622 à Mar-
guerite de Vieu, fut nommé en 1613 président en la Cour des comptes,
aides et finances de Montpellier; d'après le travail de M. de la Roque
il aurait été gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi. Il laissa
quatre fils, Henri, Etienne, mestre de camp de cavalerie, Gilbert et
César, qui furent maintenus dans leur noblesse le 14 janvier 1669 par
jugement de M. de Bezons, intendant du Languedoc. L'aîné de ces
quatre fils, Henri, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi
en 1651, avait obtenu, par lettres patentes du mois de décembre de
cette même année, l'érection en vicomte de sa seigneurie d'Ar-
missan ; il laissa deux fils qui n'eurent pas de postérité mâle. Un des
puînés, Gilbert de Chefdebien, Sgr de l'Haute, capitaine de chevau-
légers, épousa en 1677 Marie-Isabeau d'Audéric de Lastours et con-
tinua la descendance. François de Chefdebien, Sgr de l'Haute et de
Bizanet, petit-fils du précédent, capitaine au régiment de Piémont,
chevalier de Saint-Louis, marié en 1758 à Gabrielle de Solas, releva
le titre de vicomte d'Armissan qui avait été conféré à son grand-oncle.
Il eut cinq fils qui furent tous cinq admis dans l'Ordre de Malte.
L'aîné de ces cinq frères, François-Marie de Chefdebien, vicomte
d'Armissan, colonel de chasseurs au service de l'Ordre de Malte,
épousa le 8 mai 1792 Eulalie de Çagarriga (ou Zagarriga), dernière
représentante d'un rameau de l'ancieime famille de Çagarriga, encore
existante, à laquelle il a été en son lieu consacré une notice. Il en
eut lui-même deux fils, Roch de Chefdebien, vicomte d'Armissan,
magistrat démissionnaire en 1830, marié en 1828 à M"^ de Raynaud,
et Paul de Chefdebien, connu sous le titre de baron de Çagarriga,
ofiicier de marine démissionnaire en 1830, marié en 1833 à M"® de
Richard de Gaix, qui ont été les auteurs de deux rameaux.
François- Anne, vicomte de Chefdebien d'Armissan, Sgr de
Bizanet, chevalier de Saint-Louis ; sa femme, Gabrielle de Solas,
vicomtesse de Chefdebien, dame des fiefs de Leitière et de Mont-
laurés ; et leur fils aîné, François-Marie de Chefdebien d'Armissan,
chevalier de Malte, major de chasseurs au service du Roi, prirent
240 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Carcassonne.
La famille de Ghefdebien a fourni de nombreux officiers dont l'un
fut tué à Rosbach en 1757, des magistrats de grand mérite, etc.
Principales alliances : de Ponte d'Albaret, d'Audéric de Lastours
1677, de Chambert le^'ô, 1711, deÇagarriga 1792, de Richard de Gaix
1833, de Balanda, de Baderon de Maussac, dTzarn de Valady 1911 , etc.
CHEF-d'HOSTEL de BEAULIEU (de). Armes (d'après le Dictionnaire
historique des cojtimunes du déparlement de l'Eure, de Charpillon) :
à'or à deux lions rampants de gueules, affrontés sur un tertre de
sinople; au chef d'azur chargé d'une télé d'homme au naturel entre
deux étoiles d'argent.
La famille de Chef-d'Hostel est anciennement et honorablement
connue dans la bourgeoisie de la Haute-Normandie.
Haag mentionne dans sa France proiesianle un sieur Chef-d'Hostel
de Beaulieu, de Rouen, qui, lors de la révocation de ledit de Nantes,
prit la fuite avec sa femme Suzanne Boulcnger, abandonnant leurs
trois tilles. Le même auteur mentionne encore Philippe Chef-d'Hostel
de Beaulieu, bourgeois de Rouen, qui, vers la même époque, solli-
cita Tautorisation de vendre ; M. de la Bourdonnaye, intendant, lit
observer à ce sujet qu'il serait dangereux de se relâcher avec les
nouveaux convertis.
Louis Chef-d'Hostel, né à Rouen, négociant, décédé le 7 mai 4799
à CoUetot (Eure), s'occupa avec distinction des sciences physiques
et météorologiques et fit partie de l'Académie de Rouen.
La terre de Beaulieu, dont la famille Chef-d'Hostel joint le nom au
sien, est située dans la commune d'Ktreville (Eurej. Elle était en 1772
la propriété du marquis d'Estampes.
Principales alliances : Thomas de Bosmelet, Quesnel, de la
Rocques, etc.
CHEFFONTAINES (de Penfétényo de). 'Voyez : Penfétényo de Cheffon-
TAINES ET DE KeRVÉRKGDEN (DE).
CHÉGOIN (de).
La famille de Chégoin appartient à la haute bourgeoisie du Niver-
nais. Elle a été représentée en 1789 aux assemblées du Tiers État de
cette province.
Elle a fourni un médecin distingué, Nicolas-Joseph-Hervez de
Chégoin, né en 1791 à Entrains (Nièvre), officier de la Légion d'hon-
neur, décédé à Paris en 1877.
Principales alliances : de Violaine, de Chégoin 1 875 et vers 1840, etc.
CHEIS£S(Baret des). Voyez : Baret des Chbises et du Goudbbt.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 241
CHEISSERIE (de Trémolet de la). Voyez : Trkmolet de la Gheisserie (de).
CHÉLAS (de Rémond du). Voyez : Rémond du Chélas (de).
CHELLET de KERDRÉAN (de). Voyez : Challet (ou Chellet) de Kerdréan
(de; au tome IX et aux Additions du tome X.
CHÉLERS (Quarré de). Voyez : Quarré de Chélers.
CHÉMELLIER (Petit de). Voyez : Petit de Ghémellier.
CHÉMERAULT (Gilbaud de). Voyez Gilbaud de Ghémerault.
CHEMIN de CHASSEVAL (du). Voyez : DuchemindeGhasseval.
CHEMIN de VAUBERNIER et des CÉPEAUX (du). Voyez Duchemin de
^'ADBERNIERET DES CÉPEAUX.
CHEMINEAU. Armes : coupé : au 1 parti de sable à un lévrier rampant
d'or et de gueules à Vépée d'argent, garnie d'or, posée en pal, qui est
des barons militaires; au 2 d'azur à un palmier terrassé dor.
Jean Ghemineau, né à Angoulême en '1771, fils d'autre Jean Ghemi-
neau et de Catherine Campot, était colonel au 76^ de ligne quand il fut
créé baron de l'Empire par lettres patentes du 26 octobre 1808. Il fut
dans la suite général de division, commandant de la place de Stras-
bourg, commandeur de la Légion d'honneur et chevalier de Saint-
Louis et mourut à Poitiers en 18o!2. Le général Ghemineau avait eu
deux fils. L'afné de ceux-ci, Jean-Jacques-Alfred, baron Ghemineau, né
en 181 1 , conseiller à la Cour de Poitiers, puis à la Cour de cassation,
décédé en 1878, a lui-même laissé un fils.
CHENAUX des ROSIERS-DURUP de BALAINE. Voyez : Rosiers-Durup
DE BaLAINE (des).
CHENAY (Paillard du). Voyez : Paillard du Ghenay.
CHÊNE (Mabille du). Voyez : Mabille de la Paumelière et du Chêne.
CHENECEY (de Pillot de). Voyez : Pillot de Chenecey, de Goligny-Gha-
TILLON ET de ChANTRANS (de) .
CHÊNEDOLLÉ (Lioult de). Voyez : Lioult de Chènedollé.
CHENELETTE (Agniel de). Voyez : Agniel de Ghenelette.
CHENELIÈRE (Ernoult de la). Voyez : Ernoult de la Chènelière.
CHÉNERILLES (d'Isoard-). Voyez : Isoard-Chénerilles (d').
X. 16
242 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHENEST de MONTAUDIN.
Famille de haute bourgeoisie.
M. Ernest Chenest fut connu sous le nom de Chexest de Montaudin
après le mariage qu'il contracta vers 1860 avec M''^ Caroline-Louise
Brière de Montaudin. Leur fille a épousé en 1882 ^I. André Collas de
Gournay.
CHÉNEVARIN iDelamare de la Villenaise de). Voyez : Delamare de la
^'ILLE^■AISE DE ChÉ.NEVARIN.
CHÉNEVIÈRE (Robert de). Voyez : Robert de Chénevière.
CHÉNIER du CHARPREAU. Armes : d'argent à un chevron de gueules
accompagné en chef de deux branches de chêne péries en chevron,
les tiges en bas, garnies de trois feuilles de sinople et d'un gland
d'or, et en pointe d'un lévrier courant de sable, langue de gueules.
La famille Chéxier du Charpreal^ aujourd'hui fixée en Bordelais,
est originaire du Poitou où, dès le xvii* siècle, elle occupait un rang
honorable dans la bourgeoisie. On trouvera sur elle quelques rensei-
gnements dans le Dictionnaire historique et généalogique des
familles du Poitou. Ignace Chénier du Charpreau, avocat au prési-
dial de Poitou, était le 6 mai 1643 sénéchal des baronnies de Puy-
belliard, Cliantonnay et Sigournay. Adrien Chénier, fermier, fut
nommé en 1639 consul des marchands de Poitiers ; il fut élu en 1648
premier consul et en 1631 juge. Adrien Chénier du Charpreau, marié
en 1689 à Radegonde Belhoir, fut conseiller au présidial de Poitiers
en 1693 et l'était encore en 1723. On doit sans doute l'identifier avec
un Adrien Chénier, conseiller au présidial de Poitiers, qui fit enre-
gistrer à l'Armoriai général de 1696 ses armoiries telles qu'elles sont
décrites en tête de cet article et telles que la famille les porte encore
de nos jours. Charles Chénier, greffier des rôles de la paroisse de
Fiose, et Jean Chénier, curé de Coullon, eurent leurs armes inscrites
d'ofiîce au même Armoriai. Grégoire Chénier du Charpreau était en
1760 bourgeois de la maison commune de Poitiers. L'abbé Chénier
du Charpreau fut de 1775 à 1781 vicaire à Jazeneuil.
A la môme souche paraît avoir appartenu un Pierre-Jean Chénier
qui fut pourvu le 17 août 178o de la charge de contrôleur général
alternatif du bureau des finances de la généralité de Poitiers.
La famille Chénier du Charpreau était représentée de nos jours à
Bordeaux par M. Adrien Chénier du Charpreau, marié en 1857 à
M"* Bouyer, aujourd'hui décédé, et par son fils, André.
CHÉNIER (de). Armes : d'argent à un chêne de sinople fruité de trois
DICTIONNAIUR D R S FAMILI.KS PRANÇAISFCS 243
glanch d'or, naissant d'une terrasse de sinople et accosté de trois
coupeaux de sable issant de la terrasse.
La famille à laquelle appartenaient les célèbres poètes Joseph et
André de CuiiNiEn était originaire du Poitou comme la famille Chénier
du Charpreau. Malgré la différence des armoiries elle était vraisem-
blablement une branche de cette famille détachée de la souche à une
époque inconnue. On trouvera sur elle des renseignements dans
V Annuaire de la noblesse de 1881.
Elle descendait de Claude Chénier, bourgeois, demeurant à Cha-
landray, en Poitou, qui avait épousé Françoise de Pelletier dans
la première moitié du xvii" siècle. Pierre Chénier, fils de Claude,
vint se fixer en Languedoc après le mariage qu'il contracta à Car-
cassonne en 1658 avec Marie de Ricardou, fille de Nicolas, marchand
de cette ville. Louis Chénier, ou de Chénier, né à Montfort, près de
Toulouse, décédé le 26 mai 1796, fut consul général de France, puis
chargé d'affaires au Maroc. Il avait épousé à Constantinople, en 1759,
une grecque d'une rare beauté, nommée EHsabeth Santi-Lomaca.
11 en eut quatre fils, Constantin, Louis, André et Joseph de Chénier,
qui prirent les quahfications nobiliaires bien que leur famille n'ait
jamais eu de principe d'anobhssement bien régulier. L'aîné de ces
quatre frères, Constantin de Chénier, fut consul général de France et
mourut en 1837 sans laisser de postérité. Le second, Louis de Ché-
nier, né à Constantinople en 1761, cadet gentilhomme au régiment
de Bassigny, lut père de Gabriel de Chénier, né en 1800, avocat à
Paris, chevalier de la Légion d'honneur, décédé à Jouy-en-Josas en
1880, qui fut le dernier représentant mâle de sa famille et qui de son
mariage avec M'"= Frémaux, décédée en 1892, eut un fils unique
décédé en 1869. Tout le monde sait que le troisième, André de Ché-
nier, né à Constantinople en 1762, guillotiné à Paris le 25 juillet 1794,
fut un des plus brillants poètes de son temps. Joseph de Chénier, né à
Constantinople en 1764, le plus jeune des quatre frères, fut égale-
ment un poète distingué. Il joua un rôle politique important, embrassa
avec ardeur les idées révolutionnaires, fut nommé député de Seine-
et-Oise à la Convention où il vota la mort de Louis XVI, fut président
du Conseil des Cinq-Cents, puis membre du Tribunat, fut disgracié
sous le Premier Empire et mourut en 1811 sans laisser de postérité;
il avait été admis à l'Institut le 19 brumaire an IV.
CHENNEVIÈRES (de). Armes : d'argent à une merlette de sable en
abîme et huit étoiles de gueules en orle. — Aliàs : de gueules à un
écusson d'argent chargé d'une merlette de sable et un orle de huit
étoiles d'argent. — Couronne : de Marquis.
244 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille de Chenxevières appartient à la noblesse de Normandie.
Elle a eu pour auteur Guyot de Ghennevières qui fut anobli aux
franc s-fiefs en 1471. Jacques de Ghennevières, issu du précédent,
demeurant en la paroisse de Durcet, dans l'élection de Falaise, fut
anobli à nouveau par arrêt de 1523. La souche se partagea en un
certain nombre de branches dont le point de jonction est mal connu.
On trouvera dans les manuscrits de Chérin un tableau généalogique
de la branche des seigneurs de Nointel, actuellement existante. Ce
travail fait remonter la fdiation à un Thomas de Ghennevières qui avait
épousé Guillemine Hainard et dont les fils partagèrent la succession
par acte du 26 juin 1520. L'un de ces fds, Olivier, sieur de la Saulsaye,
laissa lui-même deux fils, Thomas de Ghennevières et François de
Ghennevières, sieur de la Saussaye, qui obtinrent le 26 novembre 1550
une sentence de l'élection de Falaise. Ges deux frères furent les
auteurs de deux rameaux.
Thomas de Ghennevières, écuyer, auteur du premier rameau,
épousa Anne Drieu. Il en eut lui-même deux fds : 1° noble homme
Thomas de Ghennevières, sieur de Saint-André, marié en octobre 1558
à Gilonne de Logey, qui continua la descendance ; 2° Jacques de
Ghennevières, sieur de la Valonnière, marié successivement en 1567
à Françoise du Merle et en 1573 à Glaude le Verrier, dont le petit-fds,
Louis de Ghennevières, sieur de la Valonnière, marié en 1649 à Marie
Billard de Ghampeaux, fut maintenu dans sa noblesse le 15 mai 1667
avec ses trois fils par jugement de^L de Marie, intendant d'Alençon.
François de Ghennevières, sieur de la Couture, fils de Thomas et de
Gilonne de Logey, épousa en mai 1 588 Françoise de la Forge. Il fut père
de Jacques de Ghennevières, Sgr et patron de Nointel, qui épousa
successivement en 1613 Françoise des Rotours et en 1641 Jacqueline
d'Harcourt, grand-père de Jacques de Ghennevières, Sgr de Nointel,
qui épousa en 16ul Charlotte Viel et qui fut maintenu dans sa noblesse
en même temps que ses cousins, le 15 mai 1667, par jugement de
M. de Marie, et bisaïeul de Charles de Ghennevières, Sgr de Nointel,
qui épousa le 11 janvier 1680 Françoise de Corday. Philippe-Charles-
Alexandre de Ghennevières, arrière-petit-fils de ce dernier, né en 1759
au château de Nointel, au diocèse de Séez, fit en 1777 ses preuves de
noblesse pour être admis parmi les chevau-légers. Il fut père de
Charles-Philippe, connu sous le titre de marquis de Chennevières-
Nointel, membre de l'Institut, directeur des Beaux-Arts, qui est décédé
en 1899 à l'âge de 78 ans laissant trois enfants de son mariage en 1849
avec M"* Lafontan, et grand-père d'Henri, marquis de Ghennevières,
qui a épousé en 1890 M"* Sangnier, petite-fille du célèbre avocat
Lachaud et sœur de M. Marc Sangnier, fondateur du Sillon.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 245
Le rameau cadet, issu de François, sieur de la Saussaye, fut main-
tenu dans sa noblesse le 13 août 4666 par jugement de M. de Marie.
On en trouvera un tableau généalogique dans les Dossiers bleus.
La branche des seigneurs de la Boisgentière était représentée sous
Louis XIV par Isaac de Chennevières, demeurant à Mutrécy, en
l'élection de Caen, marié en 1656 à Rolande Uouault, qui, lors de la
recherche de 1666, fut maintenu dans sa noblesse par jugement de
l'intendant Chamillart après avoir justifié qu'il était fds de Louis,
petit-fils d'autre Louis et arrière-petit-fils de Georges de Chennevières.
Une autre branche fut maintenue dans sa noblesse le 8 août 1667
par jugement de M. de Marie, intendant d'Alençon, après avoir justifié
sa filiation depuis Jean de Chennevières mentionné dans un acte
de 1503.
MM. de Chennevières et de Chennevières de Saint-Denis prirent part
en ilSQ aux assemblées de la noblesse du bailliage de Falaise.
La famille de Chennevières a fourni un page de la Grande Écurie
en 1756, de nombreux officiers, etc.
Principales alliances : des Rotours 1613, le Doulcet de Pontécou-
lant 1722, d'Orglandes, d'Harcourt 1641, Billard de Champeaux 1649,
1667, de Vanssay 1706, du Merle 1567, Testu de Balincourt, de
Corday 1680, de Trémaudan 1872, de la Haye d'Ommoy 1810, de
^'aucelles 1621, etc.
CHENON (Desmier de). Voyez : Desmier de Chenon, de Grosboust, de
LiGOUYER, dOlBREUSE, DU RoC ET DE SaINT-SiMON d'ArCHIAC.
CHENON de LÉCHÉ. Armes : (ïazur à trois canes d'argent, 2 eti. —
Couronne : de Comte.
Ancienne famille du Berry.
Luc Chenon (de Plancheron) possédait dès 1708 le fief noble de
Léché dont ses descendants ont conservé le nom.
Etienne-Luc Chenon, bourgeois de Saint-Janvrin, épousa dans les
dernières années du xvm" siècle M"^ Légier de la Chassaigne, fille
d'un lieutenant aux bailliage et comté de Chateaumeillant et héritière
des anciens fiefs nobles d'Aire et de Bord que leur descendance a
conservés jusqu'à nos jours.
On ne connaît pas à la famille Chenon de Léché de principe d'ano-
blissement et on ne voit pas qu'elle ait pris part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse du Berry.
Principales alliances : Légier de la Chassaigne, d'IIaranguier de
Quincerot, Goubault de Lavallas, etc.
La famille Chenon de Léché paraît n'avoir aucun rapport avec celle
-246 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Gabriel-François Chenon de Beaumont, né en 1741, conseiller élu
en l'élection du Mans, décédé en 1819, qui fut député du Tiers Etat
du Maine aux États généraux de 1789.
On trouve aussi qu'un Gabriel Chenon, Sgr de Brulon, prit part en
1789 aux assemblées de la noblesse tenues au Mans.
CHENU. Armes (d'après l'Armoriai général de 1696) : d'azicr à deux
griffons affrontés d'or, posés sur une tentasse de sinople ; au chef
cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or.
Famille de haute bourgeoisie, originaire de Vienne, en Dauphiné.
François Chenu, capitaine de la milice bourgeoise de Vienne, fit
enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696.
L'abbé Chenu était en 1867 aumônier et professeur de logique au
collège de Vienne.
CHENU-LAFITTE.
Famille de haute bourgeoisie, originaire de Bourg-sur-Gironde.
Antoine-Paul Chenu, né dans cette ville en 1837, décédé à Paris en
1882, fut un viticulteur distingué. Il avait épousé M"^ Lafitte dont il
joignit le nom au sien. Leur fils, Paul-Auguste-Rogcr Chenu, né à
Bordeaux le 7 avril 1866, récemment décédé, demanda le lo no-
vembre 1889 l'autorisation de joindre régulièrement à son nom celui
de Lafitte sous lequel il était connu. 11 reçut le titre héréditaire de
comte romain par bref de S. S. Léon XIII du 2o mai 1899. 11 avait
épousé M"" Péan, fille de l'illustre chirurgien.
Principales alliances : de Barbcrin 1845, Péan.
CHENU de PIERRY.
jNI. Pierre-Léon Chenu, ancien inspecteur des forêts à Briey,
demanda le 23 juin 1863 l'autorisation de joindre régulièrement à son
nom celui de : de Pierry que portaient ses père, aïeul et bisaïeul. Il
exerçait les mêmes fonctions à Saint-Etienne quand il renouvela sa
demande le 10 février 1865.
CHENU de MANGOU et de THUET. Armes primitives -.de... à une main
dextrc soutenue d'une nuée de...; au chef de... chargé de trois
coquilles de... — Dès la fin duxvii* siècle ces armes avaient été rem-
placées par celles de la famille Chenu de Charentonnay, origi-
naire de la même province, qui était alors fixée en Bourgogne : d'o?"
à un chevro7i d'azur acco)?ipagné de trois hures de sanglier de sable,
allumées et défendues d'argent, deux en chef et une en pointe.
La famille Chenu de Mangou appartient à la noblesse du Berry.
Elle ne doit pas être confondue avec la famille Corbin de Mangou, de
Dir.TIONXAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 247
la même province, qui s'est également perpétuée jusqu'à nos jours.
On en trouvera une généalogie dans les manuscrits de Chérin, au
Cabinet des Titres.
Ktiennc Chenu, docteur en médecine, auquel remonte la filiation,
mourut en 1537. Son fds, Claude Chenu, marchand à Bourges,
embrassa le protestantisme et fut tué en 1568. Il fut père de Jean
Chenu, né en 1559, célèbre avocat, auteur de plusieurs ouvrages de
jurisprudence, décédé en 1627.
Jean Chenu, sieur de Mangou, marchand à Bourges, ayant été élu
en 1644 échevin de cette ville, fit la déclaration qu'il voulait vivre
noblement et jouir de la noblesse héréditaire attachée à ses fonctions.
De son mariage avec Marie Hémeré, il laissa deux fds, noble Pierre
Chenu, sieur de la Jonchère, marié le 27 février 1639 à honnête fille
Gabrielle Chevalier, et Charles Chenu, sieur de Mangou, marié le
10 janvier 1652 à honnête fdle Catherine le Rasle, qui furent les auteurs
de deux rameaux. Lors de la grande recherche des faux nobles, com-
mencée en 1666, ces deux frères déclarèrent vouloir maintenir la
qualité d'écuyer comme fds de Jean Chenu, sieur de Mangou, échevin
de Bourges, qui avait acquis par cet emploi ladite qualité tant pour
lui que pour ses successeurs. Ils furent renvoyés devant le Conseil
d'État et contraints par arrêt de 1670 de payer une taxe pour jouir de
la confirmation des privilèges de leur noblesse. Leur parent, Claude
Chenu, demeurant à Bourges, fut, lors de la même recherche, con-
damné à l'amende comme usurpateur de noblesse.
Le premier rameau paraît être aujourd'hui éteint. Son auteur,
Pierre, fut père de Robert Chenu, écuyer, Sgr de la Grange-Bertrand,
né à Bourges, qui épousa à la Martinique en 1687 Madeleine Fizet.
Cette dame était veuve quand elle demanda en 1726 au Conseil supé-
rieur de la Martinique l'enregistrement de ses titres de noblesse. Elle
laissa trois fds, Jean-Baptiste, né en 1699, Claude, sieur de Prémo-
rand, né en 1700, et Michel, sieur de la Jonchère, né en 1706. L'aîné
de ceux-ci, Jean-Baptiste-Claude Chenu de Mangou, obtint le
7 mai 1753 l'enregistrement de ses titres de noblesse au Conseil supé-
rieur de l'île.
Charles Chenu, sieur de Mangou, auteur du second rameau, fut
père de Jean Chenu de Mangou, écuyer, Sgr de Thuet, demeurant à
Bourges, qui épousa le 10 octobre 1682 Catherine Ragneau, fille d'un
avocat à la Cour, grand-père de Joseph Chenu de Mangou, Sgr
de Thuet, capitaine au régiment de la marine, qui épousa à Bourges
en 1725 Catherine de Saint-Père, et bisaïeul de Jean Chenu de
Mangou, chevalier, Sgr de Thuet, chevalier de Saint-Louis, qui épousa
à Vierzon en 1 770 Marie-Thérèse du Teil, fille d'un chevalier de Saint-
248 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Louis. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse
qu'un fils de ce dernier, Adrien-Jean Chenu de Mangou, né à Vierzon
en 1770, fil en 1784, pour être admis à l'École militaire. Ce rameau
subsiste en Berry. 11 n'est pas titré.
André Chenu, écuyer, conseiller du Roi au présidial de Bourges ;
sa femme, Françoise Chenu ; Marie Busson, veuve de Charles Chenu,
écuyer, sieur de Mangou ; Jean Chenu, écuyer, sieur de Mangou et
de Thuet, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général de 1696.
MM. Chenu de Mangou, sieur de la Boullais, et Chenu de la Motte
prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse du Berry.
La famille Chenu de Mangou a fourni de nombreux officiers, des
chevaliers de Saint-Louis, des membres de la Légion d'honneur.
Principales alliances : Ajasson de Grandsaigne, le Gouz de Saint-
Seine 1896, Triboudet de Mainbray vers 1835, etc.
11 avait existé dans la même province une autre famille Chenu, de
noblesse plus ancienne, qui avait possédé, entre autres biens, la
seigneurie de Gharentonnay. La Thaumassière a donné une généalogie
de cette famille dans son Histoire du Berry. Il en fait remonter la
filiation à Louis Chenu, sieur de Charentonnay, marié à Robine
Aubert, dont le fils Jean Chenu, sieur de Charentonnay, demeurant à
Bourges, est mentionné dans des actes de 1481 et de 1488. Jean
Chenu, Sgr de Charentonnay, fils, ou petit-fils, du précédent, laissa
deux fils, Jean et Louis, qui turent les auteurs de deux branches.
La branche cadette, demeurée en Berry, s'éteignit avec Charles de
Chenu, Sgr d'Autry-la-Viile et de Corpoy, qui épousa d'abord en 1586
Madeleine Prévost, dame de Sanzay, puis Anne de Prie, et qui n'eut
que deux filles, une de chaque lit, mariées dans les familles Turpin
de Crissé et de Ligniville.
La branche aînée a été omise par la Thaumassière, mais la Chesnaye
des Bois en a donné une généalogie. L'auteur de cette branche,
Pierre de Chenu, Sgr de Charentonnay, épousa en deuxièmes noces,
en 1543, Avoye de Sailly. Il en eut un fils, François de Chenu, qui
vint se fixer en Bourgogne par le mariage qu'il contracta en 1574
avec Marguerite de la Rivière. La famille de Chenu fut admise en 1622
aux États de ce pays. Jacques de Chenu, Sgr de Souliaux et de Gas-
tine, arrière-petit-fils de François et de Marguerite de la Rivière, fut
maintenu dans sa noblesse le 26 mars 1667 par arrêt du Conseil
d'État; il eut un fils unique qui mourut sans postérité. Son frère,
Jean de Chenu, né en 16i0, marié le 13 mai 1672 à Jeanne de Marçay,
demeurant à Branches, au diocèse de Sens, laissa trois fils ;
Alexandre, Sgr en partie de Gastine, né en 1673, marié à Marie
Grandjean ; Edme, Sgr du Souchet, marié en 1738 à Marie-Madeleine
DICTIONNAIRR DKS FAMILLES FRANÇAISES 249
Piot, et Charles, Sgr de Boyeron, marié à Jeanne Michau. Ces trois
frères furent les auteurs de trois rameaux qui subsistaient à l'époque
de la Révolution et dont plusieurs représentants firent sous Louis XVI
des preuves de noblesse pour être admis à l'École militaire. On trou-
vera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse que Jeanne-
Suzanne de Chenu du Souchet, issue du second rameau, fit en 1783
pour être admise à Saint-Cyr. MM. de Chenu, père et (ils, et M. de
Chenu du Souchet prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Auxerrc.
On ignore si c'est à cette souche que l'on doit rattacher
M. Louis-Auguste Chenu de Corgy qui avait épousé Marguerite Guérin
d'Hormery, décédée en 1863, et dontlafille, Marie-Augustine, née en
1823 à Saligny-le-Vel, en Berry, épousa à Quincy en 1846 le baron
Chevalier d'Almont.
Il a existé en Anjou une famille Chenu, de noblesse ancienne, qui
portait pour armes : (ï hermines à U7i chef losange d'or et de gueules
de deux tires. Une branche de cette famille a possédé au xv* siècle
la seigneurie, ou principauté, d'Yvetot, en Haute-Normandie. Une
autre branche, qui possédait en Bretagne les seigneuries de Landor-
mière et de Clairmont, fut maintenue dans sa noblesse d'extraction
au diocèse de Nantes par arrêt du 19 janvier 1669. La branche des
seigneurs du Bas-Plessis, en la paroisse de Chaudron, en Anjou, eut
pour dernière héritière Renée Chenu, dame du Bas-Plessis, mariée
en 1668 à François de Villoutreys. La famille de Villoutreys possède
encore la terre du Bas-Plessis, aujourd'hui Plessis-Villoutreys.
Georges et Charles Chenu du Bas-Plessis furent admis dans l'Ordre
de Malte en 1597 et 1599.
CHEPPE (de). Armes : à' argent à un chewon d'azur chargé de cinq
larmes d'or et accompagné de trois coupes de gueules.
La famille de Cheppe, aujourd'hui éteinte, appartenait à la noblesse
de Lorraine. On en trouvera des généalogies dans les manuscrits de
Chérin et dans les notes de la Chambre des comptes du duché de Bar,
l'ouvrage de C.-P. de Longeaux pubhé en 1907 par le baron de
Dumast.
La filiation remonte à Pierre de Cheppe, ancien conseiller en
l'Hôtel de Ville de Bar-le-Duc, décédé en 1679. Honorable homme
Claude de Cheppe, marchand, fils du précédent, décédé à Bar en 1692,
fut dans les dernières années de sa vie receveur municipal et con-
seiller de l'Hôtel de Ville de cette ville. Son fils, Pierre Cheppe, né
en 1668, marchand, maire de Bar-le-Duc, marié en 1692 à Antoinette
Vaultier, fut anobli le 1" avril 1721 par lettres patentes du duc de
230 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Lorraine et obtint le 5 du même mois un arrêt de la Chambre des
comptes de Bar ordonnant l'enregistrement de ses titres de noblesse.
11 mourut à Bar l'année suivante laissant un fils, Jean-François de
Cheppe, écuyer, Sgr de Morville, Grosthcrme, etc., né en 1697,
marié en 1722 à Jeanne Magot, décédé en 1778, qui fut conseiller du
Roi en ses Conseils et qui fut nommé en 1734 son avocat général en
la Chambre des comptes de Bar. Jean-François de Cheppe eut, entre
autres enfants, trois fils : 1° Charles de Cheppe, Sgr de Broussay,
né à Bar en 1726, conseiller au Parlement de Metz en 17o3, décédé
dans sa ville natale en 1812, qui ne laissa que des filles ; 2° Jean-
François de Cheppe, né à Bar en 1728, chanoine de Saint-Pierre, qui
fut député du clergé de Bar à l'assemblée des notables en 1787;
3" Sébastien-Augustin de Cheppe, Sgr de Morville, né à Bar en 1735,
conseiller au Parlement de Metz en 1764, avocat général en la
Chambre des comptes de Bar en 1772, décédé dans cette ville en 1784,
qui épousa en 1772 M"* André, fille d'un receveur des finances à Bar,
et qui continua la descendance. Sébastien-Augustin de Cheppe eut
à son tour deux fils : 1° Claude de Cheppe, nommé en 1784, n'ayant
pas encore dix ans, avocat général en la Chambre des comptes de
Bar en remplacement de son père, plus tard percepteur à Schelestadt
et chevalier de la Légion d'honneur, décédé en 1847, dont le lils
demeura célibataire ; 2° Charles de Cheppe de Morville, né à Bar
en 1776, capitaine à larmée des Princes, chevalier de Saint-Louis,
décédé en 1860, qui épousa en 1803 M"^ de Rouyer. Ce dernier laissa
un fils, François de Cheppe, né en 1806, qui fut le dernier représen-
tant mâle de sa famille et qui mourut en 1887 sans avoir été marié. Il
eut aussi deux filles, M"'= Gossin, décédée en 1838, et M""= Génin,
décédée à Nancy en 1889.
Claude de Cheppe, avocat général en la Chambre des comptes de
Bar, Charles de Cheppe et Marie de Cheppe de Morville prirent part
en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Bar ; Charles Cheppe,
Sgr de Broussay et de Rollecourt, conseiller au Parlement de Metz,
prit part à celles tenues à Saint-Mihiel.
Principales alliances : Colin de Contrisson 1711, Boucher de
Morlaincourt 17o2, de Marion 1760, Geoffroy de Flévy 1786, le Fau-
cheux de Montrond 1790, de Blair 1789, Martin de Julvécourt 1791,
de Billaut 1763, d'Herpont 1767, Beaudet de Morlct 1795, de
Rouyer 1803, etc.
CHÉRADE de MONTBRON (de). Armes : d'azur à trois losanges d'or,
'1 et l. — Couronne : de Comte. — Supports : deux lions.
La famille de Chérade de Montbron appartient à la noblesse de
nir.rioNNAinr, ni:s familles phançaises 251
rAno-oumois. On en trouvera des généalogies dans les manuscrits
de Chérin, dans le Dictionnaire historique et généalogique des
familles du Poitou et dans l'Annuaire de la noblesse de 1908.
Clément Chéradc, auquel remonte la fdiation, était au milieu du
xvii" siècle marchand de drap de soie à Angoulème ; il réalisa tant
dans son commerce que dans la banque une fortune considérable.
Il avait épousé le 4 novembre 1642 Marguerite (aliàs Madeleine) Cla-
dier qui, étant devenue veuve, vendit pour le prix de 1.500 livres le
fonds de commerce de son mari. Il en eut, entre autres enfants, deux
iils dont l'aîné, Etienne, continua la descendance et dont le second,
Clément, lieutenant de maire d'Angoulôme en 1701, eut au moins une
lille mariée en 1730 à Joseph de Jarnac. L'aîné de ces deux frères,
Etienne Chérade, baptisé à Angoulème en 1662, était écuyer, con-
seiller du Roi, lieutenant général d'Angoumois et maire perpétuel
d' Angoulème quand il fit enregistrer son blason à l'Armoriai général
de 1696. Il fut anobli par la mairie d' Angoulème et fut, en outre,
pourvu le 16 janvier 1712 de l'office anoblissant de secrétaire du Roi
au Grand Conseil. Puissamment riche, il acquit successivement de la
maison de Loménie de Brienne en 1699, pour le prix de 150.000 livres,
le comté de Monlbron, un des plus beaux domaines de l'Angoumois,
de la maison de la Rochefoucauld les baronnies de Blanzac et de Mar-
thon et enfin en 1704 d'Anne d'Aumont, veuve de Gilles Fouquet, la
terre seigneuriale de Clervaux. Il avait épousé en 1694 Madeleine
Husson, d'une famille de Saintonge, qui lui survécut et qui se rema-
ria en octobre 1715 à Armand de Saint-Martin, conseiller au Parle-
ment de Paris. Son fils, Adrien-Etienne Chérade, connu sous le titre
de comte de Montbron, lieutenant général d'Angoulôme en 1730,
décédé dans cette ville en 1744, avait épousé en 1735 Louise Deval.
Il en eut, entre autres enfants, deux fils, Adrien- Alexandre-Etienne
et Pierre-Etienne, qui furent les auteurs de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Adriën-Alexandre-Étienne Chérade
de Montbron, connu sous le titre de marquis de Clervaux, né en 1731,
marié à Angoulème en 1759 à sa cousine Elisabeth le Musnier, veuve
de Jean de Lageard, marquis de Cherval, grand sénéchal d'Angou-
mois, obtint par lettres patentes de décembre 1766 l'érection en
comté de sa seigneurie de Montbron. Il laissa lui-même deux fils,
Ktienne-Pierre Chérade, comte de Montbron, connu sous le titre de
marquis de Montbron, né en 1762, conservateur des chasses du comte
d'Artois, maréchal de camp en 1823, marié à la Rochelle en 1787 à
M"*' Harouard, décédé en 1841 en son château de Clervaux, et Joseph
Chérade, connu sous le titre de comte de Montbron, né en 1768,
député de Bellac de 1820 à 1830, marié en 1802 à Louise de Gali-
252 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
gnon, décédé en 1832 en son château de Montagrier, qui furent les
auteurs de deux rameaux actuellement existants. Ces deux frères
avaient fait en 1783 les preuves de noblesse prescrites pour obtenir le
grade de sous-lieutenant. La descendance de l'aîné d'entre eux était
représentée de nos jours par Alexandre-Edouard de Chérade, comte
de Montbron, né à la Rochelle en 1846, conseiller général de la Cha-
rente-Inférieure, qui a eu trois fils de son mariage en 1871 avec M"^des
Méloizes.
L'auteur de la seconde branche, Pierre-Etienne de Chérade de
Montbron, décédé en 1804 au château de Brouille, avait épousé en
1760 M"* de Jovion de la Chassagne. Sa descendance était représentée
de nos jours par trois frères : 1° Alexandre, baron de Montbron, décédé
à Poitiers en 1881 sans avoir eu d'enfants de son mariage en 1867
avec M"*^ Ranson ; 2° Joseph-Auguste, né en 1833, chanoine honoraire
de Poitiers ; 3° Charles.
La famille de Chérade de Montbron a pris part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse de l'Angoumois, de la Saintonge, de la Basse-
Marche et du Poitou.
Elle a fourni de nombreux officiers.
Principales alliances : de Jarnac 1730, de Sartre, des Ruaux de
Rouffiac 1751, Fé de Boisragon 1743, Prévost-Sansac de Touchim-
bert 1770, Personne de Songeons, Drouyn de Lhuis 1813, Renaud
d'Avesne des Méloizes 1871, de Cressac 1901, Picot de Moras 1895,
Green deSaint-Marsaultl899, deCalignon 1802, duBurguct de Chauf-
faille 1830, de Martin du Tyrac de Marcellus 1863, 1891, de Rolland
de Blomac 188 i, de Sarcus 1906, Gay de Nexon 1892, etc.
CHERBONNERIE (Hardy de la). Voyez : Hardy de la Cherbonnerie.
CHÈRE (de la).
Famille sur laquelle les renseignements font défaut.
On trouve que N... de la Chère, écuyer, fil enregistrer son blason
à l'Armoriai général de 1696 (registre d'Agen; : (ï argent à un lion
de sable, couronné de gueules.
M. Bertrand-François-Julien de la Chère est décédé à Paris en août
1880 à l'âge de 66 ans laissant quatre enfants de son mariage avec
M'"^ Malhéus, décédée en 1890.
Principales alliances : de Cassin 1883, Malhéus.
CHÉREIL de la RI'VIÈRE. Armes : à'azur à un sautoir engreslé et
alésé d'' argent.
On trouvera une généalogie détaillée de la famille Chéreil de la
Rivière dans les Tableaux de la parenté de mes enfants du baron de
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 2tJ3
Saint-Pcrn. Cotte famille est honorablement connue depuis le
xvi« siècle dans l'ancien diocèse de Rennes, en Bretagne. Son nom
primitif était celui de Chérel. Jean Chérel, sieur de la Motte, auquel
remonte la filiation suivie, avait épousé vers 1542 Jeanne Beccan.
Son arrière-pptit-lîls, Mathurin Cliéreil, sieur des Vergers, avocat à
la Cour, marié à Jacquette Lévésque, résidait en 1642 dans sa maison
de la Rivière-Trélan, aujourd'hui la Rivière-Chéreil, sur le territoire
de la paroisse de Bourg-des-Comptes, que sa descendance a conservée
jusqu'à nos jours et dont elle a gardé le nom. Lors de la grande
recherche des faux nobles il se désista de ses prétentions nobiliaires
par acte du 10 septembre 1668. Il laissa deux fils dont l'aîné,
Mathurin, continua la descendance et dont le plus jeune, Hyacinthe,
religieux dominicain, mourut en odeur de sainteté à Rennes le 31 jan-
vier 1714. Mathurin Chéreil, sieur de la Rivière et de Réauté, né à
Bourg-des-Comptes en 1652, décédé à Rennes en 1735, fut conseiller
du Roi au présidial de Rennes, procureur général syndic de cette ville
en 1687, subdélégué de l'intendant et député des États de Bretagne
en 1715. Il avait épousé en 1681 Jeanne Drouet, d'une vieille famille
bretonne, anoblie dans la suite, qui est aujourd'hui connue sous le
nom de Drouet de Montgermont. Leur fils, André-Mathurin Chéreil,
Sgr de la Rivière et de Réauté, né à Rennes en 1682, conseiller au
siège présidial de cette ville, marié en 1720 à Perrine-Mathurine Gouin,
régularisa la situation nobiliaire de sa famille par l'acquisition qu'il
fit en 1738 de la charge anoblissante de secrétaire du Roi en la chan-
cellerie près le Parlement de Bretagne. Il conserva cette charge jus-
qu'à sa mort arrivée à Rennes en 1754. Mathurin-Pierre Chéreil, Sgr
de la Rivière, de la Réauté et de Pléhéban, fils du précédent, né à
Rennes en 1721, décédé en 1782, fut nommé en 1753 président en la
Chambre des comptes de Bretagne. Il résigna cette charge en 1778
en faveur de son fils aîné. Il avait épousé à Saint-Malo en 1751
M"« Banchereau. Il en eut deux fils, Mathurin-Paul Chéreil, Sgr de la
Rivière et de Pléhéban, né à Rennes en 1752, président en la Chambre
des comptes de Bretagne en 1778, marié à Lausanne à M"' Pascal,
décédé à Bourg-des-Comptes en 1811, et Paul-François Chéreil de la
Rivière, né à Rennes en 1767, marié dans cette ville en 1791 à
M"« Pinczon du Sel, décédée à l'île de France en 1805, qui furent les
auteurs de deux rameaux actuellement existants.
La famille Chéreil de la Rivière fut maintenue dans sa noblesse
en 1777 par arrêt du Conseil d'État.
Elle a fourni des officiers, un garde du corps sous la Restauration,
un sous-préfet à la même époque, etc.
Elle n'est pas titrée.
2rj4 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Principales alliances : Drouet Ue Montgermont 1681, 1707 et
vers 1785, de Saint-Pern 1715, Guyot d'Asnières 1805, de Vaucou-
leurs de Lanjamet 1834, de Freslon de la Freslonnière 1831, du Breil
de Pontbriand 1870, Pinczon du Sel 1791, du Fos de Méry vers 1830,
deKermarecl827,deKerretl86l,deTruchisl893,deVillèlel903, etc.
Il a existé au diocèse de Rennes, dans la même province, une autre
famille Cliéreil qui a possédé, entre autres biens, une seigneurie de
Mainteniac. Cette famille portait pour armes : de sable à un demi-vol
de vair.fEWe se désista de ses prétentions nobiliaires par acte du
17 décembre 1668 et paya une amende de cent livres. Un de ses
membres, Thomas Chéreil, fut reçu secrétaire du Roi en 1648; il rési-
gna sa charge en 1666.
CHÉRER de CABANES.
M. François Chérer, fds de Ferdinand Chérer et de Jeanne de
Cabanes, marié en 1861 à M"*^ d'Arjuzon, fut adopté par sa parente,
M"* Sabine de Cabanes, et se trouva ainsi en possession régulière
du nom de Chérer de Cabanes.
CHERET (de;. Armes : d'azu?' à un chevron d'or accompagné en
pointe d'un lion passant d'argent, armé et lampassé de gueules.
L'auteur de cette famille, Jean-Baptiste-François Chéret, était sous
Louis XM marchand orfèvre à Paris. Il avait épousé, vers 1755,
M"^ Grouvello, fille d'un autre marchand orfèvre. Leur fils, Louis-
Jean-Baptiste Chéret, né en 1760, propriétaire, marié à sa cousine,
M"* Grouvelle, fut anobli le 17 février 1815 par lettres patentes du
roi Louis XVIII. Il laissa plusieurs fils. L'aîné de ceux-ci, Achille de
Chéret, était en 1843 capitaine adjudant du palais des Tuileries; il
n'eut que des filles dont l'une, Zoé -Caroline, épousa en 1847
M. Pierre Délavai. M""^ Délavai, née Chéret, eut à Saint-Germain-en-
Laye, le 5 novembre 1857, un fils, Achille-Gaston, qui, ayant été désa-
voué par M. Délavai, fut inscrit à l'état civil, par jugement recti-
ficatif du 5 août 1859, sous le nom de : de Chéret, appartenant à la
famille de sa mère. Mais, par décret du 27 décembre 1879, ledit
Achille-Gaston de Chéret, alors instituteur, fut autorisé à substituer
à son nom celui de Valran.
CHERFILS. Armes : à azur à une fasce d'or, chargée d'un croissant
de gueules, accosté de deux étoiles d'azur, et accompagnée en chef
de trois arbres d'argent, posés 2 erl, et en pointe d'un cerf passant
du même. — Couronne : de Marquis. — Supports : deux lévriers
d'argent, colletés de gueules. — Devise : Paratus sum.
Famille d'honorable bourgeoisie de la Haute-Normandie dont on
DICTIONNAIRK DKS FAMILLES FRANÇAISRS 255
trouvera une généalogio dctaillôc dans le Nobiliaire universel de
M. de ÏNIag-ny. Cet aulciir attribue aux Cherfils une très ancienne
origine et mentionne un Thomas Cherfils qui, en 1449, était archer
des ordonnances du Roi. Il fait remonter la filiation à Jean-Baptiste
Cherfils de Saint-Adam qui, dans la première moitié du xvii<^ siècle,
fut capitaine des chasses du Roi à la Meilleraie, puis à Bosville, près
de Cany.
Maître Jean-Baptiste Cherfils, né à Bosville en 1705, marié succes-
sivement à Anne Dufour et à Marie Delaune, était sous Louis XV
notaire et procureur au bailliage de Cany. Son fils du second lit,
Jean-Baptiste-Michel Cherfils, né en 1737, avocat, pourvu en 1772
de la charge de procureur du Roi aux bailliage et vicomte de Cany,
fut élu député du Tiers État du bailliage de Caux aux États généraux
de 1789 ; il laissa un fils, Auguste-Victor, né en 1764. Jean-Baptiste
Cherfils, né en 1731 du premier mariage de Jean-Baptiste avec
Anne Dufour, épousa à Rouen en 1772 M"* Guérard. 11 fut l'arrière-
grand-père de Jean-Baptiste-Alphonse Cherfils, né à Rouen en 1836,
qui a épousé en 1856 M"^ Brindejonc de Bermingham. Jean-Baptiste-
Ghristian Cherfils, fils des précédents, a épousé en 1882 M"^ Lafargue
de Grangeneuve.
CHERGÉ (de). Armes : à' azur à une fasce cV argent chargée de trois
étoiles de gueules. — Devise : Recté semper.
Le château de Chargé, en latin de Carriaco, situé sur le territoire
de la paroisse de Razines, dans l'ancienne baronnie de Faye-la-
Vineuse, en Touraine, avait au moyen âge des seigneurs à la famille
desquels il donna son nom. Cette famille de Chargé, dont le nom est
mentionné dans un assez grand nombre de chartes des xiii^ et
xiv" siècles, portait pour armes : de sable semé d'étoiles d'argent, aie
lion du même. On lui attribue aussi les armes suivantes : d'argent à
un chef de gueules. D'après la tradition elle fut la souche d'un certain
nombre de familles de Chargé, ou de Chergê, qui ont appartenu à la
noblesse de l'Angoumois et du Poitou et dont Beauchet-Filleau a
donné la généalogie dans son Dictionnaire historique et généalogique
des familles du Poitou.
La seule de ces familles qui se soit perpétuée jusqu'à nos jours
porte les armoiries décrites en tête de cet article. Elle est connue en
Angoumois depuis la fin du xv® siècle. Elle possédait dès cette époque
l'hôtel de Chergé, en la paroisse de Mornac. Pierre de Chergé,
écuyer, auquel remonte la filiation, avait épousé Jeanne de Chambes,
ou de Jambes, qui reçut une donation de ses parents par acte du
15 février 1489. 11 passa un bail à rente le 10 novembre 1523. Il fut
56 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
père de Louis de Chargé, écuyer, Sgr de Ghergé et de Mornac, men-
tionné dans urt certain nombre d'actes du milieu du xvi^ siècle,
qui épousa Jeanne Seguin par contrat du 26 septembre 1532, grand-
père de Charles de Chergé, écuyer, Sgr de Chergé, qui épousa le
i5 octobre lo71 Françoise Ribier, et bisaïeul de Cybard de Chergé,
Sgr dudit lieu, qui épousa à Jarnac en 1597 Elisabeth de Montalem-
bert. Jean de Chergé, Sgr duditlieu et de Mornac, l'aîné des petits-fils
de ce dernier, vint se fixer en Poitou après le mariage qu'il contracta
à Poitiers, en 1661, avec Marie Fourestier; il fut maintenu dans sa
noblesse le 6 août 1667 par jugement de M. de Barentin, intendant
de la province ; il laissa un fils, Robert, qui paraît être mort sans
alliance, et deux filles, dont l'aînée, héritière de la seigneurie de
Chergé, épousa successivement^.... Audouard, écuyer, Sgr du Pain,
et N.... Navarre. Son frère puîné, Jacques de Chergé, demeura fixé en
son logis de Mornac, en Angoumois ; il épousa d'abord en 1668
Antoinette Desmier, puis en 1674 Jeanne Jourdain, fut maintenu dans
sa noblesse avec ses enfants le 19 décembre 1697 par jugement de
M. de Bernage, intendant de Limoges, et mourut le 3 mai 1716. 11
laissa deux fils, François de Chergé, né du premier lit, marié succes-
sivement en 1695 à Marie Reynaud et en 1706 à Catherine Petit, et
Jean de Chergé, Sgr dudit lieu et de Marbœuf, né du second lit,
marié successivement en 1708 à Marie-Madeleine David, dont il
n'eut pas d'enfants, et en 1738 à Jeanne Regnaud. Ces deux frères ont
été les auteurs de deux rameaux qui se sont perpétués jusqu'à nos
jours.
Charles de Chergé, Sgr de Villognon, chef du rameau aîné, et son
frère, François de Chergé, sieur de Fonbaillon, prirent part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Angoulême ; le second
d'entre eux prit également part à celles tenues à Poitiers.
La famille de Chergé n'est pas titrée.
Elle a fourni de nombreux officiers et un historien distingué,
M. Charles de Chergé, né en 1814, issu du second rameau, décédé
en 1885.
Principales alliances : de Lubersac lo73. Fouchier vers 1625, de
Montalembert 1597, d'Arcemalle 1645, Desmier 1668, d'Angély de la
Salle et de Rochebrune 1733 et 1808, de Fleury 1755, 1760, de
Lauzon 1776, de Beaupoil de Saint-Aulaire 1810, du Chassaing de
Ratevoult 1839, Dumas de Champvallier 1818, de Juglart 1838, de
Manny 1845, de Villedon 1784, de Chevreuse 1817, de la Porte du
Theil 1843, de la Fare 1874, de Ladmirault 1841, de Jouvenel 1868,
1875, Doé de Maindreville 1901, de Lasteyrie du Saillant 1906, etc.
On a vu plus haut qu'il avait existé en Poitou et en Angoumois
DICTIONNAIRE DFS FAMILLES FRANÇAISES 257
plusieurs autres familles de Chargé, ou de Cherg6. Malgré la diffé-
rence des armoiries ces familles paraissent avoir eu dans le passé
une origine commune avec celle dont il vient d'être parlé et des-
cendre comme elle de celle des anciens seigneurs de Chargé, en
Touraine.
La plus en vue de ces familles a possédé les seigneuries d^ la Bro-
chetiére, de la Rivière-Marteau, de la Martinière, du Ruau-Persil, etc.,
situées sur les confins du Poitou et de la Touraine. Elle portait pour
armes : d'argent au chef de gueules. Beauchet-Filleau en donne la
fdiation depuis le milieu du xv« siècle. Elle était représentée au com-
mencement du xviii^ siècle par deux rameaux. L'un de ces rameaux,
maintenu dans sa noblesse le 1" septembre 1666 par jugement de
Voysin de la Noiraye, intendant de Tours, eut pour derniers représen-
tants Louis-Jean de Chergé, Sgr de la Martinière, baptisé en 1713, et
son frère, Jean-Nicolas, Sgr de la Brochetière, baptisé en 1714.
L'autre rameau s'éteignit en la personne de René de Chergé, Sgr de
la Mansellière, qui fut maintenu dans sa noblesse le 30 septembre 1751
par jugement de M. de Chauvelin, intendant de Tours, et qui mourut
peu de temps après laissant plusieurs filles.
Une famille de Chargé, ou de Chergé, a possédé la seigneurie de
Langle, en Poitou. Beauchet-Filleau en donne la fdiation depuis
Huguet de Chergé, écuyer, Sgr de Langle, qui reçut un aveu le
5 décembre 1477. Cette famille paraît avoir eu pour dernier représen-
tant Armand-Jean de Chergé, Sgr de Langle, qui mourut à l'âge de
57 ans le 17 avril 1742.
Une autre famille de Chergé a possédé les seigneuries de Buxeuil-
sur-Creuse et de la Noraye. Cette famille portait pour armes : d'ar-
gent à un chef de sinople chargé de trois étoiles d'or. Beauchet-
Filleau en fait remonter la filiation à Jean de Chergé, Sgr de
Buxeuil, dont le fils, Georges, fit un partage le 1" novembre 1490 avec
son oncle, Jean, le jeune, de Chergé, Sgr de la Noraye. Cette famille
paraît s'être éteinte avec Pierre de Chargé, ou de Chergé, So-r de la
Noraye, dont la fille, Elisabeth-Madeleine, épousa le 22 janvier 1641
Louis de Couhé de Lusignan.
CHÉRISEY (de). Armes : coupé d'or et d'azur, le premier chargé d'un
lion issant de gueules, armé, lampassé et couronné de même. —
Couronne : de Marquis. — Cimier : un lion issant de gueules, cou-
ronné de même. — Supports : deux lions. — Devise : Toujours tout
droit.
La maison de Chérisey est une des plus considérables de l'ancienne
noblesse chevaleresque de la Lorraine. Elle tire son nom d'une terre
X. 17
2o8 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
importante située en Barrois, sur les confins de la Lorraine et de
l'évêché de Metz. Elle n'a jamais cessé de posséder cette terre
depuis les temps les plus reculés du moyen âge jusqu'à nos jours.
Une tradition, qui ne sappuie, du reste, sur aucune preuve, fait
descendre la maison lorraine de Chérisey d'une famille de Chérisy
qui a occupé au moyen âge un rang brillant dans la noblesse du
Laonnais. Gérard de Chérisy, Sgr de Quierry, après s'être distingué
à la première croisade, fut assassiné le 12 janvier 1110 dans la
cathédrale de Laon. Cette famille de Chérisy portait pour armes :
d'or à une fasce d'azur. Elle s'éteignit avec Clémence de Chérisy
qui épousa en 1308 Erard de Montmorency.
Henri, Sgr de Chérisey, et son fils Renaud suivirent à la troisième
croisade Henri II, comte de Bar, et Hugues III, duc de Bourgogne,
qui se rendirent caution pour eux, le premier à Messine en 1190, le
second à Saint-Jean-dAcre en 1191. Le nom et les armes de ces
deux gentilshommes ont été inscrits aux Salles des Croisades du
musée de Versailles.
Le marquis de Chérisey fut admis aux honneurs de la Cour le
5 janvier 1767. Le généalogiste des Ordres du Roi, chargé d'examiner
les preuves de noblesse qu'il dut faire en cette circonstance, fit un
mémoire qui est conservé dans les manuscrits de Chérin. Ce mémoire
commence en ces termes : « Cette maison a pris son nom d'une terre
« située au diocèse de Bar qu'elle a conservée en franc-alleu jusqu'à
« l'année 1400 et à ce caractère de possessions qui prouve l'illustra-
« tion de son origine, elle réunit les avantages de l'ancienne
« chevalerie. Elle est connue depuis Renaud de Chérisey, chevalier,
« que Henri V, comte de Salm, qualifie monseigneur dans un acte
« de l'année 1276 et qui fut père d'Henri de Chérisey. chevalier, qui
« fit hommage au comte de Bar de l'avouerie de Chérisey en 1323.
« Dès lors cette maison était partagée en plusieurs branches. La
« filiation de celle qui fait le sujet de ce mémoire est établie depuis
« Perrin, surnommé le Lombard, dont le fils Jean II fit hommage au
« duc de Lorraine le 15 mars 1400 de ce qui lui appartenait en celte
« terre qu'il déclara avoir été tenue jusque-là en franc-alleu. Il
« mourut avant l'année 1441 laissant de Catherine de Warney Chris-
« tophe de Chérisey, Sgr en partie de Chérisey, lequel épousa
« 1° Marie de Florainville ; 2° avant l'année 1467 Marie de la Tour. Il
« eut de celle-ci, entre autres enfants, Varin de Chérisey, Sgr de
« Chérisey, qualifié honoré seigneur, qui était marié en 1528 avec
« Anne de Montormentier. De ce mariage vinrent Jean de Chérisey,
« qui suit, et deux filles religieuses à Saint-Pierre et à Sainte-Marie de
« Metz. Jean de Chérisey, Sgr de Chérisey, etc., épousa en premières
DICTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES 259
« noces Anloinelte de Bassompierre, f^rand-tanle du maréchal de
« Bassompierre, et en secondes Nicole de Housse, fille de Robert,
« Sgr de Ferment, et de Marguerite d'Espinal. Il mourut avant l'an-
« née 1574 laissant de sa deuxième épouse Christophe, qui suit, et
« Nicolas, Sgr du Mesnil-la-Tour, qui commanda une compagnie
« de chevau-légers sous M. le duc de Guise et eut de Catherine d'Ys-
« soncourt René de Chérisey, reçu chevalier de l'Ordre de Malte en
« 1619 et depuis commandeur de Chalon-sur-Saône... »
Charles de Chérisey, petit-fds de Christophe, fut commandant de
la compagnie des gardes du duc de Lorraine ; il s'apparenta brillam-
ment par son mariage avec Françoise d'Ernecourt, fdle du baron de
Montreuil. Son iils, Louis, né à Metz en 1667, décédé en 1750, fut
connu le premier sous le titre de marquis de Chérisey qui depuis
lors a été conservé par le chef de la maison de Chérisey. Il eut une
belle carrière militaire, fut lieutenant général des armées du Roi
et grand-croix de Saint-Louis et commanda toutes les maisons du
Roi pendant la campagne de 1743-1744. Il était gouverneur du fort
Saint-Jean de Marseille ; ses descendants conservèrent cette charge
jusqu'à l'époque de la Révolution. Il laissa deux fds et une fdle qui
épousa successivement deux représentants de l'illustre maison du
Lau d'Allemans. Son petit-fds, Charles-Louis, marquis 'de Chérisey,
lieutenant général des armées du Roi, grand-croix de Saint-Louis,
gouverneur du fort Saint-Jean, à Marseille, décédé en 1827, prit part
en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Pont-à-]\Iousson. Il
avait épousé en 1781, par contrat signé du Roi et de la Famille
Royale, Anne le Sénéchal, sœur de la marquise d'Audiffret et de la
comtesse de Meffray, décédée à Metz en 1854. Il en eut deux fds, Pros-
per, marquis de Chérisey, maréchal de camp, commandeur de la
Légion d'honneur, marié en 1 818 à M"^ Leroy de Lisa de Chateaubrun,
décédé en 1837, et Victor, comte de Chérisey, officier de la Légion
d'honneur, marié en 1820 à M''*^ Cottin de Joncy, décédé en 1873, qui
ont été les auteurs de deux rameaux actuellement existants.
La maison de Chérisey a fourni des lieutenants généraux des
armées du Roi, des maréchaux de camp, des chambellans des ducs
de Lorraine, des chanoinesses des chapitres nobles de Bouxières, de
Saint-Louis de Metz, de Remiremont, etc.
Principales alliances : d'Anglure, de Saint-Astier, de Chamisso,
du Chatelet, d'Ernecourt, du Lau d'Allemans, de Bassompierre,
d'Hunolstein 1789, de Ludre, de Ligniville. de Rarécourt de la Vallée
de Pimodan, de Gournay, van der Straten-Ponthoz 1840, O'Gorman
1890, de Fontanges 1846, de Grasse, de Fayet 1891, du Hautoy, de
Lannoy 1902, etc.
•260 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHERRIER (de). Armes : d'or à une bande losangée de gueules et d'ar-
gent, accompagnée en chef d'une étoile de gueules, sm^montée de
deux roses du même, et en pointe d\in lévrier de sable, la patte
appuyée sur la poigjiée d'une épée de sable posée en pal.
L'auteur de cette famille, Jean-Claude Cherrier, né en 1752 à Neuf-
château, en Lorraine, était fils de monsieur Claude-Joseph Cherrier,
avocat du Roi, et d'Anne-Françoise Pollier. Il était depuis 1780 lieu-
tenant générai civil et criminel au bailliage de Neufchàteau quand il
fut élu député aux États généraux de 1 789 par le Tiers Etat du bailliage
de Mirecourt. Il fut plus tard élu député suppléant des Vosges à la
Convention et fut admis à siéger dans cette assemblée après l'exécu-
tion du conventionnel Noël. Il fut encore député des Vosges sous
le Premier Empire et sous la Restauration, fut anobli le 3 sep-
tembre 1814 par lettres patentes du roi Louis XVIII et mourut à Neuf-
chàteau en 1823. De son mariage avec Marthe Henri de Beaumont il
avait eu une fille, M""^ Saulnier, décédée en 1854, qui fut mère de la
comtesse de Melfort, et deux fds, Claude-Hyacinthe et Claude-
Joseph. Ceux-ci furent confirmés dans la noblesse accordée à
leur père, l'aîné par lettres patentes du roi Charles X du 29 avril 1826,
le second par lettres patentes du môme prince du 7 juillet 1825.
Claude-Hyacinthe de Cherrier, né en 1783, marié en 1811 à M"* de
Pampelonne, eut un fils, Paul, né en 1819, décédé en 1870, qui fut
inspecteur de première classe des eaux et forets en Algérie et qui a
laissé plusieurs filles. Son frère, Claude-Joseph de Cherrier, né en
1785, officier démissionnaire en 1830, membre de l'Académie des
Inscriptions et Belles Lettres en 1854, officier de la Légion d'honneur,
décédé en 1872, ne paraît pas avoir laissé de postérité de son mariage
avec M"* Buret. Paul Cherrier, mentionné plus haut, avait été autorisé
le 2 novembre 1865 par décret de Napoléon III a faire régulièrement
précéder son nom de la particule de.
CHÉRUBINI.
L'illustre compositeur de musique Louis-Zenobi-Salvatore Chérdbini
était né en 1760 à Florence où son père était professeur de musique.
Il vint en 1788 se fixer en France, y épousa, le 23 germinal an II,
Cécile Tourctte, fut nommé en 1816 surintendant de la musique du
Roi, fut admis à l'Institut et mourut à Paris le 15 mars 1842. Il avait
eu deux filles et un fils. Celui-ci, Salvatore-Louis Cherubini, était
né le 29 brumaire an X au Conservatoire de musique de la rue Ber-
gère, à Paris; il fut inspecteur des Beaux-Arts, épousa en 1844
M"' Marcotte de Quivières et mourut à Neuilly en 1869 laissant
deux fils, aujourd'hui l'un et l'autre décédés.
niCTIONNAinF, DF.S FAMILLES FRANÇAISES 261
CHERVILLE (Pécou de). Voyez : Pécoc de Cherville.
CHÉRY (Capdepon deBigude). Voyc/c : Gapdepon de Biou de Chéry.
CHÉRYE ( Quecq de la). Voyez : Quecq de la Chérye et d'IIenripret.
CHÈSE (Lanoaille de la). Voyez : Lanoaille de Lachèse.
CHESNAIS (Houittede la). Voyez : IIouitte de la Chesnais.
CHESNARD de BOUSSEY (de). Armes : d'azur à trois marmites d'or,
HetX.
La famille de Chesnard de Bodssey appartient à la noblesse de l'an-
cien diocèse d'Évreux, en Normandie, Elle a pour premier auteur
Jean Chesnard qui, en 1449, était notaire juré du Roi. Noble homme
Éloi Chesnard était en 1581 maréchal des logis de la vénerie du
Roi.
M. de Chesnard, sieur de Beauregard et des Gast, en l'élection
dÉvreu.K, fut maintenu dans sa noblesse le 26 octobre 1666 par juge-
ment de M. de la Gallissonnière, intendant de Rouen.
Antoine de Chesnard, écuyer, Sgr de Boussey, fit enregistrer son
blason à l'Armoriai général de 1696 (registre d'Évreux).
M. Chesnard du Boussey se fit représenter en 1789 aux assemblées
de la noblesse du bailliage de Pont-Audemer.
Jacques-Louis de Chesnard, officier de la maison du Roi en 1814,
marié à M"^ de Guenet, fut connu le premier sous le titre de comte
de Boussey, conservé depuis lors par le chef de la famille.
Jacques-René de Chesnard, comte de Boussey, né en 1829, marié
en juillet 1861 à M"* de Keating, avait vainement demandé le
30 juillet 1860 l'autorisation de joindre à son nom celui de : Lorraine.
Il a existé en Maçonnais une famille Chesnard, fort distinguée, qui
portait pour armes : d'argent à un chêne de sinople englanté d'or,
les branches entrelacées et passées en sautoir; au chef d'azur chargé
de trois coquilles d'or. Cette famille a possédé, entre autres biens, la
seigneurie de Layé. Elle descendait de Benoit Chesnard qui, en 1535,
était prévôt de Saint-André-le-Désert. Plusieurs de ses représentants,
Pierre Chesnard, Sgr de Salornay, colonel de la milice bourgeoise
de la ville de Mâcon ; Salomon Chesnard, Sgr de Saint-Léger et de
Faisé, conseiller du Roi, lieutenant général au bailliage et siège pré-
sidial de jNIàcon ; Philibert Chesnard, chantre et chanoine de l'église
de Mâcon; Claude Chesnard deMontrouge, écuyer, gentilhomme de
la vénerie du Roi, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général
de 1696. Un autre, Louis Chesnard, fut pourvu le 2 septembre 1718
de la charge de secrétaire du Roi près la Chambre des comptes de
262 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Dôle. Pierre Chesnard, baron de Layé et de Vinzelles, fut président
à mortier au Parlement de Dijon dans la seconde moitié du xviii* siècle ;
sa fille, Antoinette, épousa vers 1765 Ferdinand, marquis de Moyria-
Chàtillon, maréchal de camp en 1788. Pierre-Anne Chesnard de
Layé, Sgr de Fuisse et de la Tour de Romanèches ; Pierre-Elisabeth
Chesnard de Layé, baron de Vinzelles ; Emmanuel-Aimé Chesnard
de Montrouge ; Àbel-Michel Chesnard de Layé, chevalier de Saint-
Louis, prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Màcon. Cette famille paraît s'être éteinte en la personne de Gabrielle-
Sidonie Chesnard de Vinzelles mariée en 1819 à Charles-Jérôme
Béraud de Resseins.
CHESNARDIÈRE (^^Couyer de la). Voyez : Coûter delà Chesnardière.
CHESNAY (Berthelot du). Voyez : Berthelot du Chesnat et des Vergers.
CHESNAYE (Leron de la). Voyez -. Leron de la Chesnaye,
CHESNAYE (d'Ennery de la). Voyez : d'Ennery de la Chesnaye.
CHESNAYE (de la), en Poitou. Armes : d'argent à trois chevrons de
sable. — Aliàs : de sable (ou d'azur) à trois chevrons d'argent (ou
d'or).
La famille de la Chesnaye, complètement éteinte en 1887, apparte-
nait à l'ancienne noblesse du Poitou. Beauchet-Filleau en a donné une
généalogie complète dans son Dictionnaire historique et généalo-
gique des familles du Poitou.
Cet auteur la croit originaire des environs de Saumur et lui attribue
pour premier auteur connu un Jean de la Chesnaye, chevalier, qui,
vers 1270, échangea avec Eustache Doré, bourgeois de Saumur, un
fief situé à Mestré, près de Montreuil-BoUay. Henri-René et Jean
de la Chesnaye furent présents à une montre de la noblesse d'Anjou
réunie à Chemillé le 18 décembre 1470. Beauchet-Filleau fait remonter
la filiation suivie à Pierre de la Chesnaye, écuyer, qui donna un bail
à ferme le 24 août 1444 et qui obtint le 27 janvier 1459 des lettres
royaux de sauvegarde. Ce gentilhomme avait épousé Jeanne Augour
dont il eut plusieurs enfants. Laîné de ses fils, Etienne de la Ches-
naye, qui continua la descendance, rendit aveu de ses terres le
10 décembre 1467 et passa un acte le 8 juin 1487 conjointement
avec sa femme, Jeanne d'Orvau. Il fut l'arrière-grand-père d'Hector
de la Chesnaye, écuyer, Sgr de laRipaudièreetdcLaunay, qui épousa
le 9 janvier lo34 Madeleine Scollin et auquel seulement les jugements
de maintenue du xvif siècle font remonter la filiation suivie. Gilles de
la Chesnaye, écuyer, Sgr de Barré, fils aîné du précédent, sortait des
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 263
pages de la duchesse de Savoie et était âgé de 24 ans quand il obtint
du roi Charles IX des lettres de rémission pour un meurtre qu'il avait
involontairement commis. II fut lui-même père de Florimond de la
Chcsnaye, SgrdcBarrc,(lesPinsetdeGalery, qui épousacn 1596 Anne
du Bec. Celui-ci laissa quatre fds : 1" Roland, Sgr des Pins, au bail-
liage de Blois, dont la veuve, Catherine Lecomte, fut maintenue dans
sa noblesse le 6 décembre 1667 par jugement de M. de Machault,
intendant d'Orléans; 2° Henri, Sgr de la Roche des Pins, demeurant
en l'élection de Richelieu, qui fut maintenu dans sa noblesse le
21 mai 1669 par jugement de Voisin de la Noiraye, intendant de
Tours; 3° Jacques; 4° autre Jacques, Sgr du Gué, né en 1609, qui
épousa en 1630 Renée de Gréaume et qui continua la lignée.
Un descendant de ce dernier, Louis-Charles de la Chesnaye des Pins,
Sgr de la Bonnière, du Clouzeau, etc., prit part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse du bailliage de Châtellerault.
Pierre-François de la Chesnaye, fds du précédent, décédé en 1843,
avait épousé à Châtellerault en 1790 M"° de Bruce. Il en eut trois
enfants qui furent les derniers représentants de leur famille : 1° Jules-
René, né en 1794, décédé sans alliance ; 2° Clémence, née à Londres
en 1797, mariée à M. de la Loge de Saint-Brisson, décédée à Poitiers
en 1874; 3° Athénaïs, mariée à Etienne de David, baron de Saint-
Hilaire, décédée à Tours en 1887. Son petit-fils, M. Georges de la Loge
de Saint-Brisson, marié à M"^ de Gaudechart, puis en 1893 à M"^ Mal-
vezzi, a relevé le nom de la famille de la Chesnaye.
La branche des seigneurs de Puymorin fut maintenue dans sa
noblesse le 14 août 1700 par jugement de M. de Maupeou, intendant
de Poitiers, et s'éteignit peu de temps après. Elle paraît avoir eu pour
auteur un Antoine de la Chesnaye, Sgr des Mées, qui était fds cadet
d'Hector de la Chesnaye et de Madeleine Scollin, mentionnés plus
haut.
La famille de la Chesnaye a fourni de nnmbreux officiers.
Principales alliances : Quirit, de Montgomery 1512, de Menou 1669,
Gaborit de la Brosse, de Bruce 1790, de la Loge de Saint-Brisson, de
David de Saint-Hilaire, de Vasselot 1637, etc.
Il a existé au diocèse de Vannes, en Bretagne, une famille de la
Chesnaye qui portait pour armes : d'argent à trois roses de gueules
et une feuille de chêne de sinople en abîme. Cette famille avait eu
pour berceau une seigneurie de son nom située dans la paroisse de
Sérent. Elle figura de 1426 à 1536 aux reformations et montres de la
noblesse du diocèse de Vannes et fut maintenue dans sa noblesse
d'extraction, par arrêt du 6 septembre 1670, sur preuves de neuf géné-
rations. Elle paraît avoir eu pour dernier représentant Jacques-
264 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Joseph de la Chesnaye d'Estimbrieuc, baptisé en 1751 à la Trinilé-
Porhoet.
11 a existé aussi en Normandie une famille de la Chesnaye qui por-
tait pour armes : ô. argent à une bande d' azur chargée de trois crois-
sants d'or et accompagnée de trois glands de sinople, 2 eM. Cette
famille fut maintenue dans sa noblesse le 20 avril 1607 par jugement
de M. de la Gallissonnière, intendant de Rouen, après avoir justifié
sa descendance de Guillaume de la Chesnaye, sieur des Hayes,
demeurant à Rouen, qui fit son testament le 14 décembre 1497 et
dont le fds, noble homme Guérin de la Chesnaye, homme d armes de
la compagnie de messire Jean Martel, Sgr de Bouqueville, épousa le
14 décembre 1495 Marguerite le Conchois.
CHESNE de FLAIGEY.
M. Chesne, juge au tribunal de Gray, demanda le 24 janvier 1865
laulorisation de joindre régulièrement à son nom celui de : de
Flaigey sous lequel il était connu et qu'avaient porté ses ancêtres.
Un M. Chesne de Flaigey, peut-être le même que le précédent,
épousa en 1864 M"® Marguerite-Adélaïde de Rehez de Sampigny
dissoncourt.
Celte famille Chesne, ou Chesne de Flaigey, sur laquelle on n'a pu
se procurer que des renseignements insuffisants, paraît être distincte
d une famille Chesne qui, sous Louis XIV, occupait un rang distingué
en Bourgogne. Cette dernière famille portait pour armes : écartelé :
aux 1 et 4 d'argent à un chêne de sinople surmonté de trois étoiles de
gueules : aux 2 e/ 3 d argent à trois corbeaux de sable tenant chacuii
par le bec et les pattes une cigale de sinople. Elle avait pour auteur
Nicolas Chesne, servant près la personne du duc de Mercœur, gou-
verneur de Provence, qui fut anobli par lettres de mai 1656 en
récompense des services qu'il avait rendus dans cette province pen-
dant les troubles de la Fronde. Un édit d'août 1664 ayant révoqué
tous les anoblissements concédés depuis 1611, la famille Chesne se
lit accorder en 1668 des lettres de confirmation de noblesse. Elle fut
admise en 1671 aux États de Bourgogne. Plusieurs de ses représen-
tants, Henriette Lambert, veuve de Jean Chesne, avocat à la Cour ;
Jacques Chesne, bourgeois de Saint-Jean-de-Laone, Jean-Bernard
Chesne, avocat, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général de
1696 (registre de Dijon). La famille Chesne paraît s'être éteinte au
cours du xviii'' siècle et ne figure pas au nombre de celles qui prirent
part en 1789 aux assemblées de la noblesse de Bourgogne.
CHESNE (de Ferron duj. Voyez : Ferron du Chesne, de la Vairie, de l'Es-
CHAPT ET DE LA SlGONXlÈRE (dE)
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 26b
CHESNE (Chesnier du). Voyez : Chesnier du Chesne,
CHESNE (du). Armes : d'azur à un chevron d'hermines accompagné
en chef à dexire d'une branche de lis de jardin et à séïiestre dune
branche de chêne d'or et en pointe dun chien braque couché d'ar-
gent.
La famille Duchesne, aujourd'hui du Chesne, descend d'Etienne
Duchesne, avocat au Parlement, qui avait épousé vers 1775 Anne-
Agathe Berthier. Etienne Duchesne, fils des précédents, né en 1777
à Nemours, maire de Saint-Pierre-lès-Nemours, membre du collège
électoral de Seine-et-Marne, décédé à Gien en 1828, fut anobli le
11 juin 1816 par lettres patentes du roi Louis XVIIL II avait épousé
M"^ de Rancourt. Il en laissa une fille, M™^ de Parseval, et un fils,
Etienne-Alcime du Chesne, né à Nemours en 1803, page du Roi,
marié successivement en 1834 à M"" de Saint-Albin et en 1836 à
M'^* des Francs, qui a laissé une nombreuse postérité.
Principales alliances : de Rancourt vers 1806 et 1861, de Parseval
1824, Raguenet de Saint-Albin 1834, Colas des Francs 1836, Faure
de Lilate, Béthery de la Brosse 1910, etc.
Une autre famille Duchesne, puis du Chesne, fut anoblie sous la
Restauration. Cette famille portait pour armes : de gueules à un
chêne terrassé d'argent, englanlé de sinople, le fût chargé d'un chien
assis et accolé d'or, et adextré d'un lis d'argent mouvant de la ter-
rasse. Elle appartenait au xvii" siècle à la haute bourgeoisie du Blé-
sois et descendait d'Etienne Duchesne qui en 1727 était conseiller au
présidial de Blois. Etienne-Marin Duchesne, petit-fiIs du précédent,
né à Blois en 1780, sous-préfet, décédé en 1853, fut anobli par lettres
patentes du 20 janvier 1815 et reçut le titre héréditaire de chevalier
par nouvelles lettres du 12 octobre 1816. Il laissa trois fils : 1° Eugène-
Gaston du Chesne, né en 1815, décédé à Nantes en 1866, qui eut une
fille de son mariage avec M"^ des Merliers de Longueville; 2° Louis-
Paulin du Chesne, curé de Notre-Dame-des-Champs, à Paris, décédé
en 1871 ; 3° Henri du Chesne, né en 1822, consul de France en Chine,
décédé sans alliance en 1884.
CHESNE de COURCY et de BEAUMANOIR (du). Voyez : Duchesne de
COURCY ET DE BeAUMANOIR.
CHESNE de GILLEVOISIN de CONÉGLIANO (du;. Voyez : Duchesne de
GiLLEVOISIN DE CONÉGLIANO.
CHESNE de VAUVERT et de SAINT-LÉGER (du). Armes : d'azur à trois
glands d'or, 2 erl.
266 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille du Chesne de Vauvert et de Sàint-Légkr, dont les branches
demeurées françaises sont aujourd'hui près de s'éteindre, a occupé
un ranpf distingué dans la noblesse du Poitou. Beauchet-Filleau en a
donné une généalogie dans son Dictionnaire historique et généalo-
gique des familles du Poitou. On trouvera aussi dans le Cabinet
d'Hozier les preuves de noblesse qu'un de ses membres fit en 1719
pour être admis parmi les pages de la Grande Écurie.
La famille du Chesne a pour premiers auteurs connus Jean du
Chesne, Sgr du château de la Rochette, en Angoumois, et Pierre du
Chesne, Sgr de Vauvert, en l'élection de Saint-Maixent, en Poitou,
qui servaient comme nobles au ban de 1467. Les jugements de main-
tenue de noblesse du xvii^ siècle et le travail de Beauchet-Filleau font
remonter la filiation à François du Chesne, écuyer, Sgr de Vauvert
et de la Rochette, qui acquit divers héritages par acte passé le
17 juin 1502 devant notaire en la cour de Cherveux. Ce gentil-
homme laissa d'une alliance inconnue plusieurs enfants qui parta-
gèrent sa succession par acte du 5 septembre lool. L'aîné de ses
fils, René du Chesne, écuyer, Sgr de Vauvert, marié à Françoise Ver-
gereau, est mentionné dans des actes de 1532, 1540, lo41, 1551. Il
fut lui-même père de François du Chesne, écuyer, Sgr de Vauvert et
de Rufane, qui épousa le 3 janvier 1556 Antoinette Roigne. Deux des
fils de celui-ci, Louis du Chesne, Sgr de Vauvert et de Rufane, marié
le 15 février 1588 à Marguerite Perrouin, maintenu dans sa noblesse
le 22 décembre 1604 par sentence de M. de la Parisière, commis-
saire départi pour les vérifications de noblesse, puis le 6 novembre
1624 par jugement de M. Amelot, intendant de Poitiers, et René du
Chesne, écuyer, Sgr de Saint-Léger, en la paroisse de Saint-Mandé,
marié en 1586 à Anne Audouyn, furent les auteurs de deux branches.
Le chef de la branche aînée, Jean du Chesne, Sgr de Vauvert, né
en 1647, fut maintenu dans sa noblesse le 17 septembre 1667 par
jugement de Barentin, intendant de Poitiers. Il abjura en 1692 la reli-
gion réformée, mais n'en fut pas moins emprisonné au château d'An-
goulême comme suspect de protestantisme. De son mariage con-
tracté en 1667 avec Elisabeth Chalmot, il eut plusieurs fils dont l'un,
Jonas, Sgr de Vauvert et du Bois de Roche, épousa en 1725 Anne
David et continua la descendance en France. Les autres allèrent se
réfugier à l'étranger lors de la révocation de l'Édit de Nantes : la
descendance de l'un d'eux subsistait en Suède il y a quelques
années ^ Jean Duchesne, Sgr de Vauvert, fils de Jonas, prit part en
* Beauchet-Filleau croit que celte branche suédoise de la famille du Chesne de
Vauvert descend non pas de Jean, né en 1647, mais de son frère puîné, François,
né en 1656.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 267
1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Saint-Maixcnt ; il mou-
rut dans la prison d'Angoulômc pendant la Terreur. Sa descendance
était représentée de nos jours par ses trois petits-fds : 1° Jean-
Augustin du Chesnc de Vauvcrt, né en 1803, décédé en 1859, qui de
son mariage, en 1830, avec M"" de Brémond d'Ars n'a eu que trois
filles, W^"^ de Liniers, Masse et de Mélier de Labarthe ; 2° Pierre-
I.éopold, qui de son mariage, en 1831, avec M"» de Lescours a eu un
(ils, Boleslas, demeuré célibataire, et une fdle, M""= de Gourville;
3° Charles-Jules, décédé sans alliance en 1881.
Samuel du Chcsne, écuyer, Sgr de Saint-Léger, chef de la seconde
branche, marié en 1667 à Jacquette Aymer, fut maintenu dans sa
noblesse le l®' septembre de cette même année par jugement de
M. de Barcnlin. Il fut père d'Isaïe-René du Chesne, Sgr de Saint-
Léger, qui fut à son tour maintenu dans sa noblesse le 16 février 1715
par jugement de Quentin de Richebourg, un des successeurs de
Barentin, et grand-père de Jean-Isaïe du Chesne de Saint-Léger, né
en 1702, qui fut admis en 1719 parmi les pages de la Grande Écurie.
Cette branche a eu pour dernier représentant mâle M. Théotime-
Hilaire du Chesne de Saint-Léger, né en 1810, auteur de plusieurs
ouvrages philosophiques, qui est décédé à Poitiers en 1886 laissant
une fille mariée au vicomte de Rochebouet-
La famille du Chesne de Saint-Léger a fourni de nombreux officiers,
plusieurs chevaliers et un commandeur de Malte au xvin* siècle, etc.
Principales alliances : Janvre de laBouchetiôre 1637, Jouslard 1640,
1766, 1726, Chalmot 1667, Avice de Surimeau 1801, d'Auzy 1801, de
Lescours 1831, de Brémond d'Ars 1830, de Liniers, Aymer 1667,
de Pontbriand 1725, Poignant, Hugueteau de Gourville 1809,
de Rechignevoisin 1817, Grimaudet de Rochebouet 1874, Gilbert de
Gourville, etc.
CHESNE de DENANT (du). Armes (d'après l'Armoriai général de 1696) :
d'or à trois glands de sinople, 2 ei 1. — La famille du Chesne de
Denani adopta au xvni^ siècle les armes suivantes qui sont celles de
la famille du Chesne de Vauvert et de Saint-Léger : à'azur à trois
glands d'or, 2 eH .
La famille du Chesne deDen.\nt appartenant à la noblesse du Poitou
comme la précédente, dont elle avait adopté les armoiries. On en
trouvera des généalogies dans le Cabinet d'Hozier et dans le Dic-
tionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Elle
paraît être originaire du Perche.
Maître Isaye du Chesne, chirurgien, auquel remonte la filiation, est
mentionné dans un acte de 1642. Il fut père de scientifique personne
268 DICTIONNAIRE DES FAJiILLES FRANÇAISES
Isayedu Chesne, écuyer, sieur duMesnil, docteur en médecine, con-
seiller et médecin du Roi, demeurant à Nogent-le-Béthune, dans le
Perche, qui est mentionné dans un acte de 1646, grand-père de Jean
du Chesne, écuyer, sieur du Mesnil, qui épousa Michelle Cléreau, et
bisaïeul de François du Chesne, écuyer, avocat en Parlement, com-
missaire des vivres des armées du Roi, qui épousa le 4 février 1695
Marie de Morienne, demeurant à Fontenay-le-Comte, en Bas-Poitou.
Ce dernier obtint du roi Louis XIV, en décembre 1696, des lettres
patentes d'anoblissement sur le vu desquelles il fut maintenu dans sa
noblesse le 13 juin 1715 par jugement de Quentin de Richebourg,
intendant de Poitiers. Son fils, François-Pleurant du Chesne, écuyer,
So-r du Mesnil , un des 200 gens d'armes ordinaires de la garde du Roi,
écuyer d'honneur de M"' de la Roche-sur- Yon, épousa le 31 juillet
1730 Marie-Jacqueline de Mesnard, issue d'une des plus illustres
familles du Bas-Poitou. Il acquit vers la même époque de la famille
de la Cropte de Bourzac la terre importante et le château de Denant
et fut dès lors connu sous le titre de baron de Denant, conservé par
ses descendants. Son petit-fds, Nicolas-Dominique Duchesne, baron
de Denant, né en 1753, tué en juin 1794 à l'armée des Princes, prit
part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Poitiers. La
famille du Chesne de Denant s'est éteinte dans les mâles avec un
petit fils du précédent, Ferdinand, baron de Denant, né à Angers en
1819, qui est décédé dans la même ville en 1891 sans avoir été marié.
La famille du Chesne de Denant avait fourni de nombreux officiers
et un écuyer de la duchesse de Berry, mère de M. le comte de Cham-
bord. Elle s'était signalée à l'époque de la Révolution par son dévoue-
ment à la cause royaliste.
Principales alliances : de Mesnard 1748, Brunet de Montreuil,
d'IIillerin du Boistissandeau, Gontard 1798, de la Corbière 1830, du
Bois de Maquillé 18i0, Brossaud de Juigné 1847, de Vathaire, etc.
A la même souche appartenait peut-être noble homme Pierre
Duchesne, premier médecin du duc de Bourgogne, qui reçut en
novembre 1700 des lettres patentes d'anoblissement. Pierre Duchesne
obtint en même temps le règlement de ses armoiries : d'azur à trois
glayids d'or, 2 eM . Il fut père de Jacques du Chesne, Sgr de Jouy, cheva-
lier de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel, major de Phi-
lippevillc, en Champagne, grand-père de Pierre-Jacques du Chesne,
Sgr de Jouy, né à Philippeville en 1691, et bisaïeul de Louis-Roland
du Chesne, chevalier, né à Jouy, au diocèse de Reims, qui épousa en
1760 Françoise de Rimbert de Chàtillon. On trouvera dans le Nou-
veau d'Hozier les preuves de noblesse qu'un fils de ce dernier,
Grégoire-Alexandre du Chesne, né en 1762 au Han-les-Moines, au
DICTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES 269
diocèse de Reims, fit en 1771 pour ôtre admis à l'École militaire.
CHESNE de la SICOTIÈRE (du). Armes : d'argent à trois glands de
sinople accompagnés en chef d'une étoile de gueules.
La famille du Ghesne, ou Dughesne, de la Sicotière occupait dès le
xviii* siècle un rang distingué â Alençon. Elle a eu pour berceau le
bourg de MouIins-la-Marche où un de ses auteurs, Louis Duchesne,
exerçait en lGo3 les fonctions de tabellion royal. On en trouvera
une généalogie complète dans le Bulletin de la Société historique de
l'Orne de l'année 1899. Ce travail donne la fdiation depuis Alexandre
du Chesne, sieur de la Crémudière, né à Moulins-la-Marche le
16 octobre 1673, marié le 12 février 1703 à Marie-Catherine du
Hamel, qui, étant venu se fixer à Alençon, fut nommé élu en
l'élection de cette ville par lettres patentes du 26 septembre 1700.
Alexandre du Chesne fut dans la suite procureur et fermier géné-
ral du duc de Montmorency pour son marquisc^t de Lonray et
mourut à Lonray en 1740. Son fils, Denis du Chesne de Chédouet,
procureur du Roi au bureau des finances, chambre des domaines, et
voyer d'Alençon, marié à Catherine du Mesnil de Villiers par contrat
passé à Pacé le 13 juin 1740, recueillit la terre de la Sicotière, à Bur-
sard, par héritage de son cousin Pierre Brunet des Portes . Il est qualifié
ancien trésorier de France au bureau des finances d'Alençon dans
son acte de décès du 24 avril 1786. Il fut père de Jacques-Etienne
du Chesne de la Sicotière, né en 1742, garde du corps, chevalier de
Saint-Louis, qui épousa, par contrat passé le 6 juillet 1772 au
Chesnay, près de Versailles, Marie-Josèphe Menjaud, fille d'un con-
trôleur de la maison de madame la comtesse de Provence, et qui
mourut en 1797, pendant l'émigration. Celui-ci laissa trois fils :
1° Jacques-Antoine, marié à Jeanne le Sage du Parc de la Dormie ;
â'* Jérémie-Pierre, baptisé à Alençon en 1781 ; 3° Pierre-Alexandre,
baptisé à Alençon en 1785, vélite des grenadiers de la garde impé-
riale, mort en 1807 à l'hôpital de Friedstatt, en Prusse. Léon-Fran-
çois Duchesne delà Sicotière, fils de Jacques-Antoine, né à la Dormie
en 1812, député de l'Orne à l'Assemblée nationale de 1871, puis séna-
teur inamovible, déce'dé à Alençon en 1893, a publié plusieurs
ouvrages très estimés sur l'histoire de la Normandie pendant la
période révolutionnaire.
Principales alliances : de Faudoas 1797, Courtin de Torsay 1859,
Lecomte de la Verrerie 1892, Hurel du Campart, etc.
CHESNE de la MOTTE (du). Armes : d'azttr à un chevron d'or accom-
pagné de trois glands de même.
270 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille du Chesne de la Motte est originaire d'Abbeville, en
Picardie, où elle était honorablement connue dès la seconde moitié
du xvi^ siècle. Jean du Chesne fut échevin de celte ville en 1376. Un
de ses fils, Jean Duchesne, marié à Anne Gaillard, échevin d'Abbe-
ville en 1609 et 1620, fut père d'autre Jean Duchesne, échevin de la
même ville en 1633 et 1644. Un autre, Adrien Duchesne, consul
mayeur d'Abbeville, fut père d'autre Adrien Duchesne, maieur d'Ab-
beville en 1671. Thomas du Chesne fut échevin d'Abbeville de 1581
à 1603. François Duchesne, bourgeois d'Abbeville, et autre François
Duchesne, avocat en la sénéchaussée de Ponthieu et siège présidial
d'Abbeville, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général de
1696. Maître François Duchesne, avocat au présidial, conseiller du
Roi aux traites d'Abbeville, fut anobli par la mairie d'Abbeville qu'il
exerça en 1718. Jean-Claude Duchesne, écuyer, Sgr de Courcelles et
de la Motte, mari de Jeanne-Catherine Blanquart, fut à son tour
mayeur d'Abbeville en 1751; il fut, en outre, pourvu de la charge
anoblissante de secrétaire du Roi. Jean-François Duchesne, écuyer,
sieur de la Motte-Bulleux et de Feuquières, chevau-léger, était en
1779 conseiller assesseur à Abbeville.
Jean du Chesne, chevalier, Sgr de la Motte-Bulleux et de Feu-
quières, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Amiens.
Jean-Jules du Chesne de la Motte épousa en 1822 M"'= de Buissy
d'Yvrencheux. Il en laissa une lille. M"'' Calluaud, et un fils, Jean-
Paul du Chesne de Lamotte, qui épousa M"* Dursus de Courcy et qui
mourut en 1870. Les deux fils de ce dernier, Jean, marié en 1892 à
M'"' de la Teillais, et Etienne, marié successivement à M"^ de Salverte
et à M"® de Douglas, sont connus sous les titres de comte et de
vicomte de la Motte.
Principales alliances : de Buissy 1822, Calluaud, Dursus de Courcy,
Beauvariet de Moismont, Chevalier de la Teillais 1892, Baconnière
de Salverte 1894, de Douglas 1903, Blanquart, etc.
CHESNE de BELLECOURT (du). Armes : d'argent à trois cœurs de
gueules couronnés d'or, 2 eH.
Les armes décrites en tète de cet article sont celles d'une tamille
du Chesne, éteinte au commencement du xi.\^ siècle, qui appartenait
à la vieille noblesse de l'ancien diocèse de Saint-Malo. On trouvera
des renseignements sur cette famille dans les ouvrages de Potier de
Courcy, de Kerviler, du marquis de l'Estourbeillon et de M. Saulnier.
Elle avait eu pour berceau une terre du Chesne, située sur le terri-
toire de la paroisse de Guer. Elle était connue dès la première
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 271
moitic' du xiv* siècle, figura de 1427 à 1513 aux reformations et mon-
tres de la noblesse du diocèse de Saint-Malo et fut maintenue dans sa
noblesse d'ancienne extraction par arrêt du 31 mai 1669. Cet arrêt en
fait remonter la filiation à un Robin du Chesne qui figura à la réfor-
mation de li^il . Julien du Chesne, SgT de Vieilleville, qui représente
le cinquième degré de la filiation, épousa en ISl 7 Julienne de Porcaro.
On lui attribue deux fils : 1* Julien II du Chesne, Sgr de Vieilleville,
qui continua la lignée et de la descendance duquel il sera parlé plus
bas; 2° maître Jean Duchesne, notaire royal à Romorantin, marié à
Georgine Larcher, dont un fils, Pierre du Chesne, Sgr du Chesnot,
fut nommé en lo72 conseiller au Parlement de Bretagne et dont les
petits-fils Guillaume, Sgr de l'Abbaye, Jean, sieur de Penguilly, et
Gilles, Sgr de Chesnot, furent maintenus dans leur noblesse en 1669
et ne paraissent pas avoir laissé de postérité.
François du Chesne, Sgr du Tay et de Boislesné. petit-fils de
Julien II, épousa Françoise Charpentier ; il en eut trois fils qui parta-
gèrent sa succession par acte de 1646 : 1° Mathurin, Sgr de Vieille-
vigne et de Boislené, qui continua la descendance ; 2"* Jean, Sgr de
la Noe, qui fut maintenu dans sa noblesse par arrêt de 1669 et qui
n'eut pas d'enfants ; 3° Yves, Sgr de la Bouexière, qui fut maintenu
dans sa noblesse avec son frère par arrêt de 1669 et dont la descen-
dance s'éteignit avec Jacquette du Chesne de la Bouexière mariée
vers 1750 à maître Yves le Rouzic, notaire à Rohan. Etienne du
Chesne du Tay, fils de Mathurin, fut maintenu dans sa noblesse
avec ses oncles en 1669 el épousa en 1677 Marie de Saint-Malon.
Sa descendance s'éteignit avec Laurent-François du Chesne du
Tay qui épousa vers 1803 M"^ de Gouyon-Coypel et qui n'en eut pas
d'enfants.
Il existe de nos jours une famille du Chesne de Bellecourt qui
revendique une origine commune avec la vieille souche bretonne
dont il vient d'être parlé et qui en a adopté les armoiries. L'auteur
de cette famille, Jacques Duchesne, sieur de Bellecourt, vint dans la
seconde moitié du xvii® siècle se fixer à la Guadeloupe et y épousa
Marie Strabert, veuve de Louis Lefort, de Saint-Malo. Dans son
Livre d'or de la noblesse, M. de Magny en fait, mais sans preuves à
l'appui, le propre frère d'un Jean du Chesne, sieur de Penguilly, qui
fut maintenu dans sa noblesse par l'arrêt de 1669 mentionné plus haut.
Ce frère, en tout cas, est passé sous silence par les auteurs men-
tionnés en tête de cette notice et ne fut pas compris dans l'arrêt de
maintenue de 1669. On ne voit pas que sa descendance ait jamais
régularisé sa situation nobiliaire et la famille du Chesne de Bellecourt
ne figure pas au nombre de celles qui, au cours du xvm^ siècle, firent
272 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
enregistrer leurs titres de noblesse au Conseil supérieur de la Gua-
deloupe.
Principale alliance : de Chabrier vers 1823.
CHESNEAU de la DROURIE. Armes : à' azur à deux gerbes d'or accom-
pagnées en chef d'une étoile et en pointe d'un croissant de même.
La famille Chesneau de la Drocrie, éteinte de nos jours, était ori-
ginaire du Maine'.
Elle descendait de Louis (aliàs François) Chesneau qui avait
épousé Marie de Faye et dont le fils, Guillaume Chesneau, épousa à
Lassay, en 1496, noble demoiselle Jeanne de Vieuxmont. Jean Ches-
neau de Vieuxmont, fils de Guillaume, fut de lo31 à lo4o garde des
sceaux de Mgr le duc d'Orléans. Guy-Macé (aliàs Mathieu) Chesneau
de Vieuxmont, descendant des précédents, épousa à Lassay, en 1604,
Françoise Pottier, dont le père avait été anobli en 1394 par lettres
du roi Henri IV. Il fut père de Mathieu Chesneau des Portes de
Vieuxmont, avocat au siège présidial du Mans, qui épousa dans cette
ville, en 1641 , Marie Bodcreau. Celui-ci laissa un grand nombre d'en-
fants. Quatre de ses fils furent les auteurs de quatre rameaux : celui des
Chesneau de Vieuxmont, sieurs de Fontenelle et de Vouvereau ; celui
des Chesneau des Portes, sieurs de Lauberdière ; celui des Chesneau
de Monto^ond, sieurs de la Picannière ; et celui des Chesneau de
la Drourie.
Les trois premiers rameaux ne tardèrent pas à s'éteindre.
Le chef du quatrième rameau, Marin-Dominique Chesneau de la
Drourie, né en 1706, marié à Madeleine Rahier, fut ofiîcier de S. A. le
duc d'Orléans et fut nommé en 1761 échevin du Mans. Il fut père de
Marin-François-Dominique Chesneau de la Drourie, avocat au Parle-
ment de Paris, puis receveur des tailles en l'élection d'Alençon, qui
épousa dans cette ville, en 1753, Françoise-Julienne Suard, et grand-
père de Marin-René Chesneau de la Drourie, baptisé à Alençon
en 1737, maire de cette ville sous la Restauration, qui épousa en 1786
M"* de Villiers d'Hesloup. Ce rameau, éteint dans les mâles en 1890,
n'est plus représenté (1911) que par M"* Alix de la Drourie, née
en 1830, demeurant à Alençon.
On ne connaît pas à la famille Chesneau de principe d'anoblisse-
ment et on ne voit pas qu'elle ait pris part en 1789 aux assemblées
de la noblesse de sa région. Cependant il est incontestable que sous
Louis XVI ses membres portaient les qualifications nobiliaires et que
' Celte notice a été faite en grande partie à l'aide de renseignements dus à l'obli-
geance de M. le comte de Souancé.
DICTIONNAinF, DES FAMILLES FRANÇAISES 273
pendant la période révolutionnaire plusieurs d'entre eux furent
inquiétés comme ci-devant nobles.
Principales alliances : de Villiers d'Hesloup, Binet de Boisgiroult
de Sainte-Preuve, Fromont de Bouailles, etc.
CHESNEAU de la HAUGREMIÈRE. Armes (d'après le Dictionnaire his-
torique de la noblesse française de M. de Mailhol et d'autres Armo-
riaux contemporains) : ^.'argent à trois chiens de sable, 2 et 1; au
chef cousu d'or chargé d'une croix de Jérusalem de gueules. —
Aliàs (d'après Rietstapp) : (ïazur semé de besants d'argent, au che-
vron d'or brochant.
Les armes décrites en tête de cet article et attribuées par plusieurs
auteurs à la famille Chesneau de la Haugremière sont celles d'une
famille Chesneau qui a appartenu à la noblesse du Poitou et de la Tou-
raine et dont on trouvera une généalogie dans le Dictionnaire de la
noblesse de la Chesnaye des Bois. Cette famille possédait dès le
milieu du xvi^ siècle une seigneurie de Champeaux, située dans la
paroisse dePouzioux, près de Chauvigny, en Poitou. Elle était repré-
sentée à celte époque par deux frères, Jean et François Chesneau, fils
de Mathurin, qui furent les auteurs de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Jean Chesneau, Sgr de Champeaux,
maître d'hôtel de Renée de France, duchesse de Chartres, douairière
de Ferrare, tante du roi Charles IX, fut anobli en mai 1566 par lettres
patentes de ce prince ; il fut plus tard nommé chevalier de l'Ordre du
Roi. Son petit-fds, Jérôme Chesneau, Sgr de la Rousselière, en la
paroisse d'Usseau, en Saintonge, fut maintenu dans sa noblesse
en 1668 par jugement de d'Aguesseau, intendant de Limoges. Cette
branche paraît s'être éteinte avec Marie-Dorothée Chesneau de la
Rousselière, petite-fdle du précédent, qui épousa le 8 octobre 1713
François Normand, chevalier, Sgr de Chermont et du Temple.
La branche cadette fit fabriquer au xviii* siècle une généalogie fan-
tastique qui la rattachait à la maison ducale de la Vieuville. Dans la
réalité cette branche ne s'agrégea à la noblesse que dans la seconde
moitié du xvi^ siècle, après l'anoblissement de la branche aînée. Son
chef, Nicolas de Chesneau, Sgr de Boisdelée, demeurant en l'élection
d'Amboise, marié à Marie Chassin par contrat passé le 8 février 1695
à Montrichard, en Blésois, fut maintenu dans sa noblesse le !23juin 1 700,
[ sur preuves remontant à 1546, par jugement de M. de Miromesnil,
intendant de Tours. Nicolas du Chesneau de la Vieuville, écuyer,
petit-fils du précédent, prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Tours. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les
preuves de noblesse qu'il avait faites en 1784 pour obtenir l'admission
X. 1«
274 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
à l'École militaire de son fils, Nicolas Chesneau de la Vieuville, né
en 1773 à Villechauve, en Touraine.
On ignore si c'est à cette souche que l'on doit rattacher une famille
Chesneau de la Haugremièrk fixée de nos jours dans le déparlement
de la Sarthe. Cette famille a contracté des alliances avec les familles
de Grateloup, en 18o4, de la Rue du Can, en 1899, etc. On n'a pu se
procurer sur son origine que des renseignements très insuffisants et
son nom ne figure pas aux assemblées de la noblesse de 1789.
GHESNELONG.
Famille de haute bourgeoisie.
Pierre-Charles Chesxeloxg, né à Orthez en 1820, était fils d'un
grand fabricant de drap. Député des Basses-Pyrénées au Corps
législatif, puis à l'Assemblée nationale, sénateur inamovible en 1876,
Chesnelong fut un des membres les plus actifs du parti légitimiste et
fut un des délégués qui, en 1873, se rendirent à Salzbourg auprès de
monsieur le comte de Chambord pour négocier le rétablissement de
la monarchie. Un de ses fils est actuellement (1911) évoque de Va-
lence.
La famille Chesnelong actuelle n'a aucun rapport avec celle d'un
Alexandre Chesnelong qui, en 1700, était secrétaire du Roi, commis au
greffe du Conseil.
CHESNES (Froger des). Voyez ; Froger des Chesnes.
CHESNES ( Thomas des). Voyez : Thomas des Chesnes.
GHESNEZ (Martineau des) Voyez : Martineau des Chesnez.
GHESNIER du CHESNE. Armes concédées en 1809 au chevalier de
l'Empire : tiercé en fasces : d'azur à deux épées en sautoir d'argent;
d'or au chêne terrassé de sinople ; et de gueules au signe des cheva-
liers légionnaires.
La famille Chesmer du Chesxe appartenait au xviu^ siècle à la haute
bourgeoisie delà Saintonge. On trouvera sur elle des renseignements
dans la Revue de Saintonge et d'Àunis de 1889. Elle peut être la
même que celle d'une Perrette Chesnier qui épousa vers 1520 André
Bionneau, un des auteurs de la famille Bionneau d'Eyragues. On
trouve aussi qu'un Jean Chesnier était en 1694 chirurgien à Rochefort.
Beauchet-Filleau donne la filiation, dans son Dictionnaire historique
et généalogique des familles du Poitou, kpRviir d'Alexandre Chesnier
du Chesne, ancien juge de la Bourse, qui mourut à Saintes le
12 avril 1762 à l'âge de 67 ans. François-Alexandre Chesnier du
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 275
Chcsne, fils du précédent, fut avocat en Parlement et juge bailli de
l'évôché de Saintes. Il épousa Jeanne Laplanche de la Chapelle et
en laissa, entre autres enfants, deux fils : 1° François-Ambroise, dit
Claude, qui continua la descendance ; 2° Alexandre, né en 1773
colonel d'infanterie en 1812, officier de la Légion d'honneur, cheva-
lier de Saint-Louis, mort sans alliance à Saintes en 1840, qui fut créé
chevalier de l'Empire par décret impérial du 15 août 1809 et qui
obtint en même temps une rente de 2.000 francs sur le Trasimène
François-Ambroise, dit Claude, Chesnier du Ghesne, né en 1769 joua
un rôle assez important dans les guerres de Vendée, fut premier aide
de camp et adjudant général de Charette, fut chargé par lui de plu-
fr/'.'f'^"'''"^ ^" Angleterre et obtint la croix de Saint-Louis en
17J5. Il fut condamné à mort le 14 décembre 1805 par une commission
militaire séant à Nantes, mais réussit à s'échapper. Le gouvernement
de la Restauration ne voulut lui reconnaître que le grade de colonel
bien qu'il eût rempli en plusieurs circonstances les fonctions de maré-
chal de camp. Il mourut en 1829. Il avait, paraît-il, été anobli par
une ordonnance du roi Louis XVIII du 6 décembre 1814 ; il ne semble
pas que cette ordonnance ait été suivie de lettres patentes et, en tout
cas, la famille Chesnier du Chesne n'estpas mentionnée dans les Titres
anoblissements et pairies de la Restauration, l'ouvrage pourtant si
complet du vicomte Révérend. François-Ambroise Chesnier du Chesne
laissa trois fils : 1° Camille, né d'un premier mariage en 1798, officier
supérieur, dont le fils, Camille-Joseph, né en 1832, longtemps admi-
nistrateur du journal Y Union, mourut sans alliance en 1889-
2° Alexandre, né d'un second mariage, qui mourut à la Louisiane en
1871 laissant une nombreuse postérité ; 3° Romain, né en 1816 qui
mourut en 1886 à Bône, en Algérie, laissant trois enfants.
CHESNON de CHAMPMORIN du JARROSEY. Armes : à'azur à un che-
vron d'argent accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un
lion, le tout de même.
La famille Chesnon de Champmorin est originaire de l'Ile-Bouchard
en Touraine. On trouvera sur elle d'intéressants renseignements dans
le Nouveau d'Hozier, au Cabinet des Titres.
Urbain Chesnon, né vers 1570, auquel remonte la filiation, fut con-
seiller au siège royal et ordinaire de Chinon. Il laissa, entre autres
enfants, deux fils, Urbain II et François Chesnon. Le second de ceux-ci
François, laissa lui-même deux fils : 1° Jacques Chesnon, sieur du
Petit-Bois, conseiller du Roi, lieutenant de l'élection d'Amboise, qui
eut son blason enregistré d'office à l'Armoriai général de 1696 et dont
la fille unique épousa son cousin, Pierre-Jean Chesnon de Champ-
276 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
morin; 2" Armand Ghesnon, décédé sans postérité, qui fut pourvu de
Toffice anoblissant de président trésorier de France au bureau des
finances de Poitiers et qui le vendit à Claude de Cannbray par acte
passé à Tours le 7 mai 1711. Urbain II Chesnon succéda à son père,
Urbain I", dans sa charge de conseiller au siège royal et ordinaire
de Chinon. Il fut père de François Chesnon, sieur de Champmorin,
né en 1650, assesseur et premier élu en l'élection de Chinon, procu-
reur du Roi au grenier à sel de la même ville, qui fit enregistrer son
blason à lArmorial général de 1696. Celui-ci avait épousé Marie Des-
hayes; il en eut deux fils : 1° Pierre-Jean Chesnon de Champmorin,
président en l'élection de Tours, qui épousa sa cousine, Madeleine
Chesnon du Petit-Bois, et qui en eut un fils, Pierre, receveur des tailles
à Mortagne ; 2" F'élix Chesnon de Champmorin, officier d'infanterie,
chevalier de Saint-Louis, qui épousa à Lille une demoiselle Van der
Linde et qui en eut deux fils, tous deux officiers.
On peut voir dans le lyouveaii cCHozier que Pierre Chesnon,
receveur des tailles à Mortagne, et ses deux cousins germains,
MM. Chesnon de Champmorin, officiers, demandèrent dans la seconde
moitié du xviii'' siècle à régulariser leur situation nobiliaire. On ignore
quel fut le résultat de leur requête.
On trouve que Pierre Chesnon de Baigneux, né en 1749 à Cinais,
en Touraine, décédé au même lieu en 1831, fils de Pierre Chesnon
et de Marguerite deLamotte, maire de Chinon en 1783, fut élu député
du Tiers État de Touraine aux États généraux de 1789.
Féli.K-Pierre Chesnon, chevalier, Sgr de Champmorin, la Chatonnière,
Livonnière, Varenne, etc., né à Chinon en 1736, un des fils de Félix
et de Marie-Thérèse-Julie Van der Linde, prit part en 1789 aux assem.
blées de la noblesse tenues à Tours ; il fut nommé maréchal de camp
en septembre 1792, suspendu comme noble en juillet 1793, réintégré
dans l'armée le 2o prairial an III avec le grade de général de division
et destitué de nouveau le 11 brumaire an IV.
Il a existé une famille Chesnon qui possédait la seigneurie de Tal-
chére, sur le territoire delà paroisse de Beignon, au diocèse de Saint.
Malo, en Bretagne. Le chef de cette famille, Jean Chesnon, fut con-
damné à 400 livres d'amende comme usurpateur de noblesse par
arrêt du 17 juillet 1669.
CHESSEL(de), en Savoie. Armes : de sable àdeux bandes d'argent char,
gées chacune d'une rose de gueules.
La famille de Chessel, aujourd'hui éteinte, appartenait à la noblesse
de Savoie. On en trouvera une généalogie dans V Armoriai de Savoie
du comte de P'oras.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 277
Elle paraît être originaire du lieu de Chessel, en Bas-Valais, d'où
elle serait venue à une époque très reculée se fixer à Ghampange, en
Savoie.
Elle remontait par filiation à honorable homme Antoine Chessel,
demeurant à Champange, dont le fils, noble Jacques de Chessel,
curial de Feterne en 1575, fut anobli par lettres patentes données à
Turin le dernier février 1594. Jacques de Chessel mourut en 1614. Il
fut père de noble Michel de Chessel qui épousa Jeanne-Antoinette de
Bracorens. Jacques de Chessel, fils de celui-ci, paraît avoir perdu sa
noblesse par dérogeance ; il figure, en effet, dans certains actes avec
la simple qualitication d'égrège, dans d'autres avec celle d'honorable.
Son fils, spectable Jacques-Louis Chessel, avocat au Sénat, ne figure
dans aucun acte avec la qualification de noble. Il fut lui-même père
de noble et spectable François-Ambroise de Chessel, né en 1723, et
grand-père de Michel de Chessel, qui fut le dernier représentant de
sa famille et qui mourut en 1841 ne laissant que trois filles. L'aînée
de ces filles mourut dès 1844 ; la seconde, Clémentine, épousa
en 1861 Charles de Juge de Pénillet ; la troisième, Madeleine, entra
en religion.
Principales alliances : de Bracorens, de Genève de Boringel815, etc.
CHEUX (de). Armes : ^'argent à une croix ancrée de sable.
La famille de Cheux, aujourd'hui complètement éteinte, apparte-
nait à l'ancienne noblesse de Normandie. Elle avait eu pour berceau
une paroisse de son nom, située dans l'élection de Caen, dont elle
possédaitla seigneurie dès le xv* siècle. Elle avait pour premier auteur
connu Robert-Onfroy de Cheux, écuyer, qui vivait en 1426. Jean de
Cheux, de la paroisse et de la sergenterie de Cheux, fut maintenu
dans sa noblesse lors de la célèbre recherche de Montfaut, en 1463.
Richard de Cheux, écuyer, Sgr et patron de la paroisse de Cheux, et
son cousin germain, Nicolas de Cheux, furent maintenus dans leur
ancienne noblesse, lors de la recherche de 1666, par jugement de
Chamillart, intendant de la généralité de Caen.
MM. de Cheux prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Caen ;M. de Cheux de Banneville et M"" veuve d'Oilliamson,
née de Cheux, prirent part cette môme année à celles tenues à Falaise ;
un M. de Cheux, enfin, prit part à celles tenues à Ronfleur.
Le chef de la famille de Cheux fut contre-amiral sous la Restaura-
tion ; il était connu sous le titre de baron. Son fils unique fut page de
Louis XVIII et garde du corps de Charles X. Il fut le dernier représen-
tant de son nom et mourut en octobre 1884 à l'âge de 81 ans sans
laisser de postérité. 11 légua sa grosse fortune à un de ses parents.
278 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Georges de Banville, né en 18G5, à charge de relever son nom, son
titre et ses armes ; mais ce jeune homme mourut prématurément dès
1 892 et le nom de la famille de Cheux se trouva définitivement éteint.
Un cadet de la famille de Cheux, Jean, vint se fixer en Bretagne
par le mariage qu'il contracta en 1570 avec Jacqueline Biet, aliàs du
Buat, de la paroisse de Gevrezé. Il fut père de Jean de Cheux, Sgrdc
la Garenne, qui épousa en 1616 Jacqueline dAngennes. Un des des-
cendants de celui-ci fut maintenu dans sa noblesse le 7 novem-
bre 1668 par arrêt de la chambre de réformation. Mais un représen-
tant de la même famille, Gabriel de Cheux, delà paroisse de Songeai,
au diocèse de Rennes, fut condamné comme usurpateur de noblesse à
une amende de 400 livres par un autre arrêt de ladite chambre de
réformation du 21 janvier 1669. Ce rameau breton de la famille de
Cheux paraît s'être éteint dès la fin du xvii^ siècle. On en trouvera un
tableau généalogique très sommaire dans les Dossiei'S bleus.
La famille de Cheux a fourni des officiers de mérite, des chevaliers
de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : Hébert de Beauvoir, de Percy 1821, de
Cordouen, de Malherbe 1679, de Mons 1651, le Marchand de Louva-
gny 1781, de Gautier de Fleuriel, etc.
CHEVAL de FONTENAY, aujourd'hui de FONTENAY. Armes : d'azur à
un cheval passant d'argent; au chef cousu de gueules chargé de trois
'étoiles d'or.
La famille Cheval de Fontenay, aujourd'hui de Fontenay, appartient
à la noblesse de Bourgogne. On en trouvera des généalogies dans le
Dictionnaire de la noblesse delà Chesnaye des Bois et dans V Armo-
riai de la Chambre des comptes de Dijon àQ M. d'Arbaumont.
Elle paraît être la même que celle d'un Oudot Cheval, notaire à
Dijon, dont le fils, Guillaume Cheval, licencié es lois, secrétaire du
duc Charles le Téméraire, fut nommé en 1473 procureur de celui-ci
au bailliage de Dijon. Guillaume Cheval fut maintenu dans son office
après la réunion de la Bourgogne au domaine royal, fut conseiller du
Roi et maître des requêtes de son hôtel, puis procureur général du
Roi sur le fait de ses domaines et finances dans le duché et le comté
de Bourgogne et mourut en 1508. M, d'Arbaumont croit qu'il ne
laissa qu'une fille. La Chesnaye des Bois, au contraire, lui attribue
pour fils un Louis Cheval, docteur es droits, conseiller de l'archiduc
Philippe, qui serait venu en 1518 s'établir en Charolais et qui y aurait
épousé Marguerite Choux, et pour petit-fils un Guillaume Cheval,
licencié es lois, qui aurait épousé Françoise Alixans.
M. d'Arbaumont ne considère la filiation comme rigoureusement
niCTIONNAlRE I) F. S FAMILLES FRANÇAISES 279
établie qu'à partir d'un HumbcrtCiicvalqui, clans les dernières années
du xvi" sit'cle, résidait à Perrecy, en Charolais, et qui fonda, avec sa
femme, Pierrette Janvier, un anniversaire dans l'église de ce lieu.
D'après la Ciicsnaye des Bois Ilumbcrt Cheval aurait été licencié es
lois et aurait épousé Pierrette Janvier en 1569. Son fds, noble et sage
maître Prudent Cheval, Sgr de Beaudésir, près de Gueugnon, en
Beaujolais, fut avocat en Parlement et lieutenant criminel au bailliage
de Montcenis et épousa en 1597 Pierrette Berthault, fdie d'un vierg
d'Autun. Il fut père de Pierre Cheval de Beaudésir, prévôt et lieute-
nant de police de la chàtellenie de Montcenis, qui épousa en 1621
Antoinette Pelletier, et grand-père de Philibert Cheval, bailli et juge
de police en la baronriie de Montcenis, qui épousa le 5 décembre 1671
Claudine Durand. André Cheval, fils de ce dernier, était avocat quand
il fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696 (registre
d'Autun). Il fut dans la suite receveur au grenier à sel de Montcenis
et vierg d'Autun de 1713 à 1723 et de 1736 à 1740, fut pourvu de l'of-
fice anoblissant de secrétaire du Roi en la chancellerie près le Par-
lement de Metz et fut autorisé, par lettres patentes de 1725, à substi-
tuer à son nom celui de : de Fontenay sous lequel ses descendants
ont été exclusivement connus. Il avait épousé d'abord en 1703 Mar-
guerite Charleut, puis en 1731 Pierrette Machereau. Deux de ses fils,
Lazare, né du premier lit, et Anne-Paul, né du second lit, ont été les
auteurs de deux branches actuellement existantes.
L'auteur de la branche aînée, Lazare de Fontenay, Sgr de Che-
vanes, receveur des impositions des bailHages d'Autun, Montcenis et
Bourbon-Lancy, épousa en 1739 Marie-Huguette de la Goutte. Il fut
père de Marc-Antoine de Fontenay, trésorier particulier des États de
Bourgogne au département des bailliages d'Autun, de Montcenis et
de Bourbon-Lancy, qui épousa en 1777 Anne-Pierrette de Cercy, veuve
de M. Dubled, et qui continua la descendance, et d'André-Étienne de
Fontenay, chanoine d'Autun, vicaire général de Chartres. Cette
branche n'est pas titrée. Un de ses représentants, Harold de P'ontenay,
archiviste paléographe, épousa en 1870 M"« Marie-Jeanne Changar-
nier, parente du général Changarnier; il en eut un fils, François-Théo-
dule de Fontenay, né à Autun en 1871, marié en 1901 à M"° de Che-
vagny, qui, par décret du 9 mai 1884, fut autorisé à joindre à son nom
celui de la famille Changarnier.
L'auteur de la seconde branche, Anne-Paul Cheval de Fontenay,
Sgr de Sommant, Noiron, Frangey, etc., né en 1732, marié en 1760 à
M"« Mollerat, puis en 1769 à M"« Dareste de Mazier, était lieutenant
général aux bailliage et siège présidial d'Autun quand il fut élu député
suppléant de la noblesse dudit bailliage aux États généraux de 1789 ;
280 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
il mourut dès 1790 sans avoir eu l'occasion de siéger. Il avait eu de sa
seconde union deux fds : 1° Jean-Andoche de Fontenay, né à Autun
en 1771, député et conseiller général de Saône-et-Loire, maire de
Sommant, marié à M"^ de Joursanvault, décédéàBeauneen 1849, dont
la descendance s-ubsiste et n'est pas titrée ; 2° Anne-Louis-Gabriel de
Fontenay. né à Autun en 1784, ministre plénipotentiaire, grand-offi-
cier de la Légion d'honneur, marié à miss Sumter, fdle d'un ambas-
sadeur des Ltats-Unis, décédé en 1856, qui reçut le tilre personnel de
vicomte par lettres patentes du roi Charles X du 12 juillet 1830. Fran-
çois-Antoine, vicomte de Fontenay, né en 1829, fils de ce dernier, a été
consul général de France et officier de la Légion d'honneur. Il a laissé
plusieurs enfants de son mariage avec sa cousine. M"* de Fontenay,
issue de la branche aînée.
Principales alliances : de la Cliaise, Berthault de Noiron 1597 et
vers 1800, de la Goutte 1739, Molleral ^du Jeu; 1760, Daresle 1769, de
Fondras 1781, Gagnarede Joursanvault, deBèze 1835, de Ladmirault
18o7,deRochefort, Pichon, deFroissard-Rroissia,Trocul d'Argil 1898,
Changarnier 1870, de Champeaux, de Ganay 1908, etc.
CHAVALARD (Souchon du). Voyez : Sodchon du Chev.\l.\rd.
CHEVALEAU de BOISRAGON (de). Armes : d'azur à trois roses d'argent,
2 e/ 1, quelquefois accompagnées d'un chef cousu de gueules.
La famille de Chevale.m' deBoisr.vgo.n, aujourd'liui éteinte en France,
appartenait à l'ancienne noblesse du Poitou. On en trouvera une généa-
logie complète dans le Dictionnaire historique et généalogique
des familles du Poitou de Beauchet-Filleau. Cet auteur mentionne
un Arnaud Chevaleau (Arnaudus Chavalels) qui fut témoin d'une
donation faite vers 1180 à l'abbaye de l'Absie ; un Guillaume Cheva-
leau, mentionné dans un acte de 1212 ; un Jean Ciicvaleau, mentionné
dans un acte de 1317 ; un Gilles Chevaleau, écuyer, de la chàtellenie
de Niort, qui en 1446 fut compromis dans une rixe suivie de mort
d'homme.
La filiation suivie remonte à Jean Chevaleau, écuyer, Sgr de Bois-
ragon, en la paroisse de Breloux, et delaTiffardière, en la paroisse de
Saint-Liguaire, près de Niort, qui servait comme archer au ban du
Poitou en 1467 et qui servait au ban de 1488 avec trois brigandiniers.
Ce gentilhomme avait épousé Jeanne Rogre. Leur fils, Jean Cheva-
leau, écuyer, Sgr de la TilTardière, de la Chevalerie, etc., acquit de
Jean Buor un domaine par acte du 14 décembre 1503 et fut nommé
le 9 avril loOo exécuteur testamentaire de Louis Mainstrolle. Il avait
épousé, par contrat passé le 21 avril 1494 devant notaire à Niort,
niCTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES 281
Louise de Saint-Gelais qui se remaria dans la suite à Gervais Yver,
bourgeois de Niort. Il fut père de Claude Ghevaleau, Sgr de Boisra-
gon, de la Tiffardière, de la Chevalerie, etc., qui épousa le 27 novem-
bre i515 xMarie Grignon et qui continua la descendance. Celui-ci se
rendit coupable en 1526 du meurtre de son beau-pcrc, Gervais Yver,
qu'il accusait de maltraiter sa mère. 11 fut pour ce motif condamné
à des amendes tellement fortes que ses terres et seigneuries furent
mises sous séquestre. Ce fut seulement le 15 avril 1541 que son fils
encore mineur, Claude Ghevaleau, obtint la mainlevée de cette
saisie.
L'arrière-petit-fils de celui-ci, Jean Ghevaleau, chevalier, Sgr de
Boisragon, né le 31 décembre 1615, baptisé au temple protestant de
Saint-Maixent, fut maintenu dans sa noblesse en 1667 par un juge-
ment de M. de Barentin, intendant de Poitiers, dont on trouvera le
texte dans le Nouveau clHozier. Il avait épousé en 1652 Catherine
de Marconnay. Il en laissa, entre autres enfants, trois fils, Jean, né
en 1656, Louis, né en 1666, et Charles, né en 1667, qui furent les
auteurs de trois branches.
La branche aînée revint au catholicisme. Son auteur, Jean Gheva-
leau, Sgr de Boisragon, épousa en 1688 Perside de Laste dont il eut
trois fils. On trouvera dans le Caôzwe/d'^oster les preuves de noblesse
que le plus jeune de ces fils, Charles, décédé dans la suite sans posté-
rité, fit en 1710 pour être admis parmi les pages de la Grande Écurie.
Les deux aînés, Alexandre, marié en 1723àM"«de Razilly, et Armand,
dit le chevalier de Boisragon, furent les auteurs de deux rameaux. Le
premier rameau s'est éteint en la personne d'Armand-Alexandre de
Ghevaleau, connu sous le titre de marquis de Boisragon, né en 1761,
qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Saint-
Maixent et à celles tenues à Sedan et qui mourut à Poitiers en 1839
sans avoir eu d'enfants de son mariage en 1809 avec M"« des Mons-
tiers-Mérinville ; d'après Beauchet-Filleau ce gentilhomme. aurait eu
l'honneur de monter dans les carrosses du Roi; son nom ne figure
cependant sur aucune liste connue des seigneurs ayant joui des hon-
neurs de la Cour. Le second rameau de la branche aînée s'est éteint
avec Jean-Lubin de Ghevaleau, chevalier de Boisragon, né vers 1780,
qui demeura célibataire et qui fut le dernier représentant de sa famille
en France, et avec sa sœur, Marie-Élisabeth, née en 1776, élève de
Saint-Cyr en 1785, qui mourut vers 1800 au château de la Chesnaye
sans avoir été mariée. On trouvera dans le Nouveau d'IIozier les
preuves de noblesse que deux représentants de cette branche firent
en 1753 et en 1770 pour être admis à l'École militaire.
L'auteur de la seconde branche, Louis de Ghevaleau de Boisragon,
282 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
connu sous le titre de chevalier de la Chesnaye , quitta la France après
la révocation de l'Édit de Nantes, alla se réfugier en Hollande, puis en
Angleterre, fut nommé en 1715 lieutenant-colonel au régiment de
Nassau et mourut en 1829. 11 avait épousé à Londres, en 1718, Marie-
Henriette de Rambouillet de la Sablière, fille d'un conseiller d'Etat
du roi de Danemark ; il en eut deux fils qui furent lun et l'autre
majors dans l'armée anglaise. Le plus jeune de ces fils, Gédéon-
Charles, marié à miss Mary Palterson, fut père d'Hcnri-Charles Che-
valeau de Boisragon qui épousa en 1803 miss Mary Fcushaw et dont
la descendance se perpétue avec distinction en Angleterre.
L'auteur de la troisième branche, Charles de Clievaleau de Bois-
ragon, passa en Hanovre lors de la révocation de l'édit de Nantes et
fut officier dans les troupes du duc de Brunswick-Zell. Il avait épousé
M"^ Alibcrt, dune famille de Grenoble, et en eut plusieurs enfants
dont on ignore la destinée.
La famille de Chevaleau de Boisragon a fourni un grand nombre
d'officiers de mérite tant au service des rois de France qu'à celui des
rois d'Angleterre, des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Principalesalliances : de Saint-Gelais 1494, des Francs, de la Bérau-
dière 1572, de ^'allée 1G04, de Marconnay 1652, du Chillcau 1698, de
Chasteigner 1691, d'Auzy 1691, de Razilly 1723, du Brcuil-llélion de
laGuéronnièrel754, de Mondionl781, des Monstiers-Mérinville 1809,
de Magne 1775, 1784, de Rambouillet de la Sablière 1713.
CHEVALERIE (Aymer de la). Voyez : Aymer de l.\ Chevalerie.
CHEVALIER de la TEILLAIS. Armes : de gueules à un cheval gai, effaré
d' argent ; au chef échiqueté d'or et d'azur.
Famille de Haute-Bretagne sur laquelle on trouvera quelques rensei-
gnemcnlsdaiis le Répertoire de biobibliographie bretonne de Kerviler.
Un Julien Chevalier exerça de 1660 à 1674 les fonctions de sénéchal
du lieu de la ïeillais. Sa descendance posséda le domaine de la
Havardière et produisit plusieurs procureurs du Roi à Bazougcs-la-
Pérouse.
Jean-Baptiste Chevalier, né à Tremblay le 8 août 1794, fils d'Anne-
François Chevalier et de Jeanne-Marie Mignot, avocat à Fougères,
décédé à Vitré en 1832, avait épousé dans cette ville en 1823 Anne-
Bénigne Loychon. Leur fils, Jules Chevalier, né à Vitré en 1825,
maire d'Acigné en 1868, décédé en 1878, fut autorisé par décret du
25 juillet 1860 à joindre à son nom celui de : de la Teillais et à s'ap-
peler Chevalier de la Teillais. Il avait épousé d'abord M""' Perrot de
Chazelle, née Gallois, puisM"'^ de Poléon, aujourd'hui connue sous le
niCTIONNAIRK DES FAMILLES FRANÇAISES 283
titre de comtesse de la Teillais. Il a laissé de ces deux unions plu-
sieurs enfants.
Principales alliances : Pascaud de Poléon, du Chesne de Lamotte
1892, Gravier, etc.
Les armoiries adoptées par la famille Chevalier de la Teillais sont
à peu de chose près les mêmes que celles d'une famille Chevalerie,
puis de la Chevalerie, possessionnée dans la même région, à laquelle
divers ouvrages contemporains, notamment le Dictionnaire biogra-
phique (Vllle-et- Vilaine, ont cherché à la rattacher. Cette famille
portait, en effet, le blason suivant : de gueules à un cheval gai, effaré
d'argent. Elle était originaire de l'Anjou et possédait aux xvi'= et
XVII® siècles d'importants domaines dans les environs de Vitré et de
Laval. Son auteur, Georges Chevalerie, riche marchand de Vitré, fut
anobli par lettres de 1547. Il fut père de Georges Chevalerie, Sgr de
l'Éperonnière, en la paroisse de Livré, et grand-père de Michel de la
Chevalerie, Sgr de l'Éperonnière, décédé en 4597, qui furent des
huguenots militants. Les divers membres de cette famille furent
maintenus dans leur noblesse le 18 septembre 1668 par jugement de
Voisin de la Noiraye, intendant de Tours, et le 27 août 1669 par arrêt
de la Chambre de réformation de Bretagne. La famille de la Cheva-
lerie paraît avoir eu pour derniers représentants P'rançois-Daniel de
la Chevalerie, marié vers 1690 à Elisabeth-Charlotte du Buat, et sa
sœur Françoise-Charlotte, mariée en 1704 au sieurDavrillé, négociant.
Il existait en Bretagne lors de la grande recherche du xvii'' siècle
plusieurs familles distinguées du nom de Chevalier.
La plus ancienne de ces familles possédait, entre autres biens, la
seigneurie du Portai, en la paroisse de Langan, au diocèse de Dol.
Elle portait pour armes : de sable à trois annelets d'or; au chef cousu
de gueules chargé d'un lion d'argent. Elle fut d'abord condamnée
comme usurpatrice par jugement du 31 août 1668, puis maintenue
dans sa noblesse par un nouveau jugement du 31 août 1669 après
avoir justifié sa descendance de Pierre Chevalier vivant en 1408. Elle
paraît s'être éteinte dès la fin du xvii® siècle.
Une famille Chevalier a possédé au diocèse de Nantes les seigneuries
du Hil, de la Devoriais, de la Haye, etc. Elle portait pour armes :
d'azicrà deux lances guidonnées d'argent en sautoir, accompagnées en
chef d'un croissant dit même. Elle figura de 1440 à 1513 aux réfor-
mations et montres de la paroisse de Fougeray. Lors de la grande
recherche du xvii^ siècle son chef, Sulpice Chevalier delà Haye, juge
criminel à Rennes, se désista de ses prétentions à la noblesse par
acte du 10 décembre 1668 ; il n'eut qu'une fille mariée au conseiller
au Parlement Huart de la Bourbansais.
284 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Une famille Chevalier de la Salle et de Portzangolï, du diocèse de
Saint-Mal.o, fut déboutée, faute de produire, par arrêt de la
chambre de réformation du 22 février 1670.
Une famille Chevalier a possédé près deMorlaixles seigneuries de
la Ville-David et de Vréville. Son chef, Jean Chevalier, docteur en
médecine, se désista de ses prétentions à la noblesse par acte du
4 juin 1669 en payant une amende de cent livres. Une représentante
de cette famille était en 1793 directrice de l'hôpital de Morlaix.
CHEVALIER duBOISCHEVALIER. Armes : de gueules à trois clefs d'or,
les gardes en haut ; à la bordure d'azur. — Couronne : de Marquis.
Cette famille a eu pour auteur Hugues-Olivier Chevalier, sieur du
Bois-Chevalier, en la paroisse de Légé, sur les confins du Poitou et
de la Bretagne, conseiller au présidial de Nantes, cchevin de cette
ville en 1652, sous-maire en 1654, qui fut maintenu dans sa noblesse
par arrêts du 27 août 1669 et du 15 juillet 1670 comme ayant été
anobli par l'échevinage de Nantes et moyennant le paiement de
1.000 livres. Charles-César Chevalier, sieur du Boischevalier, fils du
précédent, marié en 1674 à Jeanne-Françoise de Guichardi, fut nommé
maire de Nantes en 1676. Charles-Olivier Chevalier du Boischevalier
obtint en 1715, comme noble d'extraction, d'être dégrevé d'une taxe
de 4.000 livres.
Charles-Jean Chevalier du Bois, chevalier, SgrduBois, etCharles-
Florenl-Jacques Chevalier du Bois, chevalier, Sgr du Pont, Saint-
Colombain, la GrifTaire, etc., prirent part en 1789 aux assemblées de
la noblesse des Marches communes de Poitou et de Bretagne séant
à Montaigu.
D'après Beauchet-Filleau, la famille Chevalier du Boischevalier
compterait encore des représentants ; mais cet historien la confond
peut-être avec la famille Lepage du Boischevalier, de la même
région.
Les armoiries adoptées au xvn^ siècle par la famille Chevalier du
Boischevalier sont celles d'une famille Chevalieu de la Coindakdière
ET DE LA Frappinièue qui occupait à cette époque un rang distingué
dans la noblesse du Poitou. Cette famille était originaire de la ville de
Saint-Maixent où dès la fin du xni* siècle elle était honorablement
connue dans la bourgeoisie. Elle s'agrégea à la noblesse vers la fin du
siècle suivant. Hugues Chevalier, écuyer, Sgr du Fief-Grignon, auquel
Beauchet-Filleau fait remonter la filiation suivie, avait épousé vers 1420
Marie Pichier, héritière de la seigneurie de la Frappinière, en la paroisse
de Nanteuil. Deux de ses fils, Jean, Sgr de la Coindardière, marié le
1 3 juillet 1456 à Marie de la Chaussée, et Léonnet, Sgr des Granges et
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 285
(le la Frappinière, marié vers 1 405 à Marguerite Partlienay, furent les
auteurs de deux grandes branches dont les représentants furent
maintenus dans leur noblesse le 10 décembre 1667 par jugement de
M. de Barentin, intendant de Poitiers. La branche ainée s'est éteinte
avec Charles Chevalier de la Goindardière, né en 1730, page de la
Grande Écurie, décédé en 1800 au château de la Coindardière, et avec
ses deux fdles, la marquise de Beufvier et la comtesse de Gourjault.
La branche cadette était représentée au xyiii*^ siècle par François Che-
valier de la Frappinière, né en 1705, page de la Grande Écurie en 1719,
qui épousa en 1726M"^Foucher de Circé, puis vers 1760 AP''' Durand.
Ce gentilhomme laissa un très grand nombre d'enfants dont on con-
naît mal la destinée. Deux de ses fils, Jean-Placide et Louis-Maur,
furent admis en 1760 parmi les pages du Roi. Un autre, Alexandre-
Antoine Chevalier de la Frappinière, né en 1730, épousa à Fécamp
en 1763 une simple couturière, Catherine Jouen ; on trouvera dans le
Nouveau dHozier les preuves de noblesse que leur fds, Philippe-Fré-
déric, né à Fécamp en 1768, fit pour être admis à l'École militaire.
Louis Chevalier de la Frappinière prit part en 1789 aux assemblées
de la noblesse tenues à Poitiers.
Il a existé en Poitou d'autres familles nobles du nom de Chevalier.
Deux de ces familles, celle des seigneurs de la Resnière et de la
Fuye et celle des seigneurs duPontreau, subsistaient en 1789.
La famille Chevalier de la Resnière et de la Fuye avait pour auteur
Henri Chevalier, décédé en 1755, qui fut pourvu en 1725 de l'office
anoblissant de trésorier de France au bureau des finances de Poitiers
et qui eut pour successeur en 1751 son fils, Henri Chevalier, Sgr de
la Resnière. Elle s'est éteinte avec le petit-fils de celui-ci, Mathias
Chevalier de la Fuye, décédé en 1856 à l'âge de 81 ans.
La famille Chevalier du Pontreau portait pour armes : à'azur à un
porc-épic d'or. Ses représentants furent maintenus dans leur noblesse
en 1667 par jugement de M. de Barentin, intendant de Poitiers, le
14aoùtl669 par jugement rendu à Bourges de l'intendant Tubeufet
en 1715 par jugement de M. de Richebourg, un des successeurs de
M. de Barentin. On trouvera dans les manuscrits de Chérin les preuves
de noblesse qu'un de ses membres, Charles-Bonaventure Chevalier
du Pontreau, né le 13 août 1770, fit sous Louis XVI pour être admis
parmi les chevau-légers.
CHEVALIER d'ALMONT(de). Armes : d'argent à une fasce d'azur char-
gée dune molette dor et accompagnée de trois roses de gueules. —
Aliàs : dazur à une fasce dor chargée dune molette de gueules et
accompagnée de trois roses d argent. — Aliàs : écartelé: aux 1 et 4 dar-
286 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
gent à une fasce d'azur, au bâton de sable brochant sur le tout •
aux 2 e/ 3 de gueules à trois l'oses d'argent. — Couronne : de Comte. —
Supports : deux lions ou deux licornes. — Cimier : un buste de che-
valier tenant de la main droite une épée à lame d'argent garnie
d'or. — Devise : Honor et fides.
Etienne Chevalier, marié en 1449 à Catherine Budé, jouit d'un grand
crédit auprès des rois Charles VII et Louis XI. 11 fut successivement
trésorier général de France, conseiller au Grand Conseil, ambassa-
deur en Angleterre et auprès du Souverain Pontife. Ce fut lui qui fut
l'exécuteur testamentaire d'Agnès Sorel.
Les généalogistes ont cherché à rattacher à ce puissant person-
nage un certain nombre de familles distinguées du nom de Cheva-
lier.
La famille Chevalier d'Almont, la seule, semble-t-il, de ces familles
qui compte encore des représentants, appartient à la noblesse de l'Or-
léanais. On en trouvera des généalogies dans 1^4 nnuaire de la noblesse
de 1858 et dans ÏAî'moj'ial général de d'Hozier, volume supplémen-
taire, publié en 1873 par la maison Firmin-Didot. On trouvera aussi
sur elle beaucoup de renseignements dans les manuscrits deChériu.
Les jugements de maintenue de noblesse du xvn* siècle font
remonter la filiation suivie à Jehan Chevalier, écuyer, Sgr en partie
d'Almont, ou d Allemont, en la paroisse d'Erceville, qui assista
le 3 avril 1518 avec sa femme, Colombe de Harville, au contrat de
mariage de son lils, autre Jehan Chevalier, écuyer, et de Michelle de
Sainxe et dont les enfants partagèrent la succession par acte
du 16 octobre 1534. Cet acte de partage de 1534 n'est pas mentionné
dans le travail de Chérin ; mais une note de ce généalogiste apprend
que le contrat de mariage de 1518 est faux par l'écriture, qui est de
la fin du XVII* siècle, par le style et par le parchemin qui a été gâté
exprès. D'après le travail publié par la maison P'irmin-Didot ce Jehan
Chevalier aurait été en 1472 lieutenant particulier au duché d'Orléans
et en 1482 auditeur des comptes de la duchesse d'Orléans.
Des généalogistes modernes ont fait de ce personnage un fils
cadet, passé sous silence par les auteurs anciens, de Thomas Cheva-
lier, Sgr d'Aunay, lieutenant du Roi à Chàtillon-sur-Marne, qui était
lui-même fils d'Etienne Chevalier et de Catherine Budé. D'autres
généalogistes modernes en ont fait le fils d'un Pierre Chevalier,
Sgr de Donnay et d'Allemont, lieutenant général au duché d'Orléans
en 1460, décédé en 1479, inhumé en l'église Saint-Hilaire d'Orléans,
qui aurait été un frère aîné, également passé sous silence par les
auteurs anciens, d'Etienne Chevalier. Ces mêmes généalogistes font
de ce dernier, mais sans aucune preuve à l'appui, le fils d'un Jean Che-
DICTIONNAIRK DES FAMILLES FRANÇAISES 287
valier, Sgrtlc Donnay et d'AIIcmont, qui aurait été procureur général
du duc d'Orléans en 1420 et secrétaire du roi Charles VII en 1423, le
petit-lils d'un Pierre Chevalier, Sgr de Donnay, qui aurait été valet de
chambre du Roi en 1373, etl'arrière-petit-fils d'un Herbert Chevalier,
Sgr de Donnay, en la généralité d'Alençon, intendant de justice, de
police et de finances du Maine, qui aurait été nommé en mai 1334
commissaire et député du roi Philippe VI pour connaître les usurpa-
teurs de noblesse dans cette province.
Léon Chevalier, écuyer, Sgr d'Almont, dont les jugements de main-
tenue de noblesse du xvii^ siècle font un fils de Jehan et de Michelle
de Sainxe, rapportés plus haut, épousa Marguerite de la Lande par
contrat du 16 novembre 1572. Il fut père de Lancelot Chevalier,
écuyer, Sgr d'Almont, qui épousa Jehanne de Westrebourg par con-
trat du 19 mai 1621 et qui fut maintenu dans sa noblesse par arrêt du
22 juin 1634, et grand-père d'Hilaire et de René Chevalier qui furent
maintenus dans leur noblesse le 29 novembre 1667 par jugement de
M. de Machault, intendant d'Orléans. Le second de ces deux frères,
René Chevalier, Sgr d'Almont, demeurant en la paroisse de Sal-
bris, dans l'élection de Chartres, avait épousé Anne de Passac
par contrat passé le 21 février 1661 devant notaire à Orléans.
Son fils, Charles Chevalier, Sgr d'Almont, né en 1669, marié à
Marie de Bouchault du Boury par contrat passé le 4 juin 1701
devant notaire à Cléry, près d'Orléans, fut imposé au rôle des
tailles en 1716 et 1717 par les habitants de la paroisse de Saibris ;
il se fit alors à son tour maintenir dans sa noblesse le 13 décem-
bre 1718 par arrêt de la Cour des aides de Paris. On trou-
vera dans les manuscrits de Chérin les preuves de noblesse que son
petit-fils, Charles Chevalier d'Almont, né en 1747, fît en 1766 pour
être admis parmi les chevau-légers. Ce même Charles Chevalier d'Al-
mont, chevalier, Sgr de Thou, garde de la porte du Roi, chevalier de
Saint-Louis, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse des bail-
liages réunis de Blois et de Romorantin. Il avait épousé IMarguerite de
Foucault par contrat passé en 1771 devant notaire à Bourges. On
trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse qu'il fit à
son tour en 1787 pour obtenir l'admission à l'École militaire d'un de
ses fils, Sylvain, né àSalbris en 1778. Ce jeune homme mouruten 1802
et ce fut son frère cadet, Louis-Théodore, né à Romorantin en 1791,
marié en 1813 à M"® Berton de Monnot, qui continua la descendance.
La famille Chevalier d'Almont a fourni de nombreux officiers, des
commandants de places fortes, des chevaliers de Saint-Louis, des
chanoinesses de Remiremont auxvii* siècle, une demoiselle de Saint-
Cyr (Anne, née en 174o), etc.
288 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Son chef est connu de nos jours sous le nom de vicomte d'Almont,
Principales alliances : deTarragon 1727, deCosnede Rouvray 1736,
de la Chapelle 1741, de Foucault 1771, Chenu de Corgy 1846, de
Mauvise 1874, de Bonneval, d'Arcemale, de Hallot 1648, de Passac
1661, etc.
Une famille Chevalier dExfre.vel et de Moxtigxy se disait issue
de ce même Etienne Chevalier, marié en 1449 à Catherine Budé,
auquel les auteurs contemporains ont voulu rattacher la famille
Chevalier d'Almont. Elle avait réussi à faire admettre ses prétentions
par la Chesnaye des Bois et avait adopté le blason d'Etienne Che-
valier : d'azur à une fasce d'or accompagnée en chef d'une molette
et en pointe de deux glands tiges et feuilles, le tout d'or. Ce sont ces
armes qu'un de ses membres, Philippe-Antoine Chevalier, receveur
général des fermes à Reims, fit enregistrer à l'Armoriai général
de 1696. Dubuisson lui attribue les armes suivantes : d'azur à une
tête de licorne d'argent, au chef de même chargé de trois demi-vols de
sable. Aufauvre, dans son Histoire de Nogent-sur-Seine , lui attribue
d'autres armoiries : de gueules à trois clés d'or, i et \, les deux du
chef adossées. La souche se partagea en plusieurs branches qui
avaient pour autour commun Claude Chevalier, conseiller au prési-
dial de Reims, lieutenant au bailliage de cette ville, décédé en 1627.
Aucune de ces branches ne fit reconnaître sa noblesse par l'intendant
Caumartin lors de la grande recherche commencée en 1666. La
branche afnée s'éteignit avec Joachim Chevalier, Sgr de Saint-Hilaire,
qui fut tué en 1693 à la bataille de Nerwinden. L'auteur de la seconde
branche, Nicolas Chevalier, vint se fixer à Xogent-sur-Seine et y
mourut en 1667. Il laissait, entre autres enfants, trois fils qui furent
anoblis par leurs charges : 1° Jacques Chevalier, Sgr de Courtavant,
baron d'Enfrenel, receveur général des finances de 3Ietz, dont le fils Jac-
ques, baron d'Enfrenel, conseiller en la Cour des aides, puis grand-
maître des eaux et forêts de Picardie, d'Artois et de Flandre, mourut
en 1748 survivant à sa fille unique mariée en 1731 à François le Conte de
Nonant, marquis de Néry ; 2" Claude Chevalier, Sgr d Isle, receveur
des finances à Metz,, décédé en 1684, dont les enfants ne paraissent
pas avoir laissé de postérité ; 3° Louis Chevalier, Sgr de Saint-Hilaire,
puis de Montigny, près de Metz, secrétaire du Roi, receveur général
des finances à Metz, fermier général, décédé en 1715. Le plus jeune
de ces trois frères laissa lui-même, entre autres enfants, deux fils :
1° Louis, Sgr de Montgeroult, près de Pontoise, président en la seconde
chambre des enquêtes du Parlement de Paris en 1704, décédé
en 17o6, dont le fils fut conseiller au Parlement de Paris; 2" Philibert-
Antoine, receveur général des finances à Metz en 1704, dont les fils
DinTIONNAIRK D R S FAMILLES FRANÇAISES 289
moururent sans postérité et dont la lllle, née en 1705, se maria suc-
cessivement dans les familles Cadot de Sébeville et de Preissac.
On trouvera dans le Dictionnaire de la noblesse de la Chesnaye des
Bois la généaloç^ie d'une autre famille Chevalier qui, elle aussi, reven-
diquait pourauteur ÉtienneChevalier vivant au xv" siècle. Cette famille
portait pour armes : à'or à trois chaudrons de sable. Des branches
cadettes, éteintes au xvii^ siècle, avaient adopté les armes suivantes
portées plus récemment parla famille Chevalier de Caunant : d'azur
à une tête de licorne d'argent; au chef de même chargé de trois
demi-vols de sable. Nicolas Chevalier, décédé en 1633, dont, malgré
l'éloignemcnt des dates, on fait un petit-fils d'Etienne Giievalier, fut
conseiller au Parlement de Paris. Deux de ses fils, Jacques et Nicolas,
furent conseillers au même Parlement; un troisième, Simon, fut
maître des Comptes. Le plus jeune de tous, Antoine, Sgr duCoudray,
marié en 1625 à Marie Fraguier, fut conseiller du Roi en ses Conseils
et contrôleur général de l'extraordinaire des guerres. Cette famille
était représentée sous Louis XVI par Antoine-Louis Chevalier du Cou-
dray, né en 1766.
CHEVALIER de CAUNANT. Armes (d'après le règlement d'armoiries
de 1825) : d'azitr à une tête de licorne d'argent ; au chef du même
chargé de trois demi-vols de sable.
Cette famille a eu pour auteur Jean-Baptiste Chevalier, gouverneur
des établissements français du Bengale sous Louis XVI, qui fut
nommé maréchal de camp en 1787. Jean-Baptiste Chevalier prit part
en 1789 aux assemblées de la noblesse du bailliage de Blois etRomo-
rantin où il possédait la seigneurie de GauxNant. Il laissa un fils et une
fille. Celle-ci, née à Chandernagor en 1776, épousa en 1798 le mar-
quis de Broc. Son frère, Armand Chevalier, né à Chandernagor
en 1778, préfet, décédé à Versailles en 1868, reçut le titre personnel
de baron par lettres patentes du roi Charles X du 22 janvier 1825,
obtint en même temps le règlement de ses armoiries et fut autorisé,
par ordonnance du 9 février 1827, à ajouter à son nom celui de sa
terre de Caunant. Il avait épousé en 1821 Élisa-Joséphine Oudinot,
fille du maréchal duc de Reggio, qui lui survécut jusqu'en 1882.
Il en avait eu une fille unique, la vicomtesse de Broc, décédée
en 1864.
CHEVALIER de la PETITE-RIVIÈRE. Armes (d'après le Billet départ
de mars 1911) : d'argent à deux épées de..., mises en sautoir.
Famille honorablement connue en Anjou.
Joseph-Alfred Chevalier, banquier à Angers, avait demandé le
X. 19
290 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
3 septembre 1862 l'autorisation de joindre à son nom celui de : de la
Petite-Rivière, sous lequel il était connu, et de s'appeler régulière-
ment Chevalier de la Petite-Rivière.
M. Anatole-Jules Chevalier de la Petite-Rivière, né en 1823, marié
en 1858 à M"* d'Arboval, est décédé en 1903 laissant un fils, Marcel,
officier d'infanterie, et plusieurs filles.
Principales alliances : de Maynard de la Clayc 1850, Hurtrel d'Ar-
boval 1858, Arago 1890, Devay de la Fleuriaye, le Chaufi de Ker-
guénec 1897, le Dauphin, etc.
CHEVALIER de VESLES de WATTIGNY et de BUZEROLLES d URCEL.
Armes : d'aztcj^ à une télé de licorne d'argent; au chef cousu de
gueules chargé de deux palmes d'or passées en sautoir.
La famille Chevalier de Vesles et de Buzerolles, aujourd'hui complè-
tement éteinte, a occupé un rang distingué en Laonnais.
Elle était originaire de Coulommicrs, dans la Brie, et descendait de
Sébastien Chevalier, marchand de cette ville, qui avait épousé vers
1550 Nicole Guinet. Guillaume Chevalier, fils des précédents, vint
se fixer à Laon, y exerça les fonctions de notaire et de procureur du
Roi, épousa en 1594 Antoinette de Mange et mourut en 1611. Il fut
père de Claude Chevalier, receveur des deniers, puis capitaine de la
ville de Laon, et grand-père de Pierre Chevalier, conseiller du Roi,
lieutenant assesseur au bailliage et siège présidial de Laon. Ce der-
nier fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696. 11 avait
épousé en 1669 Marie Poussin, héritière de la seigneurie de Chastillon,
et en eut une nombreuse postérité. Un de ses fils, Claude Chevalier,
Sgr des Aublains, marié en 1704 à Anne-Élisabeth de Blois d'Hau-
terive ,fut pourvu de la charge anoblissante de président trésorier de
France au bureau des finances de Soissons. Deux autres, Nicolas Che-
valier, Sgr de Chastillon et de Vesles, prévôt de la ville de Laon, marié
en 1703 à Marie-Anne de Poullet, dame de Vesles, et Jean-Pierre
Chevalier, sieur de Buzerolles, lieutenant criminel au bailliage de
Vermandois, à Laon, furent les auteurs de deux branches. On ne con-
naît pas à ces branches de principe d'anoblissement et on ne voit
pas que leurs représentants aient pris part en 1789 aux assemblées
de la noblesse de leur région.
La branche aînée, connue sous le nom de Chevalier de Vesles, puis
sous celui de Chevalier de Wattigny, s'est éteinte en la personne de
Pierre Clievalier de Vesles de Wattigny, né en 1782, qui mourut sans
postérité en 1867.
La branche cadette acquit au xyiii*^ siècle la vicomte d'Urcel. Elle
s'éteignit avec Jean-Joseph Chevalier de Buzerolles, vicomte d'Urcel,
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 291
né en 1779, qui mourut en 1860 sans avoir eu d'enfants de son mariage
avec M'"" de Sars*.
CHEVALIER d ARBEC.
M. Jean-Louis-Léonce Chevalier demanda vainement le 19 août 1866
l'autorisation de joindre régulièrement à son nom celui de : d'Arbec
sous lequel il était connu.
CHEVALIER-le MORE. Armes (d'après le Billet de Part) : d'argent àun
chevron de gueules accompagné de trois têtes de more de sable,
2e^ 1.
Famille de haute bourgeoisie originaire d'Yssingeaux, en Velay.
Antoine Chevalier était sous Louis XVI notaire dans cette ville. Son
fds, Gaspard Chevalier, né à Yssingeaux en 1768, était président du
tribunal civil de sa ville natale quand il fut élu député de la Haute-
Loire en 1816 ; il conserva son mandat jusqu'en 1831, fut conseiller à
la Cour de Paris et chevalier de la Légion d'honneur et mourut en 1838.
11 était connu sous le nom de Chevalier-le More depuis son mariage
avec M'"' le More, fille d'un conseiller à la Cour de cassation. Il avait
eu de cette union cinq fds dont le plus jeune, Adrien, directeur des
postes et télégraphes, marié à Jenny du Buysson, a continué la
descendance.
La famille Chevalier-Ie More a fourni des magistrats, des officiers
supérieurs, deux directeurs des postes et télégraphes, des membres
de la Légion d'honneur, etc.
On trouvera sur elle des renseignements dans le premier volume
de la France moderne de M. Villain.
Principales alliances : le More, Viénot de Vaublanc, du Buysson,
de Vissaguet 1838, deLisle, Trotté de la Roche, de Lajamme deBel-
leville, de Postel des Minières 1909, etc.
CHEVALIER de SAINT-ROBERT.
Famille de haute bourgeoisie.
Jean-Louis-Marcel Chevalier, né à Grenoble en 1816, décédé à
Paris en 1889, était secrétaire de légation à Copenhague quand il
obtint, par décret du 25 juin 1860, l'autorisation de joindre régulière-
ment à son nom celui de : de Saint-Robert sous lequel il était exclu-
sivement connu.
La famille Chevalier de Saint-Robert est peut-être la môme que
' Cette notice a été faite à l'aide de renseignements dus à l'obligeance de M. le
vicomte de Hennezel d'Ormois.
292 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
celle de Jean-Pierre Chevalier de Rivoire qui, sous Louis XVI, se qua-
lifiait écuyer, conseiller du Roi, vibailli du Viennois, lieutenant général
civil et criminel d'épée au bailliage et siège présidial de Vienne.
11 a existé dans la même région, mais sur la rive droite du Rhône,
en Vivarais, une famille Chevalier de Montrond dont on trouvera une
généalogie dans le tome II de la France moderne de Villain. Cette
famille, de très honorable bourgeoisie, remontait par fdiation à Bar-
thélémy Chevalier, habitant de Rochemaure, qui épousa en 1590
Marie Teaule et qui testa en 161G Antoine Chevalier, lieutenant de la
judicature de Rochemaure, épousa en 1703 Anne Caseneuve, fille de
Jean et de Jeanne Gallet de Mondragon. Son fils, Louis-Aimé Cheva-
lier de Montrond, décédé en 1799, fut receveur des fermes du Roi à
Ancone. Cette famille s'est éteinte en la personne de Joseph-Frédéric
Chevalier de Montrond, décédé sans alliance en 1865.
CHEVALIER (ou CHEVALLIER i de SINARD (de). Armes : à' azur à un che-
vron d'or. — Couronne : de Comte. — Support : deux licornes. —
Devise : Je ne suis point répréhensible .
La famille de Chev.\lier (ou Chevallier) de Si.nard appartient à
la noblesse du Dauphiné. Elle a eu pour berceau le pays de Trièves
où elle est fort anciennement connue. On est en droit de supposer
avec Guy Allard, mais sans en avoir la preuve, qu'elle est la même
que celle de Béranger Chevalier, célèbre jurisconsulte qui en 1278
et 1282 était professeur de droit civil en l'Université de Grenoble.
Martin de Chevalier, fils présumé du précédent, vivait en 1331.
Guy Allard a donné au xvii® siècle une généalogie de la famille de
Chevalier que M. de Magny a reproduite de nos jours dans son Nobi-
liaire Universel. Ce travail fait remonter la filiation à Ponet de Cheva-
lier, damoiseau, qui rendit un hommage au dauphin Humbert le
24 février 1345. Guigues de Chevalier, fils du précédent, exerça,
quoique noble, la profession de notaire à Sinard, profession qui fut
exercée après lui par son fils Guillaume et par son petit-fils
Raymond. Il reconnut en 1386 tenir de la directe du seigneur de
Clermont, en Trièves, quelques censés dans la paroisse de Sinard.
Il fut père de Guillaume Chevalier qui combattit en 1430 à la
bataille d'An thon. Un des fils de celui-ci, Guillaume Chevalier, était
vers 1451 receveur-trésorier général du Dauphiné. Deux autres,
Raymond et François, furent compris, dans une revision des feux
faite en 1450, au nombre des nobles de la paroisse de Clermont,
en Trièves. L'aîné de ces trois frères, Raymond de Chevalier,
écuyer, épousa le 19 septembre 1449 Madeleine de Blosset ; il vivait
encore en 1502. C'est à lui qu un jugement de maintenue de noblesse
Dir/nONNAIRR DES FAMILLKS FRANÇAISES 293
rendu le 2:2 juillcl l()C)7 par riiileiulanl Dugué en faveur de ses des-
cendants l'ail remonter la liliaLioii. Il fut père de Pierre Chevalier, qui
épousa le l" mai 1493 Guigonnc Robert et qui continua la descen-
dance, et d'Humbert Chevalier qui en 1474 était gouverneur de Loriol.
Georges de Chevallier, Sgr des Hoches et de Sinard, capitaine au
régiment de Montclar, épousa le !'=■■ mars 1636 Marie de Rachais,
d'une des plus anciennes familles nobles de la province. Son fds,
Georges Chevalier, Sgr des Hoches et de Sinard, conseiller au Par-
lement de Grenoble en 1698, fit à la même époque enregistrer son
blason à l'Armoriai général ; il avait épousé sa parente, Anne Cheva-
lier, fille de Gaspard, Sgr d'Istras. Il fut le grand-père de Jacques-
François de Chevallier, Sgr d'Istras et de Sinard, conseiller au Par
lement de Grenoble en 1771, décédé en 1806, qui épousa en 1769
jyiiie ^g pjg^,-, çjg Sieyès et de qui descendent les représentants actuels.
La famille de Chevalier de Sinard a conservé jusqu'à nos jours le
château de Sinard dans le département de l'Isère.
Son chef est connu depuis la Restauration sous le titre de comte
de Sinard.
En dehors des personnages mentionnés au cours de cette notice
elle a fourni de nombreux officiers.
Principales alliances : d'Abon, de Rachais 1636, de Blosset 1449,
de Chambrier, Odde de Boniot, de Plan de Sieyès 1769, de Bouffier,
d'Abzacde Cazenac 1818, etc.
Il a existé en Provence une branche de la famille de Chevalier de
Sinard dont le point de jonction avec la souche n'est pas connu.
Cette branche portait pour armes : d'azur à un chevron d'or accom-
pagné en pointe d'une aigle de même; au chef cousu de gueules
chargé de trois étoiles d'argent. On en trouvera des généalogies
dans le supplément de Y Histoire héroïque de la noblesse de Pro-
vence d'Artefeuil et dans le Dictionnaire de la noblesse de la
Chesnaye des Bois. Ces travaux en donnent la filiation depuis Jean
Chevalier dont le fils, Etienne de Chevalier, Sgr de Saint-Martin,
obtint du roi Louis XIII en janvier 1623, en récompense de ses ser-
vices militaires, des lettres de relief de dérogeance. Cette branche
provençale de la famille de Chevalier fut maintenue dans sa noblesse
en 1667 par arrêt des commissaires du Roi chargés de la recherche
des faux nobles. Elle était représentée au xvni^ siècle par Jean de
Chevalier, marié en 1729àEnnemondedeLaugier, et par leur fils, Jean -
Louis deChevalier, demeurante Trots, marié vers 1765 àM"" dePerri.
CHEVALIER d'ESCAGES (de). Armes : à' azur à un cheval effrayé d'ar-
gent.
294 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille de Chevalier d'Escages, aujourd'hui complètement éteinte,
appartenait à la noblesse de l'Agenais. On trouvera sur elle des ren-
seignements dans les manuscrits de Chérin et dans V Annuaire du
Conseil héraldique de France de 1895.
Les jugements de maintenue de noblesse rendus au xvii^ siècle en
faveur de la famille de Chevalier en font remonter la filiation au
^i octobre loo3, date à laquelle Raymond de Chevalier, écuyer, épousa
Catherine Jaubert. Mais les Chevalier sont connus dans la noblesse
de leur région dès une époque bien antérieure. Laurent de Che-
valier, écuyer, Sgr d'Escages, petit-fils de Raymond, épousa Anne
de Bacalan par contrat passé le 17 avril 1636 au château de Maison-
neuve devant notaire à Gontaud. Il fut maintenu dans sa noblesse le
15 mai 1668, sur preuves remontant à 15o3, par jugement de Pellot,
intendant de Bordeaux. Son fils, Samuel de ChevaHer, Sgr d'Escages,
abjura solennellement le protestantisme le 22 septembre 1685, un
mois avant la révocation de ledit de Nantes. Il résidait rue des Ayres,
à Bordeaux, quand il épousa sa cousine, Marie-Anne de Bacalan, par
contrat passé dans cette ville le 18 juin 1695. Il fut lui-même maintenu
dans sa noblesse le 18 mars 1698 par jugement de M. de Bezons, suc-
cesseur de Pellot. Il laissa un fils, Timothée de Chevalier, écuyer,
Sgr d'Escages, qui épousa sa cousine germaine, Marie de Bacalan, par
contrat passé le 6 novembre 1744 devant notaire à Gontaud et qui fut
à son tour maintenu dans sa noblesse le 27 juin 1758 par arrêt de la
Cour des aides de Bordeaux. Le fils de celui-ci, Timothée de Cheva-
lier, écuyer, Sgr d'Escages, en la paroisse de Saint-Pierre de Nogaret,
dans la juridiction de Gontaud, obtint en l''68 le certificat de noblesse
nécessaire pour être admis parmi les chevau-légers. Il épousa d'abord
en 1769 sa cousine germaine, Marie-Anne de Chevalier de Lalanne,
se remaria à M"* des Mesures de Rauzan par contrat passé en 1787 à
Margaux, en Médoc, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Agen et mourut en 1792. Il avait eu de son premier mariage
un fils unique, Jean, né en 1772, qui fut le dernier représentant mâle
de sa famille et qui mourut pendant l'émigration sans avoir contracté
d'alliance ; il eut de sa seconde union trois filles en la personne
desquelles s'éteignitdéfinitivemcntla famille de ChevaUer d'Escages :
1<* Marie-Anne, née en 1789, mariée à François de Gascq de la
Roche ; 2°Marguerite-Célinie, née en 1791, mariée à M. Pierre-Hippo-
lyte Campagne ; 3° Catherine-Jacquettc, née posthume à Bordeaux
le 20 septembre 1792, mariée à M. Pierre Mérac de Duchossy. Le
château d'Escages appartient actuellement à la famille Campagne.
Principales alliances : de Bacalan 1636, 1695, 1744, de Montalem-
bcrt 1772, des Mesures de Rauzan, de Gascq, etc.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 295
Il a existé dans la même région, en Périgord, une autre famille de
Chevalier qui portait pour armes : d'or à un dextrochère mouvant du
côté sénestre de l'écu, tenant une masse d'armes de sable en pal, le
manche d'azur ; au chef de sable chargé de trois coquilles d'argent.
Cette famille fut maintenue dans sa noblesse le 10 février 1708, sur
preuves remontant à 1541, par jugement de M. de Lamoii^non, inten-
dant de Bordeaux. Une de ses représentantes, Marie-Élisabeth Che-
valier de Cablaii, née à Périgueux en 1748, fut admise à Saint Cyr
en J 760. Les preuves de noblesse qu'elle fit en cette circonstance font
remonter la lîliation à noble Jean Chevalier, damoiseau, Sgr de Puy-
gombert, qui rendit un hommage le 26 août 1463. Anne-Pierre-Basile
de Chevalier, Sgr comte de Saint-Mayme, chevalier de Saint-Louis,
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Périgueux.
CHEVALIER du FAU. Armes : d'argent à un chevron de gueules accom-
pagné en pointe d'un croissant de même ; au chef d'azur chargé de
deux étoiles d'argent.
Famille de haute bourgeoisie d'Auvergne représentée de nos jours
(1898) par un avoué à Clermont-Ferrand.
Principales alliances : de Lapisse, d'Auzac de la Martinie, de
Ribier 1842, etc.
On trouve qu'un sieur Chevalier, avocat à Riom^ lit enregistrer son
blason àl'Armorial général de 1696 : à'azurà unchevron d'or accom-
pagné de deux trèfles de même en chef et d'une croix d'argent en
pointe.
CHEVALIER de LAUZIÈRES.
Famille de haute bourgeoisie
M. Octave Chevalier demanda le 18 octobre 1861, tant pour lui que
pour son fds mineur, l'autorisation de joindre régulièrement à son
nom celui de : de Lauzières sous lequel il était connu et qu'avaient déjà
porté son père et son aïeul. Il ne semble pas que sa demande ait été
agréée.
GHEVALLEREAU. Armes (d'après un ancien cachet) : d'or à deux che-
vrons de gueules.
Le nom de Chevallereau, très répandu en Poitou, y est porté de
nos jours par plusieurs familles de très haute bourgeoisie dont Beau-
chet-Filleau a donné la généalogie dans son Dictionnaire historique
et généalogique des familles du Poitou.
Celle de ces familles qui donne lieu à la présente notice a donné
une série de sénéchaux à la petite ville de Sainte-Hermine, en Bas-
296 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Poitou. Beauchet-Filleau en fait remonter la filiation à Jean Chevalle-
reau, sieur du Sep, domicilié en la paroisse de Thouarsais, qui avait
épousé Marie Martineau et dont le fds, Guillaume Chevallereau, sieur
de la Séguinière, épousa en 1616 Hélène Crochet. François-Honoré
Chevallercau, né en 1818, décédé en 1889, fit partie pendant plus de
trente ans du Conseil général de la Vendée pour le canton de Sainte-
Hermine. Il a laissé un fils, Paul-Gustave Chevallereau, marié en 1878
à M"^ Angibaud.
C'est vraisemblablement à un rameau de cette famille, omis par
Beauchet-Filleau, que l'on doit rattacher un Jacques-René Chevalle-
reau de la Gauberdière, né en 1750, lieutenant général civil au siège
de Fontenay-le-Comte, qui fut élu député de la Vendée au Conseil des
Cinq-Cents.
Principales alliances : Bouhier 1684, Barbier 1708, Marchegay 1817,
1824, etc.
CHEVALLEREAU et CHEVALLEREAU delà CHAUVERIE.
Cette seconde famille Chevallereau, distincle de la précédente,
appartient comme elle à la haute bourgeoisie du Poitou. Peut-être est-
elle la même que celle d'un Philippe Chevallereau, maître chirurgien à
Champdeniers, qui eut son blason inscrit d'office à l'Armoriai général
de 1696 : de sinople à cinq hurelles d'or et un cheval de sable bro-
chant.
Jacques-François Chevallereau, sieur de la Guérinièrc et de la
Boninière, décédé au Beugnon en 1800, auquel Beauchet-Filleau fait
remonter la filiation, fut avocat du Roi à Parthenay. 11 laissa deux fils,
François Chevallereau, sieur de la Boninière, maire deNeuvy, décédé
en 1825, et Charles Chevallereau de la Chauverie, marié à M'''^ Hugue-
teau de Chaillé, qui ont l'un et l'autre laissé postérité. L'aîné de ces
deux frères a été le grand-père du docteur Pierre-Ferdinand Cheval-
lereau, né en 1840, membre du Conseil général des Deux-Sèvres,
décédé à Parthenay en 1892.
Principales alliances : Hugueteau de Chaillé, de Siméon, de Hil-
lerin 1864, Chabot, etc.
CHEVALLEREAU de SÉLY.
La famille Chevallere-^lu de Sély, aujourd'hui éteinte, appartenait
à la haute bourgeoisie du département des Deux-Sèvres. Elle avait
eu vraisemblablement dans le passé une origine commune avec celle
à laquelle a été consacrée la précédente notice.
Elle s'est éteinte en la personne de deux frères, M. Louis Cheval-
lereau de Sély, né en 1790, qui est décédé à Parthenay en 1881 sans
DICTIONNAIRK DES FAMILLES FRANÇAISES 297
laisser de postérité de son mariage avec M"° Serin, et M. Isidore-
Casimir Chevallereau de Sély, né à Verrières en 1794, qui est décédé
à Poitiers en 1878 sans avoir eu de postérité de son mariage avec
M"" de la Fontenelle de Vaudoré.
CHEVALLERIE (Hunaultde la). Voyez : Hunault de la Chevallerie.
CHEVALLET (d'Abel du). Voyez : Abel du Chevallet (d').
CHEVALLIER RUFIGNY et CHEVALLIER.
La famille Chevallier appartient à la haute bourgeoisie du Poitou.
Beauchet-Filleau en a donné une généalogie dans son Dictionnaire
historique et généalogique des familles du Poitou. Ce travail donne
la filiation depuis Jacques Chevallier, bourgeois de Poitiers, marié à
Marie de Bourdeaux, dont le lils, autre Jacques Chevallier, sieur de
Raveneau, ou de Rouvereau, procureur tiers référendaire à Châtelle-
rault, épousa le 14 octobre 1635 Marie Contant.
René Chevallier, premier échevin de Ghàtellerault en 1700, que l'on
croit avoir appartenu à cette famille, eut ses armes enregistrées d'of-
fice à l'Armoriai général de 1696 : à'azur à une fasce d'argent
chargée de trois besants de sable.
La famille Chevallier avait pour chef sous Louis XVI Jacques Che-
vallier, docteur régent et ancien recteur de l'Université de Poitiers,
décédé en 1788. Celui-ci avait épousé àSaint-Maixent,en 1749, Jeanne-
Catherine Bonneau dont il laissa trois fils. L'aîné de ces fils, Jacques
Chevallier, né en 1753, professeur de droit romain à l'Université d'Or-
léans en 1777, puis à celle de Poitiers en 1779, conseiller général de
la Vienne en 1809, professeur émérite à la Faculté de droit de Poitiers
en 1810, mourut sans postérité en 18^8. Les deux autres, Jean Che-
vallier-Rufigny, né à Poitiers en 1755, officier, marié en 1784 à
M"'^ Savin de Verge, et Joseph-Ambroise Chevallier, baptisé en 1765,
marié en 1790 à M"*^ Martin, ont été les auteurs de deux rameaux
actuellement existants. L'aîné de ces deux rameaux est connu sous
le nom de Chevallier-Rufigny.
La famille Chevallier a fourni de savants professeurs, des docteurs
en médecine, des officiers, des membres de la Légion d'honneur, etc.
Principales alliances : Bonneau 1749, Vexiau de la Touche 1773,
Savin de Verge 1784, Tandonnet 1891, Desmier du Roc, etc.
CHEVALLIER (ou CHEVALIER) de SINARD (de). Voyez : Chevalier de
SiNARD (de).
CHEVALLIER de la BIGOTTIÈRE. Armes : à'azur à un chevron d'or
accompagné de trois roses de même, 2 eH.
298 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille Chevallier de la Bigottièhe, aujourd'hui éteinte, était
originaire de la petite ville de Vernon, dans le département de l'Eure,
où elle occupait au xviii® siècle un rang honorable dans la bour-
geoisie.
Jean-Louis Chevallier, Sgr de la Haye, marié vers 1770 à Marie
Huvé, était sous Louis XVI avocat au Parlement, bailli, juge civil,
criminel et de police du bailliage de Vernon, maître particuHer des
eaux et forêts du duché de Gisors. Son fils, Jacques-Rose Chevallier,
né à Vernon en 1774, se signala à l'époque de la Révolution dans
l'insurrection vendéenne, puis dans les guerres de la chouannerie,
fut nommé à la Restauration chef d'escadron et chevalier de Saint-
Louis, fut anobli par lettres patentes du 9 octobre 1824, obtint en
même temps le règlement de ses armoiries et mourut en 18o8 en son
château de la Bigottière (Eure). Il avait été autorisé, par ordonnance
du roi Louis XVIII du 26 juin 1822, à joindre régulièrement à son nom
celui de ce château. Il avait épousé en 1817 M"^ Bureau de Sénar-
mont. Il en eut un fils, Louis-Léopold Chevallier de la Bigottière, né à
Dreux en 1818, capitaine de lanciers, chevalier de la Légion dhonneur,
qui n'a pas laissé de postérité de son mariage avec M"* deLangle.
CHEVALLIER CHANTEPIE
Famille de haute bourgeoisie honorablement connue dans le dépar-
tement de la Mayenne.
Jean-Noël Chkvallier-Chantepie, né à Saint-Poix en 1769, négociant
à Laval, fut longtemps juge au tribunal de commerce de cette ville.
Principale alliance : de Quatrebarbes 1899.
CHEVANDIER de VALDROME. Armes (d'après le Dictionnaire histo-
rique et héraldique de la noblesse de France de M. de Mailhol) :
émargent à un arbre terrassé de sinople ; au chef d'azur chargé de
trois étoiles d'argent. — Couronne : de Comte.
La famille Chevandier de Valdrome est originaire des environs de
Die, en Dauphiné, où le nom de Chevandier est assez répandu. Dès
la fin du xvii^ siècle elle occupait un rang très honorable dans la bour-
geoisie de cette région. M. Villain en a donné une généalogie som-
maire dans le tome II de sa France Moderne.
Pierre Chevandier était en 1691 châtelain épiscopal du lieu de
Valdrome, près de Die. Antonin Chevandier, né en 1668, exerça les
mêmes fonctions. Il épousa vers 1705 Marie Cache, fille de René Gâche,
notaire royal et procureur du Roi à Die, et en eut un grand nombre
d'enfants. Le plus jeune de ses fils, Jean-François-René Chevandier,
né en 1729, acquit en 1750 de la famille de Léotaud de Montauban
niCTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 299
une partie de ses droits sur la seigneurie de Valdrôme. Il fut dès lors
connu sous le nom de Chevandier de Valdrôme qui a été conservé par
ses descendants. 11 avait épousé Louise de Vilhet, d'une vieille famille
de Mérindol, et en eut plusieurs fils. L'aîné de ces fils, René Chevan-
dier, Cogr de Valdrôme, né en 1761, sous-lieutenant des gendarmes
du Roi, périt à Paris sur l'échafaud révolutionnaire en 1794 sans avoir
été marié. Le second, François Chevandier, né en 1767, juge de paix
à Die, décédé en iSol, fut père d'Alexandre-René Chevandier de
Valdrôme, président du tribunal de Die, décédé en 1867, qui n'eut
que deux filles, M'"^^ Montlahuc et Pascal. Un troisième, Jean-
Auguste Chevandier de Valdrôme, né à Lyon en 1781, alla se fixer
en Lorraine, fut maître de verreries à Saint-Quirin, fut élu conseiller
général, puis député de la Meurthe, fut créé pair de France en
octobre 1837 et mourut en 1865 au château de Sainte-Catherine
(Meurthe). Il avait épousé à Saint-Quirin en 1805 M"^ Guaita, née en
1782 à Francfort-sur-le-Mein. II en eut trois fils : 1" Georges, décédé
sans postérité en 1887 ; 2" Eugène, né à Saint-Quirin en 1810, direc-
teur de la manufacture de glaces de Cirey, conseiller général et
député de la Meurthe, membre correspondant de l'Institut en 1857,
commandeur de la Légion d'honneur en 1869, ministre de l'inté-
rieur en janvier 1870, décédé en 1878, qui de son mariage avec
M"« Goethe eut deux filles, M"'^^ Husson de Prailly et Bouvier;
3° Paul, peintre distingué, chevalier de la Légion d'honneur, qui a été
père de M. Armand-Auguste Chevandier de Valdrôme, secrétaire
d'ambassade.
GHEVANNE (Robert de). Voyez : Robert deChevanne.
GHEVARDIÈRE de la GRAND VILLE (de la). Armes : d'argent à une
branche de fougère de sinople.
La famille de la Chevardière, originaire du Rethélois, appartient à
l'ancienne noblesse de Champagne. Elle a possédé dans cette pro-
vince les seigneuries de la Grandville, de Fresty, de Novion, de Pro-
visy, de Mesmont, etc. On trouvera sur elle des renseignements dans
les divers recueils de manuscrits du Cabinet des Titres.
La filiation suivie remonte à Thomas de la Chevardière, écuyer,
lieutenant général au bailliage de Rethélois, qui est ainsi désigné
dans deux jugements rendus par lui le 16 mai 1520 et le 1" août 1526.
Thomas de la Chevardière eut d'une alliance inconnue plusieurs fils
dont deux, Simon, écuyer, Sgr de Jumont et de la Motte, et David,
écuyer, Sgr de Ghambrettes, furent les auteurs de deux branches.
Les représentants de ces deux branches furent maintenus dans leur
300 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
noblesse le 12 janvier 1699 par jugement de M. de Caumartin, inten-
dant de Chanipagne. La branche cadette, issue de David, paraît
s'être éteinte antérieurement à la Révolution. L'auteur de la branche
aînée, Simon, rendit hommage le 3 juillet lo4!2 pour son fief de
Lagrangc. Il épousa successivement Antoineltc de Gruct et Margue-
rite du ïrep et passa un contrat de vente conjointement avec cette
dernière le 18 mars ioo6. Marguerite du Trep fit son testament le
4 octobre 1556 en faveur du iils du premier lit de son mari, Nicolas,
alors page de M. le duc de Ferrarc. Nicolas de la Chevardière, Sgr de
Jumont et de Fresty, épousa dans la suite Jacqueline de Pavant. Il
fut nommé gouverneur du château de Rozoy le io mai 1586 par
provisions du duc de Nivernais et de Relhélois. Il fut père de Jean-
Jacques de la Chevardière, écuyer, Sgr de Mesmont et de Fresty, qui
épousa Jeanne de Sandras par contrat passé le 17 septembre 1395
devant notaire en la prévôté de Sainte-Menehould. On trouvera dans
le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse que son descendant,
Jean de la Chevardière, Sgr de Jumont, fit en 1688 pour obtenir l'ad-
mission à Saint-Cyr de sa fille Désirée, née en 1679 à Hocquigny, au
diocèse de Reims. On trouvera dans les Carrés d'Hozier les preuves
de noblesse qu'un autre de ses descendants, Antoine-César-François
de la Chevardière, Sgr de la Grandville, marié le 6 février 1762 à
Marie-Thérèse de la Mock de Botassard, fit en 1781 pour obtenir l'ad-
mission parmi les pages de la Reine de son fils, Charles-Félix, né
en 1767. N... de la Chevardière de la Grandville, né au duché de
Bouillon le 12 août 1768, fut admis le 13 octobre 1783 à l'École mili-
taire de Pont-à-Mousson après avoir fait les preuves de noblesse
prescrites par les règlements.
Antoine-François de la Chevardière de la Grandville, Sgr en partie
du lieu, capitaine au régiment de Bouillon, chevalier de Saint-Louis,
et Guillaume-François de la Chevardière de Bohan, Sgr en partie de
Cons-la-Grandville, prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Sedan.
La famille de la Chevardière de la Grandville a conservé jusqu'à
nos jours le château de Cons-la-Grandville, situé près de Mézières
(Ardennes).
Elle n'est pas titrée.
Elle a fourni de nombreux officiers, des chevaliers de Saint-Louis
et de la Légion d'honneur, etc.
Principales alliances : deMilleret, d'Aspremont, de Hahault 1582,
de Beffroy, de Robaulx de Beaurieux, de Mengin de Fondragon 1871,
Loisson de Guinaumont 1903, de Roucy 1730, de Rostaing, etc.
DICTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES 301
CHEVARRIER (de). Armes (d'après un règlement d'armoiries accordé
par d'IIozier le 28 mars 1786) : cV argent à une fasce de gueules chargée
de ti'ois cœurs d'or et accompagnée de trois lions coupés de sable et
d'hermines, armés et lampassés de gueules. — L'écu timbré d'un
casque de profil orné de ses lambrequins d'or, d'argent et de sable.
La famille de Chevarrier, originaire de l'Auvergne, appartenait aux
XVII* et XVIII* siècles à la haute bourgeoisie de cette province. On trou-
vera sur elle beaucoup de renseignements dans VAmiuaire de la
noblesse de 4887.
Toussaint Chevarrier était sous Louis XIII conseiller du Roi et
greffier en chef de l'élection de Gannat.
Son descendant, Jean-Joseph Chevarrier d'Idogne, demeurant à
Gannat, acheta le 2 mai 1783 de la famille le Roux du Châtelet la
charge anoblissante de secrétaire du Roi contrôleur en la Chancellerie
d'Artois. Il fut exécuté à Lyon pendant la Terreur. Il laissait un lils
unique, Claude Chevarrier, qui s'apparenta à une partie de la noblesse
de sa région par le mariage qu'il contracta en 1814 avec M"* Louise-
Constance le Normand de Flaghac. Celui-ci eut une fille, la vicom-
tesse deFougainville, et deux fils. Le plus jeune de ces fils, Ludovic-
Philibert de Chevarrier, né en 1820, demeura célibataire. L'aîné,
Alphonse de Chevarrier, né en 1817, lieutenant-colonel au 4* chas-
seurs, officier de la Légion d'honneur, décédé en 1881, épousa Marie
de Pêne d'Argagnon, dccédée à Biarritz en décembre 1899, sœur
du journaliste Henri de Pêne. Il en laissa un fils unique, M. Ernest de
Chevarrier, né en 1855, qui n'a pas eu d'enfants de son mariage,
en 1897, avec M"* de Carbuccia, aujourd'hui décédée.
Principales alliances : de Pêne d'Argagnon, Legendre de Fougain-
ville, Lenormand de Flaghac, de Carbuccia, etc.
CHEVASNERIE (Libault de la). Voyez : Libault de la Chevasnerie,
CHEVEIGNÉ (Leriche de). Voyez : Leriche de Cheveigné et de Breuil-
PONT.
CHEVEISAILLES de LAVÉVRIE et des PERRIGNES (de). Armes : de
gueules à un chevron d'or accompagné de trois étoiles de même ; au
chef d'or.
La famille de Cheveisailles est anciennement connue dans le
Perche. Elle a toujours été fort obscure. On trouvera cependant sur
elle dans les Carrés d'Hozier quelques renseignements, malheureu-
sement assez confus.
Noble Louis de Cheveisailles, écuyer, et dame Gilberte de Bois-
302 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
rond, son épouse, de la paroisse de Saint-Maurice-sur-Huisne, sont
mentionnés dans un acte du 3 juin 1548. Noble homme Louis de Ghe-
versailles, écuyer, demeurant en la paroisse de Courcevault, passa un
acte le 7 septembre looo. Noble Martin de Clieveisailles, écuyer,
fils de défunt noble Louis de Cheveisailles, vivant écuyer, et de
défunte Gilberte de Boisrond, passa un acte le 7 avril 1603. Des notes
de d Hozier apprennent que ces actes de 1548, de looo et de 1603
sont faux.
Maître Louis Cheveisaille fut nommé secrétaire ordinaire de la
Reine par lettres du 4 août 1632. 11 passa un acte le 30 janvier 1638
au nom de sa mère, dame Anne Gouennot, veuve de noble homme
Martin de Cheveisaille, vivant écuyer, vivant à Saint-Morice ; mais
une note de d'Hozier apprend que cet acte est faux. Ce même noble
homme Louis de Cheveisailles était quelques années plus tard con-
seiller du Roi, président des gabelles de Vendôme. Il fut nommé par
lettres patentes de mars 1646 grand-maître enquesteur et général
réformateur héréditaire des eaux et forêts au département de Tou-
raine, Maine et Anjou. Il figure dans un acte authentique de 1653 avec
les qualifications de chevalier, Sgr des Vergers, conseiller du Roi en
ses Conseils. Il avait épousé Catherine Charles dont il eut un grand
nombre d'enfants. Une de ses filles, Anne, baptisée le 31 août 1645,
eut pour parrain monsieur Jean de Cheveisailles, élu en l'élection de
Mortagne. Un de ses fils, Nicolas de Cheveisailles, écuyer, ingénieur
ordinaire du Roi, capitaine au régiment de Champagne, âgé de
trente ans, épousa Marie Blondeau par contrat du 3 mai 1675 dans
lequel il est ainsi désigné. A la même époque vivait monsieur Jean
Cheveisailles, écuyer, sieur de la Gorlie, qui épousa Madeleine
d'Achon par contrat sans filiation passé à Pans le 23 janvier 1645.
Catherine de Ciiefsaillcs, femme de Joachim de Fonlenay, écuyer,
sieur de la Boudue, lit enregistrer son blason à TArmorial général
de 1696 (registre de Mortagne).
Joachim de Cheveisailles, Sgr des Perrignes, prit part en 1789 aux
assemblées de la noblesse du Perche.
La famille de Cheveisailles n'est pas titrée.
Elle a fourni des officiers.
Elle a conservé jusqu'à nos jours la terre des Perrignes, dans le
département de l'Orne.
Principale alliance : de Fontenay au xvii* siècle et vers 1810.
CHEVENON de BIGNY (de). Armes primitives : à' argent à une fasce de
gueules accompagnée en chef de trois quinte feuilles de même et en
pointe dun cœur d'azur. — Ces armoiries furent remplacées plus tard
II
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 303
par celles de la famille «le Bigny : d'azur à un lion d'argent accom-
pagné de cinq poissons de même, mis en orle. — Couronne : de Mar-
quis. — Supports : deux sirènes. — Cimier : une tête de cheval.
La famille de Chevenonde Bigny, aujourd'hui éteinte dans les maies,
appartenait à l'ancienne noblesse chevaleresque du Berry. Elle était
en instance pour obtenir les honneurs de la Cour quand la Révolution
survint et l'empêcha de jouir de cette faveur. Mais on trouvera dans
les manuscrits de Chérin la généalogie détaillée qu'elle envoya dans
cette circonstance, en 1790, au Cabinet des Ordres du Roi. On en trou-
vera aussi des généalogies dans V Histoire des grands officiers de la
Couronne du Père Anselme, dans Y Histoire de Berry de la Thaumas-
sière et dans le Dictionnaire de la noblesse de la Chesnaye des Bois.
La famille de Chevenon de Bigny a eu pour berceau l'importante
seigneurie de Chevenon, située en Berry. Le travail conservé dans
les manuscrits de Chérin en fait remonter la filiation à un Guillaume
de Chevenon qui fit des acquisitions en 1264 et 1269 conjointement
avec son frère Jean. Ce gentilhomme avait épousé une dame nommée
Marguerite. Il en eut deux fils, Guillaume, chevalier, Sgr de Chevenon,
et Jean, clievalier, Sgr de Bigny, qui partagèrent sa succession par
acte de 1294. La descendance de l'aîné de ces deux frères, Guillaume,
s'éteignit avec Guillaume de Chevenon, capitaine du château de Vin-
cennes, qui périt en 1415 à la bataille d'Azincourt, et avec Bernard de
Chevenon, décédé en 1420, qui fut évêque de Saintes, puis de Beauvais.
Le puîné, Jean, avait épousé Marguerite de Neilhac ; ce fut celle-ci
qui lui apporta, suppose-t-on, l'importante seigneurie de Bigny, éga-
lement située en Berry. Jean de Chevenon, Sgr de Bigny, reçut une
reconnaissance en 1306, fit une acquisition en 1310, acheta en 1317
le manoir du Bois-Sire et mourut avant 1320.
La filiation paraît n'être rigoureusement établie que depuis le
10 juillet 1432, date à laquelle Jean de Chevenon, écuyer, Sgr de
Bigny, fils d'autre Jean de Chevenon, Sgr de Bigny et de Guillemette
de Milly, épousa Marguerite de Montespedon, fille de Jean, valet de
chambre du Roi, maître des eaux et forêts de Berry, et de Brouette
de Bar. Ce gentilhomme fut panetier du Roi. Ce fut lui qui laissa
tomber en désuétude le nom de Chevenon, que ses descendants
ne reprirent que peu de temps avant la Révolution, pour ne garder
que celui de sa seigneurie de Bigny. Il laissa trois iils qui jouirent
d'un grand crédit auprès du roi Louis XI : 1° Jean, Sgr de Bignj^
échanson du Roi en 1462 aux gages de 27 livres, dix sols, par mois,
puis capitaine de la ville et du château de Mehun-sur-Yôvre, qui n'eut
pas d'enfants; 2° Charles, Sgr de Bigny, de Valenay et de Cresinçay,
premier écuyer du corps et grand-maître de l'écurie du Roi, qui
304 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
épousa le 26 mars 1464 Jeanne Aramite, dame de la Gorce, et qui
continua la descendance ; 3" Renaud-Amanieu de Bigny, chevalier
de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Lormeteau et de Saint-
Paul en 1460. Claude de Bigny, Sgr dudit lieu, d'Ainay-le-Vieil, etc.,
fils de Charles, fut varlet tranchant du Roi, maître des eaux et
forêts de Berry et gouverneur de la Bastille, à Paris, acquit le
30 juin 1514 la seigneurie de Préveranges et épousa, par contrat du
21 mai 1505, Jacqueline de l'Hôpital, fille du seigneur de Choisy. Il
fut père de Gilbert de Bigny, Sgr dudit lieu. d'Ainay-le-Vieil, de Pré-
veranp-es et de Saint-Amand, écuyer tranchant, puis maître dhôtel
de la reine Catherine de Médicis, qui épousa en 1531 Charlotte l'Or-
fèvre, tille du soigneur d'Ermenonville, et grand-père de Philippe de
Bigny, Sgr d'Ainay-le-Vieil, de Préveranges et du Breuil des Barres,
chevalier de l'Ordre du Roi, qui épousa le 2 février 1563 Antoinette
de Saint-Père et qui fit son testament le 9 mars 1602. Ce dernier
laissa trois fils : 1" Jean de Bigny, Sgr d'Ainay-le-Vieil, marié en
1593 à Anne Papillon, dont la descendance fut maintenue dans sa
noblesse le 1" octobre 1667 par jugement de Lambert d'Herbigny,
intendant de Bourges et de Moulins, et s'éteignit en 1692; 2° Claude
de Bigny, Sgr de Cliandion, des Barres, de Valenay et de Cresinçay,
marié le 13 septembre 1610 à Gasparde de Courtenay, dont la des-
cendance ne s'est éteinte que de nos jours ; 3'' Gilbert de Bigny, Sgr
et baron de Préveranges, marié en 1608 à Louise de Choiseul, dont
les fils furent maintenus dans leur noblesse l'un le 28 mars 1669 par
jugement de M. de Machault, intendant d'Orléans, l'autre le
19 mars 1667 par arrêt du Conseil d'État et dont le petit-fils mourut
sans postérité.
Henri de Bigny, chevalier, Sgr de Bigny, petit-fils de Claude, et sa
femme, Éléonore-Charlotte de Gamaches, qu'il avait épousée en 1677,
firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général de 1696 (registre
de Bourges).
Cet Henri de Bigny fut connu plus tard sous le titre de marquis de
Margival auquel son petit-fils Claude, marié en 1747 à M"* de Beaus-
son, substitua plus tard celui de marquis de Bigny, conservé depuis
lors par le chef de la famille.
Deux des petits-fils de ce dernier, Claude, né en 1773, et Pierre-
Balthazar, né en 1744, massacré à Quiberon en 1793, furent admis
parmi les pages du roi Louis XVL Leur frère, Jean-Baptiste, marquis
de Bigny, né en 1775, marié en 1802 à Françoise le Groing de Trei-
gnat, en eut deux fils qui furent les derniers représentants de leur
famille. L'aîné de ceux-ci, Paul-Balthazar, marquis de Bigny, né
en 1803, mourut dès 1837 sans avoir eu de postérité de son mariage
DICTIONNAIRE DKS FAMILLES FRANÇAISES 305
avec Caroline de Montricliard, décodée en 1893. Le puîné, Jcan-
Baptiste-Aimé-Anatole, comte, puis marquis de Bigny né en 1813,
propriétaire des châteaux de Bigny et d'Ainay-le-Vieil, mourut
en 1872. Il avait épousé M"^ Aubertot dont il n'eut que trois fdles
mariées dans les familles de Berthier-Bizy, de Tulle de Villefranche
et de Vigan. Un de ses petits-fds, M. Jean-Joseph de Vigan, né
en 1871 au château d'Ainay-le-Vieil (Cher), a demandé le 30 juillet 1898
l'autorisation de joindre à son nom celui de Bigny.
M. de Chevenon de Bigny prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse du Berry.
La famille de Chevenon de Bigny a fourni, en dehors des person-
nages mentionnés au cours de cette notice, plusieurs chevaliers de
Saint-Jean de Jérusalem, des officiers de mérite, etc.
Principales alliances : de Montespedon 1432, de Rochechouart
1494, de Bonnay, de l'Hôpital 150o, de Choiseul 1608, de Crèvecœur
1669, de Thianges, de Bertrand de Boueix 1598, de Saint-Julien 1660,
d'Albon 1609, du Bellay 1621, de Châteaubodeau 1656, de Barban-
çois, de Montmorin de Saint-Hérem 1684, de l'Aubespine 1681, de
Courtenay 1610, de Longueval, Rouault de Gamaches 1677, du Pey-
roux, de Bosredon 1767, de Boucher de Milly, d'Arthuys de Char-
nisay, de Digoine, le Groing 1802, de Montrichard 1835, de Tulle
de Villefranche 1873, de Vigan 1868, de Berthier-Bizy 1861, de
Charry 1663, etc.
CHEVERRY (de). Armes : écartelé : aux \ et 4 de gueules à trois billet tes
d'argent; aux 2 ef 3 d'argent à une tête de maure de sable, tortillée
d'argent. — On attribue à Pierre de Cheverry, capitoul de Toulouse
en 1704 et 1705, les armes suivantes : d'argent à trois chardons de
gueules, tiges et feuilles de sinople, posés 2 eH ; aîi chef cousu d'or.
La famille de Cheverrv appartient à la noblesse toulousaine. M. de
la Roque en a donné un tableau généalogique très sommaire dans
son Armoriai de la noblesse du Languedoc {généralité de Toulouse).
Elle a eu pour auteurs deux frères, Arnaud et Jean Cheverry,
natifs de Pampeline, qui vinrent se fixer en France dans la première
moitié du xvi' siècle. Les noms de Cheverry et d'Etcheverry, très
répandus en Navarre et dans le Pays basque, y sont portés par des
familles de conditions sociales très variées. Rien ne prouve donc
que ces deux frères aient appartenu, comme on l'a avancé, à la même
souche que Bertrand et Andrion Cheverry, ou Etcheverry, qui firent
partie d'une montre, ou revue, de nobles passée à Bayonne le
17 août 1496.
Arnaud Cheverry fut l'auteur d'une branche sur laquelle on n'a
X. 20
306 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
que peu de renseignements et dont un membre, Louis de Cheverry
d'Arthaunis, conseiller du Roi, commissaire des guerres à Saint-
Jean-Pied-de-Port, fut maintenu dans sa noblesse le 10 août 1717 par
jugement deLegendre, intendant de Montauban. C'est à cette branche
que paraissent avoir appartenu Pierre-Louis de Cheverry, écuyer,
marié à Bordeaux en 1727, et Clara de Cheverry mariée en 1828 à
Charles-Antoine d'Avout, frère du maréchal prince d'Eckmuhl.
Pierre de Cheverry, fds de Jean Cheverry, paraît avoir été anobli
par les charges considérables dont il fut revêtu. Il fut successivement
trésorier général des finances en 1540, chevalier de l'Ordre du Roi
en loo7, commissaire du Roi aux États du Languedoc tenus à Carcas-
sonne en 1576 et président des trésoriers de France en 1583. Il se
qualifiait baron de Saint-Michel, Sgr de la Réole et d'Ardizac, et avait
épousé, le 24 juin 1559, Bourguine du Faur de Saint-Jory. Un de ses
fils, Charles de Cheverry, baron de Saint-Michel-de-Lannes, Sgr de
Prunet et de Lasbordes, lui succéda dans sa charge de trésorier
général de France. Deux autres, François de Cheverry, qualifié
vicomte de Montcla, Sgr de Salvagnac, marié à Anne d'IIébrail, héri-
tière de la baronnie de Rivière, et Michel de Cheverry, qualifié baron
de Saboulies et de la Réole, Sgr de Saint-Etienne, Mauvaisin et
Ardissas, docteur-avocat, capitoul en 1599, marié en 1588 à Jeanne
de Mansencal de Miremont, furent les auteurs de deux branches.
Michel de Cheverry, auteur de la branche cadette, fut père de
François de Cheverry, baron de Saboulies et de la Réole, qui épousa
en 1628 Catherine de la Rochefoucauld-Montendre, et de Pierre de
Cheverry de la Réole, qui fut admis dans l'Ordre de Malte en 1607.
Cette branche est aujourd'hui éteinte. Son chef, Hippolyte de Che-
verry, Sgr de Mourgat, fut maintenu dans sa noblesse le 14 mars 1670,
en vertu du capitoulat, par jugement de M. de Bezons, intendant du
Languedoc. Charles de Cheverry, Sgr de la Réole, et sa femme,
Madeleine de Chabange, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai
général de 1696.
François de Cheverry, auteur de la branche aînée, laissa plusieurs
fils. L'aîné de ces fils, Michel de Cheverry, baron de Rivières, au dio-
cèse d'AIbi, fut maintenu dans sa noblesse le 7 janvier 1670, sur
preuves remontant à 1557, par jugement de M. de Bezons. Un repré-
sentant de cette branche, Jean-Bernard-Louis de Cheverry, Sgr de
Lasbordes, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Toulouse ; un autre, Jean-François-Joseph de Cheverry, Sgr de
Prunet, prit part cette même année à celles tenues à Castelnaudary.
Jean-Pierre de Cheverry, Cogr de Prunet, ancien garde du corps
du roi Louis XVI, épousa en 1813 Françoise de Villeneuve. Trois de
niCTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 307
SOS fils, IIcMiri, marié ù M"«Rii(ri6, Louis, marié à M'"^ de Lostanges, et
Paulin, marié à M"" de Lalanne, ont laissé postérité masculine.
La famille de Cheverry a fourni des officiers.
Principales alliances : du Faur de Saint .lory I5S9, d Assézat, de
Varagne de Bélestat, de Pechpeirou deBeaucaire, d'IIébrail, du Lau-
rens, de Villeneuve, de Lostanges, du Cos de la Hitte 1662, de la
Rochefoucauld 1628, de Rochechouart, de Bellisscn. etc.
Il a existé en Poitou une famille de Chevery qui portait pour armes :
écartelé aux l et 4 dora un oiseau de sable ; aux 2 e/ 3 d'azur à un
lévrier courant d'argent, accolé de gueules. Le chef de cette famille,
François de Chevery, Sgr de Sérigny, de la paroisse de Commequiers
(Vendée), fut maintenu dans sa noblesse le 9 août 1667 par jugement
de M. de Barentin, intendant de Poitiers.
CHEVERUS (Lefebvre de). Voyez : Lefebvre d'Argengé, de Cheverus, de
Ghampmorin, etc.
CHEVESTRE des CHAPELLES (de). Armes : à'azur à trois hiboux d'or,
2 e/ 1, ceux du chef surmontés d'une étoile du même.
Le nom de CHEVESTREest celui d'une ancienne famille noble de Nor-
mandie sur laquelle on n'a pu se procurer que des renseignements
insuffisants.
Maître Simon Chevestre, docteur en décret, était vers 1458 cha-
noine prébende de Sainte-Colombe et doyen d'Évreux. Il fit don au
chapitre d'Evreux du fief de Saint-Germain-des-Angles ; il fit égale-
ment don à la cathédrale d'Évreux d'une statue de la Vierge, en
argent.
Jacques de Chevestre épousa vers 1560 Marie de Mauvoisin, héri-
tière de l'importante seigneurie de Cintray, dans l'élection de Ver-
neuil. Il était veuf quand, en 1577, il fit, au nom de sa défunte épouse,
une présentation au bénéfice de Cintray. D'après un tableau très
sommaire conservé dans les Dossiers bleus, tableau qui malheureuse-
ment n'est accompagné d'aucune date, ce Jacques de Chevestre aurait
été fils d'Etienne de Chevestre et de Thomasse Guercy, petit-fils de
Jean de Chevestre et arrière-petit-fils de Robert de Chevestre. Il laissa
un fils, Charles de Chevestre, marié à Françoise de Houetteville, qui
en 1605 était seigneur en partie de Cintray. Tanneguy de Chevestre,
Sgr de Cintray, marié à Marie de Caruel,futmaintenu dans sa noblesse
le 26 août 1666 avec ses fils, Charles et Nicolas, par jugement de
M. de Marie, intendant d'Alençon. Il eut aussi une fille, Françoise, qui
épousa Jean-Louis de Montmorency, comte de Laval, né en 1629.
Charles de Chevestre, chevalier, Sgr de Cintré, fit enregistrer son
308 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
blason à l'Armoriai général de 1696 (^registre de Verneuil). Cosme,
Abraham et Claude de Chevestre. écuyers, firent enregistrer leur bla-
son au même Armoriai (registre d'Andely). Auxviii* siècle le domaine
de Cintray appartenait à la famille de Lombellon des Essarts ; il fut
décrété et vendu en 1764 à Cyprien-Robert Roussel, sieur de laPlesse.
Une branche de la famille de Chevestre a possédé la seigneurie de
Reauchesne, dans l'élection de Gisors.
Plusieurs représentants de la famille de Chevestre de Cintray furent
admis dans l'ordre de Malte : Nicolas, en 1630 ; Alexandre, en 1657 ;
Jean-François, en 168o; Alexandre, en 1692; et Jean-Charles, en 1696.
On retrouve de nos jours en Normandie une famille dk Chevestre
DES Chapelles sur laquelle on n'a aucun renseignement, mais qui
vraisemblablement est une branche de la vieille souche normande
dont il vient d'être parlé.
Cependant il a existé dans cette région des familles Chevestre qui
n'appartenaient pas à la noblesse. Le représentant dune de ces
familles, maître Robert Chevestre, était en 1629 avocat en la vicomte
de Reaumont-le Roger.
CHEVIGNÉ de MONCEY Bourlon de). Voyez : Bourlon dArrigny, d'H.m-
RONVILLE, DE ChaVANGES, DE SaRTY, DeRoUVRE ET DE ChEVIGNÉ DE MONCEY.
CHEVIGNÉ (de>. .\rmes : de gueules à quatre fusées d'or accolées en
fasce et accompagnées de huit besants du même, quatre en chef et
quatre en pointe — Couronne : de Marquis.
La maison de Chevigné, qui s'est distinguée au xl\^ siècle par l'éclat
de ses alliances et par son dévouement à la monarchie légitime, appar-
tient à l'ancienne noblesse de Bretagne Elle a longtemps possédé
une seigneurie de son nom située sur le territoire de la paroisse de
Coesmes, au diocèse de Rennes. D'après une tradition fort ancienne,
mais qui ne s'appuie sur aucune preuve, elle serait originaire du Lan-
cashire, en Angleterre, et aurait pour auteur un François de Che-
vigné, gentilhomme anglais, qui se serait Ç\xé en France au cours du
XII* siècle à la suite de son mariage avec Catherine de Chateaubriand,
héritière de la seigneurie de Coesmes, et qui aurait construit dans
cette seigneurie un château auquel il donna son nom.
La maison de Chevigné sollicita au xvni" siècle la faveur d'être,
admise aux honneurs de la Cour. Le généalogiste des Ordres du Roi,
chargé de vérifier les preuves de noblesse qu'elle fit dans cette cir-
constance, envoya en 1774 au comte du Muy le rapport suivant, con-
servé dans les manuscrits de Chérin : « La maison de Chevigné a
(f pris son nom d'une terre située au diocèse de Rennes, en Bretagne.
niCTIONNAIRK DES FAMILLES FRANÇAISES 309
« A cet avantage, qui annonce son ancienneté, elle joint celui d'avoir
« comparu dans les reformations de la noblesse de cette province
« faites dans les xv* et xvi^ siècles, comparutions qui, suivant les
« maximes de la même province, suffisent pour marquer le rang des
cf maisons qui ont été comprises dans l'ordre de la bonne noblesse.
« Elle s'est partagée dès le xiii* siècle en diverses branches dont la
(( jonction n'est point prouvée. Celle des seigneurs de Chevigné,
« qui était l'aînée, a lormé des alliances avec les maisons de Mont-
« bourcher et de Châteaugiron et s'est éteinte avant 1420. D'autres ont
« donné un grand nombre de sujets distingués par leur fidélité à leurs
(( souverains et par leurs services dans leurs armées tels que : Samson
« de Chevigné, qui servait en qualité d'écuyer dans la compagnie
Cf d'Alain de la Houssaye, en 1373; Guillaume de Chevigné, cheva-
« lier, l'un de ceux qui en 1379 firent une association en faveur du
« duc Jean IV pour empêcher l'invasion du Duché ; Gayot de Che-
« vigne, l'un des écuyers de la compagnie de Bertrand de Dinan,
« maréchal de Bretagne en 1424 ; Guillaume de Chevigné, homme
« d'armes de celle de Louis de Beauvau, sénéchal d'Anjou en 1450 ;
« Jean de Chevigné, qui servait en 14o4 à la garde de la ville de Brest ;
« et Guillaume de Chevigné, capitaine, c'est-à-dire gouverneur,
« d'Auray en 1464. La branche qui fait le sujet de ce mémoire paraît
« avoir pour auteur Morin de Chevigné, qualifié varlet dans un acte
« de 1298, lequel épousa Jeanne des Forges, dame de Liessart; mais
« elle n'établit sa filiation que depuis Girard de Chevigné, premier
« du nom, écuyer, Sgr de Liessart, nommé dans des actes de 1370 et
« 1373, lequel mourut au mois de janvier 1407 laissant d Henriette
« de Chasteigner, de l'ancienne maison de ce nom, en Poitou, Girard
« de Chevigné, deuxième du nom, Sgr de la même terre de Liessart
« et de celle d'Anetz, qui fut compris dans la réformation de la
a noblesse de cette dernière terre en 1427... » Dans une lettre
adressée au comte du Muy à la date du 4 septembre 1774, Chérin
dit encore de la maison de Chevigné que : « ses services et ses
« alliances ont un caractère de distinction marqué ».
Comme on l'a vu plus haut la maison de Chevigné s'était partagée
au moyen âge en plusieurs branches dont on connaît mal le point de
jonction.
La branche aînée était représentée dans la seconde moitié du
xv^ siècle par Guillaume de Chevigné, mentionné plus haut, qui fut
gouverneur d'Auray en 1464. Ce gentilhomme laissa un fils, dernier
représentant de sa branche, qui porta l'oriflamme à la bataille de
Pavie, en 1525, et dont la fille se maria dans la maison deBeaucaire.
La seconde branche, aujourd'hui seule existante, fut maintenue dans
310 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
sa noblesse d'extraction par arrêt du o décembre 1668. Son chef,
Christophe de Chevigné, chevalier, Sgr de la Sicaudais, en la paroisse
d'Arthon, au diocèse de Nantes, fut nommé chevalier de l'Ordre du
Roi par brevet du 14 mars loTO. De son mariage avec Claude le Bou-
teiller, il laissa deux lils : 1° Arthur de Chevigné, chevalier, Sgr de
la Sicaudais, marié en 1594 à Aliénor Gautier, dont la descendance
s'éteignit avec Louis de Chevigné, chevalier, marié en 1739 à Anne
de Cadaran, et avec sa fille unique mariée dans la famille deTressay ;
2° René de Chevigné, chevalier, Sgr du BoischoUet, en la paroisse
de Saint-Aignan, qui épousa Guyonne de la Boucherie par contrat
du 23 janvier 1595. Les trois fils de ce dernier, Pierre, Christophe et
Henri, furent les auteurs de trois grands rameaux.
Pierre de Chevigné, auteur du premier rameau, fut seigneur de
1 Hébergement et épousa Olympe Goheau par contrat du 21 dé-
cembre 1637 Son arrière-pelit-fils, Anne-Jean-Baptisle de Chevigné,
chevalier, Sgr de l'Hébergement, de Saint-Thomas, etc., né à Nantes
en 1722, capitaine d infanterie, marié en 1744 à Marie-Lucrèce Luzeau
de la Touchelais, en eut trois fils : 1° Arthur-Luc, né en 1747, connu
sous le titre de marquis de Chevigné, sous lequel il fut admis aux
honneurs de la Cour le 11 avril 1786, dont le fils, Arthur-François,
marquis de Chevigné, né en 1796 ù Berbiguières, en Périgord, marié
en 1834 à M"* de Saisscval, décédé à Paris en 1879, reçut le titre
héréditaire de vicomte, sur institution d un majorât en rentes, par
lettres patentes du 26 mai 1827, et dont le petit-fils, Louis-Xavier,
marquis de Chevigné, n'a pas eu d'enfants de son mariage, en 1882,
avec M'"^ de Campagne ; 2° Jacques-Antoine, vicomte de Chevigné,
admis aux honneurs de la Cour le 29 avril 1785, qui épousa la com-
tesse de Nadaillac, née Barrai, et qui ne laissa qu'une fille naturelle,
M"^ Guillcmau ; 3" Louis, comte de Chevigné, né en 1758, conseiller
général de la Loire-Inférieure, colonel de la division royaliste de la
Loire -Inférieure en 1815, qui a laissé une nombreuse postérité de son
mariage avec M"* Gaudin de la Bérillais. Un des pptits-fils de ce
dernier, le comte Olivier de Chevigné, né en 1837, a été secrétaire
particulier de M. le comte de Ciiambord.
L'auteur du second rameau ^ Christophe de Chevigné, Sgr de Bois-
choUet, épousa le 16 avril 1635 Renée le Febvre. Sa descendance
s'est éteinte en la personne de trois frères : 1° Augustin-René, comte
de Chevigné du BoischoUet, né en 1737, page du Roi en 1753, maré-
chal de camp en 1788, général de division en 1792, suspendu comme
' Ce rameau serait laine d'après Saint-Allais qui a donné une généalogie de la
maison de Chevigné dans son Sobiliaire Universel.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 311
noble l'année suivante, qui mourut à Nantes en 1805 sans avoir eu d'en-
fants de son mariage, en 1773, avec la marquise de Bragelongne, née
Titon de Villegenon ; 2° Hilarion-François de Chevigné, né à l'Héber-
gement en 1746, évêque de Séez, décédé à Nantes en 1812, qui fut
créé baron de l'Empire, par lettres patentes du 18 mars 1809, avec
faculté de transmettre son titre à un de ses neveux ; 3° Aimé-Pascal,
comte de Chevigné, marié à M'"^ de Causans, dont la fdle unique
épousa en 1830 le marquis de Gras de Preigne.
L'auteur du troisième rameau, Henri de Chevigné, Sgr de Preigné,
épousa le 30 janvier 1645 Louise Louer, qui, étant veuve, fut main-
tenue dans sa noblesse le 24 septembre 1667 avec ses deux fils, Henri
et Pierre, par jugement de M. de Barentin, intendant de Poitiers.
L'aîné de ces lils, Henri de Chevigné, Sgr de Preigné, épousa le
2 septembre 1675 Marguerite Fumée, héritière de la seigneurie de la
Grassière. Son petit-fils, Joseph-Alexandre de Chevigné, Sgr de la
Grassière, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du Poitou.
On trouvera dans le Nouveau d" Hozier les preuves de noblesse qu'il
avait faites en 1760, 1764 et 1767 pour obtenir l'admission à l'École
militaire de trois de ses fils, Alexandre-Louis, Louis-Augustin et Louis-
Jean de Chevigné de la Grassière, tous trois nés au diocèse de Luçon.
L'un de ces trois frères, Louis-Augustin, comte de Chevigné, épousa
M*'^ du Chaffault qui mourut dans les prisons du Mans pendant la
Terreur, Il en eut une fille, M™^ Urvoy de Saint-Bédan, et un fils,
Louis-Joseph, comte de Chevigné, né à la Grassière en 1793, décédé
en 1876, qui fut un poète distingué, auteur des célèbres Contes
rémois. Louis-Joseph de Chevigné fut le dernier représentant de son
rameau; il s'était fixé à Reims après le mariage qu'il contracta avec
M"® Clicquot, une des plus riches héritières du grand commerce de
cette ville. Il n'eut qu'une fille, la comtesse Louis de Mortemart,
décédée en 1877, qui laissa elle-même une fille unique. M'"'' la
duchesse douairière d'Uzès.
La maison de Chevigné a fourni, en dehors des personnages
mentionnés au cours de cette notice, un grand nombre d'officiers
distingués, dont plusieurs ont été tués à l'ennemi, des pages des
rois de France, etc.
On trouvera un résumé très complet de sa généalogie dans
V Annuaire de la noblesse de 1900.
Principales alliances : de Montbourcher, de Chateaugiron, de
Clisson, de Rosmadec, de Goulainc, Hay 1456, de Chasteigner, de
l'Esperonnière 1505, de la Tousche-Limousinière 1528, 1611, le Bou-
teiller, de Cadaran 1739, de la Boucherie 1595, Boux 1667, de Bar,
d'Aymar de Châteaurenard, de Biré, de Barrai, de Coustin de Bour-
312 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
zolles, de Ferrières 1812, de Saisseval 1834, de la Rochefontenilles-
Rambures 1859, de Sainte-Aldegonde 1863, 1876, de laBorie de Cam-
pagne 1882, de Bouille 1846, de Lestang 1850, de Croy-Solre 1887, de
Durfort-Civrac 1869, de Sade 1877, Hurault de Vibraye 1863, deForbin
des Issarts 1889, de Reviers de Mauny 1887, du Chalïault, Urvoy de
Saint-Bedan, de Rochechouart-Mortemart 1839, de Vincens de Cau-
sans, de Gras de Preigne 1830, Espivent de la Villeboisnet 1789, de
la Tousche d'Avrigny 1900, etc.
CHEVIGNY (de Boissonneaux de) Voyez : Boissonxeaux de Chevigny (de).
CHEVILLY (Hatte de). Voyez : Hatte de Chevilly.
CHEVILLY d'Humilly de). Voyez : Hcmilly de Chevilly (d).
CHEVREAU-CHRISTIANI. Armes (d'après le règlement d'armoiries
du 2o juin 1840) : pai'ti : d'or à trois chevrons d'azur et de gueules à
Vépée en pal d'argent.
Louis-Joseph Christiani était négociant à Strasbourg dans la
seconde moitié du xviii* siècle. Il laissa plusieurs fils. L'un de ces
fils, Henri Christiani, né à Strasbourg en 1760, professeur de droit
public et d'histoire, membre du directoire de Strasbourg en 1791,
fut élu l'année suivante député du Bas-Rhin à la Convention où
il siégea parmi les modérés. Un autre, Charles-Joseph Christiani, né
à Strasbourg en 1772, général de brigade, inspecteur général
de l'infanterie, oflicier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-
Louis, décédé en 1840, fut créé baron de l'Empire par lettres
patentes du 14 février 1810. Le général baron Christiani n'eut pas
d'enfants du mariage qu'il contracta avec Marie-Antoinette Pislorius,
décédée en 1857, qui était veuve en premières noces de Nicolas-
Michel Chevreau, capitaine. Mais il adopta son beau-fils, Jacques-
Oscar Chevreau, né à Strasbourg en 1812. Celui-ci fut confirmé dans
la possession du titre de baron Christiani par lettres patentes du roi
Louis-Philippe du 25 juin 1840, obtint en même temps le règlement
de ses armoiries, fut plus tard procureur impérial et chevalier de
la Légion d'honneur et mourut à Paris en 1895 laissant deux fils de
son mariage avec M"* Arséneieff, décédée en 1893. Le second de
ces fils, le baron Fernand Christiani, a été mêlé en 1899 à un procès
politique retentissant.
CHEVREAU.
La famille Chevreau est originaire du Poitou où elle était honora-
blement connue au xviii^ siècle.
Elle est peut-être une branche de celle qui fut illustrée au
DICTIONNAIRF DES FAMILLRS FRANÇAISES 313
XVII* siècle par Urbain Chevreau, né à Loudiin en 1613, fécond litté-
rateur, secrétaire des commandements de la reine de Suède Chris-
tine, précepteur du duc du Maine, décédé dans sa ville natale le
13 février 1701.
Jean-Henri Chevreau, né en 1794 à Airvault (Deux-Sèvres), profes-
seur distingué, décédé à Nantes en 1854, fut élu en 1852 député de
l'Ardèche. Il laissa une fille, la comtesse Bégouen, et deux fils,
Henri et Léon Chevreau, qui eurent une brillante carrière politique.
Henri Chevreau, né en 18:13 à Belleville, près de Paris, fut sénateur
en 1865, puis ministre de Napoléon III; il a laissé une fille, mariée
au baron Gourgaud, et un fils, Urbain, qui a été créé comte romain
par bref de 1891 à l'occasion de son mariage avec M"® de Cholet. Son
frère, Léon Chevreau, né à Saint-Mandé en 1827, décédé en 1910, fut
préfet de police sous Napoléon III, puis député de l'Oise et comman-
deur de la Légion d'honneur. De son mariage avec M"^ Elisabeth
Alisse, il a eu une fille unique mariée en 1881 à M. Ladislas de Kro-
nenberg et mère de la comtesse Joseph de Maistre.
Il a existé en Poitou plusieurs autres familles distinguées du nom
de Chevreau. La plus marquante de ces familles portait pour armes :
de gueules àun chevron d' or accompagné de deitx étoiles d'argent en
chef et d'un chevreau de même en pointe. On trouvera sur elle des ren-
seignements dans le Cabinet d'Hozier et dans le Diclio7inaire histo-
rique et généalogique des familles du Poitou. Mathieu Chevreau,
auquel ce dernier travail fait remonter la filiation suivie, fut procureur
du Roi au siège de Loudun et mourut en 1023. Il laissa deux fils. Laine
de ces fils, Charles Chevreau, président au bailliage de Loudun,
intendant de l'abbaye de Fontevrault, fut anobli par letttres patentes
d'avril 1648 ; sa descendance s'éteignit avec son arrière-petite-fille,
Françoise-Claire, dame de la Guérinière, mariée en 1717 à Louis-
Melchior de Razilly, chevalier. François-Odet Chevreau, second fils
de Mathieu, d'abord président au grenier à sel de Cholet, puis inten-
dant du duc de Roannais, acquit le 24 mai 1656 la charge anoblis-
sante de secrétaire du Roi et épousa l'année suivante Catherine
Syonnière, fille d'un élu en l'élection de Rozoy-en Brie. Un de ses fils,
Joseph-François Chevreau, Sgr d'Ancourt, fut trésorier de France au
bureau des finances de Toulouse. Un autre, Odet Chevreau, Sgr de
Bois-Sablon, né à Paris en 1672, chevalier de Saint-Louis, fut maintenu
dans sa noblesse le 30 décembre 1700 par jugement de Phélyppeaux,
intendant de Paris; il fut le grand-père de Joseph-François Chevreau,
Sgr de Boissablon et de Vaudouleurs, né en 1741, qui prit part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Étampes et qui paraît avoir
été le dernier représentant de sa famille.
3t4 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHEVRELde FRILEUSE. Armes : de gueules au chef d'argent ; au lion
d'or brochant sur le tout.
On trouvera sur la famille Chevrel de Frileuse beaucoup de rensei-
gnements dans les Documents généalogiques d après les registres des
paroisses d'Alençon publiés en 1907 par le comte de Souancé.
\icolas Chevrel, procureur au Parlement de Paris, fit enregistrer
son blason à lArmorial général de 1696 : parti : au 1 d'or à une chèvre
rampante et contournée de sable; au 2 d'azur à un demi-vol d'argent
et un chef de sable brochant sur le parti. Il avait épousé Marie de
Lépine. Leur fils, Nicolas Chevrel, avocat au Parlement, conseiller
du Roi, receveur au grenier à sel d'Alençon, épousa dans cette ville,
le 4 mars 1710, Françoise de Villebois, fille d'un conseiller du Roi, tré-
sorier de France au bureau des finances et chambre des domaines.
Cette dame est vraisemblablement la même qu'une M""* Chevrel,
d'Alençon, de la religion prétendue réformée, qui, d'après la France
protestante, fut enlevée par ordre avec ses deux filles en 1730. Son
mari, Nicolas Chevrel, fut dans la suite conseiller du Roi, trésorier de
France au bureau des finances d'Alençon, grand voyer de Normandie
et fut anobli par ses fonctions. Son fils, Nicolas-François Chevrel,
baptisé à Alençon le 20 octobre 1711, eut pour parrain Nicolas Che-
vrel, procureur au Parlement de Paris. Il fut plus tard sieur de Fri-
leuse, président trésorier de France au bureau des finances et
chambre des domaines, épousa Françoise-Renée de Culant et fut
inhumé le 19 avril 1769 en l'église Saint-Léonard d'Alençon.
La famille Chevrel de Frileuse n'est pas titrée.
Principales alliances : de Culant, de Tilly 1781, de Faudoas-
Sérillac, Senot de la Londe 1872, de Lamolère 1876, de Gillebert
d'Haleine, etc.
Il existait au xvii* siècle au diocèse de Rennes, en Bretagne, une
famille Chevrel qui possédait une seigneurie de Beaumanoir et qui
portait pour armes : d'or fretté dazur. Les représentants de cette
famille furent déboulés de leurs prétentions nobiliaires par arrêt du
12 septembre 1668.
CHEVRELIÉRE (Aymé de la). Voyez : Aïmé et Aymé d'Aquin et de la
Chevrelière.
CHEVREUL.
La famille Chevreul, d'ancienne et honorable bourgeoisie, est ori-
ginaire de l'Anjou.
Elle a été illustrée par Michel Chevreul, né à Angers en 175i, chi-
rurgien du plus grand mérite, membre de l'Académie de médecine
l)ir/riONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 315
en 1825, décédé en 1845, et surtout par le grand savant, Michel-
Eugène Chevreul, Hls du précédent, né à Angers en 1786, membre
de l'Académie des sciences en 1826, directeur du Muséum d'histoire
naturelle jusqu'en 1879, grand-croix de la Légion d'honneur en 1875,
mort centenaire.
Principales alliances : le Compasseur de Crèqui-Monllort de Cour-
tivron 1881, Languet de Sivry, Mégret de Devise 1906, Petit de Leu-
deville 1909, de Champ, etc.
CHEVREUSE (d'Albert de Luynes de). Voyez : Albert de Luynes, de Che-
VREUSE KT DE ChAULNES (d').
CHEVREUSE (Jacquesson de la). Voyez : Jacquesson de la Chevreuse.
CHEVREUSE (de), en Angoumois et en Poitou. Armes : de gueules à un
sautoir d'or, ccmtonné de quatre quinte feuille s (ou molettes) du
même ; au lambel de trois pendants aussi du même.
La vallée de Chevreuse, située dans l'Ile-de-France, avait au
moyen âge des seigneurs fort puissants à la famille desquels elle
donna son nom. Ces seigneurs portaient pour armes : <X argent à une
croix de gueules cantonnée de quatre lionceaux d'azur. Le Père
Anselme mentionne un Million de Chevreuse qui fut témoin d'une charte
de confirmation donnée par le roi Robert le 4 février 1029. Guy IH,
sire de Chevreuse, assista en 1191 à la prise de Saint-Jean-d'Acre.
On admet généralement que la famille des seigneurs primitifs de
Chevreuse s'éteignit, au moins dans sa ligne directe, vers le milieu
du XIV* siècle dans la maison de Montmorency. On ignore si c'est à
cette famille que l'on doit rattacher un Pierre de Chevreuse, cheva-
lier, sire de Chevreuse, trésorier de France, maître d hôtel du Roi,
qui donna des quittances le 6 avril 1363 et le 31 mai 1375. Le sceau
de ce personnage porte des armoiries qui rappellent beaucoup celles
de la famille de Chevreuse actuellement existante : un sautoir can-
tonné de quatre trèfles (ou quatre roses) et chargé d'un lambel. La
baronnie de Chevreuse fut érigée en duché en 1545 en faveur de Jean
de Brosse, duc d'Etampes, et de sa femme, Anne de Pisseleu. Cette
érection fut confirmée en 1555 en faveur du cardinal de Lorraine,
archevêque de Reims. On sait que Marie de Rohan, veuve du conné-
table de Luynes, se remaria en 1622 à Claude de Lorraine, duc de
Chevreuse, recueillit à la mort de celui-ci le duché de Chevreuse et
le transmit à son lils du premier lit, le second duc de Luynes, dont
la descendance le possède encore.
La famille de Chevreuse qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours est
honorablement connue depuis le commencement du xvi* siècle dans
316 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
la noblesse de l'Angoumois ; une tradition constante, mais qui ne
sappuie sur aucune preuve, la fait descendre de celle des sires de
Chevreuse, dans l'Ile-de-France, mentionnés plus haut. On trouvera
sur elle des renseignements dans le Nobiliaire du Limousin de
Nadaud, dans le Dictionnaire historique et généalogique des
familles du Poitou de Beauchet-Filieau, dans VAnnuaire de la
noblesse de 1890, etc. On trouvera aussi dans les manuscrits de Ché-
rin, au Cabinet des Titres, les preuves de noblesse qu'un de ses
membres, Gabriel de Chevreuse, né en 1770 au diocèse d'Angoulême,
fit en 1787 pour être promu au grade de sous-lieutenant.
La famille de Chevreuse, en Angoumois, a pour premier auteur
connu Antoine de Chevreuse, écuyer, Sgr de la Motte-Caille, qui
avait épousé Anne de Beluzier et dont les deu.x fils, Martial et Jean,
partagèrent la succession par acte du 14 octobre 1518. Ces deux
frères furent les auteurs de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Martial de Chevreuse, écuyer, Sgr de
la Motle-Caille et des Forges, épousa Françoise de Chemisson par
contrat du 9 février 1506 et fit son testament le 2 décembre 1548. Sa
descendance posséda, entre autres biens, la seigneurie du Vallon,
ou des Vallons, en la paroisse dEscuras, dans lélection d'Angou-
lême, fut maintenue dans sa noblesse, d'abord, lors de la recherche
de 1660, par jugement de >L d'Aguesseau, intendant de Limoges,
puis par jugement du 13 janvier 1704 et parait s'être éteinte avec
M. de Chevreuse, chevalier, Sgr du Vallon, qui prit part en 1789 aux
assemblées de la noblesse tenues à Angoulême.
L'auteur de la seconde branche, Jean (aliàs Pierre) de Chevreuse,
écuyer, Sgr de Montizon, transigea le 31 aoiU 1534 avec Godefroy
Chasleigner, Sgr du Lindois. On ignore le nom de sa femme. Son fils,
François de Chevreuse, écuyer, Sgr de Montizon, épousa Françoise
de Lavault par contrat du 15 janvier 15i0. Ayant été inquiété dans
sa noblesse par les habitants de la paroisse de Roussines à cause de
sa qualité de maître de forges, il se fit reconnaître comme gentil-
homme par sentence des élus d'Angoulême du 31 octobre 1556. 11
laissa plusieurs fils. L'un de ceux-ci, Jacques de Chevreuse, marié à
Jeannette de Marcirion, en eut. entre autres enfants, deux fils, Jean
et Jacques, qui furent les auteurs de deux rameaux.
L'auteur du premier rameau, Jean de Chevreuse, Sgr de Tourleron,
épousa en 1609 Jeanne de Chièvres, veuve deSiméon de laQuintinic.
Leur fils, Annet, marié en 1651 à sa cousine, Françoise de Chièvres,
abjura cette même année la religion protestante. Il fut maintenu dans
sa noblesse le 11 octobre 1608 par jugement de M. d'Aguesseau,
intendantde Limoges, puis le :26 juin 1670 par jugement de M. Rouillé
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 317
(lu Coudray, intendant (le Poitiers. Un de ses descendants, Alexandre
de Chevreuse, chevalier, Sgr de Logeât, prit part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse tenues à Angoulême. Un autre, Louis de Che-
vreuse, né en 181 't à Thorigné (Deux-Sèvres), se signala, malgré sa
jeunesse, dans l'insurrection vendéenne de 1832 et prit part à l'hé-
roïque combat de la Pénissière. On ignore s'il s'est marié et s'il a eu
postérittv
L'autour du second rameau, Jacques de Ghevreuse, écuyer, Sgr de
l'Estang, épousa le 2o juillet 1605 Jeanne de Montvollent. Ses des-
cendants furent maintenus dans leur noblesse le 5 mai 1699 et le
11 mai 1" lo par jugements successifs de ]MM. de Maupeou et Quentin
de Richebourg, tous deux intendants de Poitiers. Le chef de ce
rameau, Jean de Ghevreuse écuyer, Sgr de Salignac et de Guidiers,
en la paroisse de Coutures, prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse du Poitou. Il mourut en 1827 laissant une tille, la marquise de
Moneys dOrdières, décédée à Goutures en 1852, qui paraît avoir été
la dernière représentante de ce rameau.
La famille de Ghevreuse a fourni des officiers distingues.
Principales alliances : de Lubersac 1638, de Mascureau 1612, de
Ghièvres 1607, 1651, 1681, de Pons, de Boisse, d'Anché 1674, de
Barbezièresl773, de Villedon 1642, de Ponthieu 1667, Préveraud de
Sonneville vers 1740, d'Asnières vers 1774, de Moneys d'Or-
dières, de Ghergé 1817, etc.
CHEVREUX d AGEL.
Famille de haute bourgeoisie qui joint à son nom celui de son
domaine d'Agel, dans l'Hérault.
11 a existé en Angoumois et en Poitou une famille de Ghevheux qui
portait pour armes : d'azicj' à une chèvre passante d'argent, accom-
pagnée de deux étoiles du même, une en chef, l'autre en pointe. On
trouvera dans le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse qu'un
membre de cette famille, Jean de Ghevreux de Lascoux, né en 1737,
fit sous Louis XV pour être admis parmi les pages de la Reine.
CHEVRIERS (Fischer de). Voyez : Fischer de Ghevriers.
CHEVRIGNY (du Temple de;. Voyez : Temple de GhevigiW et de Rouge-
mont (de) .
CHEVRON VILLETTE /'de). Armes : à' azur à un chevron d'or chargé
d'un chevron de gueules et accompagné de trois lionceaux d' or , deux
en chef affrontes et un en pointe.— Gouronne ; de Comte — Gimier :
un bouc, ou chevron, issant de sable, accolé d'une couronne ducale.
Devise : In arduis. — Autre devise : Altissima quœro.
318 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La maison .de Chevro.n-Villette est à la fois une des plus
antiques etunedes plus illustres delanoblesse de Savoie. On lui a attri-
bué le pape Nicolas II, élu au concile de Sienne, le 28 décembre 1058,
couronné le 18 janvier 1059, décédé en 1061. M. de Foras, qui a
donné dans son Armoriai de la noblesse de Savoie une très
intéressante généalos^ie de la maison de Chevron-Villette, fait
judicieusement observer que Ihistoire de ce pontife antérieurement
à son avènement est à peu près inconnue et que l'on sait seulement
quil avait le prénom de Gérard, quil était allobroge, ou bourguignon,
et qu'il était évêque de Florence.
La maison de Chevron-Villette paraît avoir eu pour berceau la
baronnie de Villette, située en Tarentaise. Les premiers degrés de sa
généalogie sont fort embrouillés. Des preuves de noblesse faites en
1770 devant la Chambre des comptes de Turin en font remonter
la fdiation à un Tliibaud de Villette qui vivait en 1150 et dont les
deux llls, Guillaume et llumbert de Villette, auraient épousé en 1189
deux sœurs, Wilhelmine et Julienne de Chevron, dernières représen-
tantes de leur maison et héritières de la seigneurie de leur nom, une
des quatre anciennes baronnies de la Savoie. D'autre part, le comte
de Foras, dont le travail a été composé à l'aide des archives du châ-
teau de Giez, près de Faverges, possédé depuis six cents ans par les
Chevron-Villette, fait remonter la fdiation à Humbert de Chevron, dit
de Villette, un des deux frères mentionnés plus haut, qui est cité
dans des actes des années 1 191 et 1197. D'après de vieilles généalogies
ce seigneur aurait épousé Béatrix, dame de Giez ; d'après d'autres il
aurait épousé Julienne, héritière de la baronnie de Chevron. On en a
fait, mais sans aucune preuve à l'appui, le fils d'un gentilhomme
appelé Thibaud qui aurait eu lui-même un père appelé Amédée. On
ignore son degré de parenté avec un Pierre de Chevron qui, en 1132,
fit avec ses frères donation àl'ovêque de Tarentaise des terrains des-
tinés à la fondation de labbaye de Tamié. Humbert laissa un fils,
Humbert II de Chevron-Villette, chevalier, Sgr de Giez, de Chevron,
de Montmeillour, etc., qui fit en 1247 une donation à l'abbaye de Tamié
et qui fit son testament le 16 décembre 1248. Dans cet acte
Humbert II cite sa femme, Antoinette de la Chambre. D'après
certains auteurs, il aurait été bailli du Chablais. Un de ses fils,
Humbert, fui évêque d'Aostc en 1263. Un autre. Henri de Chevron-
Villette, se rendit acquéreur du vidamat de Rumilly. Ce dernier
fut père d'Humbert III, qui était seigneur de Chevron en 1273, et
d'Amédée, Sgr de Chevron et de Villette, qui fut substitué à son
frère, qui épousa Philippine Allamand et qui continua la descen-
dance. Humbert IV, chevalier, Sgr de Chevron, de Giez, de Vil-
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 319
letlo, etc., fils du précédent, est mentionné dans un grand nombre
de chartes du commencementdu xiv'siècle. Il fut père d'Humbert V,
châtelain d'Évian en 1342, qui épousa par contrat du 13 dé-
cembre 1328 Analésie, fdle unique du vidomne de Sion, sur le nom
de famille de laquelle les généalogistes ne sont pas d'accord. A
partir de ce contrat de 1328 la fdiation de la maison de Chevron-
Villette est très rigoureusement établie. Quelques années plus tard,
en 1335, le château de Villette fut pris d'assaut et démoli par Hugues,
dauphin de Viennois, baron de Faucigny. Humbert et Pierre, cheva-
liers, fds d'Humbert V, furent vidomnes et sénéchaux de Sion, en
Valais. Le second d'entre eux, Pierre, qui continua la descendance,
fit son testament le 28 octobre 1411.
Rolet de Chevron-Villette figure au nombre des grands barons de
Savoie qui rendirent hommage au Duc en 1430. François de Chevron-
Villette, grand sénéchal de Sion et général des troupes suisses
en 1528, fut ambassadeur du duc de Savoie auprès de la Cour de
France.
Amédée de Chevron, conseiller et maître d'hôtel, chambellan
et majordome de Son Altesse, ambassadeur en Suisse, surintendant
général des mines de Savoie, marié le 22 novembre 1579 à
Marguerite de Pingon, fut créé baron de Villette par lettres du
1" avril 1604. C'est de lui que descendent les représentants actuels.
Le chef de la maison de Chevron-Villette portait au xviii'' siècle le
titre de comte de Montjoye. Il est aujourd'hui connu sous le titre de
comte de Chevron-Villette.
Charles-Albert, comte de Chevron-Villette, né en 1843, filleul du
roi de Sardaigne, marié en 1875 à M"* de Saint-Charles, a été élu en
1873 conseiller général du canton de Faverges.
La maison de Chevron-Villette a fourni un évoque d'Aosle en 1171,
trois archevêques deTarentaise en 1378, 1483, 1628, des ambassa-
deurs, des gentilshommes de la chambre et des pages des ducs
de Savoie et des rois de Sardaigne, des chevaliers de Malte, etc.
Principales alliances : de Menthon 1550, 1572, 1904, de Dam-
pierre 1804, d'Angennes de Rambouillet 1803, de Chabod 1774, de
Bellegardel779,Batthyani 1816, deViryl836,de Valperga, duBouéxic
de Pinieux 1881, Patek de Prawdzic 1876, de Chastellux, etc.
CHEVRY (Langlois de). Voyez : Langi.ois de Chevry.
CHEYLARD (Vallentin du). Voyez : Vallentin du Cueïlard.
CHEYLARD (du). Armes : d'azur à une bande d'or chargée de trois
billeltes de gueules ; parti d'argent à cinq mouchetures d'hermine
320 DICTIONNAIRE DES FAMILI-ES FRANÇAISES
de sable, 3 et 2, siirmontées d'un guidon d'azur, emmanché de
même (aliàs de. sable), qui est de Baysse. — Couronne : de Marquis.
La famille du Cheylard, complètement éteinte en 1882, appartenait
à l'ancienne noblesse du Vivarais. Elle ne doit pas être confondue
avec la famille du Chaylard, encore existante, qui appartient à la
noblesse du Périgord. M. Raymond de Gigord en a donné une généa-
logie dans La noblesse de la sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg aux
États généraux de 1789.
On trouvera aussi dans les manuscrits de Chérin la généalogie
que la famille du Cheylard envoya au Cabinet des Ordres du Roi
lorsque, en 1763, la marquise du Cheylard sollicita la faveur d'être
admise aux honneurs de la Cour. Berthier, chargé d'examiner cette
généalogie, envoya en 1763 au duc de Duras un rapport qui com-
mence en ces termes : c( La maison du Cheylard paraît avoir pris
« son nom de la terre du Cheylar, située en Vivarais, où elle est
« recommandable par son ancienneté dans l'ordre de la
« noblesse. La fdiation est établie depuis Hébrard du Cheylar,
« premier du nom, qualifié chevalier, lequel fit hommage en 1287 à
« Aimar de Poitiers, troisième du nom, comte de Valentinois, de
« divers héritages et était mort le 12 mai 1308 laissant pour fds
« Hébrard du Cheylar, deuxième du nom, damoiseau, lequel reçut
« aveu en 1304 de quelques biens situés à Genestelle, près de
« Boulogne, et rendit hommage en 1309 à la manière des nobles
« à Aimar de Poitiers, comte de Valentinois, du mas de la Chau,
« au mandement de Boulogne » D'autre part Chérin s'exprime
en ces termes dans une lettre adressée au duc de Coigny le 23 jan-
vier 1782 : cf J'ai l'honneur de vous envoyer, en exécution de vos
« ordres, deux mémoires, le premier sur la maison du Cheylard,
« noblesse ancienne et pure du Vivarais, qui remonte sa filiation à
« Hébrard du Cheylard, chevalier, vivant en 1287. Ce mémoire a
« été composé par M. de Beaujon. »
La famille du Cheylard a eu pour berceau les environs d'Aubenas.
Le travail de >L de Gigord en fait remonter la filiation, mais sans
preuves à l'appui, à un Raymond du Cheylard qui vivait dans la
seconde moitié du xiii^ siècle et qui aurait été le père d'Hébrard du
Cheylard, chevalier, mentionne plus haut. François du Cheylard,
ou du Chailar, Sgr d'Aubignaset en parlie de Saint-Pons, en Vivarais,
marié le 3 janvier 1665 à Gabrielle-Marie de Blanchard, fut maintenu
dans sa noblesse le 3 janvier 1669 par jugement de M. de Bezons,
intendant du Languedoc. Ce jugement fait remonter la filiation seu-
lement à Amédéc du Cheylard, fils puîné d'Hébrard, Sgr de Lachamp,
qui épousa le 14 février 1521 Catherine de Tholon et dont le fils.
IHCTIONNAIHh: UKS FAMIM. KS FHANÇAISKS 321
Claude, Sgrdc P'cugèi'cs, épousa le 12 février 1551 Blanche Pérot,
dame d'Aubignas.
Jean-Antoine du Glieyiard, Sgr d'Aubignas, né en 1724, épousa
en 1747 Marie-Gasparine de Grammont- Vachères, héritière de la
seigneurie de CIiàlillon-Guyot, en Franche-Comté, dont il obtint
l'érection en marquisat par lettres patentes de 1754. Étant devenu
veuf sans enfants, il se remaria en 1758 avec Anne-Claude de
Rochechouart. Ce fut celle-ci qui sollicita en 1763 les honneurs
de la Cour ; mais elle se brouilla sur ces entrefaites avec la
marquise de Pompadour et ne put être présentée qu'en 17G8. Le
marquis du Cheylard mourut en 1770. Il avait eu de sa seconde
union un fds, Louis, né à Besançon en 1764, dont il va être parlé,
et une fdle, Louise-Parfaite, née à Besançon en 1767, qui épousa
successivement en 1785 le marquis de Lambertye et en 1791 le
marquis de la Vieuville, pair de France sous la Restauration. Louis,
second marquis du Cheylard, prit part en 1789 aux assemblées de
la noblesse tenues à Villeneuve-de-Berg. Il perdit toute sa fortune à
l'époque de la Révolution et était simple receveur de l'octroi à
Montélimart quand il mourut en 1829. 11 avait épousé une demoiselle
Moulin et en avait eu trois enfants qui furentles derniers représentants
de leur famille : i° Ehrard, marquis du Cheylard, décédé en 1880
sans avoir eu de postérité de son mariage avec une Américaine ;
2° M"® Convers, décédée sans postérité ; 3° Edwige, née en
1810, décédée à Paris en 1882 sans avoir été mariée.
La famille du Cheylard avait fourni des officiers de mérite.
Principales alliances : de Vogué vers 1370, d'Aleyrac 1598, de
Vescl627, d'Aigalliers, de Grammont 1747, de Rochechouart 1758,
de Lambertye 1785, Baude de la Vieuville 1791, etc.
GHEYLUS (Gaillard de). Voyez : Gaillard deCheylus.
CHEYNIER de VEZEL et CHEYNIER le JOUHAN de NOBLENS. Armes :
d'argent à un chêne de sinople, englanté d'or, mouvant d'une ter-
rasse de sinople et accosté de deux rochers de trois coupeaux de
sable. — Devise : Restitit haud in/lexa. — La branche qui a relevé
le nom de la famille le Jouhan de Noblens écartèle ses armes de
celles de cette famille : de gueules à un chevron d'or accompagné en
pointe d'un lion d'argent; au chef cousu d'azur chargé d'un crois-
satit d'argent accosté de deux étoiles de même. — Couronne : de
Comte. — Supports : deux lions. — Devise : Noble en tous Jours serai.
La famille Cheynier résidait au xvni'' siècle dans la petite ville de
Chasteau, en Bas-Limousin, où elle occupait un rang honorable dans
X. 21
322 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
la bourgeoisie. D'après la tradition elle aurait eu pour berceau le
Poitou et aurait- eu dans le passé une origine commune avec celle
qui fut illustrée par les deux poètes André et Joseph Chénier.
Jean Cheinier, auquel remonte la fdialion, se qualifiait en 1690 bour-
geois de Chasleau. Il fut père de François Cheynier, né en 1714,
médecin distingué, et grand-père de Bernard Cheynier, ou Cheynier
de Crocliet, docteur en médecine, qui épousa vers 1790 Louise Vital.
Deux des fils de celui-ci furent les auteurs de deux branches.
La branche aînée, connue sous le nom de Cheynier de Vezel, est
aujourd'hui près de s'éteindre.
L'auteur de la branche cadette, François Cheynier, né en 1794, chef
d'escadron de gendarmerie, épousa à Bourg-en-Brcsse en 1843
M"* le Jouhan de Noblens, dernière héritière avec sa sœur d'une
famille noble de Bourgogne. Il mourut à Bourg en 1861 laissant une
fille, M™^ de la Perrière, et un fils, Paul Cheynier, né à Bourg en 1847.
Celui-ci était encore mineur quand sa mère sollicita pour lui, le
21 mars 1867, l'autorisation de joindre régulièrement à son nom celui
de la famille le Jouhan de Noblens. 11 a été dans la suite lieutenant-
colonel d'artillerie, directeur de l'Ecole d'artillerie de Tarbes et offi-
cier de la Légion d'honneur et a eu un grand nombre d'enfants de son
mariage, en 1877, avec M"* West.
Principales alliances : de la Perrière, le Jouhan de Noblens, Magon
de la Gyclais 1911, etc.
La famille le Jouhan de Xoblens était originaire de la petite ville de
Cordesse, en Franche-Comté. Jacques-Antoine hî Jouhan, né à Chalon-
sur-Saône le 25 décembre 16o8, marié à Lyon le 4 janvier 1699 à
Jeanne Bottu, fut receveur des droits et péages delà souveraineté de
Dombes et mourut à Trévoux en 1737. Son fils, Jean-Christophe le
Jouhan, né à Trévoux en 170i, marié à Lyon en 1737 à Marie-Reyne
de Ville, fut pourvu en 1736 de l'office anoblissant de conseiller de
Son Altesse Sérénissime et son premier avocat général au Parlement
de Dombes, obtint des lettres d'honneur le 26 janvier 1757, fut con-
firmé dans sa noblesse le lo août 1772 par lettres patentes du roi
Louis XV, nonobstant l'édit d'octobre 1771 qui avait supprimé le Par-
lement de Dombes, et mourut en 1778. Il avait acquis en 1751 la sei-
gneurie de Xoblens, située sur le territoire de la paroisse de Villere-
versure, en Bresse. Il fut père de Marie-Roch le Jouhan, écuyer,
Sgr de Noblcns, qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
de Bresse. La famille le Jouhan de Xoblens s'est éteinte avec les
deux petites-filles de celui-ci, M™^ Moreau d'Argelaine, mariée en
1838, qui n'a pas eu d'enfants, et M""* Cheynier.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 323
CHEYRON du PAVILLON et de BEAUMONT (duj. Armes actuelles :
d azur a trots rocs d'échiquier d'argent, ^2 et i. -An xvii» siècle la
lamille de Cheyron ajoutait à ces armoiries un cher d'azur chargé de
trois étoiles d'or. -Couronne : de Marquis. - Supports : deux lions
couches, celui de sénestre en baroque. - Cimier : une aigle nais-
sante au vol éployé tenant dans son bec une branche de laurier. —
Devise : Cœlum, non solum.
La famille du Cheyron occupe un rang particulièrement distingué
dans 1 aristocratie du Périgord. On verra toutefois au cours de cette
notice que jusqu'au commencement du xviii« siècle sa noblesse fut
souvent contestée et que plusieurs de ses membres durent, pour
régulariser leur situation nobiliaire, se pourvoir de charges anoblis-
sautes. On trouvera sur elle des renseignements dans le Nouveau
Taaa ^^ "" "^""^^^ membres, M. Joseph du Pavillon, en a publié
en U09 une intéressante et très consciencieuse généalogie.
Les du Cheyron possédaient dès la première moitié dli xvi« siècle
une maison noble de ieurnom, située dans la diatellenie de Chaslus *
On ignore s'ils tiraient leur nom de cette maison noble ou s'ils lui
avaient donné le leur. Le travail de M. Joseph du Pavillon, d'accord
avec un jugement de maintenue de noblesse qu'obtint en 1713 la
branche de Beaumont et dont on trouvera le texte dans le Nouveau
dHozier, fait remonter la filiation suivie à un Guinot du Cheyron
écuyer, Sgr dudit lieu et de la Malétie, qui fit son testament le l-' fé-
vrier 1538. D'après O'Gilvy ce Guinot du Cheyron aurait épousé en
1496 Jeanne de Pages et aurait eu pour frère un Antoine du Cheyron
tué à la bataille de Pavie, en 1525. M. Joseph du Pavillon croit que
ce dermer personnage n'a existé que dans l'imagination du trop
célèbre généalogiste. Guinot du Cheyron fut père de Bernard du
Cheyron, Sgr dudit lieu, qui épousa en 1551 Marguerite Brunet, et
grand-père de Théophile du Cheyron, Sgr dudit lieu, qui épousa le
2 jmllet 1595 Marguerite du Chassain, et de maître Pierre du
Cheyron, ainsi qualifié dans un édit rendu en 1582 par la Chambre de
l'edit de Guienne. Théophile laissa deux fils, Jean et Léonard du
Cheyron, qui lurent les auteurs de deux grandes branches
L'auteur de la branche aînée, Jehan du Cheyron, Sgr dudit lieu et
de la Durguarie, fut avocat en la Cour du Parlement de Bordeaux et
épousa, par contrat passé à Périgueux le 5 février 1616, Jeanne de
Madranges, fille d'un docteur en médecine. Il laissa deux fils • 1° Théo-
phile, qui continua la descendance ; 2° Jean, Sgr de la Combe, baptisé
' Cette maison noble, située dans la commune de Sarliac, est encore auionrrl'h,.î
a propriété de la lamille du Cheyron du l'aviUon dont un membre poï^dc dans
la môme commune le beau château de la Dulgarie. posseac dans
324 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
en \&2<o, conseiller au présidial dePérigueux, condamné comme usur-
pateur de noblesse par jugement de 1667 avec la plupart de ses col-
lègues du présidial, qui épousa en 16o5 Anne Vincenot, fille d'un
receveur des tailles, et dont la descendance s'éteignit en la personne
de son petit-fils, dom Jean-Baptiste du Cheyron, bénédictin, sous-
prieur de l'abbaye royale de Brantôme, âgé de 75 ans en 1790. Théo-
phile du Cheyron, Sgr de la Loubarie, maire de Périgueux en 1666,
épousa en 1647 Diane de Vincenot, sœur de sa belle-sœur. D'après
le jugement de maintenue de noblesse de 1713 mentionné plus haut,
il aurait été maintenu noble le 29 août 1667 par un jugement de l'in-
tendant Pellot dont la famille du Cheyron ne put, du reste, produire
((u'une copie coliationnée et dont l'authenticité, par conséquent, doit
être considérée comme très douteuse. Il laissa plusieurs fils dont
deux, Bernard et Jacques du Cheyron, furent les auteurs des deux
rameaux de la branche aînée.
L'auteur du premier rameau, Bernard du Cheyron, Sgr dudit lieu et de
la Loubarie, né en 1659, maire de Périgueux en 1721, marié en 1697 à
Jeanne du Cluzel de la Chabrerie, régularisa sa situation nobiliaire par
l'acquisition d'une charge de secrétaire du Roi en la chancellerie près
le Parlement de Bordeaux. II fut maintenu dans sa noblesse le 14 sep-
tembre 1705, en vertu du privilège de cette charge, par jugcmentde
M. de laBourdonnaye, intendant de Bordeaux. Mais cette charge fut
supprimée en 1715 et Bernard du Cheyron, qui n'avait pas accompli
le délai de vingt années nécessaire pour acquérir la noblesse héré-
ditaire, fut taxé à 1 800 livres pour avoir la faculté de jouir durant
vingt années de ses biens nobles sans être astreint à payer le droit
roturier des francs-fiefs. Il s'adressa alors au Conseil d'Klat qui, par
arrêt du 12 avril 1720, le maintint dans sa noblesse comme issu de
famille noble. Un de ses descendants, le chevalier du Cheyron, prit
part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Libourne. Un
autre, Pierre du Cheyron, né en 1740, servit avec distinction à l'armée
des Princes et reçut en 1798 du roi Louis XVIII le grade de maréchal
de camp. Ce rameau s'est éteint avec Alfred du Cheyron, né à Bor-
deaux en 1826, général de brigade en 1885, commandeur de la Légion
d'honneur, décédé en 1888 sans avoir été marié, et avec sa sœur, la
comtesse de Baritault, décédée en 1883.
Jacques du Cheyron, auteur du second rameau de la branche aînée,
naquit en 1671 et épousa à Périgueux en 1707 sa cousine Jeanne de
Montagut. Son fils, Théophile du Cheyron, Sgr de Palenque et de la
Rivière, né à Saint- Front en 1716, marié en 1750 à Marie de Bonmartin,
ayant été inquiété dans sa noblesse par les habitants de Saint-Aigne,
qui voulaient le soumettre à la taille, se fit maintenir noble d'abord
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 325
le 9 juillet 1764 par sentence des élus de Sarlat, puis le i26 mars 1765
par arrêt de la Cour des aides. II mourut en 1784 ne laissant que des
fdles.
L'auteur de la branche cadette, Léonard du Gheyron, Sgr delaDur-
guarie, d'abord avocat au Parlement de Bordeaux, fut nommé en
1629 conseiller au présidial de Périgueux. Il épousa Sabine du Cluzel
par contrat passé à Périgueux le 12 avril 1624 et en eut, entre autres
enfants, deux fds, Pierre-Joseph et Pascal, qui furent les auteurs de
deux rameaux actuellement existants.
On trouvera dans les manuscrits de Chérin une généalogie du pre-
mier rameau. L'auteur de ce rameau, monsieur maître Pierre du
Gheyron, écuyer, Sgr delà Dugarie, était conseiller du Roi, magistrat
présidial au siège de Périgueux quand il fut pourvu, le 8 juillet 1677,
de l'office anoblissant de secrétaire du Roi audiencier en la chancel-
lerie près le Parlement de Bordeaux. Il obtint le 3 juillet 1712 des
lettres d'honneur lui permettant de jouir des privilèges, droits et fran-
chises attachés à son office et fit son testament le 17 mai 1720 en son
château de la Borie de la Gaubertie. Il avait épousé, par contrat passé
à Périgueux le 23 août 1660, Jeanne Gontier, demoiselle de Biran, issue
d'une famille d'honorable bourgeoisie qui fut illustrée dans la suite
par le philosophe Maine Gontier de Biran. Étant devenu veuf, il se
remaria à Clermont le 25 juin 1685 à Jeanne de la Gaubertie de Véra,
veuve de M. de Rochon et héritière du château de la Gaubertie que
sa descendance a conservé jusqu'à nos jours. Jacques-Joseph du
Gheyron, chevalier, Sgr du Pavillon, de la Bulgarie, etc., né de cette
seconde union en 1694, épousa en 1720 Marguerite de Féletz et con-
tinua la lignée. Ce fut un des fils cadets de celui-ci, Jean-Joseph du
Gheyron, chevalier du Pavillon, né à Saint-Front en 1730, officier de
marine des plus distingués, blessé à mort en avril 1782 au combat
des Saintes, sans avoir été marié, qui inventa les signaux de marine
connus sous le nom de pavillon. Deux des frères du précédent,
Raymond du Gheyron, chevalier, Sgr du Pavillon, de la Gaubertie, etc. ,
né en 1727, marié en 1771 à M"^ du Reclus de Gageac, et Joseph du
Gheyron du Pavillon, Sgr de Banes, du Maine, etc., né en 1734, marié
en 1769 à M"'' de Banes de Maleffe, prirent part en 1789 aux assem-
blées de la noblesse du Périgord. Le premier d'entre eux avait fait
en 1787 des preuves de noblesse pour obtenir l'admission dans la
marine de son fils unique, François, né en 1774 au château de la Gau-
bertie, plus tard député de la Dordogne, marié à Toulouse en 1799 à
M"^ deSouillac, décédé en 1831. Le second fit des preuves de noblesse
en 1783 pour obtenir l'admission dans la marine de son second fils,
Jean-François, né en 1773, plus tard lieutenant-colonel, marié à Péri-
326 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
gueux en 1813 à M"* de Cremoux, décédé à Périgueux en 1861. Le
fils aîné de Joseph et de M"* de Banes, Louis du Pavillon, né en 1771,
chef de bataillon, officier de la Légion d'honneur, fut crée chevalier
de l'Empire par lettres patentes du 25 janvier 1809 et reçut en même
temps les armes suivantes : de sable au chevron cousu de gueules,
chargé du signe des chevaliers légionnaires, accompagné en chef de
deux epées hautes en pal d'argent et en pointe d'un pavillon déployé
d'or; il périt en 1812 dans la guerre d'Espagne sans avoir été marié.
Le chef de ce rameau, Paul du Chevron du Pavillon, né à Bordeaux
en 1839, petit-lils de François et de M"^ de Souillac, fut honoré du
titre de comte romain par bref de Pie IX du 16 janvier 1866 à l'occa-
sion de son mariage avec M""^ de Couhé de Lusignan ; il est décédé
en 1894 au château de la Gauberlie laissant plusieurs enfants.
L'auteur du second rameau, Pascal du Chevron, écuyer, Sgr de
Ribeyrolles, demeurant à Périgueux, épousa Marguerite Chassarel par
contrat du 18 juillet 1654. Son fils, Hélie-Joseph du Cheyron, Sgr de
Beaumont, né à Saint-Front en 1671, marié en 1693 à Elisabeth de
Banes, obtint le 17 mars 1713 de M. de Lamoignon, intendant de Bor-
deaux, lejugement de maintenue de noblesse dont il a été parlé plus
haut. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse
qu'un des petits-lils de celui-ci, Joseph-Pascal du Cheyron de Beau-
mont, né en 1751, plus tard chevalier de Saint-Louis, fusillé à Qui-
beron en 1795, fit en 1762 pour être admis à l'Ecole militaire. Joseph
du Cheyron de Beaumont, frère du précédent, né en 1752, lieutenant-
colonel, décédé à Périgueux en 1844, épousa en 1789 M"^ du Rieu de
Marsaguet: sa descendance subsiste.
Principales alliances : Bessot de Lamolhe 1671, 1810, de Laulanié
1685, duCluzel 1624, 1697, deBodin de Saint-Laurent 1772, de Chastei-
gner 181 1, du Périer de Larsan 1800, de Baritault 1850, de Froidefond
des Fargcs 1645, de la (■aubertic 1685, de Féletz 1720, du Pieclus de
r.agcacl77l, de Souillac 1799, de Bellot 1833, des Cubes du Chatenet
1868, de Coulié de Lusignan 1866, de Bragelongne 1897, de Liénard
1905, O'Byriio 1903, de Lestranges 1828, de Foucauld 1849, d'Arche
1850, de la C rompe de la Boissièrc 1873, de Boussiers 1890, de
Kermcl 1894, de Cremoux 1813, 1876, Bachelier de Bercy 1849, Fau-
riclion de la Bardonnie 1841, Grant de Luxolière de Bellussière 1870,
du Mas de la Fougère 1905, de Chassarel 1654, de Banes 1693, du
Rieu de Marsaguet 1789, deMoulinard, d'Abzac de la Douze 1886, etc.
CHEYSSAC (de), ou CHEYSSAC. Armes (d'après des pièces d'argen-
tericj : de... au sautoir de...
La famille Cheyssac, ou de Chevss.vc, est anciennement et honora-
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 327
blcmcnt connue dans les environs de Bergerac, en Périgord. Daniel
Gheyssac, sieur de Fongravc, eut ses armes enregistrées d'office à
l'Armoriai général de 1696 : vairé d'argent et de gueules. Bien qu'au
XVIII* siècle ses membres aient fréquemment porté les qualifications
nobiliaires, on ne connaît pas à la famille Gheyssac de principe d'ano-
blissement et on ne voit pas qu'elle ait pris part en 1789 aux assemblées
de la noblesse de sa région. Elle a fourni des officiers de mérite dont
plusieurs chevaliers de Saint-Louis. De nos jours un de ses membres,
fixé à Paris, est rédacteur à la Revue catholique ^
Principale alliance : Gontier de Biran 1774.
CHEYS SERIE (de Trémolet de la). Voyez : Trémolet de la Cheysserie
(de).
CHÈZE de MUREL (de la). Armes (d'après le règlement d'armoiries
de 1815) : parti : au 1 de sable à cinq barres d'or, au chef de gueules;
au 2 d'azur à une bande d'argent chargée de cinq mouchetures de
sable et accompagnée de trois besants d'or, 'î etl. — Devise : Deo et
Régi sidis impavida.
La famille de la Ghèze occupait sous l'ancien régime un rang dis-
tingué dans la bourgeoisie du Haut-Quercy. Elle figure dans quelques
actes sous le nom de la Chièze et est vraisemblablement une branche
détachée à une époque très reculée de la famille de la Ghièze de
Briance (voyez ce nom), qui est comme elle originaire de la petite
ville de Martel.
Monsieur Julien-Annet de Lachèze, marié à demoiselle Françoise
de Vaucelle, était sous Louis XV avocat au Parlement et juge au
bailliage de Martel. Son fils, Pierre-Joseph de Lachèze-Murel, né
en 1744 à Martel (Lot), pourvu en 1770 de la charge de lieutenant
général civil et criminel en la sénéchaussée de cette ville, fut élu
en 1789 député du Tiers-État du Quercy aux États généraux, siégea
à la droite de cette assemblée, prit part à la défense du château
des Tuileries lors de la journée du 10 août 1792, fut plus tard con-
seiller général et député du Lot, fut autorisé par ordonnance du
18 février 1815 à joindre à son nom celui de Murel, fut anobli par
lettres patentes du 6 décembre suivant, obtint en môme temps le
règlement de ses armoiries et mourut àParis en 1835. îl avait épousé
M"*^ Dumoulin dePaillart, fille d'un trésorier de France au bureau des
finances de Soissons. 11 fut père de Pierre-Julien de la Ghèze de Murel,
né en 1786, président à la Gour d'appel d'Aix en 1829, et grand-père
' Celte notice a été faite à l"aide de renseignements dus à l'obligeance de M. le
comte de Saint-Saud.
3?.8 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Pierre-Joseph de la Chèze de Murel, né vers 1823, qui a eu des
enfants de son mariage avec M"^ Marie-Thérèse de la Pannonie de
Saint-Cyr.
CHÉZEAUX ^de), ou DECHÉZEAUX. Voyez : Dechézeaux.
CHÉZEL (Regnardde). Voyez : Regnard de Chézel.
CHÉZELLE Lhéritier dei. Voyez : Lhéritier de Chézelle.
CHÉZELLES (le Sellier de). Voyez : le Sellier de Chézelles.
CHÉZELLES (Perrot de). Voyez : Perrot de Chézelles.
CHIAPPINI. Armes : pa)'li de pourpre et d'azur au château d'argent
brochant sur le tout, accompagné en chef d'une merlette aussi d'ar-
gent. — Couronne : de Comte.
La famille Chiappini, anciennement connue en Corse, est origi-
naire du bourg de Létia, dans la province de Vico. Dans son Armo-
riai corse le comte Colonna de Césari-Rocca mentionne une tradition
qui la fait descendre d'un Vitellio Chiappino, général au service
d'Aragon. Le même auteur cite un Jérémie Chiappini, qui fut cha-
noine, et un Carlone Chiappini, qui fut évéque.
La famille Chiappini ne figure pas au nombre de celles qui firent
reconnaître leur noblesse lors de la grande recherche des faux nobles
ordonnée par Louis XV après l'annexion de la Corse. On ne voit pas
non plus qu'elle ait pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse
de l'île.
CHIARONI. Armes : coupé : au 1 d'or à trois étoiles accompagnées à
dexlve d'un soleil et à sénestre d'une lune et soutenues d'une comète,
le tout au naturel; au 2 de gueules à un glaive et à une hache d'argeyit
posés en sautoir et liés d'un ruban duquel meut une croix d'or. —
Couronne : de Comte. — Devise : Dévolus amicis, hostibus atrox,
omnibus clarus.
La famille Chiaroxi est anciennement et honorablement connue en
Corse. Dans son Armoriai corse le comte Colonna de Césari-Rocca
la dit originaire d'Aullène. De même que la précédente, elle ne figure
pas au nombre de celles qui firent reconnaître leur noblesse après l'an-
nexion de l'île. On ne voit pas non plus qu'elle ait pris part en 1789
aux assemblées de la noblesse.
Principales alliances : de Poli, d'Ornano, Lanfranchi, etc.
CHIAVARI (de). Armes : d'o?' à un lion couronné de sable, armé et
lampassé de gueules. — La famille deChiavari a souvent écartelé ces
niCTIONNAIRR DRS FAMILLES FRANÇAISES 329
armes de celles des Chiavari de Gônes : d'or à deux colonnes de
gueules.
La famille de Chiavari appartient à la noblesse de la Provence, où
elle vint de Gônes se fixer à la fin du xv" siècle. Le baron du Roure
en a donné une très intéressante généalogie dans le bel ouvrage
qu'il a intitulé Les Meyran et leurs alliances.
Il a existé à Gênes une famille de Chiavari très distinguée qui,
après avoir longtemps occupé une grande situation dans la bour-
geoisie, fut inscrite vers le milieu du xvi<= siècle au Livre d'or de la
noblesse de la République et produisit deux doges, Jérôme Chiavari,
en 1583, et Luc, fils du précédent, en 1627. La famille provençale de
Chiavari s'est toujours considérée comme ayant eu dans le passé
une origine commune avec cette famille. Elle en obtint, du reste, des
reconnaissances de parenté en 1623 et en 1642. Trophime de Mandon
a bien avancé dans ses Mémoires manuscrits qu'elle avait pour nom
primitif celui de Bernardos et qu'elle avait pris plus tard celui de
Chiavari parce qu'elle était originaire du village de Chavario,
dans les Etats de Gônes ; mais cette opinion ne s'appuie sur aucune
preuve.
Discret (ou honorable) homme Jean de Clavaro {sic), marchand
génois, auquel remonte la filiation, était agent d'affaires à Avignon
et à Arles des du Pont et de Louis Doria. Celui-ci par son testament,
passé à Marseille le 13 novembre 1482, lui légua cent florins
pour le récompenser de son zèle. Jean de Clavaro avait acheté à Arles
la maison de Louis Doria et, après la mort de celui-ci, fit pour son
compte le commerce des laines. Il avait épousé à Arles, vers 1480,
Marie Desvignes, fille de Jean, dit Blanc, travailleur de celte ville.
II passa le 21 août 1486 une reconnaissance à Baptiste du Pont et
dut mourir très peu de temps après car on trouve que dès l'année
suivante sa femme était remariée à Bernard de Sève, marchand
génois, liabilant d'Arles. Son beau-père, Jean Desvignes, fit son tes-
tament à Arles le 14 mars 1494-5 en faveur de son petit-fils, Jacques
de Chiavari ; par cet acte il lui légua, entre autres biens, une maison
située à Arles, paroisse Saint-Julien, qui est encore actuellement la
résidence de la famille de Chiavari. Ce Jacques de Chiavari, con-
seiller bourgeois de la ville d'Arles de 1509 à 1514, fut anobli par
lettres patentes du roi Louis XII données à Saint-Denis en novem-
bre 1514, puis par nouvelles lettres données à Paris le 10 janvier
suivant, avec annexes du 15 février 1515. Il fut consul d'Arles
en 1534, 1539 et 1548 et épousa, par contrat du 10 novembre 1505,
Françoise de Sève, fille do son beau-père et de Ciiarlotte de Lagnel,
sa première femme. Il fit son testament le 1" janvier 1551-2, conjoin-
330 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
tement avec sa femme. Deux de ses fils, Jean et Robert de Chiavari,
furent les auteurs de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Jean de Chiavari, Sgr de Montredon,
épousa Lucrèce de Vintimille par contrat passé à Riez le 10 oc-
tobre 1560. Il laissa deux fils, Nicolas deChiavari, Sgr de Montredon,
marié en i60i à Catherine de Merles, et Etienne de Chiavari, marié
en 1600 à Jeanne de Cavaillon de Cabassolle, qui furent les auteurs de
deux rameaux. Les représentants de ces deux rameaux furent main-
tenus dans leur noblesse d'abord leSseptembre 1667 par jugementdcs
commissaires de S. M. chargés de la recherche des faux nobles en
Provence, puis le VI septembre 1700 par jugement de Cardin le Bret,
premier président au Parlement de Provence. Le premier rameau fut
encore maintenu dans sa noblesse le 13 octobre 1697 par jugement de
M. de Lamoignon, intendant du Languedoc, et s'éteignit avec Joseph
de Chiavari de Montredon, qui mourut à Arles en 1771 à l'âge de
91 ans sans laisser de postérité de son mariage avec Thérèse de Gar-
sonnet, décédée à Aix en 1779. Le rameau cadet fut longtemps connu
sous le nom de Chiavari-Cabassolle. On trouvera dans les manuscrits
de Chérin les preuves de noblesse qu'un de ses représentants, Picrrc-
Jean-Baptisle-Joseph de Chiavari-Cabassolle, né à Arles en 1769, fit
en 178i pour être admis dans l'ordre de Malte, on qualité de page du
grand-maître. Ce gentilhonnc paraît devoir être identifié avec un
M. de Chiavari, lils, qui prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Arles. Il épousa dans celte ville en 1799 M"* Eymin
et fut le grand- père d'Henri, connu sous le titre de marquis de Chia-
vari, né vers 1860, qui est aujourd'Imi le seul représentant mâle de sa
famille.
L'auteur de la branche cadette, Robert de Chiavari, épousa le
19 mai 1567 Louise de Meyran. Sa descendance s'éteignit avec Miracle
de Chiavari qui épousa le 24 août 1679 Trophimc Serricr, fille d'un
médecin, et avec leur fils, Christophe.
Jacques de Chiavari, baptisé en 1608, fut commandeur de l'ordre
de Malle. La famille de Chiavari a encore fourni des consuls d'Arles,
des officiers de mérite, des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : de Leslang-Paradel570, 1756, deCavaillon-
Cabassolc 1600, de Combes de Barjac, de Meyran (de Lagoy) 1567,
1595, de Vintimille 1560, de Pugel (de Barbaiitane; 1591, de Merles
1604, de Lalil d'Entraigues 1643, d'Aiminy 1668, de Raoux (de
Raoussetj 1679, d'Antonellc 1632, de Ricaudy 1830, de Salvador 1832,
de Sade 1662, etc.
CHIC de ROQUAING et d ARCAMONT (de, ou du). Armes : parti : au 1
niCTIONNAIRK DRS FAMILLES FRANÇAISES 331
(Vazur à trois fasces d'or; au 2 de gueules à un lion d'or, armé et
lampassé de sable.
La famille du (ou de) Chic de Roquaing et d'Arcamont appartient à
la noblesse de la Gascogne. D'Hozier, qui en a donné une généalogie
détaillée, en fait remonter la filiation suivie à noble Pierre du Chic,
Sgr de Boulin, son premier auteur authentique connu, lequel épousa
d'abord lîsquine du Puy, puis Anne de Cassagnet. Pierre de Chic fit
son testament le 25 juillet ISO'i. Dans cet acte il demanda à être
inhumé soit à Gondom dans le tombeau de son père, dont le nom est
inconnu, soit à Montréal dans celui de sa mère, dont le nom est éga-
lement inconnu. Il laissa de sa seconde union un fils, noble Prançois
de Chic, écuyer, Sgr de Boulin, qui épousa successivement noble
Catherine de la Roque et noble Marie de Luppé. Noble Jean de Chic,
Sgr de Boulin et en partie de la Roque-Fimarçon, né de la première
union, acheta en 1533 la seigneurie de Roquaing. Il laissa deux fils,
nobles Aimery et Gaspard de Chic, qui furent les auteurs de deux
branches.
L'auteur de la branche aùiée, Aimery de Chic, marié en 1573 à Cathe-
rine de Mauléon, fut connu sous le nom de capitaine Roquaing. Son
petit-fils, noble Hector de Chic, écuyer, Sgr de Roquaing, Cogr de
Larroque-Fimarçon, marié le 5 septembre 1643 à demoiselle Margue-
rite de Sorberisse, fille d'un conseiller du Roi enquêteur au siège de
Gondom, fut maintenu dans sa noblesse le 18 août 1668 par jugement
de Pellot, intendant de Bordeaux. Jean de Chic de l^oquaing prit
part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Nérac. On trou-
vera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse qu'il avait
faites en 1777 pour obtenir l'admission à l'École militaire de son fils,
Jean-Hector de Chic de Roquaing, né à Nérac en 1767. Cette branche,
peut-être éteinte aujourd'hui, comptait encore des représentants
dans les dernières années du xix® siècle. M"® Gabrielle de Chic de
Roquaing a épousé vers 1880 M. Roger du Bernet de Garros.
La branche cadette a adopté l'orthographe du Chic. Son auteur,
noble Gaspard du Chic, Sgr d'Aumenssan, mentionné dans des actes
du 16 janvier 1559 et du 6 mars 1561, épousa, par contrat du 14 jan-
vier 1572, Anne de la Fitte, héritière de l'importante seigneurie d'Ar-
camont, près d'Auch. Il fut père de Samson du Chic, Sgr d'Arcamont,
qui épousa en 1599 Jeanne de Rapin, et grand-père de noble Pierre du
Chic, Sgr d'Arcamont, qui épousa en 1627 Andrée de Gelas et qui fut
maintenu dans sa noblesse le 11 septembre 1666 par jugement de
M. de Rabasteins, subdélégué de Pellot, intendant de Bordeaux, puis
en 1667 par jugement de M. de Lartigue, subdélégué de l'intendant de
Montauban. L'arrière-petit-lils de Pierre, noble Jean-François-Joseph-
332 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Claude du Chic, fut connu le premier sous le titre de marquis d'Ar-
camont, conse-rvé depuis lors par le chef de cette branche. Il épousa
d'abord le 16 septembre 17oo Marguerite du Faure de Lalanne, puis
en 176i Claire Popon de Maucune. On trouvera dans le Nouveau d'Ho-
zier les preuves de noblesse qu'il fit, en 1773 et en 1779, pour obtenir
l'admission parmi les pages de la Grande Écurie de ses deux fils,
Gabriel-Joseph, né du premier lit à Lectoure en 1758, et François, né
du second lit à Auch en 1764. Le marquis et le comte d'Arcamont
prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse de la séné-
chaussée de Lectoure. Cette branche a conservé jusqu'à nos jours la
terre et le château d'Arcamont.
La famille du Chic a fourni des officiers distingués, des chevaliers
de Saint-Louis, un vicaire général du diocèse de Gap en 1764, etc.
Principales alliances : de Mauléonl573, de Luppé 1521, de la Fitte,
de Batz 1635, de Gélas-Lautrec 1627, Popon de Maucune 1764, de Fau-
doas, de Rouillan 1719, de Rapin, du Bernet de Garros, de Cambon
1738, de Batz 1635, etc.
CHICHILIANNE (Caire de). Voyez : Caire de Chichilianne.
CHICOURT Richard de,. Voyez : Richard de Chicourt.
CHICOYNEAU de la VALETTE. Armes : à' azur à une bande d'argent
chargée d'ioieétoile de gueules (quelquefois d'azur), placée entre deux
croissants du même. — Aliàs (armes enregistrées à l'Armoriai général
de 1696) : d'or à une bande d'azur chargée d'une étoile d'or entre
deux croissants d'argent. — Couronne : de Baron. — Supports : deux
lions.
On trouvera d'intéressants renseignements sur la famille Ghicoy-
NEAU à.aLï\s\Q, Bulletin de la Société héraldique àc février 1886, dans le
Bulletin héraldique de France de septembre 1897, dans \' Armoriai
delà noblesse de Languedoc àe M. de la Roque, dans les Généalogies
de parlementaires conservées au Cabinet des Titres, etc.
La famille Chicoyneau est originaire du Blésois où elle occupait au
xvii^ siècle un rang distingué dans la bourgeoisie. Un de ses membres,
Michel Chicoyneau, né à Blois, vint en 1652 se fixer à Montpellier où
un de ses cousins, Martin-Richer de Belleval, d'une vieille famille de
Picardie encore existante, exerçait brillamment la profession de
médecin. Il fut reçu docteur en médecine, devint chancelier de l'École
de médecine de Montpellier et succéda à son cousin, en 1664, dans les
fonctions d'intendant du Jardin des Plantes de la même ville. Il fut
pourvu en 1678 d'une charge de conseiller en la Cour des comptes,
niCTIONNAIRR l)i:s FAMIM.RS F l{ AN (.: A I S K S 333
aides et finances de Montpellier qui lui donna la noblesse au premier
degré et lit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696. II
laissa trois fils qui furent des savants de premier ordre. Le second
de ces fils, François Cliicoyneau, chancelier de l'Université de méde-
cme de Monlpellicr, épousa une demoiselle Chirac, parente et vrai-
semblablementsœur du célèbre médecin Pierre Chirac, né en Auvergne
en 1630, fixé à Montpellier, et continua la descendance. Il était con-
sedler médecin du Roi, professeur anatomique, botanique, chancelier
et juge de l'Université de médecine de Montpellier, quand il fit enre-
gistrer son blason à l'Armoriai général de 1696. Son fils, François II
Chicoyneau, reçu en 1701 conseiller maître en la Cour des comptes,
aides et finances de Montpellier, chancelier de l'Université de méde-
cine et intendant du Jardin des Plantes de la même ville, s'illustra
par son dévouement lors de la peste de Marseille, en 1722. Il fut nommé
successivement conseiller d'État, chevalier de Saint-Michel, médecin
des Enfants de France et enfin, en 1743, premier médecin du Roi II
mourut à Versailles en 1752 à l'âge de 80 ans. De son mariage avec
Catherine Fournier il avait eu une fille, qui se maria dans la famille du
Bois des Cours de la Maisonfort, et deux fils, François et Jean-Joseph,
qui furent les auteurs de deux rameaux.
François III Chicoyneau, l'aîné de ces deux frères, fut chancelier de
l'Université de Montpellier, intendant du Jardin des Plantes de la
même ville, conseiller en la Cour des comptes, aides et finances, etc
Il avait épousé en 1737M"« Rouzierde Souvignargues. Il en eut un fils
Jean-François, qui mourut dès 1758, et une fille, Yolande, qui épousa
Jean de Pas de Beaulieu, conseiller en la Cour des comptes, aides
et finances de Montpellier, et qui se fit représenter en 1789 aux assem-
blées de la noblesse tenues dans cette ville.
Jean-Joseph Chicoyneau, né le 28 janvier 1720, second fils de Fran-
çois II et de Catherine Fournier, vint se fixer à Paris à la suite de son
père et fut reçu en 1739 conseiller au Parlement de cette ville ; il aban-
donna plus tard la magistrature pour entrer dans les fermes du Roi,
fut connu sous le titre de baron de la Valette et mourut en 1776. Il
avait épousé très jeune, en 1739, M"^ Herman, fille d'un célèbre
médecin, dont il n'eut pas d'enfants. Il se remaria plus tard à
M"« Jogues de Martinville et en eut un fils, Jean-Baptiste Chicoy-
neau, baron de la Valette, qui continua la descendance. Un des des-
cendants de celui-ci, Joseph-Octave Chicoyneau, baron de la Valette,
né en 1834, marié à M"^ du Coetlosquet, a été général de division et
commandeur de la Légion d'honneur.
Principales alliances: de la Chapelle-Beaujeu 1710, Chirac, Pas de
Beaulieu, Herman, Boutault de Russy vers lOiO, Quarré de Verneuil,
334 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Postel 187.1, du Coeliosquet 1866, Grandin de l'Éprevier, des Mares
de Trébons, Dubois de Villers, Piœrron de Mondésir, de Farcy 1905,
du Breil dePontbriand 1907, etc.
Pierre Chicoyneau, greffier des rôles de la ville de Meung, et Michel
Chicoyneau, marchand bourgeois de Tours, eurent leur blason enre-
gistré d'office à l'Armoriai général de 1696.
CHIEUSSE de COMBAUD (de). Armes anciennes (enregistrées à l'Ar-
moriai général de 1696j : d'azur à un chevron d'or accompagné en
chef de deux lis, chacun fleuri de trois fleurs d'argent, tiges et
feuilles d'or, et en pointe d'une rose d'argent, tigée et feuillée d'or.
— Armes actuelles -.parti : au 1 d'azur à un chevron d'or accompagné
en pointe d'un rosier de même ; au chef d'argent, qui est de Chicussc ;
au 2 d'or à trois bandes de gueules.
La famille de CnrEcssE de Combaud est originaire de la petite ville
de Lorgues, en Provence. Artcfeuil en a donné au xviii' siècle une
généalogie qui a été reproduite par la Chesnayc des Bois.
Cet auteur fait remonter la filiation à un Jacques de Chieussc, sieur
de Taulane, qui aurait épousé Marguerite de Chabert et dont le fils,
noble Antoine de Chieusse, écuyer, aurait épousé Madeleine Boyer
par contrat de novembre 1536. Le travail d'Arlefeuil ne doit être
accepté qu'avec beaucoup de réserve, au moins pour les premiers
degrés, et la famille Chieusse de Combaud paraît simplement des-
cendre d'un Michel Chieusse, marchand à Lorgues, qui épousa Cathe-
rine Féraud par contrat du 28 octobre 1576.
Jean Chieusse, de la ville de Lorgues, à partir duquel la filiation
est très nettement étabhe, fit son testament le 26 avril 1652. Il figure
avec la qualification de noble dans le contrat de mariage, passé
en 1647, de son fils aîné, François. Il laissa quatre fils, François,
Honoré, Jean et Joseph. On trouve que, lors de la recherche de 1 666,
le second de ceu.K-ci, Honoré Chieusse, de la ville de Lorgues, paya
volontairement une amende de 67 livres pour avoir usurpé la qualifi-
cation d'écuyer. Le troisième, Jean Chieusse, était courtier royal à
Marseille quand il fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de
1696. Le plus jeune, Joseph Chieusse, sieur de Martigny, eut une
belle carrière militaire, fut lieutenant-colonel, gouverneur de Lorgues
et chevaher de Saint-Louis et mourut en 1711 au Puy-en-Velay au
moment où, d'après Artcfeuil, il allait être nommé brigadier des
armées du Roi. L'aîné des quatre frères, François Chieusse, né
en 1626, épousa Claire Barry par contrat du 11 novembre 1647 ; il
était conseiller du Roi, juge de Lorgues, quand il fit enregistrer son
blason à 1 Armoriai général de 1696 (registre de Draguignan). Son fils,
DICTIONNAIRR ORS FAMILLES FRANÇAISES 335
André Cliieusse, né en 1654, était avocat en la Cour du Parlement de
Provence quand il épousa, par contrat du 25 novembre 1680, Ilono-
rade Raymond, hérilière de la seigneurie de Combaud dont sa des-
cendance a conserve le nom et pour laquelle il rendit hommage à la
Chambre des comptes de Provence le 6 juin 1696. Ayant été inquiété,
ainsi que ses oncles, Jean et Joseph, par les commissaires chargés
de la recherche des faux nobles en Provence, il se désista avec eux
volontairement de ses prétentions et paya l'amende. Son fils,
François Ghieusse, Sgr de Combaud, né à Lorgnes en 1681, marié
le 14 mars 1705 à Françoise de Caries de Bartholle, héritière de la
seigneurie de Uoquebrune, fut nommé gouverneur de Lorgues le
8 février de cette même année. Il fut maintenu dans sa noblesse le
19 mars 1708, par jugement rendu à Aix du premier président Cardin
le Bret, sur le vu d'un édit d'août 1696 par lequel le Roi créait des
gouverneurs héréditaires dans les villes closes du royaume et ordon-
nait que ces gouverneurs jouiraient de tous les privilèges de la
noblesse. François de Chieusse fut encore maintenu dans sa noblesse
le 17 octobre 1729 par jugement de M. le Bret, fils, intendant de la
province, sur preuves remontant cette fois à 1536. Son fils, Louis-
André de Chieusse, Sgr de Combaud et de Roquebrune, né à Lorgues
le 29 mars 1719, fut premier consul, puis maire de cette ville, et
épousa en 1748 Anne d'Escalis. Ayant à son tour été inquiété dans
sa noblesse, il s'adressa au Conseil d'État et en obtint le 10 août 1755
un arrêt, enregistré à la Cour des aides le 24 novembre suivant, qui
le maintenait dans sa noblesse sans qu'il soit tenu de rapporter la
preuve de ladite qualité depuis le temps fixé par les édits et déclara-
tions, de laquelle preuve Sa Majesté l'a dispensé. On trouvera dans le
Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse qu'il fit en 1777 pour
obtenir l'admission à l'Kcole militaire d'un de ses fils, Fortuné-Roga-
tien de Chieusse de Combaud, né en 1767 à Lorgues, au diocèse de
Fréjus.
M. Chieusse de Combaud prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues àDraguignan.
La famille de Chieusse de Combaud nest pas titrée.
Elle était représentée de nosjourspar M. Jean de Combaud, officier
des haras, marié en 1902 à M"^ Thénard, et par ses sœurs, les com-
tesses de Castéras et de la Serraz.
Principales alliances : d'Escalis, de Castéras de Villemartin, de
Salteur de la Serraz 1890, Thénard, etc.
CHIEUSSE de VILLEPEYS (de). Armes anciennes (enregistrées à l'Ar-
moriai général de 1696) : A'azur à un chevron d'or accompagné en
336 DICTIONNAIRE DES FAM IL L E S FRAN Ç AISES
chef de deux lis, chacun fleuri de trois fleurs d'argent, tiges et feuilles
d'or, et en pointe d'une rose d'argent, tigée et feuillée d'or. — Armes
actuelles : à'azur à un chevron d'or accompagné en pointe d'un
rosier de même, au chef d'argent.
La famille de Chieusse de Villepeys, originaire de la petite ville de
Lorgues, en Provence, est une branche détachée à une époque
inconnue de la famille de Chieusse de Combaud à laquelle a été con-
sacrée la notice précédente.
La filiation suivie remonte à Honoré de Chieusse qui avait épousé
Madeleine Sicolle et dont le fils, Charles de Chieusse, épousa Marthe
de Moriès par contrat du 12 février 1668. Ce même Charles de
Chieusse, avocat en la Cour, fit enregistrer son blason à l'Armoriai
général de 1696 (registre de Draguignan). Son petit-lils, François de
Chieusse, né à Lorgues en 1709, épousa, par contrat du 10 mars 1744,
Marie de Brunes, hérilière de la seigneurie de Villepeys dont sa des-
cendance a conservé le nom. Ayant été assigné à payer comme non
noble le droit de franc-fief pour cette seigneurie, François de Chieusse
s'adressa à l'intendant de la province qui le maintint dans sa noblesse
par jugement du :23 mars 1747.
François-Charles de Chieusse de Villepeys, marié à Charlotte de
Garnier de Fonlblanche, demanda inutilement le 13 mars 1853 pour
son fils aîné, Charles-Maxime, l'autorisation de joindre à son nom celui
de : De Fontblanche. U laissa deux fils : 1° Charles-Maxime, marié
en 1857 à M"* Cucurny, dont la fille unique, héritière de la terre de
Fontblanche, a épousé en 1884 le comte Edouard-Albert de Chantérac,
son cousin germain ; 2° Anatole, qui a eu un fils de son mariage avec
Marguerite Maurin.
Principales alliances : Garnier de Fontblanche, de la Cropte de
Chantérac 1845, 1884, etc.
CHIÈVRES (de). Armes : à' argent à une aigle éployée de sable.
La famille de Chièvres appartient à la noblesse de l'Angoumois.
Beauchet-Filleau en a donné une généalogie très complète dans son
Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou.
D'après une tradition très ancienne, mais qui ne s'appuie sur aucune
preuve, la famille de Chièvres serait une branche détachée à une
époque très reculée de la puissante maison princière de Croy qui a,
en eiïet, possédé pendant quelque temps une seigneurie de Chièvres,
en Bourgogne. Dans la réalité les Chièvres paraissent avoir eu pour
berceau le Périgord. Tous leurs anciens titres ont été anéantis quand
leur château de la Vallade fut saccagé par les Ligueurs, en
février 1598. Par suite de cette circonstance on ne sait rien sur l'his-
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 337
toire de leur famille antérieurement au 24 avril 1509, date à laquelle
Pierre de Chièvrcs, écuyer, Sgr de la Vallade et du Gazon, épousa
Marie de la Fontaine par contrat passé devant notaire à Marthon, en
Angoumois. C'est à cette date de 1509 que le travail de Beauchet-
Filleau et les jugements de maintenue de noblesse du xvii« siècle font
remonter la fdiation suivie. Pierre de Chièvres laissa un fds, autre
Pierre de Chièvres, Sgr des mêmes domaines, qui épousa en 1541
Jeanne Audebert, qui fit son testament le \l novembre 1588 devant
Blanchard, notaire en Angoumois, qui ajouta à ce testament un codi-
cille le 16 octobre 1589 et dont les trois fils partagèrent la succession
par acte du 25 mars 1594. L'aîné de ces fils, Pierre III, continua la
descendance. Un des cadets, Jacob de Chièvres, Sgr duPetit-Mouhn,
marié en 1601 à Jeanne Gouidin, fut père de François de Chièvres,
Sgr du Petit-Moulin, maître particulier des eaux et forets de Civray et
de Fontenay, dont le fils, Louis, né en 1641, ne paraît pas avoir eu de
postérité. Pierre III de Chièvres, écuyer, Sgr de la Vallade et du
Breuil-Salignac, était avocat au présidial d'Angoulême quand il
épousa, par contrat du 25 octobre 1582, Françoise Brivet, fille d'un
procureur pour le Pioi à Jarnac. Il eut de la succession paternelle, lors
du partage de 1594, la terre de la Vallade avec ses forges et ses four-
neaux. Peu de temps après il abjura le protestantisme, ce qui n'em-
pêcha pas les ligueurs de saccager sa maison de la Vallade sous
prétexte que sa conversion n'était pas sincère. Pierre de Chièvres fit
son testament le 14 février 1617. Il laissa trois fils, Jacob, Pierre et
Marc, qui furent les auteurs de trois branches. Ces trois frères furent
attaqués dans l'exercice de leurs privilèges nobiliaires par les habi-
tants de la paroisse de Buxerolles qui voulaient les soumettre à la
taille ; ils durent s'adresser à la Cour des aides qui les maintint dans
leur noblesse par arrêt du 23 mars* 1632. Leurs descendants furent
maintenus dans leur noblesse d'abord le 23 mars 1668 par jugement
de M. d'Aguesseau, intendant de Limoges, rapporté tout au long dans
le Nouveau d'Hozier, puis les 16 et 17 mai 1699 par jugements de
Bégon, intendant de la Rochelle.
L'auteur de la branche aînée, Jacob de Chièvres, Sgr de Guitres et
de la Vallade, en Angoumois, épousa le 13 novembre 1613 Jeanne de
Lescours. On trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de
noblesse que son descendant, Pierre-Jacques-Gaspard de Chièvres,
né en 1769 à Aujac, en Saintonge, fit en 1783 pour être admis à
l'École militaire ; ce gentilhomme servit à l'armée des Princes,
échappa au désastre de Quiberon, fut plus tard receveur des finances
à Rouen, puis député de Saint-Jean-d'Angély, et mourut en 1831.
Jacques-Emile de Chièvres, né en 1791, fils du précédent, marié
X. 22
:^3K nir.TIONNATRR DF.S FAMILLES FRANÇAISES
en 18:26 à M"*= Aymer de la Chevalerie, prit part en 1832 à linsurrec-
tion de la Vendée, fut fait prisonnier, traduit devant la Cour d'assises
et acquitté; il est décédé en 1860 laissant un fils. Son cousin germain,
Joseph-Paul de Chièvres, né en 1807, marié en 1829 à M"* de la Roche-
. Saint-André, décédé en 1889, a été connu le premier sous le titre de
comte; il a laissé un fils, le comte Abel de Chièvres, marié en 1877 à
M"* de la Rocque-Latour. M"* de Chièvres d'Aujac avait pris part en
1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Saint-Jean-d'Angély.
La seconde branche est aujourd'hui éteinte. Son auteur, Pierre
de Chièvres, Sgr de Rouillac, en Angoumois, épousa en 1627
Kléonore de Montalembert. On trouvera dans les Carrés d'Hozier les
preuves de noblesse que sa pctite-fiUe, Jeanne, née en 1676, fit en
1686 pour être admise à Saint-Cyr. Le petit-neveu de celle-ci, Pierre
de Chièvres, chevalier, Sgr de Chalignac, Curton, la Montagne, etc.,
chevalier de Saint-Louis, épousa en 1775 M"' Venault de Lardinièro.
11 prit part en 1789, à cause de son fief de Curton, aux assemblées
de la noblesse tenues à Saintes. II laissa, entre autres enfants, deux
fils : 1° Achille de Chièvres, né en 1785, dont le fils, Louis-Amédée,
est décédé à Poitiers en 1876 sans laisser de postérité; 2° Pierre-
Adolphe de Chièvres, né en 1786, marié en 1813 à M"« de Coral, dont
les deux fils n'ont pas eu de postérité masculine.
L'auteur de la troisième branche, Marc de Chièvres, Sgr d'Aubanie,
épousa en 1620 Agnès Lériget, fille d'un avocat en Parlement. Sa
descendance ne tarda pas à s'éteindre.
La famille de Chièvres a fourni de nombreux officiers, dont deux
ont péri à la bataille de Fontenoy, des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : de la Porte, de Lubersac, de Loscours 1613,
de Moneys d'Ordières 1656, de Chcvreusc 1607, 1651, 1681, 1700, de
Montagnac 1646, de Bonnefoy de Brétauville 1679, de Vernou 1679,
Robert de Lézardière, Tavcau de Mortemer 1706, de Barras, Turpin
1762, de Mallevault 1789, Aymer de la Chevalerie 1826, Dcnys de
Bonnaventure 1858, de Nuchèze 188i, Caslin de Guérin de la Made-
leine 1798, de la Roche-Saint-André 1829, de Larocque-Latour 1877,
de Montalembert 1627, Bonneau du Chesne 1756, Vénault 1775, de
Vieillechèze 1815, de Coral 1813, de Blondcl de Joigny 1839, de
Hillerin, d'Asnières, de Mascureau 1623, etc.
CHIÈZE de BRIANCE (de la). Armes : écartelé : aux \ et ^ d'or à trois
bandes de gueules ( aliàs de gueules à trois bandes d'or) ; aux 2 ei 3 d'azur
à deux lévriers dargent courant Vun au-dessus de Vautre.
La famille de la Chièze de Briance appartient à la noblesse du Haut-
Quercy. Elle a eu pour berceau la petite ville de Martel et a vraisem-
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES XW
blablemenl eu dans le passé une origine commune avec la famille de
la Chèze de Murcl (voyez ce nom), anoblie en 1815, qui est ancienne-
ment connue dans la même ville et qui figure dans quelques actes avec
le nom de la Chièze. On trouvera sur elle d'intéressants renseigne-
ments dans les Carrés d'Hozier.
La filiation remonte au 3 mars 1545, date à laquelle fut baptisé
François de la Chièze, lils de monsieur Jean de la Chièze, écuyer, et
de demoiselle Anne de Piconai. Ce même monsieur maître François de
de la Chièze, licencié en droit, avocat au siège de Martel, épousa en
août 1570 Catherine deMaubuisson ; il devint dans la suite procureur
du Roi en la sénéchaussée de Martel. Son fils, monsieur maître Fran-
çois de la Chièze, écuyer, procureur du Roi au siège de la ville de
Martel, épousa en 1615 Isabelle Damadieu. Il fut père de noble Fran-
çois de la Chièze, écuyer, sieur de la Malvinie, avocat au Parlement
de Bordeaux, puis conseiller du Roi, lieutenant particulier au siège
de Martel, qui épousa en 1642 Anne de la Borie, et grand-père de
noble Joseph-Ignace de la Chièze, chevalier, Sgr de Briance, avocat
en la Cour, lieutenant des maréchaux de France en la province de
Quercy, en 1707, qui épousa le 24 mai 1671 Marguerite, fille de mon-
sieur maître Jean Dalon, écuyer, avocat en la Cour du Parlement et
citoyen de Bordeaux. Bien que ces divers personnages figurent dans
un certain nombre d'actes avec la qualification d'écuyer et même
avec celle de chevalier, leur situation nobiliaire paraît avoir été fort
douteuse et la famille de la Chièze ne figure pas au nombre de celles
de sa région qui firent reconnaître leurnoblesse lors des recherches,
cependant si complètes, ordonnées par Louis XIV. Mais Antoine-
Philippe de la Chièze, Sgr de Briance et de Saint-Sozy, fils de Joseph,
marié en 1717 à Marie, fille de monsieur maître Jean Castanet, avocat
au Parlement, et de demoiselle Jeanne de Verninac, se fit accorder le
23 décembre 1733 par les lieutenants généraux, assesseurs, con-
seillers, procureur du Roi et consuls de la ville de Martel un certificat
attestant que sa famille avait toujours été considérée comme noble.
Sur le vu de ce certificat il obtint en 1738 l'admission à Saint-Cyr de
sa fille, Marie, née à Martel en 1726.
La famille de la Chièze de Briance prit part en 1789 aux assemblées
de la noblesse du Quercy.
Elle a conservé jusqu'à nos jours le château de Briance.
Son chef est aujourd'hui connu sous le titre de comte.
Principale alliance : de Gironde 1803 et vers 1775.
CHIFFLET d'ORCHAMPS (de). Armes : écartelé: aux\ et ^ de gueules à un
sautoir d'argent, accompagné en chef d un serpent arrondi du même,
340 DICTIONNAIRE D R S FAMILLES FRANÇAISES
se mordant la queue ; aux i el3 parti de gueules à la bande engreslée
d'or et aussi de gueules fretté d'or de six pièces, qui est dOrchamps.
— Cimier : un dragon issanl au naturel. — Supports : deux béliers
au naturel.
La famille Chifflet, aujourd'hui éteinte, avait occupé un rang bril-
lant dans la noblesse de robe de Franche-Comté. Elle figure dès le
XIV* siècle dans le patriciat de Besançon dont Gérard Ciiifïlet était
cogouverneur en 1314.
La filiation suivie remonte à Laurent Chifflet, recteur de l'Université
deDôle, député de Besançon aux diètes de ^Yorms et de Spire, con-
seiller au Parlement de Dôle, ambassadeur et conseiller aulique de
lempereur Charles-Quint, qui fut anobli par lettres patentes de
ce prince données à Thionville le 5 novembre 155:2. Laurent Chifflet
fut père de Claude Chifflet, né à Besançon en 1541, célèbre profes-
seur de droit à Dôle, décédé dans cette ville en 1580, et de Jean
Chifflet, décédé vers 1610, qui fut l'un des plus savants médecins de
son temps. Celui-ci laissa, entre autres enfants, quatre fils : 1° Jean-
Jacques Chiffiet, né à Besançon en 1588, médecin et historien dis-
tingué, décédé en 1660 ; 2" Pierre-François Chifflet, né en 1592, jésuite,
savant antiquaire, que Colbert fit venir à Paris pour lui confier la
direction du Cabinet des médailles du Roi ; 3° Philippe Chifflet, né
en 1597, grand-vicaire de l'archevêque de Besançon, auteur d'un
ouvrage très estimé sur le Concile de Trente : Concilii Tridentini
canones et décréta (Anvers, 1640) ; 4" Laurent Chifflet, né en 1598,
jésuite, qui fut un des prédicateurs les plus réputés de son temps.
L'aîné de ces quatre frères, Jean-Jacques, fut lui-même père de Jules
Chifflet, abbé de Balerne, chancelier de la Toison d'Or, décédé vers
1676, dont les curieux Mémoires ont été édités par l'Académie de
Besançon, et de Jean Chifflet, décédé àTournay en 1666, auteur d'un
savant ouvrage pour réfuter l'existence de la prétendue papesse
Jeanne : Judicium de fabula Joha7inœ papissœ (Anvers, 1666j.
Henri-Thomas Chifflet fut au xvii^ siècle chapelain de la reine Chris-
tine de Suède. Philippe Chifflet, général de l'ordre des Carmes
déchaussés, abbé de Balerne, prieur de Bellefontaine, fut aumônier
de l'archiduchesse Isabelle et de l'infant Ferdinand d'Espagne.
Philippe-Eugène Chifflet, conseiller vétéran au Parlement de
Besançon, et sa femme, N... Monnier de Noironte ; Claude-Nicolas
Chifflet, conseiller du Roi audit Parlement, et sa femme, Baptiste d'Or-
champs ; Catherine Chifflet, femme de Christophe de Chaillot, con-
seiller au même Parlement, firent enregistrer leur blason à l'Armo-
riai général de 1696.
Étienne-Jean-François-Xavier Chifllet d Orchamps, chevalier, né à
DICTIONNAIKR DES FAMILLES FRANÇAISP:S 341
Besançon en 1 71 7, décédé en septembre 1 782 en son château des Barres,
près de sa ville natale, fui conseiller du Boi en tous ses Conseils et
premier président au Parlement de Franche-Comté en 177 1, puis à
celui de Metz en 1775. Il avait épousé Marie-Marthe de Berbis de
Bancy qui mourut à Metz en 1782 à l'âge de 53 ans. Leur fils, Nicolas-
Xavier Chifflet, né à Besançon en 1766, premier président à la Cour
d'appel de cette ville, décédé en 1835, joua un rôle politique important
sous la Bestauralion, fut créé pair de France héréditaire par ordon-
nance du 5 novembre 1827, constitua un majorât de pairie au titre de
baron et reçut le titre personnel de vicomte, avec règlement d'armoi-
ries, par lettres patentes du28juillet 1828. IlavaitépouséM"MeGrivel,
décédée en 1840. 11 en laissa un fils, François-Fidèle, vicomte Chifflet
d'Orchamps, qui fut le dernier représentant de sa famille et qui mourut
en 1879 sans laisser de postérité de son mariage avec M"^ Boy de la
Chaise. Gëlle-ci a longtemps survécu à son mari.
La famille Chifflet avait fourni de nombreux conseillers au Parle-
ment de Besançon, des savants et des magistrats distingués, etc.
Principales alliances : d'Orchamps, de Monnier, de Berbis de Bancy,
deVaulchier, deGriveLBoquetdeCourbouzon, Camus de Becologne,
Picot de Moras d'Aligny, etc.
CHIGHIZOLA-VICINI. Armes : de gueules à une galère d'argent; au,
chef cousu d'azur chargé d'une étoile d'or. — Couronne : de Comte. —
Supports : deux licornes. — Devise : Leale.
La famille Chighizola a eu pour berceau la Ligurie, en Italie. Quoi-
qu'ait pu en dire M. de Magny, qui lui a consacré dans son Nobiliaire
universel une pompeuse notice, on ne voit pas qu'elle ait appartenu
à la noblesse antérieurement à la Bévolution.
Jean Chighizola épousa le 22 novembre 1771 Marguerite Vicini.
Leur fils, Jean-Baptiste Chighizola, originaire de Zoagli, près de
Gênes, joignità son nom celui de la famille de sa mère. Il vint s'établir
en France, épousa Marie-Thérèse-Joséphine Allègre, d'une famille de
Marseille, et obtint la naturalisation en 1831. Son fils, Alfred, connu
sous le titre de comte Chighizola-Vicini, directeur de la succursale
de la Banque de France à Marseille, a épousé en 1877 M"® de Bonfils
de Lapeyrouse. Il en a eu, entre autres enfants, un fils marié en 1902
à M"" de Navailles.
Principales alliances : de Bonfils de la Peyrouse, de Navailles,
Pinault de la Touche 1905, etc.
CHILHAUD de la RIGAUDIE. Armes (d'après le règlement d'armoiries
du 25 juillet 1822; : de gueules à un lion d'or tenant un caducée
3i2 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
dtargent et accompagné de trois besants de même, deux en chef et
un en pointe.
La famille Chilhaud de la Rigaudie appartenait avant la Révolution
à la haute bourgeoisie du Périgord. Elle ne doit pas être confondue
avec une famille de Larigaudie, encore existante, qui appartient à
l'ancienne noblesse de la même province.
Monsieur Jean Chilhaud avait épousé vers 1745 dame Marie Giry.
Leur fils, Pierre Chilhaud de la Rigaudie, né le 17 novembre 1749 à
Cherval. en Périgord, fut nommé en 1776 conseiller en la séné-
chaussée et siège présidial de Périgueux, puis en 1786 greffier garde-
minutes et expéditionnaire des lettres et actes de la Chancellerie
près le même siège présidial. Député de la Dordogne sous le Pre-
mier Empire et sous la Restauration, conseiller à la Cour d'appel de
Bordeaux en 1811, puis à la Cour de cassation en 1815. il fut anobli
le 28 juillet 1822 par lettres patentes du roi Louis XVIII et mourut à
Paris en 1834. Il avait épousé sa cousine, M"'= Giry. Il en laissa une
(ille. M"" de Valbrune, et deux fds, François, né à Périgueux en 1785,
marié successivement en 1823 àM"''de Fontenelle et en 1832 à M"^ de
Valbrune, et Antonin, né à Périgueux en 1792, qui paraissent être
morts l'un et l'autre sans laisser de postérité.
La famille Chilhaud de la Rigaudie s'était fait attribuer par le
règlement d'armoiries du 2o juillet 1822 le blason d'une famille de
Chillaud des Fieux, de la même province, qui venait de s'éteindre et
avec laquelle, d'après la tradition, elle avait eu dans le passé une
origine commune. On croit que cette famille portait primitivement
les armes suivantes : d'azur à trois moutons d'argent. On trouvera
sur elle des renseignements dans les Carrés d'IIozier et dans le
Nouveau d'Hozier. Elle avait pour auteur Pierre Chillaud, licencié,
avocat au siège de Périgueux, marié à Catherine Chalup, qui fit son
testament le 10 mai 1549. Pierre Chillaud laissa deux tils, Jean, maire
de Périgueux en 1582, marié le 28 mars 1569 à Marie du Proux, et
Antoine, qui furent simultanément anoblis en 1584 par lettres patentes
dont on trouvera le texte dans le Nouveau d'Hozier. Jean-Hélie de
Chillaud d'Effieux. écuyer, Sgr de Charonsac, fit enregistrer son
blason à l'Armoriai général de 1696 frcgistre de Bergerac) : de
gueules à un lion d'or tenant un caducée d'argent, autour duquel
sont entrelacés deux serpents d'or, et accompagné de trois besants
d'argent. La famille de Chillaud des Fieux fut maintenue dans sa
noblesse le 16 novembre 1666 par jugement de Pellot, intendant de
Bordeaux, et le 23 avril 1698 par jugement de M. de Bezons, un des
successeurs de Pellot. Une de ses représentantes, Jeanne, née en
1726, fut admise à Saint-Cyr en 1732. Pierre de Chillaud des Fieux,
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 343
né en 1718, frère de la précédente, fut admis la même année parmi
les pages de la Reine. Jacques-Justin de Ghillaud, né en 1753, fut
admis en 1 770 parmi les pages de la Petite Écurie. La famille de
Ghillaud a donné à la ville de Périgueux plusieurs maires aux xvi' et
xvn" siècles.
CHILLAZ (de Machard de), en Savoie. Voyez : Maghard de Chillaz (de).
CHILLOUX. Armes : d'argent à un chevron d'azur accompagné de trois
étoiles de même, 2 e^ i.
La famille Chilloux, aujourd'hui éteinte, appartenait à la haute
bourgeoisie de l'Angoumois. Elle descendait de François Chilloux,
marchand à Tusson, qui avait épousé Anne Bonnet des Prez et dont
le fils, François Chilloux, épousa Marie Carmignac des Combes par
contrat passé à RufTec le 22 octobre 1729. François Chilloux, petit-
fds de celui-ci, juge suppléant à Ruffec. décédé en 1868, avait épousé
à Poitiers, en 1806, M"« Arnault de la Ménardièrc. Il en eut trois filles
qui furent les dernières représentantes de leur famille : 1° Marie-
Anne, mariée à M. Arnauld de la Ménardière, décédée en 1891 ; 2° Zoé-
Suzanne, mariée à M. de Mondion, maire de Ruffec, décédée en 1888 ;
3" Marie-Françoise, née en 1815, mariée à ]\L Aubin-Fay, doyen de la
Faculté de droit de Poitiers, décédée en 1899.
D'après la tradition, l'auteur de cette famille, François Chilloux,
mentionné plus haut, aurait embrassé la profession de marchand à la
suite de revers de fortune ; il aurait été fils d'un Henri de Chilloux,
écuyer, sieur des Mercerons, qui épousa Marguerite Mauranguier par
contrat passé à Angoulême le 14 avril 1667. Henri de Chilloux appar-
tenait à une famille Chilloux des Fontenelles qui aux xvii^ et
xvni« siècles appartenait à la noblesse de la même région. Cette
famille portait pour armes : à'azrir à une croix ancrée d'argent. Elle
avait pour auteur Guillaume Chillou, ou Chilloux, marchand, pair de
l'échevinage d'Angoulême en 1614, conseiller de ville le 14 no-
vembre 1642, décédé en 1651, qui acquit la terre de Fontenelles, en
la paroisse de Ghampniers, et qui fit le 13 septembre 1647 au greffe
du présidial la déclaration de vouloir vivre noblement. Etienne de
Chillou, fils aîné du précédent, marié en 1639 à Fleurique Mongin,
fut maintenu dans sa noblesse, lors de la recherche de 1666, par
jugement de M. d'Aguesseau, intendant de Limoges. Il fut père, ou
aïeul, dun Geoffroy de Chilloux, écuyer, sieur de Fontenelles, qui
fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696 (registre d'An-
goulême) : à'azur à une croix d'argent, et qui mourut le 10 jan-
vier 1700. François de Chilloux, fils cadet de Guillaume, épousa
3i4 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Louise Guillaumeau; il fut père d'Henri de Chilloux, sieur des Merce-
rons, marié en 1667, dont il a été parlé plus haut. Cette famille de
Chilloux était représentée au xviii* siècle par quatre frères qui parais-
sent en avoir été les derniers représentants. L'un de ces frères, Noël
de Chilloux, écuyer, sieur de Churet, né en 1731, épousa successive-
ment Anne de la Tour et en 1755 Marie de Verneuil.
GHILLT (de). Armes : à.' argent à une fleur de pensée au naturel, tigée
de sinople, posée sur une terrasse de même ; au chef d'azur chargé de
trois étoiles d'or.
Ancienne famille de Haute-Picardie.
Pierre et Simon de Chilly, prêtres, chanoines de l'église de Noyon,
firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général de 1696.
Anne de Chilly était dans les premières années du xvni*" siècle
femme de Simon de Hagucs, procureur du Roi à Chauny. Gabriel-
F'rançois de Chilly était sous Louis XVI chapelain du chapitre de
Saint-Quentin. Charles de Chilly, ne en 1807 à Stenay (Meuse), artiste
dramatique distingué, prit en 1856 la direction du théâtre de l'Ambigu-
Comique, à Paris, et fut nommé en 1866 directeur de celui de
rOdéon ; il mourut le 11 juin 1872.
La famille de Chilly a produit des officiers de mérite, dont l'un périt
dans la guerre de 1870, des membres de la Légion d'honneur, etc.
On ne lui connaît pas de principe d'anoblissement et on ne voit
pas qu'elle ait pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse.
CHILOUP Durand de). Voyez : Durand de Chiloup.
CHIMAY (Riquet de Caraman-). Voyez : Riquet de Caraman et de
Caraman-Chimay.
CHIN (de Sourdeau de). Voyez : Sourdeau de Chin (de).
CHINIAC de la BASTIDE.
La famille Chiniac de la Bastide appartenait au xviii^ siècle à la
haute bourgeoisie du Limousin.
Mathieu Chiniac de la Bastide, né en 1739, décédé en 1802, a
laissé des ouvrages de littérature estimés. Son frère, Pierre Chiniac
de la Bastide du Claud, né en 1741 à Alassac, près de Brives, avocat
au Parlement de Paris, puis lieutenant général civil en la séné-
chaussée d'Uzerche, nommé en 1796 président du tribunal criminel
de la Seine, décédé en 1802, a également écrit plusieurs ouvrages
estimés. .
La famille Chiniac de la Bastide a vraisemblablement eu dans le
passé une origine commune avec une famille Chiniac de la Morèlie
niCTIONNAlRE DRS FAMILLES FRANÇAISES 345
qui au xviii" siècle occupait en Périgord un rang distingué. Cette
famille portait pour armes : d'argent à une salamandre d'or, cou-
ronnée de même, entourée de flammes de gueules. Son chef, Jérôme
Chiniac, sieur de la Morèlie, conseiller au présidial de Périgueux,
obtint en mars 1750 des lettres patentes d'anoblissement dont on
trouvera le texte dans le Nouveau dHozier. Ces lettres disent que
la famille Chiniac était honorablement connue en Périgord depuis
trois siècles.
CHINOT de FROMESSENT (de). Armes : à'argent à trois molettes
d'éperon de gueules, 2 eM. — Couronne : de Comte. — Supports : un
lion à dextre, un griffon à sénestre. — Cimier : une tête de licorne.
— Devise : Laus Deo semper.
La famille de Chlxot de Fromessent appartient à la noblesse du
Boulonnais. Saint-Allais en a donné une généalogie dans le tome
XIX de son Nobiliaire Universel. On trouvera aussi sur elle d'in-
téressants renseignements dans les Dossiers bleus, dans le Cabi-
net d'Hozier, dans les Recherches généalogiques sur les comtés
de Ponthieu, de Boulogne et de Guines de M. de laGorgue-Rosny, etc.
La fdiation suivie remonte au 2 août 1460, date à laquelle Phi-
lippe Chinot, écuyer, homme d'armes, fils de Jérôme Chinot, écuyer,
pensionnaire du duc de Bourgogne, épousa, par contrat passé àMon-
treuil, en présence de son oncle Flour Chinot, écuyer, demoiselle
Isabeau de Bainclun, fdle de Pierre de Bainctun, écuyer. D'après un
mémoire de famille, le père du nouveau marié, Jérôme Chinot, rési-
dant à Fauquembergue, avait épousé Jacquehne le Caron de la Masson-
nière, du comté de Saint-Pol, et était lui-même fils d'un autre Jérôme
Chinot, militaire au service du duc de Bourgogne, fixé en Boulonnais
vers 1380, qui, en 1420, fit donation de ses biens à son fils. Nicolas
Chinot, sieur du Val, d'Ormoy, etc., fils de Jérôme et d'isabeau
de Bainctun, fut nommé échevin de Boulogne en 1492 et épousa
Marie Leest, sœur de Jean Leest, abbé de Saint- Wulmer, auteur d'une
Histoire du Boulonnais. Il laissa deux fils : 1° Louis Chinot, sieur
de Pincheberg, lieutenant général de la sénéchaussée de Boulon-
nais en 1531, qui épousa Madeleine du Moulin et dont la descen-
dance ne tarda pas à s'éteindre; 2° Jean Chinot, sieur du Val, d'Hes-
dème, etc., pair de Fouquehove, échevin etmaïeur de Boulogne, qui
épousa le 2 mars 1524 Marguerite du Tertre, d'une famille noble de
la région, et qui continua la descendance.
Le jugement de maintenue de noblesse obtenu en 1697 par la famille
Chinot en fait remonter la filiation à noble personne Antoine Chinot,
sieur d'Hesdème, du Val, pair, sieur de Fouquehove et du Quesnoy,
346 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
qui épousa Jacquette Dostove par contrat du 29 mars 1557. Ce per-
sonnage était un fils de Jean Chinot et de Marguerite du Tertre,
mentionnés plus haut ; il fut garde du scel, lieutenant civil, puis lieute-
nant général de la sénéchaussée de Boulonnais, fut anobli, en considé-
ration de ses services, par lettres patentes du roi Henri IV du 4 août 1591
et fit son testament le 21 avril 1610. 11 fut père de Claude de Chinot,
écuyer, sieur du Quesnoy, qui fut nommé le 24 février 1610 gen-
tilhomme ordinaire de la chambre du Roi et qui épousa le 4 juillet 1611
Benoîte de Caboche, fdle d'un lieutenant au gouvernement des ville
et citadelle de Calais, et grand-père de Louis de Chinot, chevalier,
Sgr du Quesnoy, capitaine au régiment de Navarre, qui épousa
Françoise de Brunel par contrat passé le 14 janvier 1659 devant
notaire royal à Perrière, en Gàtinais. Françoise de Brunel était veuve
quand elle fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696
avec celui de son second fils François. Le plus jeune de ses fils,
Jacques, fut tué à l'ennemi en Allemagne en 1688. Les deux aînés,
François de Chinot, écuyer, sieur du Val, capitaine au régiment
de Picardie, âgé de 37 ans, et Claude de Chinot, sieur de Chailly,
capitaine au même régiment, furent maintenus dans leur noblesse
le 21 décembre 1607 par jugement de Bignon, intendant d'Amiens.
On trouvera dans les Dossiei's bleus le texte de ce jugement. Claude
de Chinot était lieutenant pour le Roi en la ville et gouvernement de
Bapaume quand il épousa, le 15 mai 1705, Marie-Thérèse Drouart.
On trouvera dans le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse que
son fils aîné, Jean-Baptiste-Claude-Joseph Chinot, né à Bapaume en
1706, fit en 1714 pour être admis au Collège Mazarin. Ce jeune
homme devint dans la suite colonel d'infanterie des troupes bou-
lonnaises. Il épousa, par contrat du 27 janvier 1745, Charlotte de
Guizelin, héritière de la seigneurie de Fromessent, et fut connu dès
lors sous le titre de vicomte de Fromessent, conservé depuis cetle
époque par le chef de la famille. Ses deux fils, Charles Chinot de
Fromessent et Augustin-Benoît Chinot de Chailly, tous deux capi-
taines au régiment de Royal-Vaisseau, prirent part en 1789 aux
assemblées de la noblesse tenues à Boulogne-sur-Mer. L'aîné d'entre
eux, Charles de Chinot, vicomte de Fromessent, chevalier de Saint-
Louis, épousa en 1798 M"* de MouUart de Torcy. Il en eut trois fils :
1" Frédéric, vicomte de Fromessent, marié en 1835 à M"® de Béthune,
dont le fils unique, Gaston-Antoine, vicomte de Fromessent, a laissé
de son mariage en 1871 avec Amélie de Villiers de la Noue, aujour-
d'hui sa veuve, une fille unique, la comtesse Emmanuel de Mac-
Mahon ; 2° Edouard de Fromessent, chevalier de Saint-Jean de Jéru-
salem, marié en 1836àM"''Lamy,quin a eu que deux filles ;3''Théobald,
niCTIONNAinF. DKS FAMILLRS FRANÇAISES 347
qui fui connu sous le titre de comte de Fromessent après son
mariage, en 1838, avec Charlotte du Tertre, comtesse d'IIust et du
Saint-Empire, et dont la descendance masculine est aujourd'hui près
de s'éteindre.
Principales alliances : du Tertre 1524, 1838, 1902, de Dixmude de
Montbrun 1546, Blondel de Joigny de Bellebrune, du Blaisel, de Gui-
zelin 1745, de MouUart de Torcy 1798, de Béthune-Hesdigneul 1835,
de Villiers de la Noue 1871, de Mac-Mahon 1892, de Brossard 1876,
Testa de Balincourl 1901, Lefebvre de Plinval 1865, etc.
CHIPILLY (Thiérion de). Voyez : Thiérion de Chipilly.
CHIRAC, ou CHIRAC (de). Armes : d'azin^à une aigle de profil d'argent, le
vol levé, regardant un soleil d'or posé à V angle dextre du chef de lécu.
La famille Chirac est une des plus anciennes de la haute bourgeoisie
d'Auvergne.
Une tradition, qui naturellement ne s'appuie sur aucune preuve,
la fait descendre de celle des seigneurs de Chirac, en Gévaudan,
qui fut fort puissante au moyen âge. Bouillet, dans son Nobiliaire
d'Auvergne, mentionné un Lordel de Chirac, chevalier, qui assista
en 1286 à un accord conclu entre Englès et Richard de Mostuéjouls,
et un Bérenger de Chirac, chevalier, qui était en 1393 coseigneur
d'Alègre.
Si la famille Chirac actuellement existante descend de celle des
anciens seigneurs de Chirac, elle a, en tout cas, perdu sa noblesse
par dcrogeance dès une époque très reculée. Elle compte au
nombre de ses premiers auteurs connus : Jean Chirac, Sgr d'Agrain,
de Paladines, etc., notaire royal, châtelain de Pompignac, marié
en 1525 à Charlotte Coutel, et leur llls, Claude Chirac, notaire
royal, châtelain de Pompignac, marié en 1569 à Agnès Cathela. Une
demoiselle Chirac épousa au commencement du xviii® siècle
M. d'Aurelle, Sgr du Crouzet, et lui porta la seigneurie de Paladines
dont sa descendance porte encore le nom.
La famille Chirac a été illustrée par Pierre Chirac, né en 1650 à Con-
ques, en Rouergue, surintendant du Jardin des Plantes de Montpellier
en 1715, qui fut un des plus célèbres médecins de son temps. Chirac
obtint en 1728 des lettres patentes d'anoblissement, fut admis en 1716
à l'Académie des sciences, fut nommé en 1730 premier médecin du
roi Louis XV et mourut à Marly en 1732 ; il ne paraît pas avoir laissé
de postérité. Il était conseiller du Roi, professeur en la Faculté de
médecine de Montpellier quand il fit enregistrer son blason à l'Ar-
moriai général de 1696.
348 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Amet Chirac fut de 1734 à 1751 échevin de Clermont-Ferrand.
Plusieurs brandies de la famille Chirac se sont perpétuées
jusqu'à nos jours en Auvergne et en Gévaudan. Quelques-uns de ses
représentants font précéder leur nom de la particule de. L'un d'eux,
M. Florimond de Chirac, inspecteur d'assurances, marié en 1900 a
M"^ Ogier de Baulny, joint à son nom celui de la famille d'Apchier
dont il descend vraisemblablement en ligne féminine.
La famille Chirac a fourni des officiers, des notaires, des avocats,
des juges de paix, des littérateurs, etc.
Principales alliances : d'Aurelle, Gaultier de Biauzat 1750,
Chicoyneau, Barge 1883, Ogier de Baulny, etc.
Il a existé à Toulouse une autre famille Chirac qui portait pour
armes : de gueules au mont de trois coupeaux d'argent, celui du
milieu plus élevé, accosté de deux lions affrontés, posés sur les
coupeaux bas et sciant avec une scie celui du milieu. Un membre de
cette famille, Jean-Baptiste de Chirac, écuyer, fut capitoul de
Toulouse en 1761 et prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues dans cette ville.
CHIRAT de SOUZY et du VERNAY. Armes : d'azur à un lion rampant
contre un chiral (ou montagne) de pierres d'argent.
La famille Chir.\t de Souzy et dc Vernay, éteinte dans les mâles en
1880, appartenait à la noblesse dn Lyonnais. M. Henri de Jouvencel
en a donné une généalogie complète dans son Assemblée de la
noblesse de la sénéchaussée de Lyon en 1789.
Jean Chirat, bourgeois de Lyon, auquel remonte la filiation,
épousa successivement en 1608 Anne Dizier et en 1638 Marguerite
Fébureet laissa de ces deux unions un très grand nombre d'enfants.
Jacques Chirat, bourgeois de Lyon, né du second lit en 1639, (it
enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696. Il avait épousé
à Lyon en 1673 Marguerite Simonet, fdle d'un banquier et joaillier
ordinaire du Roi dans celte ville. Son petit-fils, Jean-Antoine Chirat,
sieur de Souzy, marié à Lyon en 1732 à Marie-Françoise Caillât, fut
anobli par l'échevinage de cette ville qu'il exerça en 1778. Il laissa
plusieurs fils dont deux, Jean-Pierre-Antoine Chirat et Charles-Ber-
nardin Chirat du Vernay, prirent part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues àLyon. L'aîné de ces deux frères, Jean-Pierre-Antoine,
avait épousé en 1789 sa cousine germaine, Jeanne-Charlotte Chirat ;
il fut élu en 1791 député de Rhône-et-Loire à l'Assemblée législative
et mourut à Souzy en 1838 laissant un fils unique qui fut prêtre. Le
puîné, Charles-Bernardin, marié en 1789 à M"^ Berlié, fut président
du tribunal de commerce dc Lyon et député du Rhône en 1810 et 1814.
Dir/riONNAl l$R ORS FAMII, LKS FRANÇAISES 349
La lamiîle Cliirat de Souzy et du Vernay s'est éteinte avec son fils,
Charles-Aimé durât du Vernay, qui est décédé à Souzy en 1880 lais-
sant trois filles de son mariage, en 1851, avec sa cousine, M''® de
Révérony.
Principales alliances : de Montherot 1713, Gayot 1713, de Révé-
rony 1791, 1830, 1851, Guichard vers 1790, Comarmond, etc.
La famille Chirat de Souzy et du Vernay paraît avoir eu pour ber-
ceau la Bourgogne. Elle peut avoir eu dans le passé une origine com-
mune avec une famille Chirat qui a occupé dans cette province un
rang distingué. Les Chirat de Bourgogne portaient pour armes : d'azur
à un lion d'or. Jean Chirat fut pourvu en 1556 de l'office de garde
des livres et papiers delà Chambre des comptes de Dijon. Condamnée
comme usurpatrice de noblesse par arrêt de 1665, la famille Chirat
n'en fut pas moins admise en 1724 aux États de Bourgogne; elle
prouva dans cette circonstance trois degrés de noblesse remontant
à Annibal Chirat qualifié écuyer en 1603. Elle a fourni un prévôt
général des armées navales sous les rois Louis XIII et Louis XIV,
un prévôt des maréchaux de France dans le Châlonnais en 1655, un
gentilhomme du duc d'Orléans, maître d'hôtel ordinaire du Roi, un
mestre de camp de cavalerie au xviii^ siècle, etc.
CHIRAT de MONTROUGE. Armes : d'azur à trois roses d'argent, 2 e/l ;
au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or.
La famille Chirat de Montrouge est fort anciennement et fort hono-
rablement connue en Forez. Elle est distincte de la famille lyonnnaise
Chirat de Souzy et du Vernay à laquelle a été consacrée la précédente
notice ^
Pierre Chirat, auquel remonte la filiation, était en 1478 notaire à
Sury-le-Comtal et viguier de Saint-Romain-le-Puy. Un de ses arrière-
petits-fils, Geoffroy Chirat, ayant été nommé avocat au bailliage de
Montbrison, vint dans les dernières années du xvi^ siècle se fixer dans
cette ville. La famille Chirat acquit peu de temps après dans la ban-
lieue de Montbrison la terre seigneuriale de Montrouge qu'elle a con-
servée jusqu'à nos jours. Un de ses représentants, Etienne Chirat,
était en 1629 lieutenant de la chàtellenie de Feurs.
François Chirat de Montrouge, conseiller du Roi au bailliage de
Montbrison, et Antoine Chirat, sieur de Montrouge, ancien conseiller
du Roi au bailliage et sénéchaussée de Montbrison, firent enregistrer
leur blason à l'Armoriai général de 1696. Le premier d'entre eux
' Cette notice a été l'aile en partie à laide de renseignements dus à l'ubligeance
de M. Raoul de Clavié're.
350 niCTIONNAIRK DES FAMII.LF.S FRANÇAISES
portait les armoiries décrites en tête de cet article. Le second portait
les armes suivantes : d'azur à un chevron d'argent, chargé d'un
croissant d'azur.
Un cadet de cette famille, François-Louis Chirat de Montrouge de
Bellair, marié en 1707 à Catherine Bernard, étant venu se fixer en
Lorraine, y fut anobli le P"" avril 1713 par lettres patentes du Duc.
11 laissa un fds, Jean-Baptiste, qui épousa en 1740 Catherine Vaultrin
et qui ne parait pas avoir eu de postérité.
On ne connaît pas de principe d'anoblissement à la branche qui
sest perpétuée en Forez jusqu'à nos jours. Son chef, noble Antoine-
François Chirat de Montrouge, Sgr de Montrouge et de la Pommière,
conseiller du Roi au bailliage et sénéchaussée de Forez, fds de noble
Antoine, sieur de Montrouge, et de dame Anne Ravat, épousa en
1693 Jeanne Montaigne, d'une vieille famille forézienne dont le chef
est aujourd hui connu sous le titre de comte de Poncins. Jeanne Mon-
taigne, étant veuve, rendit hommage le 9 jui[i 1722 pour son lief de
Montrouge. Elle fut mère de Jean Chirat de Montrouge, Sgr des
mêmes terres, conseiller du Roi au bailliage et sénéchaussée de
Forez, qui épousa en 1727 Marie-Catherine Boyer de Montorcier, et
grand-mère de Jean Chirat de Montrouge, marié en 1771 à Simone
Duguel, qui, en 1789, était lieutenant criminel honoraire au bailliage
du Forez. Cn fils de celui-ci, Antoine Chirat de Montrouge, fut
nommé en 1783 chevalier servant de l'ordre de Malte'. Un autre,
Jean Chirat de Montrouge, président du tribunal criminel de la Loire,
épousa en l'an V Marie Reymond-Dubouchet.
La famille Chirat de Montrouge est aujourd'hui près de s'éteindre.
Elle a fourni des officiers et des magistrats de mérite.
Principales alliances : Montaigne (de Poncins; 1693, Chassain, Syl-
vestre de la Noérie vers 1760, Boyer de Montorcier 1727, Duguet de
Bullion 1771,1819, etc.
CHIRÉ (de). Armes : d'azur à trois coquilles d'or, ^ et \. — Supports :
deux lions.
Les armoiries décrites en tête de cet article sont celles d'une
famille Jacques, ou Jacques de Chihé, qui a appartenu à la noblesse
du Poitou.
Cette famille remontait par filiation suivie au 18 novembre 1539,
date à laquelle Jean Jacques, écuyer, fit une transaction relative aux
biens de son père, François Jacques. Ce même Jean Jacques figure
' On appelait chevaliers servants ceux qui n'avaient pas la noblesse requise pour
être admis dans l'Ordre au rang de chevalier.
niCTFONNAlHK I) R S FAMILLF.S FRANÇAISES 3:'.|
dans uu acte de 1560 comme étant le plus ancien magistrat pour le
Roi au présidial de Poitiers. Il fut père de Joachim Jacques, écuyer,
Sgr de la Clielle, qui épousa Marie de Juye par contrat du 14 décembre
1574, et grand-père de Jacques Jacques, écuyer, Sgr de la Bellotièro,
qui, après avoir justifié sa liliation par titres depuis 1539, fut main-
tenu dans sa noblesse le 20 janvier 1599 par jugement rendu à Poi-
tiers des commissaires généraux pour le régalement des tailles. Ce
fut ce dernier personnage qui épousa, par contrat du 17 janvier 1615,
Catherine de Péréfixe, héritière de la seigneurie de Chiré sous le
nom de laquelle ses descendants ont été à peu près exclusivement
connus. Il en en eut un lils, Jean Jacques, écuyer, Sgr, de Chiré, en
l'élection de Poitiers, qui épousa le 24 octobre 1644 Marguerite de
Foy et qui fut maintenu dans sa noblesse le 30 août 1667 par juge-
ment de M. de Barentin, intendant de Poitiers. Jean Jacques, écuyer,
Sgr de Chiré, un des fds du précédent, épousa en 1710 Elisabeth
Thibault et continua la descendance.
Jean Jacques, écuyer, sieur de Chiré ; Nicolas Jacques, écuyer,
sieur de Souvigny- Chiré ; N... Jacques, fdle; Marguerite Jacques,
veuve de N... Beugnon ; et N..., femme de N... de Chiré, écuyer,
firent enregistrer leur blason ou l'eurent enregistré d'office à l'Armo-
riai général de 1696 (registre de Poitiers).
Marguerite-Françoise Jacques de Chiré, née le 8 janvier 1699 à
Chiré, en la paroisse de Montreuil, fille de Nicolas Jacques et de
Françoise-Thérèse Guinon, fit en 1706 des preuves de noblesse pour
être admise à la maison de Saint-Cyr. Elle épousa dans la suite
d'abord en 1722 Louis-Samuel de Goulaine-Laudouinière, puis en
1737 Jacques-Laurent d'Escars-Loges . Son cousin, Jean-Baptiste-
Louis Jacques de Chiré, né en 1734, petit-fils de Jean et d'Elisabeth
Thibault, mentionnés plus haut, fut admis en 1750 parmi les pages
de la Petite Écurie.
Il existe de nos jours en Normandie une famille de Chiré qui croit
être la même que la famille Jacques, ou Jacques de Chiré, dont il
vient d'être parlé et qui en porte les armoiries. On n'a pu se procurer
sur cette famille que des renseignements insuffisants. M. de Magny
lui a conservé une notice très courte et très vague dans le tome VII
de son Nobiliaire universel.
Jean-René de Chiré, né en 1760, marié à M"^ Blondel de Moulines,
était sous Louis XVI avocat au Parlement de Normandie. Son fils
unique, Jean-Auguste de Chiré, capitaine d'infanterie, tué en 1814 à
la bataille de la Fère-Champenoise, fut père de Georges-Hippolyte de
Chiré, né en 1807, qui a laissé une nombreuse postérité de son
mariage avec M"'^ Rose-Zénaïde Boue de LaerauRe.
352 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Principales alliances : Boue de Lagrange, de Courseulles 1854, du
Merle 1860, etc.
CHIROL de la BROUSSE. Armes : d'azu?' à une montagne de vingt et un
coupeaux d'or; au chef d'argent chargé de trois étoiles de gueules.
— Couronne : de Comte.
La famille Chirûl de la Brousse est fort anciennement connue en
Auvergne. Tardieu, qui lui a conservé une notice dans son Diction-
naire des anciennes familles de V Auvergne, dit qu'elle avait pour
nom primitif celui de Chirols et lui attribue pour premier auteur
connu un Guillaume de Chirols, écuyer, Sgr de Chirols et deBeaufort,
qui fut convoqué en 1543 à l'arrièrc-ban d'Auvergne.
Biaise-Gilbert Chirol de la Brousse était en 1698 officier de vénerie
de Monsieur, frère du Roi. Jean-Antoine-Annet Chirol de la Brousse
servait en 1767 dans les chevau-légers.
On ne connaît pas à la famille Chirol de la Brousse de principe
d'anoblissement bien que ses membres aient pris les qualifications
nobiliaires dans un certain nombre d'actes des wii*^ et xviii'' siècles.
Elle ne ligure, en tout cas, ni au nombre de celles qui ont été main-
tenues nobles lors des diverses recherches ordonnées par Louis XIV,
ni au nombre de celles qui ont pris part en 1789 aux assemblées de
la noblesse d'Auvergne; on ne voit pas qu'elle ait fait enregistrer
son blason à l'Armoriai général de 1696.
Jean-Antoine Chirol de la Brousse, inspecteur des domaines à
Riom, épousa en 1794 M"« deChapt de Rastignac-Messillac. L'aîné de
ses trois fils, Jacques-Joseph, a été conseiller à la Cour de Riom.
La famille Chirol de la Brousse a fourni des avocats, des magis-
trats, des officiers, des médecins, des membres de la Légion d'hon-
neur, etc.
Principales alliances : de Chapt de Rastignac-Messillac 1794, Chas-
saigne, Toyras de Grandval, etc.
CHIRON de la CAZINIÈRE, du BROSSAY et de KÉRALAY. Armes de la
branche de la Cazinière : A'azur à un chevron d'or accompagné de
trois dauphins de même, les deux du chef adossés. — Armes de la
branche du Brossay : d'argent à un chevron (aliàs d'après Kerviler,
à un croissant) d'azur accompagné de trois cœurs de gueules.
La famille Chiron est originaire de Nantes où, dès le milieu du
xvii^ siècle, elle occupait un rang distingué dans la bourgeoisie. Elle
était déjà à cette époque partagée en plusieurs branches, dont, faute
de renseignements suffisants, on ne peut indiquer ici le point de jonc-
tion.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 353
L'une do ces brandies s'est perpétuée jusqu'à nos jours sous le
nom (Je Ciiiron de r..\ Cazinière. Un de ses membres, Nicolas Chiron
de la Cazinière, négociant, deuxième consul de Nantes en 1682, fut
nommé en 1684 éclievin de la môme ville et fut délégué en 1686 pour
aller jusqu'au Temple au-devant des ambassadeurs siamois ; il eut
son blason enregistré d'office à l'Armoriai général de 1696. Joseph
Chiron, sieur de la Cazinière, fut pourvu en 1690 de la charge de
conseiller auditeur en la Chambre des comptes de Nantes ; il fit
enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696. François-Nicolas
Chiron, sieur de la Cazinière, fut pourvu de la même charge en 1734.
Cette branche était représentée au xix® siècle par Victor Clair Chiron
de la Cazinière, décédé à Nantes en 1892, et par Charles-Henri
Chiron de la Cazinière, né en 18o0, blessé à l'ennemi en 1870, plus
tard capitaine d'infanterie et chevalier de la Légion d'honneur.
Une autre branche, qui s'est également perpétuée jusqu'à nos jours,
est connue sous le nom de Chiron du Brossay. D'après Potier de
Courcy et Kerviler cette branche aurait fourni un échevin de Nantes
en 1690. Un de ses représentants, Jacques-Yves-Bernard Chiron du
Brossay, né le 19 mai 176o à Blain, au diocèse de Nantes, fils de
maître Jean Chiron, notaire et procureur, et de demoiselle Jeanne
Guillemot, d'abord avocat, puis juge à Savenay, fut élu en 1815
député de la Loire-Inférieure à la Chambre des Cent Jours. M. Mar-
celIin-Maurice Chiron du Brossay, né à Blain en 1798, fut longtemps
juge de paix à Pontchàteau. Son fils, Emmanuel Chiron du Brossay,
né en 1839, a été nommé en 1891 directeur de l'enregistrement au
Fuy.
La famille Chirox de Kéraly paraît être une troisième branche de
la même famille. Un de ses membres était en 1813 garde d'honneur
à Nantes. Un autre a épousé à Neuilly en 1893 M"'' de Vauchaussade
de Chaumont.
Il avait existé au moyen âge dans la même province une famille
Chiron qui portait pour armes : de gueules à un croissant d'argent ;
au chef de même chargé de trois coquilles de sable. Cette famille rési-
dait dans la paroisse de Maroué, au diocèse de Saint-Brieuc, lors de
la réformation de 1423. Elle paraît s'être éteinte peu de temps après.
On trouve quElie Chiron, avocat au Parlement de Paris, et Sébas-
tien Chiron, procureur au siège présidial de Quimper, firent enregis-
trer leur blason à l'Armoriai général de 1696 (registre de Quimper) :
d'azur à un pal d'argent, éclaté à sénestre, accompagné de six glands
d'or rangés l'un sur l'autre, trois de chaque côté.
CHISEUIL (Maublanc de). Voyez : Maublanc de Chiseuil.
X. 23
334 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHISSÉ (de). Armes : parti d'or et de gueules, à un lion de sable armé,
villené et lampassé de gueules brochant sur le tout. — Devise : Tou-
jours !
La maison de Chissé, aujourd'hui éteinte dans les mâles, était une
des plus considérables de l'ancienne noblesse chevaleresque de
Savoie. M. de Foras, qui en a donné une généalogie dans son Armo-
riai de Savoie, commence son travail en ces termes : « Après la famille
« souveraine du nom et de la province de Faucigny et les rameaux qui
« en sont issus, la race de Chissé est certainement la plus illustre de
« cette contrée ».
La maison de Chissé a eu pour berceau la seigneurie de son nom
située aux environs de Sallanches, dans le Haut-Faucigny. Elle est
connue dans cette région de toute ancienneté.
Ennemond de Chissé fut un des membres du conseil nommé par le
dauphin Humbert II pour administrer le Dauphiné pendant son expé-
dition en Terre-Sainte. Jean de Chissé, évéque de Grenoble de 1337
à I3o0, contribua beaucoup à la cession du Dauphiné au roi de France.
Rodolphe de Chissé lui succéda sur le siège épiscopal de Grenoble
et l'occupa jusqu'en 1381. Aymon de Chissé, évoque de Grenoble de
1388 à 1427, fonda en 1418 l'hôpital de cette ville. Un autre Aymon
de Chissé, nommé évêque de Nice en 1422, fut nommé évêque de
Grenoble en 1427. On attribue aussi à la maison de Chissé un Fran-
çois de Chissé qui fut archevêque d'Arles à la fin du xiv* siècle.
La filiation est présumée depuis un Jordan de Chissé qui est men-
tionné dans des actes de 1188 et 1199 et dont le fils, Albert de Chissé,
vivait en 1200. Henri de Chissé, chevalier, que l'on suppose avoir
été l'arrière-petit-fils de celui-ci, épousa d'abord Elynode de Lucinge,
puis Humberte de Bardonnenche, mentionnée dans un acte de 1370.
Ce gentilhomme laissa trois fils légitimes : 1° Raymond de Chissé,
chevalier, né du premier lit, qui fut l'auteur de la branche aînée,
demeurée savoisienne; 2° Rolet de Chissé, chevalier, né du second
lit, que l'on croit avoir été l'auteur de la branche des seigneurs de
la Marcousse et des Jaillets, fixée en Dauphiné ; 3° Humbert de Chissé,
chevalier, également né du second lit, que l'on croit avoir été l'au-
teur de la branche des seigneurs de Servoz et de Sainte-Hélène,
éteinte dès la fin du xv* siècle. Il eut aussi un fils naturel, Pierre,
bâtard de Chissé, dont quelques auteurs ont voulu faire l'auteur
de la branche des seigneurs de Fillinge.
Raymond, auteur de la branche aînée, épousa Babelle, héritière
de la seigneurie de Pollinge, au comté de Genevois, et fut père de
Jean de Chissé, Sgr de Pollinge, jurisconsulte, conseiller d'État,
qui épousa Jeannette de Thoyre. Sa descendance s'est éteinte de nos
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 355
jours avec François de Cliissé, né en 1832, percepteur à Aix-les-
Bains, qui est décédé en 1879 sans avoir eu d'enfants de son mariage
avec Olympe Didlin, avec ses sœurs, Anne, née en 1825, mariée au
comte Martin d'Arves, et Sophie, née en 1828, et avec leur cousin,
Jean-Georges de Chissé de Pollinge, né en 1812, décédé en sep-
tembre 1890, qui de son mariage, en 1846, avec M"® de la Chavanne
a eu, outre plusieurs enfants morts jeunes, une fille, Marie-Phili-
berte, née en 1847.
La seconde branche alla se fixer en Dauphiné où elle posséda, entre
autres biens, les seigneuries delaMarcousse, dePoliénas, des Jaillets,
etc. Un de ses membres, Pierre de Chissé, marié en 1549 à Louise de
Baronnat, fille du seigneur de Poleymieux et de Poliénas, fut gentil-
homme de la chambre du Roi, chevalier de son Ordre et gouverneur
de Romans. Claude de Monteynard, veuve deMichel de Chissé, acquit
vers 1590 une partie de la seigneurie de Poliénas de sa sœur Laurence
de Monteynard, veuve de Gaspard de Baronnat, gouverneur de Moi-
rans. Cette branche s'éteignit sous Louis XIV avec cinq frères, bril-
lants officiers dont le dernier mourut en 1680, et avec leur sœur mariée
à Claude de Chaulnes, président au bureau des finances de Grenoble.
Perceval de Chissé, auteur de la branche des seigneurs de Fillinges,
est mentionné dans des actes de 1343, 1344 et 1345 et fit son testa-
ment en 1361. On a dit qu'il était fils de Pierre, bâtard de Chissé,
mentionné plus haut. Il eut pour fils Guillaume de Chissé, qui est
mentionné avec lui dans un acte de 1345 et dont la veuve, Catherine
de Bieux, fit son testament le 12 février 1392. Cette branche s'étei-
gnit avec Jean-Baptiste de Chissé, Sgr de Fillinges, baptisé en 1605,
et avec sa fille, Nicolaïde, marié à Charles des Andans.
La famille de Chissé a fourni un chevalier de Malte en 1600 (Guil-
laume de Chissé), de nombreux officiers, etc.
Principales alliances : de Monteynard, de Baronnat, de la Croix de
Chevrières, de Menthon, de Bardonnenche 1370, du Breul, de Dies-
bach, de Viry, Charrost-Borré de la Chavanne 1846, de Beaumont
de Saint-Quentin, de Bérenger du Gua 1497, de Bellegarde, Capré de
Mégève 1682, de Buttet, etc.
La famille savoisienne de Chissé ne doit pas être confondue avec
une lamille de Chissey qui appartenait à l'ancienne noblesse chevale-
resque de Franche-Comté. Cette famille portait pour armes : d'argent
au chef de sable denché de trois pièces et chargé de trois quinte-
feuilles d'or rangées en fasce. Elle avait eu pour berceau le village
de son nom situé dans le département actuel du Jura. Son antiquité
est constatée par un vieux dicton comtois : Quand les Vergy se
gitèrenl en Comté, ils y trouvèrent les fous de Chissey et les pauvres
356 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Crosey. Un Chissey prit part aux Croisades. Hugues de Chissey,
auquel remonte la filiation suivie, vivait en 1310. Sa descendance se
partagea en plusieurs branches dont l'une alla se fixer au duché de
Bourgogne et y occupa un rang brillant. La dernière de ces branches
s'éteignit à la fin du xvii* siècle.
Il a existé dans le duché de Bourgogne une autre famille de Chissey
qui portait pour armes : (ï azur à trois tours d'or maçonnées de sable.
Cette famille avait eu pour berceau un village des environs d'Autun.
Elle descendait de Barthélémy de Chissey, décédé avant 1371, qui
fut héritier de son beau-frère, Guillaume de Varanges. Jean de Chissey,
fils du précédent, décédé entre 1404 et 1410, fut maître d'hôtel du duc
de Bourgogne. Antoine de Chissey, Sgr de Varanges, était en 1561
lieutenant pour le Roi au château de Dijon. Cette famille de Chissey
fut admise aux États de Bourgogne en loo7. Elle est depuis longtemps
éteinte.
CHITRAY le Motheux de). Voyez : le Motheux de Chitray.
CHIVRÉ (de). Armes : d'argent à un lion de sable, armé, lampassé et
couronné de gueules. — Couronne : de Marquis.
La maison de Chivré, aujourd'hui fixée en Normandie, est de très
ancienne noblesse chevaleresque. Elle est originaire de l'Anjou où
elle possédait dès les premières années du xiii* siècle la seigneurie
importante du Plessis Chivré, située sur le territoire de la paroisse
d'Échiré, près de Baugé, aux confins du Maine.
Guillaume de Chivré fit en 1221 un accord avec l'abbé de la Roë
relativement à certaines dîmes des paroisses de Daon et de Saint-
Michel de Fimes où se trouvait le lieu seigneurial de Chivré Geoffroy
de Chivré, varlet, neveu de lévêque de Rennes, était en 1248 seigneur
du Plessis-Chivré. Geoffroy de Chivré fut du nombre des gentils-
hommes qui protestèrent en 1301 contre les prétentions de Charles
de Valois. Guillaume de Chivré, écuyer, servait en 1378 dans la com-
pagnie de Jean de Landivy. Jean de Chivré, petit-fils de Charles de
Chivré, Sgr du Plessis-Chivré, et de Jeanne de Valleaux, épousa en
14'.'4 Jacqueline de Marigné, héritière de la seigneurie de la Guenau-
dière, située sur le territoire de la paroisse de Bierné, dans l'arron-
dissement actuel de Châleau-Gonlier. Cette seigneurie prit le nom de
la Barre et devint la principale résidence de la famille de Chivré.
Hector de Chivré, chevalier, Sgr du Plessis-Chivré, fut gentilhomme
de la chambre du roi François I*'. Son fils, Jacques de Chivré, che-
valier, Sgr du Plessis-Chivré, maître d'hôtel de Mgr le duc d'Alençon,
frère du Roi, épousa en loo3 Jeanne de Bouille, dame dhonneur de
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 3S7
la duchesse de Bar. Il en eut, entre autres enfants, deux fils, François
et Jacques, qui eurent lun et l'autre postérité masculine.
L'aîné de ces deux frères, François de Chivré, Sgr du Plessis, épousa
en 1579 Marie Charles. Il en eut un fils, Hector de Chivré, connu sous
le titre de comte du Plessis, qui jouit d'un grand crédit et qui fut che-
valier des Ordres du Roi et ambassadeur près la Sublime-Porte. De
son mariage, en 1607, avec Marie de Conan, Hector de Chivré laissa,
entre autres enfants, une fille, Françoise-Marguerite, héritière de la
seigneurie du Plessis-Chivré et des autres grands biens de sa maison,
qui épousa en 1634 le maréchal duc de Gramont et qui mourut en
1689. Apres la mort de la maréchale de Gramont la seigneurie du
Plessis-Chivré passa à sa fille, Henriette-Catherine, alors veuve
depuis 1681 d'Alexandre de Canouville, marquis de Raffetot. La
famille de Canouville vendit en 1780 cette terre qui appartient de nos
jours à la famille de Quatrebarbes.
Jacques II de Chivré, Sgr de la Barre, fils puîné de Jacques P'" et
de Jeanne de Bouille et auteur de la branche qui s'est perpétuée
jusqu'à nos jours, fut un zélé protestant. Il avait épousé en \ 584 Cécile
de Monceau, dame d'honneur de Catherine de Bourbon, sœur du roi
Henri i V. Leur fils, haut et puissant seigneur messire Henri de Chivré,
fut conseiller du Roi en ses Conseils d'État et privé et lieutenant
général d'arlillerie. La Chesnaye des Bois et la plupart des généalo-
gistes le font mourir en 1654. Cependant, d'après le Dictionnaire
historique et biographique de la Mayenne de l'abbé Angot, il aurait
été tué sur ses pièces à la bataille de Rocroi dès 1643. Il portait le
titre de marquis de la Barre et tous les généalogistes ont avancé
qu'il avait oblenu, par lettres patentes de juin 1633, l'érection en mar-
quisat de sa seigneurie de la Barre. Mais, d'après le Dictionnaire de
l'abbé Angot, on n'a jamais connu l'acte authentique de cette érection
en marquisat et en 1665 le procureur du Roi à Chàteau-Gontier en
niait la réahté. Henri de Chivré avait épousé en 1619 Antoinette de
Carbonnel, d'une illustre famille de Normandie. Deux de leurs fils,
Anne et Henri, furent les auteurs de deux rameaux.
L'auteur du premier rameau, Anne de Chivré, marquis de la Barre,
épousa en 1645 Anne Vallée de Chenailles, fille d'un conseiller au
Parlement de Paris ; il fut député de la noblesse d'Anjou aux États
généraux de 1651 et mourut au château de la Barre en 1652. Ses fils,
Henri de Chivré, marquis de la Barre, marié le 17juin 1665 à Margue-
rite Bodin, décédé à Maestricht en 1675, et Gédéon de Chivré, Sgr de
Mélian, furent maintenus dans leur noblesse le 19 août 1667, sur
preuves remontant à 1524, par jugement de Voisin de la Noiraye,
intendant de Tours. Marguerite Bodin quitta la France avec ses filles
388 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
lors de la révocation de l'édit de Nantes et alla se fixer en Hollande.
Elle avait eu un fds, Henri de Chivré, marquis de la Barre, mestre de
camp de cavalerie, qui mourut au château de la Barre en 1699 sans
avoir été marié et qui fut le dernier représentant de son rameau.
On trouvera dans les manuscrits de Chérin une généalogie du
second rameau. L'auteur de ce rameau, Henri de Chivré, Sgr de
Marensaing, s'était fixé en Normandie par le mariage quil contracta
à Baveux le :20 août 165^ avec Anne de Couvert. On trouvera dans
les Historiettes de Tallemant des Réaux et dans la Vie de nos pères
en Basse-yormandie de M. des Diguères de curieux détails sur les
circonstances dans lesquelles ce mariage fut célébré. Henri de
Chivré, de la religion prétendue réformée, était âgé de 41 ans et rési-
dait à Sottevast quand il fut maintenu dans sa noblesse, lors de la
recherche de 1666, par jugement de Chamillart, intendant de Caen.
Il fut père de Gédéon-Artus de Chivré, Sgr et patron de Sottevast,
Blagny, etc., marié le 6 juillet 1682 à Elisabeth de Montfiquet, qui
recueillit le marquisat de la Barre, en Anjou, après l'extinction du
rameau aîné, en 1699, et grand-père de Louis-Gabriel-Henri de
Chivré, Sgr de Marensin, Sottevast, Sainte-Suzanne, etc., marié en
1711 à Françoise Viel, qui, par brevet royal du 23 juillet 1720, fut
autorisé à vendre la terre de la Barre à la famille de Colbert de Torcy.
Cette famille en obtint l'érection en comté par lettres patentes d'oc-
tobre 1735. Après diverses vicissitudes la terre de la Barre a été
rachetée en 1892 par la famille de Chivré. Louis-François de Chivré,
né à Bayeux en 1766, pelit-fils de Louis-Gabriel-Henri, obtint en
1784 le certificat de noblesse nécessaire pour être admis dans les
chevau-légers. Louis-Henri de Chivré, Sgr de Sottevast, prit part en
1789 aux assemblées de la noblesse tenues àValognes. Ce rameau
se perpétue avec beaucoup de distinction. Son chef est connu sous le
titre de marquis de Chivré. Un de ses représentants, le vicomte
Gonzalve de Chivré, a été tué à l'ennemi pendant la guerre de 1870.
Principales alliances : de Brie-Serrant 14oo, de Poillé 1489, d'An-
digné, de Bouille 1553, de Gramont 1634, de Carbonnel de Canisy
1619, Doynel de la Sausserie 1845, Péan de Pontfilly 1864, de Mar-
timprey 1910, etc.
CHIZY (Canal de). Voyez : C.-^nat de Chizy.
CHOCQUEUSE (leCaron de). Voyez : le Carox de Chocqdedse.
CHOCQUIN de SARZEC. Armes : d'argent à un chevron d'azur accom-
pagné de trois roses de gueules, posées 2et\.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 359
La famille Chocquin (quelquefois Choquin) de Sarzec, originaire
des environs de IMonlmorillon, fixée plus tard à Poitiers, est ancien-
nement et honorablement connue en Poitou. Bcauchet-Filleau en a
donné une généalogie complète dans son Dictionnaire historique et
généalogique des familles du Poitou.
Savin Chocquin, auquel ce travail fait remonter la filiation, rési-
dait sous Louis XIII au village d'Anligny et avait épousé Anne
Dubois. Deux de ses fils, Pierre Chocquin, baptisé à Antigny en 1622,
sergent royal de la sénéchaussée de IMonf morillon, et René Chocquin,
né à Antigny en 1624, furent les auteurs de deux branches.
La branche aînée s'éteignit avec Louis Chocquin, né en 1696, ser-
gent royal de la sénéchaussée deMontmorillon, notaire de la chàtel-
lenie de Saint-Savin, qui mourut en 1743 ne laissant que des filles.
René Chocquin, auteur de la branche cadette, fut père de Jean
Chocquin, né à Antigny en 1676, marié en 1703 à Florence Brin, qui
vint se fixer à Poitiers, qui fut d'abord procureur au présidial de
cette ville, qui fut nommé en 1721 greffier de l'hôtel des monnaies,
qui devint dans la suite caissier du môme hôtel et qui mourut en
1757. François Chocquin, né en 1711, fils du précédent, fut avocat au
présidial de Poitiers et fut chargé pendant plusieurs années de la
régie des biens des religionnaires émigrés. Il laissa quatre fils :
1° Jean-François Chocquin, né en 1751, conseiller du Roi en l'élec-
tion de Poitiers, dont la descendance s'est éteinte en la personne de
sa petite-fille. M"'*' Pays-Mellier, décédée à l'âge de 30 ans en 1848;
2° Félix Chocquin, né en 1752, lieutenant de la grande louveterie de
France, décédé sans postérité en 1790 ; 3° Alexandre-Pierre Chocquin
de Sarzec, né en 1759, membre du Collège général de la Vienne,
décédé à Vivonne en 1819, qui épousa en 1795]M"'' Aubineau d'Insay
et qui continua la descendance; 4° Thomas Chocquin, avocat.
Alexandre-Gustave Chocquin de Sarzec, né en 1799, fils d'Alexandre-
Pierre, fut élève de l'École polytechnique. Son fils, Gustave-Ernest
Chocquin de Sarzec, né à Rennes en 1832, consul de France, membre
correspondant de l'Institut, fut chargé à trois reprises, en 1877, 1881
et 1882, par le gouvernement français de missions scientifiques
importantes en Chaldée pour fouiller les ruines de Ninive et a eu
l'honneur de donner son nom à deux salles du musée du Louvre. II
a eu un fils de son mariage, en 1879, avec M"^ Guillet de Saint-
Vincent.
Principales alliances : Cuisinier, Pallu 1779, Montault, Pays-
Mellier 1838, Aubineau dinsay 1795, d'Escravayat de la Barrière 1822,
de Gennes 1845, Noblet de Beaulieu 1831, Guillet de Saint-Vincent
1879, etc.
360 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHODERLOS de LACLOS. Armes : d'argent à deux piques renversées,
de sable, passées en sautoir, accompagnées de quatre flammes de
gueules; au chef d'azur semé de neuf billettes d'or, o et 4.
La famille Choderlos de Laclos est originaire de Péronne, en
Picardie, oii dès le xvii^ siècle elle occupait un rang honorable dans
la bourgeoisie. Elle se partagea à celte époque en deux branches
principales dont l'une demeura en Picardie et dont l'autre alla se
fixer en Franche-Comté.
La branche de Picardie jïaraît être aujourd'hui éteinte. Un de ses
représentants, Jean-Baptiste Choderlos, exerçait la charge anoblis-
sante de secrétaire du Roi, maison et couronne de France, quand il
fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696 (registre de
Paris). Cette branche a été tristement illustrée par Pierre-Ambroise-
François Choderlos de Laclos, né à Amiens en 1741, auteurdu célèbre
roman des Liaisons dangereuses, qui fut un des écrivains les plus
licencieux de la seconde moitié du xviii'^ siècle. Attaché au duc d'Or-
léans en qualité de secrétaire, Choderlos de Laclos fut à l'époque de
la Révolution un des agents les plus actifs de ce prince. Il était capi-
taine d artillerie quand il prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse de la section du Palais-Royal, à Paris, fut promu en sep-
tembre 1792 au grade de maréchal de camp, fut nommé le 1" plu-
viôse an X inspecteur général d'artillerie à l'armée de Naples et
mourut à Tarente en 1802. Il avait épousé en 1786 Marie-Solange
Duperré, fille d'un trésorier de la guerre et propre sœur de l'amiral
baron Duperré.
La branche de Franche-Comté a eu pour auteur Thomas Cho-
derlos, ou Choderlos de Laclos, qui, dans les dernières années du
xvn^ siècle, fut nommé trésorier de l'extraordinaire des guerres de la
province du comté de Bourgogne, qui vint alors établir sa résidence
à Besançon et qui y fit enregistrer son blason à l'Armoriai général
de 1696. Louis-Hubert Choderlos de Laclos, fils du précédent, exerça
d'abord la même charge et fut pourvu ensuite de l'office anoblissant
de secrétaire du Roi. Celte branche s'est perpétuée jusqu'à nos jours
avec distinction. Elle n'est pas titrée.
La famille Choderlos de Laclos a fourni des officiers de mérite, des
chevaliers de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : Mareschal de Longeville, Prieur de la
Comble 1874, 1907, Richard divry, Roux de Rochelle, de Siffrédy,
d'Entraigaes 1793, Baradat de Lacaze, Duperré, de Montméja
1872, etc.
CUODRON d'ORLY et de COURCEL. Armes : de gueules à trois chau-
DICTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES 361
drons ronds d'or, les anses de ynême, posés 2 eM. — La famille Cho-
dron a aussi porté les armes suivantes, aujourd'hui tombées en
désuétude : d'or à quatre chaudrons de gueules; au franc quartier
d'azur chargé d'un arc encoche d'argent, accompagné de quatre bil-
leltes du même.
La famille Chodron, originaire de Metz, fixée à Toul au cours du
XVI® siècle, appartenait avant la Révolution à la haute bourgeoisie de
cette ville. On en trouvera une généalogie très complète dans V An-
nuaire de la noblesse de 1891 .
Nicolas Chauldron, nommé en 1628 premier enquéreur de Toul,
fut chargé par le cardinal de Lorraine, évêque de cette ville, de ras-
sembler les archives de ses prédécesseurs. Son travail, demeuré
manuscrit et connu sous le nom de Livre des enquéreurs de Toul,
est précieusement conservé aux archives de la ville.
La filiation suivie remonte à François Chodron, décédé en 1692,
qui fut de 1661 à 1687 député de la paroisse Saint-Jean à l'assemblée
des notables de Toul. Joseph Chodron, né en 1744, arrière-petit-fils du
précédent, contrôleur général des domaines du prince de Condé en
Lorraine, servit avec distinction à l'armée des Princes. Son frère
aîné, Claude Chodron, né en 1727, fut greffier en chef au bailliage
et siège présidial de Toul, syndic receveur électif des derniers
patrimoniaux et d'octroi de la même ville. Il avait épousé, en 1756,
Françoise Masson, issue d'une vieille famille bourgeoise, originaire
de Nancy, dont une branche a été autorisée de nos jours à relever le
nom de la famille Bachasson de Montalivet. Il en laissa trois fils.
L'un de ceux-ci, François Chodron de Sanzey, officier de la Légion
d'honneur, décédé sans postérité en 1859, fut nommé en 1814
commandant de la place de Toul qu'il défendit héroïquement contre
les armées alliées. Un autre, Joseph-Noël Chodron, lieutenant de
cavalerie, périt en 1812 au passage de la Bérésina. Claude-François
Chodron, ou Chodron d'Orly, né à Toul en l7oo, lils aîné de Claude,
vint se fixer à Paris, fut doyen et président de la chambre des
notaires de cette ville, chevalier de Saint-Michel et officier de la
Légion d'honneur. Il laissa deux fils dont l'aîné, Claude-Adophe,
connu sous le nom de Chodron d'Orly, né en 1802, marié en 1831
à M'"' Lupin, eut un fils unique qui mourut à Paris en 1888 sans
avoir été marié. Louis-Jules Chodron, né à Paris en 1804, second
fils de Claude-François, entra dans la diplomatie sous les auspices
de M. de Talleyrand, dont il avait été secrétaire, épousa en 1834
M"* Boulay de la Meurthe, fut autorisé par décret du 7 mai 1852
à joindre régulièrement à son nom celui de : de Gourcel, sous
lequel il était connu, et mourut en 1870. Il laissait trois fils qui ont
362 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
été les auteurs de trois rameaux. L'aîné de ces fils, Alphonse
Chodron de Courcel, né à Paris en 1835, sénateur, grand-croix de la
Légion d'honneur, a eu une brillante carrière diplomatique et a été
ambassadeur de la République Française auprès de plusieurs Cours
étrangères. 11 avait reçu le titre héréditaire de baron, avec règle-
ment d'armoiries, par lettres patentes de l'empereur Napoléon lil du
6 mars 1867.
Principales alliances : Masson 1756, Lupin 1831, Boulay de la
Meurthe 1834, Lorin 1872, Bacot, Baudon de Mony 1896, Lambert-
Champy 1907, de Lasteyrie du Saillant 1908, de Chastellux
1910, etc.
CHOIN de MONTCHOISY, de MONTCHOISY de MONTGAY et du DOUBLE
(dej. Armes (d'après le règlement d'armoiries du 17 août 1820) : écai^-
lelé : au 1 coupé de gueules à trois besants cC argent rangés en fasce
et d azur à V étoile d' or ; auidegueules à l'épée haute enpal d'argent ;
au 3 d'or au lion de sable ; au^de gueules à trois merlettes d'argent,
2 e^l. — Armes anciennes : à' azur à une étoile d'or, au chef cousu
de gueules chargé de trois besants d'argent.
La famille de Choix appartenait avant la Révolution à la haute bour-
geoisie du Dauphiné. On trouvera sur elle des renseignements dans
les Anoblissements, titres et pairies de la Restauration du vicomte
Révérend.
M. de Rivoire delà Bâtie mentionne dans son Armoriai du Dauphiné
que Jean Choin, vice-mistral d'Annibal de Falcoz, châtelain de
Vourey, épousala fille unique de ce gentilhomme et lui succédacomme
mistral en 1630. Jean-François Choin, de la paroisse de Vourey, fut
élu en 1790 président d'âge de l'assemblée des électeurs de l'Isère
tenue à Moirans.
Jean-François Choin, sieur de Montgay, fut sous Louis XV avocat,
puis procureur au Parlement de Grenoble. Il épousa à Moras le
26 mai 1740 Marie-Claire Goudard de INIartinais. 11 en laissa, entre
autres enfants, quatre fils : 1° Louis-Antoine Choin de Montchoisy, dont
il sera parlé plus bas; 2° André-Victor Choin, sieur du F'ayard, né à
Grenoble en 1744, retraité maréchal de camp, qui épousa M"^ Compa-
gnon de Ruffieu et dont le fils, Antoine-Victor, né à Moras en 1775, a
laissé postérité ; 3° Abel-Zacharie Choin, sieur du Double, né en 1750,
capitaine de dragons, qui épousa Jeanne-Claude Périer du Palais et
dont la descendance s'est perpétuée jusqu'à nos jours sous le nom de
Choix du Dodble; 4° Pierre Choin, sieur du Vernay, né à Grenoble en
1754, qui mourut dans un âge avancé sans laisser, semble-t-il, de pos-
térité. Louis-Antoine GhoindeMontchoisy, néàGrenobleen 1747, gcné-
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 363
rai de brigade en 1793, général de division en 1795, commandant de la
ville de Lyon, puis commandant de la division militaire de Gènes,
commandeur de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, décédé
en 1814, fut créé baron de l'Empire sous la dénomination de Montgay
par lettres patentes du 3 février 1813. De son mariage avec Louise-
Calherine de Malon, il laissa deux fils. L'aîné de ces deux fils, Joseph-
Antoine Choin de Montchoisy, né à Moras en llS't, colonel d'infan-
terie, officier de la Légion d'honneur, décédé sans postérité en 1847,
fut à nouveau créé baron héréditaire, avec règlement d'armoiries, par
lettres patentes du roi Louis XVIIJ du 17 août 1820. Le puîné, Abel-
Louis Choin de Montchoisy, connu sous le titre de baron de Mont-
choisy, né à Moras en 1790, lieutenant-colonel, officier de la Légion
d'honneur, chevalier de Saint-Louis, épousa d'abord en 1820
M"« Martin, puis en 1851 la comtesse de la Baume-Pluvinel, née
Murard, qui se remaria en troisièmes noces à M. Meyer.Il eut du
premier Ht un fils, Eugène-Abel de Choin, baron de Montchoisy, né à
Paris en 1821, qui a eu postérité de son mariage, en 1842, avec
M"«Decouz.
Principales alliances : Compagnon de Rufficu, de Murard 1851,
Decouz, Arrighi de Casanova 1907, de Villars 1907, etc.
CHOISEUL-BEAUPRÉ, DAILLECOURT, GOUFFIER et PRASLIN (de).
Armes : d'azw à une croix d'or cantonnée de dix-huit billettes de
même, cinq posées en sautoir dans chaque canton du chef, quatre en
carré dans chaque canton de la pointe. — La branche de Stainville,
aujourd'hui éteinte, portait vingt billettes au lieu de dix-huit, cinq dans
chaque canton, et chargeait en cœur d'une croix ancrée de gueules.
— La branche de Gouffier porte en cœur les armes de Gouffier qui
sont : d'or à trois jumelles de sable. —Couronne : Ducale. — Manteau
de pair de France. — Devise : Virtutisfortuna corner. — Cri de guerre :
Bassigny !
La maison de Choiseul est une des plus anciennes et une des plus
illustres races de la noblesse française. On trouvera sur elle d'énormes
dossiers dans les divers recueils de manuscrits du Cabinet des Titres.
Qu'il suffise de mentionner ici la lettre suivante, non datée, conservée
dans les manuscrits de Chérin, que le célèbre généalogiste adressa
au roi Louis XV et dans laquelle sont résumées en quelques lignes les
gloires de cette puissante famille : « Sire, le comte de Choiseul a
« rempli toutes les formalités prescrites par les statuts de l'ordre du
« Saint-Esprit ; il est le septième de son nom destiné à porter les
« marques du même ordre. Le rang que la maison de Choiseul tient
« dans l'ordre de la noblesse de yotre royaume depuis sept cents ans
364 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
« et le sentiment unanime delanation et des historiens sur son ancien-
« neté,son illustration, sesalliancesel ses servicesme dispensentd'en
« donner ici le détail à Votre Majesté. 11 suffit de remarquer qu'on y
« voit une grandeur toujours plus sensible à proportion qu'elle se rap-
« proche de sa source et quelle avait des comtes pour vassaux dès
« le xi^ siècle (Renaud, comte delà Ferté), qu'après avoir figuré pen-
« dant deux cents ans avec les plus illustres maisons du royaume,
« elle eut l'honneur déformer avant 1220 une alliance directe avec
« l'auguste Maison Royale de France en la personne de Rainard III,
« sire de Choiseul, qui épousa Alix de Dreux, peliLe-fiUe de Robert
« de France, comte de Dreux, sixième fils du roi Louis-le-Gros, que
«^ de ce mariage est sortie une nombreuse postérité qui a soutenu le
« lustre de son origine par de grandes possessions et par des
« alliances avec les plus illustres races du royaume et des pays
« étrangers...»
La maison de Choiseul tire son nom de l'ancienne baronnie de Choi-
seul qu'elle possédait dès le xi* siècle dans le petit pays deBassigny,
en Champagne Elle remonte par filiation suivie àRainier, Sgr de Choi-
seul, qui en 1060 était premier vassal du comte de Langres. Les his-
toriens ne sont pas d'accord sur l'origine de ce seigneur. Quelques-
uns ont avancé, sans preuves à l'appui, qu'il appartenait à une branche
cadette de la puissante maison des comtes de Bassigny et l'ont fait
descendre d'Hugues, comte de Bassigny et de Nogent-sur-Marne en
937. D'autres, notamment le savantabbc Le Laboureur, l'ont rattaché
à la famille des comtes de Langres et, à défaut de preuves rigoureuses,
ont appuyé leur opinion d'arguments historiques qui ne sont pas sans
valeur.
Roger, Sgr de Choiseul, fils de Rainier, dont il vient d'être parlé,
et de sa femme Hermengarde, prit part en 1095 à la première croisade.
Son nom et ses armes ont été inscrits aux Salles des Croisades du
musée de Versailles.
Raynard, Sgr de Choiseul, arrière-petit-fils de Roger, fut compris,
avec les comtes de Brienne, de Rethel, de Noyers et de Chiny, dans
un catalogue des grands vassaux de la Couronne, chevaliers banne-
rets, dressé en 1214. Ce fut son fils unique, également appelé Raynard,
qui s'apparenta de très près à la Maison de France par le mariage
qu'il contracta vers 121o avec Alix de Dreux, dame de Salins et de
Traves, veuve de Gautier de Bourgogne, dit de Vienne, sire de Salins,
et fille de Robert H, comte de Dreux, dont le père, Robert I", comte
de Dreux, était un fils puîné du roi Louis-le-Gros et de la reine Alix
de Savoie. Rainard assigna en 1221 à Alix de Dreux pour son douaire
le château et la moitié delà seigneurie de Choiseul. 11 en a.vait eu deux
nU.TIONNAIRF. D P. S FAMU.LKS FRANÇAISRS 3611
fils dont l'ainé, Jean, sire de Choiseul, continua la ligne directe et
dont le second, Robert, sire de Traves, de Grandville, etc., marié à
Isabelle de Rougemont, fut l'auteur de la branche des seigneurs de
Traves.
Cette branche, qui, pendant plusieurs générations, fut exclusive-
ment connue sous le nom de sa seigneui'ie de Traves, se partagea en
plusieurs rameaux. Le rameau aîné ne tarda pas à s'éteindre dans la
famille de Toulongeon qui recueillit la terre de Traves. Le dernier
rameau s'éteignit avec Francois-Eléonor de Choiseul-Traves, comte
de Vauteau, né au diocèse d'Autun en 1673, page de la Petite Écurie,
mestre de camp, décédé en 1718, qui épousa en 1699 une sœur du
maréchal de Villars et qui en eut une fdle unique mariée en 1721 à
Charles- Joseph d'Andigné, comte de Vezins, et décédée en 1786.
Jean, sire de Choiseul, fds aîné de Rainard et d'Alix de Dreux, se
rendit caution du traité de mariage arrêté en octobre 1249 entre Mar-
guerite, fdle de Thibaut, roi de Navarre et comte de Champagne, et
Ferry, fds du duc de Lorraine, et s'obligea à 200 marcs d'argent pour
les conventions. Il s'engagea, par lettres d'août 1253, à faire la guerre
pour Hugues, comte palatin de Bourgogne, contre le comte de Cham-
pagne. Il avait épousé Berthemette, dite Alix, héritière delà seigneurie
d'Aigremont. Leur fds, Jean II, sire de Choiseul et d'Aigremont, décédé
en mai 1308, laissa deux fils. Jean III, sire de Choiseul. décédé en 1336,
et Régnier de Choiseul, Sgr d'Aigremont, qui épousèrent deux sœurs,
Alix et Isabelle de Grancey, et qui furent les auteurs de deux grandes
lignes.
L'auteur de la ligne aînée, Jean III, sire de Choiseul, fut père de
Guy, sire de Choiseul et deMonlaiguillon, qui mourut en 1365. Celui-ci
laissa deux fds: 1° Amé, sire de Choiseul, de Noyers en partie, deMon-
taiguillon, etc., chambellan du duc de Bourgogne, dont la fdle unique,
Jeanne, héritière des seigneuries de Choiseul et de Monlaiguillon,
épousa d'abord en 1420 Etienne, sire d'Anglure, chambellan du roi
d'Angleterre, puis Jean de Blaisy et enfin Jacques de Louan ; 2° Girard
de Choiseul, qui épousa Roline de Clémont et dont les deux arrière-
petits fils, Pierre, baron de Clémont, premier chambellan du duc de
Bretagne, décédé en 1505, et Philibert, Sgr de Lanques, chambellan
du roi Charles Vllf et gouverneur deLangres, décédé en 1504, furent
les auteurs de deux rameaux. Le premier rameau s'éteignit avec René
de Choiseul. baron de Clémont, comte de Martigny, décédé en 1621.
Le second rameau s'éteignit avec Victor-Amé de Choiseul, marquis
de Lanques, mestre de camp de cavalerie, qui épousa Anne delaFitte
de Pellepore et dont la fille unique épousa en 1721 Jacques-Auguste
de la Tour de Gouvernet, marquis de laCharce.
366 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La seconde ligne s'estseule perpétuée jusqu'à nos jours. Son auteur,
Régnier I"dcChoiseuI, fut père de Régnierll de Choiseul, Sgr d'Aigre-
mont, décédé en 1339, et grand-père de Régnier III de Choiseul, Sgr
d'Aigremont, qui épousa Isabelle, fille du comte de Salm et héritière
de la seigneurie de Chéry. C'est en raison de cette alliance que la
maison de Choiseul a émis à plusieurs reprises des prétentions sur
le comté de Salm. De son mariage avec Isabelle de Salm Régnier III
laissa deux lils : 1° Renaud de Choiseul, Sgr d'Aigremont, de Maulonne,
de Chéry, etc., tuteur de ses enfants en 1386, dont la descendance
s'éteignit en la personne de deux sœurs, Charlotte, mariée à Milan
en 1702 au prince Gonzaga-Luzzara, décédée en 1734, et Catherine,
mariée à Louis de Maillart, baron dHanesse, décédée en 1763 ;
2° Pierre de Choiseul, Sgr d'Aigremont, d'Armoncourt et de Fresnoy,
décédé en 1401, qui épousa sa cousine Alix, fille de Guy, sire de Choi-
seul. Le fils de celui-ci, Pierre II, dit Gallehaut, de Choiseul, Sgr d'Ai-
gremont, de Fresnoy et de Doncourt, épousa Richarde d'Oiselet et
mourut en 1465. Il laissa lui-même deux fils, Jean, Sgr d'Aigremont et
de Meuse, et Pierre, Sgr de Doncourt et de Fresnoy, qui furent les
auteurs des deux grandes branches actuellement existantes de la
maison de Choiseul.
L'auteurde labranche aînée, Jeande Choiseul, Sgrd'Aigremont et de
Meuse, épousa sa cousine Isabeau de Choiseul. filledu seigneur de Clé-
mont, et mourut en 1485. »Son fils, Pierre de Choiseul, baron d'Aigre-
mont et de Meuse, décédé en 1527, épousa Anne de Saint-Amadour,
héritière de laseigneurie de Beaupré. Il en eut deux fils : l^Philibert de
Choiseul, baron d'Aigremont et d'Ambonville, chevalier de l'Ordre
du Roi, qui épousa Antoinette Foucher de Favérieux et dont la des-
cendance s'éteignit au commencement du xviii^ siècle; 2° René de
Clioiseul, baron de Meuse et de Beaupré, chevalier de l'Ordre du Roi,
qui épousa Mahaut, dame de Francières. Ce dernier laissa à son tour
trois fils : 1° Chrétien de Choiseul, Sgr et baron de Beaupré, marié
successivement à Antoinette de Dinteville et en 1591 à Françoise
d'Anglure, tué en 1593 en défendant le château de Monteclair contre
les Ligueurs ; 2° Maximilien de Choiseul, baron de Meuse et de
Meuvy, Sgr de Sorcy et de Germiny, en Lorraine, marié en 1591 à
Catherine du Châtelet ; 3° Jean de Choiseul, baron de Francières, gou-
verneur de Langres, marié en 1607 à Anne de Saulour, veuve de Jean
de Rochefort. Ces trois frères furent les auteurs des trois grands
rameaux de la branche aînée actuelle delà maison de Choiseul.
L'auteur du premier rameau, Chrétien, baron de Beaupré, laissa à
son tour deux fils, Louis-François de Choiseul, baron de Beaupré, né
du premier lit, marié en 1610 à Claude de Brauback, et Antoine de
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 367
Choiseul-Beaupré, Sgrde Daillecourt, né du second lit, marié en 1627
à Marie de Ravenel, blessé mortellennentà la bataille deLens en 1648,
qui furent les auteurs de deux sous-rameaux actuellement existants.
François-Joseph deChoiscul, baron de Beaupré, connu sous le titre
de comte de Choiseul, petit-fds de Louis-François et de Claude de
Brauback et chef du premier sous-rameau, fut gouverneur de Saint-
Domingue et périt en 1711 dans un combat naval. Il avait épousé
Nicole de Stainville. Leur fils unique, François Joseph de Choiseul,
baron de Beaupré, ministre plénipotentiaire du duc de Lorraine auprès
du roi d'Angleterre, puis auprès du roi de France, chevalier de la
Toison d'Or, marié en 1717 à M"^ de Bassompierre, décédé en 1769,
fut institué héritier universel de son oncle maternel, le comte de
Stainville, feld maréchal des armées impériales, à charge de porter
son nom et ses armes et fut dès lors connu sous le titre de marquis
de Choiseul-Stainville. Il laissa deux filles, dont l'une fut abbesse de
Saint-Louis, à Metz, et dont l'autre épousa en 1759 le duc de Gra-
mont, et trois fils qui furent de puissants personnages : i° Etienne-
François, né en 1719, ambassadeur à Rome et à Vienne, lieutenant
général des armées du Roi en 1759, chevalier de ses Ordres, cheva-
lier de la Toison d'Or, créé duc héréditaire de Choiseul par
lettres patentes d'août 1758 et pair de France au mois de décembre
de la même année, ministre de la guerre, puis des affaires étran-
gères, disgracié en 1770, qui fut un des hommes d'État les plus
éminents de son temps et qui mourut sans postérité en 1785 ; 2° Léo-
pold-Charles, né en 1724, successivement évêque d'Évreux, arche-
vêque d'Albi, archevêque duc de Cambrai, décédé en 1781 ; 3" Jacques-
Philippe, connu sous le titre de comte de Stainville, lieutenant général
des armées du Roi, qui épousa en 1761 M"^ de Clermont d'Amboise
et qui n'en eut que deux filles mariées, l'une à Claude-Gabriel de
Choiseul, plus tard comte de Stainville, puis duc de Choiseul, l'autre
en 1782 au prince Joseph de Monaco. Le comte François-Joseph de
Choiseul, décédé en 1711, dont il a été parlé plus haut, eut un frère
puhié, Antoine, connu sous le titre de marquis de Choiseul-Beaupré,
qui fut brigadier des armées du Roi, qui épousa en 1715 M"® d'Yvetot
de Marcheville et qui mourut en 1727. Ce frère laissa deux fils dont
l'aîné, Antoine-Nicolas, marquis de Choiseul-Beaupré, né en 1716,
épousa en 1737 M"^ de Beauval et continua la descendance et dont le
second, François-Martial, comte de Choiseul-Beaupré, lieutenant géné-
ral des armées du Roi, mourut sans postérité. Charles-Etienne, mar-
quis de Choiseul-Beaupré, Sgr de Sommeville, né en 1739, fils
d'Antoine-Nicolas, fut lieutenant général des armées du Roi et épousa
en 1775 M"^ Walsh. Il laissa plusieurs fils. L'un de ces fils, Louis-
368 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
César, né en 178L fut créé baron de l'Empire par lettres patentes
du 22 octobre 1810 et mourut sans laisser de postérité. Un autre,
Xavier, marquis de Choiseul-Beaupré, né en 1787, marié à M"* de
Sesmaisons, a été le grand-père de Charles, marquis de Choiseul-
Beaupré, né en 1864, aujourd'hui chef de nom et d'armes de toute la
maison de Choiseul, qui tout récemment s'est cru en droit de relever
le titre de duc de Choiseul. Celui-ci est le dernier représentant mâle
de son sous-rameau et n'a pas eu d'enfants de son mariage, en 1891,
avec miss Claire Coudert, de New-York.
Antoine de Choiseul-Beaupré, Sgr deDaillecourt, auteur du second
sous-rameau, fut père de Jacques-François de Choiseul, Sgr de Daille-
court, connu sous le titre de marquis de Beaupré, maréchal de camp,
lieutenant général pour le Roi au gouvernement de Champagne,
décédé en 1689, qui épousa en 16o6 Anne-Marie du Chàtelet deFres-
nières, grand-père d'Antoine-Clériadus de Choiseul, marquis de
Beaupré, Sgr de Daillecourt, lieutenant général des armées du Roi,
lieutenant général au gouvernement de Champagne, bailli de Chau-
monl, décédé en 1726 au château de Daillecourt, en Champagne,
qui épousa en 1695 M"^ de Barillon deMorangis, bisaïeul de Charles,
marquis de Choiseul-Beaupré, Sgr de Daillecourt, lieutenant général
au gouvernement de Champagne, décédé en 1768, qui épousa
en 1728 M"* de Bassompierre, et trisaïeul de Gabriel-Florent, comte
de Choiseul Beaupré, lieutenant général des provinces de Cham-
pagne et de Brie, décédé à Strasbourg en 17o3, qui épousa en 1749
M"* Lallemand de Betz. Celui-ci laissa deux fils : 1° Gabriel-Auguste,
né en 1752, qui continua la descendance; 2° Michel-Victor, connu
sous le titre de comte de Choiseul-Daillecourt, né posthume en 1754,
député de la noblesse du bailliage de Chaumont aux Étals généraux
de 1789. lieutenant général des armées du Roi en 18 14. marié en 1777
à M"* Rouillé de Boissy du Coudray, décédé en 1815, dont la pos-
térité vient de s'éteindre en la personne de M""^ la comtesse
d'Hinnisdal, née Choiseul-Daillecourt. Gabriel-Auguste de Choiseul
fut connu sous le titre de comte de Choiseul-Gouffier après le mariage
qu'il contracta le 23 septembre 1771 avec Adélaïde de Gouffier
d'Heilly, décédée à Paris en 1816, dernière représentante de l'illustre
maison de Gouffier. 11 fut un des personnages les plus en vue de son
temps, fut admis en 1779 à l'Académie des Inscriptions et Belles-
lettres, puis en 1782 à l'Académie française, fut ambassadeur à Cons-
tanlinople, se relira en Russie à l'époque de la Révolution, fui nommé
sous la Restauration ministre d'État et membre du Conseil privé, fut
créé pair de France héréditaire par ordonnance du 17 août 1815 et
mourut en 1817 quelques mois après son second mariage avec la
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 369
princesse Ht'^lène de Bauffremonl. Son lils, Anloine-Octave de Choi-
seuI-Gouffier, s'était fixé en Russie où il avait épousé successivement
en 1801 la comtesse Victoire Potocka, qui divorça et qui se remaria
au général Bakmelcheff, et en 1818 la comtesse Sophie-Victoire Tie-
senhauscn. Il fut pair de France par droit héréditaire après la mort
de son père, fut confirmé, par lettres patentes du 29 mai 1819, dans la
possession du titre de comte attaché à cette pairie et mourut à Flo-
rence en 1840 laissant de ses deux unions une nombreuse postérité.
Un de ses petits-fils, le comte Alfred de Choiseul-Gouffier, né en 1855,
s'est cru en droit de relever le titre de duc de Roannais qui avait
appartenu à une branche de la maison de Gouffler; il a très récem-
ment substitué à ce titre celui de duc de Stainville. Claude-Glériadus
de Ghoiseul, né à Paris en 1733, second fils de Charles, marquis de
Choiseul-Beaupré, Sgr de Daillecourt, et d'Anne-Marie de Bassom-
pierre, mentionnés plus haut, chambellan duroide Pologne, lieutenant
général des armées du roi de France, fut connu sous le titre de comte
de Ghoiseul la Baume après le mariage qu'il contracta en 1755 avec
DianeGabrielle de la Baume deMontrevel. Son fils, Claude-Gabriel de
Choiseul, né à Nancy en 1760, prit le titre de comte de Choiseul-Stain-
ville après le mariage qu'il contracta en 1778 avec sa cousine, Marie-
Stéphanie de Ghoiseul-Stainville, nièce et héritière du duc de Choi-
seul. Il fut autorisé en 1785 à relever le titre de duc et la dignité de
pair de France de celui-ci, se signala pendant la période révolution-
naire par son dévouement à la Famille Royale, n'émigra qu'après la
chute de la royauté, fut nommé en 1814 lieutenant général des armées
du Roi, fut à la même époque rappelé à la Chambre des pairs, fut
confirmé dans son titre de duc et dans sa dignité de pair de France
par lettres patentes du 20 décembre 1817, se rallia à Louis-Philippe
qui en fit son aide de camp et qui le nomma gouverneur du Louvre et
mourut en 1838. Le duc de Choiseul survécut à ses fils et ne laissa
qu'une fille mariée au marquis de Marmier. Par ordonnance du
15 mai 1818 celui-ci fut substitué au titre de duc et à la pairie de
France héréditaire de son beau-père.
Le chef du second rameau de la branche aînée, Henri-Louis de
Choiseul, marquis de Meuse, fut nommé en 1738 lieutenant général
des armées du Roi et en 1745 chevalier de ses Ordres. Il avait
épousé en 1712 Honorée-Françoise, comtesse de Zurlauben ; il en
laissa deux fils dont les fils moururent sans postérité, derniers repré-
sentants de leur rameau.
Le troisième rameau de la branche aînée a été illustré par son der-
nier représentant, Claude, marquis de Francières, connu sous le titre
de comte de Choiseul, né en 1633, qui fut un des plus grands hommes
X. 24
370 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de guerre de son temps, qui obtint en 1693 le bâton de maréchal de
France et qui mourut à Paris en 1711, doj'en des maréchaux de
France, sans avoir eu d'enfants de son mariage, en 1658, avec
M"« de Renty.
L'auteur de la seconde branche actuelle, Pierre, dit Gallehaut, de
Choiseul, Sgr de Doncourt et de Fresnoy, épousa, par contrat du
le'' juillet 1479, Catherine du Plessis, fdle d'un premier chambellan
du duc de Bourgogne et héritière de la seigneurie de Chevigny, en
Auxois. Ses deux fils aînés, Jean de Choiseul, Sgr de Chevigny, de
Doncourt, de Fresnoy, etc., et Nicolas de Choiseul, épousèrent le
14 mai 1504 deux sœurs, Anne et Alix de Choiseul-Lanques, et furent
les auteurs des deux grands rameaux de la branche cadette.
Le chef du premier rameau, François de Choiseul, Sgr de Chevigny
et de Fresnoy, gentilhomme de la chambre du Roi, chevalier de son
Ordre, marié en 1578 à Françoise d'Esguilly, en eut à son tour deux
fils : 1° Jacques de Choiseul, qualifié comte de Chevigny, baron de
Chassy, etc., chevalier de lOrdre du Roi, qui épousa en 1617 Made-
leine de Malain, baronne de Lux, et qui continua la descendance ;
2° Jean de Choiseul, chevalier de l'Ordre du Roi, qui fut baron d'Es-
guilly, en Autunois, par héritage de son aïeul maternel, qui épousa
en 1622 Anne de Franay et qui fut l'auteur du sous-ramcau de Choi-
seul d'Esguilly éteint au xviii* siècle. César-Gabriel de Choiseul,
comte de Chevigny, né en 1712, arrière-petit-fils de Jacques et de
Madeleine de Malain, lieutenant général des armées du Roi, chevalier
de ses Ordres, secrétaire d'Etat de la marine, chef du Conseil royal
des finances, ambassadeur à Vienne, décédé en 1785, fut créé, par
lettres patentes du 2 novembre 1762, duc héréditaire de Praslin et pair
de France. Il avait épousé, en 1732, Anne-Marie de Champagne de la
Suze. Il futpère de Renaud-Louis de Choiseul, deuxième duc de Praslin,
pair de France, ambassadeur à Naples en 1766, maréchal de camp en
1770, député de la noblesse d'Anjou aux Etats généraux de 1789,
décédé en 1791, qui épousa en 1754 Guyonne de Durfort, fille aînée
du maréchal duc de Lorge. Le deuxième duc de Praslin laissa trois
fils : 1° Antoine-César de Choiseul, troisième duc de Praslin, pair de
France, maréchal de camp en 1788, député suppléant de la noblesse
du Maine aux États généraux de 1789, sénateur, commandeur
de la Légion d'honneur, décédé en 1808, qui épousa en 1775
Charlotte O'Bryen de Thomond, fille du comte de Clare, et qui
continua la descendance ; 2" César-Hippolyte de Choiseul, connu
sous le titre de comte de Sainte-Suzanne, marié en 1780 à sa cousine
Louise-Joséphine de Choiseul d'Esguilly, décédé en 1793, dont les
deux fils, César et Albéric-Guy, ce dernier créé pair de France héré-
niCTIONNAIRE DES FAMILLES FKANÇAISRS 371
ditaire en 1827, moururent sans postérité masculine; 3° Léon-René,
dont le fds mourut sans postérité en 1867. Claude de Choiseul, qua-
trième duc de Praslin, pair de France, né en 1778, fds d'Antoine-
César, fut chambellan de Napoléon l^"", qui le créa comte de l'Empire
par lettres patentes du 31 janvier 1810 et qui le nomma pair de
France pendant les Cent-Jours ; il épousa en 1803 M"* de Breteuil,
qui lui survécut jusqu'en 1861, et mourut à Paris en 1841. Son fds,
ïhéobald, cinquième duc de Praslin, né en 1805, député de Seine-et-
Marne, où il possédait le célèbre château de Vaux, chevalier d'hon-
neur de la duchesse d'Orléans, créé pair de France par Louis-Phi-
lippe en 1842, avait épousé en 1824 la lille unique du maréchal
Sébastiani, petite-fdlc du duc de Coigny. On sait dans quelles condi-
tions douloureuses le duc et la duchesse de Praslin moururent
en août 1847. Us avaient eu neuf enfants. Leur second fds, le comte
Horace de Choiseul, né en 1837, a été député de Seine-et-Marne.
L'auteur du second rameau de la branche cadette, Nicolas, fut
héritier de sa tante maternelle, Jeanne du Plessis, veuve sans enfants
de Ferry de Grancey et de Mathelin de Balathier, et recueillit dans
sa succession, entre autres grands biens, la seigneurie de Praslin,
près de Bar-sur-Seine. Son fds, Ferri de Choiseul, Sgr de Praslin,
gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, chevalier de son
Ordre, tué en 1569 à la bataille de Jarnac, avait épousé Anne de Bé-
thune. Il en eut plusieurs fds dont deux, Charles et Ferri, furent les
auteurs de deux sous-rameaux.
L'aîné de ces deux frères, Charles de Choiseul, marquis de Praslin,
décédé en 1626, fut un des plus brillants officiers généraux de son
temps et obtint en 1619 le bâton de maréchal de France. Il laissa
deux fds : 1° Roger de Choiseul, marquis de Praslin, maréchal de
camp, qui fut tué en 1641 à la bataille de la Marsée, près de
Sedan, sans avoir été marié ; 2° François de Choiseul, marquis de
Praslin, maréchal de camp, décédé en 1690 au château de Praslin,
dont la fdle unique, héritière de Praslin, épousa successivement Jean-
Gaston de Choiseul, comte d'Hostel, et Nicolas-Martial de Choiseul-
Beaupré et laissa elle-même du premier lit une fdle unique mariée en
1711 à Pierre de Pons, comte de Rennepont.
Ferri de Choiseul, second fds de Ferri et d'Anne de Béthune, fut
comte du Plessis et d'Hostel, baron de Chitry, chevalier de l'Ordre
du Roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre. Il épousa en 1593
Madeleine Barthélémy, fdle d'un consedler au Parlement de Paris, et
en eut quatre fds : 1° César de Choiseul, comte du Plessis-Praslin,
célèbre officier général, maréchal de France en 1645, chevalier des
Ordres du Roi en 1662, créé en 1665 duc héréditaire de Choiseul et
372 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
pair de France, (Jécédé en 1675, dont la descendance s'éteignit en la
personne de son plus jeune fils, César-Auguste, duc de Choiseul,
pair de France, chevalier des Ordres du Roi, décédé en 1705;
2° Gilles de Choiseul, comte d'Hostel, maréchal de camp, tué en 1644
au siège de Saint- Ya, en Piémont, sans avoir été marié ; 3° Ferri de
Choiseul, comte d'Hostel, maréchal de camp, premier gentilhomme
de la chambre de Gaston, duc d'Orléans, dont la descendapce s'étei-
gnit en la personne de son arrière-petite-tille, Charlotte-Françoise,
dame de Praslin, mariée en 1711 à Pierre de Pons, comte de Renne-
pont, connu depuis son mariage sous le titre de marquis de Praslin ;
4" Gilbert, évoque de Commingcs, puis de Tournay, décédé en 1689.
Il serait trop long d'énumérer ici toutes les illustrations de la
maison de Choiseul. Qu'il suffise de rappeler que celte grande race a
produit quatre maréchaux de France, un cardinal en 1761 (Antoine-
Clériadus de Choiseul, archevêque de Besançon en 1754, décédé en
1774, fils cadet d'Antoine-Clériadus de Choiseul, marquis de Beaupré,
Sgr de Daillecourt, et d'Anne-Françoise de Barillon de IMorangis),
plus de trente lieutenants généraux des armées du Roi ou maréchaux
de camp, des chevaliers du Saint-Esprit, des ministres, des ambas-
sadeurs, des membres de l'Académie française, etc., et que 28 de
ses membres furent tués à l'ennemi sous le seul règne de Louis XIV.
Alliés directement vers 1215 à la Maison de France, les Choiseul
ont encore contracté des alliances avec les familles de Grancey, de
.loio'ny, d'Anglure, du Chàtelet, de lîournonville 1464, de Jouvenel
des Ursins 1482, de Livron 1517, de Ilaraucourt 1592, d'Amboise, de
la Guiche 1548, de Vienne 1582, d'Aché 1610, de Sully 1487, de Vergy
1556, de Xaintrailles 1692, Bernard de Montessus 1677, de la Fitte de
Pellepore, de la Tour de Gouvernet 1721, de Salm, de Chauvigny, de
Lio-niville, de Watteville, de Carondelet 1640, Gonzaga-Luzzaral702,
deMaillart, de Capizucchi-Bologne, de Dinteville, de Rosen, de Stain-
ville, deMauléon 1646, de Saucières deTenance 1679, duHamel 1714,
deBassompierrel717, de Clermont d'Amboise 1761, de Gouyon-Mati-
gnon de Grimaldi de Monaco 1782, de Gramont 1759, 1848, "Walsh
de Serrant 1766 , 1775, d'Orfeuille, de Sesmaisons, de Montalembert
d'Essé, de Ravenel 1627, de Sommyèvre 1756, de Ludre 1698, de
Gouffîer 1771, Rouillé du Coudray 1777, de la Baume de Montrevel
1755, de Marmierl805, deBaufTremontl817, de Saulx-Tavannes 1786,
de Fitz-James 1819, de Moreton de Chabrillan 1803, Potocki 1801,
Galitzin, de Poli 1865, Koudacheff, de Louvel-Lupel 1880, de Fau-
cigny-Lucinge 1903, dAstorgl813, deFroissard-Broissia 1835, Pourroy
de l'Auberivière de Quinsonas, de Tulle de Villefranchel822, deTal-
leyrand-Périgord 1807, 1857, de Diesbach 1867, d Hinnisdall857, de
DICTIONNAIRE DES FAMIf-LES FRANÇAISES 373
Reviers de Mauny 1859, do Lamcth, de Machault d'Arnouville, le
Vicontc de Blangy 1832, dKspinay-Saint-Luc 1858, Louys de la
Grange, de Pons-Rennepont, de Zurlauben 1712, de Renty 1658, de
Brichantcau 1503, de Brancion 1539, d'Esguilly 1578, de Saint-Belin
1608, de Lambertye 1691, de Beauvau 1531, 1711, 1815, 1864, de
Champagne-Ia Suze 1732, de Durfort de Lorge 1754, O'Brien deTho-
mond 1759, de Mauconvenant de Sainte-Suzanne 1810, de Rongé, de
la Croix de Castries 1832, de Nédonchel 1829, de Polignac 1847,
d'Hautefortl653, 1718, de Grollierl797, le Tonnelier de Breteuil 1803^
de Mercy-Argenteau 1863, d'Harcourt 1829, de Pontevés-Sabran 1833^
de Calvière 1833, de Galard-Béarn 1833, Sébastiani 1824, de Gordero
de Roburentl845, deChabannes 1851, d'Addal858, Asinari de Saint-
Marsan 1908, de Villeneuve-Trans 1910, du Cluzel, d'Herbouvillel811,
Brachet, de la Briffe, de Clugny 1722, 1752, de Fondras 1730, de
Seront 1781, de Monchy d'Hocquincourt, d'Estampes 1610, de Canou-
ville de Raffetot 1629, de Guénégaud 1642, Malet de Graville 1620,
de Maugiron 1653, delà Baume-le Blanc de la Vallière 1681, de Bou-
thillier-Chavigny 1699, Tornielli de Gerbéviilers, de Custines 1684,
de Toulongeon, de Damas, de Chastellux 1578, de Villars 1699, d'An-
digné 1721, de Chalon, de Prie, etc.
CHOISNE (anciennement LE CHOISNÊ) deTRICQUEVILLE (de). Armes :
d'hermines à un lambel de sable. — L'écu timbré d'un casque d'ar-
gent à cinq grilles. — Devise : Sagesse et Justice.
La famille de Choisne, anciennement leChoisne, est honorablement
connue en Normandie depuis plusieurs siècles. Elle a eu pour berceau
la paroisse de Saint-Georges duBois-Bcsnart, en Cotcntin. Elle reven-
dique pour auteur un Thomas le Choisne qui fut anobli en 1461.
La famille le Choisne ne put faire reconnaître sa noblesse lors de
la grande recherche des faux nobles commencée en 1666. Ses repré-
sentants, Jacques, Pierre et René le Choisne, de la paroisse de Ché-
rencé, en l'élection de Mortain ; Georges le Choisne, de la paroisse
de la Chapelle-Cesselin, en l'élection de Vire ; Pierrc-Étienne et
Charles le Choisne, de la paroisse de Hambye, en l'élection de Cou-
tances, furent à cette époque condamnés à l'amende comme usurpa-
teurs par jugement de Chamillart, intendant de la généralité de Caen.
D'après ce jugement, MM. le Choisne n'avaient pu prouver leur des-
cendance de Thomas le Choisne, anobli en 1461 ; leur famille avait
été condamnée comme usurpatrice dès 1559 par arrêt de la Cour des
aides et imposée à la taille en 1588, 1610 et années suivantes jusqu'en
1615. Le même jugement rappelle que MM. leChoisne étaient parents
de Guillaume le Choisne, de la paroisse de Ger, qui fut condamné
374 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
par arrêt de 1599 et dont les descendants, alors fixés dans la paroisse
des Loges, étaient encore soumis à la taille.
La branche des seigneurs de Lonchamps, fixée en la paroisse de
Romazy, au diocèse de Rennes et au ressort d'Antrain, fut également
condamnée comme usurpatrice en 1670 par arrêt des commissaires
chargés de la recherche des faux nobles en Bretagne. Cette branche
fit enregistrer à l'Armoriai général de 1696 les armes suivantes : d'ar-
gent à six mouchetures d'hermine.
On trouvera dans le Bulletin de la Société historique de VOrne des
renseignements sur la branche des seigneurs de Tricquevillequi s'est
perpétuée jusqu'à nos jours. Cette branche descend de Jacques le
Choisne, sieur de la Jaunière, conseiller du Roi en l'élection de Lisieux,
qui mourut à Neuville, en 1716, à l'âge de 83 ans. Jacques-Léonor de
Choisne, sieur de Tercey, né en 1675, fils du précédent, épousa le
12 mars 1701 Julie le Tcllier. fille et héritière du seigneur de la
paroisse de Tricqucville. Il fut un officier de mérite, obtint la croix
de Saint-Louis et mourut en 1734 à Strasbourg où il était en garnison.
Il était gendarme de la garde de Sa Majesté quand il obtint, le
6 juillet 1719, des lettres patentes d'anoblissement. 11 obtint le 11 juillet
de la même année un arrêt du Conseil d'État qui déclarait commun
avec lui un jugement de maintenue de noblesse rendu le 9 août 1698
en faveur d'un de ses parents par les commissaires généraux. Il fut
père de Jacques-Léonor de Choisne de Tricqueville, garde du corps,
qui épousa en 1744 M"^ le Blanc de Folval, et grand-père de Frédéric-
Auguste de Choisne de Tricqucville qui épousa M"" de Mallevoue et
qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du bailliage
d'Orbec. Léopold-Éliacin de Ciioisne de Tricqueville, né en 1797, fils
de ce dernier, épousa M'" de Jupilles dont il a laissé une nombreuse
postérité.
Principales alliances : de laMariouzc 1812, Neveu des Châteaux de
Champrel, de Jupilles, etc.
CHOISY (Boyerde). Voyez ; Boverde Choisy.
CHOISY (Bunot de). Voyez : Buxot de Choisy.
CHOISY (Souiller de). Voyez : Soullier de Choisy.
CHOISY (de). Armes (d'après un cachet du xvrii^ siècle) : d'azur à un
chevron d'or surmonté en chef d'une étoile de même et accompagné
en chef de deux merlettes d'argent et en pointe d'un croissant de
même. — Couronne : de Comte. — Supports : deux lions.
La famille de Choisy, fixée en Périgord au xix* siècle, résidait avant
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 375
la Révolution en Agenais où elle possédait les seigneuries de Bruce
et de Nosellc. On n'a pu se procurer sur elle que des renseignements
insuffisants et elle ne figure pas au nombre de celles de cette région
qui en 1789 prirent part aux assemblées de la noblesse. Peut-être est-
ellclamômcque celle d'une Marie-Madeleine de Choisy qui épousa à
Bordeaux le 28 avril 1790 Jean Bonnet, marchand. M'"'= de Choisy, née
de Roche d'Andrimot, fut condamnée pendant la Terreur à casser des
cailloux sur la route de Castillonnèsà Villeréal. Pierre-Henri de Choisy,
né en 1802 à Born-des-Champs, en Périgord, décédé en 1878, fut
nommé en 1855 conseiller à la Cour d'appel de Bordeaux.
La famille de Choisy s'est éteinte dans les mâles il y a peu d'années.
Son dernier représentant, marié à M"" Elisabeth Mathias du Repaire,
en avait eu quatre fdles dont l'aînée, Louise, a épousé M. Pierre
d'Abzac.
Il a existé plusieurs familles distinguées du nom de Choisy.
L'une de ces familles, qui subsistait au xviii* siècle, portait pour
armes : iVaztc?' à un sautoir engreslé d'or, cantonné d'un croissant et
de trois besants d'argent. Un tableau généalogique conservé dans
les Dossiers bleus en fait remonter la filiation à Jean Choisy, négociant
en vins, qui épousa le 15 juin 1555 Opportune Bazannier, fdle d'un pro-
cureur au Chàtelet de Paris. De ce mariage naquirent deux fils, Jean
et André de Choisy, qui furent les auteurs de deux rameaux. L'aîné
de ces deux frères, Jean de Choisy, Sgr de Balleroy, en Normandie,
fut secrétaire du Roi et conseiller d'État; son fds, autre Jean de
Choisy, conseiller d'État, intendant du Languedoc en 1640, laissa
trois fds qui paraissent avoir été les derniers représentants de leur
rameau ; un de ces fds, Paul Choisy, conseiller au Parlement de Tou-
louse en 1654, fut plus tard intendant en Lorraine ; un autre, Fran-
çois-Timoléon de Choisy, né en 1644, fut le célèbre abbé de Choisy,
membre de l'Académie française, décédé en 1724. L'auteur du second
rameau, André Choisy, avocat en Parlement, contrôleur des traites
foraines en Normandie, fut grand-père de Thomas de Choisy, né
en 1632, lieutenant général des armées du Roi, marié à M"" Brette,
décédé en 1710, qui possédait la seigneurie de Moigneville, en Cham-
pagne, sur les confins de la Lorraine, et qui en obtint l'érection en
marquisat par lettres d'avril 1692. Louis-Alexandre de Choisy, mar-
quis de Moigneville, fds du précédent, épousa en 1704 M"° de Lénon-
court. Il eut un fils qui épousa d'abord en 174'i- M''^ de Puységur,
décédée sans postérité en 1748, puis en 1751 M"'' d'Ourches. Charles-
Gabriel de Choisy, marquis de Moigneville, Sgr de Contrisson, capi-
taine au régiment Royal-Roussillon, et Charles-Gabriel de Choisy,
capitaine au régiment de la Reine-cavalerie, prirent part en 1789 aux
376 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
assemblées de la noblesse tenues à Bar-le-Duc, le second dentre eux
à cause de la part qu'il avait dans le marquisat de Moigneville.
La famille deClioisy deThiéblemont portait pour armes : d'azur au
chef emmanché (Tor. Elle était originaire de Franche-Comté où elle
était connue depuis 1363. Elle vint plus tard se fixer en Champagne
où elle fut maintenue dans sa noblesse en 1669, par jugement de l'in-
tendant Caumartin, après avoir justifié sa fdiation depuis 1490. Elle
fut admise en 1677 aux États de Bourgogne.
Une famille deChoisy a appartenu à la noblesse du Poitou. Elle por-
tait pour armes : à'azur à trois coquilles dor. Elle était connue dès
le KiY*" siècle, mais paraît ne s'être agrégée à la noblesse qu'au com-
mencement du siècle suivant. Jean Choisy, sieur de Brétenis, figure
le premier avec la qualitication de varlet, ou celle d'écuyer, dans des
actes de 1405 et de 1419. Guillaume Choisy, sieur de la Jarrie, vail-
lant chef protestant, maire de la Rochelle en 1570 et en 1583, fut
nommé en 1586 gouverneur de Marans par le prince de Condé. Cette
famille fut maintenue dans sa noblesse le 16 août 1667 par jugement
de M. deBarentin, intendant de Poitiers, et le 7 février 1715 par juge-
ment de M. de Richcbourg, un des successeurs de M. de Barentin.
Samuel de Choisy, ancien ministre àLoudun, était réfugié à Londres
en 1702. César de Choisy, ancien capitaine du château de Ghefbou-
tonne, âgé de 67 ans, résidait dans la même ville en 1705. La famille
poitevine de Choisy a eu pour dernier représentant, au moins en
France, René de Choisy, chanoine de la cathédrale de Poitiers, qui fit
son testament le 26 juillet 1773.
Il existe, cnlin, do nos jours à Genève une famille Choisy, d'an-
cienne bourgeoisie, à laquelle les Notices généalogiques sur les
familles genevoises de GalilTe, tome VI, attribuent le blason des Choisy
de Moigneville.
CHOL de CLERCY. Armes (d'après le règlement d'armoiries de 1766):
d'argent à deux fasces de gueules accompagnées en chef d'une
tête de lion arrachée de même; parti d'azur à une bande d'or
chargée de trois aigles de sable volant l'une au-dessus de l'autre et
accompagnée en chef d'une étoile d'or et en pointe d'un croissant de
même.
Ancienne famille du Lyonnais.
François Chol, marié vers 1700 à Jeanne Carra, fut contrôleur
garde de la monnaie de Lyon.
Claude Chol de Clercy, prévôt général de la maréchaussée de Lyon,
chevalier de Saint-Louis, reçut, en récompense de ses services, des
lettres patentes d'anoblissement qu'il fit enregistrer le 9 mars 1768.
DICTIONNAIRR DES FAMILLRS FRANÇAISES 377
Il avait obtenu on mars 1766 le règlement de ses armoiries. Il avait
épousé Charlotte Dupuy dont il laissa plusieurs enfants.
François Chol de Glercy fut échevin de Lyon en 1779.
La famille Chol de Clercy subsiste.
Principales alliances : Boscary 1750, Dugas 1779, Morand de la
Gennevraye 1874, de Jussieu 1728, Carra (de Vaux), etc.
La famille Chol de Clercy ne doit pas être confondue avec une famille
Chol, ou du Chol, qui a existé dans la noblesse de la même province.
Cette famille portait pour armes : de gueules à deux fasces d'argent
accompagnées en chef d'une tête de lion arrachée d'or, lampassée de
gueules. Elle fut maintenue dans sa noblesse le 25 janvier 1668 par
jugement de l'intendant Dugué. Son chef, Jacques Chol de Torpanne,
marié en 1727 à Jeanne Juillet, était dans la première moitié du
xviii^ siècle conseiller au Parlement de Paris. Une généalogie con-
servée dans les manuscrits de Chérin fait descendre ce magistrat
d'un noble Martin Chol, marié à Antoinette de la Valette, qui était
en 1287 seigneur de la Rochelte et autres fiefs. Cette famille était
représentée en 1790 par M. du Chol de Signac.
CHOLET (de), en Lorraine. Armes : à'argent à un chevron d'azur chargé
sur le chef d'une étoile d'or et accompagné de trois hures de san-
glier de sable, deux en chef et une en pointe ; au chef d'azur chargé
dhme levrette d'argent colletée de sable. — Cimier : une levrette à
demi-corps.
La famille de Cholet, éteinte de nos jours, appartenait à la noblesse
de Lorraine. On en trouvera une généalogie dans le Dictionnaire de
la Noblesse de la Chesnayc des Bois.
Elle a eu pour auteurs Gérard et Bertrand Cholet, frères, qui vin-
rent dans la première moitié du xv'' siècle établir leur résidence à
Verdun. On connaît mal l'origine de ces deux personnages. C'est
sans preuves qu'on a cherche à les rattacher à une famille de Cholet
qui a occupé un rang distingué dans la noblesse de la Beauce. Le
second d'entre eux, Bertrand, fut échevin de Verdun; il laissa plusieurs
lils, Jean, Vatrin et Nicolas, qui ne paraissent pas avoir laissé de pos-
térité. Son frère, Gérard, épousa Marguerite Milet, fdle de Pierre
Milet et petite-fille , de Paquin Didier, maître échevin de Verdun.
Gérard de Cholet, dit le jeune, fils du précédent, figure dans
plusieurs actes avec les qualifications de noble homme, de chevalier
et de citadin de Verdun . 11 épousa sa cousine, Jacquette de Wassebourg,
fille de Jean de Wassebourg et de Marguerite Milet, et lit son testa-
ment le 4 mars lo43. Il fut père de Vautrin de Cholet, qui alla se fixer
àLigny, en Barrois, après son mariage avec Marguerite d'Ernecourtel
378 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
qui fit son testament le 4 juillet 1577, et grand-père de Jean de Cholet,
écuyer, qui épousa à Tréverey, en lo62, Mengeotte Hurault, descen-
dante de Jean Hurault, de Ligny, anobli en 1504. Jean Cholet, ou
Chollet, sieur de Longeaux, fils des précédents, marié par contrat du
40 septembre 1606 à Marguerite Bertrand, ayant été inquiété dans
sa noblesse par le corps réuni des avocats des sièges de Bar et de
Ligny et par le procureur général du Barrois, se fit accorder le
27 juin 1633 par le duc de Lorraine des lettres patentes d'anoblisse-
ment pour lui et pour ses trois fils, François, Charles, et Antoine.
L'aîné de ces trois frères, François Chollet, écuyer, sieur de Longeaux,
né à Ligny le 21 novembre 1608, épousa Madeleine Perrin par con-
trat passé devant notaire à Ligny, le 16 janvier 1637, en présence de
son père, Jean Chollet, écuyer, sieur dudit Longeaux. Ayant été à
son tour inquiété, il fit reconnaître sa noblesse par lettres patentes
du duc de Lorraine du 8 mars 1665. Ces lettres le disent issu d'une
ancienne et noble famille, originaire de Verdun. Il laissa un fils,
Charles-Nicolas de Cholet, Sgr de Longeaux, né en 1649, qui épousa
en 1681 Louise de Morand et qui continua la descendance. On trou-
vera dans le Nouveau d7/o:;zer les preuves de noblesse qu'une arrière-
petite-fille de celui-ci, Marguerite-Scholastique de Cholet de Lon-
geaux, née à Longeaux en 1750, fit en 1759 pour être admise à Saint-
Cyr ; >Lirie-Scliolastique épousa dans la suite Henri-Gédéon de
Condé d'Avocourt avec lequel clic fut guillotinée à Saint-Mihiel
le 14 thermidor an IL
Jean-Henri, baron de Cholet de Clairey, chevalier, Sgr de Tail-
lamont en partie, Sgr de Clairey-la Côte et de Jubainville, prit part en
1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Toul. Antoine de Cholet,
Sgr du fief de Longeaux, capitaine de cavalerie, Antoine de Cholet,
Sgr de Mauvagc, lieutenant-colonel d'infanterie, et M. de Chollet de
Longeaux, capitaine de cavalerie, prirent part cette même année à
celles tenues à Bar-le-Duc.
Charles- Adrien, baron de Cholot, né à Longeaux en 1779, officier
de la Légion d'honneur, décédé en 1868, fut sous la Restauration
député et conseiller général de la Meuse.
La famille de Cholet s'est éteinte dans les mâles en 1888. M"* de
Vellecour, née Cholet, estdccédéc en octobre ,1900 à l'âge de 77 ans.
La famille de Cholet avait fourni de nombreux officiers dont l'un
périt à Quiberon en 1795 et dont un autre arriva au grade de général,
des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Son chef était connu sous le titre de baron.
Principales alliances : Hurault 1562, de Condé 1768, 1774, de Bé-
rauvillc 1776, Mousiii de Romecourt 1722, deBeaulieul759, deSimony
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 379
de BrouUiières 1681, 1826, de Sade, de Saluées, Turlure de Velle-
cour, etc.
La famille de Cholet, en Beauce, portait pour armes, d'après le
Père Anselme : bandé cVor et de sable de six pièces. Elle se croyait
originaire de l'Anjou et issue de celle des anciens seigneurs de la
ville de Cholet. Elle se croyait aussi issue de celle, originaire d'Abbe-
ville, qui fut illustrée au xiii* siècle par le cardinal Jean Cholet, fon-
dateur du collège des Cholet à Paris.
Cette dernièrefamilledescendaitd'Andrc Cholet dont le fds, Hugues,
fut échevin d'Abbcville en 1184 et 1192 et dont le petit-fils, Oudart,
acquit la seigneurie de Nointel, en Beauvaisis. Celui-ci laissa trois fds
qui entrèrent dans les ordres. L'un de ces fils, Jean, fut créé cardinal
le 20 mars 1281. Le cardinal Cholet portait les armes suivantes qui
sont à peu de chose près celles de la ville de Beauvais dont il était
chanoine : d'argent à une croix de gueules cantonnée de quatre clefs
renversées.
Les Cholet de Beauce remontaient par fdiation à un Hugues de Cholet
qui fut témoin d'une donation faite en 1199 à l'abbaye de Saint-Jean
de Chartres et qui fit son testament le 1" mars 1240. D'après la Ches-
naye des Bois ce gentilhomme aurait été un propre frère puîné
d'Hugues Cholet, échevin d'Abbevdle en 1184, dont il a été parlé plus
haut. Sa descendance se partagea en plusieurs branches. La princi-
pale de ces branches, celle des seigneurs de Dangeau, s'éteignit avec
Marie de Cholet, dame de Dangeau, mariée le l""" février 1472 à Geof-
froy de Courcillon. Une branche cadette, celle des seigneurs de la
Joubardière, en Touraine, se perpétua jusque vers le milieu du
xvii^ siècle.
CHOLET (de). Armes (d'aprèsle règlement d'armoiries dulSmars 1817) :
d'or à un pin de sinople, terrassé du même^ et à un lion léopardé de
sable brochant sur le pin; au chef retrait de gueules chargé de trois
étoiles d'argent. — Couronne : de Comte. — Manteau de pair de
France.
Cette seconde famille de Cholet, distincte de la précédente, est
originaire de Bordeaux. On en trouvera une intéressante généa-
logie dans les Titres, anoblissements et pairies de la Restauration
du vicomte Révérend.
Pierre Cholet, né à Bordeaux en 1660, bourgeois de cette ville,
négociant, puis receveur des décimes, marié successivement en 1698
à Elisabeth de Lavaud, puis à Marie David, fut de 1710 à 1718 direc-
teur du commerce dans sa ville natale. Il eut, entre autres enfants,
deux fds, Guy Cholet, né du premier lit à Bordeaux en 1704, qui con-
380 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
tinua la descendance, et Alexis Cholet, né du second lit, qui fut tré-
sorier de la ville de Bordeaux. Guy Cholet fut juge de la Bourse, puis
en 1737 directeur du Commerce et enfin en 1744 trésorier de la ville
de Bordeaux ; il fut pourvu plus tard de la charge anoblissante de pré-
sident-trésorier Je France au bureau des finances de la même ville,
charge qu'en 1789 il exerçait encore à titre honoraire. Il avait épousé
en 1732 Marie-Angélique Ribail, tille d'un juge de la Bourse de Bor-
deaux. Son fils, François-Armand Cholet, né à Bordeaux en 1747,
était procureur du Roi et de l'Amirauté quand il épousa à Bordeaux,
le 11 mai 1784, Éléonore Casé, tille d'un professeur royal de médecine.
Il fut élu député de la Gironde au Conseil des Cinq-Cents, joua dans
cette assemblée un rôle important, fut un des promoteurs du coup
d'État du 18 brumaire, fut appelé au Sénat le 4 nivôse an Mil, fut
créé comte de l'Empire par lettres patentes du 24 avril 1808, vota la
déchéance de l'Empereur, devint à la Restauration pair de France
héréditaire, fut confirmé le lo mars 1817 dans la possession hérédi-
taire de son titre de comte par lettres patentes du roi Louis XVIII,
obtint en même temps le règlement de ses armoiries et mourut le
4 novembre 1826. Il était commandeur de la Légion d'honneur.
Son fils, Jules, comte Cholet, né à Paris en 1798, décédé en 1884 au
château de Beauregard, en Blé.sois, lui succéda par droit héréditaire
à la Chambre des pairs et lut autorisé le 14 décembre 1859, par
décret de Napoléon III, à faire régulièrement précéder son nom de la
particule : de. Il a lui-même eu deux fils, Henri, vicomte de Cholet,
marié en 1863 à M"" de Nadaillac, décédé avant lui en 1 879, et Joachim,
baron de Cholet, marié en 1865 à M'"^ de Mieulle, décédé en 1892,
qui ont été les auteurs de deux rameaux.
Principales alliances : David de Mataplane 1714, Dubergicr vers
1 740, Menoire 1724, Prévost d'Arlincourt.Bletterie, de Mieulle 1865, du
Pouget de Nadaillac 1863, Chevreau 1891, Bégoucn 1890, de Cha-
baud la Tour 1894. Reille 1896, de Monicault 1906, Mathieu devienne
1909, etc.
La famille dont il vient d'être parlé ne doit pas être confondue
avec celle d'Antoine-Fabien Cholet qui fut créé chevalier de l'Empire
par lettres patentes du 28 juillet 1809. Celui-ci était né à Paris le
12 septembre 1744 et était fils d'un marchand fa'iencier de cette ville ;
il fut président du tribunal civil de Versailles, conseiller à la Cour de
Paris, député de Seine-et-Oise au Corps législatif, et mourut en 1822.
Le chevalier Cholet reçut les armes suivantes : tranché d'azur aux
tables de la loi d argent et de sable à une balance d'or; à la bordure
de gueules chargée du signe des chevaliers légionnaires.
Octave-Ernest de Chollet, né en 1762 à Gray, en Franche-Comté,
DICTIONNAIRE I) K S FAMILLES FRANÇAISES '.iiii
fils de Godefroy-Krnest de Chollel, lieutenant-colonel de dragons, et
deJeanneBarberotd'Autet, cliefd'oscadron,chevalier de Saint-Louis,
reçuile titre héi'éditairedevicomteparlettrespatentesdu 16 décembre
1814. 11 reçut en môme temps les armoiries suivantes: Tiercé enfasce:
de gueules à trois étoiles d'argent, d'argent au croissant de sable et
d'azur à la gerbe d'or.
François-Henri Chollet de Lausscignan, du lieu de Layrac, en
(lascog-ne, décédé sans postérité à Layrac en 1781, âgé de 87 ans, lut
pourvu delà charge anoblissante de trésorier de France. Son neveu,
Etienne Chollet de Lascalam, subdélégué de l'intendant à Layrac,
laissa une lille. M"" de Métivier, et un fils, Jacques-Bertrand, né en
1705, qui ne paraît pas avoir eu de postérité.
CHOLIER de CIBEINS (de). Armes : à' or à trois bandes de sable; au chef
d'azur chargé d'un lion passant d'or.
La famille de Cholier de Cibeins est une des plus distinguées de
l'aristocratie du Lyonnais et desDombes. M. de Jouvencel en a donné
une généalogie très complète dans son Assemblée de la noblesse de la
sénéchaussée de Lyon en 1789. On trouvera dans les Carrés d'Hozier
les preuves de noblesse qu'un de ses membres fit en 1771 pour entrer
au régiment du Roi.
La famille de Cholier produisit dans cette circonstance des lettres
patentes en latin, donnéesàChambéry le 22mars 1460, par lesquelles
Philibert, duc de Savoie, affranchissait de toutes tailles, droits de
main-morte et de serve condition Jean et Guillaume Cholier, frères,
etleur postérité etlestransféraitdans l'état des hommes liges et francs.
Les frères Cholier obtinrent le 14 mai 1492 la confirmation de ces let-
tres par nouvelles lettres de Philippe de Savoie, comte de Baugy,
Sgr de Bresse, gouverneur et lieutenant général de Savoie pour le
duc Charles-Jean-Amédée, son neveu.
Le travail conservé dans les Carrés d'Hozier ne donne la filiation
comme rigoureusement établie qu'à partir du 15 février 1569, date
d'un acte passé par honorable maître Marc-Antoine Cholier, receveur
du taillon du Lyonnais et procureur de monseigneur de Montpensier,
souverain des Bombes, au bailliage dudit pays, fils d'honorable homme
maître Claude Cholier, greffier de Beaujolais et procureur aussi audit
bailliage de mondit seigneur de Beaujolais, et de feue Guillemette
Ailloud.
M. de Jouvencel donne la filiation à partir de ce même Claude Cho-
lier dont d vient d'être parlé. Celui-ci avait acquis la seigneurie de la
Colonge par acte du 21 juillet 1564 et était décédé en janvier 1578.
Deux de ses fils, Aymé Cholier, greffier, puis président en l'élection
382 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de Beaujolais, marié successivement le 28 juin 1551 à Catherine de
Ponceton et à Villefranche le 12 octobre 1584 à Catherine Burignot,
et Marc-Antoine Cholier, mentionné plus haut, furent les auteurs de
deux branches.
La branche aînée s'éteignit avec Bonaventure Cholier, baptisé à
Lyon le 20 août 1626, avocat général au Parlement de Bombes, décédé
à Lyon en 1677, qui ne laissa que trois filles.
Marc-Antoine Cholier, auteur de la seconde branche, épousa, par
contrat passé à Lyon le 14 février 1569, Claudine de Villars, fille d'un
conseiller au Parlement de Dombcs, fut nommé en 1576 garde de la
monnaie de Trévoux et mourut en 1616 à l'âge de 75 ans. Son fils,
noble monsieur maître Alexandre Cholier, baptisé le 24 mars 1574,
était conseiller de Roi en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon,
conseiller de Mgr le duc de Montpensier, prince de Bombes, en
son Conseil privé et son procureur général au Parlement de Bombes
quand il épousa, par contrat du l*"" février 1608, demoiselle Anne de
Serracin, fille d'un visiteur général des gabelles en Lyonnais. Il fut
nommé en 1618 échevin de Lyon et se fit délivrer le 21 juillet 1625 un
certificat de son échcvinage pour jouir du privilège de noblesse héré-
ditaire qui y était attaché. Quand sa descendance fut devenue puis-
sante les généalogistes lui cherchèrent une origine plus reculée et
firent remonter la filiation à un Rostaing Cholier qui aurait été qualifié
damoiseau dans un acte de 1297. Alexandre Cholier mourut à Lyon
en 1633 laissant deux fils, Pierre et Alexandre, qui furent reçus l'un et
l'autre conseillers au Parlement de Bombes, le premier en 1648, le
second en 1644. L'aîné de ces deux frères, noble monsieur maître
Pierre Cholier, baptisé à Lyon le 17 mai 1609, était conseiller du Roi
en la sénéchaussée et siège présidial de Lyon quand il épousa, par
contrat du 12 juillet 1631, demoiselle Marie Johanin, veuve de noble
Octavien Vachias, conseiller du Roi et receveur général des finances
en la généralité de Lyon. Il fut plus tard échevin de Lyon, en 1647, et
conseiller du Roi en ses Conseils d'État et privé et mourut à Lyon
en 1678. Il fut père de Baniel Cholier, écuyer, conseiller du Roi en la
sénéchaussée et siège présidial de Lyon, qui épousa le 21 juillet 1663
demoiselle Geneviève Amyot. Pierre Cholier, fils du précédent, né à
Lyon en 1664, marié en 1604 à Marie Baronnat, fut successivement
conseiller d'honneur au Parlement de Bombes, président à la Cour
des monnaies de Lyon en 1706, prévôt des marchands de cette ville
de 1715 à 1723 et intendant de la généralité de Bombes en 1730. Il
possédait près de Trévoux, dans la principauté de Bombes, la belle
terre de Cibeins que sa descendance a conservée jusqu'à nos jours et
dont elle a grardé le nom. Il obtint l'érection de cette terre d'abord
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 383
en fief, le3niai 1707, puisen comléparleltrospateutes tlu lOjuin 1721,
enregistrées le 7 juillet suivant. On trouvera le texte de ces lettres
dans les Carrés dCHozier. Louis-Hector de Cholier, deuxième comte
de Cibeins, fils de Pierre, fut président en la Cour des monnaies
de Lyon et épousa en 1741 Antoinette Pianelli de la Valette. Ce fut
son second fils, Louis-Alexandre de Cholier, chevalierde Cibeins, né
en 1758, décédé sans postérité en 1834, qui fit en 1771 les preuves de
noblesse dont il a été parlé plus haut.
Laurent-Hector-Gabriel de Cholier, comte de Cibeins, Sgr de Sainte-
Euphémie et de Misérieux, fils aîné de Louis-Hector, marié en 1780 à
M"' de Drée, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues
à Lyon. Il prit part également à celles tenues à Trévoux avec son
frère Louis-Alexandre, Sgr de Chazelles, Saint-Étienne et autres
lieux.
Laurent-Hector-Gabriel, troisième comte de Cibeins, laissa deux
fils : 1° Jean-Antoine, quatrième comte de Cibeins, décédé en 1843,
qui n'eut qu'une fille, la baronne de Jerphanion ; 2° Adolphe,
cinquième comte de Cibeins, décédé en 1852, qui épousa en 1817
M"« d'Estampes et qui continua la descendance. Celui-ci laissa une
fille, la comtesse Christine de Cibeins, chanoinesse de Sainte-Anne
de Bavière, décédée en 1897 au château de Cibeins, qui fut longtemps
dame d'honneur de madame la comtesse de Chambord. Il eut aussi
trois fils : 1° Hector-Christian, comte de Cibeins, décédé sans alliance ;
2° Pierre-Camille, comte de Cibeins, décédé en 1880, qui se maria
contre le gré de sa famille et qui a laissé postérité ; 3° Laurent-Léonor,
connu sous le titre de comte de Cibeins, propriétaire du château de
Cibeins, marié successivement en 1861 à M'"^ de Moyria-Chatillon et
en 1873 à M"« de Damas d'Antigny, décédé en 1897, qui a laissé un
fils, né en 1875.
La famille de Cholier de Cibeins a fourni des officiers de mérite
dont un brigadier des armées du Roi (François, né à Lyon en 1667,
fils puîné de Daniel, décédé en 1742), des magistrats distingués, etc.
Principales alliances : de Villars 1569, le Vistede Briandas 162^,|1697,
Bellet (de Tavernost), Dauphin de Verna 1743, Pianelli de la Valette
1741, Charrier de la Roche 1764, de Drée 1780, de Jerphanion 1834,
d'Estampes 1817, de Moyria-Chatillon 1861, de Damas d'Antigny 1873,
de Mailly-Nesle 1882, de Barrés 1909, etc.
GHOLLET du BOURGET. Armes : A' azur à un chevron d'or accompagné
de trois roses d'argent et suî'monté d'une couronne du même, — Cou-
ronne : de Baron.
La famille Chollkt du Bourget appartient à la noblesse de Savoie.
384 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Le comte de Foras en a donné une généalogie dans son Armoriai de
la Savoie.
Elle est originaire d'Aix où dès le xvr siècle elle était honorable-
ment connue.
iN'obie Etienne Chollet, conseiller d'État, nommé sénateur de Savoie
le 17 octobre 1673, puis procureur général, fut anobli par ses charges.
Il avait épousé, le 23 janvier 1678, Félicie Salteur, fille d'un sénateur
et veuve de Claude-Louis Sarde. Il mourut peu de temps après lais-
sant un fds posthume, Pierre-Antoine Chollet, né en juillet 1682.
Celui-ci acheta le 16 mars 1727, conjointement avec la famille de
Buttet, la baronnie du Bourget située sur les bords du lac du môme
nom. Il fut dès lors connu sous le litre de baron du Bourget qui depuis
cette époque a été conservé par le chef de la famille. Il avait épousé
le 26 juillet 1708 Catherine Reveyron, fdle d'un sénateur. Son fds,
Gaspard Chollet, baron du Bourget, capitaine au régiment de Cha-
blais, épousa le 30 septembre 1739 Melchiore de Mareste, tille du
comte de Rocheforl, sénateur. Il en eut, entre autres enfants, trois
tils dont l'aîné, Jean-Jacques, baron du Bourget, mourut en 1815 sans
avoir eu d enfants de son mariage avec M"*^ du Noyer et dont les
deux plus jeunes, Victor-Catherin, né en 1742, et Mathieu-Clément,
né en 1752, furent les auteurs de deux rameaux.
Victor-Catherin Chollet, baron du Bourget, fut lieutenant-colonel
au service d'Autriche et chambellan de lEmpereur. Il épousa la com-
tesse Jeanne Kaldsmilh, dune famille noble de Moravie. Il fut père de
Victor-Camille Chollet, baron du Bourget, né en 1806, gentilhomme
de la chambre du roi Charles-Albert, chevalier des Saints-Maurice et
Lazare, qui mourut à Chambéry en 1881 laissant de son mariage avec
M"® de Parcieu une fille unique mariée en 1856 au marquis de la
Serraz.
Mathieu-Clément Chollet du Bourget, le plus jeune iils de Gaspard,
épousa Marie Greyffié de Bellecombe. 11 fut père de Francisque
Chollet, baron du Bourget, né en 1817, receveur général de la Haute-
Savoie, qui épousa en 1843 Joséphine, comtesse Festelics de Tolna^
veuve du comte Chrétien de Wurtemberg, et grand-père de M"* de
Tavelet de Clément Chollet, baron du Bourget, né en 1853, officier
de cavalerie.
La famille Chollet du Bourget a fourni des officiers de mérite dont
fun fut tué à l'ennemi sous le Premier Empire.
Principales alliances : Salteur de la Serraz 1678, 1856, Kaldsmith,
Rcgnault de Parcieu, Greyffié de Bellecombe, Festetics de Tolna, de
Tavel 1870, de Ferrai-i de Romans, etc.
UICTIONNAIRK DES FAMILLRS FRANÇAISES 385
CHOLLET BEAUFORT
Famille de haute bourgeoisie, originaire d'Aigueperse, en Auvergne.
François Chollet-Beaufort épousa vers 1760 Antoine Gulhat de
Coreil. Leur lils aîné, Pierre Chollet-Beaufort, né à Aigueperse en
1762, décédé sans postérité en 1803, fut député du Puy-de-Dôme au
Conseil des Cinq-Cents, puis au Corps législatif. Le puîné, également
appelé Pierre, épousa vers 1810 M"^ Geminet et en eut trois fdles
qui ont été les dernières représentantes de leur famille, M™* de
Douhet de Villosanges, M"« Clarisse Chollet-Beaufort et W^^ Teillard
d'Eyry.
CHOMART de KERDAVY (de). Armes : d'or à une bande de gueules
chargée de deux molettes et de deux gantelets d'argent rangés une
molette et un gantelet.
La famille de Chomart de Kerdavy, aujourd'hui éteinte dans les
mâles, appartenait à la noblesse de Bretagne. On en trouvera un
tableau généalogique dans les Dossiers bleus.
Olivier Chomart, auquel ce travail fait remonter la fdiation, était
en 1424 seigneur des Houmeaux, en la paroisse de Mouzeil, et de la
Riallays, en la paroisse de Marzac, au diocèse de Nantes. De son
mariage avec Guillemette de Mauzon il laissa deu.x lils, tous deux
appelés Guillaume, qui furent les auteurs de deux branches. Les repré-
sentants de ces deux branches figurèrent de 1426 à 1513 aux réforma-
tions et montres de la noblesse du diocèse de Nantes et furent main-
tenus dans leur noblesse d'ancienne extraction par arrêts des
commissaires de la grande réformation en date des 1'"' avril et 23 mai
1669.
L'auteur de la branche aînée, Guillaume Chomart, Sgr des Hou-
meaux, épousa Jeanne de la Roche. Sa descendance paraît s'être
éteinte en la personne de René Chomart des Bretins, né en 1710.
L'auteur de la seconde branche, Guillaume Chomart, Sgr de laRial-
lais, épousa Guillemette le Vicomte. Il fut le trisaïeul de Bonabes
Chomart, écuyer, né en 1527, dont les deux fils, Louis, sieur de
Treslan, et Bertrand, sieur de la Primaudais, né en 1568, furent les
auteurs de deux rameaux. François Chomart, petit-fils de Louis, fut
nommé en 1653 grand-maître des eaux et forêts de Bretagne. Cette
branche a possédé dans la paroisse d'Herbignac la seigneurie de Ker-
davy dont ses derniers représentants portaient le nom. Un Chomart
de Kerdavy fut compromis en 1718 dans la conspiration de Pontcallec.
La famille Chomart s'est éteinte en la personne de Gustave de Cho-
mart de Kerdavy qui est décédé à Herbignac le 27 décembre 1885 ne
laissant que trois filles : M™^ Libault de la Chevasnerie, décédée
386 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
en 1906 au château de Kerdavy, M™® Joseph de Kersauson dePenan-
drefï et M"* de Kerdavy, demeurée sans alliance.
Principales alliances : de Charette, de la Béraudicre, du Boispéan
1590, Libault delà Chevasnerie, de Kersauson 1855, le Vicomte, etc.
CHOMEL et CHOMEL de JARNIEU. Armes : d'o?- à une fasce d'azur
chargée de trois billettes d'argent. — Le rameau fixé à Saint-Didier
ajoutait à ces armes un chef d'azur chargé dune comète à huit
rayons d'argent. — Couronne : de Comte. — Cimier : tin demi-sau-
vage tenant une massue haute. — Supports : deux sativages tenant
une massue baissée. — Devise : Ubique recté.
La famille Chomel est une des plus anciennes, sinon la plus ancienne,
de la haute bourgeoisie du Vivarais. Elle est, en eiïel, connue dans
ce pays depuis la fin du xiii* siècle. ^L Villain en a donné une très
intéressante généalogie dans le tome second de la France moderne.
Barthélémy Chomcl, auquel cet auteur fait remonter la filiation suivie,
possédait dans la première moitié du xv'' siècle des biens au lieu de
Varagnes. Il eut au moins deux fils, Etienne et Vital, qui furent les
auteurs de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Etienne Chomel, laissa lui-même
deux fils : I°Mondon Chomel de Varagnes, marié à Marguerite Léorat,
qui fit son testament en lo32 et dont la descendance, après s'être
partagée en plusieurs rameaux, paraît s'être éteinte en la personne
de Jean Chomel, notaire à Boulieu dans la seconde moitié du
XVIII* siècle ; 2° Gabriel Chomel dont le fils, Etienne Chomel, vint se
fixer à Saint-Didier. Etienne Chomel laissa à son tour deux fils :
1° Claude, qui demeura à Saint-Didier et dont la descendance s'étei-
gnit avec André-Christophe Chomel, maître des requêtes au Parle-
ment de Dombes en 1732, et avec son fils, maître des requêtes au même
Parlement ; 2° Antoine, qui alla exercer le notariat au Puy-en-Velay
et dont la descendance a donné à cette ville un grand nombre de
notaires et de conseillers au présidial. Un représentant de cette
branche, Jean Chomel, conseiller du Roi, son magistrat au sénéchal et
présidial de la ville du Puy, fit enregistrer à l'Armoriai général de 1696
ses armoiries telles que la famille les porte encore de nos jours. Un
autre, Christophe Chomel, avocat en Parlement, juge de la ville et
juridiction de Saint-Didier, fit enregistrer au même Armoriai les
armes suivantes : d'or à une fasce d'azur semée de billettes d'argent
dont trois paraissent entières et rangées.
L'auteur de la branche cadette. Vital Chomel, laissa, entre autres
enfants, deux fils, Etienne, consul d'Annonay en 1541, et Barthé-
lémy, qui furent les auteurs de deux rameaux.
niCTIONNAlRK DES FAMILLRS FRANÇAISES 387
Etienne Ghomel, auteur du premier rameau de la branche cadette,
laissa à son tour deux (Us : 1° Etienne Chomel, notaire royal, consul
d'Annonay en I008 et 1562, marié à Catherine Moureton, qui con-
tinua la lignée; 2° Antoine Chomel, tanneur, consul d'Annonay
en 1571, dont la descendance s'éteignit en la personne de deux sœurs,
Anne, mariée vers 1695 à Jean Barou, marchand, et Marie-Madeleine,
mariée en 1696 à son cousin Louis Chomel de Jarnieu, notaire.
Pierre Chomel, fils d'Etienne et de Catherine Moureton, vint se fixer
à Paris, fut trésorier général des lignes des Suisses et Grisons et
épousa en 1598 Anne des Bugnond. 11 eut plusieurs fils dont l'un,
Pierre, nommé évoque de Saint-FIour, mourut en 1684 avant d'avoir
été sacré et dont un autre, Antoine, maître des requêtes, conseiller
d'Etat, décédé en 1654, fut anobli par ses charges. Ce dernier avait
épousé en 1632 Charlotte Séguier de Saint-Brisson. Un de ses fils,
Jean-Bapliste Chomel, premier chambellan de Monsieur, fit enregis-
trer son blason à l'Armoriai général de 1696 : d'or à une fasce (ï azur
chargée de trois carreaux d'argent; écartelé d'azur à un chevron
d'or accompagné en chef de deux étoiles de 7nême et en pointe d'un
mouton passant d'argent. Il fut lui-même père de Louis-Armand
Chomel, évêque d'Orange en 1721, démissionnaire en 1731, décédé
en 1780. Ce rameau anobli de la famille Chomel s'est éteint avec ce.
prélat et avec son neveu, Jean-François Chomel, né en 1726, officier
de cavalerie, marié en 1748 à M"'' de la Forest.
Barthélémy Chomel, auteur du second rameau de la branche
cadette, fut père de Bernardin Chomel, tanneur, consul d'Annonay
en 1555. Celui-ci laissa, entre autres enfants, deux fils : 1° Antoine,
dont la descendance, connue sous le nom de Chomel de Valgelas,
s'éteignit dans la première moitié du xviii'' siècle en la personne
d'Alexandre Chomel de Valgelas, banquier, bourgeois de Marseille;
2° Barthélémy, né en 1555, consul d'Annonay en 1597, qui continua
la lignée. Un descendant de celui-ci, Louis Chomel le Béat, né en 1697,
décédé en odeur de sainteté en 1774, a laissé de nombreux travaux
historiques, notamment les Annales d'Annonay. Jean Chomel, sieur
de Jarnieu, frère du précédent, né en 1699, notaire royal, marié en
1727 à Marie-Anne Veyre, en eut, entre autres enfants, deux fils,
Louis Chomel, sieur de Jarnieu, né en 1728, notaire royal, et Siméon
Chomel, né en 1731, consul d'Annonay en 1772 et 1775, qui ont été
les auteurs de deux sous-rameaux actuellement existants. Un des
représentants du second sous-rameau, Paul, né en 1867, a repris le
nom de Chomel de Jarnieu que plusieurs de ses ascendants avaient
porté aux xvii" et xviii" siècles.
La famille Chomel a fourni un grand nombre de notaires, de méde-
388 D I C T 1 0 X N A I n E D F. s FAMILLES FRANÇAISES
cins, d'avocats, de consuls d'Annonay, des professeurs de médecine
et de droit français à 1 Université de Valence, etc. Un de ses représen-
tants, Louis-Théodore Chomel, fut élu en 1792 député suppléant de
l'Ardèche à la Convention ; il n'eut pas l'occasion de siéger.
Principales alliances : Dufaure de Citres, de Colonjon 1775, Lestra
de Prandières 1884, Séguier 1632, de Bonnières de Guines 1725, Barou
(de Canson), etc.
CHOMEL (de), à Marseille. Armes : d'o;* à une fasce d'azur chargée de
trois billettes couchées d'argent et accompagnée de trois trèfles de
sinople;au chef d'azur chargé d'une comète d'argent, la queue à
sénestre.
La famille de Chomel, honorablement connue à Marseille depuis
le milieu du xyi"^ siècle, paraît être une branche détachée à une
époque inconnue de la vieille souche du Vivarais à laquelle a été
consacrée la précédente notice et dont elle a toujours porté à peu de
chose près les armoiries. On trouvera sur elle beaucoup de renseigne-
ments dans les manuscrits de Chérin. }>l. Villain en a donné une
généalogie dans la France moderne à la suite de celle quil a donnée
des Chomel du Vivarais. Il en fait remonter la filiation à un Alexandre
Chomel qui serait venu de Paris sétablir à Bordeaux en 1462 et dont
le petit-fils, Pierre Chomel, avocat, marié à demoiselle de Gassendi,
serait venu s'établir à Aix, en Provence, dans la première moitié du
XVI* siècle. La filiation ne paraît être régulièrement établie que
depuis un Floris Chomel, avocat, fils du précédent, vivant en 1540,
qui épousa demoiselle de Beaux et qui vint se fixer à Marsedle.
Monsieur maître Jean de Chomel, docteur es droits, avocat en la
Cour, fils du sieur Amielh de Chomel, écuyer de la ville de Marseille,
est ainsi dénommé dans son contrat de mariage passé le 6 décembre
1640. 11 était chevalier du Saint-Office et doyen des avocats du siège
de la ville de Marseille quand il fit enregistrer à l'Armoriai général
de 1696 ses armoiries telles que la famille de Chomel les porte encore
de nos jours. Un Alexandre Chomel, marchand de la ville de Mar-
seille, fit enregistrer au même Armoriai les armes suivantes : ^Vazur
à trois billettes d'or, rangées en fasce. Claude Chomel, né en 1653,
(ils de Jean mentionné plus haut, fut condamné à l'amende comme
usurpateur de noblesse par jugement du 29 mars 1702 du premier pré-
sident Cardin le Bret ; en raison du mauvais état de ses affaires son
amende fut modérée à 50 livres. Il fut père de Jean de Chomel, né en
1678, avocat, qui épousa Marguerite de Rémusat, grand-père de Jean-
Pierre de Chomel, avocat, puis négociant, qui épousa Catherine Gay,
et bisaïeul de Jean-Pierre de Chomel. né en 1740, lieutenant général
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 38»
criminel en lasénécliausséc de Marseille en 1765, chevalier du Saint-
Office en 1771, qui épousa en 1760 Louise Pasquier. Celui-ci se fit
délivrer le 25 mars 1780 par cinq gentilshommes de Marseille un cer-
tificat attestant qu'il était noble d'extraction et que ses ancêtres
vivaientnoblement. il se fit maintenir dans sa noblesse le 9marsl789
par arrêt du Conseil d'État, malgré un rapport défavorable de Ghérin
fils, et prit part cette même aimée aux assemblées de la noblesse
tenues à Marseille. 11 fut le bisaïeul de M. Esprit de Chomel et de
M. Jean de Chomel, né en 1835, négociant h Marseille, qui ont l'un et
l'autre postérité masculine.
La famille de Chomel n'est pas titrée.
Principales alliances : de Flotte de Roquevaire, de Rémusat, de
Malijay, d'Espinassy, de Ferry-Duclaux, etc.
Il a existé à Paris une autre famille Chomel, très distinguée, qui
portait pour armes : d' or à l' aigle abaissée de sable , becquée et tnembrée
de gueules, accompagnée enpointe de trois chardons liges de sinople,
fleuris d'azur, rangés en fasce, avec la devise : Qui ne me touche
point Je ne pique. Cette famille, qui, d'après la tradition, avait eu
dans le passé une origine commune avec celle des Chomel du Viva-
rais, descendait de Jehan Chomel, né en 1594, notaire royal et pro-
cureur à Gannat, en Bourbonnais. Jean-Baptiste Chomel, né en
1639, fils du précédent, fut médecin du Roi. Il fut père de Jean-Bap-
tiste Chomel, né en 1671, médecin du Roi, doyen de la Faculté de
médecine de Paris, membre de l'Académie des sciences. Ce dernier
laissa trois fils : 1'^ Louis-Denis, né en 1708, anobli par l'échevinage
de Paris, qui n'eut qu'une fille; 2° Jean-Louis, né en 1709, doyen de
la Faculté de médecine de Paris; 3° Antoine, né en 1729, qui con-
tinua la descendance. Auguste Chomel, né en 1788, tils d'Antoine,
fut membre de l'Académie de médecine. Il fut le dernier représentant
de sa famille et mourut en 1858 survivant à sa fille, M""^ de Lalain,
et ne laissant qu'un petit-fils, Maurice de Lalain-Chomel.
CHOMEREAU de SAINT-ANDRÉ. Armes : d'or à un chêne arraché de
sinople ; au chef d'azur chargé d'un lion passant d'or.
La famille Chomereau est connue dès le xiv'' siècle dans la haute
bourgeoisie de Joigny, en Bourgogne. Elle a donné à cette ville de
nombreux échevins. Toutefois on ne lui connaît pas de principe d'ano-
blissement. Elle n'a pas pris part en 1789 aux assemblées de la
noblesse de sa région et on ne voit même pas qu'elle ait fait enregis-
trer son blason à l'Armoriai général de 1696. C'est par erreur que,
dans son Étal présent de la noblesse française, Bachclin-Deflorenne
lui attribue deux conseillers au Parlement de Dijon en 1660 et 1716.
390 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La souche s'est partagée en plusieurs branches qui se sont distin-
guées par leurs surnoms terriens.
La branche des Chomereau de Saint-André compte encore des
représentants. Elle a fourni de nos jours un général de brigade,
Louis-Gaston de Chomereau de Saint-André, marié à M'"' de Bonnault
de Villemenard et décédé en 1905 à l'âge de 79 ans.
A une autre branche appartenait M""^ Huguet d'Ktaules, née Cho-
mereau de Brantigny, décédée à Avallon en 1897 à l'âge de 65 ans.
La famille Chomereau a fourni un très grand nombre doiïiciers,
des chevaliers de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : de Courten, de Brach 1895, de Bonnault de
Villemenard, de Buyer 1899, Barré de Saint-Venant 1907, Huguet
d'Étaules, etc.
CHONET de BOLLEMONT. Armes : à' azur à quatre flèches de gueules
se réunissant en sautoir et accompagnées en chef d'un aigle d'ar-
gent. — Cimier : un bras dextre, habillé de gueules, tenant les quatre
flèches de Vécu liées de gueules. — Devise : Vis imita fit fortior.
La famille Chonet de Bollemont appartient à la noblesse de Lor-
raine. Elle a eu pour auteur Jean Chonet, sieur de Moraigne, qui fut
anobli le 18 juin 1716 par lettres patentes du duc de Lorraine. Fran-
çois Chonet, sieur de Moraigne et de Lépigneux, fils du précédent,
fut prévôt, chct de police et gruycr d'Arrancy. Ayant pris à bail les
forges de Lépigneux et celles de Longuyon, d'Ottange et de Villerupt,
il fut considéré comme ayant perdu sa noblesse par dérogeance et
dut pour la recouvrer se faire accorder par le Duc, le 2 novembre 1723,
des lettres patentes de réhabilitation. Léopold-Dicudonné Chonet de
Bollemont était vers le milieu du xviii'' siècle lieutenant général civil
et criminel au bailliage de Villers-la-Montagnc. Son fils, François-
Charles-Robert Chonet de Bollemont, né en 1749 à Arrancy (Meuse),
décédé au même lieu en 1815, fut nommé général de division le
19 floréal an II, puis inspecteur général d'artillerie et fut élu en l'an X
député de la Meuse au Corps législatif. Il avait pris part en 1789, avec
la qualification de seigneur de Bellefontaine, aux assemblées de la
noblesse du bailliage de Longuyon, en Lorraine. Son frère, Charles
Chonet de Bollemont, écuyer, capitaine d'artillerie au régiment de
Metz, marié à Metz en 1780 à Marie-Thérèse Baux, prit part aux
mêmes assemblées.
La famille Chonet de Bollemont n est pas titrée.
Elle a fourni de nombreux officiers, un conseiller à la Cour de
Nancy, etc.
Principale alliance : de Malherbe.
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 391
CHOPIN
Famille de haute bourgeoisie, originaire de Romans, en Dauphiné.
Louis-Simon Chopin, no en 1768, fit avec distinction les campagnes
de laRévolution etdel'Empirc, futnommé colonel en 1812, oiïicierde la
Légiond'honneur en 1813 et directeur de l'artillerie à Neuf-Brisach
en 1814. 11 mourut en 1848. Son petit-fils, M. Gabriel-Victor Chopin,
né à Lyon en 1854, propriétaire à Génissieux, a épousé en 1879
M"* de Chalendar.
Cette famille est distincte de celle d'Émiland Chopin, né en 1773
à Saint-Jean-de-la-Grotte (Saône-et-Loire), sous-inspecteur aux
revues, qui fut créé chevalier de l'Empire par lettres patentes du
29 septembre 1809 et qui reçut en même temps les armes suivantes :
d'argent à une bande dazur chargée d'une épée d'argent, la pointe à
dextre, et accompagnée de deux têtes de more de sable, tortillées
d'or, à la fasce de gueules brochant chargée du signe des chevaliers
légionnaires.
CHOPIN de LIMOZIN de SAINT-MICHEL.
M. Émile-Louis Chopin, né à Besançon en 1815, chef d'escadron
d'artillerie, fut autorisé par décret du 8 avril 1864 à joindre réguliè-
rement à son nom celui de : de Limozin de Saint -Michel qui apparte-
nait à la famille de son beau-père.
CHOPIN (aliàs CHAUPIN) de la BRUYÈRE. Armes : coupé : au'i d'azur
à un lion d' or accompagné de trois mouchetures d'hermine; au 2
de gueules à deux marmottes affrontées d'argent (aliàs d'argent à
deux ours en pied, affrontés de sable). — Couronne : de Comte.
La famille Chopin (ou Ghaupin) de la Bruyère occupe depuis plu-
sieurs générations un rang distingué en Agenais. O'Gilvy, qui lui a
consacré une courte notice dans son Nobiliaire de Guyenne et de
Gascogne, croit qu'elle vint d'Aunis se fixer dans ce pays au commen-
cement du xviu^ siècle. Elle paraît plutôt devoir être identifiée avec
une famille Chopis qui, des le xvii" siècle, était honorablement connue
à Clairac, en Agenais.
Noble Jean de Chopin de la Bruyère, ancien mousquetaire de la
garde du Roi, épousa en 1745 Jeanne de Loches. Celle-ci fit son tes-
tament en 1771. Son mari régularisa plus tard sa situation nobiliaire
par l'acquisition de la charge anoblissante de secrétaire du Roi. Il se
quaUfie, en effet, secrétaire du Roi, maison et couronne de France
dans son testament mystique du 6 août 1776. Il fut père d'Élienne
Chopin, Sgr de la Bruyère, qui prit part en 1789 aux assemblées de
la noblesse tenues à Agen. Etienne devint dans la suite général de
392 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
division. II fut père de Gabriel Chopin de la Bruyère, maire de Ton-
neins, conseiller, général du Lot-et-Garonne, décédé en 1860, qui
épousa en 1827 M"* de Morin du Sendat, et grand-père de M. Paul-
Henri Chopin de la Bruyère, conseiller général du Lot-et-Garonne,
qui a eu trois enfants de son mariage, en 1860, avec M"* Sol.
La famille Chopin de la Bruyère appartient au culte protestant ^
Principales alliances : de Witt 1881, 1883, de Gervain, d'Amboix
de Larbont 1894, etc.
CHOPPIN d'ARNOUVILLE. Armes : à' azur à un cerf ailé (ï or, passant
sur un épieu du même issant de la pointe. — Supports : deux le-
vrettes blanches^ colletées de gueules et bouclées d'or.
La famille Choppin d'Arnouville a occupé un rang distingué dans la
noblesse de robe parisienne. La Chesnaye des Bois en a donné une
généalogie et on trouvera sur elle des renseignements dans les divers
recueils de manuscrits du Cabinet des Titres.
Un tableau généalogique, conservé dans les Dossiers bleus, fait
remonter la fdiation à Mathurin Choppin qui était avocat à Angers
en 1536 et qui avait épousé Guilleminc Le Fèvre. Un autre tableau
généalogique conservé dans le même recueil, tableau qui, du reste,
ne s'appuie sur aucune preuve, fait de ce Mathurin Choppin le fds d'un
Jean Choppin, né en 1476, qui aurait été lui-même le fds d'un autre
Jean Choppin, néàTroyes, en Champagne, anobli par lettres patentes
en 1446. François Choppin, fils de Mathurin, résidait au village du
Bailleul, près de la Flèche, quand il épousa Renée Coussin, fille d'un
docteur en médecine, par contrat passé à Angers le 21 mai 1536. Son
iils, René Choppin, Sgrde Chaslon, en Anjou, né au Bailleul en 1537,
vint se fixer à Paris, se ht recevoir avocat au Parlement de cette
ville et devint bientôt un des orateurs les plus réputés de son temps.
11 écrivit plusieurs ouvrages de jurisprudence, fut anobli en février
1578 par lettres patentes du roi Henri III et mourut le 30 janvier 1606.
Il avait épousé le 26 avril 1563 Marie Baron, fille d'un procureur au
Parlement de Paris et sœur d'un conseiller au même Parlement.
Leur fds, noble homme Augustin Choppin, né en 1574, également
avocat distingué au Parlement de Paris, acquit la seigneurie d'Ar-
nouville, en la paroisse de Gommerville, au bailliage d Étampes, en
Beauce, dont sa descendance a conservé le nom. Il demeurait avec
son père rue de la Harpe, à Paris, quand il épousa, par contrat du
7 mars 1605, demoiselle Marguerite Hués, tille d'un trésorier de
' Cette notice a été faite en partie à laide de renseignements dus à l'obligeance
de M. l'abbé Dubois.
DICTIONNAIHE UES FAMIM,KS FRANÇAISES 393
France à Châlons. Il en eut deux fils, noble René Choppin, Sgr d'Ar-
nouville, marié à Gabrielle Coqueley, et noble François Choppin,
Sgr de Couzangré, qui furent maintenus dans leur noblesse le
^8 mai 1668, par arrêt du Conseil d'État, sur le vu des lettres d'ano-
blissement accordées à leur aïeul en 1578. L'aîné de ces deux frères
était avocat au Parlement de Paris ; il obtint le 22 juin 1675 des let-
tres de bénéfice d'âge pour être pourvu de l'un des 32 offices de Con-
seiller au Parlement. On trouvera dans le Cabinet d'Hozier les
preuves de noblesse que son fils cadet, Augustin-Jean-Baptiste
Choppin, Sgr de Couzangré, capitaine du guet de la ville de Paris,
marié en 1694 à Marie-Thérèse de Béry d'Esserleaux, fit quelques
années plus tard pour obtenir l'admission dans l'ordre de Malte de
son fils, André Chopin. René Choppin, Sgr d'Arnouville, fils aîné de
René et de Gabrielle Coqueley, fut conseiller du Roi en ses Conseils
et lieutenant criminel de la ville, prévôté et vicomte de Paris.
Il épousa, par contrat du 21 janvier 1684, Marie Foy, fille d'un prési-
dent en l'élection de Beauvais. lien laissa deux fils : l^'René Choppin.
Sgr d'Arnouville, né en 1691, conseiller, puis président au Grand
Conseil, décédé en 1767, qui épousa en 1728 Claire Morel, fille d'un
président en la Cour des Aides, et qui continua la descendance;
2" Etienne-Alexandre Choppin, Sgr de Couzangré, né en 1698, con-
seiller du Roi en ses Conseils, premier président en la Cour des
monnaies de Paris en 1727, dont le fils, Charles-Etienne Choppin, fut
reçu en 1751 conseiller au Parlement de Paris. René Choppin,
Sgr d'Arnouville, né en 1738, fils unique de René et de Claire Morel,
marié en 1761 à M"* de Chazot, fut conseiller au Grand Conseil, puis
président en la Cour des Monnaies de Paris. Il laissa cinq fils :
1° René Choppin d'Arnouville, conseiller au Parlement de Paris en
1784, puis conseiller général d'Eure-et-Loir, décédé en 1834, qui
reçut le titre héréditaire de baron, sur institution de majorât, par
lettres patentes du 7 septembre 1826 et dont la descendance mascu-
line s'est éteinte en 1901 ; 2" Mathieu, maréchal de camp en 1830,
décédé à Paris en 1842, qui n'eut qu'une fille ; 3° François, conseiller
à la Cour de cassation, décédé en 1849, qui n'eut que deux filles ;
4"" Augustin, préfet, conseiller d'État, décédé en 1857, dont la des-
cendance subsiste; 5° Antoine, dont la descendance est aujour-
d'hui éteinte.
Le président Choppin, Sgr d'Arnouville, Jodainville, Bierville, etc.,
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du bailhage
d'Élampes.
La famille Choppin d'Arnouville a fourni, en dehors des person-
nages mentionnés au cours de cette notice, un grand nombre
394 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
de magistrats et d'officiers distingués et de nos jours un éminent
avocat général près la Cour de Paris.
Son chef actuel, René Choppin d'Arnouville, marié en 1900 à
M"^ de Grijalba, a relevé le titre de baron, éteint en 1901, qui avait
été conféré en 4826 à son grand-oncle.
Principales alliances : de Béry dEsserteaux, Morel (de Vindé)
1728,1780, de la Vieuville 1749, de Chasot 1761, Parât de Mont-
geron 1730, de Vergés, de Pommereau, de Cosnac, Robert de Saint-
Vincent, Mounierl869, Amelot de la Roussille, de Beurges, Ruis de
Grijalba 1900, etc.
CHOPPIN de JANVRY. Mêmes armes que la famille précédente. —
Les représentants actuels écartèlent ces armes de celles de la famille
Uaudry de Janvry dont ils ont relevé le nom : d'azur à une gerbe
d'or accompagnée à sé7iestre d'une aigle de profil d'or fixant un
soleil levant de même, issant de l'angle dexlre de Vécu.
La famille qui donne lieu à cette notice est honorablement connue
en Auxerrois depuis la fin du xvi*' siècle. Elle a toujours été consi-
dérée comme une branche de la famille Choppin d'Arnouville dont
elle porte les armoiries. La Chesnaye des Bois en a donné une généa-
logie à la suite de celle des Choppin d'Arnouville.
Jean Choppin, auquel ce travail fait remonter la filiation, était en
looO avocat en Parlement; il vint des environs de la Flèche se fixer
à Auxerre et fut père de François Choppin qui épousa demoiselle
Ollivier par contrat du 20 février 1574. Ce Jean Choppin était
vraisemblablement l'oncle de René Choppin, né en 1537, auteur de
la famille Choppin d'Arnouville; mais, étant donné le rapproche-
ment des dates, il ne peut avoir été son frère comme l'a avancé
la Chesnaye des Bois. Son fils, François Choppin, fut père de
François Choppin, avocat au Parlement, dont la descendance s'étei-
gnit après quelques générations, et de Jacques Choppin qui épousa
demoiselle Lauverjat par contrat du 24 novembre 1619 et qui conti-
nua la lignée.
Jacques Choppin, procureur au présidial d'Auxerre, eut ses armes
enregistrées d office à lArmorial général de 1696 : de sinople à une
barre d'argent chargée d'un arc de sable.
Cette famille a fourni un grand nombre d'avocats, des officiers en
la maîtrise des eaux et forêts, des procureurs et des conseillers au
présidial d'Auxerre, etc.
Un de ses représentants, M. Abel Choppin, avait épousé le 22 oc-
tobre 1863 Marie Uaudry de Janvry, héritière d'une branche de la
famille Haudry. Il en a eu plusieurs fils qui, pour se conformer aux
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 395
désirs testamentaires de leur aïeul maternel, ont joint à leur nom
celui de : de Janvry.
Principales alliances : Haudry de Janvry 1863, Lefebvre-Charbon-
nier de Villequetout 1902, Moreau de Bellaing 1908, etc.
11 sera consacré une notice spéciale à la famille Haudry dont la
branche aînée, connue sous le nom d'Haudry de Soucy, compte encore
des représentants.
CHOPPIN de SERAINCOURT. Armes (d'après les Dossiers bleus) : écar-
telé : aux 1 et 4 d'azur à un chevron d'or surmonté d'une rose (aliàs
d'une anémojie) d'argent et accompag^ié de trois palmes d'argent;
aux 'i et S de gueules à un sautoir dentelé d'or, cantonné de quatre
fleurs de lys de même.
La famille Choppin de Séraincourt appartient à la noblesse de l'Ile-
de-France. On en trouvera un tableau généalogique dans les Dossiers
bleus, au Cabinet des Titres.
Daprès ce travail elle serait originaire de la Rochelle, aurait été
chassée de cette ville par les Calvinistes en 1625 et serait venue se
réfugier en Champagne.
La filiation suivie remonte à Claude Choppin, avocat en Parlement,
qui, en 1636, était notaire à Esclaron, près de Vitry, en Champagne.
Claude Choppin laissa un grand nombre d'enfants. L'aîné de ses lils,
Christophe Choppin, avocat en Parlement, prévôt d'Esclaron, eut
trois fils qui moururent sans postérité. Deux autres, Claude et
Joseph Choppin, furent les auteurs de deux rameaux.
L'auteur du premier rameau, Claude Choppin, vint se fixer rue du
Mail, à Paris, fut intéressé dans les affaires du Pioi, acquit dans les
dernières années du xvii'' siècle les seigneuries importantes de Rueil et
de Séraincourt et fut pourvu, enfin, de la charge anoblissante de secré-
taire du Roi. Il eut d'un premier mariage une fille, Marie, qui épousa
en 1698 Jacques-Louis des Acres, marquis de l'Aigle, brigadier des
armées du Roi. Il se remaria à M"* de Flins, fille d'un lieutenant
général des armées du Roi, et en eut plusieurs enfants. Un de ses
descendants, Claude-Louis Choppin, Sgr de Séraincourt et de Rueil,
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Mantes. Un
M. Choppin de Séraincourt, Sgr en partie du fief de Goenzville, prit
part cette même année aux assemblées de la noblesse du bailliage
d'Étampes. Charles de Séraincourt, marie en 1809 à M"^ de Monthiers,
fut assassiné à Bar-sur-Aube le 8 août 1830. Ce rameau compte
encore des représentants. Son chef est connu sous le titre de comte
de Séraincourt.
L'auteur du second rameau, Joseph Choppin, sieur de Lentille, en
396 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Champagne, intéressé dans les affaires du Roi, mourut en 1711. 11
laissait deux fils. Le second de ceux-ci, Christophe Choppin, sieur
de Lentille, né en 1687, eut plusieurs enfants qui moururent en bas
âge. L'aîné, Alexis Choppin, épousa M"* Content, décédée en 1734.
Il en eut un fils, Charles Choppin, décédé en 1747, qui laissa lui-
même trois enfants : 1° Christophe, né en 1742; 2° Nicole; 3° Charles,
né en 1747. Ce rameau paraît être éteint. On ne lui connaît pas de
principe d'anoblissement et on ne voit pas que ses représentants
aient pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse.
Principales alliances : Aubourg de Boury 1829, des Acres de 1" Aigle
1698, Aupépin de la Motte-Dreuzy 1865, de Kermeilec 182o, de Mon-
thiersl809, de Vélard 1802, Lescarre 1872, etc.
CHORIVIT de SAGARDIBURU (do. Armes (d'après un cachet de
famille; : écarlelé : au 1 d'argent à un arbre de sinople sur une ter-
rasse de même portant la date 1303; au 2 parti d'argent à une
branche de sinople et d'or à ; au chef de gueules chargé de cinq
étoiles d'argent, sur le tout; au 3 d'azur à une barre d'or accom-
pagnée en chef d'un arc d'argent ;aukde gueules à une roue d'argent^ .
Famille originaire du Pays Basque espagnol, fixée en France au
cours du xix*' siècle, sur laquelle on n'a pu se procurer que des ren-
seignements insuffisants.
Principales alliances : Porrat de Saint-^ idal, de Raymond, de Fer-
rari de Francavilla, etc.
Il a existé dans le Pays Basque français plusieurs familles Chorivit,
ou Choribit -.
Un capitaine Jean de Choribit, originaire de Garris, en Basse-
Navarre, maréchal des logis de la princesse Catherine de Navarre,
sœur du roi Henri IV, était mort depuis peu en 1597 ; sa fille unique,
demoiselle Catherine de Choribit, épousa le sieur de Gurmençon,
d'Oloron, et en eut une lille qui mourut sans postérité. Un Bernard
de Choribit, sieur de la maison de Burugory (aliàs Muthicorena),
résidait à Garris en 1606.
Jayme Choribit, marchand, était le 6 octobre 1745 sieur de la
maison de Biacbaténia, à Ilasparren, en Labourd.
Aucune famille de Chorivit n'appartenait en 1789 à la noblesse
française.
CHOROT de BOISVERT. Armes : iVazur à un cheoreau passant
' Communication de M. le comte de Saint-Saud.
' Les lettres b et v ont exactement la même valeur en basque.
nit.TIONNAIRr. MF. s F A M II, I. F. S F H ANC ATS RS H97
(Vargent; au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or.
La famille Ghorot est anciennement et honorablemeut connue en
Hauphiné. Ellle a donné depuis la fin du xvi'^ siècle plusieurs châte-
lains et maires de la ville de Veurey.
Un de ses membres, Claude Chorot, châtelain et maire deVeurey,
fit enregistrer à l'Armoriai général de 1696 (registre de Grenoble)
ses armoiries telles que la famille les porte encore aujourd'hui.
M. Chorot de Boisvert, aïeul des représentants actuels, fut pourvu
en 1783 de la charge de conseiller correcteur en la Chambre des
comptes de Grenoble. 11 conserva cette charge jusqu'à sa suppres-
sion, lors de la Révolution.
CHOSSAT deMONTBURON, de SAINT-SULPICEetdeMONTESSUY(de).
Armes : d'azur à un chevron d'or accompagné en chef de deux crois-
sants d'argent et en pointe d'une rose de même.
La famille de Chossat appartient à la noblesse de la Bresse. On en
trouvera une généalogie dans les manuscrits de Chérin. On trouvera
aussi sur elle des renseignements dans le Nobiliaire de Bresse et de
Domhes de M. Baux et dans la Généalogie des Rivérieulx de M. Paul
de Varax.
Elle a eu pour auteur Jean Chossat, conseiller du Roi, président en
l'élection de Bresse, qui fut pourvu, par lettres du 26 avril 1686, de l'of-
fice anoblissant de conseiller secrétaire du Roi en la chancellerie
près le Parlement de Paris et qui le conserva jusqu'à sa mort. Jean
Chossat fit son testament le 17 mars 1694. Il avait épousé, par contrat
passé à Bourg le 18 août 1656, Marguerite Guichard, veuve de maître
Jean Bachand, docteur en médecine. Il laissa de cette union quatre
fils qui furent maintenus dans leur noblesse, le 22 novembre 1698, par
jugement de Ferrand, intendant de Bourgogne et de Bresse, sur le
fondement de la charge de secrétaire du Roi exercée par leur père.
Deux de ces fds, Claude et Jean-Baptiste, furent les auteurs de deux
grandes branches.
L'auteur de la branche aînée, monsieur maître Claude Chossat,
était conseiller du Roi au présidial de Bourg quand il épousa, par
contrat passé à Montre vei le 31 octobre 1692, Marie-Madeleine Che-
vrier, fdle d'un trésorier des morte-paies en Bourgogne et Bresse. Il
acquit dans la suite la seigneurie de Montburon, consistant en maison
forte, avec justice moyenne et basse, et la maison noble de Saint-
Sulpice, dépendance de ladite seigneurie de Montburon, et fut admis
le 12 mars 1698 à l'assemblée générale des gentilshommes du pays de
Bresse. Son fds, Jean-Philibert Chossat, Sgr de Montburon, marié en
août 1724 à Charlotte Bernard, fdle du seigneur des Écuyers, était
398 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
lieutenant général de Bresse quand il fit son testament le 17 août 1741.
11 laissa une nombreuse postérité. Sa descendance est aujourd'hui
représentée par deux rameaux qui se distinguent par les surnoms de
Montburon et de Saint-Sulpice. Le chef du rameau cadet, Charles-
Gabriel Chossat de Montburon, Sgr de Saint-Sulpice, capitaine au
régiment de la Couronne, décédé en 1841, avait épousé en 1791
M"^ de Lippens. Il en eut une fille, M™^ de Dompsure, et trois fils dont
l'aîné, Arthur, fut tué à la bataille de Dresde, en 1813, et dont lo
second, Charles de Chossat de Saint-Sulpice, décédé en 1867, épousa
en 1828 M"- de Montluzin de Gerland et continua la lignée.
L'auteur de la branche cadette, Jean-Baptisle Chossat, dit de Mon-
tessuy, avocat en Parlement, épousa en 1695 Marie-Louise Bruchet,
fille d'un greffier au bailliage et siège présidial de Bresse. 11 fut admis
en 1698 aux assemblées de la noblesse de Bresse et fit son testament
en août 1727. Il fut père de Jean-Baptiste Chossat de Montessuy, Sgr
de Montessuy, Coralin et Montplaisant, demeurant à Bourg, qui
épousa en 1730 Marie-Charlotte Garron, et grand-père de Charles-
Joseph Chossat de Montessuy, chevalier, officier dans le régiment
Lyonnais, qui épousa le 1" mai 1767 Marguerite Hubert de Saint-
Didier. Un des fils de celui-ci, Catherin-Victor de Chossat de Mon-
tessuy, officier de cavalerie, décédé en 1846, épousa en 1803 Gabrielle
de Sautereau, veuve de son cousin Benoit Hubert de Saint-Didier. Il
en eut, d'après le travail de M. de Varax, une fille, M™® Barbât du
Clozel, et deux fils dont l'aîné, Charles, a laissé postérité et dont le
second, Gabriel, marié à M"" de Varenne de Feuille, décédé en 1882,
a laissé deux filles, M^^^Morellet et Lacombe.
Marguerite Guichard, veuve de Jean Chossat, écuyer, secrétaire du
Roi, maison et couronne de France et de ses finances ; Jean-Baptiste
Chossat, écuyer, sieur de Montessuy; Jean Chossat, écuyer; Jacques
Chossat, écuyer; et Claude-Philibert Chossat, conseiller du Roi au
bailliage et siège présidial de Bresse, firent enregistrer leur blason à
l'Armoriai général de 1696 (registre de Bourg).
Jean-Baptiste Chossat de Montburon, né à Bourg en 1761 ; Victor-
Catherin Chossat de Montessuy, né à Bourg en 1768; et Basile-Hippo-
lyte Chossat de Montessuy, frère du précédent, né en 1770, décédé à
Lyon dès 1783, firent en 1781 devant Chérin les preuves de noblesse
prescrites pour le service militaire.
Jacques Chossat, chevalier, Sgr de Montburon ; Louis Chossat du
Soget, chevalier, Sgr du fief de Duiziat; Claude-François de Chossat,
chevalier, officier au régiment d'Auvergne ; et Jean-François-Gabriel
de Chossat, chevalier, Cogr de Saint-Sulpice, prirent part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Bourg-en-Bresse.
DICTIONNAIRF. DES FAMILI. RS FRANÇAISES 399
La famille de Chossat a fourni de nombreux officiers.
Aucune de ses branches n'est titrée.
Principales alliances : Hubertde Saint-Didier 1767,Sautereau, Bar-
bât du Clozel, de Varenne de Fenille, Costa de Beauregard 1890,
Bernard de Dompsure, du Breul de Sacconey, Copin de Miribel, Gar-
ron de la Bévière 1730, de Toytot 1891, Puvis de Chavannes, etc.
CHOSSON du COLOMBIER. Armes : de gueules (aliàs d'azur) à un lion
d'or.
La famille Chosson du Colombier, aujourd'hui éteinte dans les mâles,
appartenait à la noblesse du Dauphiné.
Elle avait pour auteur François Chosson, sieur du Colombier, con-
seiller du Roi, qui fut pourvu en 1696 de l'office anoblissant d'avocat
général près le Parlement de Grenoble. Claudine Garnier, femme de
ce magistrat, et Dominique Chosson du Colombier, femme d'André
Chaboud, conseiller du Roi, auditeur en la Chambre des comptes du
Dauphiné, firent enregistrer leur blason à l'Armoriai général de 1696.
M, du Colombier prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse de
l'élection de Valence. Laurent Chosson du Colombier, vicaire général
et grand archidiacre de l'église de Troyes, Sgr des fiefs deClairenton,
àFoolz, etdePlanney, à Bourguignons, prit part cette même année à
celles tenues à Bar-sur-Seine, en Champagne.
La famille Chosson du Colombier n'était pas titrée.
Elle a eu pour dernier représentant mâle M. Henri-Gabriel Chosson
du Colombier, né en 1808, propriétaire du château du Pin, près de la
Tour-du-Pin, qui de son mariage, en juin 1833, avec M'"' de Charrin
n'a eu que trois filles, les comtesses Tardy deMontravcl, du Parc de
Locmaria et de Bellaing.
Principales alliances : Pasquierde Franclieu 1834, Drier de la Forte
1836, de Charrin 1835, Tardy de Montravel 1862, du Parc de Loc-
maria 1866, Moreau de Bellaing 1875, Garnier des Garets, Bernard (de
la Vernette) 1724, etc.
CHOUDENS (de). Armes : d'argent (quelquefois d'or) à trois cœurs de
gueules, '2 et i.
La famille dk Choudens est une des plus anciennes de la haute
bourgeoisie de Genève. On trouvera sur elle beaucoup de renseigne-
ments dans la France protestante deHaag et surtout dans le tome VII
des Notices généalogiques sur les familles genevoises, paru à Genève
en 1895.
La famille de Choudens a eu pour berceau la petite ville de Thoiry,
située près de Gex. Égrège Mathieu de Choudens fut notaire dans
400 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FHANCAISES
cette ville de 1440 à 1478. Il paraît avoir été père de noble, égrège
et discret Pierre de Choudens qui était notaire de Thoiry dans la
seconde moitié du xv^ siècle et auquel remonte la fdiation suivie.
Noble et égrège Louis de Choudens, Sgr d"Aire-la-Ville en 1534,
fils aîné de Pierre, fut l'auteur d'une branche qui s'éteignit au
xviii^ siècle. Son frère, noble et égrège Claude de Choudens, de
Thoiry, notaire et commissaire dextentes de lévêché de Genève,
mort avant 1558, laissa cinq tils : 1° noble et sire Pierre de Choudens,
négociant en draps, reçu bourgeois de Genève en 1540, dont la des-
cendance était représentée en 1720 par Frédéric-François de Chou-
dens, capitaine au service de Prusse ; 2" noble et égrège Antoine de
Choudens, dont les fils moururent sans enfants ; 3° noble et égrège
Claude de Choudens, dont la descendance subsiste ; 4° noble et
égrège Jean de Choudens, dont la descendance lut admise à la bour-
geoisie de Genève en 1669 et s'éteignit au xviii* siècle; 5° noble
Nicolas de Choudens, décédé en 1590, dont la descendance paraît
s'être éteinte au début du xix^ siècle. Claude, le troisième de ces
cinq frères, fut père de maître Philippe de Choudens, d'Allemagne,
qui, en 1623, était fermier delà Seigneurie de Genève pour le revenu
de Mategnin. Deux des fils de celui-ci, Abraham de Choudens, né en
1592, et maître Antoine de Choudens, furent les auteurs de deux
rameaux actuellement existants. Les représentants du premier
rameau furent reçus bourgeois de Genève le 7 décembre 1701. C'est
à ce rameau qu'appartient M. Antoine de Choudens, né en 1825, fixé
à Paris, célèbre éditeur de musique. Le second rameau a longtemps
été connu sous le nom deCHouDExs-LA-TouR.
La famille de Choudens a fourni un grand nombre d'officiers, de
pasteurs, de professeurs, un membre de l'Académie des Beaux-Arts
de Saint-Pétersbourg (Henri de Choudens, né en 1812), un composi-
teur de musique distingué, etc.
Principales alliances: de Gallatinl 722, Bordier 1753, Mes trézat 1668,
de Luc, dePesmes, Butini, de Fernexl572,Sarasin 1645, de Chapeau-
rouge, Chastel 1777, Pictet 1668, etc.
CHOUE de la METTRIE (de la). Armes : d'argent à trois chouettes de
sable, membrées et becquées de gueules, 2 e/ 1.
La famille de la Chode appartient à la vieille noblesse de l'ancien
diocèse de Saint-Malo, en Bretagne. Elle a toujours été assez obscure
et on ne trouvera sur elle que peu de renseignements dans les divers
recueils de manuscrits du Cabinet des Titres.
Dom Maurice, et après lui Potier de Courcy, lui attribuent pour
premiers auteurs connus Robert do la Choue qui, en 1218, fonda une
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 401
rente de vingt minots de bl6 en faveur des prieurs du Pont, à Dinan ;
et Pierre de la Clioue qui était écuyer du Duc au siège de Pouancé,
en 1379.
La lamiile de la Ghoue figura de 1448 à 1513 aux reformations et
montres de la noblesse des paroisses de Ploubalay, Trégon, Médréac
et Créhon, toutes situées au diocèse de Saint-Malo. Elle était repré-
sentée lors de la grande recherche des faux nobles commencée en
1660 par trois rameaux, celui des seigneurs de la Haute-Mettrie, en
la paroisse de Trégon, celui des seigneurs de la Grochais et de la
Brunays, en la paroisse de Gréhen, et celui des seigneurs de Bran-
douet. Les représentants de ces trois rameaux furent maintenus
dans leur noblesse d'ancienne extraction, le 18 décembre 1668, par
arrêt des commissaires de la réformation sur preuves de neuf géné-
rations remontant à Jean de la Ghoue, sieur de la VilIe-au-Provost, en
la paroisse de Ploubalay, qui avait épousé vers 1440 Jeanne le Gonidec.
Le rameau des seigneurs de la Mettrie s'est seul perpétué jusqu'à
nos jours. 11 possède encore le château de la Mettrie, situé près de
Paramé. Un de ses représentants, Maurille-Alexis de la Ghoue de la
Mettrie, signa en 1 788 la protestation de la noblesse de Bretagne contre
la convocation des États généraux. Son chef est connu sous le titre
de comte de la Mettrie depuis les dernières années du xix^ siècle.
La famille de la Ghoue a fourni dans ses divers rameaux des offi-
ciers de mérite, des chevaliers de Saint-Louis, des membres de la
Légion d'honneur. Un de ses représentants, M. de la Ghoue de la Vil-
ledé, fut du nombre des volontaires qui se signalèrent au combat de
Saint-Gast, en 17o8. Un autre, ayant été fait prisonnier par des cor-
saires en 1759, eut à subir au Maroc une longue et pénible captivité.
Principales alliances : Maingard au xvi« siècle, de Bouan, du Breil
de Ghalonge, de Gadaran, Magon de la Villehuchet 1865, Ghauchart
(du Mottay), de la Moussaye, Mouésan, GoIIas, le Bouétoux de Bré-
jerac 1905, de la Landelle 1823, de la Tousche-Limousinière 1851, de
Bédée, de Ferron du Quengo, de Guernon 1897, de Vitton de Peyruis
1872, Besnard de la Vieuxville 1785, delà Guerrande, deTrémereuc,
du Boisbaudry 1780, Gouro du Plessix, etc.
CHOULOT (de Laveime de). Voyez : Lavenne de Choulot et de la Montoise
(de).
CHOULY de PERM ANGLE (de). Armes : d'a^wr à une fa&ce d'argent
accompagnée en chef de trois lys au naturel (aliàs de trois fleurs de
pavot d'argent) et en pointe d'une fleur de lys florencée (aliàs d'une
feuille de châtaignier) d'or. — Gouronne : de Marquis.
^' 26
402 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille de Chouly de Permaxgle appartient à la noblesse du
Limousin. Saint-Allais en a donné une tçénéalogie dans son Nobiliaire
universel de France et on trouvera sur elle d'intéressants renseigne-
ments dans le Nobiliaire du Limousin do Nadaud et dans les divers
recueils de manuscrits du Cabinet des Titres, particuliî'remont dans
le Nouveau d'Uozier et dans le Cabinet d'Hozier.
La famille de Cliouly est originaire de la ville de Saint-Yrieix
sur le territoire de laquelle clic a possédé la seigneurie de Per-
mangle. Un tableau généalogique conserv^é dans le Cabinet
d'IIozier en fait remonter la filiation au H mai 1512, date à laquelle
noble Paul de Chouilly, ccuycr, Sgr de Monchasty et de Permanglc,
lils de noble Jean Cbouly, demeurant au château de Chaluts, aurait
épousé Françoise Gentil, lille de Jean. Mais une note de d'Hozier
apprend que ce contrat de mariage de 1512 est fau.x. D'après ce même
tableau généalogique Paul de Chouly aurait eu jiour fds Irieix Chouly,
Sgr de Monchasty, conseiller du Pioi, deu.xième élu dans le Haut-
Limousin par provisions du 5 octobre 1554, puis commissaire extraor-
dinaire des guerres. Cet Iricix de Chouly, écuyer, Sgr de Monchasty
et de Permangle, fils de Paul de Chouly, écuyer, Sgr de Permanglc,
et de demoiselle Françoise de Genty, aurait épousé, par contrat du
7 novembre 1551, demoiselle Françoise de Prouhet, fdle de Jean de
Prouhel, lieutenant général au siège de Limoges. Une note de dllozier
apprend que ce contrat est faux et fait par un faussaire très ignorar»t.
Ce mémo honorable homme monsieur maître Yrieix do Chouly, écuyer,
Sgr de Monchasty, conseiller du Roi, son deuxième élu en Limousin,
demeurant à Saint-Yrieix, fit son testament le 10 mars 1597 devant du
Bourg, notaire à Saint-Yrieix ; dans cet acte il mentionne sa seconde
femme, demoiselle Marguerite de Gimeil, aliàs de la Paluelle. Une
note de dllozier apprend que ce testament n'est connu que par une
copie collationnée en 1G68. Yrieix de Chouly laissa deux fils, Jean,
né du premier lit, et Paul, né flu second lit, qui furent les auteurs de
deux rameaux.
L'aîné de ces deux frères, Jehan de Chouly, écuyer, conseiller du
roi de Navarre et son secrétaire, épousa par contrat du 25 sep-
tembre 1584 demoiselle Isabeau de Magnanat; il en eut un fils, Phi-
lippe de Prouhet de Chouly, sieur de Béchadie, qui épousa le
4 février 1639 Catherine de Chaumeix. Ce rameau est aujourd'hui
éteint. On verra plus bas qu'une de ses représentantes épousa en
1753 le marquis de Permangle, chef du rameau cadet.
L'auteur du rameau cadet, Paul de Chouly, écuyer, Sgr de Per-
mangle, gouverneur et commandant pour le Roi en la ville de Saint-
Yrieix, épousa par contrat du 25 janvier 1595 demoiselle Françoise do
Dir.TIONNAinR DES FAMILLES FRANÇAISES 403
Gontil. (illc (lu S(>ioncui- do Lajoncliapl. Il en eut deux fils, Yrieix et
Jacques, qui furent maintenus dans leur noblesse le 31 avril 1668
par arrêt du Conseil d'État. L'aîné de ces deux frères, Yrieix de Cliouly,
Sgr de Permano-lo, fut un brillant onicier, fut lieutenant général des
armées du Roi et gouverneur de Limoges et mourut en 1679 sans
laisser de postérité de son mariage, en 1639, avec Anne de Saint-
Mathieu. Le puîné, messire Jacques de Chouly, écuyer, Sgr de la
Prunie, conseiller et maître d'Iiùtcl ordinaire du Roi, capitaine des
gardes de Mgr le duc de Nemours, premier gentilliomme de sa
chambre, gouverneur pour le Roi des ville et château de Chàtcau-Lan-
don, é[)ousa, par contrat du 13 juin 1655, demoiselle Isabeau Roux, tille
du seigneur de Reillac. Ce fut lui qui présenta en 1676 sa généalogie
auGabinet des Ordres du Roi pour obtenir l'admission parmi les pages
de la Grande Écurie de son fils aîné, Yrieix-Junien, né en 1661. Il eut
un fils cadet, Gabriel, qui fut lieutenant général des armées du Roi.
Yrieix-Junicn de Chouly fut connu le premier sous le titre de marquis
de Pcrmanglc qui depuis lors a été conservé parle chef de la famille.
Il épousa, par contrat du 7 juillet 1691, Marie des Prez, veuve du
comte de Foucauld de Saint-Germain-Beaupré. Un de ses fils, Gabriel
de Chouly marquis de Pcrmangle, fut brigadier des armées dû Roi. Un
autre, Louis de Chouly, marquis de Permangle après la mort de son
frère, lieutenant-colonel au régiment de Limousin, chevalier de Saint-
Louis, épousa en 1753 sa cousine, Marie de Chouly de Béchadie. On
trouvera dans le Nouveau d'Hozier les preuves de noblesse que le fils
de celui-ci, Philippe-Auguste de Chouly de Permangle, né en 1755 au
château de Monchasty, en la paroisse de Dournazac, au diocèse de
Limoges, fit en 1766 pour être admis à l'École militaire. Philippe-
Auguste, marquis de Permangle, épousa en 1796 M'»= de Peters. 11
en eut un fils, Lucien-Louis, marquis de Permangle, qui épousa
M"« Segaux et qui mourut en 1893 dans un âge avancé. Paul-Henri
de Chouly, marquis de Permangle, tîls du précédent, étaitconseiller de
préfecture à Mont-de-Marsan quand il épousa en 1866 M"« Anaïs
Gautier. Il a été père de M. Lucien de Chouly de Permangle, lieu-
tenant de chasseurs à cheval, qui a épousé à Cannes en 1906 M"''^ Cor-
miska.
La famille de Chouly de Permangle a fourni de nombreux officiers.
Principales alliances : de Gimel, d'Aguesseau, de Gentil deLajon-
chapt, de Roux de Reillac 1655, de Ferrières-Sauvebœuf, d'Almay des
Fargcs, etc.
CHOUMEILS de SAINT-GERMAIN. Armes : parti: au\ cVazur à trois
barres iVargent; au 2 échiqneté d'argent et de sable.
404 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
La famille Chûumeils de Saixt-Germain est anciennement connue
dans la bourgeoisie du Bas-Limousin. Des auteurs contemporains
ont avancé qu'elle était originaire de l'Auvergne où elle aurait été
anoblie par des charges de magistrature. Son nom ne figure dans
aucun nobiliaire de ce pays et on ne voit pas quelle ait pris part
en 1789 aux assemblées de la noblesse française.
Jean-François Choumeils de Saint-Germain, ancien contrôleur
des contributions directes, mourut à Brives en 1823. Son petit-fils,
Louis, né en 1826, dabord avocat à Limoges, vint se fixer à Bordeaux
et fut deux fois président de la chambre des avoués de celte ville.
Il a laissé un fils, Etienne de Saint-Germain, né à Limoges en 1855,
avoué à Bordeaux, qui a épousé M"* Garros, lille de l'architecte
bordelais. Louis de Saint-Germain, parent des précédents, était
directeur des douanes dans la seconde moitié du xix' siècle ; sonjfils
a épousé en 1892 M"* de Wavrechin.
La famille Choumeils de Saint-Germain a encore fourni un greffier
du tribunal de commerce de Brives, un juge de paix, des avocats, etc.
Principales alliances : Garros, Véron, de Wavrechin, Denucé 1819,
de Morel, du Griffolet 1712 ou 1720, Lavialle 1810, Bachellerie, etc.
CHOUMOUROUX (de Saignard de) Voyez : Saigxard de Choumouroux, de
LA FrESSANGE et DE SaSSELANGE.
CHOURY de la VIGERIE.
Famille de haute bourgeoisie sur laquelle on n'a pu se procurer que
des renseignements insuffisants.
Pierre-Henri-Prosper Choury de Lavigerie, né à Bordeaux le 10 mars
1812, décédé en 1893, fut nommé général de brigade en 1870. Son
fils a épousé en 1887 M"^ de Billeheust d'Argenton.
Principales alliances : de Billeheust d'Argenton, Guilbert de la
Tour 1889, Burdin de Saint-Martin, etc.
CHOUZY (Mesnard de). Voyez : Mesxard de Chouzy.
CHOVET de la CHANCE. Armes anciennes : d'argent à deux arbres ter-
rassés de sinople ; au chef d'azur chargé d'un soleil d'or. — Armes
concédées sous le Premier Empire : écartelé : au\ d'azur à un soleil
rayonnant d'or ; aux 2 ef 3 d'argent à la croix ancrée de gueules; au
4 d'argent à deux arbres terrassés de sinople; au franc-quartier
des barons membres du collège électoral.
DICTI ONNAIHE DES FAMILLES FRANÇAISES 405
La famille Ghovkt de la Chance, récemment éteinte, appartenait à
la noblesse du Forez. Le vicomte Révérend lui a consacré une notice
dans son Annuaire de la noblesse de 1910 et on en trouvera une
généalogie complète dans V Assemblée de la noblesse du bailliage de
Forez en 1789 du comte de Jouvenccl.
La famille Ghovet paraît avoir eu pour berceau le lieu de JMarlhe.
Elle est vraisemblablement la même que celle d'un Pierre Ghovet,
originaire de Saint-Etienne, qui fut pourvu en 1618 de la charge ano-
blissante de secrétaire du Roi et qui la conserva jusqu'en lGo3. Toute-
fois elle ne descend pas de ce magistrat.
Guillaume Ghovet, auquel seulement remonte la fdiation suivie,
était marchand de Soie à Lyon dans les dernières années du
xvii^ siècle. Il Ht enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696.
Son fds, Antoine Ghovet, né à Saint-Etienne le il avril 1677, d'abord
élu en l'élection de cette ville, fut pourvu, par lettres du H mars 1743,
de la charge anoblissante de conseiller secrétaire du Roi, maison et
couronne de France au Grand Gollège. 11 conserva cette charge jusqu'à
sa mort survenue à Paris en mars 1762. Possesseur d'une grande for-
tune, il avait acquis la baronnie de la Faye, puis la seigneurie de la
Chance, située dans la paroisse de Perreux, en Roannais, dont sa des-
cendance a conservé le nom. Il avait aussi acquis dans la ville même de
Saint-Etienne le fief de la Croix sur lequel il lit construire le château
de Ghantegrillet, aujourd'hui école des mineurs. Jean-Claude Ghovet,
Sgr de la Faye, de la Chance, etc., petit-fds du précédent, né à Saint-
Etienne en 17o0, acquit en 1782 du marquis de Langeron le comté et
le château de Chevrières, situés près de Saint-Galmier. Il prit part en
1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Montbrison, fut élu en
1803, puis en 1808, député de la Loire au Corps législatif, fut créé
baron de l'Empire par lettres patentes du 9 mars 1810, avec institu-
tion en majorât de sa terre de Chevrières, et mourut le lo février 1812.
Son fds aîné, Jean-Baptiste Ghovet, baron de la Chance, décédé sans
postérité en 186o, vendit vers 1820 la terre de Chevrières à la famille
Neyrand. Joseph-Frédéric Ghovet de la Chance, frère consanguin du
précédent, épousa à Grenoble en 1818 M"^ Patras, fdle d'un colonel
au service de Hollande. Il en eut un fils, Louis-Albéric Ghovet, baron
de la Chance, qui fut le dernier représentant mâle de sa famille et qui
mourut à Lyon en 1901 sans avoir été marié. Il eut aussi trois fdles,
M""^ de Calamand, décédée, la baronne du Bourgct, décédée en 1887,
et M""^ de Gantelet d'Anières.
Principales alliances : Bordeaux de Lurcy, Colomb d'Écotay 1728,
Thioliière 1748, Imbert 1734, d'Assier de Luriecq 1750, de Genestet
1775, de Leyssin 1778, Baudet de Beauregard 1781, Clapeyron du
406 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Milieu, Gardon de Calamand 1837, de Bullel du Bourget 1849, Capré
de Mégève 1846, de Gantelet dAnières 1860, etc.
CHRESTIEN de TRÉVENEUC. Armes : de simple à une fasce d'or
accompagnée de trois heaumes de profil du même (aliàs d'argent). —
Devise : En bon chrétien.
La famille Chrestien de Trévexeuc appartient à la vieille noblesse
de lancien diocèse de Saint-Brieuc, en Bretagne. On en trouvera un
tableau généalogique dans les manuscrits de Chérin. Le vicomte
Révérend en a donné une généalogie dans \ Annuaire de la noblesse
de 1904.
Hervé Chrestien se croisa en 1248 d'après un titre de la collection
Courtois; son nom a été inscrit aux Salles des Croisades du musée
de Versailles avec les armes de la famille Chrestien de Tréveneuc.
Dom Maurice mentionne un Guillaume Chrestien qui était écuyer
de Beaumanoir en 1369. Raoulet (aliàs Roland) Chrestien était en
1380 écuyer delà garde du château deLehon. Guy Chrestien était tré-
sorier du Duc lors de la prise de possession de Saint-Malo, en 1394.
François Chrestien, d'abord valet de chambre de François, fils du duc
Jean V, était en 1444 bouteiller de la duchesse Yolande.
La famille Chrestien figure de 1440 à 1535 aux réformations et mon-
tres de la noblesse des paroisses de Maroué et de Tréveneuc, au dio-
cèse de Saint-Brieuc. Elle a été maintenue dans sa noblesse d'an-
cienne extraction par arrêt du 16 janvier 1669 sur preuves de huit
générations.
Noble Pierre Chrestien, écuyer, Sgr de Ponlmorio, auquel remonte
la fdiation suivie, était en 1458 conseiller et chambellan du duc de
Bretagne François U. Il est rappelé comme défunt dans un acte de
1485 avec sa femme. Guillcmette de la Motte-Rouge. Son fils,
François Chrestien, qualifié vicomte de Pontmorio et de Tréveneuc,
était procureur delà juridiction d'Auray quand il fut nommé, en 1481,
chanceHcrde Bretagne. Il échangea cette charge en 1485 contre celle
de maître dhùtcl du Uuc et sénéchal de Rennes et fut un des exécuteurs
testamentaires de la Duchesse douairière, Isabeau d'Iicosse. Il obtint
le 4 mai 1485 des lettres du Duc lui permettant d'avoir un receveur et
un sergent dans sa paroisse de Tréveneuc avec exemption de tous
fouages, aides, tailles, etc. De son mariage avec Françoise Ilingant
il laissa un fils, Vincent, et une fille qui partagèrent sa succession
par acte du 17 novembre 1503. Son fds, Vincent Chrestien, Sgr de
Pontmorio et vicomte de Tréveneuc, marié à Margélie Dolou du
Pont, fut père d'autre Vincent Chrestien, Sgr de Kérouguer, qui épousa
Marguerite le Cozic par contrat du 1 1 octobre 1521. Deux des fils de
DICTIONNAIUK DKS KAMlLLi:S FHANÇAISKS 407
celui-ci, Kciié, Sgr de Poiitmorio el de Trévciieuc, marié à Jeanne du
Boisjvclin, cl Pierre, Sgr de la Villehélio, en la paroisse de Plourhan,
marié à Françoise le Roux, puis en 1578 à Jeanne Guéhenneuc, furent
les auteurs de deux branches.
La branche aînée s'est seule perpétuée jusquanos jours. Un de ses
représentants, René Chrestien de Kerabel, fut admis en 1664 dans
l'Ordre de INIaltc. Deux autres, Jean et Pierre Chrestien de Tréveneuc,
signèrent en 1788 la protestation de la noblesse de Bretagne contre la
convocation des États généraux. Ferdinand Chrestien de Tréveneuc,
né en 1824, décédé en 1873, fut député royaliste du Finistère à l'As-
semblée nationale de 1871 ; il ne laissa qu'une fille, la comtesse René
de Beaumont. Son frère aîné, Henri-Louis Chrestien, comte de Tréve-
neuc, né en 1815, marié à Nantes en 1850 à M"« Sallentin, conseiller
général, député et sénateur des Côtes-du-Nord, décédé en 1893, a été
père de Robert Chrestien, comte de Tréveneuc, né au château de
Tréveneuc en 1856, député, puis sénateur des Côtes-du-Nord, qui a
eu deux enfants de son mariage, en 1892, avec M"^ de Barthélémy.
L'auteur de la seconde branche, Pierre Chrestien, Sgr de la Ville-
hélio, laissa trois fds : 1^ Jean, Sgr de la Villehélio, qui n'eut qu'une
fille ; 2" Prigent, Sgr de la Masse, qui continua la lignée ;
3° François, dont la descendance fut comprise dans le jugement de
maintenue de 1669 et paraît s'être éteinte peu de temps après. Cette
brancheétaitreprésentéeauxvm'^siècle par Alexandre-Jean Chrestien,
Sgr de la Masse, né en 1670, qui épousa en 1705 Louise de Kérérault
et qui en eut trois fds vraisemblablement décédés sans postérité.
Alexandre-Jean Chrestien de la Masse eut aussi une fille, Guionne-
Yvonne, née en 1710 à Carhaix, au diocèse de Quimper. On trouvera
dans le Cabinet d'Hozier les preuves de noblesse que celle-ci fit en
1718 pour être admise à Saint-Cyr.
La famille Chrestien de Tréveneuc a fourni, en dehors des person-
nages cités au cours de cette notice, des officiers de grand mérite
dont l'un mourut en 1786 des suites de blessures reçues devant
Madras, un chanoine de Toul, etc.
Principales alliances : de Boisgehn, de Lannion, du Breil de Rays
1720, 1777, Harscouet de Saint-Georges 1780, 1806, de Kergariou 1800,
1839, le Corgne de Launayl80o, de Geslin de Bourgogne 1810, de
Perrienl8o9, Boninde la Bonninière de Beaumont 1882, de Quinemont
1894, Sauvaire de Barthélémy 1892, de Guéhenneuc 1578, de Courson,
de la Motte-Rouge, etc.
Une famille Chrestien, qui possédait la seigneurie des Vallées,
en la paroisse de Carfantain, au diocèse de Dol, se désista de ses
prétentions nobiliaires le 11 septembre 1668. Un sieur Chrestien de
408 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Gouaffanton, de la même province, fut condamné à l'amende comme
usurpateur de noblesse par jugement de 1699.
CHRESTIEN de POLY et de LIHUS. Armes (d'après le règlement d'ar-
moiries de 1827j : d'azur à une bande d'argent accompagnée en chef
de quatre étoiles et en pointe de trois roses tigées et feuillées, le tout
d'argent. — Devise : In Christo salus.
La famille qui est aujourd'hui connue sous les noms de Chrestien
DE PoLY et de Chrestien de Lihus appartenait au commerce parisien
dans la première moitié du xviii'= siècle. On trouvera sur elle des ren-
seignements dans le Nouveau d'Hozier, au Cabinet des Titres, et le
vicomte Révérend en a donné des tableaux généalogiques dans Y An-
nuaire de la noblesse de 1896 et dans les Titres, anobliï<sements et
pairies de la Restauration.
Le sieur Jean-François Chrestien, auquel remonte la fdiation, était
marchand drapier, bourgeois de Paris, ancien garde du corps de la
draperie quand il mourut le 20 février 1743, à l'âge de 57 ans, en sa
maison de la rue des Chargeurs, paroisse de Sainl-Germain-l'Auxer-
rois. De son mariage avec dame Marie Clicquot, il laissait deux llls.
Le second de ceux-ci, Simon-Philibert Chrestien des Ruffais, né en
1734, négociant à Paris, puis avocat au Parlement de cette ville, fut
pourvu le 21 mars 1785 de la ciiarge anoblissante de conseiller secré-
taire du Roi, maison et couronne de France ; il n'eut que trois fdles
dont l'aînée épousa M. Rousseau, secrétaire du Roi, et dont la seconde
épousa Antoine-Henri Boulard, notaire à Paris. Son frère aîné, Pierre-
Jean-François Chrestien, Sgr de Poly, de Lihus et de Chanteloup,
baptisé à Paris le 1" mars 1732, marié à Françoise le Bocquet de
Kério, fut conseiller au Chàtclet de Paris, puis, en 1757, à la Cour des
aides de la même ville et acquit par ces charges la noblesse au pre-
mier degré. Il laissa deux fds, Jean-Prosper Chrestien de Poly, né en
1769, et Pierre-Augustin Chrestien de Lihus, qui ont été les auteurs
de deux branches.
L'auteur de la branche aînée, Jean-Prosper Chrestien de Poly, reçu
le 23 mai 1789 conseiller au Chàtelet, plus tard avoué à Amiens, puis
juge au tribunal de la Seine, enfin, en 1823, conseiller à la Cour
de Paris, marié àM"^ Auxcousteaux, obtint du roi Charles X, le 4 août
1827, des lettres patentes de confirmation de noblesse, comme fils
d'un conseiller à la Cour des aides. Il laissa lui-même deux fils :
V^ Prosper-Félix Chrestien de Poly, né à Amiens en 1803, capitaine
de corvette, officier de la Légion d'honneur, marié à M"^ de Bernard de
la Fortelle, dont le fils aîné, Jules-Prosper, a été tué à l'ennemi en 1871
et dont le second fils, Antoine-Félix, né en 1853, propriétaire du chà-
DICTIONNAIRI': DKS KAMILLKS FRANÇAISES 400
leau (le Liluis, dans l'Oise, conseiller général de ce département, a
eu plusieurs lillcsde son mariaj^e, en 1870, avecM"* Bordas-Larribe ;
2° Louis-Prosper Ghrestien de Poly, conseiller à la Cour d'Amiens,
décédé sans postérité dans cette ville en 1869.
L'auteur de la branche cadette, Pierre-Augustin Ghrestien de Lihus,
reçu le 4 mars 1789 conseiller à la Cour des aides de Paris, épousa
M"° Brociiant, fille d'un conseiller au Parlement. Ses trois fils,
Alexandre-Pierre Ghrestien de Lihus, né à Glichy en 1791, notaire à
Paris, marié à M'^'Robelot, Amédée-Jean Ghrestien de Lihus, receveur
principal des contributions indirectes, décédé sans alliance, et
André-Eugène Ghrestien de Lihus, né au château de Lihus en 1797,
décédé sans alliance, firent reconnaître leur noblesse par ordonnance
royale du 2 juin 1827, puis furent compris dans les lettres de confir-
mation de noblesse accordées le 4 août suivant à leur oncle, M. Ghres-
tien dePoly. L'aîné d'entre eux a laissé deux fils dont l'un a postérité
masculine.
M. Ghrestien de Lihus prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Beauvais pour ses fiefs de Poly, Ghanteloup, etc.
Principales alliances : Boulard (de Vaucelles), Auxcousteaux, de
Mython, de Monchy de Gillocourt, GochetdelaMotte, deBernardde
la Fortelle, Brochant (de Villiers), deLaffitte de Ganson, de Blanc de
Guizard 1858, Beauvarlet de Moismont 1881, le Taillandier de Gabory
1884, de France 1902, etc.
D'après une tradition la famille Ghrestien de Poly et de Lihus
aurait eu dans le passé une origine commune avec une famille Grétien,
ou Ghrestien, de Neuville et avec une famille Ghrestien de Fumechon
qui au xviii^ siècle occupaient l'une et l'autre un rang distingué en
Normandie. D'après cette même tradition, qui ne sappuie sur au-
cune preuve, ces trois familles descendraient d'un Guillaume Ghres-
tien qui fut anobli par lettres de 1369.
Un tableau généalogique conservé dans le Nouveau (THozier fait
descendre les familles Ghrestien de Neuville et Ghrestien de Fumechon
d'un Jean Ghrestien, général des aides, maître des comptes en 1383
et 1388, qui fut bailli de Rouen en 1400. Jean-Numa Ghrestien, fils du
précédent, aurait eu deux fils : 1° Robert Ghrestien de Launay, con-
seiller en l'Échiquier en 1434, dont le petit-fils, Jacques Ghrestien,
lieutenant général des eaux et forêts de Pacy en 1575, aurait été lui-
même grand-père de Jean Ghrestien de Neuville, bailli de Saint-André-
en-Marche en 1620; 2° Jean Ghrestien, conseiller en l'Échiquier, qui
aurait été l'auteur de la famille Ghrestien de Fumechon.
La famille Ghrestien de Fumechon portait pour armes : (ïazur à
un griffon rampant d'argent tenant entre ses pattes une molette d'or.
410 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Jacques Chreslien, inspecteur général des manufactures de France,
possédait en 1747 la seigneurie de Fumcchon, en la paroisse de Thi-
bouville, au diocèse d'Evreux. M. Chrestien de Fumechon fut pourvu
en 1758 delà charge anoblissante de secrétaire du Roi. M. Chrestien
de Fumechon prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues
à Rouen et à Reaumont-le-Roger. Jean-Amable Chrestien de Fume-
chon, né à Thibouville en 1757, conseiller au Parlement de Nor-
mandie, puis président à la Cour impériale de Rouen, député de l'Eure
sous la Restauration et sous la Monarchie de Juillet, décédé à Rouen
en 1841, fut créé chevalier de l'Empire parlettres patentes du 19 juin
1813.
La familleCrétien (ou Chrestien) de Neuville, honorablcmentconnue
au diocèse d'Evreux, paraît être demeurée non noble. Elle s'estéteinte
en 1834.
Un Gilles Chrestien, de l'élection de Mortagnc, fut anobli parlettres
de 1664.
On trouvera dans les manuscrits de Chérin des renseignements sur
une famille Chrestien, d'ancienne noblesse de Normandie, qui por-
tait pour armes : de gueules à trois huchets d'argent. Pierre Chrestien,
chevalier, sieur du Plessis, marié en 1626 à Marie de Malortie, fut
maintenu dans sa noblesse le 16 avril 1643 par arrêt du Conseil. Il
fut père de Pierre Chrestien qui épousa en 1656 Marguerite des Mons-
tiers de Roisroger.
CHRESTIEN de BEAUMINY. Armes : à' or à deux épées d'azur, passées
en sautoir, accompagnées en chef et en flancs de trois croissants du
même et en pointe d'une rose de gueules.
La famille Chrestien deBeaumixv appartient à la noblesse du Beau-
vaisis.
Un de ses représentants, Pierre Crestien, sieur de Saintc-Berlhc,
écuyer, conseiller du Roi, lieutenant de robe courte de Clermont,
eut son blason enregistré d'office à l'Armoriai général de 1696 (regis-
tre de Clermont-en-Beauvaisis) : d'azur à troissautoirs d'argent, 2 erl .
Messire Claude Chrestien de Sainte-Bertlic fut anobli auxviii'^ siècle
par une charge de conseiller du Roi, président en la Cour des mon-
naies de Paris. Il fut père de Philippe Chrestien de Beauminy, écuyer,
licencié es lois, dont une lille, Marie, épousa en 1771 Jean-François-
Xavier Deu de Montigny, mousquetaire.
Jean-Pierre Chrestien de Beauminy, écuyer, Sgr de Watines, Par-
ceval et Mairie de Chépoix ; Claude-François Chrestien de Sainte-
Berthe, écuyer, Sgr en partie du fief de Molles; Charles-F'rançois
Chrestien de Sainte-Berthe, écuyer, avocat au Parlement, Sgr de
DICTIONNAIRK D K S FAMILLKS FHANÇAISES 4H
Limoges et (rArgillicros ; cl Martial Chrcsticn de Sainte-Berthe, (ils
miiKMif, éciiyor, Sgr en partie du lief Cornet, sis à la ^Fotte d'Ancourt,
etKrayères, prirent part en 17<Sl)aux assemblées de la noblesse tenues
à Glermont.
La famille Clircstien de Beauminy n'est pas titrée.
Principales alliances : Tripier de Sennerville, Deu de Montigny 1771,
de Bruc, Domet de Vorges 1900, etc.
CHRÉTIEN du SOUCHAY.
Ancienne famille bourgeoise de Bretagne sur laquelle on trouvera
quelques renseignements dans le Répertoire de biobibliographie bre-
tonne de Kerviler.
Joseph Chrétien du Souchay, né à Mouais en 1784, fut nommé en 1816
juge de paix du canton de Derval. Claude-Nicolas Chrétien du Sou-
chay fut nommé en 1827 juge de paix du canton de Bains. L'abbé
Joseph Chrétien du Souchay, né à Mouais en 1822, décédé à Derval
en 1883, fut aumônier de l'Hôtel-Dieu de Nantes, puis du noviciat des
Frères.
Principale alliance : Poinçon de la Blanchardière 1889.
CHRISTEN (de). Armes : à argent à une épée de sable posée en pal et en
abîme un écu d'argent à la croix de gueules. — Couronne : de Comte.
— Cimier : un agneau pascal portant une bannière d argent à la
croix de gueules. — Devise : Trene Ehre.
La famille de Christën, définitivement fixée en France depuis 1743,
est originaire de l'Unterwald, en Suisse.
On n'a pu se procurer sur elle que des renseignements insuffisants
bien que M. de Magny lui ait consacré dans son Nobiliaire Universel
. une notice, du reste assez vague.
Son chef est connu sous le titre de comte qui, d'après M. de Magny,
lui aurait été concédé par le pape Clément VIIL
Sébastien-Joseph Christën, marié à Marie-Thérèse Seitz, était capi-
taine de grenadiers au régiment suisse de Pfiffer quand son fils,
Antoine-Louis, fut baptisé à Metz le 12 septembre 1767.
La famille de Christën a fourni avant la Révolution un certain
nombre d'officiers distingués au service de France. Charles-Jean de
Christën, né en 17o3 à Marckolsheim, en Basse-Alsace, marié à
Sophie-Louise de Mouret de Montrond, fut officier supérieur de la
garde suisse et obtint en 1825 la croix de Saint-Louis. Théodule,
comte de Christën, né à Colmar en 1835, prit du service dans
l'armée du roi de Naples, François II, dont il fut un des plus vail-
lants défenseurs. Il venait d'accepter, avec le grade de général, du
412 DIGTIUNNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
service dans l'armée française quand il mourut le 28 novembre 1870.
CHRISTI de la PALLIÈRE.
La famille Christi (ou Christy) delà Pallière est anciennement et
honorablement connue en Basse-Normandie, où elle a possédé les
seigneuries de la Pallière, de la Morinière et de Hauteville, et en
Haute-Bretagne où elle a possédé la seigneurie des Douets, en la
paroisse de Saint-Méloir-des-Ondes, au diocèse de Saint-Malo.
On n'a pu se procurer sur elle que des renseignements insuffisants
et on ignore si on doit lui rattacher un Jean (aliàs Vincent) Christi,
théologal du chapitre de Nantes, qui fut un fougueux ligueur et qui
fut député de l'Ordre de lÉglise aux Etats généraux de Paris, en
1593, pour l'élection d'un Roi très chrétien et catholique.
La famille Christi ne figure pas au nombre de celles qui firent recon-
naître leur noblesse lors des diverses recherches ordonnées par
Louis XIV et on ne lui connaît pas de principe d'anoblissement. On
trouve cependant que demoiselle Marie-Charlotte Christy, fille mineure
du sieur Christy de la Morinière, écuyer, Sgr de Hauteville, près la
mer, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du bailliage de
Coutances.
Anne-Marie Cliristy de la Pallière, colonel, décédé en 1794, avait
épousé vers 1790 Marie-Adélaïde Cormier des Fosses qui se remaria
en 1823 au comte Davous, pair de France, et qui ne mourut qu'en
1857.
Jean-Anne Christy de la Pallière, né à Dinan en 1755, marié à
Lorient en 1804 à Françoise Kerléro de Rosbo, décédé à Toulon en
1829, fut capitaine de vaisseau et officier de la Légion d'honneur.
Sa descendance subsistait à Lorient il y a peu d'années.
La famille Christy a fourni des officiers de terre et de mer distin-
gués dont un chevalier de Saint-Louis en 1778.
Principales alliances : Cormier, Mottin, etc.
CHRISTIAN.
M. Christian-Charles-Marie Esterhazy, né le 2 décembre 187o à
Bourg-en-Bresse, demeurant à Beautiran, en Bordelais, demanda le
26 mars 1900, à la suite d'un procès célèbre, et obtint, par décret de
1901, l'autorisation de substituer à son nom patronymique d' Esterhazy
celui de Christian.
L'obtenteur de ce décret est le fils de M. Paul Walsin, connu sous
le titre de comte Esterhazy, ancien préfet, ancien adjoint au maire de
Bordeaux, décédé en 1896, qui avait épousé en 1864 M''* de Faul-
trier.
nir.TiONNAinK drs famillrs françaises 413
Il sera consacré en son lieu mic notice à la famille Walsin-Ester-
hazy.
CHRISTIANI (Chevreau-). Voyez: Ciirvreau-Christiani.
CHRISTIANI (ou CRISTIANI) de RAVARAN. Voyez : Gristiani de
Havaran.
CHRISTIN. Armes : coicpé : au\ d'argent à une croix polencée de sable ;
au 2 dazur à un cosaque d'or, la tête contournée, tenant de la sénestre
une lance brisée d argent et monté sur un cheval galopant de même,
soutenu de sinople et sénestré d'un foudre de gueules mouvant du
flanc; au franc-quartier de gueules à Vépée haute en pal d'argent,
qui est des barons militaires.
La familleCuRisTiN est originaire de Saint-Claude, enFranche-Comté,
oij elle était honorablement connue au xviri^ siècle.
Charles-Gabriel-Frédéric Christin, né à Saint-Claude en 1744, était
avocat dans sa ville natale quand il fuÇélu député aux États généraux
de 1789 par le Tiers-État du bailliage d'Aval ; il joua dans cette
assemblée un rôle assez effacé, fut nommé à l'expiration de son
mandat président du tribunal du district de Saint-Claude et mourut
en 1799.
Antoine-Gabriel Christin, né à Saint-Claude en 1781, général
du génie, commandeur de la Légion d'honneur, décédé en 1844, fut
créé chevalier de l'Empire par lettres patentes du 18 août 1810, puis
baron par nouvelles lettres du 19 janvier 1813. Il avait épousé en
1816 M"" Gondouin, décédée en 1871 . Il en eut trois filles dont l'aînée
épousa le général Bousquet, dont la seconde épousa le général Hain-
glaise et dont la troisième épousa M. Flugène Gouin, maire de Tours,
député et sénateur. Le général baron Christin eut aussi trois fils
dont deux ont eu postérité masculine.
Principales alliances : Gouin, de Miollis 1859, etc.
CHRISTOL (de). Armes (d'après des cachets de famille) : écartelé : au\
d'argent à un chevron de gueules accompagné de trois mouchetures
d'hermine de sable ; au 2 d'or à l'arbre de sinople, terrassé de
même; au 3 bandé d'or et de gueules; au^ de à trois couronnes
d'or ; sur le tout d'argent à un lion de sinople K
La famille de Christol est anciennement et honorablement connue
' Cette notice a été faite à l'aide de renseignements dus à l'obligeance de M. Raoul
de Clavière.
414 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
à Béziers, en Languedoc. On ne lui connaît pas de principe d'anoblis-
sement régulier et elle ne figure pas au nombre de celles de sa région
qui se firent maintenir nobles lors des diverses recherches ordonnées
par Louis XIV; elle paraît s'être, comme tant d'autres, agrégée petit
à petit à la noblesse au cours du xvm* siècle.
La filiation suivie remonte à Jean Christol, écuyer, capitaine d'in-
fanterie, qui épousa Madeleine Rat par contrat du i" août 1038.
D'après un tableau généalogique, cet officier aurait été fils de Jean
Christol, écuyer, habitant de Béziers, marié le 22 mai lG02à Anne de
Mercorant, et petit-fils de Guillaume Christol et de Jeanne Trouilhct.
N... Christol fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de
1G9G (registre de Castelnaudaryj: à'argenl à unlion de sinople.
Guirand de Christol, ancien capitaine d'infanterie garde-côte,
arrièrc-petit-fils de Jean et de Madeleine Rat, prit part en 1789
aux assemblées de la noblesse tenues à Béziers. Il avait épousé,
le 19 mai 1750, Marguerite-Charlotte de Lautrec. Il en eut deux fils,
Marc-Bruno, officier de marine, chevalier de Saint-Louis en 1817,
marié en 1783 à M"* Pellet, et Jean-Pierre-Gabriel, capitaine au régi-
ment de Royal-Roussillon, marié en 1785 à M"'' de ïrémissot, qui
furent les auteurs de deux branches. Les divers représentants
de ces deux branches furent autorisés le 4 février 1859, par jugement
du tribunal civil de Montpellier, à faire rectifier les actes de l'état civil
dans lesquels leur nom n était pas précédé de la particule : de.
La famille de Christol a fourni de nombreux officiers, des cheva-
liers de Saint-Louis, des membres de la Légion d'honneur, un doyen
de la Faculté des sciences de Dijon, etc.
Elle n'est pas titrée.
Principales alliances : de Kérouartz 1892, de Rolland 1900, de Bois-
lève de Chamballan, de Lautrec, etc.
CHRISTOPHE, CHRISTOPHE de la MOTTE GUÉRY et CHRISTOPHE de
BRÉGEOT. Armes concédées au colonel baron Christophe de la Motte-
Guéry parle règlement d'armoiries du 6 juillet \^\<6 : coupé : au\ parti
à dextre d'or à un lion rampant et contourné de sable et à sénestre
de gueules à Vépée haute en pal d'argent, qui est des barons mili-
taires ; au 2 d'azur à une redoute d'or, mouvante du flanc dextre,
soutenue du même, sommée d'une batterie, tirant de gueules et de
sable, et sénestrée d'un cuirassier à cheval chargeant sur la batterie,
le sabre à la main, le tout d'or. — Armes concédées en 1809 au
général baron Nicolas-François Christophe : coupé : au 1 parti de
sinople à une tête de cheval d'argent et de gueules à Vépée haute en
pal d'argent, qui est des barons militaires ; au 2 d'argent à un dextro-
Dir/riONNAlRR DF.S FAMILLKS FRANÇAISES 415
chèj'e an naturel, rebrassé de sinople, chargé de cinq chevrons du
champ sur la manche et armé d'un sabre recourbé de gueules, le tout
mouvant du flanc sénestre. — Armes concédées au colonel baron
Joan-FranroisGliristoplicpar le règlement d'armoiries du 10 juin 1818 :
parti : au \ d'or à trois tubes de canon de sable, posés en pal; au
2 d'argent à un dexlrochère armé de sable, tenant une épée haute
du même, le tout rehaussé d'or ; au cite f d' azur chargé de trois étoiles
d'argent.
La famille Christophe appartenait au xviir siècle à la haute bour-
geoisie de Nancy. Le vicomte Révérend en a donné un tableau généa-
logique dans ses Titres, anoblissements et pairies de la Restaura-
tion.
Nicolas-Denis Christophe, avocat à la Cour, conseiller et échevin
de Nancy, marié vers 1765 à Thérèse-Marie Biot de Lambinet, en
eut, entre autres enfants, trois fds, Philippe, Nicolas-François et Jean-
François, qui furent des officiers du plus grand mérite.
Philippe Christophe, né à Nancy en 1769, colonel du 12^ cuirassiers
en 1808, retraité en 1830 avec le grade de maréchal de camp hono-
raire, commandeur de la Légion d'honneur, décédé à Versailles en
1848, fut créé baron de l'Empire sous la dénomination de : de la Motte-
GuÉRY par lettres patentes du 26 février 1814 et fut confirmé dans la
possession de son titre par nouvelles lettres patentes du 6 juillet 1816,
avec règlement d'armoiries. De son mariage avec Louise-Anne de
Monfrabeuf, décédée à Paris en 1857, il laissa deux fils : 1° Charles-
Auguste Christophe, baron de la Motte-Guéry, né en 1795, capitaine
de cavalerie, marié en 1835 àM"*^ Damien, décédé en 1873, dontla des-
cendance subsiste; 2° Nicolas-Edouard Christophe de la JNIotte-Guéry,
né en 1800, chef de bureau au ministère des finances, officier de la
Légion d'honneur, qui mourut à Paris en 1843 sans avoir eu d'enfants
de son mariage avec M'"= de Force ville.
Nicolas-François Christophe, né à Nancy en 1770, général de bri-
gade en 1813, officier de la Légion d'honneur, décédé sans alliance
en 1839, fut créé baron de l'Empire par lettres patentes du 15 novem-
bre 1809.
Jean-François Christophe, né à Nancy en 1772, maréchal de camp
en 1815, commandeur de la Légion d'honneur, décédé en 1827, fut
créé baron de l'Empire par lettres patentes du 12 février 1812 et fut
confirmé dans la possession de son titre par nouvelles lettres patentes
du 16 juin 181 8. Il avait épousé en 1803 M"' de Brégeot. Il en eut deux fils
dont l'aîné, officier d'infanterie, mourut sans postérité en 1874. Le
puîné, Louis-Félix, baron Christophe, né en 1806, chef de bureau au
ministère de ITntérieur, avait vainement demandé le 30 août 1862
416 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
l'autorisation de joindre régulièrement à son nom celui de la famille
de Brégeot sous lequel il était connu. Il est décédé en 1876 n'ayant
eu que deux fdles mariées successivement à M. Protau. Il a été con-
sacré en son lieu une notice à la famille de Brégeot dont une
branche s'est perpétuée jusqu'à nos jours.
Principales alliances : de Monfrabeuf, de Forceville, de Caila 1862,
de Brégeot 1803, etc.
La famille dont il vient d'être parlé paraît être distincte de celle de
Claude Christophe, peintre, né à Verdun de parents originaires de
Saint-Mihiel, qui fut anobli le 30 mai 1726 par lettres patentes du duc
de Lorraine.
CHUPPIN de GERMIGNEY. Armes : do?' à iin chevron cVazur surmonté
d'une étoile de gueules, accostée de deux croissants duméme, et accom-
pagné en pointe d'un arbre de sinople.
Charles Chuppin était conseiller secrétaire du Roi, garde des rôles
des offices de France quand il épousa, le 28 novembre 1711, Marie-
Madeleine Verrier-Quentin.
Athanase Chuppin, ancien officier supérieur, conseiller à la Cour
d'Amiens en 1811, fut maintenu dans sa noblesse par lettres patentes
du roi Louis XVIII du 30 juillet 1819 et obtinlen môme temps le règle-
ment de ses armoiries. 11 fut dès lors connu sous le nom de Chdppin' de
Germigxey. Il laissa un fils, Omer-Nicolas Chuppin de Germigney, né
à Paris en 1803, conseillera la Cour de Bastia en 18i4, substitut du
procureur général à la Guadeloupe en 1848, qui ne paraît pas avoir
laissé de postérité.
Principale alliance : de Maussion de Candé.
Une famille Chuppin, originaire du Maine, possédait sous Louis XIV
la seigneurie de la Guittonnière, près de Fougères, en Haute Bretagne.
Elle portait pour armes : d'azur à six billetles d'or, 3, 2 e^l. Elle fut
maintenue dans sa noblesse en 1610 par arrêt de la Cour des aides
de Paris et en 1669 par arrêt du Parlement de Bretagne.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
TOME I
ACCARIAS de SÉRIONNE.
L auteur de cette famille, Joseph (aliàs Jacques) Accariasde Sérionne,
était ne le b octobre 170G (aliàs 1709) à Ghàtillon-Saint-Jean, près de
Romans, en Dauphiné, et était fils de Jean-Baptiste Accarias et de
Gatherme Lagier. D'abord avocat au Grand Conseil, il fut pourvu le
19 avril 1 /46 de la charge anoblissante de secrétaire du Roi au Grand
Collège, dut s'expatrier en 1757 à la suite de revers de fortune et
mourut en 1792 à Vienne, en Autriche. Il avait écrit un certain nom-
bre d ouvrages d'économie politique estimés. Il fut père de Jean-Jac-
ques Accarias de Sérionne, qui épousa Louise-Marthe de Sainson et
grand-père de Louis-Jacques Accarias de Sérionne, né à Paris 'en
1 ^86, lieutenant-colonel de lanciers, qui épousa en 4816 Louise-Pul-
chérie du Goetlosquet. Le fils de celui-ci, Jean-Louis-Gyr-Adolphe
ne en 1818 à Gyr-les-Nonains, en Orléanais, laissa tomber en désué-
tude le nom patronymique d'Accarias pour ne conserver que celui de
Sérionne. Il a lui-même laissé deux fds dont l'un, connu sous le titre
de comte de Sérionne, a épousé en 1897 M"^ Yvonne du Bouavs de
la Bégassière.
AREXY (d'). Armes : de gueules à un sautoir d'argent chargé de trois
vols de même ^
La famille d'Arexv est originaire du paysdeFoix où elle était hono-
rablement connue dès le xvii« siècle. On trouvera sur elle des rensei-
gnements dans le tome III de la France moderne.
Jean-Pierre d'Arexy, marié en 1711 à Françoise deMartinis fut tré-
sorier des Etats du pays de Foix, secrétaire du Roi en la chancellerie
près le Parlement de Toulouse et enfin, en 1720, capitoul de cette ville.
' Cette notice remplace celle qui avait été consacrée à la famille dArexv dans le
premier volume de cet ouvrage. u^iexj aans le
27
418 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Il avait acquis la noblesse héréditaire à la faveur de ces charges,
mais il n'eut qu'un fils, François, qui mourut en 1776 sans laisser de
postérité masculine. Son frère, Antoine Arexy, habitant de Saint-
Girons, fut père de Pierre d'Arexy, né en 1701, marié en 17o8 à Marie-
Thérèse de Catalan, qui fut anobli en 1781 par le capitoulat de Tou-
louse et qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues
dans cette ville, et grand-père de Jean-Antoine d'Arexy, né en 176),
dont la descendance s'est perpétuée jusqu'à nos jours.
La famille d'Arexy n'est pas titrée.
Principales alliances : de Bellissen 1743, de Falguière, etc.
ARGENT de DEUX-FONTAINES (d).
Ce fut Jean-Arnould u'Ahgent de Deux-Fontaines, né à Chàlons en
1736, aïeul des divers représentants actuels, qui prit part en 1789
sous letitredemarquisd'Argentaux assemblées de la noblesse tenues
à Soissons.
ARMAILHAGQ (d'). Armes : parti de sinopleau sénestrochère d'argent
tenant une arme de même et d'azur à lafasce d'argent accompagnée
de deux chiens courant de même.
La famille d'Armailh.xcq était honorablement connue en Médoc dès
la lin du xvii* siècle. Elle était venue de Gascogne se lixer dans ce
pays par le mariage que l'un de ses membres contracta vers 1680
avec une demoiselle de Romal, héritière d'une partie de la terre de
-Mouton, aux portes de la ville de Pauillac Dominique d'Armailliacq,
bourgeois de Bordeaux, ancien oiïicier de marine, mari de Catherine
Marchand, était sous Louis XVI inspecteur des fortifications de la
Gironde depuis le Fort-Médoc jusqu'à la Pointe de Grave. Son fils,
Louis-Udet d'Armailhacq, conseiller du lloi, trésorier payeur des
gages de la Cour des aides, épousa, par contrat du 24 juin 1780,
Marie-Tliérèse de Laporle. Armand-Joseph d'Armailliacq, né en 1789,
fils de celui-ci, conseiller auditeur à la Cour d appel de Bordeaux en
1821, décédé en 1868, fut un des viticulteurs les plus distingués du
Bordelais. Il s'était apparenté aux meilleures familles de la région
par son mariage, en 1827, avec M"*" de Caries. Il laissa une fille, hé-
ritière du domaine de Mouton d'Armailhacq, à Pauillac, qui épousa
en 1858 Jean-Adrien de Ferrand. Il eut aussi deux fils dont l'anié,
Louis-Amédée, né en 1829, a laissé des enfants de son mariage, en
1860, avec M"* Cavaignac de la Lande et dont le second, Jacques-
Albert, né au château de Mouton en 1831, décédé en 1907, a été supé-
rieur de Saint-Louis-des-Français, à Rome *.
* Cette notice remplace celle qui avait été consacrée à la famille d'Armailhacq
dans le premier volume de cet ouvrage.
ninrioNNAiRR nr.s familles françaisrs 4i9
ARNAUD de CHATEAUNEUF. Armes : tranché d'azur et de gueules à
la bande d'or accompagnée en chef d un lys du même et en pointe
d'une rose d'argent.
La lamillo Arnaud DR CHATEAUNEUF, aujourd'lnii éteinte, appartenait
à la noblesse niçoise. Elle était honorablement connue à Nice depuis
plus de deux- siècles quand André Arnaud épousa, dans la seconde
moitié du xvin« siècle, Thérèse-Françoise Ghisi, héritière d'une partie
du hef de GhAteauneuf, situé sur le penchant septentrionnal du Mont
Macaron. M- Arnaud obtint, par lettres du roi de Sardai-ne du 3 juin
1771, 1 investiture de cette portion du fief de Chàteauneuf avec le
titre héréditaire de baron.
La famille Arnaud adopta alors le blason d'une famille Arnaud de
Riez, de Rousset et de Monier, d'ancienne noblesse de Provence dont
une branche, éteinte au xviii« siècle, avait possédé une autre seigneurie
de Chàteauneuf. Il a été dit quelques mots de cette famille dans la
notice consacrée à la famille d'Arnaud de Vitrolles qui en a éo-ale-
ment adopté les armoiries. '^
Louis-Ayguif Arnaud, baron de Chàteauneuf, décédé en 1835 fut
sénateur et juge du consulat de la mer de Nice. Son neveu, Charles
Arnaud, baron de Chàteauneuf, major dans l'armée royale sarde
avait épousé Marie-Anne Scarampi, décédée en 1884. Il en eut deux
fils qui furent les derniers représentants mâles de leur famille •
1° Alexandre, baron de Chàteauneuf, décédé en 1879, dont la fille
unique, Delphine, héritière de la baronnie de Chàteauneuf a épousé
M. Alexandre Faraudi ; 2" Félix, chef de section au ministère des
affaires étrangères du royaume d'Italie, dont la fille unique a épousé
le chevalier Montegrandi.
Par décret du roi d'Italie du 12 avril 1885 M. Alexandre Faraudi a
ete autorisé à relever le titre de baron de Chàteauneuf qui appartenait
a la famille de sa femme et à le transmettre à ses descendants.
ARTHAUD de VIRY. Armes : écartelé : aux I et 4 d'azur à trois tours
crénelées d'argent, ^et\, qui est d'Arthaud ; aux ^ et 'à de sable à la
croix ancrée d'argent, ouverte en cœur d'un carreau du champ qui
est de Viry^. ^
La famille Arthaud est fort anciennement connue dans la petite
ville de Saint-Germain-Laval, en Forez, à laquelle elle a fourni des
notaires dès lexv« siècle. On en trouvera des généalogies détaillées
dans V Annuaire de la noblesse de 1873 et dans X'Asse^nblée de la
noblesse du bailliage de Forez en 1789, de M. de Jouvcnccl.
hIc li'^ "'"•'■'' ''^"?I'''''^^. ^^"^ 1"'' «^-aif éf<^' consacrée à la famille Arthaud de Virv
dans le premier volume de ce Dictionnaire. ^
420 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Comme la plupart des familles nobles du nom d'Artaud, ou d'Arthaud.
elle a adopté des armoiries rappelant celles de l'illustre maison
dauphinoise des Artaud de Montauban, depuis longtemps éteinte.
Maître Antoine Arthaud, lieutenant particulier de la ville et châtel-
lenie royale de Saint-Germain-Laval, décédé le 7 août 1052, avait
épousé Françoise de Viry, héritière d'une seigneurie de son nom
dont ses descendants ont conservé le nom. Cette seigneurie passa
vers le milieu du xviii^ siècle dans la famille de Thy de Milly. Fran-
çoise de Viry appartenait à une famille distinguée dont un membre,
Jacques de Viry, fut député aux l-^tats généraux de 1484, mais qui
n'avait aucun rapport avec la puissante maison savoisienne du
même nom encore existante. Sébastien Arthaud, fils des précédents,
décédéen 1704 à l'àge de 65 ans, fut secrétaire du prince de Condé.
Il prit le premier la qualification d'écuyer, probablement en raison
de ses fonctions. Son fils, Etienne-Antoine Arthaud, sieur de Viry,
né en l(38b, marié en 1705 à Marie Boyer, régularisa la situation
nobiliaire de sa famille par l'acquisition, le 30 septembre 1729, de
l'office anoblissant de secrétaire du Roi en la chancellerie près le
Parlement de Provence. Il laissa deux fils, André Arthaud de Viry,
né à Saint-Geimain-Laval en 1719, receveur des tailles à Clermonl-
Ferrand, marié en 1744 à Marie-Anne Espinasse, et Jean Arthaud de
Viry, sieur de Chantois, né en 1720, marié en 1748 à Gabrielle
Barnier, qui furent les auteurs de deux branches.
L'aîné de ces deux frères fut maintenu dans sa noblesse par
lellros patentes de 1772 et prit part en 1789 aux assemblées de la
noblesse tenues à Clermonl-Ferrand. Son fils, Jean-Baptiste-Antoine
Arthaud de Viry, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
du Forez. Celte branche s'est éteinte avec le petit-lils de celui-ci,
Antoine- Arthur Arthaud de Viry, qui est décédé en 1885 sans avoir
eu d'enfants de deux mariages successifs avec M"* de Matharel et
avec M"^ de Labareyre.
Jean Arthaud de Viry, auteur de la branche cadette, fut père de
Philippe-Emmanuel Arthaud de Viry, marié en 1778 à M"^ de Conten-
son, qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du Forez.
Cette branche était représentée de nos jours par le docteur Charles-
Octave Arthaud de Viry, membre du Conseil général de la Loire,
décédé en 1901, qui a laissé quatre enfants de son mariage, en 18G8,
avec M"*Perdrigeon.
La famille Arthaud de Viry a fourni des ofllciers, des magistrats,
de savants médecins, des membres de la Légion dhonneur, etc.
Elle n'est pas titrée.
Principales alliances: d'Allard, Chassaing, de Boissieu 1018, de
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 421
Viry, lioycr HOo.dc lîec(l(>lièvre I8h2,(le8ampigny d'Issoncourt 1808,
Aiidraiid de Farpaleix 1771, de Noyel de Paran^res 1813, de la Mure
1780, Denis de Giuieii 1801, de MaUiarcI 1849, Garnier de la Bareyre
1851, du Besscy de Contenson 1778, de Froment 1905, de Maulbon
d'Arhaumont 1904, etc.
ASSELIN d'ESPARTS, de VILLEQUIER et de CRÈVECŒUR. Armes
de la brandie d'Esparts : d'azur à une fasce d'argent chargée de
trois roses de gueules et accompagnée de trois molettes d'éperon
d'argent. — Armes de la branche de Villequier et de Grèvecœur :
d'azur à un chevron d'or accompagné de trois burettes de même. —
ïorld : de Baron. — Supports : deux griffons ailés. — Devise : Fideli-
tas, spes ^
La famille Asselin appartient à la noblesse de robe de Normandie.
Elle remonte par fdiation à noble homme Charles Asselin, avocat
et conseiller du Roi en la vicomte d'Orbec, marié à Jeanne Levasseur,
dont le fils, Louis Asselin, avocat en la cour du Parlement de Nor-
mandie, épousa par contrat du 6 juillet 1604 Diane Houel, dame des
Parts. Pierre Asselin de Part (ou d'Esparts), sieur de Longchamps,
fils des précédents, était maître d'hôtel ordinaire de Sa Majesté quand
il fut anobh par lettres patentes d'octobre 1643, enregistrées en la
Gour des aides. Un édit d'août 1664 ayant révoqué tous les anoblisse-
ments concédés depuis 1611, Pierre Asselin se lit accorder, en avril
1675, de nouvelles lettres patentes qui confirmaient celles obtenues
par lui en 1643. Deux de ses fils, Pierre Asselin de Part, Sgr de Long-
champs, conseiller en la Gour des aides de Normandie en 1672, et
Jacques Asselin, conseiller au Parlement de Normandie en 1695,
plus tard échevin de Rouen et secrétaire du Roi et de ses finances,
furent les auteurs de deux branches. Un autre de ses fils, Jacques
Asselin, secrétaire du Roi en 1702, fut père de Louis Asselin, Sgr
de Bosville et de Bretteville, qui fut conseiller, puis maître des re-
quêtes au Parlement de Normandie.
Pierre Asselin de Part, auteur de la branche aînée, fut père de Pierre-
Alexis Asselin d'Esparts, SgrdeLongchamps, reçu en1706conseiller
en la Gour des comptes, aides et finances de Normandie, qui obtint
des lettres d'hoimeur le 16 janvier 1734, grand-père de Gharles
Assehn, né en 1717, chevalier de Saint-Louis, lieutenant de Roi de la
ville de Laon, gentilhomme de S. A. S. Mgr le duc d'Orléans, et
bisaïeul de Louis-Philippe Asselin de Part, né en 1768, qui fit en 1781
des preuves de noblesse pour être admis à l'École militaire. Gette
'Cette notice remplace celle qui avait été consacrée à la famille Asselin de Villequier
et de Grèvecœur dans le premier volume de ce Dictionnaire.
422 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
branche s'est éteinte au cours du xix* siècle. Son dernier représentant
fut le fondateur de l'hôpital Asselin, à Yvetot.
Jacques Asselin, auteur de la seconde branche, fut père de Jacques-
Louis Asselin qui acquit en 1696 la belle terre de Villequier, sur les
bords de la Seine, et qui en obtint l'érection en baronnie par lettres
patentes du 14 avril 1712. Celui-ci laissa deux tils dont l'aîné, Jacques-
Louis Asselin, baron de Villequier, conseiller au Parlementde Norman-
die en 1724, mourut sans postérité en 1751 et dont le second, Jean-
Alexandre Asselin, baron de Villequier après la mort de son frère,
épousa M'"" le Cornu de Bimorel, dame de Crèvecœur, et continua
la descendance. Jean-Alexandre laissa à son tour deux fds :
1° Jacques-Alexandre Asselin, baron de Villequier, né en 1759,
conseiller au Parlement de Normandie en 1780, président de
chambre à la Cour dappel de Rouen en 1811, député de la Seine-
Inférieure en 1815 et 1827, marié aune sœur du chancelier Dambray,
dont la descendance subsiste ; 2" Jean-François Asselin de Crève-
cœur, conseiller au Parlement de Normandie, dont les deux petiis-
fds n'ont pas eu de postérité masculine.
Il existait au xyii*^ siècle une branche de la famille Asselin dont le
point de jonction avec la souche est mal connu. Cette branche
portait pour armes : d'a2Mr à un chevron d'argent accompagné en
chef de deux étoiles d'or et en pointe dim croissant de même. Elle
avait pour auteur Philippe Asselin, Sgr de Frenelles, conseiller au
Parlement de Normandie en 1618, qui fut anobli par sa charge. Elle
fut maintenue dans sa noblesse, lors de la grande recherche
commencée en 1666, par jugement de M. de la Gallissonnière, inten-
dant de Rouen.
Principales alliances : le Cornu de Bimorel, Dambray, deRiedmat-
ten, Gardon de Montigny 1824, Lucas de Lestanville 1813, le Bègue
de Germiny 1807, Ghrcstien de Fumechon 1811, Godard de Belbeuf
1844, Dufresne de Beaucourt 1848, des Isnards-Suzc, Girod de
Resnes, de Guillebon 1899, des Champs de Boishcbert, de Maistre,
de Lorgeril, de Lavau, etc.
Il a existé à Rouen une autre famille Asselin qui portait pour
armes : d'azicr à un chevron d'argent accompagnée une épée de même
posée en pal, la pointe en haut, traversant sous le chevron, la
garde et la poignée d'or. Cette famille avait pour auteurs Jean-Bap-
tiste Asselin, de Rouen, brigadier des gendarmes delà garde du Roi,
et son frère, François, capitaine appointé dans ladite compagnie,
qui lurent anoblis par lettres de juillet 1718.
TOME II
BARESCUT (de). Armes : d'or à un palmier de sinople ; aie chef cousu
d'argent chargé de trois étoiles d'azur.
BARTHELATS (de). Aimes : iïazur àun tigre passant au naturel K
La famille deB.^rthelats, aujourd'hui éteinte dans les mâles, appar-
tenait à la noblesse du Forez. Le comte de Jouvencelena donné une
généalogie dans son Assemblée de la noblesse du bailliage de Forez
en 1789. Ses premiers auteurs connus portaient le nom de Berlhelals,
ou Berthelat, et la tradition la fait descendre d'une famille de Ver-
tholey (BerLholeaj qui dès le xiu'' siècle occupait un rang distingué
dans la même région.
La filiation remonte à Lambert Barl.elat, sieur du Deteil et de la
Palleide, demeurent en la paroisse de Saint-Alyre, en Auvergne, qui
avait épousé Françoise d'Arcon et dont le fils, noble Gilbert Bartelat,
sieur des Gaignevins, de la Palayde, du Deteil, etc., capitaine d'une
compagnie de gens de pied, épousa Marie Tissierpar contrat du 12 jan-
vier 1528. Les représentants de la famille de Barthelats, ou de Ber-
thelats, furent maintenus dans leur noblesse en 1668 par jugement
de l'intendant Dugué. Claude de Berthelats, écuyer, demeurant au
bourg de Renaison, rendit hommage le 16 mars 1674 pour son fief
d'Arfeuillette. Son fils, Jacques-ÎNL^rie de Berthelats, écuyer, Sgr d'Ar-
feuillette, baptisé à Feurs le 2 octobre 1658, fit enregistrer son blason
à l'Armoriai général de 1696 (registre de Roanne). Il épousa dans la
suite, en 1707, Marie-Anne Michon de Vincé et en eut deux fils,
tous deux appelés Claude-Marie, qui furent les auteurs de deux
rameaux.
L'aîné de ces deux frères, Claude-Marie de Berthelats, rendit
hommage pour son fief d'Arfeuillette le 2 septembre 1753 et le 23 dé-
cembre 1776. Sa descendance s'est éteinte en la personne de son pe-
tit-fils, Antoine-Claude de Barthelats, né en 1782, qui est décédé en
1851 laissant une fille unique mariée en 1835 au comte de l'Estoile.
' Cette notice remplace celle qui avait été consacrée à la famille de Barthelats
dans le deuxième volume de ce Dictionnaire.
424 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Gilbert de Barthelats, né en 1763, chef du second rameau, fut admis
en 1776 parmi les' pages du duc d'Orléans. Il fut connu dans la suite
SOUS le titre de marquis de Barthelats. Son fils, Jean-Louis, marquis
de Barthelats, décédé en 1870, fut le dernier représentant mâle de sa
famille. De son mariage avec M"* d'Aigrepont il laissa une fille qui
épousa d'abord en 1870 M. de Beuverand, puis en 1875 M. Edmond-
Stéphen Durrieu (de la Carelle), comte romain.
M. de Berthelats, Sgr d'Arfeuillette, et le chevalier de Derthelats
avaient pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse du Forez.
La famille de Barthelats a fourni des ofïiciers.
Principales alliances: de Fradel 1648,NompèredeGhampagnyl71o,
Feydeau 1646. du Claux de l'Estoilc 1835, de Laval d'Arlempdes 1829,
de Vernin d'Aigrepont, de Beuverand 1870, etc.
TOMli III
BEAUVISAGE de GUNY et de SEUIL (de). Armes : d'azur à trois bustes
d' homme d'or, H et l.
La famille Beauvisagk était originaire de Fèrc-en-Tardenois où elle
occupait un rang distingué dès la tin du xvi<= siècle K
Un de ses membres, Nicolas-Charles de Beauvisage, chevalier,
comte de Saint-Jean de Latran, fds de François Beauvisage, bourgeois
de Laon, fut nommé maire de cette ville en 17:20. Il eut plusieurs iils
qui ont peut-être laissé des descendants.
Iliérosme Beauvisage, décédé en 1604, issu d'une autre branche,
fut subdélégué de l'intendant à Fère-en-Tardenois. Son fds, Charles
Beauvisage, avocat, lieutenant de Roi, receveur au grenier à sel de
Fère-en-Tardenois, décédé en 1748, eut, entre autres enfants, une
fdle, qui épousa en 1723 Jean de la Fontaine, neveu du célèbre fabu-
liste, et un fils, Joseph Beauvisage, Sgr de Montberlault, décédé
en 1762, qui épousa en 1739 Suzanne de Lesguisé d'Aigremont. Les
deux fils de celui-ci, Charles-Joseph Beauvisage, Sgr de Guny, né
en 1740, et Nicolas-Jérôme Beauvisage, Sgr de Seuil, né en 1743,
furent l'un et l'autre pourvus de la charge anoblissante de président
trésorier de France au bureau des finances de Soissons. L'aîné de ces
deux frères mourut en 1795 laissant cinq filles. Le puîné eut deux fils :
1° Henri Beauvisage de Seuil, décédé en 1858, qui épousa sa cousine
germaine, Athénaïs Beauvisage de Guny, et dont la fille unique, héri-
tière du château de Guny, épousa en 1826 M. Chabaille d'Auvigny ;
2° Félix de Beauvisage de Seuil, qui épousa en 1819 M"« de Lannoy
et qui en eut deux filles, M'"^ Branche de Flavigny, décédée en 1909,
IVr^deTaffin de Tilques, décédée en 1895.
Principales alliances : de la Fontaine, de Lesguisé d'Aigremont,
Carpentier des ïournelles 1764, de la Fons 1807, de Lannoy 1819,
Chabaille d'Auvigny 1826, Branche de Flavigny 1840, de Taffin de
Tilques 1848.
' Cette notice a été faite à l'aide de renseignements dus à lobiigeance de M. le
vicomte de Hennezel d'Ormois,
426 DIGTIONNAIBE DES FAMILLES FRANÇAISES
BELLOC de CHAMBORANT (de) et BELLOC (de).
C'est par erreur qu'on a fait descendre cette famille d'un Antoine
Belloc, bourgeois de Toulouse, qui fut capitoul de cette ville en 1647
et en 1667 et qui fut anobli par ses fonctions. La famille de Belloc
actuellement existante est originaire de Lombez (Gers). Son auteur,
Pierre Belloc, bourgeois de cette ville, décédé le 9 mars 'J704, avait
épousé le 30 novembre 1669 Jeanne Sabatéry. veuve de Pierre Ba-
vone. Il fut père de Bertrand Belloc, né en 1672, receveur des tailles
en l'élection de Comminges, juge de Lombez, marié à Jeanne Lapey-
rie, et grand-père de Pierre Belloc, né le 10 mai 1697, d'abord pré-
sident en l'élection de Comminges, qui fut de 174o à 1763 président
des requêtes au Parlement de Toulouse et qui fut anobli par ses fonc-
tions. Le président de Belloc avait épousé d'abord en 1730 M'"" de
Boisset, fille d'un conseiller au Parlement de Toulouse, dont il n'eut
qu'une fille, puis en 1736 M'"' d'Aspe, fille d'un président à mortier
au même Parlement, dont il eut une nombreuse postérité. Un de ses
fils, Antoine-Thérèse de Belloc, Sgr de la Rassade, conseiller au Par-
lement de Toulouse en 1759, puis président de la première chambre
dudit Parlement, marié en 1772 à M"* dAndéard, héritière de la
baronnie de Prègnes, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse
tenues à Toulouse et à Muret et fut guillotiné à Paris le 6 juillet 1794.
BELLOMAYRE (de).
Michel-Gabriel Bellomayrk. né à Toulouse en 1801, anobli en 1829
par lettres du roi Charles X, était non pas le petit-fils, comme il a été
dit par erreur, de Jean-François Bellomayre, né en 1741, marié à
M"^ d'Izarny-Gargas, mais son propre fils, issu de son second mariage,
en 1799, avec Anne-Sophie de Laporte.
TOME IV
BERMONDI. Armes : coupé : au l de gueules à une bande d'argent
chargée de trois croisettes potencées d' azur ; au'i d'azur à une mon-
tagne d\irgent, rocheuse, issante de la pointe de Vécu, surmontée
de trois étoiles d'or rangées en fasce.
La famille Bermojvdi appartient à l'aristocratie niçoise. M. de Orcs-
iis lui a consacré une notice dans sa Noblesse niçoise, publiée en
1909 dans le Nice historique.
Elle a eu pour auteur Barthélémy Bermondi, né en 1786, sénateur
du royaume de Sardaigne, conseiller d'P^tat en 1843, avocat général
près la Cour de cassation, grand-croix des Saints Maurice et Lazare,
décédé en 1855, qui reçut le titre héréditaire de comte par lettres
patentes du roi de Sardaigne du 24 novembre 1840.
BERNARD du SAGET (du). Armes de la famille du Bernard : d'or à un
taureau au naturel passant sur une terrasse de sinople et adextré
d'un soleil naissant de V angle de Vécu; au chef d'azur chargé d'un
croissant accosté de deux étoiles, le tout d'or.
BERTHELIN, en Champagne.
Cette famille, à laquelle il a été consacré une notice dans le tome IV
de cet ouvrage, tire sa noblesse de la charge de secrétaire du Roi en
la chancellerie de Lyon dont fut pourvu Edme Berthelin, Sgr de
La Chaise, né en 1731, major de la milice de la ville de Troyes. La
chancellerie de Lyon ayant été supprimée et réunie à celle de Nancy,
Edme Berthelin fut pourvu en 1776 du même office auprès de cette
dernière chancellerie et le conserva jusqu'en 1786, date à laquelle il
donna sa démission. Il épousa en 1751 Marie-Charlotte Wattier dePui-
sieux et mourut fort âgé en 1820.
BIERDUMPFEL (de). Armes : coupé: au 1 d'or au corbeau de sable, les
ailes étendues, tenant en son bec une bague d'or ; au 2 de gueules
au chevron d'argent. — Couronne : de Baron. — Cimier: le corbeau
de Vécu, entre un vol de gueules, Vaile dexlre chargée d'une barre
428 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
d'argent et l'aile séneslre chargée d'une bande du même. — Supports :
deux griffons de sable, armés et lampassés de gueules. — Devise :
Virtus et fidelitas. — Armes particulières concédées en 1695 à Johann,
baron de Bierdûmpfel : écarlelé : au 1 de sinople au lion issant et
contourné dor, tenant une faux dargent, la pointe tournée vers
la dextre ; au 2 dargent à trois épis de blé dor en faisceau ; au 3 de
sable plein; au 4 dor plein.
La famille de Bierdûmpfel, naturalisée en France au cours du
xix*^ siècle, était originaire de Bavière. M. Villain en a donné un
tableau généalogique dans le tome II de la France Moderne à la
suite de la notice consacrée à la famille de Molière. D'après ce tra-
vail, dont on n'a pu vérifier l'exactitude, la famille de Bierdiimpfel
serait de noblesse ancienne etremonterait par filiation suivie à Henri
de Bierdûmpfel, marié à noble demoiselle de Giggenbach, dont le
fils, noble Louis de Bierdûmpfel, marié en 1528 à Johanna de Gros-
berg, aurait été admis en lo02 dans le corps de la noblesse bava-
roise. D'après le même travail, Jean de Bierdûmpfel, né au château
d'Altenbcrg en 1669, qui représente le septième degré de la filiation,
aurait été créé baron et aurait reçu des armoiries particulières par
édit du 12 août 1695 de Maximilien-Emmanuel, grand-électeur de
Bavière. Jean-Frédéric-Guillaume de Bierdûmpfel, né à Pappenheim
en 1811, d'abord ofiicier bavarois, vint se lixer en France en 1844,
épousa en 1846 M"^ de Molière de Saint-Alban et obtint peu de temps
après la grande naturalisation. Il a été père de M"*'' Pansier et de
Paul-Gilbert, baron de Bierdûmpfel, né en 1850, qui a eu plusieurs
filles de deux alliances successives.
BLAY de GAIX (de). Armes : d'or à un pinde sinople fruité du champ.
TOME V
BOIXO (de). Armes : parti : aui d'or à une branche de buis de sinople,
mise en pal et surmontée de deux têtes de maure de sable, tortillées
d'argent; au 2 d'azur à un lion d'or; coupé fascé d'or et d'azur
de six pièces, les fasces d'or chargées de six quinte feuilles de gueules,
posées 3, 2, 1.
BONNEFONT de la POMARÈDE (de). Armes : d'or à un écusson
de gueules en abîme.
La famille de Bonnefont de Lapomarède est originaire du pays de
Rivière-Verdun, en Gascogne, où elle était honorablement connue
dès le XVII* siècle et où elle possédait la terre de Pradère. M. Villain
en a donné une généalogie dans le tome III de la France Moderne.
Jean-François Bonnefont, auquel remonte la filiation, se qualifiait
sieur de Pradère dans la seconde moitié du xvii'^ siècle. Son fils,
Jean-Jacques Bonnefont, avocat au Parlement de Toulouse, décédé
en 17i2o, devint par héritage, en 1708, seigneur dune partie de la
baronnie de Mauvers. Il fut père de Jean-Louis Bonnefont, Sgr de
la Pomarède et en partie de la baronnie de Mauvers, né en ITOo,
capitaine au régiment de Yexin, chevalier de Saint-Louis, maire de
Verdun-sur-Garonne, décédé en 1768, et grand-père d'Henri-Lucien
Bonnefont de Lapomarède, né en 1758, capitaine au régiment de
Vermandois, décédé en 1842. Celui-ci a été le bisaïeul de M. Henri-
Robert de Lapomarède, né en 1875, capitaine d'État-major, attaché
militaire à l'ambassade de France àTokio.
On ne connaît pas de principe d'anoblissement à la famille
Bonnefont de Lapomarède et on ne voit pas qu'elle ait pris part en
1789 aux assemblées de la noblesse de sa région.
Principales alliances : de Ginisty 1750, de Mages 1899.
BONNEFOY (de), en Languedoc.
11 existe de nos jours en Languedoc deux familles nobles du nom de
BûNNEFOY. On a attribué par erreur à celle de ces familles à laquelle
il a été consacré une notice dans le tome V de cet ouvrage un M. de
430 DICTIONNAIRR DES FAMILLES FRANÇAISES
Bonnefoy, du diocèse de Lavaur, capitaine au régiment de Piémont,
qui fut maintenu dans sa noblesse le 27 novembre 1669 par juge-
ment de M. de Bezons, intendant du Languedoc, un Joseph de Bonne-
foy, qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à
Gastelnaudary, et un Hugues de Bonnefoy, né en 1835 à Auriac
(Haute-Garonne), médecin, qui demanda en 1880, pour lui et pour
ses enfants, l'autorisation de joindre à son nom celui de : de Marin.
Ces trois gentilshommes appartiennent à l'autre famille de Bonnefoy,
de la même région, à laquelle va être consacrée la prochaine notice.
BONNEFOY (dej, à Auriac. Armes : de sinople à une foy de carnation
tenant une épée en pal d'argent, gardée d'or, soutenant un nuage
surmonté dune couronne royale et accostée de deux mains de car-
nation montrant la couronne. — Couronne : de Cointt. — Devise :
Spero dum asjnro.
Cette famille de Bonnefoy appartient, comme la précédente, à la no-
blesse du Languedoc. M. Villain en a donné une généalogie dans le
tome III de la France Moderne. Bernard de Bonnefoy, auquel cet
historien fait remonter la liliation, était capilaine dune des compa-
gnies du régiment de Piémont, inspecteur des fortifications de la
ville et citadelle de Metz, quand il fut anobli par lettres de juillet 1613,
enreo-istrées au Parlement de Toulouse le 23 avril 1614, en raison
de ses longs services, de ses notables blessures et de sa valeureuse
conduite dans toutes les occasions de guerre . Son petit-fils, Henri de
Bonnefov, du diocèse de Lavaur, était capitaine au régiment de
Piémont quand il fut maintenu dans sa noblesse, le 27 novembre 1669,
par jugement de M. de Bezons, intendant du Languedoc. L'arrière-
petit-fils de celui-ci, Joseph de Bonnefoy, Sgr du Puech et d'Algans,
vint se fixer à Auriac (Haute-Garonne) après le mariage qu il con-
tracta, en 1777, avec Marie du Puy-Montbrun de Saint Amans. Il prit
part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Gastelnaudary et
à celles tenues à Toulouse. Il laissa deux fils, Hippolyte de Bonnefoy,
né en 1780, magistrat démissionnaire en 1830, marié à M"^ de Mara-
gon, et Marcellin de Bonnefoy, né en 1786, marié en 1817 à M"* de
Marin, qui furent les auteurs de deux rameaux actuellement exis-
tants. Un des représentants du deuxième rameau, Hugues de
Bonnefoy, né en 1830 à Auriac, docteur en médecine, avait vaine-
ment demandé en 1880, pour lui et pour ses enfants, l'autorisation
de joindre à son nom celui de la famille de Marin à laquelle
appartenait sa mère.
La famille de Bonnefoy a fourni de nombreux officiers dont l'un fut
tué pendant la guerre de Crimée.
DH'.TIONNAIHK I) F. S FAMIM.RS FRANÇAIS F. S 431
Principales alliances : de llivals HOo, du Piiy-Muiilbrun 1777, de
iMalarel 1735, de Chaslenet de l*uys6gur 1901), Auvray 1911, de
Marin 1817, de Gouze de Saint-Martin, de Cavailhès 1867, de
Séverac 1901, d'Aldéguier 1894, de Saint-Félix de Mauremont, etc.
TOME VI
BOUTAUD (de). Armes : d'or à un chevron de gueules accompagné en
chef de deux tourteaux du même et en pointe d'un trèfle tige et
feuille de sinople (aliàs d'un rosier tige et terrassé de sijiople, sommé
de trois boutons de rose de gueules); au chef de gueules chargé de
trois étoiles d'argent (ce chef est souvent supprimé). — La famille
de Boutaud écartèle souvent ses armes de celles de la famille de
Kermorial : d'azur à un cornet lié d'or, accompagné de trois fleurs
de lys de même, 2 et \. — Couronne : de Comte. — Supports :
deux lions contournés *.
La famille DE Bodt.\dd occupe depuis plusieurs générations un rang
distingué à Toulouse. Elle est, paraît-il, originaire du Bas-Poitou.
Jean Boutaud, né à Saint-Sulpice-sur-Lèze, avocat en Parlement,
décédé en 1765, vint se iixer à Toulouse après le mariage qu'il
contracta, le 1" octobre 1720, avec Thérèse de Méric de Mongazin.
Son tils, Pierre de Boutaud, officier distingué, marié vers 1770 à
Jeanne de Kermorial de Kermorvan, d'une ancienne famille noble
de la Bretagne, s'agrégea à la noblesse. Il était chevalier de Saint-
Louis et commandant du régiment de Berry quand il prit part aux
assemblées que cet ordre tint à Toulouse en 1789. Il laissa deux fils,
Jean-Pascal et Raymond de Boutaud, tous deux chevaliers de Saint-
Louis, qui ont été lesauteurs de deux rameaux actuellcmcntexistants.
Le premier rameau n'estplus représenté (1911) que par M. Alexandre
de Boutaud, né en 1838, consul général de France en retraite, che-
valier de la Légion d'honneur. Le second rameau est représenté par
M. Georges de Boutaud, inspecteur de la Compagnie de Paris-Lyon-
Méditerranée.
Principales alliances : de Méric deMongazinl720, Dortet deRibon-
net 1748, de Kermorial, de Thonel d'Orgeix, de Suarez d'Al-
meyda, etc.
* Cette notice remplace celle qui avait été consacrée à la famille de Boutaud dans
e tome VI de cet ouvrage.
DICTIONNAiriK ors FAMir.LKS FHANÇAISKS 433
BOUYER de CHAMPVOLANT.
An.i.Muir raniillc boui-ocoise de Saintono-o, oris^inairo de l'ile
d'Oh'M'oii.
N..., veiivo de Jean IJouyer, eut ses armes enrej^istrées d'office à l'Ar-
monal gVMiéral d,> IG% (regislre de Mare n nés) : d'or à troin trèfles
desmople. Elle fui vraisemblablement la mère d'un Jacques Bouyer
sieur DE CHAMPVOLANT, (ils de Jean Bouyer de Champvolant, qui dans
es dernières années du xvii« siècle était substitut du procureur en
la sénécbaussée de Marennes et qui épousa à Oléron en 1696 Catbe-
rine-Tliérèse Desbouiges. Celui-ci fut-père de Josepli Bouyer de
Champvolant, né en 1704, chirurgien, décédé à Rochefort en 11T2
et -rand-père de Joseph-Charles Bouyer de Champvolant, né à Roche-
lort en 17o9, médecin des hôpitaux à Marennes, qui fut nommé maire
de cette ville en 1808.
La famille Bouyer, ou Bouyer de Champvolant, s'est perpétuée ius-
qu à nos jours.
BRUGUÉRE (de). Armes: de sinople à deux tours d'argent, ouvertes et
ajourées d azur, maçonnées de sable, rangées sur une même ligne.
BRUYÈRES de CHALABRE (de). Armes : d'or « un lion de sable, la queu^
fourchue, nouée et passée en sautoir. - Couronne : de Marquis —
Devise : Sola fldes sufjlcit.
La maison de Bruyèresde Chalabre étaitune des plus considérables
de la noblesse du Midi de la France. On trouvera sur elle un volumi-
neux dossier dans les manuscrits de Chérin, au Cabinet des Titres
On y trouvera particulièrement le rapport officiel que ce généalogiste
envoya le 29 juin 1775 au duc de Duras sur la maison de Bruyères de
Chalabre, alors en instance pour obtenir les honneurs de la Cour
Ce rapport commence en ces termes : « La maison de Bruyères-
ce Chalabre a pris son nom de la terre de Bruyères-le-Châtel, située
« dans risIe-de-France, près de Chartres, ou Arpajon. A cetavantao-e
« qui assure la pureté de son origine, elle joint plusieurs des avan-
ce tages qui conslituent la noblesse de premier ordre. Elle est connue
ce depuis Thomas de Bruyères qui vivait àla fin du xi« siècle. II fut du
« nombre des seigneurs qui accompagnèrent le roi Louis VI dit le
c( Gros, aux obsèques de Milon de Montlhérv, faites au prieuré de
« Longpont au commencement du siècle suivant. On trouve ensuite
ce Hugues de Bruyères, chevalier, témoin d'une donation faite peu
ce après au môme monastère, puis Thomas, Sgr de Bruyères oui
ce vivait en 1201 et 1209. La filiation est certaine et bien prouvée
ce depuis Goslin qui vivait dans le môme temps, c'est-à-dire au com-
28
434 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
« mencement du xiii'^ siècle, et qui (it une donation à labbaye de Josa-
« phat, au diocèse de Chartres II fut père de Thomas de Bruyères,
« premier du nom, qui confirma en liJ48 la donation ci-dessus en
« présence de son fils aîné, Jean, qui parvint depuis à la chevalerie
« et fut seigneur de Bruyères. 11 avait épousé, avant 1259, Eustachie
« de Lévis, sœur de Guy, Sgr de Mirepoix, maréchal de la Foi. On
o présume que c'est cette alliance qui lui procura des établissements
« en Languedoc ; du moins il y possédait plusieurs terres, entre
« autres celles de Puivert, de Roquefer, etc., qui ont passé à ses
« descendants. Il eut, entre autres enfants : 1" Thomas, deuxième du
« nom, dont on va parler; 2° Agnès, femme d'Aubert de Hangest.
(( Thomas de Bruyères, deuxième du nom, Sgr de Bruyères, de Pui-
« vert, etc., servit dans la guerre de Gascogne, en 1296, dans celle de
« Flandre, en 1302, comme chevalier banneret, et dans l'ost de
« lîouvines en 1340. Sa femme fut Isabelle de Melun... Il en eut,
« entre autres enfants : 1° Thomas, troisième du nom, chevalier, Sgr
tt de Bruyères, de Puivert, en Languedoc, de Cayeu et de Boulincourt,
« en Picardie, qui servit dans l'ost de Bouvines, en 1340, à la tête
ft dune compagnie de cinq écuycrs et laissa de Béatrix de Barcnce
« quatre filles dont l'aînée, Marguerite, porta la terre de Bruyères en
*« dota Guillaume, Sgr des Bordes, porte-orifiamme de France, dont
« un lils nommé Jean et mort sans postérité, et la troisième, nommée
(( Alix, fut mariée à Guiraud de Voisins, Sgr d'Arqués, et mère de
« Philippe de Voisins qui devint seigneur de Bruyères après la mort
(. dcJt'an de Bordes, son cousin; 2^* Philippe, qui suit; 3° Jeanne, qui
<( fut mariée en 1342 à Guy de Clermont, Sgr de Mello, maréchal de
« l'rance. Philippe de Bruyères, chevalier, fut seigneur de Rivet, de
« Chalabre et de plusieurs terres par son partage et de Campendu
« par son mariage avec Marguerite, qui en était héritière, fut chani-
(( bellan du roi Charles VII et gouverneur de Montpellier. Jeaime de
a Ponthicu, veuve de Charles VI, comte de Vendôme, l'établit goii-
« verneur de son comté de Castres par lettres du 27 novendjre 1371
« dans lesquelles elle le qualifie son cher et amé cousin. Il fut fait
(( prisonnier par les ennemis du Roi et soumis à une si forte rançon
« qu'il fut contraint d'engager ses terres. Il mourut en 1404...»
Jean de Bruyères, baron de Chalabre, fils de Philippe et de Mar-
guerite de Campendu, épousa en 1434 Béatrix de Mauléon et mourut
en 1442. Il eut pour fils aîné Roger-Antoine de Bruyères, baron de
Chalabre, qui continua la lignée.
La Chesnaye des Bois et les auteurs qui l'ont copié ont voulu faire
de son fils puîné, Jean, l'auteur d'une famille de Bruyères de Saint-
Michel qui a existé au diocèse de Die, en Dauphiné, et qui, dans la
DICTIONNAIRR PFS FAMILLKS FHANÇAISES 435
réalité, fut scuk'inenl anoblie par lollros patentes de janvier 1(509. Il
a été parlé de cette famille de Bruyères de Saint-Michel dans l'article
consacré à la famille de la Bruyère.
Jean de Bruyères, baron de Clialabrc, fils de Boger-Antoinc, fut
chambellan du roi Charles VllI et obtint en 1511, par lettres du roi
Louis XII, l'exemption de subsides de toute sorte sur sa terre et
baronnie de Chalabre. Il avait épousé, le 8 janvier 1489, Cécile de Voi-
sins. Leurs deu.x tils, François de Bruyères, baron de Chalabre, marié
en 1516 à Françoise de Chàteauneuf, et Jean-Antoine deBruyères, marié
par contrat du 20 juin 1532 à Marguerite de Vivier, dame deSarraute,
furent les auteurs de deux branches.
La branche aînée jouit d'un vif éclat. Son chef, Jean-Pierre de
Bruyères, baron de Chalabre, au diocèse de Mirepoix, gentilhomme
de la chambre du Roi, colonel d'un régiment de son nom, marié en
1631 à Gabrielle de Lévis-Léran, fut maintenu dans sa noblesse le 11
janvier 16G9 par jugement de M. de Bezons, intendant du Languedoc.
Il fut le trisaïeul de François-Jean, connu le premier sous le titre de
marquis deBruyères-Chalabre, qui fut admis en 1744 parmi les pages
de la Petite-Écurie, de Louis-Henri de Bruyères-Chalabre, évoque de
Saint-Pons en 1770, d'Alexandre-Joseph de Bruyères-Chalabre, évê-
que de Saint-Omer en 1778, et de Louis-Gabriel, comte de Bruyères-
Chalabre, chef d'escadre des armées navales. Jean-Louis, marquis de
Bruyères-Chalabre, fds de François-Jean, présida en 1789 les assem-
blées de la noblesse de la sénéchaussée de Limoux ; il fut dans la suite
maréchal de camp et député. Il eut un fils, qui fut le dernier repré-
sentant mâle de sa branche et qui mourut en 1832 sans avoir été ma-
rié, et une lille, héritière du beau château de Chalabre, qui épousa en
1817 le comte de Mauléon et qui mourut en 1872.
La branche cadette fut, au contraire, assez obscure. Elle a été passée
sous silence par la Chesnaye des Bois, mais on en trouvera une
généalogie dans le tome III de la France ynoderne . Son chef, Marc-
Antoine de Bruyères, né au Caria en 1701, prit du service en Lorraine,
fut capitaine de la gendarmerie rouge à Lunéville, puis commandant
à Saint-Dié et fit reconnaître sa noblesse par arrêt du Conseil aidique
rendu à Commercy le 27 août 1737. Il avait épousé, en 1733, Odile Cor-
dier-le-Chàtel. Leur fils, Jean-François de Bruyères, né à Raon-l'Ftape
en 1747, page du roi Stanislas, marié en 1774 à Marie Baudot du Sau-
vaget, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Saint-
Dié et mourut à Remiremont en 1832. Jean-Luc de Bruyères, né en 1775,
lils du précédent, notaire à Remiremont, fut sous la Restauration
maire de cette ville et conseiller général des V^osges. Il mourut en 1857
laissant, outre trois filles, deux fils qui ont été les derniers représen-
436 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
tants de leur maison : 1'^ Antoine-Edouard, juge suppléant, décédé
sans alliance en J863 ; ^^ Charles, né en 1821, bâtonnier de l'Ordre
des avocats de Remiremont, décédé sans alliance en 1905. Ce dernier
a laissé sa fortune au comte Oger de Mauléon, petit-fds du dernier
marquis de Bruyères-Chalabre, à charge pour lui de relever le nom
de la famille de Bruyères.
La famille de Bruyères-Chalabre a donné, en dehors'des person-
nages mentionnés au cours de cette notice, deu.x chevaliers de Malte
en 1583 et 1684, de nombreux officiers, etc.
Principales alliances : de Lévis 1402, 1520, 1573, 1631, de Voisins
1489, de Caraman, de Melun, de Mauléon 1434, 1817, de Narbonne-
Fimarçon, de Cailus, de Joyeuse 1529, de Lordat, de Bellissen, d'Or-
bessan,de Poitiers 1606, dcMontlozun, de Da.x d'Axat, de Monstron
d'Escouloubre, de Comminges 1660, de Ségur 1760, de Martim-
prey, etc.
TOME VIII
CABRE de ROQUEVAIRE (de). Armes : de gueules à une chèvre (en
provençal cabre) saillante dC argent accompagnée en chef d'une fleur
de lys d'or K
La famille de Cabre deRoquevaire, éteinte dans la seconde moitié du
XIX'" siècle, appartenait à la noblesse de Provence. Artefeuil en a donné
au xviii« siècle une généalogie qui a été reproduite par la Chesnaye
des Bois. Victor Cabre, auquel ce travail fait remonter la fdiation, lit
son testament le 18 février 1507. Il laissa, entre autres enfants, deux
fils, Jacques et Rolet Cabre, qui furent les auteurs de deux branches.
Les représentants de ces deux branches furent maintenus dans leur
noblesse en 1667 par jugement des commissaires du Roi chargés de
la recherche des faux nobles en Provence.
La branche cadette s'éteignit au cours du xvjii'^ siècle.
Le chef de la branche aînée, Sébastien Cabre, second consul de
Marseille en loo8, acquit en 15631a terre de Roquevaire dont il rendit
hommage au roi Charles IX. Ses deux lîls, Jean Cabre, Sgr de Saint-
Paul, et Louis Cabre, Sgr de Roquevaire, premier consul de Marseille
en 1602, marie le 10 mai 1576 à Claire de Sade, furent anoblis par
lettres patentes du 5 janvier 1585. L'aîné de ces deux frères, Jean,
n'eut qu'un fils, Louis Cabre, Sgr de Saint-Paul, premier consul de
Marseille en 1627, qui mourut sans postérité. Le second, Louis, eutun
fds, Jean Cabre, Sgr deRoquevaire, qui épousa le 18 juin 1609 Mar-
guerite deForostaetqui continua la lignée. Son descendant, François-
Jean-Bapliste de Cabre, né à Marseille en 1746, fils de Jean-Baptiste
de Cabre et d'Anne-Bonne d'Agoult d'OIlières, fut nommé en 1768
conseiller et en 1776 président à mortier au Parlement de Provence.
II épousa successivement M"^ le Camus, puis à Aix en 1790 M"'« Mar-
tiny de Saint-Jean, née Massel, et mourut à Lyon en 1799. Il eut de sa
seconde union une fille, M'"^ Deydier de Pierrefeu, et deux fils qui
furent les derniers représentants mâles de leur famille et dont
* Cette notice a été faite en grande partie h l'aide de renseignements dus à l'obli-
geance de M. le baron du Roure.
438 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
l'aîné a lui-même laissé deux filles de son mariage, en 1843, avec
M"« Jayle.
Principales alliances : de Puget, d'Espagnet, de Castellane 1581,
d'Albertas, de Valbelle, de Sade 1576, deRascas, de Foresta 1609. de
Bionneau d'Eyragues, de Glandevès, de Vintimille, d'Agoult, etc.
CACHEDENIER de VASSIMON. Armes : écarlelé : au 1 d'or; au 2 de
gueules à une étoile d'or; au 3 d'azur; au 4 d'argent à un perroquet
de sinople; à la croix de sinople brochant sur le tout.
La famille Gachfdexier de Vajsimox appartenait avant la Révolution
à la noblesse de Lorraine. On en trouvera une généalogie dans la
Chambre des Comptes du duché de Bar, manuscrit de G. dcLongcaux,
publié en 1907 avec de nombreuses annotations par le baron de
Diimast.
Abraham Caclicdenier, demeurant à Pierrefilte, au bailliage de
Bar, fut autorisé le 10 mars 1632, par lettres du duc de I.iOrraine, à
reprendre la noblesse de sa mère, Marguerite Gaynot, fille de
Nicolas Gaynot et de noble femme dame Henriette de Combles. Pierre
Gaynot, frère de M""" Cachedenier, avait lui-même été autorisé, par
lettres patentes du Duc du 16 novembre 1597, à reprendre la noblesse
de sa mère, Henriette de Combles. Abraham Cachedenieravaitépousé
en 1603 Claude Thiéryon. Leur fils, Daniel Cachedenier, marié à Bar
en 1625 à Marguerite de l'Eglise, fut reçu en 1630 conseiller maître
en la Chambre des Comptes de Bar. Il fut lui-même père de François-
Abraham Cachedenier de Vassimon, marié à Bar en 1655 à .Icaime
Barbillat, qui lui succéda dans son office en 1653, grand-père de Fran-
çois Cachedenier de Vassimon, marié en 1697 à Marie Humbert,
décédé en 1730, qui fut pourvu du même office en 1698 et qui fut plus
lard conseiller d'Etat ordinaire du duc François, et bisaïeul de Benoît
Cachedenier de Vassimon, mariéenl726à.Ieannede Soisy deLamouil-
lère, décédé à Bar en 1776, qui fut reçu en 1726 conseiller et en 1768
président en ladite Chambre des Comptes de Bar. Antoine-Benoît
Cachedenier, fils de ce dernier, né à Bar en 1730, conscilleren la Cour
souveraine de Lorraine et de Barrois, marié à Nancy en 1754 à
M"* Comeau, mort pendant 1 émigration, en 1798, obtint le 9 sep-
tembre 1784, par lettres patentes du roi Louis XVI, la réunion de ses
seigneuries d'Aulnois et de Vertuzey et leur érection en baronnie sous
le nom de Vassimon. Il laissa un fils, François-Benoît Cachedenier,
baron de Vassimon, né à Nancy en 1758, conseiller au Parlement de
cette ville, marié en 1779 à M"* Trouard de Riolle, qui alla lors de la
Révolution se fixer en Bavière et qui y mourut en 1805. La famille
Cachedenier sest éteinte avec Antoine-Louis Cachedenier, baron de
Dir.TIONNAIHK DKS F A M II, I. K S FRANÇAISES 439
Vassimoii, tils du [)récé(leiiL, colonel dans rarmôc bavaroise, décédé
en 180:2, et avec son lils, Karl, baron Gacliedenicr de Vassimon, né en
1819, capitaine dans l'armée bavaroise, décédé sans alliance.
Ktienne-Oabriel Caehedenicr de Vassimon, chevalier, principal sei-
gneur du Clienois, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel du
régiment de l'Isle-de-France, s'était fait représenter en 1780 aux
assemblées de la noblesse tenues à Ghaumont-en-Bassigny,
La famille Cacliedenier avait fourni de nombreux officiers, des che-
valiers de Saint-Louis, etc.
Principales alliances : Symon de la Treische, de Vallei-ot, de
lîaudel 1783, de Comeau l7o4, de Mahuet 18:23, Gérard d'Hannon-
celles 1707, Trouard de Riolle 1769, de Poellnitz, etc.
CACHIARDI (aliàs CACCIARDI, ou CACHIARDY) de MONTFLEURY.
Armes : coupé : au 1 d'azur à trois étoiles mal ordonnées ; au 2 ban-
dé d'or et d'azur. — Devise : Assiduo labore.
La famille Gachiardi, ou Gacciardi, a eu pour berceau la petite ville
de Brcil, dans le comté de Nice, où elle est fort anciennement connue
et où elle est demeurée possessionnée jusqu'ànos jours. M. J. de Orcstis
lui a consacré une notice dans le tome XI de Nice Historique
(année 1909).
Elle était représentée au xvi"^ siècle par deux frères, Jean-Baptiste
et Jean-Augustin Gachiardi, qui furent les auteurs de deux branches.
La branche aînée, aujourd'hui éteinte, adopta l'orthographe
Gacciardi. Undeses représentants, François Gacciardi, célèbre avocat
niçois, premier consul de Nice en 1740, épousa en 1735 Marie-Anne
deBarciloii, lllle do Glaude de Barcilon, Sgr de Gourmes et de Roque-
fort, demeurant à Saint-Paul, en Provence, et de Lucrèce de Grasse
et héritière du fief de Roquefort. François Gacciardi fut investi de ce
fief le 30 juin 1751 par un arrêt de la Ghambre des Gomptes de Pro-
vence qu'il fit enregistrer le 19 décembre 1753 par la Ghambre des
Gomptes de Piémont. Il laissa une fille, M""" de Orestis, et un fils,
Louis, officier au service du roi deFrance, qui moururent l'un et l'autre
sans postérité. Un cousin des précédents, Emile-Antoine Gacciardi,
premier consul de Nice en 1817, chevalier des Saints-Maurice et La-
zare, fut créé baron de Berre par lettres patentes du roi de Sardaigne
du 20 janvier 1826 ; sa descendance est également éteinte.
L'auteur de la seconde branche, Jean-Augustin Gachiardi, épousa
Périnetle Gottalorda. Sa descendance produisit des officiers de grand
mérite et fut anoblie par lettres du 23 mai 1687. Jean Gachiardi, offi-
cier de marine, obtint, par lettres patentes du roi de Sardaigne du
7 mai 1784, l'érection en fief, sous la dénomination de Montfleury et
440 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
avec titre de baronnie, de la propriété d'Airale qa'il possédait près de
Ghieri ; il fat investi de ladite baronnie de INIontfleur}' le 4janvier 1 785.
Il prit part en 1793 aux opérations contre Toulon en qualité de com-
mandant de la frégate .S'a uri7/o?'to et mourut sans héritiers directs.
Son neveu, Jérôme Cachiardi, longtemps syndic de Riva de Ghieri,
fut autorisé, par lettres patentes du 16 août 18:25, à relever le titre de
baron de Montfleury, puis, par nouvelles lettres du 28 février 1832, à
transmettre ce titre à son cousin, Jean Cachiardi. Le baron Pierre-
Augustin Gachiardidc Montfleury, né en 1839, a été longtemps maire
de Breil et conseiller général des Alpes-Maritimes. 11 est décédé en
i886 laissant deux fds.
CAGNOLI de SAINTE-AGNÈS. Armes: échiqueté d'argent et de gueules,
au chef d'or chargé d'une aigle de sable, couronnée et membrée de
gueules. — Gimicr : une nymphe issant de trois figures au naturel,
dont une tarée et deux posées en profil, tenant dans la dextre un
miroir d'or à l'antique et dans la sénestre un compas d'argent. —
Devise : Major prudentia fato.
La famille Cagxoli appartient à la noblesse de l'ancien comté de
Nice.
Un de ses représentants, Honoré-François Cagnoli, premier
commis à la direction de l'artillerie, des fabriques et forts, fut
investi du fief de Massoins, avec titre de comte, par lettres patentes
du 11 janvier 1723; il mourut sans postérité et son titre s'éteignit
avec lui.
Jean-Joseph Gagnoli, issu de la même famille, épousa Annc-Marie-
Thérèsc Auda de Sainte-Agnès ; celle-ci recueillit le fief de Sainte-
Agnes par héritage de son frère, Jean-Antoine Auda, comte de Saint-
Agnès, décédé sans postérité en 1783. M. et M'""^ Gagnoli obtinrent
du roi de Sardaigne le 31 janvier 1784 des lettres patentes qui les
• investissaient du iief de Sainte-Agnès et du titre de comte attaché
à ce fief. Leur descendance est représentée de nos jours par deux
branches dont l'aînée est demeurée italienne. Le chef de la seconde
branche, Joseph-Sylvio Cagnoli, docteur en médecine, est actuelle-
ment (1911) maire de Saint-Martin-Vésubic (.\lpcs-Maritimes).
CAPITAIN de CLACY.
Un membre de cette famille exerçait sous Louis XVI la charge
anoblissante de trésorier de France au bureau des finances de Sois-
sons. Il eut pour successeur en 1780, ou 1781, M. de laTournelle.
CAPPOT. ou CAPOT, de) et CAPPOT, ou CAPOT, DUROI, deFEUILHIDE
et de BARASTIN.
DICTIONNAIRK I) K S KAMILLKS FRANÇAISES 441
Un membre île eelle famille, André Cai'I'ut, vinlau commciicemcnl
du xviu'- siècle se lixei' eu lloussillon, fui iiiscril en 1727 au nombre
des bourgeois de matricule de la ville de Perpignan qui jouissaient
(les privilèges de la noblesse, fut nommé en 1734 membre du Conseil
souverain de la province et mourut en 17GB. Son lils, Jean-Sébas-
tien de Gappot, né en 1718, avocat général au Conseil souverain de
Roussillon en 1743, fut nommé en 1766 conseiller audit Conseil en
remplacement de son père décédé ; il était encore en charge quand
éclata la Révolution. V A7'morial du Roussillon de Salsas attribue à
cette branche de la famille Cappot les armes suivantes : d'argent à
une barre d'azur chargée de trois étoiles d'or et accompagnée de
quatre oiseaux essorés de gueules, deux en chef et deux en pointe.
CARRÈRE de MAYNARD de SÉGOUFIELLE (de). Armes de la famille
de Maynard de Ségoutielle : é car te lé : au 1 d'azur à deux poissons
d'argent nageant l'un sur V autre , qui est de Lestang; au 2 de gueules
à trois pommes de pin d'or, 2 eM, les queues en haut, qui est de Pins ;
au chef cousu de gueules chargé d' une croix d'argent ; au 3 de sable
à un mont isolé de plusieurs pics d'or, qui est de Juillé , au 4 d'or ô
une fasce de gueules accompagnée de trois trèfles de sinople, qui es!
de Guillon; sur le tout d'azur semé de feux follets d'argent, ausénes-
trochère {àViks au dextrochére) de carnation (aliàs d'argent) brochant.
— Couronne : de Marquis. — Supports : deux sauvages, massue
basse. — Devise : Honor, non furor armât.
La famille Caruère est originaire de Mont-de-Marsan, dans les
Landes, où au xvni^ siècle elle occupait un rang honorable dans la
bourgeoisie. M. Villain en donne la filiation, dans le tome III de la
France Moderne, depuis Vidian de Carrère, né à Monl-de-Marsan,
dont le lils, Jean-Paul Carrère, épousa Jeanne Larroque par contrat
passé le 11 juin 1781 devant notaire à Toulouse. Vidian Carrère, fils
des précédents, né à Saint-Élix en 1783, décédé au même lieu
en 18o6, épousa le 14 vendémiaire an Xi Marie-Jeanne de Maynard de
Ségoutielle. Il fut père de François Carrère, né en 1808 à Saint-Élix,
près de Muret, marié à M"= Cornac, décédé en 1891, et grand-père
de Laurent- Vidian Carrère, néàToulouse en 1847, marié en 1882 à
M^'^ Hamelin, qui demandèrent simultanément le 8 mai 1872 et
obtinrent par décret du 7 mars 1874 l'autorisation de joindre à leur
nom celui de la famille de Maynard de Ségoufielle à laquelle appar-
lenaitleur mère et aïeule. MM. Carrère se soutcrusen droit de relever
aussi le titre de baron sous lequel était connu le chef de cette famille.
Principales alliances : de Boussac, de Maynard de Ségoufielle,
Hamelin, etc.
-2 DICTIONNAIRt; DES FA.MILLKS FRANÇAISES
La famille de Maynard de Ségoufielle étail originaire duRouergue.
M. Villain mentionne un Jean INIaynard qui fut consul de Rodez
de 1439 à 1442. Il fait remonter la filiation à un Jean de Maynard,
Sgr de Lole, habitant de Rodez, qui mourut en lo91. Le petit-fils de
celui-ci, François Maynard, né à Rodez en 1611, fut reçu en 1654
conseiller au Parlement de Toulouse et fut anobli par ses fonctions.
Il prit le premier le titre de baron de Ségoufielle qui fut depuis
lors conservé parle chef delà famille. Il avait épousé en 1654 Hono-
rée de Maynard de Lestang, dune famille différente de la sienne,
originaire des confins du Bas-Limousin et du Quercy, dont il sera
parlé plus bas. Il fut père de Christophe de Maynard, baron de
Ségoufielle, décédé sans postérité en 1696, qui fut reçu en 1676
conseiller au Parlement de Toulouse, et de Joseph-Thomas de
Maynard, baron de Ségoufielle, né en 1660, trésorier général de
France en la généralité de Toulouse. Christophe de Maynard, baron
de Ségoufielle, né en 1693, lils du précédent, lui succéda en 1730
dans sa charge de trésorier de France et fut maintenu dans sa noblesse
le :28 mai 1736 par arrôt du Parlement de Pau. Il laissa deu.x fils :
1" Tristan-Louis de Maynard, baron de Ségoufielle, né en 1732, marié
en 1773 à M"^ Savary, dont la descendance masculine s'est éteinte
en 1882; 2" Michel-Xavier de Maynard, né en 1742, qui fut père de
M™'' Carrère. Plusieurs représentants de la famille de Maynard
prirent part en 1789 au.v assemblées de la noblesse tenues à Tou-
louse.
A la même souche paraît se rattacher une famille de Maynard,
encore existante, dont l'auteur, Jean-Baptiste Maynard, né en 1710,
avocat, professeur de médecine, fut anobli en 1771 par le capitoulal
de Toulouse.
La famille de Maynard de Lestang, qui se fondit au .wiiesiècle dans
la famille de Maynard de Ségouliclle, était originaire de Saint-Sirié,
sur les confins du Quercy et du Bas-Limousin. Elle était distincte
d'une famille de Meynard (voyez ce nom) qui appartient encore de
nos jours à la noblesse de cette région. M. de la Roque, dans son
Armoriai de Languedoc, la fait descendre d'un François Maynard,
conseiller au présidial duBas-Limousin, qui épousa, vers 1590, Jeanne
Guillon, dite de l'Eslang. Celle-ci avait deux frères dont l'un, Chris-
tophe de Lestang, décédé en 1621, fut évêque de Lodève et d'Aleth,
puis évêque de Carcassonne, et dont l'autre, François de l'Estang,
décédé sans postérité en 1617, d'abord président et lieutenant
général au présidial de Brives, puis intendant de justice dans l'armée
du duc de Mayenne, fut nommé en 1695 président à mortier au Par-
lement de Toulouse, premier président de la Chambre de l'Edit
DICIIttNNAI IIK DKS FAMII.I.KS F II A N (,', A I S K S 443
élahlii' à (]a.sliTs. (^Iirisloplie Mayiiard, lils de l'raiirois cl, de .Icannc
Guilloii, dite de l'Estaii<j^, joii^nil à son nom celui d(; la famille de sa
mère et fut connu sous le nom de Maynard de l'Estang. 11 épousa en
1626 Marguerite de Pins, d'une des plus illustres familles nobles de
la région, fut nommé l'année suivante conseiller au Parlement de
Toulouse et mourut en 1668 à l'âge de 76 ans. Il laissa, entre autres
enfants, une fille mariée en 165 'i à François Maynard, baron de Ségou-
fielle, et un tils, Jean-Baptiste de Maynard de l'Estang, conseiller au
Parlement de Toulouse, dont le fils Daniel-Joseph, également con-
seiller au Parlement de Toulouse, mourut sans postérité en 1700.
Dans la France Moderne, M. Villain attribue une autre origine à la
famille de Maynard dcLestang. D'après lui, Christophe Maynard de
l'Estang, marié en 1626 à Marguerite de Pins, aurait été fds de Jehan
de Maynard, conseiller au Parlement de Toulouse, et de Bourguine
de Chaubet, neveu de FrançoisMaynard, né à Toulouse en 1582, poète
distingué, un des fondateurs de l'Académie française, etpetit-fds de
Géraud Maynard, juge ordinaire de Saint-Ccré, juge sénéchal de la
vicomte de Turcnne, conseiller au Parlement de Toulouse, décédé
en 1610.
TOME IX
CASTET de BIROS, de LONGA, de MIRAMONT, de MÉRAS et de la
BOULBÊNE (dej. Armes : de gueules à un château à (rois tours d'argent
maçonné, ouvert et ajouré de sable ; au chef d'or chargé de deux cor-
neilles affrontées de sable, becquées et membrées de gueules. — Sup-
ports : deux griffons couronnés. — Cimier : une tour avec son pavil-
lon blanc portant une croix de gueules et issante d'une couronne de
Marquis.
La famille de Castet, dont le dernier rejeton mâle est décédé en
1907, appartenait à la noblesse du pays de Foix. On en trouvera des
généalogies dansle Nobiliaire imivei'sel âc Saint-Allais, dans la France
moderne de M. Villain (tome III) et dans les Archives de la noblesse
de Laine (tome I).
Elle peut avoir eu pour auteur un Raymond Castet que l'on trouve
avoir été anobli en 1353. Guillaume-Bernard de Castet figure dans
une montre des gens d'armes du comté de F'oix passée à Mont-de
Marsan en 1339.
Les travaux mentionnés plus haut, d'accord avec les preuves de
noblesse faites par Joseph de Castet de la Boulbène pour être admis
parmi les pages du roi Louis XV, font remonter la tiliation à Raymond
de Castet, Sgr de la Vallée de Biros, de Miramont et d'autres domaines
au comté de Foix, décédé en 1500, qui avait épousé Henriette de
Commingcs, fille du seigneur de Péguilhan. Vital de Castet, fils de
Raymond et seigneur des mêmes domaines, fit son testament le
17 septembre 1538 devant notaire à Damazan. Il laissa deux fils, Ray-
mond, Sgr de Biros, marié le 17 juin 1557 à Catherine de Roquemau-
rel, et Azémar, Sgr de Miramont, de Castillon, etc., marié à Jeanne
de Marsolier, qui furent les auteurs de deux branches.
L'aîné de ces deux frères, Raymond de Castet, Sgr de Biros, laissa
lui-même deux fils, Jean, Sgr de Biros, marié à Jeanne de Jaubert, et
' Croyant cette famille éteinte dans la première moitié du xix» siècle, on s'était con-
tenté d'en dire quelques mots à la suite de la notice consacrée, dans le tome II de
cet ouvrage, à la famille Azéma qui en a relevé le nom.
Dir.TIONNAIRF. DES FAMIM-KS FRANÇAISES 445
Pierre, habitant d'Alas, qui furent les auteurs de deux rameaux. Le
premier rameau, dit des seig-ncurs de Biros, l'ut maintenu dans sa no-
blesse lel2G dc^cembre1715, sur preuves remontant à ioOO, par juge-
ment de l^augeois. intendant de Montauban ; il paraît avoir eu poin-
dernier représentant Joseph de Castet de Biros, baptisé en 1744, qui
vivait encore en IS'iO. Le second rameau, dit des seigneurs de Longa,
s'est éteint en la jiersonne de Charles-Magloire de Castet-Longa, né
en 182t), décédé en 186G, dont la lilie unique a épousé en 1885
yi Caralp, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, et avec
ses cousins, Bertrand-François de Castet, né le 14 frimaire an VllI.
curé dAngomer, décédé en 1891, Lizier-Anselme de Castet, né le
20 pluviôse an XUl, dont le (ils, Damien, n'a pas laissé de postérité,
et Jean-Achille de Castet, né en 1810, professeur au lycée deTarbes.
L'auteur de la seconde branche, Azémar de Castet, Sgr de Mira-
mont et de Castillon, fit son testament le 12 mai 1550. Son fils, Claude
de Castet, Sgr de Miramont, commandant du château de Camarade
en 1576, épousa en 1574 Hélène de Soulès de Sieuras; il en eut, entre
autres enfants, deux fils : 1° Pierre, Sgr de Miramont, dont la descen-
dance fut maintenue dans sa noblesse le 25 juin 1667 par jugement
de Pellot, intendant de Bordeaux, et s'éteignit vers l'époque de
la Révolution ; 2° Jean de Castet, Sgr de Méras, qui épousa Suzanne
de Lévis, fdledu seigneur deLéran.Deuxdes fds de celui-ci, Jean-Paul
de Castet, Sgr de Méras, marié en 1666 à Isabeau de Comminges de
Sieuras, et Pierre de Castet, Sgr de la Boulbéne, marié en 1641 à
Catherine de Cazals, furent les auteurs de deux rameaux. Les repré-
sentants de ces deux rameaux furent maintenus dans leur noblesse
le 12 juillet 1698 par jugement de le Pelletier, intendant de Montau-
ban. Le premier rameau s'est éteint en la personne de M. Jean-Fran-
çois de Castet-Méras, né en 1814, qui est décédé à Toulouse en 1907
laissant une fdle unique mariée en 1863 à M. de Micas. Un représen--
tant du second rameau, Joseph de Castet de la Boulbéne, lit en 1746
des preuves de noblesse pour être admis parmi les pages du Roi ; il
prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse du comté de Com-
minges à cause du tief d'Ox qu'il tenait de sa femme, Marie de Lézat.
Il laissa trois fds qui servirent avec distinction à l'armée des Princes.
L'aîné de ces fds, Jacques-IIonoré de Castet de la Boulbéne, né à Rieux
en 1768, fut le dernier représentant mâle de son rameau. Il mourut
en 1851 survivant à ses trois fds et ne laissant que deux filles mariées
l'une en 1825 à M. de Faurc de Massebrac. l'autre en 1842 à M. Azé-
ma. Le fds de celle-ci, Jacques-Arthur Azéma, né en 1848, a été
autorisé par décret du 31 octobre 1875 à joindre à son nom celui de
la famille de Castet de la Boulbéne.
446 DICTIONNAIRE DES FAMIM-ES FRANÇAISES
11 a existé une troisième branche de la famille de Castet, celle des
seigneurs de Vareilhes, en Couserans, dont le point de jonction
avec la souche est mal connu. Jean de Castet, Sgr de Vareilhes, né
en 1644, que Ion croit avoir été le dernier représentant de cette branche,
fut maintenu dans sa noblesse le 12 septembre 1699 par jugement de
le Pelletier, intendant de Montauban, après avoir justifié sa descen-
dance de noble Jean de Castet, habitant de la ville de Castilhon, dont
le tils, autre Jean de Castet, épousa le 7 janvier 1547 Domenge de
Méritens.
La famille de Castet a fourni de nombreux officiers.
Principales alliances :de Comminges, deMéritens, deRoquemaurel
loo7,duPac 1601, 1604, de Castérasl642,de Granier, d'Amboix 1634,
de Falentin 1626, 1673, de Lévis-Léran, Dijols, de Cazeneuve 1784,
deFauré-Massebrac 1825, de Saint-Jean 1583, de Bazon 1643, etc.
11 a existé dans la même région une famille de Castet de Saint-Martin
qui portait pour armes A' azur à une tour d'argent, maçonnée de sable ,
flottante sur ti^ois ondes d'argent. Les représentants de cette familk^
furent maintenus dans leur noblesse le 7 septembre 1669 par juge-
mi>nt de M. de Bezons, intendant du Languedoc, et le 6 septembre
1698 par jugement de M. le Pelletier de la Houssaye, intendant de
Montauban.
CHABANNES (dei.
Dans la notice consacrée à la maison de Chauax.nes on a dit que
Jean-Charles de Chabannes, marquis de Curlon, décédé en 1055,
avait eu un fils naturel, Charles de Chabannes, sieur de Sauvât,
que ce bâtard avait été légitimé et anobli par lettre patentes
enregistrées en 1653 et que sa veuve. Claude Rivet, et ses
enfants mineurs avaient été condamnés comme usurpateurs le21 jan-
vier 1667 par jugement de M. de Fortia, intendant d'Auvergne.
La descendance de Charles de Chabannes, sieur de Sauvât,
demeurée non noble, se perpétua honorablement jusqu'au milieu du
xix'= siècle. On trouvera son histoire dans une brochure du docteurde
Ribierparue enl9l0 : Une branche bâtarde delà maisonde Chabannes.
Les Chabannes-Sauvat . Jean-François de Chabannes-Sauval, né
en 1752, décédé en 1823, fut longtemps membre du conseil d'arron-
dissement de Mauriac: il n'eut qu'une tille, M"* d'Anglarsde la Garde,
décédée avant lui, en 1818. La famille de Chabannes-Sauvat s'est
éteinte avec son neveu, Noël-Joseph, né en 1790, marié en 1813 ù
M"* de Murât, adjoint au maire de Riom en 1837, décédé en 1856,
qui laissa une illle unique mariée en 1839 à >L Audehal.
nir.TIONNAIRK DR s FAMILLES F 11 A N Ç A I S K S 447
CHACATON (de). Armes : iVargeni à Irais branches de laurier de
si)iople, posées en pal, et une étoile de gueules en chef.
La famille de Chacaton occupait dès la fin du xvi"^ siècle un
rang distingué dans l'ancienne chàtellenie de Murât, en Bourbon-
nais K
Noble Pierre Chacaton, auquel remonte la filiation suivie, figure
dans }3lusiep.rs actes avec la qualification d'écuyer. Il épousa
vers 1625 Charlotte Cadier, héritière du fief de la Grange, en la
paroisse d'Avernes, et issue dune famille très ancienne dont le chef
est aujourd'hui connu sous le titre de vicomte de Veauce. Noble
Philibert Chacaton, Sgrde Verlobier, de la Grange-Chacaton,etc., fils
des précédents, fut lieutenant civil et criminel en l'élection de Mont-
luçon et capitaine et châtelain de robe courte de la chàtellenie royale
de Murât. Il épousa vers 1660 Claude Aumaislre, dame de la Garde,
et en eut deux fils : 1° Daniel Chacaton, conseiller du Roi, lieutenant
général en la chàtellenie de Murât, marié en 1693 à Françoise Miche-
Ion, qui fit enregistrer son blason à l'Armoriai général de 1696 et
dont la descendance, demeurée non noble, s'est éteinte en la per-
sonne de Jean-Benoît Chacaton de Verlobier, juge de paix, décédé
en 1838; 2° Pierre Chacaton, sieur de la Garde et des Bonis, né
en 1669, président au grenier à sel et en l'élection de Montluçon,
qui épousa à Moulins en 17Û12 Catherine Cantat et qui continua
la descendance. Claude de Chacaton, fils de ce dernier, d'abord
président au grenier à sel de Montluçon, acquit en 1750 la charge
anoblissante de président trésorier de France au bureau des finances
de Riom qu'il céda en 1762 à son gendre, Pierre-Gilbert Arnaud.
Il fut père de Nicolas de Chacaton, Sgr de la Chapelle, marié en 1768
à Laurence de Saulzay, qui fut lui-même président trésorier de
France au bureau des finances de Riom, grand-père de Jean-Baptiste
de Chacaton, né à Montluçon en 1773, qui fut autorisé le 2 novem-
bre 1826, par jugement du tribunal civil de Moulins, à faire rétablir
dans ses actes de l'état civil la particule de, supprimée pendant la
période révolutionnaire, et bisaïeul de Jean-Henri de Chacaton, né
en 1813 à Chézy (Allier), peintre distingué, marié en 1860 à M"^ de
Revanger, décédé en 1886, qui a laissé deux fils.
Principales alliances : Cadier (de Veauce), de Fradel 1644, 1799,
Aumaistre, Auroux, de Revanger 1860, Aubert, Perrot (de Chézelles)
1686, etc.
' Celte notice a été laite à l'aide de renseignements dus à l'obligeance de M. Ph.
Tiersonnier. Elle remplace celle qui avait été consacrée à la famille de Chacaton
dans le tome IX de cet ouvrage.
448 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
CHALLAYE (de).
Pierre de Challave, conseiller au Parlement de Bombes en 1760,
ne laissa que cinq filles de son mariage avec M'"" Chappuis de la
Goutte, décédée à Montbrison en 1810. C'est vraisemblablement à
une brandie collatérale demeurée non noble qu'appartenait M. de
Ghallaye qui fut consul de France à Erzeroum sous Napoléon III. La
famille de Challave comptait encore en mars 1909 un représentant
connu sous le titre de comte '.
CHALLET (ou CHELLET) de KERDRÉAN (de).
Armand de Challet, sieur de Morais, fut maintenu dans sa noblesse
le 20 juillet 1608 par jugement de M. de Machault, intendant d'Or-
léans. Il laissa deux fds, Charles de Challet, sieur de Marais, baptisé
en 1662 à Viabon, au diocèse de Chartres, et Henri de Challet, sieur
du Bellay, qui furent simultanément maintenus dans leur noblesse, le
28 août 1715, par jugement de Quentin de Richebourg, intendant de
Poitiers. Le plus jeune de ces deu.v frères, Henri, avait déjà été
maintenu dans sa noblesse, le 30 avril 1705, par jugement deBégon,
intendant de la Rochelle -.
' D'après le billet de faire-part du décès du marquis d'Aoust. aimablement commu-
niqué par M. le vicomte de Hennezel d'Ormois.
* Société des archives historiques du Poitou, tome X.XII. — Maintenues de noblesse
de la généralité de Poitiers (I715-17l8i, pâtre 12i.
Table des familles dont les notices ont été ajoutées et de celles
dont les notices primitives ont été augmentées ou modifiées dans
les Additions et corrections des dix premiers volumes.
Tomes.
Abbadie de Gobertière (d') II et V
Abbadie de Nodrest (d') Il et III
Abbadie de Barrau (d'j III
Abbadie de Cantillac (d) IX
Abraham du Bois, ou du Boisgobbey II
Abrial et Abrial d'Issas IX
Abrigeon (d') IX
Absolut de la Gastine VIII
Arcarias de Sérionne ' X
Adam de Montclar et de la Soujeoile II
Adeler (d') V
Adelsward (d') VIII
Aguerre (d') IV
Airolles, ou AiroUes (d') VIII
Alarose de la Charnaye III
Alayer de Costemore (d') VIII
Albert des Essarts (d') IV
Albiat (d') VII
Albignac (d') IX
Alexandre de Rouzat VIT
Allard (d'), en Dauphiné IX
Allard de Gaillon V
AUotte de la Fuye V
Airic (d') VIII
Alziari de Malausséna et de Roquefort II
Amat de Montagnac VII
Amarzit de Sahuguet d'Espagnac (d') II
Ambert VIII
Amelin de Rochemorin III
Amerval (d') VI
Amidieu du Clos IX
Andras de Marcv IX
André (d') . . .' "VIII
André du Homme de Sainte-Croix VI
Angerville d'Auvrecher (d) VIII
Anglade(d') II
Angosse (d') VU
Angot des Rotours VII
Anneix de Souvenel III
Ansan d'Egremont (d) II et III
Anselme (d') VIII
Anterroches (d') VII
X. '29
4a0 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Tomes.
Anthès de Hecckeren (d') VIII
Antin (d') II
Aon de Hontaux (d') II
Aoust de Rouvèze VIII
Apat (d') V
Apvrieux de la Balme (d') V
Arbonneau (d") VII
Arcambal-Piscatory IV
Arcangues (d) IX
Arcussia (d') VIII
Arexy (d') ■ X
Argent de Deux-Fontaines (d'i X
Arguesse (d') VIII
Arhets (d') IV
Arjuzon (d') VI
Arlanges (d') V
Armailhacq (d') X
Armand de Chateauvieux (d) I
Armendaritz d'Arberatz (d') VI
Arnal du Curel VII
Arnaud de Ghaleauneuf X
Arnaud de Saint-Sauveur I et II
Arnault III
Arnoux de Corgeat V
Arquier (d'), au Pays Basque IV
Arquier (d), en Provence VII
Arrac de Gan (d") IV
Arraing (d') IV
Arras (d') VIII
Arroquain (d") ïï*
Arthaud de Viry X
Arthenay (d) 111 et IV
Artigues dOssaux (d') VIII
Ary de Sénarpont (d') II
Asnières de la Châtaigneraie (d") VII
Asselin d'Esparts, de Viliequier et de Crèvecœur X
Assier (d') VI
Astruc de Saint-Germain V
Aslugue de Buzon (d') VIII et IX
Aubeiin de Villers ^
Aubert d'IIénouville d'Aunay I|
Aubert de la Faige '^
Aubin de Jaurias ^^
Auboyneau "'
Aubryot de la Palme V
Aubusson de la Feuillade (d'j IV
Audibert de Lussan (d') VII
Audinel de Pieuchon ^^
Auger (d') I"
Aulneaudela Touche VIII
Aurel (d') ^^
Auzanet V
Avène de Fontaine (d ) ***•
Aveneau de la Grancière VII
Avril, ou Apvril, (d') I"
Ayettes de Clerval (des) V
Avmar d'Aiby de Chateaurenard (d") VII
DICTIONNAlllE DKS FAMIM-KS FRANÇAISES 4!jl
Tomes.
Baconnièro do Salvorlo VI
Badin de Monljoie et d'IIurlebise III
Baglion de la Dufferie (de) IX
Baillencourt-Courcol (de) .... III
Balme du Garay (de la) IX
Banizette (de) VI
Bar (de) III
Baragne de Gardouch de Bélesta (de) II
Baraguey d'Hiiliers IX
Barail (du) II
Barasc (de) VIII
Barbey d'Aurevilly III
Bard de Coutances V
Barère VII
Barescut (de) X
Baret de Limé (du) III
Barolet de Puligny (de) II
Barrai d'Arènes (de) VIII
Barre de Davéjan (de) VIII
Barre de Nanteuil (de la) IX
Barrèmc-Montravail (de) III et VII
Barret de Nazaris III
Barrlal du Breuil IX
Barrière (de la) III
Barrin de la Gallisonnière (de) III
Barthe de Mandegoury VII
Barthelats (de) . . . " X
Barthez de Marmorières, de la Pérouse et de Montfort VIII
Bartouilh de Taillac ÏII
Bary (de) VIII
Basset de Chateaubourg et delà Pape VI
Bassompierre (de) III
Bastard de Bœcklin de Bœcklinsau IV
Bastide (de la) III et IX
Bâtie (de la) IX
Baudon de Mony et de Mony-Colchen VI et VII
Baume-Pluvinel (de la) VII
Bauny de Récy VII
Bauve d'Arifat (de la) IV
Baylin de Monbel VII
Bazin de Gribeauval V
Beauclair de la Grillière (de) IV
Beaucorps (de) IV
Beaudet de Morlet IX
Beaufort d'Epothémont (de) VI
Beaufort de Gellenoncourt (de) VIII
Beaulaincourt-Marles (de) V
Beaulieu (de) V
Beaune V
Beaupoil de Saint-Aulaire (de) IV
Beauvisage de Guny et de Seuil (de) X
Becci VIII
Bécheau III
Béchevet (de) VIII
Becquet de Mégille IV
Bédat-Carrère VIII
Begignard de la Plante VII
452 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Tomes.
Bellier du Charmeil ^ï^
Belot de Terralbe (de). • VIII
Bellet de Tavernost et de Saint-Trivier VI
Belloc de Chamborant (de) et Belloc (de; X
Bellomayre (de) ^
Bcnet de Montcarville ^^I
Benoit et Benoit dEntrevaux IX
Benoit du Rey IX
Bérard et Bérard-Bonnière ^^
Béraudière (de la) ^^
Berger de Nomazy IX
Berlier de Vauplane VII
Bermondi X
Bermont, ou Bermond, (dei VI
Bermont de Moustier (de) V
Bernard d'Attanoux V
Bernard de Galonné V
Bernard de la Fortelle V
Bernard de Montessus de RuUy IV
Bernard-Pelletier de Montmarie VIII
Bernard de Saget (du) X
Bertaud de Chazaux V
Bertaud d'Hanaches V
Berthelin X
Berlhier-Bizy (de) IX
Berlhou (de) VI
Berlin de Saint-Martin et de Chalup (de) V
Besongnard de la Plante VII
Besser V
Besset (du) IX
Besson de la Rochette IX
Bevnac (de) VI
Bidault de Glatigné VII
Bierdumpfel (de) X
Bigne de Villeneuve (de la) V
Bigot de Préameneu V
Biliotti (de) VIII
Billaut (de) VI
Bigot de Goldlin . . V
Binsse de Saint-Victor VI
Bisquey d'Arraing IV
Biachier et Blachier du Rouchet, du Rouchet de Chazotte et du Rouchet de
Chazotte de Clavières IX
Blanc de Saletés (de) et Blanc de l'Huveaume ■ VII
Blanchet de la Sablière VI
Blanctietti (de) VIII
Blanc de Molines IX
Blay de Gaix (de) X
Blay de Malherbe VIII
Blois (de) VII
Blouin du Bouchet VU
Bobierre de Vallière • VI
Boersch de Malroy VI
Boessière-Lennuic et Thiennes (de la) VIII
Boessière-Chambors (de la) V
Boinvilliers (Forestier-) V
Boisberthelot (du) VI
DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES 453
Tomes.
Boislecomtc (de) ^^^^
Boissière (de la) ^^
Boissonnade de Fontarabie ^'ï
Boivin-Champeaux ^'
Boixo (de) J^
Bonadona (de) ^'J
Bonand (de) ^^
Bonfils (de) ^}
Bonnard de Brosse de la Barge ^^
Bonnard du Ilanlay ^'
Bonnefont de la Pomarède (de) ^
Bonnefoy (de), en Languedoc ^
Bonnefoy (de), à Auriac ^
Bonnier de Layens et Bonnier ^'^
Bonnier d'Alco ^"^
Bonniol du Trémont (de) ^^^
Bonniot des Essarts ^
Bontemps-Dubarry ^'^
Bordère (de la) J['[
Bosquiel de Bondues (du) ^^^^
Bouays de la Bégassière (du) ^^
Boucher de Gironcourt ^^
Boucherie (de la) "'^
Bouffier-Césarges (de) ^^
Bougy (de) ; ;^j;
Bouquet des Chaux, de Linières, de la Grye, dEspagny vu
Bourbonne (de) '^"^
Bourdieu (du) ^^^|
Bourbon du Vatry et du Saussay vl
Bourg-Bailly-Blanchard (du) VIII
Bourg de Bozas (du) ^ • • ^jj
Bourgeois de Boynes ^'^^^ ^^ ^^
Bourgeois Y[\[
Bourgoing (de) ^y^
Bourlet de Saint-Aubin (de) ^^
Boursetty (de) V'î
Boutaud (de) ^
Boutevilain de Grandpré ^j
Boutiny (de) J\\
Bouvet (de) ^j"
Bouthillier-Chavigny (de) I^
Bouvier d'Acher *^
Bouyer de Champvolant j^
Boyer de Rébeval et Boyer ^l'J
Brandouin de Balaguier de Beaufort d'Hautpoul et de Miramont du Puget. . . VIII
Braquilanges (de) ^j|
Brayer ^"^
Breiten-Landenberg (de) Jj^
Brenier et Brenier de Montmorand Vi
Briançon, ou Brianson, (de) '^''
Briet de Rainvilliers |j^
Bridieu (de) ^'^J
Brion (de), anciennement Coste de Brion I^
Briquet (de), ou Briquet ^JjJ
Brondeau de la Barre et d'Urtières (de) ^'I'
Brossard de Gorbigny ^'|J
Brousse de Veyrazet (de la) V'^'
454 DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES
Tomes.
Brugière (de) IX
Bruguère (de) X
Brunel de Moze IX
Bruyères de Chalabre (de) X
Bue (du) VIII
Buissy (de) VIII
Bure de Labenne et d'Orx VIII
Buxeuil de Roujoux (de) IX
Cabre de Roquevaire (de) X
Cachedenier de Yassimon X
Cachiardi (aliàs Gacciardi, ou Cachiardy,) de Monllleury X
Cagnoli de Sainte-Agnès X
Caieu (de) IX
Cailus (de) IX
Caignart de Saulcy et de Mailly IX
Gais de Pierlas IX
Calvimont (de) IX
Gambefort (de) IX
Gampou (de) IX
Gapitain de Glacy X
Gapot, ou Gappot, (de) et Cappot, ou Capot, Duroi, de Feuilhide et de Barastin. X
Carayon-Talpayrac et Carayon-la-Tour (de) IX
Garnot IX
Garrère de Loubère (dej IX
Carrère (de), en Bigorre IX
Garrère de Maynard de Ségoufielle (de) X
Castelbajac (de) IX
Castet de Biros, de Longa, de Miramont, de Méras et de la Boulbène (de) . . X
Caubert et Gaubert de Gléry IX
Ghabanassy de Marnas IX
Chabannes (de) X
Cliacaton (de) X
Champion de Nansouty et Champion IX
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ÉVREUX, IMPRIMERIE CH. HÉRISSEY, PAUL HÊRISSEY, SUCC
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Université d'Ottawa
Echéance
ULC151986
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University of Ottawa
Date Due
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